Harry se sentit sourire malgré lui, émerveillé ; l'Allée marchande sorcière de New York était magnifique. Très différente de celle de Londres, mais tout aussi fantastique.

Pour y accéder, ils étaient passés par tout un réseau de couloirs souterrains similaires à ceux que les moldus utilisent pour le métro, pour finalement arriver dans un immense enchevêtrement de galeries dont certaines étaient souterraines et d'autres à l'air libre.

Toute l'architecture, ancienne et très médiévale, contrastait énormément avec la modernité du New York moldu tout en ayant visiblement été influencée par la technologie ce qui donnait un petit côté futuriste aux lieux.

C'était comme passer d'un monde à l'autre ; le changement était radical. Plus de bitume, d'immeubles ou de voitures. Les galeries étaient pavées de pierre et les sorciers les traversaient soit à pied soit perchés sur un balai.

Des couloirs spécifiques, fort semblables aux routes moldus, avaient été aménagés pour que les déplacements terriens comme aériens entre les différents quartiers de cette partie sorcière de la ville soient relativement aisés, et que la circulation reste fluide.

Les rues sorcières étaient bondées mais, contrairement au monde moldu, cette foule semblait moins bruyante et moins désagréable à Harry. Il était bien trop absorbé par tous les petits détails magiques des lieux pour s'occuper des autres sorciers l'entourant.

Ils se trouvaient en ce moment même dans la partie souterraine de l'Allée marchande qui s'appelait la galerie des Lucioles en raison des multiples petites lumières colorées l'éclairant, semblables à des milliers de Lumos suspendus autour des boutiques et donnant un côté tout à fait singulier et surnaturel à la moindre vitrine.

Toute la partie souterraine était assombrie par le manque de lumière naturelle mais étrangement, cette obscurité, mêlée aux douces lumières des vitrines et aux petites sphères de lumière magiques, rendait le lieu apaisant.

Le Gryffondor s'y sentait à l'aise et, inconsciemment, il avait légèrement relâché les brides sur sa magie, la magie ambiante l'encourageant à se laisser aller, sans peur de se faire remarquer.

Il avait aussi commencé à décompter les créatures magiques qu'il croisait et il en avait été impressionné. Des centaures, des gobelins, des elfes de maison, un groupe de vampires et même un géant qui semblait avoir tout à fait sa place dans un restaurant gigantesque apparemment tenu par le meilleur cuisinier de la galerie, un géant tout droit venu des contrées lointaines du Groenland. Des géants qui, d'après Ulrich, se comportaient d'une manière bien plus civilisée que certains sorciers de sa connaissance.

Le professeur d'Ilvermorny avait alors, de manière bien indiscrète, pointé Severus du doigt en chuchotant beaucoup trop fort ;

— Vous voyez ce que je veux dire.

Rogue avait grincé des dents mais Harry était sûr d'avoir vu les traits de son visage se détendre légèrement après cette remarque.

Le brun, lui, s'était contenté de sourire doucement, amusé par le fait que Tiare n'ait aucunement peur de l'humeur massacrante du Maître des potions qui, depuis cette histoire de baguettes magiques, semblait pourtant très mécontent.

D'ailleurs, Harry attendait toujours les explications de Tom à ce sujet...

Le mage noir ne semblait pas avoir envie de lui expliquer immédiatement de quoi il en retournait. Jedusor ignorait effectivement les regards interrogatifs qu'il lui envoyait dans le but que celui-ci se décide enfin à lui dire en quoi leur échange pouvait être gênant.

Harry décida de ne pas insister plus longtemps. Tom pourrait se montrer encore plus réfractaire à lui dire s'il passait la journée à le lui demander, il était donc préférable qu'il se contente d'attendre que celui-ci se décide à lui dire. En attendant, il voulait tout simplement profiter du paysage atypique que formaient ces galeries sorcières souterraines.

