La Magie du Temps

*~~~~*L*~~~~*M*~~~~*D*~~~~*T*~~~~*

Chapitre trente-deux

Vous avez dit… Magie ?

x~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~x

x~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~x

Perceval Dumbledore observait ses quatre invités en train de regarder les enveloppes encore cachetées. Celles-ci semblaient anodines et sans danger, mais le coup d'œil incertain du jeune Harry le fit sourire.

L'ancien survivant fut le premier à toucher le papier du bout des doigts et ouvrit l'enveloppe alors que sa sœur, Luna et McGonagall décidèrent d'attendre patiemment leur tour.

o*~~~~*o

Monsieur Harry Severus Prince,

Par la présente je vous désigne être mon héritier. Un coffre vous attend à Gringotts, mais faites attention, votre caractère digne de Godric pourrait vous valoir une petite pichenette sur le crâne si vous vous y rendez sans votre père !

Ma chevalière apparaîtra à votre annulaire à la fin de cette missive. Puisse la magie de Poudlard vous apprendre à gérer la puissance de notre chère famille.

Restez soudés, et évitez d'hériter du sale caractère renfrogné de votre cher et tendre père.

A bientôt dans le bureau des Serpentard en chef !

P.S. : Si vous pensez que nous avons oublié Elia, détrompez-vous.

Salazar Serpentard

o*~~~~*o

- Poufsouffle ? murmura Hermione, quelques secondes plus tard.

- Je savais que tu avais un cœur en or, se moqua Harry.

Hermione lui lança un regard noir et Luna explosa de rire devant le visage effaré de leur professeur de métamorphose.

- « Une lionne qui n'a pas encore osé s'avouer être folle amoureuse de mon physique parfait » fit McGonagall en observant Perceval. C'est une blague ?

- Allons, allons, Minerva, se moqua le tableau de Gryffondor alors que Perceval pouffait.

- Luna, Serdaigle alors ? demanda Harry.

- Oui ! fit joyeusement la jeune fille.

- Un coffre spécifique vous attend à Gringotts, fit alors Perceval. Mais vous vous y rendrez avec vos parents respectifs. Cependant, faites attention à votre magie, les conséqu…

Mais il ne put continuer sa phrase. Un dôme violet pâle entoura les quatre personnes et un frisson les parcouru tous. Cinq filaments dorés rejoignirent les mains de Perceval qui, surpris, observa ses mains avant de comprendre ce qu'il venait de se produire.

L'héritage magique des fondateurs venait d'être activé et ils étaient tous, en quelque sorte, liés au Directeur de Poudlard.

- En effet, Lord Dumbledore, acquiesça le tableau de Godric Gryffondor.

- La magie des cinq héritiers s'est liée à la vôtre afin de mieux gérer Poudlard, leur annonça le tableau de Rowena Serdaigle. Chacun d'entre vous devra rendre des comptes aux directeurs de maisons et aura accès à la salle commune de leur fondateur, et ce, sans avoir à donner un quelconque mot de passe. Soyez rassurée, Miss Prince, si quelqu'un venait à prendre du polynectar, il ne saura accéder à ces secrets car Poudlard ne se laissera pas avoir par une potion ou par un sortilège.

- Elia Prince, étant l'héritière de Poudlard, sera la porte-parole de l'âme du château auprès de vous, Lord Dumbledore, jusqu'à la nomination d'un nouveau directeur que Poudlard a déjà choisi, intervint Salazar. Vous serez mis au courant en temps voulu, lorsque le Château décidera que cette personne est prête pour endosser un tel rôle. Par contre, ne vous attendez pas à un changement d'ici l'année prochaine. Je pense que ce changement de direction se fera dans plus de deux ou trois ans, voire plus encore.

Tous acquiescèrent alors que quelques coups furent frappés à la porte. Il était temps de clore ce sujet, et ce, jusqu'à nouvel ordre.

x*~~~~*x

- Lady Prince ? s'exclama Elia, surprise, alors que la jeune femme arrivait dans le Grand Hall.

- Oh, bonjour Elia, comment vas-tu ?

- Je vais bien, mais vous avez une tête horrible.

- Merci, rit Lilia en secouant la tête. Est-ce que tu sais où sont Hermione et Harry ?

Elia fronça les sourcils et tourna sur elle-même tout en observant les tableaux avant de faire à nouveau face à Lilia.

- Dans le bureau directorial, avec le professeur McGonagall et Lord Dumbledore.

- Merci ma belle. Le professeur Flitwick m'a laissée entrer, je dois rejoindre Elias avant. Tu veux venir avec nous ?

- Euh…

- J'ai un paquet pour toi, fit Lilia en levant les yeux au ciel. Je doute que tu veuilles t'afficher avec moi en plein couloir.

Elia esquissa un sourire. S'afficher avec Lady Prince n'était pas un problème en soit, et la jeune femme le savait bien. Elia n'avait juste pas envie de se faire remarquer. Elles se dirigèrent d'un bon pas vers les appartements du directeur des Serpentard et Lilia posa une main rassurante dans le dos de sa nièce adoptive.

