Note : ENFIN ! ça y est, vous savez ! ( en plus j'ai mis qu'une petite semaine à poster ! Champomy x) ! )
Le lendemain matin, après une nuit agitée, en grande partie due à une nouvelle rencontre onirique particulièrement éprouvante avec le petit Yazoo, Sephiroth se massait doucement les yeux dans son lit.
— Bon sang… Je vais devenir fou à force de voir ce petit sans arrêt.
Un frisson lui parcourut l'échine. Il se recroquevilla quelques secondes sous son effet, puis alors qu'il s'étendait pour délasser ses membres raidis par la nuit, les « toc-toc » contre sa porte firent leur grand retour. Bien décidé à ne pas en laisser filer l'auteur cette fois, Sephiroth bondit de son lit en un quart de seconde. Il fonça jusqu'à l'entrée sans même prendre le temps de s'habiller, et ouvrit avec tant de précipitation que Genesis, juste derrière la porte, fit un bond en arrière.
— Ah ! Enfin je te coince ! s'exclama l'argenté, le souffle court, replaçant ses cheveux correctement.
Pris au dépourvu, le roux regarda son ami de haut en bas et battit plusieurs fois des paupières.
— Est-ce que… c'est une invitation ?
— Pardon ?
— Tu es en slip, mon cher, lui fit remarquer Genesis. Et tu dis que tu veux 'me coincer', avoue qu'il y a de quoi se poser des questions !
Sephiroth leva les yeux au ciel.
— Je sors juste de mon lit. Et je te signale que si tu n'avais pas pris la fâcheuse habitude de t'enfuir comme un voleur après avoir frappé, peut-être que j'aurais pu prendre le temps de m'habiller !
— Et qui te dis que c'était moi les fois précédentes ? répliqua le jeune homme.
Un silence gênant ainsi qu'un regard en biais accueillirent sa réponse.
— Bon, ça va ! râla Genesis. Oui, c'était moi, t'es content ?
— Pourquoi, je devrais ?
Il y eut un nouveau moment de flottement, puis l'argenté reprit :
— Tu comptes enfin me dire ce qui t'amène, ou je dois m'attendre à te voir continuer de jouer le fantôme du couloir. ?
Genesis prit une grande inspiration, mais au moment où il allait se lancer, l'un des jumeaux commença à pleurer. Il se décala un peu pour voir ce qui se passait, mais c'était peine perdue, impossible d'où il se tenait de voir la chambre de l'argenté.
— Tu sais, si tu veux les voir, il suffit de le dire !
Ne lui laissant pas le temps de répondre, il tourna les talons pour aller s'occuper du petit contrarié. Hésitant, le roux piétina quelques secondes sur le pas de la porte, puis entra et fit quelques pas en direction de la chambre, avant de renoncer une nouvelle fois et de battre en retraite dans l'ascenseur.
— Ah, minerva ! Mais pourquoi je fais ça ! Il n'y a rien de mal à vouloir les voir encore une fois. Ça ne veux pas dire que j'ai quoi que ce soit à voir avec eux, au contraire, ça me conforterait sans doute dans l'idée que nous n'avons rien en commun… alors pourquoi je n'arrive pas à aller vers eux ?
Il appuya sur le bouton rez-de-chaussée et se prit la tête dans les mains.
« C'est justement parce que tu as peur de te voir en eux que tu ne veux pas les voir » résonna une petite voix dans sa tête.
— Raaah, la ferme ! lui répondit-il.
Pendant ce temps, chez Sephiroth, le jeune homme, qui venait de changer petite Genesis, ne fut que moyennement surpris en retournant dans le salon, de constater que le roux avait de nouveau disparu.
— On parie qu'il revient frapper ce soir ? fit-il au bébé dans ses bras, lequel lui répondit par une jolie bulle de bave.
Le jeune homme soupira. Il installa la petite dans un cosy près du canapé afin de la garder un peu auprès d'elle, maintenant qu'elle était réveillée, et alors qu'il se dirigeait vers la cuisine, prendre de quoi petit-déjeuner, un bip familier retentit : son portable. Quand il mit la main dessus, une légère grimace se forma sur son visage au moment de lire le nom de l'expéditeur du message. Grimace qui s'étira un peu plus encore lorsqu'il le lut.
— C'était à prévoir…, grommela-t-il.
De toute évidence, son supérieur semblait ne pas vraiment apprécier qu'il prolonge ses vacances improvisées.