Alors qu'Harry observait avec curiosité un magasin qui semblait vendre des jeux de société et des jouets magiques pour enfants, il remarqua du coin de l'œil Rogue s'approcher de Tiare, visiblement pour lui demander quelque chose. Immédiatement, Tiare grimaça et murmura quelque chose à l'oreille de Severus, celui-ci parut perplexe.

Après quelques secondes de ce petit manège, Ulrich se redressa et demanda à Rogue de vive voix ;

— Si tu m'invites à boire un verre, je répondrais à ta question et tu pourras enfin m'expliquer pourquoi, au lieu d'amener Harry Potter ainsi que son professeur responsable à Ilvermorny, je me retrouve avec une charge supplémentaire ?

Tiare lança un regard à Tom qui ne manqua pas de fusiller le professeur d'Ilvermorny du regard en retour, n'aimant visiblement pas être considéré comme une charge supplémentaire.

Rogue souffla quelque chose d'incompréhensible avant de dire ;

— Impossible, nous ne sommes pas là pour cela. Nous avons des achats à effectuer.

Harry vit Jedusor s'avancer d'un pas vers lui en proclamant tranquillement ;

— Harry et moi pouvons très bien acheter quelques livres et un uniforme sans votre aide. Cela ne nous prendra qu'une heure, nous pouvons très bien nous retrouver ici à ce moment-là.

Ulrich s'exclama, apparemment emballé par l'idée ;

— C'est parfait, nous n'avons qu'à faire ainsi. Nous gagnerons du temps et de toute façon, il vaut mieux que nous ayons cette conversation avant d'aller à Ilvermorny.

Harry se demandait si Rogue allait réellement dire à Ulrich qui était Tom et pourquoi celui-ci était ici. Il se demandait aussi qu'elle était la question que Rogue avait posée à Tiare pour que celui-ci exige un entretien privé.

Le professeur d'Ilvermorny n'attendit même pas la réponse de Severus, il partit en s'exclamant ;

— Suis-moi, je connais un bistrot qui devrait te plaire.

Rogue parut un instant tiraillé entre l'envie de suivre Ulrich pour maudire celui-ci ou directement maudire Tom Jedusor pour être intervenu.

Il ne fit rien de tout cela et se contenta de dire à Potter ;

— Achetez tout en double, je ne pense pas que monsieur Gaunt reçoive un traitement de faveur. Même s'il n'a pas été invité, il est fort possible que le directeur veuille qu'il suive les mêmes cours que vous.

Potter acquiesça et Rogue ajouta ;

— Au moindre problème, transplanez au MACUSA, vous y serez en sécurité.

Puis il partit sur les pas d'Ulrich, ses robes noires se gonflant et claquant sèchement derrière lui.

Harry secoua la tête, amusé. Ulrich avait l'air de savoir exactement comment manipuler Severus. Puis il se retourna vers Tom et lui demanda en jetant un regard circulaire aux alentours ;

— Par quoi souhaites-tu commencer ?

Le brun eut juste le temps de voir une lueur rouge prendre possession des yeux de Tom avant que celui-ci n'indique un immense bâtiment fait de verre et de pierre.

— Nous pouvons commencer par cette librairie.

Harry acquiesça, s'alignant sans problème sur le pas du mage noir. La pensée qu'il avait accepté trop rapidement la présence de Tom à ses côtés traversa brièvement son esprit avant qu'il ne la chasse. Il ne voyait pas Jedusor ailleurs qu'avec lui, et peu importe à quel point ce constat pouvait l'inquiéter, c'était le cas ; il préférait savoir Tom près de lui plutôt qu'ailleurs.

Le temps qu'ils achètent tout le nécessaire, livres et uniformes inclus, l'heure qu'ils s'étaient donnés pour retrouver les deux professeurs était passée et c'est lorsqu'ils furent sur le chemin du retour qu'Harry vit Tom s'arrêter en face d'une animalerie magique.

Contrairement aux autres boutiques, celle-ci était très peu éclairée et elle semblait être en piteux état, mais sur la devanture il était précisé : "Tout animal magique disponible du Fléreur jusqu'au Runespoor !"

