Titre : Les flamants roses

Chapitre 20 : La glace à la cerise

Paring : Jotakak

Rating : T

Disclaimer : Les personnages et l'univers de Jojo's bizarre adventure appartiennent au génie Hirohiko Araki, et non pas à mon humble personne

Storytime: A ma chère LazyStarFish, j'arrive pas à croire que tu m'aies à ce point donné envie de finir ce chapitre pour le publier le jour de la Saint Valentin… In extremis car c'est important de respecter les deadline xD

Bref j'espère ne pas trop l'avoir rushé, et que vous passerez un bon moment. Au pire je ferai quelques ajustements ultérieurement :p

Bonne Saint Valentin à tous /o/


Jotaro soupira d'épuisement… Il avait tout misé sur cette soirée et espérait du fond du cœur que tout se passe bien… Kakyoin, quant à lui, sentait que son ami n'était pas dans son assiette. Alors il décida de se montrer un peu moins distant avec lui. Il l'attrapa par le coude et l'entraîna avec lui pour marcher bras-dessus bras-dessous dans les rues agitées de New-York.

Sa méthode pour détendre l'atmosphère s'avéra extrêmement efficace. A son contact, plus rien n'existait pour le brun. Il oubliait ce qui l'inquiétait, ce qu'il regrettait, il ne vivait que la félicité de l'instant présent. Cette impression de ralenti et de flou artistique qui les entourait se reproduisit, comme lors du vernissage. Sauf que cette fois-ci, ils la vivaient tous les deux en même temps… Plongés dans le regard l'un de l'autre, ils manquèrent plusieurs fois de se prendre des gens et des poteaux sur leur chemin. Ils ne parlaient pas. Ils se lançaient juste de longs regards complices, que même le bruit et le mouvement autour d'eux ne pouvaient briser. Une symbiose totale…

Jotaro sur son petit nuage, se sentit pousser des ailes. Il voyait au regard pétillant de Kakyoin, qu'il était proche de céder… Alors hésitant il lâcha son bras et apposa sa main de sa joue en rapprochant lentement son visage du sien. Mais le rosé fut soudain effrayé par cette initiative. Il détourna son attention pour fuir le contact.

- Oh regarde Jotaro, un glacier là-bas ! On n'avait pas dit qu'on prenait une glace ?!

Et aussitôt il s'échappa en direction du marchand sans demander son reste.

L'océanographe s'effondra mentalement il s'était laissé aller à sa spontanéité et avait agi précipitamment. Et maintenant que Kakyoin s'était gentiment défilé, il ne pouvait plus rien tenter… Abattu, il s'alluma une cigarette et rejoint calmement son ami devant le comptoir à glaces.

- Kakyoin je suis désolé, je n'aurais pas dû faire ce geste c'était prématuré…, déclara-t-il en soufflant une bouffée.

- Ah c'est pas grave, oublie. Tu veux une glace à quoi toi?... répondit vaguement l'artiste,trop absorbé par la recherche de son parfum préféré.

- …Et en plus j'avais également envie qu'on couche ensemble ce soir, mais ça aussi c'était vraiment prématuré…

- Q-Quoi… ?

Outré, la mèche de Kakyoin vrilla. Comment osait-il sortir de tels propos à voix haute devant tous les clients? « Ferme ta gueule ! Ferme ta gueule Jotaro ! putain ! », se hurla-t-il à lui-même en broyant sa cigarette.

- …Oublie ce que tu viens d'entendre, s'il te plait. D'accord ? supplia presque le fumeur à voix haute.

Son interlocuteur effaré, vit qu'il se cachait honteusement le visage derrière sa main droite. Ce comportement à la limite de la bipolarité, était des plus intrigants… Il y a avait vraiment quelque chose qui clochait chez Jotaro, mais ne sachant quoi, Kakyoin décida de ne pas relever.

- Hm ! Bon… De toute façon, je n'ai pas trouvé ma glace à la cerise…. Allons ailleurs…

Alors que la virée en ville avait bien commencé, tout avait très vite tourné au vinaigre pour Jotaro. De ce fait, il était redevenu extrêmement tendu. Il ignorait pourquoi, mais il avait comme l'impression qu'il ne pouvait pas contrôler ses paroles, et qu'il disait toutes les choses embarrassantes qui lui passaient par la tête. Et comme il était effrayé à l'idée de dire une bêtise, il marchait en se mordant l'avant-bras.

A nouveau, Kakyoin fit mine de ne rien remarquer, pour se concentrer sur la recherche de son Graal. Car oui il y a des priorités dans la vie. Manger une glace à la cerise ou résoudre la crise identitaire de Jotaro. La question était vite répondue. D'autant que cet apport en glucose, l'aiderait certainement à faire marcher ses méninges pour psychanalyser cet homme… à part, dirons-nous.

