Hello !
Voici l'avant-dernier chapitre de cette fiction, celui où tout se dénoue enfin. La patience de certain.e.s est récompensée dans ce chapitre, désolée de vous avoir fait attendre !
Le chapitre final arrivera lundi au plus tard.
En attendant, j'espère que celui-ci vous plaira, j'ai tenté d'éviter les clichés tout au long de cette fiction (ex : il n'y avait qu'un seul lit...), mais il fallait bien un petite dose de guimauve, c'est une fiction de St Valentin après tout ;-)
Encore un immense merci à Jiwalumy et Petite-Licorne-Arc-En-Ciel pour leurs reviews quotidiennes, ça me touche vraiment.
Bonne lecture !
M
Chapitre 13 -
14 janvier 2000
Ça y est. C'était fini. Wow. Quelle étrange sensation. En saluant ses éphémères collègues de l'épicerie, ce vendredi-là, Pansy sentait un tourbillon d'émotions. La joie, le soulagement, une certaine impatience à l'idée d'enfin savourer une vraie grasse matinée, aussi. Et, un peu plus loin, tout au fond, un peu de tristesse. Elle ne saurait dire pourquoi exactement.
L'épicier avait baissé le rideau de fer rouillé, et avait abandonné Harry et Pansy sur le parking désert. Il faisait nuit noire, déjà, et le froid mordait leurs joues, pourtant aucun des deux ne semblait prêt à bouger.
- Alors ça y est, j'ai payé ma dette ? Finit par demander Pansy.
Harry sourit doucement.
- On peut dire ça oui. Je suis content d'avoir suivi ce programme avec toi, Pansy. Et j'espère qu'après ces quelques semaines à les côtoyer, tu vois les moldus sous un nouveau jour.
- Je les trouve toujours incroyablement stupides et arriérés, mais… Elle s'interrompit, devant l'air outré de son tuteur. Tout doux Potter, je plaisante ! Les moldus sont formidables. Enfin, certains plus que d'autres.
Ils rirent de concert, avant que Harry ne l'enlace brièvement.
- Alors… A un de ces jours ?
- Ouais. A un de ces jours, Potter.
6 février 2000
- Harry ? Penses-tu que tu vas finir un jour de rêvasser devant la fenêtre à regarder la neige tomber et venir dîner, ou dois-je te laisser une assiette dans le frigo ?
Harry se retourna pour apercevoir sa meilleure amie lui adresser un sourire attendri.
- Elle te manque, n'est-ce pas ? Fit-elle doucement. Harry Potter, n'aie pas l'audace de me demander de qui je parle, sinon je te transforme en fouine bondissante ! Ajouta-t-elle avant qu'il n'ait eu le temps de nier.
Le jeune homme leva les mains en signe d'apaisement.
- La métamorphose sur les humains est interdite dans le règlement, il me semble.
- D'une, Ron et toi m'avez suffisamment fait enfreindre le règlement pour des milliers d'années, je ne suis plus à une infraction près. De deux, nous ne sommes plus à Poudlard ici, mais chez moi. Et dans mon règlement, les hommes stupides et aveugles qui refusent d'admettre qu'une fille leur plaît sont métamorphosés en fouine bondissante.
Ils éclatèrent de rire. Mais Harry devait se rendre à l'évidence, Hermione avait raison : Pansy lui manquait. Cruellement.
- Penses-tu que… penses-tu que je devrais lui écrire ?
- Lui écrire ? Invite-la à sortir, bon sang de bon soir ! Harry, tu es toujours aussi inapte en matière de sentiments qu'à l'époque où tu passais des heures à reluquer Cho Chang sans oser lui adresser la parole ! Et ça se dit Gryffondor !
14 février 2000
- Non mais vraiment, rappelez-moi pourquoi j'ai accepté son invitation à dîner, LE SOIR DE LA SAINT VALENTIN ?!
- J'ai bien une hypothèse...
- Zabini, si tu termines cette phrase, je t'attrape, je t'arrache les yeux et les colle sur la porte de la chambre de ta mère, je récupère tes viscères pour en faire de la pâtée pour hippogriffe, et je réduis tes testicules en bouillie.
- Bon ! Eh bien au moins je sais que mon hypothèse est bonne ! Sur ce, mes bijoux de famille et moi-même allons rentrer, Daphné m'attend pour un dîner de St Valentin qui s'annonce fort sympathique, mais sans doute bien moins apocalyptique que ton rendez-vous à toi, Parkinson. Drago, si par hasard je ne suis pas à l'heure à notre rendez-vous Quidditch de demain, c'est que la harpie qui nous sert d'amie m'a retrouvé et que je suis mort dans d'atroces souffrances. Dans ce cas, sache que je suis ravi de t'avoir eu comme frère d'armes. Et que tu peux te gratter pour toucher une seule mornille de mon héritage. Ciao !