Le brun grimaça. Un Runespoor était un serpent à trois têtes extrêmement dangereux classé XXXX, il ne pensait pas que ce genre de créature était disponible à la vente et si c'était le cas, il se demandait bien comment le vendeur pouvait garder une bête comme celle-ci enfermée en cage. L'idée même le faisait grimacer. La boutique n'avait pas l'air assez grande pour que chaque créature ait son propre espace.

Il s'approcha, rejoignant Tom devant la vitrine du magasin, celle-ci était si sombre qu'on ne pouvait en distinguer l'intérieur.

Alors qu'il ne s'y attendait pas, il entendit Tom demander ;

— Ai-je eu un serpent ? Je ne m'en souviens plus, je sais que je désirais en prendre un comme familier mais je ne sais pas si Voldemort l'a fait.

Une image de Nagini s'imposa dans l'esprit d'Harry et il se souvient que Voldemort avait fait de son serpent bien plus qu'un simple familier ; il en avait fait une partie de son âme.

La mort de Nagini hanta l'esprit du Gryffondor lorsqu'il répondit ;

— Elle s'appelait Nagini, elle a été tuée durant la dernière bataille à Poudlard.

Un petit rire ironique traversa les lèvres du mage noir et Harry se retourna vers lui. Tom le dévisagea un instant puis s'expliqua ;

— Dans ce cas-là, je suppose que Voldemort ne devait pas avoir complètement perdu l'esprit.

Harry fronça les sourcils et Jedusor ajouta ;

— Nagini est le nom que j'avais donné à une petite vipère lorsque j'étais enfant... Elle est morte noyée par la directrice de l'orphelinat.

Harry se sentit brusquement très mal, un étau se refermant avec brusquerie autour de son cœur et, sans savoir comment, il sut que ce sentiment provenait directement de Tom et qu'à travers leur lien, il arrivait à le ressentir. C'était désagréable. Jedusor ressentait de la colère et du ressentiment et Harry arrivait à le percevoir.

Réalisant que c'était probablement involontaire et que Tom lui avait partagé ses émotions sans s'en rendre compte, il décida de prendre cela comme un appel à l'aide.

Maladroitement, il proposa ;

— Si tu veux, nous pouvons aller voir les serpents qu'ils proposent. Si tu désires toujours un serpent comme familier, cela doit être faisable.

Les yeux de Tom s'animèrent d'une lueur vive et il demanda ;

— Tu me laisserais avoir un serpent même en sachant ce que j'ai fait du Basilic ?

Harry passa une main dans ses cheveux, les secouant un peu. Il savait que Tom avait déjà tué Mimi Geignarde et qu'à ce moment-là, il n'était pas encore Voldemort. Il avait tué Mimi en toute connaissance de cause pour fabriquer son premier Horcruxe et rien ne lui assurait qu'il ne tuerait pas quelqu'un d'autre...

Potter finit par dire ;

— Tu n'as pas besoin d'un serpent pour tuer quelqu'un. Cela ne change rien. Je ne vois pas pourquoi tu ne pourrais pas avoir de familier étant donné qu'ils sont acceptés à Ilvermorny. Il doit y avoir d'autres élèves ayant des serpents, cela ne sera pas différent pour toi.

Le brun inspira profondément lorsque le lien lui transmit tout aussi brusquement la joie de Tom à cette perspective. Il allait falloir que cela prenne fin, Harry n'était pas sûr de pouvoir supporter les sentiments de Jedusor en plus des siens. C'était beaucoup trop perturbant.

Jedusor le remercia, ses yeux rougeoyant de nouveau. Harry haussa les épaules, gêné ;

— Je me porte déjà garant de toi, alors ce n'est pas un familier qui changera quoi que ce soit.

Jedusor acquiesça et entra dans la boutique à l'apparence sinistre. Harry le suivit et se demanda légèrement s'il ne venait pas de commettre une erreur en acceptant d'accorder un peu plus de sa confiance à Tom.

À Suivre...

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