Tom sourit légèrement en remarquant qu'Harry s'était enfin détendu. Le lion semblait véritablement craindre ce qui les attendait à Ilvermorny.
Jedusor était toujours surpris de remarquer à quel point, malgré sa puissance magique et sa force de caractère, Harry doutait. Lui n'avait jamais douté de ses capacités, ce qui n'était pas le cas de Potter.
Encore une fois, Tom se demandait comment le Gryffondor avait-il pu affronter une guerre en étant si sensible. Lorsqu'il se perdait dans ses pensées, Harry semblait presque fragile...
La couleur des yeux du mage noir changea légèrement, virant au bordeau, lorsqu'il réalisa qu'Harry le laissait maintenant entrevoir ses faiblesses. Il commençait à lui accorder sa confiance et le jeune Seigneur des Ténèbres ne pouvait que se sentir soulagé par cette constatation.
La calèche se posa sur le sol dallé devant Ilvermorny et Tom suivit Harry lorsque celui-ci descendit du véhicule. Les pieds au sol, le Gryffondor leva les yeux vers l'immense bâtisse de granit se tenant devant eux et, contre toute attente, Tom l'entendit rire un peu. Un éclat de rire si éphémère qu'il aurait cru l'avoir rêvé si le lion n'avait pas ajouté ;
— Tu sais quoi ? Cette sensation me rappelle de bons souvenirs. J'ai l'impression d'être un gamin dans une des barques menant à Poudlard.
Tom sourit à son tour, contaminé par la même nostalgie. Il murmura, relevant la tête pour apprécier la vue ainsi que la brise fraîche de cette nuit ;
— J'aurais aimé que l'on vive notre première fois ensemble.
Harry se retourna immédiatement vers lui, surpris par ces paroles.
— Tu aurais voulu que je naisse en 1926 ?
Tom savait cela impossible ; leurs âmes étaient la même, ils n'auraient jamais pu naître à la même époque et pourtant, il ne put s'empêcher de répondre.
— Je pense que mes années à Poudlard auraient été bien plus captivantes si tu étais né en 1926.
Un nouveau rire résonna faisant accélérer le rythme cardiaque de Tom. Il aimait ce son. Le rire d'Harry sonnait merveilleusement bien à ses oreilles.
Le brun répliqua ;
— Vraiment ? Je pense qu'on aurait été insupportables. Imagine, toi à Serpentard et moi à Gryffondor à la même époque ? Un désastre. Albus Dumbledore aurait sûrement démissionné avant même de devenir directeur.
Jedusor secoua la tête en ajoutant ;
— Si nous étions nés à la même époque tu serais venu à Serpentard avec moi. Nous n'aurions jamais été ennemis.
Potter se retourna vers lui et dit dans un haussement d'épaules.
— Qui sait ? Je ne pense pas que nous aurions pu être amis, nos caractères sont diamétralement opposés.
À ce moment-là, Harry vit une lueur qu'il ne reconnut pas passer dans les yeux de Tom alors que celui-ci répondait d'une phrase sibylline ;
— Opposés mais tellement similaires...
C'est ce moment que choisit Rogue pour leur envoyer un regard noir suivi d'une réplique tranchante ;
— Vos histoires ne nous intéressent pas. Dépêchez-vous un peu, nous sommes en retard et je ne suis pas sûr que le directeur d'Ilvermorny cautionne le fait de nous attendre toute la nuit.
Tom pensa immédiatement que l'homme prenait assez mal la proximité qui s'était installée entre Harry et lui. Rogue le voyait toujours comme étant le Seigneur des Ténèbres.
Potter offrit un petit sourire effronté au Maître des potions en répliquant ;
— La vérité, c'est que vous êtes épuisé professeur et que vous ne tenez plus debout.
Le Maître des potions eut l'air furieux mais Ulrich Tiare désamorça immédiatement la future bataille en saisissant celui-ci par le bras.
