Hello !

Voici le chapitre 12, avec un peu d'avance par rapport aux horaires habituels. On se rapproche dangereusement de la fin de cette fiction, et je ne sais pas si j'en suis triste ou réjouie ;-)

Merci beaucoup à Jiwalumy et Petite-Licorne-Arc-En-Ciel pour leurs reviews quotidiennes, c'est un bonheur de vous lire.

Petite info importante (ou pas tant que ça, finalement !), mon week-end s'annonce particulièrement chargé, aussi je ne suis pas certaine que les chapitres suivants arriveront dans les temps. Je ferai mon maximum, mais dans le pire des cas, vous aurez la suite lundi sans faute.

Bonne lecture !

M


Chapitre 12 -

7 janvier 2000

Dire que Harry était furieux était un euphémisme. Il faisait les cent pas dans le couloir devant le bureau du Ministre, tournant comme un lion en cage. Ce sale rat. Cet immonde petit vermisseau. Il aurait pu le tuer de ses propres mains. La tentation était encore grande, à dire vrai. La veille, c'est finalement Pansy qui l'avait calmé, alors qu'il assénait un coup de poing monumental au vieux porc de propriétaire. Les yeux brillant de larmes, elle lui avait demandé de la ramener chez elle. Il l'avait veillée toute la soirée. Elle avait passé près d'une heure sous la douche, tentant de faire disparaître la sensation de brûlure sur sa peau. Il avait appliqué de la crème apaisante sur ses bleus, avec une douceur infinie. Il l'avait forcée à manger, avec difficulté. Et puis, elle lui avait demandé d'appeler Daphné. Lorsque la jeune blonde était arrivée, Harry s'aperçut que jamais les larmes ne s'étaient arrêtées de couler sur le beau visage de Pansy. Il était rentré chez lui et avait passé la nuit entière allongé les yeux grand ouverts sur son lit, rongé par un sentiment de culpabilité qu'il n'avait pas ressenti depuis bien longtemps.

A son arrivée au Ministère, le lendemain matin, il avait vu rouge. Les employés continuaient de travailler comme si de rien n'était, tous poursuivaient leur petite vie tranquille, l'air de se foutre totalement du fait que la vie de Pansy Parkinson avait basculé à jamais à peine quelques heures auparavant. Comment pouvaient-ils tous ignorer à ce point les images abominables qui lui brûlaient la rétine ? Cet effroyable constat avait mis Harry dans une colère noire.

Cependant, il se calma d'un seul coup lorsqu'il vit Pansy sortir du bureau du Ministre. Elle tremblait. Et semblait avoir mille ans. D'énormes cernes barraient ses yeux. Mais elle ne pleurait plus. Harry se précipita sur elle et la serra dans ses bras.

- Tu vas bien ?

La jeune femme hocha la tête doucement, sans rien dire. Harry se mordit la lèvre. Il s'en voulait tellement…

- Pansy… Je suis tellement, tellement désolé, si tu savais. J'aurais dû te protéger, j'avais senti que ce type n'était pas net… Je n'aurais jamais dû te laisser seule là-bas, si j'avais su je -

Il se figea lorsqu'il vit la colère danser dans les yeux de la brune.

- Comment oses-tu être désolé, Harry Potter ?

- Mais, eh bien, si j'étais resté avec toi, tu -

- Tu m'as sauvé la vie, espèce de scrout à pétard !

Harry garda le silence, stupéfait. Le visage de sa vis-à-vis s'adoucit légèrement.

- Si tu n'avais pas transplané aussitôt hier, en sentant la pièce… Si tu n'avais pas eu ce galion avec toi… Je ne veux pas imaginer ce qui se serait passé. Alors je t'interdis tu m'entends, je t'interdis d'être désolé, Potter. Oh, et… Merci. Merci d'avoir été là pour moi. Tu ne peux pas savoir combien ça compte pour moi.

Le jeune homme se contenta de la serrer un peu plus fort dans ses bras, la gorge nouée. C'est dans cette position que le Ministre de la magie les trouva, en ouvrant la porte de son bureau. Il se racla la gorge et les deux jeunes gens se séparèrent, quelque peu embarrassés.

- Auror Potter, si vous voulez bien me suivre.

- Je t'attends ici Potter, glissa la jeune femme.


- Mais vous ne comprenez pas, il allait la violer !

Harry s'était levé et avait abattu son poing sur le bureau du Ministre. Celui-ci n'avait même pas tressailli et avait conservé son sourire bienveillant.