Le silence retomba dans la pièce que Blaise venait de quitter. Pansy avisa Drago, qui tentait vainement de se retenir de rire.
- Tu ne dois pas retrouver Astoria, toi ?
- Si. Et d'ailleurs je ne vais pas tarder non plus. Blaise a beau être aussi stupide qu'un véracrasse, il a raison. Si tu te mets dans des états pareils pour un simple rendez-vous, c'est qu'il y a selki sous roche. Alors bien que ça ne m'enchante guère de constater que tu craques pour le balafré, j'ai un seul conseil à te donner Pansy : fonce.
- Fonce ? Drago, es-tu malade ?
- Sans doute pas autant que toi, mais qu'importe. Pansy, ce type t'a rendue plus heureuse ces derniers mois que Blaise, ta famille ou moi ces 3 dernières années. Alors même, je te le rappelle, que tu étais sous le coup d'une condamnation. J'ai beau m'entendre plutôt bien avec l'auror Jenkins, elle est loin d'être aussi tendre avec moi que ne l'est Potter avec toi. Donc mets ta plus jolie robe, va à ce dîner et dis à Potter ce que tu ressens pour lui. Au passage, glisse-lui aussi que si jamais il te fait verser ne serait-ce qu'une seule larme, je lui enfonce ma baguette là où je pense. Bonne soirée Pans' !
Et le blond disparut à son tour, laissant une Pansy hébétée seule sur son lit.
- Par le caleçon de Merlin, ces deux-là auront ma peau…
- Salut.
- Salut.
C'est tout ce que Harry fut capable de dire en apercevant les fines jambes de Pansy sous son long manteau vert émeraude. Il ne savait pas s'il devait être heureux qu'elle ait accepté son invitation, ou terrifié à l'idée qu'elle l'ait fait, justement. Finalement, il opta pour la première option.
- J'ai choisi un restaurant moldu. Mais si ça ne te convient pas, on peut changer bien sûr. Je me suis dit que ça nous rappellerait… Enfin bref. Et puis, j'ai pensé que… que tu ne voudrais peut-être pas être vue avec moi.
Pansy leva un sourcil, interdite.
- Potter, c'est toi qui devrais avoir honte d'être vu avec moi. De nous deux, c'est toi le héros.
L'intéressé lui prit brièvement la main, et la pressa doucement.
- Je n'ai pas honte de toi, Pansy. Pas du tout.
- Dans ce cas… Ce restaurant est une très bonne idée.
Ce n'en était pas une. Partout autour d'eux, des couples se jetaient des regards énamourés. Ils n'avaient pas encore eu leurs entrées lorsqu'un jeune homme visiblement très stressé se mit à genou et demanda sa compagne en mariage dans une déclaration enflammée. Harry était mortifié.
- Je suis navré Pansy, je n'avais pas réalisé que c'était… ce soir. Je suis nul avec les dates de ce genre, ajouta-t-il avec un sourire penaud.
- Je m'en souviendrai, Potter.
Il ne répondit rien, pas certain de ce que sa réponse sous-entendait.
- Ça te dit de filer d'ici ? Demanda-t-il soudain.
- Pour aller où ?
- Je connais une petite pizzeria très sympa, pas très loin d'ici. On pourrait les manger… dehors ? Partout mais ailleurs qu'ici ?
- Ça me va Potter. Fichons le camp avant que je me mette à vomir des mièvreries moi aussi.
La suite de la soirée s'était nettement mieux passée. Aidés d'un sort de chauffage, Harry et Pansy s'étaient promenés dans les ruelles londoniennes, se régalant de pizzas succulentes et grasses juste comme il fallait. Ils avaient beaucoup ri, partagé quelques secrets aussi.
- Alors, tu as une idée de ce que tu vas faire, maintenant ?
Pansy prit le temps de savourer sa dernière bouchée de pizza avant de répondre.
- Eh bien, il se trouve que… j'ai déposé ma candidature intégrer la toute nouvelle brigade DETTE. En tant que responsable.
Pansy n'osait pas regarder son ancien tuteur en face, aussi ne vit-elle pas l'air stupéfait et profondément admiratif de celui-ci.
- Waouh, Pansy, c'est formidable ! Ce poste est littéralement fait sur-mesure pour toi !
- C'est ce que je me suis dit aussi. Après tout, je suis l'exemple parfait pour prouver que les gens peuvent changer d'opinion, pour peu qu'on leur laisse une chance. Et puis, le Ministre a dit qu'il ne voyait pas trop d'inconvénients à ce que je n'aie même pas mes ASPIC, compte tenu des multiples talents que je me suis découvert ces dernières semaines. Il y a d'autres candidats, mais j'ai bon espoir. Sinon… Eh bien j'irai sans doute donner un coup de main au refuge, en attendant.
- Je suis certain que tu décrocheras le job Pansy. Félicitations !
- N'allez pas trop vite en besogne, Monsieur Potter, rétorqua la brune avant de s'accouder à la balustrade.