— Nous sommes tous fatigués par le voyage et je pense que nous ferions mieux d'entrer avant que le directeur ne sorte lui-même à notre rencontre...
Harry acquiesça et le groupe se tourna vers l'entrée d'Ilvermorny.
Durant tout le déplacement, Tiare ne lâcha pas le bras de Rogue et Potter commença sérieusement à se demander s'il se faisait des idées ou si la relation qu'avaient entretenue les deux professeurs n'avait pas été plus intime qu'une simple amitié.
Le Gryffondor secoua la tête, pensant tout à coup que cela ne le concernait pas et qu'il n'avait vraiment pas envie de le savoir.
Harry passa les portes d'Ilvermorny derrière ses deux professeurs, Tom se tenant naturellement près de lui.
Lorsqu'il arriva dans le Hall, il fut surpris. Celui-ci était circulaire et, en levant un peu la tête, il vit les étoiles du firmament déployées au-dessus d'Ilvermorny. Contrairement à la Grande salle de Poudlard, le ciel n'était pas un enchantement ; ici, le Hall était surmonté par une immense coupole de verre donnant directement sur les cieux. Cela lui donnait immanquablement un côté étourdissant.
Sous le dôme de verre, entre le sol et les cieux se trouvait une sorte de balcon en bois, couronnant tout le tour de la pièce. Un peu comme un unique gradin dans une arène et Harry se demanda immédiatement à quoi pouvait-il bien servir. Puis, il se dit que celui-ci devait tout simplement servir à observer le ciel et peut-être même qu'Ilvermorny donnait des cours d'astronomie ici.
En abaissant le regard en face de lui, Harry vit qu'en plus de l'entrée menant dans les dédales de la bâtisse, quatre immenses statues se dressaient dans une sorte de cercle au milieu duquel se trouvait, dessiné à même le sol, le noeud gordien, symbole d'Ilvermorny.
La première statue était un oiseau immense qu'Harry était persuadé avoir déjà vu quelque part... Peut-être était-ce dans ce livre parlant de créatures magiques écrit par Norbert Dragonneau ? Il ne s'en souvenait plus. Si Hermione avait été là, elle aurait pu le lui rappeler.
La statue à la droite de celle-ci représentait une drôle de créature humanoïde qui ressemblait un peu à un elfe de maison mais qui portait un arc et un carquois.
Juste après celle-ci, il reconnut un Serpent cornu et se souvint avoir étudié cette créature en cours pour ses impressionnantes capacités magiques.
La dernière statue représentait une sorte de gros chat avec six pattes, assez impressionnant.
C'est en détaillant ces statues que le brun se rendit compte qu'il aurait probablement dû se renseigner sur le fonctionnement de cette école avant de mettre les pieds ici. Mais, à peine y avait-il songé, qu'il entendit ;
— Le premier est un Oiseau-tonnerre, il symbolise l'âme et favorise les aventuriers. Le deuxième est un Puckwoodgenie qui symbolise le coeur et favorise les guérisseurs. Le troisième est un Serpent cornu, qui symbolise l'esprit et favorise les érudits et le quatrième est un Womatou qui symbolise le corps et favorise les guerriers. Ce sont les représentants des quatre maisons d'Ilvermorny.
Le Gryffondor lança un regard amusé au Serpentard qui venait de réciter tout cela avec naturel.
— Je vois que contrairement à moi, tu t'es renseigné.
Tom lui sourit légèrement.
— Si tu t'es habitué à foncer dans les murs, ce n'est pas mon cas. J'assurerais nos arrières.
Une silhouette se détacha de l'ombre que formait l'alcôve devant eux et Harry eut juste le temps de murmurer ;
— Peut-être que ce ne sera pas utile.
Avant qu'Agilbert Fontaine ne vienne à leur rencontre.
Agilbert Fontaine s'arrêta près d'Ulrich Tiare et lui envoya un regard qu'Harry qualifia sans hésiter d'hostile en susurrant à voix basse ;
— Tu es en retard Ulrich. Très en retard.
À Suivre...
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