Tom récupéra Diligitis des bras d'Harry et laissa celui-ci ouvrir la porte.

Lorsque Potter ouvrit la porte, le jeune Seigneur des Ténèbres, qui s'était plutôt attendu à voir Tiare et Rogue derrière cette porte, eut la surprise de voir un Puckwoodgenie dans l'embrasure de celle-ci.

La petite créature humanoïde semblait très ancienne et Jedusor savait, pour l'avoir lu dans un grimoire sur les créatures magiques, que les Puckwoodgenie n'aimaient pas beaucoup les humains et qu'en tant que race guerrière, ils ne se séparaient jamais de leur groupe. Ce Puckwoodgenie avait l'air très ancien et surtout très seul...

Cette solitude se voyait au premier regard.

La manière avec laquelle il avait reculé lorsque qu'Harry avait ouvert la porte, la façon dont il se tenait et les regardait ; ce Puckwoodgenie avait été séparé des siens il y a longtemps. Il y a vraiment très longtemps.

Le Serpentard fut étonné de voir qu'après sa brève expression de surprise, Potter adressa un sourire très sincère à la créature en la saluant poliment.

Le Puckwoodgenie ne répondit pas à la salutation d'Harry, il se retourna et dit d'une voix rocailleuse ;

— Maître Fontaine m'a demandé de vous mener à la cérémonie de répartition.

Il n'ajouta rien et partit, les laissant le suivre. Potter se tourna vers lui comme pour lui demander s'il avait dit quelque chose de mal pouvant offenser la créature. Tom haussa légèrement les épaules en réponse, il ne connaissait pas vraiment les us et coutumes des Puckwoodgenie et pour être sincère, l'hostilité de la créature l'indifférait. De toute évidence, celle-ci était trop ancienne pour représenter un véritable danger.

Harry fronça les sourcils et eut l'air assez préoccupé avant de se lancer derrière la créature. Tom le suivit d'un pas moins rapide, préférant rester à distance du Puckwoodgenie. Celui-ci n'aimait pas la compagnie des humains, c'était évident et Jedusor pouvait respecter cela.

Apparemment, Harry n'avait pas compris les choses de la même manière puisque, dès qu'il fut à côté du Puckwoodgenie, il lui dit ;

— Je m'appelle Harry. Je suis désolé si je vous ai offensé. Je ne sais pas du tout comment je suis censé vous saluer. C'est la première fois que je rencontre un Puckwoodgenie.

Tom savait que le fort attrait d'Harry pour la magie le poussait à être curieux et émerveillé par la moindre chose nouvelle qu'il pouvait découvrir. Et de toute évidence, les créatures magiques le fascinaient tout autant.

Le Puckwoodgenie n'eut aucune réaction particulière. Il se contenta de répondre froidement ;

— Vous ne m'avez pas offensé, humain.

Tom vit les épaules d'Harry s'affaisser légèrement et il n'eut aucun mal à imaginer que le Gryffondor était déçu que le Puckwoodgenie ne veuille pas utiliser son prénom pour s'adresser à lui.

Pour autant, il ne sembla pas abandonner et, dès qu'ils furent à l'extérieur, traversant une cour immense pour se rendre du bâtiment secondaire jusqu'au bâtiment principal, Harry demanda au Puckwoodgenie quel était son nom et ce qu'il faisait à Ilvermorny.

Jedusor devint légèrement inquiet lorsque le Puckwoodgenie ralentit pour s'arrêter tout d'un coup, pensant que la curiosité d'Harry avait peut-être été prise comme une insulte par la petite créature.

Mais, contre toute attente, le Puckwoodgenie sembla changer légèrement d'attitude. À son tour, il eut l'air curieux lorsqu'il demanda ;

— Pourquoi cela vous intéresse-t-il ? Les humains et les Puckwoodgenie ne sont pas alliés. Aucun humain ne m'a demandé mon nom depuis bien longtemps.

Tom vit avec amusement Potter passer une main dans ses cheveux bruns, les emmêlant davantage. Le lion faisait ce genre de geste lorsqu'il se sentait gêné.

Harry déclara à la petite créature ;

— Je me suis dit que vous appeler Puckwoodgenie n'était pas très poli, je n'aime pas trop lorsqu'on m'appelle humain alors je suppose que cela doit être la même chose pour vous. Et puis, comme c'est la première fois que je croise un membre de votre espèce, je me demandais si c'était courant pour vous de travailler avec les sorciers.

Le Puckwoodgenie sembla jauger Harry du regard avant de lui répondre moins froidement que la fois précédente ;

— Normalement ma race ne se mêle pas à la vôtre mais j'ai fait une promesse il y a longtemps et depuis, je veille sur Ilvermorny pour rendre hommage à la sorcière à qui je dois ma vie.

