Hello !

J'espère que vous avez passé une bonne semaine.

Et voilà, on y est enfin, la mariage est là ! Bon, j'arrête de parler, je crois que vous avez beaucoup trop hâte de savoir la suite pour me lire, dans tous les cas, haha !

Bonn lecture.

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CHAPITRE 5


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Drago était abasourdi. Le temps semblait s'être figé. Autour de lui, les silhouettes qui s'amoncelaient dans son champ de vision ne bougeaient plus, il n'y avait qu'elle, en face de lui, pétrifiée au milieu de l'allée, qui semblait sur le point de défaillir.

L'estomac de Drago se contracta en même temps que des centaines de questions l'assaillaient : Millicent s'était-elle trompée ? Avait-il réellement un avenir avec celle qu'il avait tant brimée par le passé ? Devrait-il renoncer à ses mois de rêves ?

Sa bouche s'était asséchée et l'air qui peinait à s'infiltrer dans sa trachée lui rapait les poumons. Petit à petit, ses yeux se remirent à cligner, apportant de la visibilité aux visages effarés qui l'entouraient.

De son côté, sa mère était plus fermée que jamais, fixant droit devant elle, le dos raidie par la colère. Elle tentait de conserver les apparences mais bouillait intérieurement. Blaise arborait une sorte de grimace et Keira ne semblait pas comprendre ce moment de flottement. Pansy avait un teint verdâtre qui lui donnait l'air nauséeuse et Théo se mordait violemment la lèvre inférieure. Il n'y avait qu'Astoria pour lui adresser un petit sourire encourageant, tentant visiblement de croire en leur potentielle histoire.

Drago s'accrocha durant quelques secondes à cette vision, puisant le courage dans les yeux de son amie avant de lentement tourner la tête en direction des invités de la mariée.

Au premier rang, Monsieur et Madame Granger ne cessaient de se retourner vers leur fille en lui lançant des regards d'incompréhension. Ron gesticulait dans tous les sens, les oreilles plus rouges que jamais alors que sa mère lui tapotait compulsivement le bras. Luna, fidèle à elle-même, semblait se désintéresser complètement de l'action et regardait des recoins sans intérêts de la salle, arborant un sourire rêveur tandis que Ginny et Harry chuchotaient nerveusement. Le survivant paraissait moins réfractaire à la situation que sa femme.


Hermione n'avait pas encore eu la force d'affronter les réactions des invités et restait irrémédiablement figée face à Drago. Ses yeux le fixaient sans le voir et sa bouche, légèrement ouverte, semblait fondre de stupeur. Comme au ralentit, son bouquet lui échappa des mains, venant s'écraser au sol dans un bruissement léger qui lui broya les oreilles. Ses sens étaient complètement perturbés. Elle avait l'impression de sentir ses yeux bourdonner. Incapable de faire le moindre geste, ses yeux commencèrent à s'assécher de ne pas être clignés. Dans son champ de vision, il n'y avait que lui.

Drago Malefoy.

Qu'est-ce que Drago Malefoy pouvait bien venir faire ici ? Le jour de son mariage ? A la place du futur époux ?

Depuis qu'elle avait appris l'annonce des noces à venir, elle s'était imaginé des centaines de scénarios plus désastreux les uns que les autres. Ne pas rentrer dans sa robe figurait à la première place, juste devant se mettre à vomir d'angoisse ou découvrir un vieillard devant l'autel. A aucun moment elle n'avait envisagé se retrouver devant lui. A vrai dire, il y avait bien longtemps qu'elle n'avait pas pensé à lui.

Malefoy était sorti de sa vie le jour de son procès. Comme pour tous ceux qui l'avaient précédés, Hermione s'était rendue au tribunal. Elle se souvenait clairement des épaules basses du jeune homme, de son teint plus pâle encore que d'ordinaire et de sa main droite frottant frénétiquement son avant-bras gauche dans un geste nerveux. Leurs regards s'étaient croisés lorsqu'il était entré dans la salle d'audience, escorté par deux agents de sécurité. Presque immédiatement, Malefoy avait détourné le regard, semblant incapable de soutenir le sien.

Depuis ce jour, ils s'étaient bien recroisés, à quelques reprises, mais Hermione préférait toujours garder ses distances. Elle savait que Harry et lui avaient noué une certaine forme de cordialité depuis les années mais elle avait toujours été incapable de faire de même. Le simple vissage de Malefoy en face d'elle lui donnait des sueurs froides.

