Bonjour à tous,

encore un grand merci à ceux qui lisent , suivent et commentent cette histoire.

Si vous êtes encore là après tant de chapitres, c'est que vous aimez les histoires un peu construites et qui respectent au maximum les personnages du manga alors j'en profite pour faire un peu de pub à "Come morning light", une histoire que vous trouverez dans mes favoris et qui me "bluffe" de chapitre en chapitre. Si vous lisez l'anglais, allez-y, vous allez adorer.

J'en ai d'ailleurs fait une petite review sur "fic is not the ennemy" sous le pseudo d'elane.

Si vous ne connaissez pas ce site, faîtes-y donc un tour, il recense un grand nombre de fics, en français et anglais principalement, qui valent le détour et qui sont rangées par fandom et par genre.

J'arrête mon discours et vous laisse la suite.


Club de go de Kaijo

Akiko pose la dernière pierre de ses trois simultanées et attend.

Cela ne devrait pas trop prendre de temps maintenant.

Comme toujours, les clubs qui engagent un pro s'attendent à ce qu'il fasse leurs preuves, un peu comme on attend d'un magicien qu'il montre ses meilleurs trucs. Kaijo ne fait pas exception mais elle avait bien préparé son coup.

Le proviseur avait organisé une simultané contre les trois capitaines de Kaijo et elle s'y attendait un peu. Elle avait analysé suffisamment le style de chacun des trois capitaines pour gagner contre eux avec leur propre façon de jouer. C'était des styles prometteurs et elle voulait leur montrer le potentiel de leur jeu.

Mais le plus dur n'avait pas été de copier leur style, ni de jouer les trois parties en même temps.

Non, elle avait voulu gagner avec le même écart de point qu'ils avaient perdus leur dernière partie, la finale perdue contre Rakuzan. Une partie qui avait dû hanter leurs esprits pendant de nombreux jours amers. Le calcul avait été vraiment difficile parce qu'elle avait oublié que se retrouver face à quelqu'un jouant exactement comme vous pouvait déstabiliser autant ses adversaires. Elle avait eu beaucoup de mal à ne pas creuser l'écart des points.

Les trois capitaines relèvent enfin la tête et se rendent compte non seulement que l'écart des points est identique à celui de leur finale perdue aux nationales mais ils qu'ils venaient tous les trois de vivre la même expérience, exactement.

Elle leur montre en quelques mots les tournants de la partie d'une voix calme pendant que les trois capitaines se reprennent doucement de cette expérience déroutante d'avoir joué face à une version améliorée d'eux-mêmes. Elle leur montre les atouts et les faiblesses de leur jeu simplement.

D'une démonstration de force qu'elle trouvait souvent inutile et un brin ridicule, elle avait fait sa première leçon. Et vu les regards que lui retournent les joueurs du club et le proviseur qui avait assisté aux trois parties, elle sait qu'elle allait vraiment apprécier d'être le coach d'un tel club.

Et lorsqu'elle prend congé, elle se dit que son frère devait encore être en train de jouer avec Aomine. Elle se dirige vers le terrain de basket et ne met pas longtemps à entendre le bruit des pas et du ballon sur le parquet. Elle entre dans le gymnase pour voir Aomine et son frère en sueur s'affronter du regard avant de s'élancer dans une joute effroyable.

Sur le banc de touche, Kasamatsu est le seul à assister au duel et Akiko s'assoit à ses côtés en silence. Elle ne l'avait encore jamais vu autrement que sur un terrain de basket et le salut pour la première fois.

- Bonsoir senpai, où en est le score ?

Perdu dans le match qui se joue devant lui, il sursaute surpris en la regardant.

Amusée, Akiko se dit qu'elle venait de comprendre une des raisons pour laquelle Kuroko continue à surprendre tout le monde de cette façon.

- Neuf à six, dit-il.

- Et combien de perdus ?

Kasamatsu se retourne vers elle presque offensé par la question :

- Beaucoup trop.

Et alors qu'Aomine met son dixième panier en lançant d'un angle impossible le ballon, Kise le ramasse en réclamant à nouveau un duel à l'as de Tôô avec un enthousiasme que Kasamatsu ne comprend pas. Et dire qu'il avait osé lui dire lors de leur défaite face à Seirin qu'il n'avait jamais perdu ! Son meilleur joueur vient d'enchaîner une dizaine de défaites face à ce monstre et à chaque duel perdu, il en redemandait avec une énergie insolente. Mais pour la première fois depuis une semaine, c'est le vrai Kise qui joue et perd devant ses yeux.

Aomine prend le ballon des mains de Kise :

- Trop crevé là, dit Aomine en nage. Mais on peut remettre ça demain si tu veux ?

- La prochaine fois, je gagnerai, dit Kise pas en meilleure forme.

- Dans tes rêves !