- Tu as l'air stressée. Est-ce que cela a un rapport avec… les fondateurs ?

- Aussi…

- Tu brûles d'envie de me dire quelque chose, mais tu as peur de ma réaction, n'est-ce pas ?

- Vous êtes trop intelligente, marmonna Elia.

- Elias m'a dit la même chose, se moqua la jeune femme.

La jeune fille fit un mouvement sec du poignet, les protégeant dans une bulle qui les protégeait des yeux et des oreilles indiscrètes.

- Très bien, fit la jeune fille en croisant les bras. Je suis une gosse de première année, et vous… tu sais ce que j'ai vécu, ce que je sais.

Lilia acquiesce et déglutit malgré elle.

- Harry… Harry n'a plus de prophétie malsaine au-dessus de la tête. Mais…

- Mais ? tenta de l'encourager la mère de famille.

Les yeux bleu-vert de la jeune fille fixèrent un instant le visage fatigué de Lilia. Elle savait qu'elle devait lui dire. A elle, et à personne d'autre. Et elle savait également que Lilia en était consciente, au fond d'elle-même.

- Tu peux tout me dire, Elia, je ne te rejetterai pas, quoiqu'il arrive.

- Promis ?

- Promis, fit Lilia en lui caressant la joue.

- Malgré la prophétie maintenant inexistante, reprit Elia en inspirant profondément, le Destin et la Magie elle-même lui réservent un avenir chargé, mais qui lui conviendra. Il est amené à faire de grandes choses, Lilia. Je suis quasiment certaine qu'il n'aura plus à souffrir autant que ce à quoi il a dû survivre, mais il fera de grandes choses, et ça risque de lui tomber dessus assez rapidement. Il gèrera bien entendu la situation comme il se doit, mais il aura besoin de sa famille pour le soutenir et lui permettre de prendre part à la vie qui lui est offerte.

- Tu ne peux pas m'en dire plus, n'est-ce-pas ?

- Non. Malheureusement…

- Ne t'excuse pas, murmura Lilia en l'attirant contre elle. Je sais.

Elia, tendue, accepta de mauvaise grâce le câlin de Lilia. Elle était certaine que c'était plutôt la jeune femme qui avait besoin d'être rassurée que l'inverse.

- Vous le préparerez, n'est-ce pas ?

- Oui, Elia. Je ne sais pas comment, mais…

- En lui apprenant, ainsi qu'à Hermione et aux autres, plein de choses sur les traditions sorcières et moldues. Lui faire lire et relire des contes traditionnels, et il y en a des dizaines et des dizaines. Lui apprendre l'histoire moderne, et les règles de bienséances.

- On a déjà commencé…

- Je sais, et c'est chouette. Je lui ai prêté des livres la semaine dernière.

- Je lui poserai des questions dessus, fit Lilia en se détendant légèrement alors qu'Elia se défit de l'étreinte. Tu m'accompagnes ? Je vais chercher Elias et on doit rejoindre les autres dans le bureau de Perceval.

- Ok ! Avec plaisir.

Lilia lui fit un clin d'œil alors qu'Elia désactiva le sortilège qui se fondit dans les pierres, rejoignant les fondations de Poudlard et alimentant les runes abîmées par le temps.

x~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~x

Lucius Malfoy était blanc comme un linge.

C'était un cauchemar. Godric Gryffondor, en personne – soi-disant – lui avait annoncé qu'il serait présent parmi leur peuple, à Poudlard, pour quelques mois et qu'il retrouverait son époque le même jour et la même heure que son départ initial.

Au début, il avait cru à une mauvaise blague. Mais les appartements attitrés n'avaient ni baignoire, ni douche, juste un coin d'eau avec un sceau et des morceaux de tissu qui devaient être des serviettes. Ses vêtements modernes et classes avaient disparus au profit d'un pantalon noir, une chemise marron un peu trop large et une longue cape noire. Ce fut Helga Poufsouffle qui le chercha le premier matin, exigeant sa présence en cours. Il l'avait suivie de mauvaise grâce et avait eu droit à des interrogatoires en règle sur ses compétences qu'il savait très élevées grâce à son éducation.

Les apprentis l'observaient comme une bête de foire depuis que les fondateurs l'avaient présenté comme étant un apprenti venant de loin. Lucius les avait salués pour la forme mais il était clair pour tous qu'il ne comptait pas se faire des amis.

A la fin de la journée, épuisé par toutes les connaissances qu'il avait listées sur plusieurs parchemins, il prit place dans une salle attenante à la Grande Salle alors que le peu d'élèves présents partirent, le laissant seul dans ces lieux misérables. Il soupira, content d'avoir un peu de répit.