Pourtant, il y avait bien eu une fois où elle s'était retrouvée face à un Drago Malefoy bien différent du jeune homme qu'elle avait l'habitude de croiser.

Hermione ne l'aurait jamais avoué à voix haute, de toute façon, qui aurait bien pu la croire ? Mais Malefoy n'avait pas seulement été ce petit adolescent imbu de sa personne qui s'amusait à l'humilier. Non, il s'était aussi avéré être un jeune homme perdu, qu'elle avait consolé un soir, durant sa sixième année. Ce souvenir était si étrange qu'elle se demandait parfois comment il avait pu avoir lieu.

Drago Malefoy et elle, seuls dans un couloir, au beau milieu d'une ronde. Elle se revoyait encore lui tapoter maladroitement l'épaule alors qu'il fondait en larmes. Sur le moment, elle ne comprenait pas d'où venait toute cette pression dont il ne cessait de se plaindre. Elle avait passé des heures à se remémorer ce moment, se demandant comment une personne pouvait-elle être aussi mesquine et humaine à la fois.

L'image de Malefoy s'était fissurée ce jour-là et Hermione n'avait cessé de se demander quelles facettes de sa personnalité pouvait-il encore cacher au grand jour ? Mais elle était bien trop terrifiée de le découvrir.

La guerre l'avait plus affectée qu'elle n'avait voulu laisser l'entendre. Pour se protéger de ces instants d'horreurs qu'elle avait vécu, Hermione avait commencé à compartimenter ses souvenirs. Elle s'était mise à cataloguer tous les événements, les personnes et les lieux qu'elle avait fréquentés en les rangeant sous une étiquette.

Organiser ses idées, ne laisser aucune place à l'inattendu, voilà ce qui l'avait sauvée, durant de longues années, des crises d'angoisses perpétuelles. Alors, Malefoy, comme bien d'autres, s'était retrouvé relégué sur l'étagère des bourreaux de son enfance. Elle fermait ses oreilles lorsque Harry lui disait qu'il avait changé. Elle détournait les yeux des articles de presse lorsque lui et sa mère faisaient la Une pour parler de leur fondation. Non, Drago Malefoy devait à tout prix rester le salaud qu'il avait été sinon… sinon, toute son organisation perdrait pied. Et si une boîte n'était pas rangée à la bonne place, le classement n'avait plus aucun sens.

Hermione le vit s'avancer vers ses invités, faire quelques pas jusqu'à chuchoter quelque chose à l'oreille de l'une d'entre eux. Elle ne sortit de sa léthargie que lorsqu'elle sentit une main amicale se poser sur son épaule.

« Allons discuter un peu à l'écart, tous les trois, lui proposa Millicent. »

Hermione se laissa guider, sans trop savoir comment ses jambes pouvaient encore la porter. Ils zigzaguèrent de couloirs en couloirs, empruntèrent quelques escaliers pour finalement atterrir dans une suite immense. Un lit plus grand que son petit appartement trônait en son centre, de lourds rideaux de velours bleu pendaient aux fenêtres tapissées de dorures. Elle comprit qu'ils devaient être dans leur suite nuptiale. Cette idée lui couvrit l'échine de frissons. Millicent leur proposa de venir s'asseoir autour d'une petite table en verre. On lui tendit un verre d'eau qu'elle avala d'une traite, appréciant la sensation de fraîcheur qui s'emparait d'elle. Elle entendait la jeune femme parler mais ne parvenait pas à comprendre ce qu'elle disait, trop occupée à tenter d'analyser ce qui lui arrivait.

« ...ne m'attendais pas à ce que se mariage se déroule comme les autres. A vrai dire, je ne vous aurais même certainement jamais fait parvenir cette compatibilité si Drago n'avait pas tant insisté. »

Il n'y eut que cette phrase qui résonna en elle, glissant une multitude d'autres questions dans son esprit.

« Attends… quoi ? Tu veux dire qu'il était au courant ? demanda-t-elle en ignorant superbement le principal concerné.

- Non, Drago n'en savait pas plus que toi. Il a juste appris que nous lui avions trouvé une compatibilité et a lourdement insisté pour que nous lancions le processus.

- Alors tout ça est de ta faute ? lui cracha-t-elle au visage. J'aurais dû m'en douter.

