Kelewan : Carmilla fait son petit effet, j'aime ça ! Effectivement, Harry est influencé par ses vies précédentes, même s'il ne s'en souvient pas... pas réellement, du moins ;)


Chapitre 16 : Trois sous contrôle


-Récapitulons, voulez-vous ? Voldemort a fait appel à un rituel de Magie du Néant pour atteindre l'immortalité. Tant que les objets dans lesquels il a enfermé ses bouts d'âme ne seront pas détruits, on ne pourra pas le tuer. C'est bien ça ?

Carmilla hocha la tête, regardant avec une attention accrue ses ongles.

-Et vous n'avez strictement aucune idée de l'endroit où se cachent les autres Horcruxes, ou bien dans quelle enveloppe ? Harry était sceptique.

-En effet.

-Bien, donc la coupe, le médaillon, et Neville. Probablement le diadème, après tout il était supposé avoir disparu dans un pays lointain, et Voldemort a voyagé après Poudlard, il pourrait avoir été à sa recherche.

-C'est ce qu'on pense, en effet.

-L'épée n'en fait pas partie, donc...

-Comment le savez-vous ? Demanda Augusta, méfiante.

-Avec tout le respect que je vous dois, milady, croyez-vous sincèrement qu'un Sorcier est capable de souiller une œuvre Gobeline ? Nous n'avons, et n'aurons peut-être plus jamais, un pouvoir suffisant pour cela. L'épée est hors-jeu, répliqua-t-il d'une voix cassante, exaspéré par l'attitude de la sorcière. Quelle est cette histoire d'orphelinat ?

-La mère de Tom a accouché de lui à un orphelinat avant de décéder, et oui, elle a été incinérée, malgré les réticences de la directrice. Aucune chance qu'il n'ait pratiqué de nécromancie sur son cadavre, le précéda Carmilla, voyant déjà venir les questions de base.

-Au vu de l'absence de nom, je suppose que creuser prendra du temps... non, ce qu'il faut chercher, c'est ce Jedusor. Ça a des consonnances françaises, ça ne se trouve pas partout...

-J'ai placé quelques vampires dans le pays quand Pettigrew a fourni les informations. Tom Jedusor Senior vivait encore avec ses parents, et les trois, des moldus, sont mystérieusement décédés d'une crise cardiaque dans les années quarante.

-Ils auraient subi l'Avada ? S'étonna Lily, ouvrant la bouche pour la première fois depuis l'arrivée de son fils.

-Sans aucun doute. Si Tom Senior était le père de Voldemort, mais que ce dernier est un sang-mêlé pur, alors sa mère était de sang-pur. Ça limite les recherches : il n'a jamais bougé de son village. Et il ne devait pas y avoir un milliard de sorcières de sang-pur dans les environs...

-Lord Black sera sans doute plus utile que nous dans ce domaine-là. Je me souviens que Walburga lui avait fait apprendre la généalogie de toutes les familles du Registre sur au moins cinq générations, déclara la sorcière âgée, après un instant de réflexion.

-Et je peux assurer qu'il les connaît encore, confirma James, ce qu'Harry soutint d'un geste de tête.

-Je l'appelle immédiatement, dit Lily en se levant. Harry, où est Neville ?

-En train de donner une leçon de Botanique à Norah. Ne vous en faites pas, elle est intéressée, ça leur prendra un sacré bout de temps.


-Il y a de la consanguinité dans l'air, grimaça l'homme en observant le cliché en pied d'un Voldemort âgé d'une quinzaine d'années.

-Pardon ?

Augusta le regarda étrangement, les sourcils froncés, et il s'expliqua.

-Les paupières très fines, l'arête du nez trop régulière, désigna Sirius tout en pointant la photographie, les yeux sans nuances, ajouta-t-il en se désignant lui-même. Ça ne trompe pas. A partir de l'instant où le visage est trop constant, c'est que la filiation est trop proche.

-Donc, on cherche non seulement une sorcière de sang-pur, mais en plus venant d'une famille relativement consanguine... James soupira. Ça va être long.

-Peut-être pas tant que ça, répliqua le vampire, les yeux fixés sur Sirius, qui réfléchissait à mille à l'heure. Une idée, mon cher ?

-Quelque chose me dérange. Un détail peut-être... en quelle année a été prise la photo ?

-Dans les années quarante.

-Les années quarante, c'est la déchéance des Gaunt.

L'intervention de James, inattendue compte tenu de son quasi-désintérêt pour l'Histoire du Registre des Sang-purs, fit écarquiller les yeux de son meilleur ami.

-Oui, le fils avait assassiné une famille moldue et s'était retrouvé à Azkaban ! S'exclama Sirius, des mois d'Endoloris revenant en même temps que le lignage des sang-purs. Magia seule sait ce qu'est devenu le père, une espèce de fou qui voulait marier ses enfants entre eux...

Harry, qui, jusqu'à maintenant, écoutait en silence, jeta un regard à la photographie, et laissa un immense sourire poindre sur ses lèvres. Il laissa son parrain faire l'histoire des Gaunt, ce qui pourrait peut-être se révéler utile, tout comme il se désintéressa de la discussion quand Carmilla et lui mirent en commun leur savoir sur les Horcruxes.