- Si Harry, je comprends tout à fait. J'ai la prétention de penser que j'ai fréquenté suffisamment d'ordures dans ma vie pour mesurer les risques. Par ailleurs, si tu m'avais laissé finir ma phrase, tu saurais que j'ai demandé à renforcer les mesures de protection des stagiaires. Les enquêtes sur les potentiels accueillants seront approfondies, et le Service des Enchantements est en train de plancher sur un sortilège permettant de protéger les stagiaires de toute agression physique, quand bien même ils sont privés de leur baguette.

Harry garda le silence pendant un long moment.

- Je ne ferai jamais un bon auror, finit-il par dire, baissant les épaules comme s'il y portait toute la misère du monde.

Pour la première fois depuis le début de leur entrevue, Kingsley Shacklebolt eut l'air surpris.

- Je te demande pardon ?

- J'aurais pu tuer ce gars hier soir. D'abord, j'abandonne Pansy avec un type que je sais peu recommandable. Et ensuite, au lieu de simplement le stupéfixer et l'oublietter, je crève d'envie de lui faire mal, terriblement mal, jusqu'à ce qu'il me supplie de le tuer. Comment pourrais-je être bon dans mon job si je suis incapable de garder mon sang-froid ?

- Je ne vois pas les choses sous cet angle, Harry, permets-moi de te faire part de mon analyse. D'abord, c'est une bonne chose que de rester accablé et indigné par toutes les horreurs de ce monde. De nombreux aurors finissent par s'habituer à la violence, par la hiérarchiser même, et ça n'est jamais bon. Ensuite, je pense simplement que tu es bien trop engagé personnellement dans cette affaire pour faire preuve de raison.

- Comment ça ?

- Comment aurais-tu réagi si c'était Hermione qui s'était retrouvée coincée avec ce… type ? Ou Ginny ? Ou Molly Weasley ?

- Je… Je n'en sais rien. Pareil, sans doute.

- C'est ce qu'il me semblait. Tire-en les conclusions nécessaires.

A nouveau, Harry baissa la tête et se tut. Il préférait ne pas s'attarder sur les loopings que faisait son ventre depuis quelques temps. Ni sur les conséquences d'hier, s'il n'était pas arrivé à temps. S'il était arrivé malheur à Pansy… Il préférait ne pas y penser et ne pas songer à ce que cela impliquait quant à ce qu'il ressentait pour elle.

- N'allez-vous pas me suspendre ? Me blâmer ? Me coller à la paperasse pour les 6 prochains mois ?

- Harry, tu n'as pas failli. Ton alerte n'aurait pas dû se déclencher hier, je me suis assuré auprès de l'auror Bennett que ça ne se reproduirait plus. Les aurors engagés au sein du programme DETTE ne peuvent pas être mobilisés sur d'autres missions, même d'urgence. Tu n'auras donc plus à quitter Pansy. Par ailleurs, sache que mes équipes ont mené leur petite enquête sur le gérant du Finn's Bar. Il n'en est pas à son coup d'essai, visiblement, poursuivit le Ministre avec une moue de dégoût. Nous devons récolter plusieurs témoignages, mais si tout se passe bien, il devrait passer quelques temps derrière les barreaux.

- Pansy acceptera sans aucun doute de témoigner, indiqua Harry d'une voix franche.

- Oh, elle a déjà accepté. Elle espère bien d'ailleurs, je cite, que « cet immonde vieux porc finira par s'étouffer dans sa crasse. » Ma foi, cette petite a du caractère !


Lorsque Harry avait quitté le bureau du Ministre, Pansy l'attendait toujours, assise sur un banc dans le couloir. Daphné et Astoria Greengrass l'avaient rejointe. Harry les salua d'un hochement de tête, qu'elles lui rendirent.

- Tout s'est bien passé ? Demanda Pansy.

Harry réfléchit un instant avant de répondre. Quelle étrange conversation avait-il eu avec le Ministre ! Il avait beau connaître Kingsley depuis longtemps, celui-ci n'en finissait pas de le surprendre.

- Assez oui. J'ai appris que tu avais accepté de témoigner contre… contre lui. C'est bien.

Les deux jeunes gens se dévisagèrent un instant. Finalement, Harry reprit la parole.

- Bon. On se voit lundi, pour ta dernière semaine ? Profite de ton long week-end.

- Toi aussi.

Il avait déjà parcouru quelques mètres lorsque la voix de Pansy le fit se retourner.

- Potter ! C'est… c'est mon anniversaire ce week-end. Comme chaque année, Daphné et Astoria m'ont organisé une petite fête. Chez moi. Je n'ai pas le cœur à faire la fête mais… C'est important, je crois. De voir mes amis. De passer à autre chose. Tu… Si ça te dit de passer, tu es le bienvenu.