- Hermione, il n'est pas question d'accuser qui que ce soit, tenta de calmer Millicent. Il faut savoir que votre compatibilité est exceptionnelle, nous n'avions encore jamais vu un tel taux de réussite.

- Je me fiche complètement de tes chiffres à la noix ! Comment peux-tu me faire ça ? Je croyais que nous avions dépassé les anciennes querelles Serpentard-Gyffondor. Il faut croire que je me suis trompée. Tout ça n'est rien d'autre qu'une combine pour m'humilier encore plus, n'est-ce pas ? »

Hermione s'était levée, au bord des larmes et agitait ses bras dans tous les sens. Millicent tenta de lui prendre la main pour la calmer mais ses gestes n'eurent pour effet que de redoubler sa colère.

« Non ! Non, non, non, non, non ! Il est hors de question que je fasse ça ! ne cessait-elle de répéter en gesticulant dans toute la pièce. »


Millicent l'avait rejoint, près de la fenêtre alors que Drago restait à table, les mains recouvrant son visage. Il entendait vaguement quelques mots de leur conversation mais n'arrivait pas à passer au-dessus des bourdonnements qui pulsaient contre ses oreilles.

Drago, qui avait jusque là suivi les événements en gardant son calme et sa clairvoyance, se rapprocha de l'état d'hébétement qu'avait subi Hermione quelques minutes plus tôt.

Elle semblait lui en vouloir. Il était même persuadé qu'elle lui en voulait. Son estomac se contracta douloureusement. Hermione Granger, la femme qu'il devait épouser, le détestait. Oh, bien sûr, lui aussi l'avait détesté durant de longues années. Il lui avait même donné toutes les raisons d'être aussi en colère de se retrouver aujourd'hui dans cette situation. Mais l'entendre répéter ce « non » catégorique lui fit l'effet d'une bombe. Il aurait préféré qu'elle le gifle, sans aucun doute.

Lui qui avait mis tellement d'espoir dans ce mariage, lui qui ne rêvait plus que de couvrir sa femme d'amour, se retrouvait aujourd'hui au pied du mur.

Ma fiancée ne veut pas de moi, se répétait-t-il en boucle. Chaque fois qu'il le pensait, il avait l'impression de subir un nouveau coup de poignard en plein cœur. Elle ne m'aimera jamais.

Puis, soudain, alors qu'il n'entendait plus de hurlements de sa part, cette phrase arrêta de lui broyer l'esprit. Son souffle se bloqua dans sa gorge et son cœur se mit à battre la chamade.

Voilà cinq minutes qu'il ne pensait qu'à elle, elle qui ne voudrait jamais de lui, elle qui était si en colère de se retrouver face à lui devant l'autel. Pas une seule seconde, Drago n'avait pensé à lui.

Et lui ? Que voulait-il vraiment ?

Avait-il réellement envie de se marier avec Hermione Granger ? Faisait-il suffisamment confiance en la science et en la méthode de Millicent pour parier sur cette union ?

Alors, il prit une seconde, ferma les yeux et tenta d'imaginer son avenir avec elle. Il se remémora tous ces moments de rêves qu'il avait imaginés depuis toutes ces années. Hermione se réveillant entre ses bras. Hermione mordant dans une fraise qu'il lui tendait, à la table du petit déjeuner. Hermione tenant sa main alors qu'ils se baladaient dans Pré-au-Lard. Hermione blottie dans ses bras en lisant un livre.

Si son cœur battait rapidement jusqu'ici, il eut bientôt l'impression qu'il allait sortir de sa poitrine.

Oui.

Oui, il arrivait facilement à s'imaginer tout cela.

Était-ce parce qu'il était tellement résolu à se marier qu'il accepterait n'importe quelle femme ou plutôt parce qu'au fond de lui, il savait que Millicent avait raison ?

Entre Granger – ou plutôt Hermione, s'ils devaient se marier, autant commencer à l'appeler par son prénom – et lui, il y avait toujours eu une certaine forme d'attirance. Il n'y avait qu'elle qui savait correctement le remettre à sa place lorsqu'il s'en prenait à ses amis. Jamais elle ne se démontait en face de lui. Plusieurs fois, il avait espionné ses allées et venues pour trouver le meilleur moment pour l'embêter. Drago avait été un salaud. Il le savait pertinemment. Mais s'il y avait eu de la haine, des hostilités et de la malveillance entre eux, il n'y avait jamais eu d'indifférence.