Pourquoi Sirius savait-il ce que c'était ? La question restait en suspens, et probablement inutile : Walburga était bien assez folle pour avoir fait apprendre de telles horreurs à son fils aîné, peut-être même savait-il comment faire le rituel...

Le regard de Lily se tourna vers son fils, étrangement silencieux, et elle leva les yeux au ciel à la vue de son sourire : il avait compris quelque chose qui leur avait échappé.

-Cela fait tout de même beaucoup de coïncidences. Dîtes, parrain... la bague familiale des Gaunt ne serait-elle pas en or sertie d'une pierre noire ?

L'interruption amena le silence complet, et Sirius réfléchit une seconde.

-Il me semble, elle a la même forme que celle des Potter en tout cas.

-Alors Voldemort est un descendant des Gaunt, de Cadmus Peverell, et de Serpentard par ces deux lignées. Il a dû faire de la bague familiale un Horcruxe, il la porte en tout cas sur la photographie.

Les adultes se penchèrent, exceptée Carmilla, qui se contenta d'un sourire sans chaleur.

Son âme de Vampire était en colère. On avait désobéi à Magia, et le sang bu depuis sept siècles déjà réclamait vengeance sur cet être insignifiant, qui avait trompé et blessé leur Mère à tous.

Les Vampires Originels n'était au départ que des humains magiques qui avait goûté au sang, malgré l'Interdiction. Mais, ils avaient pris goût à la substance interdite, et avaient imploré Magia pour continuer d'en boire. Cette dernière s'était montrée clémente et avait accepté, à condition qu'ils lui servent en échange ; ainsi, à chaque morsure, à chaque sang prélevé d'un être, ils absorbaient toute trace de Magie du Néant chez leur victime, réduisant considérablement les risques qu'ils ne souhaitent l'utiliser plus tard.

Mais Magia était une entité rancunière, et les Vampires lui avaient tout de même désobéi au départ. Ainsi, en plus de devoir trouver leur Double pour pouvoir enfanter, elle leur infligea la vie éternelle et la nécessité de boire du sang pour survivre. Sans boire, un Vampire souffrait le martyr. Et quand un Vampire souffrait, il devenait incontrôlable.

Carmilla planta ses ongles dans les accoudoirs, déchirant presque le tissu, les yeux brillant comme des soleils.

Ce démon serait pour elle ; il le voyait dans ses yeux. Et elle allait le laisser souffrir.

-C'est elle, j'en suis sûr. Les bagues familiales descendant des frères Peverell sont les mêmes, à l'exception des pierres.

-D'ailleurs, pourquoi serait-il le descendant de Cadmus en particulier ? Demanda Augusta en fronçant les sourcils, tournant la tête vers Harry en même temps que ses parents.

-Si la pierre de la bague des Gaunt n'est pas la Pierre de Résurrection, j'accepte de me faire pendre comme un moldu, ricana-t-il, ignorant l'air légèrement outré de Lily.

-Ce ne sont que des fables pour enfants !

-Dites cela à mon père, rétorqua-t-il sur le même ton, franchement lassé du comportement de la femme. Vous savez aussi bien que moi qu'aucune légende n'est fausse dans le monde magique.

-Mon fils a raison, milady. Les Potter sont des descendants d'Ignotus Peverell. Seul Antioche n'a pas eu d'enfants.

-La Pierre est trop puissante pour être atteinte par un tel rituel, donc l'Horcruxe est dans l'anneau, résuma Sirius, fixant toujours l'image. Il y a quelque chose d'inscrit.

-Oui, c'est un langage... étrange. On dirait des codes.

-Ce sont des étoiles et des coordonnées stellaires, rit l'homme, plus amusé qu'autre chose, avant de brutalement cesser tout mouvement. Et bah merde...

-Sirius ! S'exclama Lily.

-Ce sont les notes d'une malédiction. Une tentative de la lever, je crois. Et c'est un langage propre aux Black, murmura-t-il juste assez fort pour que tout le monde entende, le visage blanc. Le serpent, à ses pieds, c'est un maudit. Sa forme a changé, mais il essayait visiblement de lui rendre forme humaine définitivement. Ils prenaient sans doute des photos de chaque essai, pour voir leur avancement. S'ils ont cessé entre-temps, le maudit doit avoir sa forme finale.

Harry avait cessé d'écouter. Ce n'était plus important. Là, tout de suite, il repensait au Serpent Cornu dans la forêt du Repaire du Rat.

Deux maudits. Un seul était rare, alors deux, dans la même région ? Impossible. Ce serpent avait connu Voldemort dans sa jeunesse. Et ils devaient être relativement proches, pour qu'il essaie de lever sa malédiction. Soit il partageait ses rêves de grandeur, soit il n'avait été qu'un compagnon d'école, et ne l'avait plus revu... dans tous les cas, il se devait de savoir.


-Ragnok, vous allez bien ? Demanda Carmilla sitôt entrée dans le bureau.

