14 février 2004, Saint-Valentin
C'était un mardi soir. Comme la veille, la journée de Drago s'était avérée bien trop chargée pour qu'il ne parte à la recherche de Harry – il avait dû aller distribuer des antidotes aux Êtres de l'Eau de Poudlard à cause de la récente mutation d'il ne savait quel virus. Peu importait, de toute manière.
Il venait à peine d'arriver et se dirigeait déjà à toute vitesse vers le bureau de Weasley, Boot et Harry, bousculant quelques personnes sur son passage. Enfin, enfin ! Il y était, et il ouvrit la porte si brusquement qu'elle claqua contre le mur et manqua de lui revenir en pleine figure – ce qui n'eut pas lieu grâce au rouquin qui la retint au dernier moment, encore quelque chose qu'il devait à cette famille de malheur.
— Harry, souffla Drago, l'air hagard, ses mots oubliés, ses pensées envolées.
— Non mais tu sais, Harry, Viola est...
— Une fille, Boot, compléta Harry, son regard ne quittant pas Drago. On en a déjà parlé. Maintenant, est-ce que tu peux partir, s'il te plaît ? Ta femme t'attend, tu te souviens ?
Drago se rendait vaguement compte que Weasley et Boot étaient partis, l'un en lui donnant une tape encourageante sur l'épaule et l'autre en rouspétant à propos de rêves de belle-famille gâchés, ou autre bêtise du genre. Il s'en moquait, cela dit, n'ayant d'yeux que pour celui qui l'obsédait depuis toutes ces années.
Merlin. Comment avait-il pu ne serait-ce que penser à nier ses sentiments ? C'était si limpide, si clair. Même Granger avait fini par comprendre, elle à qui cela ne faisait probablement pas tant plaisir que cela.
— Merci pour les chocolats, commença Harry avec un sourire doux. Comment as-tu su qu'ils étaient mes préférés ?
Les chocolats. Drago les avait presque oubliés, avec toute cette histoire. Alors il en devait vraiment une à Ginevra, pas vrai ?
— Tu prenais toujours de la tarte à la mélasse, à Poudlard, répondit-il sans réfléchir. Et puis t'avais toujours quelques Chocogrenouilles avec toi, en tout cas après la troisième année. J'ai juste pensé... C'était logique. Et puis je t'ai vu en manger, à Samhain, l'année dernière.
— Tu m'as beaucoup regardé, on dirait, commenta Harry d'une petite voix, jouant avec sa plume.
— Tout le temps. J'ai l'impression de n'avoir fait que... Merlin, qu'est-ce que je raconte, encore ? se reprit soudain le blond.
Il ne manquerait plus qu'il passe pour un stalker, avec ça. Contre toute attente, Harry se contenta de rire légèrement.
— Alors pourquoi tu es parti, l'autre soir ? Je pensais que ça se passait bien.
— J'ai... Je...
Allez Drago, tu peux le faire. Tu peux le dire. Tu l'as bien écrit, non ? Alors dis la, la vérité.
Le blond entendait presque la voix de Pansy lui murmurer ces mots à l'oreille. Elle avait toujours eu le don de l'apaiser, cette imbécile. Merlin qu'il pouvait l'aimer. Et Merlin qu'il pouvait aimer Harry.
Aimer. Par tous les sangs, il l'aimait. Ce n'était que la suite logique des choses, après toutes ces années de béguin plus ou moins refoulé. Evidemment que l'amour avait éclos dès les premières paroles, dès les premiers gestes, dès le premier rendez-vous. Evidemment.
— Bien sûr que tout se passait bien, Harry. Ce n'était pas toi, le problème – ça ne l'a jamais été, en vérité. J'ai juste... pris peur, je suppose.
Il semblait que réaliser qu'il aimait lui donnait le courage de parler, le courage de dire ce qu'il avait tu. Harry le regardait de ses yeux si intensément verts, et si visiblement ouverts sur son âme. Il écoutait.
— Ils nous regardaient, les serveurs et les autres clients. Ils murmuraient, pour certains. C'est juste qu'à cause de la guerre... Enfin. J'ai fait une crise de panique. Je ne voulais pas partir, mais j'ai paniqué. C'est pour ça que je me suis désartibulé, d'ailleurs, je n'étais clairement pas en état de Transplaner. Je ne voulais pas partir, je te le promets, Harry. Pour rien au monde, je...
Drago déglutit avec difficulté. Ce n'était pas le moment de pleurer, vraiment pas. C'était la Saint-Valentin, après tout.
Harry se leva, le rejoignit, l'enlaça. Drago aurait pu rester des années dans l'étreintes de ses bras. Il espérait pouvoir y rester toute sa vie, en vérité.
— Est-ce que ça veut dire... ?
Il n'osait presque pas espérer. Et pourtant, la main de Harry se posa contre sa joue. Ses mains à lui tremblaient d'appréhension.