- Monsieur Malfoy, grogna Salazar Serpentard en débarquant dans la pièce d'un pas lourd. Ce n'est pas une façon noble de se tenir, veuillez retirer vos mains du dessous de la table s'il vous plaît.

Lucius s'exécuta et observa l'homme prendre place à ses côtés.

- Tu es en septième année, de l'autre côté, n'est-ce-pas petit ?

Lucius observa le visage inexpressif de l'homme et acquiesça, peu rassuré. Salazar soupira, et sorti sept parchemins.

- Bien que je sache que le niveau a sacrément baissé depuis que ce Dippet et cet Albus Dumbledore aient pris possession de la direction, je ne m'attendais pas à cela.

- C'est-à-dire ? demanda Lucius en fronçant les sourcils.

- Il y a beaucoup de choses très importantes sur l'existence et la gestion de la magie qui ne sont plus enseignées. Je sens même à ton aura que tu n'es pas en connexion totale avec ton noyau magique, et c'est extrêmement triste. Sans compter que cela peut être risqué. Ton niveau… Ce que vous avez appris de la première à la troisième année sont des choses que nous, ou les parents, apprenons à nos futurs apprentis durant leur enfance. Je ne vois aucune évolution dans les données que tu as écrites, et cela me semble… étrange. Suspect, même. Mais cela confirme ce que j'ai vu dans les livres chez Lord Prince et Lord Dumbledore. Je sais déjà que les plus grands sorciers de votre siècle ont voulu amoindrir les connaissances du peuple afin de se montrer plus puissants, plus doués. La magie évolue, et ce d'autant plus que plusieurs siècles nous séparent. A croire que le monde sorcier a cessé d'évoluer. Depuis… longtemps. Puis ce que tu as appris entre ta quatrième et sixième année est digne d'un apprenti de première ou deuxième année, ici. Peut-être est-ce parce que vos enfants nés de moldus ne sont pas enseignés dès le plus jeune âge, et que cela a ralenti le peuple… Je ne saurais dire. En ce qui concerne le programme de septième année, il arrive à peine à la cheville de celui du premier semestre des troisième années parmi nous.

- Non… murmura Lucius, les yeux écarquillés.

- Ces informations ne doivent en aucun cas provoquer chez toi une haine des né-moldus, jeune homme, fit dangereusement Serpentard. J'en ai beaucoup discuté avec les adultes de votre école et je suis formel : ils ne sont pas la cause de cette dégringolade intellectuelle. Ce sont les adultes, les fautifs. Ils auraient dû rechercher et prendre en charge les enfants sorciers nés de parents moldus, ils auraient dû suivre les parents et leur expliquer. Protéger l'enfant des parents violents, aussi.

- Violents ?

- La réaction des sorciers, dans ton monde, lorsqu'ils ont un enfant… cracmol, est exactement la même chez un moldu qui a un enfant sorcier, petit. Pour eux, la sorcellerie, c'est le diable en personne. A notre époque déjà, des enfants sont envoyés au bûcher et brûlés vifs pour avoir osé faire de la magie.

Lucius ouvrit la bouche et la referma, plusieurs fois.

- Au… bûcher ? Ils les brûlent ?

- Oui, soupira Serpentard. Godric en a sauvé beaucoup, l'année dernière, alors qu'ils allaient brûler vifs.

- Mais leur magie…

- La magie de ces enfants est instable et ne peut donc les protéger : leurs parents, ne connaissant rien à ce sujet et ayant une crainte vive de cet art vont d'abord tenter de l'ignorer, l'étouffer, jusqu'à ce que la magie de l'enfant provoque une catastrophe et attire les regards des autorités. Au mieux, les parents sont saufs. Au pire, ils sont considérés comme complices et brûlés avec leur progéniture.

- C'est… fit Lucius, les sourcils froncés.

- Tu es rusé et intelligent, mon jeune Lucius, reprit Salazar en observant le tableau représentant un manoir au milieu d'un champ. J'attends de toi que tu apprennes les traditions actuelles, et comprennes leur sens, leur importance. Godric et Helga t'amèneront lors des recherches des né-moldus, afin que tu comprennes le cauchemar de certains d'entre eux. Des parents vont être adorables et comprendre, ils choisiront de suivre l'enfant dans notre monde afin de lui apporter un enseignement correct et adapté. D'autres parents auront déjà commencé à battre leurs enfants, souvent par haine ou crainte de ces différences étranges, de ces pouvoirs surnaturels. Il te faudra garder ton sang-froid, et protéger ces enfants, Lucius. Ils n'ont pas choisi d'être sorciers. Ils n'ont pas choisi de vivre ou de mourir. Ce ne sont que de jeunes âmes, sans protecteur. Il te faudra obéir à tes professeurs, petit. Tu as tant de choses à apprendre en peu de temps. Et qui sait… si tu arrives à te faire entendre dans ton monde, tu sauras certainement comment améliorer les choses et faire passer certaines lois.

*~~~~*L*~~~~*M*~~~~*D*~~~~*T*~~~~*