— C'est vrai qu'il va falloir que je retourne à la tour…
Cela ne faisait que quelques jours qu'il était en congé, et pourtant le SOLDAT lui semblait si loin, déjà. Il alluma la télé, mais ne parvint pas à suivre la moindre émission tant son cerveau était ailleurs. Chaque fois qu'il clignait des yeux, il entrevoyait des flashs de son passé. Son enfance, son adolescence… d'aussi loin qu'il puisse se souvenir et à son grand désarroi, il réalisa qu'à part se battre, il n'avait jamais vraiment rien fait d'autre. Et puis brusquement, la chose le frappa comme une gifle :
— Pourquoi je fais ça… Pourquoi je me bats, en réalité ?
Il se massa les tempes, tentant de calmer un début de mal de tête.
— Je suis doué pour ça… c'est certain. Mais si j'avais eu le choix, qu'aurais-je fait ?
Il se redressa, perdu.
— Je… je n'ai jamais eu le choix. J'ai toujours fait ce qu'on me disait comme… comme une machine. Pourquoi je ne m'en rends compte que maintenant ?
Sa jambe commença à tressauter sous le coup du stress. Il la regarda quelques secondes sans comprendre, puis eut un petit rire désabusé, réalisant soudain.
— On ne m'a jamais présenté d'autres perspectives d'avenir… Je ne savais pas que je pouvais faire autre chose.
L'argenté s'enfonça dans le canapé, prenant conscience qu'il n'avait aucune envie de retourner à la Shinra.
— Ce que je veux, commença-t-il, regardant petite Genesis – qui cherchait maladroitement à mettre son pouce dans sa bouche –. C'est être père. Et pour ça, je ne peux pas rester au SOLDAT…
Le formuler à voix haute libéra Sephiroth autant que ça l'angoissa, car pour la première fois de sa vie, il allait devoir décider seul de ce qu'il voulait faire de sa vie.
Sur les coups de 19 heures, comme il l'avait pressenti, un "toc-toc" se fit de nouveau entendre contre sa porte.
— C'est ouvert, Genesis, répondit-il, sans bouger de son canapé. Si tu veux entrer, fais-le, je ne vais pas me lever pour me retrouver face à un couloir vide une fois de plus !
Suite à sa phrase, il ne se passa rien durant plus d'une minute, puis soudain, la porte s'ouvrit.
— Tiens donc, je pensais que tu t'étais de nouveau enfui !
Pour toute réponse, le roux poussa un grognement contrarié avant de pénétrer dans la pièce, jetant des regards un peu partout.
— Les jumeaux sont dans ma chambre, si c'est ce que tu cherches !
— Hum… répondit le banoran.
Il s'approcha à hauteur de l'argenté et le poussa sans aucune gêne pour se faire une place sur le canapé.
— Je t'en prie, fais comme chez toi…, soupira Sehpiroth.
Ignorant volontairement toute l'ironie de la phrase, le jeune homme s'étala un peu plus et commença à examiner un par un les documents qui s'étalaient sur la table basse.
— « Bien choisir son métier », « Réussir sa reconversion », « Quelle formation pour vous »… Qu'est-ce que c'est que tout ça ?
— Des livres, comme tu le vois ! Je suis passé les acheter tout à l'heure, pendant que je promenais les petits.
— Je le vois bien que ce sont des livres, répondit Genesis, un peu agacé. Ne me prends pas pour un idiot ! Tu sais très bien ce que je voulais dire. Tu comptes quitter la Shinra ou quoi ? demanda-t-il, avec un sourire incrédule.
— C'est si incroyable que ça ?
— Quoi ? Parce que c'est vrai ? Tu comptes vraiment partir ?
— Je l'envisage, oui. Je veux dire… Avec ces deux petits, je me suis rendu compte que je…
— Alors ça, ce n'est pas croyable ! le coupa Genesis, furieux. Tu ne peux pas faire une chose pareille, enfin !
Le général haussa les épaules.
— Je pense que si. Après tout, je n'ai que 19 ans, je peux…
— Encore une fois, ce n'est pas ce que je voulais dire ! Si tu t'enfuis comme un lâche, alors je n'aurais plus rien à faire là non plus !
— Pardon ?
— Comment pourrais-je me satisfaire de devenir numéro un par défaut ! s'écria le roux, bondissant presque du sofa. Si tu t'en vas avant que j'ai eu l'occasion de prouver au monde que j'étais le meilleur de nous deux, je…
Un cri de bébé l'interrompit.