— Ouais, souffla le brun avec un grand sourire, tandis que leurs regards se croisaient.
Et, après quelques instants qui leur parurent des heures, Drago inclina légèrement son visage, ses yeux se fermaient presque, leurs lèvres s'effleurèrent et... Harry, se mettant sur la pointe des pieds, trébucha, faisant se cogner leurs nez et les faisant tous deux tomber à la renverse. Merlin, Drago se cogna même le crâne contre le parquet, lui arrachant un gémissement – avant qu'il n'éclate de rire.
— Oh mon Dieu, Drago, je suis désolé ! s'affolait Harry, tandis que le blond riait toujours.
Merlin qu'il était heureux, là, allongé sur le sol avec son petit-ami au-dessus de lui. Harry palpait son visage de ses mains calleuses, à la recherche de la moindre égratignure, ainsi que son cuir chevelu, cherchant la moindre trace de sang. Drago se moquait de tout cela, et il fit taire son imbécile d'un baiser doux, lent et plein de son amour nouvellement découvert.
Merlin qu'il l'aimait.
15 février 2004
— Vous avez vu ? rit Daphné en s'asseyant sur le bureau de son fiancé. C'est le tour de Robards et Dawlish de servir le café dans l'Atrium ! Ils sont trop nuls !
Ils étaient tous là, dans le bureau de Drago et Blaise : Hermione et Ron, Blaise et Daphné, et puis Pansy, bien sûr. C'était sans doute la dernière réunion de l'A.D., de cette Armée du Drarry à l'efficacité relative. Ils avaient bien ri, cela dit, et cela leur avait permis d'apprendre à se connaître, chose qui aurait sans douté été plus compliqué sans objectif commun – le bonheur de leurs deux amis. Hermione tenait le bout de papier qui les avait réunis, la première fois, entre ses mains.
— Méfait accompli ! s'exclamèrent en cœur Ron et Hermione en brûlant le contrat avec un échange de regards complices, laissant leurs amis dans l'incompréhension.
— Un méfait ? s'étonnait Blaise. Ce n'est pas plutôt une bonne action, qu'on a faite ?
Et sa fiancée et son amie de s'étonner également – mais il était certaines choses qui resteraient à jamais entre Harry et eux, après tout, et la Carte du Maraudeur était de celles-ci.
Sur ces entrefaites, les deux concernés entrèrent dans le bureau, les mains entrelacées, et haussèrent des sourcils dans un mouvement synchrone.
— C'est encore mon bureau, je crois, non ? commenta Drago sans prendre la peine de cacher son amusement.
Pansy lui avait parlé de leur petit projet durant leur dîner de l'avant-veille, et il ne pouvait se résoudre à leur en vouloir.
— Il faut croire qu'ils avaient envie de faire la fête sans nous, grogna le brun.
— La fête ? releva Hermione. Mais c'est bien sûr ! On a du nouveau sur Clarkson, les gars, et on a besoin de Blaise aussi. L'Anomalie, vous vous souvenez ? On a du pain sur la planche !
Pansy s'étira à la manière d'un chat en s'éclipsant discrètement. Elle les aimait, ces imbéciles, mais pas assez pour travailler avec eux. Après tout, son truc à elle, c'était la couture. Elle se demandait si Millicent serait prête à l'engager dans son projet de haute-couture sorcière, maintenant qu'elle était de retour en Angleterre...
Mais surtout, elle ne pouvait se retenir de sourire : Drago avait l'air plus heureux ce matin-là qu'il ne l'avait paru les dix dernières années. Tout était bien.
Et voilà ! C'est la fin de cette petite histoire sans prétention. J'ai bien conscience qu'il y avait probablement des incohérence ou des facilités scénaristiques, mais ça m'a permis d'écrire quotidiennement, et de rire, aussi, quelques fois.
J'espère que ça vous a plu, en tout cas j'ai apprécié d'écrire cette histoire. N'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre, ou de cette histoire dans sa globalité ! J'ai lu toutes vos reviews et, si je n'ai pas répondu à certaines à cause de la fatigue hier soir, je réponds à tout le monde demain !
Mon prochain projet arrive très bientôt, il s'agit d'une fanfiction concentrée sur les différents personnages de la famille Black : Black's Black Madness. Elle suivra un rythme de publication bi-mensuel, le 5 et le 20 de chaque mois et certains chapitres sont déjà écrits depuis longtemps ! C'est un projet qui me tient vraiment à coeur, en tout cas, alors si ça vous intéresse n'hésitez pas à me suivre ! (c'est du drarry, btw ;p)
Voilà, en tout cas merci d'avoir lu et merci pour vos votes, ça fait toujours plaisir ! On se retrouve bientôt 3
Et RAR à Guest du chapitre 12 : Le voilà, le face à face ! J'espère que ça t'a plu ;)
