« L'Obscurus est une entité magique parasite qui naît du refoulement par un sorcier de ses pouvoirs magiques. Un sorcier hébergeant un Obscurus à l'intérieur de lui est appelé Obscurial.

C'est la définition la plus précise que les sorciers aient donnée à ce phénomène qu'ils ne comprennent que très peu. Celui-ci semble d'une rareté aussi grande que la puissance incommensurable détenue par son hôte, autrement nommé Obscurial. Cette forme de magie est si violente qu'elle détruit systématiquement son propre possesseur, le tuant la plupart du temps bien avant qu'il n'atteigne une dizaine d'années de vie. »

La nuit qui voilait le ciel d'Ilvermorny était peu à peu chassée par le soleil malgré l'habituelle chape de brume recouvrant le domaine ; ainsi sonnait le début d'une nouvelle journée pour les étudiants de cette noble école de magie.

N'ayant probablement pas remarqué ce changement, le directeur d'Ilvermorny resta plongé dans la lecture d'un petit grimoire visiblement assez ancien.

Il avait passé toute la nuit à chercher ce livre dans sa bibliothèque personnelle et rien ne pourra l'empêcher de le relire une énième fois, maintenant qu'il le tenait enfin.

Ses mains tournaient fébrilement chaque page de l'ouvrage tandis que son corps était parcouru d'un mélange d'excitation et d'horreur. Sa captivation était telle qu'elle le rendait complètement indifférent au lever du soleil dont les rayons frappaient pourtant les larges fenêtres de son bureau.

Alors que ses yeux parcouraient les lignes d'encre sur les pages vieillies du livre, ses mains se mirent à trembler ; il ressentit exactement le même sentiment de profond dégoût qu'il se souvenait avoir éprouvé la première fois qu'il avait découvert ces informations.

Ce livre faisait partie des très rares ouvrages traitant de cette forme de magie. Les Obscurus, l'incarnation la plus pure et la plus destructrice que la magie puisse prendre.

Non seulement ce livre traitait de ce sujet, mais en plus de cela, il révélait aussi plusieurs faits relatifs aux Obscurials et à ce que représentaient exactement les Obscurus.

Ce livre, contrairement à la définition qu'en donnait le MACUSA et les autres gouvernements magiques, ne qualifiait pas les Obscurus de parasites mais plutôt d'incarnations physiques de la magie de son sorcier.

L'Obscurus était seulement le nom que les sorciers avaient donné à la magie particulièrement destructrice habitant les Obscurials.

Selon ce livre, dire d'un Obscurus qu'il est un parasite serait aussi absurde que de dire que la magie en était un pour les sorciers. Les Langues-de-plomb ayant rédigé cet ouvrage y ont inscrit la vérité, une vérité à la fois cruelle et dégoutante ; ainsi, le monde sorcier avait inventé cette histoire de parasite dévorant son hôte de l'intérieur pour pouvoir abattre les Obscurials dont la puissance les effrayait. Aucune forme de jugement ne fut prononcée puisque tuer un Obscurial revenait à le libérer de sa souffrance.

C'était faux. Ce n'était qu'une excuse pour pouvoir abattre les enfants Obscurials avant que leur magie ne prenne le dessus sur eux et qu'ils se révèlent être un danger pour le Code International du Secret Magique.

L'Obscurus n'était pas le parasite d'un sorcier refoulant sa magie ; l'Obscurus était la magie de l'Obscurial.

Un Obscurus n'avait jamais eu d'identité propre, ce n'était pas une créature, ni une malédiction. C'était une forme de magie. Non seulement la plus puissante des formes existantes, mais aussi la plus proche de ce qu'était la magie à son origine.

Les Obscurials étaient similaires sur de nombreux points aux premiers sorciers de la création : instables, d'une durée de vie ridiculement faible mais d'une puissance incommensurable.

Voilà ce que représentait réellement un Obscurial ; un sorcier ayant développé sa magie jusqu'à son apogée et mourant généralement consumé vif par cette même magie.

Malheureusement, même les Langues-de-plomb ignoraient ce qui, exactement, déclenchait ce changement dans la magie d'un jeune enfant puisque ce phénomène n'avait été observé que chez des enfants ayant subi des sévices physiques ou psychiques durant leur petite enfance.

Les Langues-de-plomb avaient alors conclu que restreindre et vouloir cacher sa propre magie faisait, paradoxalement, évoluer celle-ci jusqu'à ce qu'elle devienne un Obscurus.

Suite à cette théorie, des expériences avaient été réalisées sur de très jeunes enfants, des cobayes, livrés aux Langues-de-plomb. Ceux-ci étaient chargés de les traiter comme le faisaient les moldus lorsqu'ils avaient découvert l'existence des premiers sorciers...