— Bravo, Gen, tu aurais dû hurler encore plus fort !
Il se leva à son tour, afin de se rendre auprès du petit, puis se retourna vers son ami en cours de route.
— Et sincèrement, qui se soucie d'être le numéro un auprès de milliers d'inconnus ? Il y a bien plus important, tu ne crois pas ? Tu ferais bien d'y réfléchir.
Il désigna du doigt sa chambre avant de poursuivre sa route.
Se sentant irrité et légèrement humilié, Genesis quitta l'appartement, claquant la porte si fort derrière lui que le deuxième bébé commença à pleurer lui aussi. Lui qui avait enfin décidé de venir les voir… Il retourna chez lui dépité, se prépara une tartine de confiture de pommesottes, qu'il avala compulsivement, se demandant quand sa vie allait se remettre à tourner rond de nouveau.
.
Cette nuit-là aucun des trois SOLDATs ne dormit sur ses deux oreilles.
Lorsqu'ils se retrouvèrent en chemin pour le réfectoire, le lendemain, Genesis et Angeal ne purent que constater qu'ils affichaient tous deux les mêmes traits tirés et tendus.
— Alors, commença Angeal, tu as eu des nouvelles des résultats du test, toi ?
— Pas encore… répondit Genesis, plus tendu qu'il n'aurait voulu le laisser croire. Toi non plus, je suppose ?
— Non… mais ça ne devrait plus tarder, maintenant, je pense.
— Hum.
Un silence malaisant les accompagna sur une bonne partie du trajet, puis Angeal reprit :
— Au fait, Sephiroth m'a parlé de votre altercation d'hier, et…
— Et je t'arrête tout de suite, je n'ai aucune envie de parler de ça avec toi !
— Merci ! À vrai dire, je n'ai pas du tout la tête à en parler non plus, j'ai juste dit ça pour tenter de casser le malaise ambiant.
— Merveilleux choix de sujet pour dissiper un malaise, effectivement !
Angeal leva les yeux au ciel. Il ouvrit la bouche, pour lui répondre, mais au même moment, un téléphone se mit à sonner.
— Ce… c'est le tient ? demanda-t-il.
— Tu te moques de moi, Angeal ? Qui d'autre à part toi pourrait laisser cette sonnerie ringarde, installée par défaut ?
— Sephiroth à la même, lui apprit le brun, tirant son portable de sa poche.
Genesis roula des yeux.
— Ça ne m'étonne même pas ! C'est peut-être le seul qui puisse être plus ringard que toi !
Le brun secoua la tête. Il posa son index contre sa bouche pour faire signe au roux de se taire, puis décrocha.
Comprenant très vite que son ami d'enfance avait l'hôpital en ligne, Genesis ne put réprimer un petit sourire de soulagement, imaginant que si Angeal était le premier contacté, c'était forcément pour lui annoncer qu'il était le père. Aussi, lorsque le jeune homme raccrocha quelques minutes plus tard, c'est de son air se voulant le plus neutre qu'il demanda :
— Alors ?
— Alors c'était les résultats, et… hésita le brun.
— Et ?
— Et je ne suis pas le père ! répondit-il finalement, posant un regard désolé sur le roux.
Frappé par la nouvelle, le visage de Genesis perdit le peu de couleurs qui lui restait. Il sentit une violente crampe lui tordre les entrailles, et une main posée sur le ventre, il piqua un sprint jusqu'aux toilettes les plus proches, ou il s'engouffra dans la première cabine libre. Alors qu'il débouclait sa ceinture, ce qu'il redoutait se produisit : son téléphone se mit à sonner à son tour.
— Par la déesse, faites qu'ils soient de Sephiroth… marmonna-t-il, extirpant non sans difficulté son téléphone de sa veste.
Les mains tremblantes, Genesis appuya comme il le pu sur la touche « décrocher » et porta l'appareil à son oreille.
— A… allo, Genesis Rhapsodos ! répondit-il, le ton le plus assuré dont était capable.
L'échange entre le médecin et le roux ne dura que quelques secondes, car sous le choc des résultats, son portable lui échappa de la main. Une nouvelle crampe s'empara alors de lui, lui laissant tout juste assez de temps pour déboucler son pantalon et éviter le drame.
Plié en deux sur la cuvette, le visage en sueur dans les mains, Genesis avait l'impression que toute sa vie venait de s'écrouler.
— Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de ces deux gosses ! se lamenta-t-il.