Le Puckwoodgenie eut l'air un peu triste de mentionner cette sorcière et Jedusor entendit Harry lui dire doucement ;

— C'est une noble cause. Cela fait de vous le gardien d'Ilvermorny ?

Le Puckwoodgenie prenait toujours son temps pour répondre, comme s'il mesurait ses mots avant de les prononcer. Cependant, il répondait toujours à Harry qui semblait heureux que celui-ci prenne le temps de le faire.

La conversation entre le Gryffondor et le Puckwoodgenie dura tout le trajet et Tom ne pouvait être qu'impressionné ; Harry avait un don. Un don pour réussir à attirer la sympathie de quiconque.

Ce Puckwoodgenie s'était visiblement détendu au fil de la conversation et, après qu'Harry ait mentionné le fait qu'il n'aimait pas particulièrement être appelé "humain", la petite créature ne l'avait plus prénommé ainsi. Même si elle n'utilisait pas le prénom d'Harry et qu'elle ne lui avait pas non plus donné le sien, les deux conversaient avec un certain naturel.

C'était plus qu'impressionnant lorsque l'on savait que les Puckwoodgenies étaient considérés comme des créatures très hostiles aux humains qu'ils trouvaient bêtes et barbares.

Le jeune Seigneur des Ténèbres ne pouvait s'empêcher de trouver Harry fascinant et touchant. Il était évident que, tout comme lui, Potter avait ressenti la solitude du Puckwoodgenie dès qu'il l'avait vu et Tom ne pensait pas se tromper en affirmant que le lion essayait d'apporter son soutien à la vieille créature.

Alors qu'ils s'enfonçaient dans les dédales de couloirs de la bâtisse de granit, Tom sentit la présence de centaines de pressions magiques différentes provenir de devant lui. Des pressions magiques appartenant aux élèves d'Ilvermorny.

Apparemment, le directeur avait convié tout Ilvermorny à leur cérémonie de répartition ; pas sûr que cela plaise à Harry. Lorsqu'il s'agissait d'entamer une discussion avec un Puckwoodgenie probablement plusieurs fois centenaire, le lion n'avait aucun problème mais en ce qui concernait le fait de devoir assumer son statut de héros devant une foule de personnes, ce n'était plus la même histoire.

Potter était ce genre de personne, complètement contradictoire, qui faisait des choses extraordinaires en permanence et qui trouvait les choses les plus simples infiniment plus difficiles à réaliser.

Harry lui ressemblait tellement, sauf que lui avait appris à jouer de ce fait. Depuis son plus jeune âge, il utilisait les actes les plus impressionnants qu'il était capable de faire pour se soustraire aux autorités ou pour contrôler les plus simples. Ce n'était pas la meilleure solution mais elle lui avait permis de passer pour un élève-modèle à Poudlard durant pratiquement l'intégralité de sa scolarité.

Maintenant, il n'avait plus vraiment envie de jouer la comédie, il était incapable de beaucoup de choses que les autres sorciers qualifiaient de simple ; comme savoir distinguer les choses morales de celles qui ne le sont pas, comment se lier d'amitié avec une autre personne et comment savoir exprimer ses sentiments de manière verbale.

Il ne savait pas faire ces choses qui semblaient naturelles aux autres mais, contrairement aux autres, il pouvait invoquer un Feudeymon sans baguette ni incantation, il était capable de voir les auras magiques et surtout, il avait une âme-soeur.

Alors peu importe s'il n'était pas capable de faire certaines choses, Harry était capable de comprendre cela et de l'accepter comme il était sans qu'il n'ait à jouer la comédie. Et tant que cela convenait à Harry, peu importe ce que le reste du monde en pensait.

Lorsqu'ils pénétrèrent dans le Hall d'Ilvermorny, le jeune Seigneur des Ténèbres pensa qu'il aurait voulu la même chose pour Harry, qu'il ne se sente plus obligé de jouer la comédie, qu'il puisse y échapper. Cette pensée lui échappa et se brisa en morceaux avec fracas en même temps que la sérénité et le calme d'Harry lorsque le brun releva les yeux vers la coupole de verre...

Harry sentit sa respiration se couper et il fit même un demi-pas en arrière, effrayé. Le balcon en bois qu'il avait qualifié de gradin entourant le dôme de verre était plein ; plein à craquer de jeunes sorciers et sorcières qui avaient les yeux rivés sur lui.

C'est à ce moment-là que le brun se souvint que le monde sorcier avait un goût prononcé pour la démesure ; bien trop prononcé pour qu'un immense balcon en bois surplombant le Hall d'Ilvermorny ne serve qu'à observer les étoiles pendant un éventuel cours d'astronomie.

Non, il fallait qu'une chose pareille ait une utilité bien plus importante. Ce balcon était un gradin et ce Hall était une arène. Une arène où les nouveaux élèves arrivant à Ilvermorny étaient répartis sous les yeux de leurs aînés.

À Suivre...

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