EPILOGUE :
Paul était écroulé de rire sur le canapé des Uley. Décidément, Claire et Leïa n'étaient pas meilleures amies pour rien. Vous vous souvenez lorsque Claire s'était retrouvée dans la peau d'une louve pour la première fois et qu'elle était montée en haut d'un arbre ? Et bien lorsque Leïa apprit la vérité sur les légendes et le lien qui l'unissait à Embry, elle avait eu à quelques détails près la même réaction.
Remettons les choses en place. Les Quileutes sont réunis sur la place de La Push. Ils viennent de quitter le jardin des Black, où les anciens venaient de leur raconter les légendes, décidés à terminer leur soirée tranquillement sur le sable.
Sous les encouragements de ses amis, Embry avait pris Leïa à part pour lui avouer toute la vérité. Au début, elle n'avait rien dit. Restant muette, Embry eut le fol espoir qu'elle l'accepte sans aucune réaction négative. Et puis d'un coup, la jeune fille était partie en courant. Dans le noir de la nuit, et ralentie par le sable, elle ne savait pas vraiment où elle allait avant de finir au beau milieu du lac. ( Elle avait en fait escaladé un bas rocher et sans stopper sa course elle était tombée dans l'eau ).
Et après ?
Et bien elle ne voulait plus sortir. Tantôt hurlant qu'on ne l'approche pas, tantôt demandant de l'aide. Au final, Claire avait eu une longue conversation avec son amie, puis elle avait parlé avec Embry et tout s'était arrangé.
Sauf l'hilarité de Paul ; qui depuis qu'ils étaient revenus de la plage n'arrêtait pas de s'étouffer dans ses rires en racontant encore et encore l'histoire.
- Non mais vous auriez vu sa tête ! S'exclama une nouvelle fois Paul entre deux rires.
- On était là Paul, fit Leah en levant les yeux au ciel pour la centième fois, on a vu.
Claire regarda la scène de la cuisine un sourire aux lèvres. Un été, voilà ce qu'il avait fallu pour que sa vie change à tout jamais. Il y avait deux mois encore, elle n'était qu'une lycéenne avec de la famille qu'elle côtoyait peu dans une petite Réserve à l'ouest de l'Amérique. Il y avait deux mois elle ne connaissait rien des légendes Quileutes et ne se doutait pas un seul instant de la magie qui coulait dans ses veines.
Et puis il y avait eu cette rencontre. Comme s'il répondait à ses pensées, Quil entra dans son champ de vision et lui sourit. Claire sourit en retour et se remémora leur premier baiser au clair de lune.
- A quoi tu penses, lui demanda Quil en s'approchant.
- Qu'il n'avait pas fallu grand chose pour que ma vie change, puis sous le regard interrogatif de son loup elle ajouta : Seulement deux mois, quatre jours et ton sourire.
FIN
Quoique pas totalement ...
Le texte qui va suivre est un one shot centré sur Paul et Leah. Plus précisément, il s'agit du moment où l'un comme l'autre ils acceptent l'imprégnation ( scène qui se situe entre les chapitres 12 et 13 ). Je n'ai pas intégré ce passage à l'histoire, car il ne sert à rien dans l'intrigue d'Au clair de la lune ; mais j'avais quand même envie de développer la relation entre Paul et Leah sans mâcher sur Quil et Claire. Du coup voilà !
ONE SHOT : Ne dis pas " plus tard " à l'amour
L'eau chaude qui coulait sur la peau sale de Leah détendit ses muscles. La vapeur s'élevait autour d'elle lui procurant la sensation d'être dans un cocon.
Aussi insignifiant que cela pouvait paraître, Leah adorait ce moment où, après une patrouille sous sa forme animale elle sentait l'eau recouvrir son corps humain.
Alors qu'elle sortait de la cabine de douche, elle repensait aux événements qui venaient de se passer. Si Paul n'avait pas été là elle aurait sans doute eu des os cassés ou bien pire ... Et dire qu'elle ne se souvenait pas de l'avoir remercié. C'était pourtant la moindre des choses, non ?
