La première chose que vit Harry lorsqu'il se réveilla fut un ciel bleu et incroyablement lumineux. Il papillonna plusieurs fois des yeux, un peu perturbé par la lumière, incapable de distinguer correctement ce qui l'entourait car son esprit était encore embourbé dans un brouillard particulièrement épais.
Il voulut bouger mais, dès qu'il amorça un geste, il ressentit comme une décharge électrique lui parcourir le corps et vit des bribes de magie, la sienne, éclater autour de lui comme des étincelles colorées.
Son visage s'assombrit alors que ses derniers souvenirs lui revenaient. Il se revit dans le Hall d'Ilvermorny, sa baguette ainsi que celle de Tom entre les mains. Jedusor venait d'essayer d'abattre Agilbert Fontaine, il l'en avait empêché de justesse puis plus rien, l'obscurité. Il s'était évanoui.
Cette dernière pensée dégagea un peu la brume de son esprit, il essaya de s'asseoir pour déterminer où il se trouvait mais dès qu'il en fit le mouvement, une main pâle se posa sur sa poitrine, accompagnée d'une voix ;
— Reste allongé encore un peu, ta magie commence seulement à s'apaiser.
Reconnaissant immédiatement la voix, Harry tourna la tête du côté de celle-ci ; Tom Jedusor était assis près de lui.
Le Gryffondor se rendit compte que le Serpentard ne portait plus la cape de son uniforme. Celle-ci devait être sous lui puisque, bien qu'il soit allongé sur l'herbe, il sentait la présence d'un tissu sous ses doigts.
La main du jeune Seigneur des Ténèbres quitta sa poitrine et celui-ci lui demanda, l'air visiblement inquiet ;
— Comment te sens-tu ?
Au lieu de répondre à cette question, le lion fronça les sourcils puis demanda, sa voix grinçant un peu ;
— Où sommes-nous ?
Jedusor lui adressa un très léger sourire.
—Je ne sais pas vraiment. Lorsque j'ai transplané, ta magie a pris le dessus sur la mienne et on a atterri ici. Cette clairière ne doit pas se situer très loin d'Ilvermorny, probablement au sommet du mont Greylock.
Le sorcier adepte de la magie noire eut l'air pensif un moment avant d'ajouter ;
— Il me semble avoir lu quelque chose à propos de la baguette de Salazar Serpentard ; elle aurait été enterrée dans un endroit comme celui-ci, tout proche d'Ilvermorny. Mais il ne s'agit sûrement que d'une légende.
Harry lança un regard autour d'eux sans pour autant bouger et il vit que l'endroit ressemblait à une clairière un peu rocheuse. Quelques arbres et arbustes ainsi que des rochers jaillissaient de la terre, lui donnant un côté montagneux.
L'air très frais qu'il inspira le convainquit qu'ils devaient être dans les hauteurs du mont Greylock, peut-être même plus haut que ne l'était Ilvermorny.
Retournant son attention sur le mage noir, un sentiment d'angoisse remplit sa poitrine lorsqu'il demanda à celui-ci ;
— Pourquoi avoir transplané ?
Il espérait que Tom n'ait pas fui Ilvermorny après avoir commis un acte irréparable.
Tom commença assez simplement ;
— J'ai pensé que tu préférerais cela. Tu as perdu conscience après m'avoir désarmé et je ne voulais pas que l'on reste là-bas. Je pense que si j'étais resté une seconde de plus, je l'aurais tué...
Harry fut soulagé d'entendre que le mage noir n'avait pas été plus loin dans son désir d'éliminer le directeur mais il vit les poings de celui-ci se serrer alors qu'il continua ;
— Cet homme, Agilbert Fontaine, savait parfaitement ce qui allait se produire. Il savait comment le sceau réagirait lorsque tu y mettrais les pieds. Il savait comment les choses se passeraient et il a osé dire devant tous que tu étai-
Harry interrompit le Serpentard en voyant la colère de celui-ci le posséder de nouveau ;
— Cela n'a aucune importance. Qu'il sache ou pas ce qui se produirait pendant ma répartition ne change rien. Si je l'avais su à l'avance, j'aurais quand même dû le faire. Si Ilvermorny répartit ses élèves de cette façon depuis plusieurs siècles, c'était normal que je subisse la même chose. Et je me fiche de savoir ce qu'il a bien pu dire à mon sujet.