A bien des égards, Hermione l'avait obsédé durant de longues années. Il se souvenait encore, se lever le matin, un large sourire aux lèvres, parce qu'un cours de potion en commun avec les Gryffondors l'attendait. Il savait aussi pertinemment que si Potter avait été sa cible principale, Hermione était toujours sa préférée.

Aujourd'hui, il se maudissait de lui avoir fait subir tant d'humiliations et de tourments. S'il avait été un tant soit peu mature, un tant soit peu mieux élevé et qu'il n'avait pas été le plus grand des connards, elle ne serait pas aussi persuadée de ne jamais pouvoir l'épouser.

Le cœur de Drago se pinça un peu plus. Il avait toujours eu du mal à accepter le rejet mais aujourd'hui, la douleur était incomparable avec celles qu'il avait pu connaître auparavant. Il en était à se demander s'il n'allait pas se mettre à pleurer de désillusion quand Millicent posa une main sur son épaule.

« Je vais vous laisser discuter en privé. Je serai dans le couloir si vous avez besoin de moi. »

Alors, Drago prit une grande inspiration, tentant de se ressaisir. Il ne savait pas bien quel rôle il devait jouer. Etait-ce réellement une bonne idée de tenter de la convaincre ? Devait-on vraiment supplier une femme pour qu'elle nous épouse contre sa volonté ?

Non, Drago ne lui ferait pas subir cet outrage. Il tenterait de la rassurer, comme il s'engagerait à le faire toute leur vie mais jamais il ne la forcerait à faire quoi que ce soit.

Drago finit par se lever, la cherchant du regard à travers la pièce. Elle était toujours contre cette grande fenêtre, les yeux perdus dans la contemplation du parc qui s'offrait à elle. Elle se mordillait les ongles et Drago trouva cette image particulièrement attachante.

« Hermione, je…, commença-t-il en arrivant à sa hauteur. Je voudrais m'excuser.

- Toi ? T'excuser ? lâcha-t-elle dans un rire sans joie, montrant le peu de crédit qu'elle lui accordait.

- Oui. J'ai été un vrai salaud avec toi. Toutes ces années à Poudlard où je n'ai pas su reconnaître ta véritable personnalité, ton véritable talent. Je me cachais derrière des préceptes ridicules, comme tes origines familiales, pour dissimuler cette crainte d'être moins bon que toi. Et moins bon, je n'ai fait que l'être, dans tous les domaines ! Alors, je m'en suis pris à toi et à tes amis. Je ne me cherche pas d'excuse, ce que j'ai fait durant toutes ces années était inqualifiable. Je ne parle même pas de mes agissements auprès de… de Tu-Sais-Qui. Y repenser me donne envie de vomir. Je me dégoûte d'avoir participé à ça. Je me dégoûte d'avoir réellement cru à ces idées suprémacistes et d'avoir joué un rôle dans la destruction de la paix. Je sais que rien ne pourra rattraper ces années de souffrances, je sais qu'aujourd'hui je ne mérite même pas de me retrouver devant toi. Mais je tiens à m'excuser. Avec ma plus grande sincérité, je suis désolé. »

Drago peinait à retrouver son souffle. Son sang pulsait dans sa tempe. Face au regard dur qu'elle lui offrait, il se sentait misérable. Il baissa la tête, incapable de soutenir plus longtemps cette haine qu'elle lui vouait.

« Pourquoi est-ce que tu fuis toujours ? finit-elle par demander, d'une voix étrangement égale.

- Je fuis ? Qu'est-ce que tu veux dire par là ?

- Ton regard. Tu n'arrives jamais à me regarder bien longtemps dans les yeux. Au tribunal, le jour de ton procès. A chaque fois que nous nous croisons dans la rue. Et là, à l'instant.

- Certainement parce que tes yeux sont plus expressifs encore que tes paroles. Je sais que tu me détestes, que je te dégoûte. A travers ton regard, je comprends à quel point tu es déçue de te trouver en face de moi. Je comprends que pour rien au monde tu n'accepteras de te marier avec moi, que tu préférerais te retrouver à Azkaban plutôt que d'accepter. Et cette idée, savoir que je te révulse à ce point… c'est difficile, Hermione.

- Difficile ? Parce que tu voudrais te marier avec moi, peut-être ?

- Si tu avais voulu, bien sûr, j'en aurais été très heureux, souffla-t-il en regardant ses mains.