Harry avisa le regard pour le moins interloqué des sœurs Greengrass et se dit qu'il avait sans doute exactement le même. Il hésita une courte seconde. Lui, dans un repaire de Serpentards ? Bah, il avait survécu au plus grand mage noir de tous les temps, alors…

- C'est d'accord Pansy. Je viendrai. A demain alors !

Il entendit les deux blondes assaillir Pansy de questions, alors qu'il quittait le Ministère. Pansy allait sans doute subir le même interrogatoire que celui qu'il subirait sans nulle doute lorsqu'il dirait à Ron et Hermione qu'il ne pourrait pas dîner avec eux ce samedi car il allait à la fête d'anniversaire de son ancienne ennemie. Et, pour une raison étrange, cela le fit sourire.


8 janvier 2000

En réalité, une soirée d'anciens Serpentards ressemblait étonnamment à une soirée d'anciens Gryffondors. Même musique, même menu, même ambiance. Un peu moins de rouge dans la déco, peut-être. Aussi anxieux qu'il avait pu l'être dans les heures précédent la soirée, Harry avait passé un très bon moment. Les autres invités s'étaient abstenus de toute remarque désobligeante (Blaise Zabini lui avait tout de même avoué sans aucune gêne que Pansy les avait menacés d'horribles représailles dans le cas contraire, ceci expliquait sans doute cela) et Harry avait même réussi à trouver un terrain d'entente avec certains, commentant avec passion les derniers résultats de Quidditch.

Lorsque Pansy et quelques téméraires s'étaient lancés sur la piste de danse improvisée au milieu du salon, Harry l'avait longuement observée, au milieu du groupe. Elle paraissait parfois si fragile. Mais souvent, c'était comme si elle était suffisamment puissante pour avaler le monde tout entier. Harry l'avait trouvée diablement belle, dans sa robe noire. Et il avait eu bien du mal à décrocher son regard de son dos-nu largement échancré, qui laissait apercevoir la courbure de ses reins. Du moins, avant que Drago Malefoy en personne ne lui gifle le crâne pour lui remettre les idées (et les yeux) en place.

La nuit était déjà bien avancée lorsque les premiers invités commencèrent à quitter les lieux. Harry en profita pour débarrasser quelques plats qui traînaient encore, Daphné le remerciant d'un sourire.

Bientôt, il ne resta plus que Harry et Pansy. Enfin, il ne s'en était pas rendu compte, ce fut la voix de Pansy qui lui mit la puce à l'oreille :

- Une fois que tu auras fini la vaisselle, si tu veux récurer tout mon appartement, n'hésite surtout pas !

Elle souriait largement.

- Oh, je n'avais pas vu que tout le monde était parti. Je terminais, de toute façon, alors je vais y aller à mon tour. Merci pour cette soirée Pansy, j'ai passé un chouette moment.

- Moi aussi. Merci d'être venu.

Ils se dévisagèrent un instant avant que Harry ne se souvienne d'un léger détail.

- Oh, nom d'une chouette, j'ai complètement oublié de te donner ton cadeau ! Ne bouge pas, je reviens.

Si Pansy était surprise qu'il ait pensé à lui faire un cadeau, elle n'en laissa rien paraître. Sa présence lui suffisait largement, à vrai dire, et aucune étole de soie ni aucun collier d'or n'aurait pu rivaliser. Mais ça, Pansy se garda bien de le faire remarquer. Elle vit le jeune homme revenir vers elle et lui tendre un petit paquet qui avait vu des jours meilleurs.

- Il a un peu souffert pendant le transplanage, s'excusa Harry en se grattant l'arrière de la tête.

Pansy ne répondit rien, se contentant d'ouvrir le paquet. Ce qu'elle découvrit à l'intérieur l'émut bien plus qu'elle ne voulut le reconnaître. Un album. Harry lui avait confectionné un album. Tout y était. Il y avait des photos d'elle à la bibliothèque, plongée dans un livre ou admirant les herbiers centenaires avec Dean. Ici, elle rassurait une fillette effrayée à l'idée de mettre un orteil dans l'eau, à la piscine. Là, elle était entourée d'enfants dans la cour de récréation, et riait aux éclats devant leurs bêtises. Là encore, elle tenait Peluche serré tout contre son cœur, le regardant comme s'il était la chose la plus précieuse au monde. Tout y était. Enfin, presque tout.

- Pour que tu te souviennes uniquement des bons moments, fit Harry au bout d'un moment.

Ses yeux brillaient, aussi elle papillonna et prit le temps de reposer soigneusement l'album sur la table qui était derrière elle. Ensuite seulement, quand elle fut sûre que ses glandes lacrymales ne la trahiraient pas, elle prit Harry dans ses bras.

- Merci, Potter. Merci du fond du cœur. Pas seulement pour l'album. Merci pour tout.