Le Gryffondor laissa son regard dériver vers le ciel et il dit un peu plus faiblement ;
— De toute façon, avec ce qui s'est passé aujourd'hui, le monde entier en sera informé d'ici peu ; l'état de ma magie, mon incapacité à la contrôler, la manière dont je la réprime depuis plusieurs années, le nœud gordien ancestral que j'ai brisé. Tout cela doit déjà avoir été rapporté au MACUSA.
Fermant les yeux, le lion finit par souffler, la voix un peu tremblante ;
— S'il doit y avoir un responsable, alors ce n'est pas le directeur d'Ilvermorny. Je suis le seul responsable. Si je n'étais pas un monstr-
Harry sentit la main de Jedusor se poser sur sa bouche pour l'empêcher de prononcer complètement le dernier mot de sa phrase.
Celui-ci lui siffla ;
§ Ne le dit pas. Je refuse que tu prononces un mot comme celui-ci pour te désigner. §
Tom marqua une pause avant d'ajouter ;
§ Ta magie est magnifique et tu es extraordinaire, la personne la plus brillante que j'ai rencontrée. Je ne veux pas que tu utilises ce mot que je déteste pour te définir. §
Rouvrant les yeux pour les fixer avec perplexité sur le jeune Seigneur des Ténèbres, Harry ressentit la sincérité des mots que celui-ci venait de prononcer et cela ne fit que le perturber davantage.
Tom ne pouvait pas... Ils étaient censés se détester, être ennemis. Jedusor ne pouvait pas juste lui dire ce genre de choses, comme cela, comme s'il n'y avait pas eu une guerre entre eux. Ils étaient censés se haïr. Jedusor n'avait pas le droit de l'apprécier, de le respecter, de le rassurer...
Indifférent au tourment mental que s'imposait le lion, le serpent lui siffla en retirant la main qu'il avait posée sur sa bouche, ses yeux rougeoyants et s'assombrissant, soulignant ainsi chaque mot qu'il prononçait ;
§ J'ai eu tellement peur que le sceau ne te tue. Tu es mon seul repère, la seule chose qui m'empêche de redevenir un monstre, je ne supporterai pas ta mort. S'il devait t'arriver quelque chose, je serais incapable de me contrôler et je n'aurais plus aucune raison de le faire. §
Le même tourbillon de sentiments qu'à l'animalerie de la galerie des Lucioles parvient à Harry alors que Tom lui disait cela. Un tourbillon de sentiments si contradictoires et si confus qu'Harry était incapable de les différencier, de leur prêter à chacun un sens et un nom.
Jedusor se pencha vers lui, glissa sa main contre son cou et rapprocha son visage du sien, ses yeux se teintant définitivement d'une couleur rouge vif.
Infiniment perturbé, le lion essaya de souffler alors que la seconde main du mage noir attrapait sa main droite, entremêlant ses doigts aux siens et plaquant leurs mains entremêlées contre le sol à côté de lui.
— Qu'est-ce que tu...
Il ne réussit pas à finir de s'exprimer. Tom posa ses lèvres contre les siennes dans un baiser terriblement doux et lent, un peu comme s'il craignait qu'il ne le rejette avec violence.
Pourtant, Harry ne bougea pas, le souffle coupé et le coeur battant, il se sentait comme paralysé et même son esprit semblait s'être arrêté de fonctionner. Il sentit enfin le tourbillon de sentiments provenant de Tom se stabiliser pour ne laisser qu'une seule et unique émotion lui parvenir ; l'amour.
Un amour brut et dévorant, quelque chose qu'Harry n'avait jamais ressenti auparavant. Un sentiment appartenant à Tom.
Affaibli par les événements récents et paralysé par l'émotion que lui transmettait le lien, incapable de formuler une pensée claire, Harry ne repoussa pas Tom. Il laissa celui-ci l'embrasser durant plusieurs secondes avant que le baiser ne prenne fin.
Le mage noir laissa alors sa tête retomber contre son cou et lui murmura faiblement dans un anglais fébrile, mélangé à du fourchelang ;
— Je suis désolé, je sais que mes sentiments ne sont pas réciproques. J'ai eu tellement peur de te perdre... Ne me déteste pas...
À Suivre...
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