- Oh, arrête ton cinéma, Malefoy ! Tout ça n'est qu'une de tes supercheries, n'est-ce pas ? Tu as convaincu ta bonne vieille copine de me faire une bonne blague ! Tiens, la sang-de-bourbe est si désespérée qu'elle fait appel à un agence matrimoniale, et si on s'amusait un peu ? C'est ce que vous vous êtes dit, n'est-ce pas ? Allons humilier encore un peu plus Hermione Granger !

- Je n'avais aucune idée que tu étais inscrite dans cette agence. Hermione, je te promets qu'il n'y a aucune magouille derrière tout ça. Je me suis inscrit dans cette agence pour trouver la femme de ma vie et si la science me dit que c'est toi, je choisi de lui faire confiance.

- Oh mais oui, bien sûr ! s'exclama-t-elle, prise d'une révélation. Je comprends mieux, maintenant. Tu voulais te marier avec une sang-de-bourbe pour redorer ton image !

- Je t'en supplie, ne t'appelle pas comme ça, souffla-t-il en se mordant la lèvre pour empêcher les larmes de monter.

- Et pourquoi pas ? C'est bien le gentil surnom que tu me donnais, pourtant ? Crache le morceau, Malefoy, pourquoi est-ce que tu ici ?

- Parce que je veux être aimé ! finit-il par lâcher, d'une voix beaucoup trop forte, les yeux baignés d'émotion. »

Il vit Hermione sursauter et faire un pas de recul alors qu'il levait enfin le regard vers elle. Elle put y lire toute sa tristesse, toute sa sincérité et toute la peine qu'il ressentait d'être rejeté, encore une fois.

« Alors tu… c'est vrai ? Tout ça c'est… réel ? demanda-t-elle, commençant à douter.

- Oui, souffla-t-il en ravalant ses larmes. Tout ça est bien réel, Hermione. Je me suis inscrit à Love Agency il y a plusieurs mois, dans l'espoir de trouver enfin une femme qui saurait m'aimer autant que je l'aime. Je sais que tout ça va te paraître complètement fou. J'imagine que tu ne vois en moi qu'un psychopathe incapable de ressentir la moindre émotion. Mais tu te trompes. Je suis seul, horriblement seul. J'ai aimé cette vie de débauche, je ne m'en cache pas. Je me suis épanoui dans la facilité. Mais aujourd'hui, je vais avoir trente six ans. Et tout ce dont je rêve, c'est de pouvoir enfin avoir une famille.

- Mais pourquoi être passé par l'agence ? Avec la fortune que tu as, il y a des centaines de femmes qui seraient ravies de se faire passer la bague au doigt.

- Je ne cherche pas une femme intéressée par mon argent. Ne comprends-tu pas que pour une fois dans ma vie, tout ce que je demandais, c'était d'être aimé pour la véritable personne que je suis ? »

Cette fois-ci, les émotions avaient repris le dessus et Drago se laissa emporter. Il avait honte. Honte de se dévoiler ainsi devant une femme qui le méprisait. Honte de voir son regard choqué alors qu'il faisait preuve de sincérité. Honte de savoir qu'elle ne sera jamais capable de l'aimer.

« Alors ce que disaient Harry et la presse était vrai, finalement ? Tu as réellement changé.

- Oui, dit-il en s'asseyant sur le lit.

- Malefoy, souffla-t-elle en venant s'asseoir près de lui. Je veux bien croire ce que tu me racontes, tu es désolé, tu as très envie de te marier, d'accord, très bien. Mais toi et moi ? Il n'y a aucune chance que ça fonctionne !

- Tu crois ? demanda-t-il, la voix nouée.

- Mais bien sûr, enfin ! Nous avons un trop lourd passé et puis nous n'avons absolument rien en commun. Je travaille d'arrache-pied au Ministère dans le but de libérer les elfes de maison alors que tu vis sur tes généreuses économies, entourés d'une dizaine de ces créatures que tu traites en esclave. Tu détestes mes amis autant que je hais les tiens. Nos familles viennent de deux mondes opposés. Que veux-tu que nous partagions ?

- Mais comment veux-tu être objective si tu t'enfermes dans tes préjugés ?

- Parce que rien de tout ça n'est vrai, peut-être ?

- Et bien non. Je ne vis pas sur mes économies, j'ai aussi un travail, tu sais. Je n'ai pas non plus d'elfes de maison à mon service. Je ne déteste pas Harry et je suis persuadé de pouvoir trouver des points positifs à Weas- à Ron, s'il m'en donnait la chance. Ma famille est certes très différente de la tienne, mais je serai plus qu'heureux de pouvoir en apprendre plus sur tes parents.