Mais plus il marchait, plus le besoin de sucre se faisait pressant. Et comble de malchance, il n'y avait pas un seul glacier qui vendait de son parfum préféré. Un scandale ! Or la cerise, ce fruit rouge à l'arôme si délicieux l'aiderait certainement à passer ses nerfs. Car bientôt c'était lui aussi qui était bon pour l'asile.

En effet, si on omet le stress causé par le comportement instable de son cavalier et ses paroles des plus… cavalières, un tout autre malaise grandissait en Kakyoin. Après avoir entendu la vérité sortir de la bouche de son ancien amant, il avait été mis en face de ses propres désirs…. Bien qu'initialement choqué par sa spontanéité sans filtre, elle avait déclenché en lui comme un début… D'excitation ? Le peintre avait un peu honte de penser ainsi, mais il devait reconnaître que s'il s'écoutait, il irait bien volontiers passer la nuit dans les bras du grand ours brun…

- Bon Kakyoin, qu'est-ce qu'on fait ? On la fait sortir par ton cul la glace à la cerise ?!

Cette réplique exorcisa instantanément tout sentiment d'excitation chez Kakyoin.

- …P-Pardon ?

Le manieur de Star Platinum se donna soudain un violent coup de poing avec son stand. En pensant une fois de plus à voix haute, il lui avait sorti la pire des insanités... Et cette fois ci, il avait choisi de mourir plutôt que de devoir assumer. Enfin mourir, pour l'instant il était simplement inconscient par terre… Les gens avaient commencé à se rassembler autour d'eux en s'imaginant une dispute de couple qui aurait mal tourné.

- Jotaro mais qu'est ce qui te prend ?! Ca va pas bien ou quoi ?!, s'écria Kakyoin effrayé en essayant de le réanimer.

- Je l'ai vu ! C'est cet homme qui l'a frappé, et d'un coup il s'est retrouvé au sol, déclara une passante en montrant Kakyoin du doigt.

- Quoi ? Mais non c'est faux ! Vous n'avez rien pu voir, vu qu'il s'est frappé avec son… Raaah laissez tomber !

Puis, à force de le secouer sauvagement, avec Hierophant Green qui giflait Star Platinum en renfort, le brun reprit conscience. Heureusement il n'avait qu'un vilain bleu sur la joue.

- Jotaro, est ce que tu vas bien ? … Je t'observe depuis tout à l'heure et je suis navré de te le dire, mais tu es vraiment trop bizarre !

- Je saisJ'ignore pourquoi mais depuis tout à l'heure je n'arrive pas à me retenir de dire des choses odieuses.

Kakyoin incertain de bien comprendre les tenants et les aboutissants de la situation, sentit néanmoins la détresse et la sincérité de Jotaro. Il fit dissiper la foule autour d'eux et l'entraina dans un endroit plus calme, une ruelle faiblement éclairée par des lampadaires orangés où ils étaient totalement seuls. L'artiste se tint face à son ancien camarade, avec un regard inquiet et lui demanda :

- Jotaro… Tu peux m'expliquer ce qui se passe ?

Le dénommé planta un regard sérieux dans le sien et n'y tenant plus, se résigna à vider son sac :

« Ce qui se passe Kakyoin? Imagine-toi une délicieuse glace à la cerise. Mais tu ne peux pas la manger car tu l'as laissée pendant des années toute seule au fond du congel. Et tu t'en veux à en crever d'avoir fait ça mais c'est trop tard... Et pourtant, il n'y a rien au monde que tu ne désires plus que ce foutu pot de glace !»

- Je ne suis pas sûr de saisir où tu veux en venir, répondit Kakyoin devant cette métaphore hasardeuse. Tu ne penses pas qu'elle est périmée ta glace ?

- Non ! Elle n'est pas du tout périmée ! s'écria le brun. Au contraire ! Elle est parfaitement conservée ! Elle a même l'air encore meilleure qu'avant ! … Elle estSexy

Jotaro ne pouvait s'empêcher de faire des gestes confus et de dévisager le corps de son vis-à-vis en décrivant sa prétendue « glace ». C'est à ce moment-là que Kakyoin comprit.

- Jotaro, j'hallucine ou tu es en train de me comparer à une glace?