Mais c'était plus fort qu'elle. Paul Lahote l'exaspérait. Et dire qu'elle s'était imprégnée de lui.
Plus elle avançait et moins elle ne comprenait le fonctionnement de l'imprégnation. L'homme qu'elle aimait s'était imprégné de sa propre cousine et celui qu'elle supportait le moins au monde s'était imprégné d'elle.
La vie se moquait bien d'elle.
Leah enfila son pyjama en vitesse avant d'aller s'enfouir sous sa couette. Une bonne nuit de sommeil lui ferait du bien.
Pourtant, une fois allongée dans son lit, la jeune fille ne cessa de se tourner et de se retourner. Impossible pour elle de trouver le sommeil.
Sans faire de bruits, Leah sortit de son lit et alla sur la pointe des pieds jusqu'à la salle de bain pour se servir un verre d'eau. Le verre en main, Leah le porta à ses lèvres avant de s'arrêter. Quelqu'un venait d'entrer dans sa chambre. Son instinct de louve prit le dessus, elle huma l'air et sentit une drôle odeur d'algue. Perplexe, la jeune Clearwater reposa le verre à côté de l'évier puis alla sans faire de bruit jusqu'à sa chambre. En chemin, elle attrapa une batte de baseball laissée dans le couloir par son frère.
La batte tendue près de sa tête, Leah entra dans sa chambre en lançant un coup dans le vide. Inutile, en effet. Puis sans qu'elle ne comprenne comment, la batte qu'elle tenait fermement entre les mains lui fut dérobée. Aussitôt la jeune fille fit volte-face en frappa la personne qui se trouvait dans son dos d'un coup de pied sec.
- Non mais ça va pas ! Fit une voix qu'elle connaissait que trop bien.
- Paul ?!
- Bah ouais, tu croyais quoi, répondit le jeune loup en passant une main sur sa mâchoire en grimaçant.
Maintenant qu'elle lui faisait face, Leah reconnut sans peine les traits de son imprégné malgré l'obscurité de la pièce, seulement éclairé par la lueur de la lune traversant la fenêtre ouverte.
- Tu aurais pu être un vampire, se défendit Leah.
- Ouais et si ça avait été le cas, tu l'aurais assommé avec ta batte ? Se moqua -t-il en désignant l'objet qu'il avait toujours dans la main. Et puis ton odorat il sert à quoi ? Continu a-t-il.
- Justement tu pues les algues ! Soudain un détail attira la jeune louve : Pourquoi t'es trempé ?
- Je ... suis allé nagé, répondit Paul en retrouvant son calme.
Evitant le regard de Leah, Paul se tourna et déposa la batte contre le mur près de la porte.
- Habillé ? Se moqua Leah en insistant.
- T'as bientôt fini avec tes questions Clearwater ?
Leah leva les yeux au ciel avant de se laisser tomber sur son lit.
- Je te signale que c'est toi qui viens de débarquer dans la chambre, releva-t-elle.
Paul arqua un sourcil, mais ne trouva rien à ajouter.
- D'ailleurs, qu'est ce que tu fous là Paul ?
- Si je le savais .. Marmonna Paul en tirant la chaise du bureau de Leah avant de s'y affaler.
- Tu dis ça comme si on t'avait propulsé ici.
- D'une certaine manière ... marmonna encore une fois Paul.
Leah ne chercha pas à comprendre les paroles de son ami et se laissa tomber sur son lit. Paul l'observa s'endormir peu à peu avec un sourire. Au fond, il avait toujours ressenti une grande tendresse à l'égard de Leah, même s'il ne l'avait jamais montré. Lorsqu'il s'était imprégné d'elle, il avait été surpris et pas franchement le plus heureux, s'étant toujours imaginé éviter l'imprégnation. Mais la vérité qu'il avait toujours voulu ignorer s'était dévoilée devant lui, sans qu'il ne puisse rien contrôler. Avant de s'imprégner, il n'était pas amoureux de Leah Clearwater, mais le bonheur de la jeune fille le préoccupait, surtout quand il avait appris l'histoire complète de ce qui s'était passé entre Leah, Sam et Emily. A l'époque, il s'était senti triste pour Leah, sans vraiment comprendre la nature de ce sentiment.