De là, elle avait une vue incroyable sur la Tamise et les quais enneigés. Et de là où il était, Harry avait une vue incroyable sur Pansy, qui admirait la Tamise et les quais enneigés. Il était à peu près sûr que, des deux, c'était lui qui avait le meilleur panorama. Même si une jeune femme brune éclipsait tout le reste, curieusement. Mu par une pulsion subite, le jeune homme forma une boule de neige qui atterrit droit sur la nuque de Pansy. Cette dernière se retourna lentement, stupéfaite. Comment osait-il ?!
Harry n'eut pas le temps de rire trop longtemps cependant, car une montagne de neige venait littéralement de s'abattre sur lui. Pansy avait pourtant toujours les mains dans ses poches et n'avait pas bougé d'un cil.
- Tu peux faire de la magie sans baguette ?
- Surpris, Potter ? Je ne suis pas capable de tout faire, en réalité. Je ne peux pas faire apparaître un bouquet de fleurs des champs devant une classe d'enfants ébahis, par exemple ! Mais me venger d'un abruti qui a eu l'audace ou l'inconscience de me jeter une boule de neige, ça, c'est dans mes cordes.
- Mais alors pourquoi n'as-tu jamais essayé de t'en servir pour exécuter les tâches qui t'étaient confiées ?
La brunette haussa les épaules.
- On avait un accord. Tu m'avais demandé d'essayer au moins une fois de voir le monde moldu à travers leurs yeux, de tenter l'expérience. J'ai tenu parole.
- Mais, mais… waouh !
- Ne sois pas si impressionné Potter. J'ai beaucoup de défauts, mais tu apprendras qu'un Parkinson tient toujours parole. Coûte que coûte.
Finalement, Harry avait raccompagné Pansy sur le pas de sa porte.
- Merci pour cette soirée Pansy. Peut-être… Peut-être qu'on pourra refaire ça, à l'occasion ?
La jeune femme se flagella intérieurement d'être autant attendrie par les joues rouges du garçon. Par Salazar, cet homme la rendait folle. Merci Merlin, l'éducation qu'elle avait reçue l'empêchait de se mettre à sourire niaisement.
- J'ai moi aussi passé un très bon moment, Potter.
Lentement, elle le vit s'approcher d'elle. Ses yeux se fermèrent d'instinct lorsqu'il se pencha vers elle pour embrasser sa joue. Son baiser l'avait effleurée tout doucement, presque timidement, comme une caresse. Mais le sentiment de bien-être qui venait de l'emplir totalement fut bien vite remplacé par une cruelle impression de vide, lorsqu'il descendit rapidement les quelques marches de son perron.
- Alors à une prochaine, Pansy. Bonne soirée !
Et il transplana.
Pansy était rentrée chez elle, avait ôté ses talons et sa jolie robe, avait rangé la vaisselle qui traînait avant d'aller se coucher. Elle avait redouté cette soirée autant qu'elle l'avait espérée, et son aboutissement lui laissait une fois encore une impression mitigée. Toute la soirée, elle avait été sur un petit nuage, littéralement. Cela l'effrayait quelque peu, mais elle ne pouvait plus nier l'évidence : Harry Potter lui plaisait. Beaucoup. Et cela l'agaçait profondément.
Les heures avaient passé, mais Pansy ne parvenait pas à trouver le sommeil. Elle se tournait et se retournait dans son lit en grommelant. Elle avisa son réveil, sur sa table de nuit. Il était plus de trois heures du matin. N'y tenant plus, elle se leva d'un bond.
Harry fut brutalement réveillé par les violents coups frappés à sa porte. Son instinct aidant, il mit ses lunettes, attrapa sa baguette et se précipita.
- PANSY ! Mais, que ?! Est-ce que tout va bien ?!
- Non, tout ne va pas bien, Potter ! Répondit la jeune femme en entrant dans le salon. Pourquoi es-tu torse nu ? Tu dormais ? Ne me dis pas que tu dormais, Harry Potter !
Elle semblait furieuse, tandis que Harry reposait prudemment sa baguette. Il peinait à suivre ses phrases sans queue ni tête et la regardait faire les cent pas dans son salon.
- Pansy, vas-tu me dire ce qui se passe ?
- Ce qui se passe ? Il se passe, Potter, que tu ne peux pas m'inviter à dîner le soir de la Saint Valentin, et me laisser rentrer chez moi avec un foutu bisou sur la joue !
Harry ne fut pas sûr de saisir tout le sens de ses paroles. Ce dont il fut certain en revanche, ce fut des lèvres de Pansy qui s'abattaient furieusement sur les siennes. Ce dont il fut encore plus certain, ce fut de ses bras qui se refermèrent automatiquement sur la taille de la jeune femme, et de l'étrange sensation que plus jamais il n'ouvrirait lesdits bras pour la laisser partir. Plus jamais.