- T'as raison. C'est indigne de prendre cet exemple pour parler d'un homme dont l'intelligence, la sensibilité, l'élégance et la finesse sont sans égales... Et je ne parle même pas de la douceur de sa peau et de ses lèvres ni de son délicat parfum qui me fait perdre le contrôle à chaque fois…

Kakyoin devient soudain écarlate. Sa lèvre inférieure tremblait alors qu'il demeurait incapable de commenter ces paroles sorties de nulle part... Jotaro se mordit la lèvre. Qu'est-ce qu'il avait encore osé raconter… Décidément c'était fichu pour lui… Lui qui avait tout misé sur cette soirée pour récupérer l'homme de sa vie, avait enchainé gaffe sur gaffe. Et maintenant il lui sortait les violons… A l'intérieur, il crevait de honte… Pourtant cette voix en lui, lui sommait de continuer à parler. Alors, perdu pour perdu, il décida d'aller au bout de son propos.

- Tu te souviens peut-être la soirée qu'on avait faire chez ma mère, avec le vieux, Polnareff, Iggy, et Avdol qui nous avait tiré les cartes. C'est seulement des années après que j'ai compris ce que voulait dire ma prédiction. « Dans la vie on a toujours le choix : aimer ou détester, assumer ou fuir, avouer ou mentir, être soi-même ou faire semblant ». J'ai fait le mauvais choix, c'est pourquoi je suis revenu à toi, très tard, tout en sachant pertinemment que j'aurais beau retourner ciels, terres et mers… Quoi que je fasse, ça n'effacera jamais les années de souffrance que tu as vécues à cause de moi…

Jotaro marqua une courte pause et observa l'expression triste de son vis-à-vis au regard fuyant.

- Cependant, je ne peux me résoudre à l'idée de t'abandonner à nouveau, car… Il m'est impossible d'être heureux sans toi… Et… j'ai l'impression que c'est peut-être aussi un peu le cas pour toi…

Le cœur de Kakyoin fit un bond dans sa poitrine. Une flèche venait adroitement de se planter dans son ventricule gauche. Jotaro avait atteint la cible en plein milieu, sans même avoir essayé… Kakyoin était incapable de nier : lui aussi souffrait atrocement de leur séparation. Alors, le brun profita de cet instant d'égarement pour se rapprocher de lui et poursuivre.

- Quand tu m'as rappelé. C'était inespéré… C'était la preuve que peut-être tu me laissais une seconde chance. Que peut-être il restait de l'espoir que j'arrête de souffrir. Que j'arrête de penser nuits et jours à toi en me haïssant, que j'arrête de faire l'amour à mes draps en imaginant que c'est toi, que j'arrête de chialer tout seul dans le noir en me souvenant de ton sourire. Et cette peine, je suis presque sûr, que tu ressens quelque chose de similaire. Sinon, tu ne m'aurais pas rappelé, pas vrai ? Alors arrêtons ça Kakyoin…

Le dénommé déglutit. L'honnêteté et la véracité des paroles de Jotaro le touchaient au plus profond de son âme. Sa sensibilité à fleur de peau, il était littéralement au bord des larmes.

- Ne pleure pas Kakyoin… Je ne supporterais plus de te voir pleurer…

Le docteur glissa délicatement ses doigts dans l'épaisse mèche de cheveux couleur hibicus devant lui. Il la caressa, puis laissa migrer sa main vers son front tandis que son vis-à-vis, ému, se laissa faire timidement. Alors, il pencha lentement son visage sur lui en murmurant d'une voix chaude :

- Tout ce que je te demande… C'est d'accepter mes sentiments…

Kakyoin ne put répondre quoi que ce soit. Car au moindre mot, au moindre mouvement, les barrages qui retenaient ses torrents de larmes céderaient. Néanmoins il ne pouvait se résigner à les quitter des yeux, ces iris marins, qui appelaient ses torrents.

Las d'une telle lutte, d'une telle austérité, d'une telle résistance, le barrage céda soudain. Kakyoin céda. Il céda au chant des sirènes. Les fleuves se jetèrent dans la mer et leurs lèvres s'unirent dans un langoureux baiser…

Bonus :

- Au fait, Kakyoin, et le repas de Tonio, il t'a fait un effet en particulier ?

- Non, je n'ai rien senti de spécial… Je suppose que le chef Trussardi était bel et bien un charlatan au final…

- Non, puisque j'ai quand même réussi à te…, Jotaro se stoppa net.

- Mais attend Jojo… C'est sur toi que son stand a fait effet, pas vrai ?

C'est à cet instant que Jotaro Kujo réalisa enfin l'entourloupe du chef Trussardi, le faisant entrer dans une colère noire. Pour « guérir » le chagrin d'amour dont souffrait Kakyoin, le chef n'avait pas envoyé Pearl Jam dans l'assiette de ce dernier. En réalité, il s'était attaqué à Jotaro lui-même, en lui faisant momentanément dire tout, absolument tout ce qu'il avait sur le cœur, et ainsi les obliger tous les deux à admettre leurs sentiments mutuels.

- Oh l'enfoiré…

C'est ainsi que le chef Tonio Trussardi réussit avec brio à maintenir son excellente réputation !