Plus le temps passait, plus il était attaché à Leah. Et l'imprégnation commençait à avoir raison de lui.
Mais d'un autre côté, il la trouvait chaque jour un peu plus têtue, embêtante, insupportable et bornée. " Elle est tout aussi casse pied que toi " Paul eut un sourire en se rappelant les mots prononcés par Quil la veille. Et il avait raison. Paul était tout aussi insupportable que Leah. Les opposés s'attirent et se complètent. Mais qu'en est-il de ceux qui se ressemblent ? Ils s'assemblent juste ? Où se redécouvrent-t-ils eux-mêmes ?
Leah bougea dans son sommeil, ce qui sortit Paul de ses pensées. Le jeune homme secoua la tête comme pour faire évacuer toutes ses idées. Un livre posé sur le bureau attira l'attention du loup qui le prit entre ses mains et le feuilleta. Il s'agissait d'une pièce de théâtre de William Shakespeare " La nuit des rois où tout ce que vous voulez " . Alors qu'il lisait en diagonale le texte, une réplique capta son regard. Il la lut et relut plusieurs fois avant de jeter un regard à Leah toujours endormie. Hésitant, Paul chercha un surligneur puis se décida à surligner les lignes et nota la page en laissant le surligneur entre les feuilles. Il attrapa ensuite un bout de papier et griffonna quelques notes avant de se lever et de sortir de la pièce d'un saut par la fenêtre.
A l'instant précis où Paul sauta dans le jardin des Clearwater, Leah se réveilla en sursaut et arpenta la pièce des yeux. La fenêtre encore ouverte, Leah accourut et vit la silhouette de Paul s'éloigner dans les bois. Refermant la fenêtre, Leah s'apprêta à retourner dormir quand un détail sur son bureau la troubla. Elle s'approcha et vit un livre que sa mère lui avait apporté une dizaine de jours plus tôt posé au centre de la table, un papier posé négligemment dessus.
" Désolé d'avoir surligné dans ton livre, mais ... ".
Leah arqua un sourcil en murmurant " Mais ? " d'un ton interrogatif, sentant déjà un énervement à l'encontre de Paul naitre dans sa poitrine. Elle attrapa ensuite le livre et l'ouvrit à la page marquée et lut à voix haute sans s'en rendre compte la réplique relevée par Paul quelques instants plus tôt :
Ne dis pas à l'amour: plus tard.
L'avenir est fait de hasards.
C'est aujourd'hui qu'il faut cueillir
Ce que demain viendra flétrir.
Vite un baiser, ma toute belle:
Jeunesse passe à tire-d'aile.
La jeune louve referma brutalement le livre et retourna se coucher. Mais les mots de William Shakespeare résonnaient encore dans sa tête. Certes, grâce à leur statut de loups, ils étaient plus ou moins immortels. Mais le décès de son père lui avait appris que rien n'était éternel ...
Leah tenta encore de trouver le sommeil, mais en vain. Se nommant de tous les noms, la jeune fille sortit une nouvelle fois de son lit et enfila ses chaussures. Ne cessant de marmonner contre elle-même, elle sauta par la fenêtre de sa chambre et courut jusqu'au bois.
Elle n'avait aucune idée de l'endroit où elle allait, mais elle faisait confiance à son instinct de louve pour retrouver son loup. Avant qu'il ne soit plus tard.
Cette fois c'est bien la fin d'Au clair de la lune ! Et avant de vous dire au revoir, je voudrais simplement vous dire MERCI.