-Parfaitement.

-Je suis ravie que nous ayons trouvé un terrain d'entente. Après tout, nous avons le même but, sourit-elle, alors que le gobelin hochait la tête.

Ses explications avaient eu l'air de la convaincre, puisqu'elle ne l'avait pas violenté et l'avait simplement relâché avec un air exaspéré, avant de lui rappeler plus ou moins gentiment que les créatures magiques avaient le devoir de respecter les demandes de Magia, et qu'elles ne pouvaient donc pas se permettre de se cacher de tels savoirs.

-Un petit passage chez la famille Potter s'est imposé, et, par une chance exceptionnelle, la maison Londubat était de sortie chez eux. Ce dont vous aurez besoin, ajouta-t-elle en claquant des doigts, mouvement qui firent se décaler les piles de papiers bien rangées pour laisser la place à un feuillet de documents. Trouvez votre bonheur, je suis persuadée que tout cela vous intéressera.

-A combien les avez-vous estimés jusqu'à maintenant ?

-Autour de six. Le médaillon n'est que le troisième, la coupe le quatrième. Il y en a deux auparavant, au moins un après, et Neville Londubat est normalement le dernier en date. Le diadème de Serdaigle en fait sans aucun doute partie, de même que la bague familiale des Gaunt, héritée de par sa mère.

-Ce fut rapide.

-Lorsque l'on s'entraide, tout devient rapide, rétorqua-t-elle d'une voix acide. Nous en sommes également venus à la conclusion que, puisque Bellatrix Lestrange en avait un en sa possession, il en avait peut-être confié d'autres à ses fidèles. Sirius, par le biais de sa cousine Narcissa Malfoy née Black, dont il est le chef de famille prioritaire, voudrait poser des questions à Lucius Malfoy, son époux. Nous cherchons encore un moyen d'atteindre Severus Snape et Teignous Nott.

-Tout cela semble se régler extrêmement vite.

-Ce n'est dû qu'aux tendances mégalomanes de ce fou. Il est trop imbu de lui-même pour penser une seconde que quelqu'un pourrait percer son secret.

-Il ne nous reste plus qu'à espérer qu'il reste mégalomane assez longtemps pour nous permettre d'en venir à bout. Les Gobelins se tiennent à votre disposition, comme ils l'ont toujours fait.

-Et j'en suis heureuse.

Elle s'inclina et disparut aussi vite qu'elle n'était arrivée, ne laissant derrière elle qu'un dossier qui se retrouverait brûlé et dispersé un peu partout dès sa lecture terminée.


-Nous sommes invités au manoir Potter, avec un sous-entendu démenti sur la relation entre Draco et Harry Potter.

-Un sous-entendu démenti ?

Lucius leva un sourcil, surpris, et regarda son épouse, qui haussa légèrement les épaules.

-Comment pourrais-je en savoir plus ? Ils veulent parler de cela, mais pas vraiment. Ils n'ont pas l'air de vouloir le mettre par écrit. C'est sans doute trop délicat pour risquer d'être intercepté.

-Dans quoi sommes-nous encore embourbés...

-Ne te plains pas trop veux-tu. C'est moi qui récupère toujours tes bêtises.


-Dame Carmine ? J'ai la bague que vous désiriez. Peut-être devriez-vous faire attention à vos humains, elle pourrait leur faire beaucoup de mal.

-Merci, Hyppolite. Tu es d'une prévoyance à toute épreuve, ajouta-t-elle en voyant l'enveloppe magique dans laquelle l'objet, bien visible, était enroulé.

-Pour vous servir, ma dame.

-Prends donc du repos. Je suis certaine que ton fils sera heureux de te revoir après ce quart de lune éprouvant, sourit-elle.

-Faites donc de même un de ces jours.

-J'ai encore beaucoup de travail, mais je n'oublierais pas ton conseil. Va, et salue ta compagne pour moi.

Un coup d'œil la fit soupirer.

La bague était le second Horcruxe, et il datait de moins d'un an après la sortie de l'école de Voldemort. Ce qui voulait dire qu'au moins un meurtre avait été commis pendant ses années d'études, puisque le rituel de création d'un Horcruxe durait au minimum dix mois.

Carmilla grimaça. Quelle bonne nouvelle...


-Ce n'est pas un ingrédient très répandu... dit le vendeur, les yeux plissés, alors que Narcissa, derrière son voile en dentelle, se rongeait les sangs.

Prenant sa voix la plus hautaine, elle releva le menton.

-Je ne vois pas en quoi l'utilité que je lui donnerais vous regarde. A ce que je sache, votre boutique aussi est parfaitement illégale, n'est-ce pas ?

-Votre mue d'œuf de Demiguise, répliqua immédiatement l'homme, lui tendant une bulle magique dans laquelle flottait une sorte de peau argentée en forme d'œuf, qui brillait légèrement.

-Merci.

Narcissa ne demanda ni si l'œuf avait été détruit, ni comment ils s'en étaient procuré, et laissa simplement l'argent sur le comptoir avant de disparaître. Nul besoin de s'attarder.