- Alors tu crois vraiment que ça pourrait marcher ?

- Oui. Je crois que Millicent ne s'est pas trompée. Elle ne s'appuie pas sur de vulgaires questionnaires sans fondement. Elle et son équipe nous ont posé des centaines de questions, ils ont fait en sorte de savoir qui nous étions réellement. Nous ne pouvons pas être aussi opposés que tu le prétends. Je ne connais pas encore nos points communs, mais je n'attends que de les découvrir. Je sais que ce ne sera pas facile tous les jours, j'ai bien compris que ton sale caractère ne s'était pas adouci avec les années mais j'apprendrai à te connaître telle que tu es réellement.

- C'est de la folie ! dit-elle alors qu'un petit sourire venait se loger sur ses lèvres.

- N'est-ce pas l'occasion de prouver à tout le monde qu'Hermione Granger est plus qu'une sorcière aux talents exceptionnels ? Qu'une héroïne de guerre ? Qu'une carte de chocogrenouille ? »

Cette fois-ci, Hermione se mit à rire de bon cœur et Drago sentit des picotements au creux de son estomac. Peut-être y avait-il un espoir, finalement ? Le sourire lui revint aux lèvres et lorsque leurs regards se croisèrent, ils échangèrent leur premier rire. Partagé entre l'angoisse et l'excitation, Drago s'aventura jusqu'à lui prendre la main. Au fond de lui, il était persuadé de pouvoir trouver en elle la femme qui comblerait ses jours. Il ne pouvait pas la laisser partir sans tout essayer.

Alors, réunissant tout son courage, il descendit du lit pour se mettre à genoux devant elle, sa main toujours dans la sienne. Il vit son sourire se faner et l'angoisse commencer à peindre ses traits mais choisit de ne pas se laisser gagner par la peur.

« Hermione, je sais que toi et moi ne semblons rien avoir à faire ensemble. J'imagine qu'il y a encore quelques heures je devais être le dernier homme sur terre avec lequel tu envisageais de te marier. Mais aujourd'hui, je te propose de faire confiance. Non pas à moi, mais à Millicent, à son équipe et à ses recherches. De mon côté, je m'engage, si tu acceptes, à faire de toi la plus heureuse des femmes. Je passerai tous les jours qu'il me reste sur cette terre à me faire pardonner de mes erreurs passées. J'apprendrai à connaître tes plus belles qualités et à chérir des pires défauts. Je saurai me montrer doux et attentionné. Je te respecterai et t'accepterai telle que tu es. J'apprendrai à aimer tes amis et ta famille. Je ferai tout pour gagner ton respect. Dans les moments les plus joyeux, je saurai te faire rire et lorsque tu en auras besoin, je serai là pour te soutenir. Hermione, si tu me laisses cette chance, je veillerai sur toi comme la prunelle de mes yeux. Je ne te ferai pas de déclaration enflammée, je ne peux pas te parler d'amour aujourd'hui mais je te fais la promesse de rendre ta vie plus belle.

- Est-ce que… c'est une demande en mariage ? demanda-t-elle, les joues rosies.

- On dirait bien, répondit-il en lui offrant son sourire le plus sincère. Hermione Granger, est-ce que tu veux m'épouser ? »

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Je saaaaaais !

Vous espériez tous connaître leur décision, vous pensiez enfin savoir s'ils se diraient oui et, je suis dans le regret de vous annoncer que vous devrez encore attendre une petite semaine. Mais promis, vous aurez la réponse dans la prochain chapitre. D'ailleurs, j'attend vos pronostiques ! Je pense qu'après un discours pareil, peu d'entre vous auraient osé dire non ? Mais est-ce qu'Hermione va se laisser convaincre ? A voir !

J'image que certains d'entre vous sont surpris et ne s'attendaient pas à ce que ce soit Drago qui prenne les choses en mains pour rassurer Hermione. Mais que voulez-vous, dans cette fiction, c'est un romantique éperdu qui adooooooore les grande déclarations, haha !

Je vous remercie pour tout l'intérêt que vous accordez à cette histoire.

Merci également à The White Quill qui a corrigé et encouragé l'écriture de cette histoire.

J'espère que ce chapitre vous a plu,

On se retrouve samedi pour le chapitre suivant !

A bientôt :)