Sur plus d'une centaine d'enfants testés à travers le monde, aucun ne développa d'Obscurus. Une vingtaine d'entre eux moururent en bas âge et plus de la moitié ne survécurent que quelques années mais aucun d'eux ne montra de capacités plus élevées que la moyenne en magie. Ce fut un échec.

Après cette expérience ratée, comprenant que ce phénomène était difficilement reproduisible et encore moins compréhensible, la peur des sorciers ne fit qu'augmenter. Ils ne savaient ni qui pourrait devenir un Obscurial ni pourquoi.

Ils décidèrent donc d'un commun accord de détruire chaque enfant développant cette particularité avant que celui-ci ne puisse devenir dangereux ; que ce soit pour eux ou pour l'équilibre qu'ils avaient enfin réussi à instaurer entre les sorciers et les non sorciers.

Ce fut à ce moment-là qu'ils inventèrent cette histoire de parasite. Ce dernier n'était en fait que la représentation physique de la magie d'un Obscurial lorsqu'il faisait appel à l'intégralité de ses pouvoirs ou plutôt, lorsqu'il perdait le contrôle de sa magie longuement réprimée.

Cela arrivait généralement bien avant que l'enfant n'atteigne une dizaine d'années. Réprimer son essence magique durant plusieurs années était déjà un exploit en soi.

C'était la vérité, celle écrite dans ce livret qu'Agilbert avait trouvé dans les affaires de son grand-père et que lui-même devait avoir trouvé au ministère puisqu'il avait été Auror durant la quasi-totalité de sa vie, tout comme de nombreux membres de la famille Fontaine d'ailleurs.

Ce livre, Agilbert avait pratiquement oublié son existence. Mais maintenant...

Maintenant cet ouvrage lui semblait bien plus utile. Si sa théorie se confirmait, si ce qu'il avait cru percevoir n'était pas seulement le fruit de son imagination et si les informations contenues dans ce livre étaient réelles... alors il avait enfin trouvé la clef lui permettant d'accomplir sa vengeance sur le MACUSA.

Le Congrès magique des États-Unis d'Amérique tombera sans espoir de se relever un jour, son petit Ellias sera vengé et son âme pourra enfin reposer en paix.

À cette simple idée, les poings de l'homme se resserrèrent sur l'ouvrage qu'il tenait toujours entre ses mains et il inspira profondément pour se calmer. Rien n'était joué, rien n'était encore gagné. Tout reposait sur une hypothèse, une hérésie, une idée absolument inconcevable.

Celle que Harry Potter, le héros de la dernière grande guerre magique, était en réalité un Obscurial. Un Obscurial ayant réussi à survivre dix-huit ans, l'hôte d'un Obscurus dont la puissance était si monstrueuse que pour la restreindre, il avait été obligé de placer assez de verrous sur sa magie pour qu'elle se divise en de multiples flux colorés.

Et si c'était le cas... alors il suffirait que toutes les restrictions de Potter volent en éclats pour que sa magie redevienne ce qu'elle avait toujours été : un Obscurus.

Un Obscurus restreint depuis plus de dix-huit ans, un Obscurial inconscient de sa propre monstruosité. Le monde magique ne survivrait jamais à une crise comme celle de l'éveil d'un monstre pareil. Lui qui avait si mal réagi au simple sous-entendu qu'il était anormal. Différent. Son éveil le rendrait complètement fou et il en deviendrait incontrôlable.

Cela serait un véritable carnage. Le MACUSA n'y résisterait pas. De plus, le simple fait d'imaginer les membres de ce gouvernement mourir broyés par la fureur d'un Obscurus suffisait déjà à apaiser un peu le gouffre que l'absence d'Ellias avait laissé dans le coeur d'Agilbert.

C'est donc avec les cris d'agonies imaginaires des membres du MACUSA qu'Agilbert Fontaine accueillit Harry Potter et Thomas Gaunt dans son bureau.

Avant de faire quoi que ce soit, il fallait qu'il en soit certain. Potter pouvait très bien être seulement un sorcier très puissant mais trop jeune pour savoir se maîtriser correctement. Il fallait être sûr que Potter était un Obscurial et pour cela, quoi de mieux qu'un tournoi à la réputation particulièrement meurtrière ?

Après tout, s'il avait fait venir Harry Potter à Ilvermorny, c'était à la base pour avoir un œil sur l'un des meilleurs sorciers d'Angleterre et peut-être même persuader celui-ci de l'aider à réaliser ses plans. Disons seulement que si ses espoirs se confirmaient, il n'aurait aucunement besoin de persuader le garçon...

Il lui suffirait de lui révéler la vérité pour le briser et en faire l'arme de destruction massive dont il avait tellement besoin.

À Suivre...

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