Kasamatsu et Akiko poussent le même soupir mi amusé, mi rassuré devant le spectacle des deux idiots qui se comportent comme des gosses. Et à cet instant, ils comprennent que l'un comme l'autre, ils n'avaient jamais été dupes du jeu de Kise.

- Hé les gosses, s'exclame Akiko, si vous arrêtez vos bêtises, je vous invite à manger.

Ils avaient oublié qu'ils avaient un public et se fige au beau milieu d'arguments aussi ridicules et décident d'accepter l'offre d'un commun accord.

- Je vous invite aussi, capitaine, dit Akiko en étendant l'invitation à Kasamatsu d'un sourire.


Maji burger

Akiko soupire en prenant une frite. Mais pourquoi avait-elle laissé le choix du resto à son frère ?

- Je ne voudrais pas ruiner vos espoirs, dit-elle, mais il est beaucoup trop tard pour qu'on ait une chance de croiser Kuroko et son milkshake à la vanille!

Akiko est à peine surprise de voir aussi bien Aomine que son frère hausser les épaules. Elle échange un regard désabusé avec Kasamatsu :

- Capitaine, je vous présente la moitié du fan club inconditionnel du joueur de l'ombre de Seirin, dit-elle avec un grand sourire moqueur. Ils sont aussi peu nombreux qu'extrêmes dans leur admiration. Et vous êtes en présence de ni plus ni moins que l'ancienne lumière du joueur de l'ombre, le grand Aomine Daïki et de son fan le plus assidu, celui qui a réussi à vriller non pas un mais deux lecteurs DVD à force d'admirer son jeu, le fameux copycat de Kaijo, le grand Kise Ryota, dit-elle avec une voix digne d'un présentateur annonçant les protagonistes d'un spectacle incroyable tout en s'amusant autant des mines déconfites de ses amis que du regard de Kasamatsu…

- Akiko ! siffle Ryota.

- Kise ! s'exclame Aomine.

Akiko fait mine d'avoir peur devant les regards noirs en rigolant et Aomine reprend sérieusement :

- Je me souviens du premier match de Kuroko dans l'équipe un de Teiko. Une vraie catastrophe, il avait été tellement nerveux qu'il avait été incapable de faire la moindre passe et le coach allait le rétrograder en deuxième équipe. J'ai supplié le coach et le capitaine de lui accorder une nouvelle chance. J'ai même menacé de quitter l'équipe s'il ne lui accordait pas une autre chance.

Je savais déjà à l'époque qu'il nous sauverait tous, pense-t-il avec un soupir de nostalgie.

Kasamatsu de son côté a bien du mal à imaginer Aomine agir ainsi pour une autre personne que lui-même. Décidément, les rares choses que Kasamatsu avait apprises sur la génération miracle et Teiko ne cessent de le surprendre. Il avait bien questionné une fois ou deux Kise sur le sujet mais le grand blond qui n'était pas le dernier à commenter tout et n'importe quoi, à se vanter d'un tout, d'un rien, n'avait jamais été trop loquace sur le sujet. Kasamatsu n'avait jamais trop insisté, sentant bien la gêne de son meilleur joueur à chaque fois qu'il abordait le sujet. A vrai dire, les seules informations qu'ils avaient pu obtenir sans que Kise ne se ferme sur quelques vagues banalités concernaient toujours les prouesses du joueur de l'ombre et son admiration pour Aomine dont le jeu l'avait entraîné un peu par hasard dans le monde du basket.

- Et moi, je suis allé à Seirin pour essayer de le recruter pour Kaijo, avoue Kise comme si c'était un challenge qu'il ne devait pas perdre.

- Quoi ! s'exclame Kasamatsu qui n'était visiblement pas au courant. Depuis quand un idiot de première année se permet de recruter des joueurs dans mon équipe!

- Je savais qu'il allait refuser mais je me devais d'essayer, ajoute Kise.

- T'as toujours essayé de me voler mon ombre à Teiko, marmonne Aomine.

- Tu crois que je t'ai affronté autant de fois en un contre un pour quoi ? Akashi m'avait promis plus de passes de Kuroko en match si je te battais une seule fois.

- Je le savais, dit calmement Aomine. Akashi a toujours su comment motiver ses troupes, dit-il amèrement.

Les deux anciens équipiers baissent les yeux en repensant aux cruels défis et aux fameux quotas auxquels ils s'étaient pliés pendant les championnats jusqu'à cette finale qui leur avaient coûté plus qu'ils n'auraient crû.

- T'es bien meilleur aujourd'hui que je ne l'ai jamais été au collège. Mais moi aussi j'ai progressé.

- Ouais, et c'est clairement pas l'entraînement qui t'as fait avancer.

Aomine le regarde avec colère :

- Je veux bien accepter cette remarque de n'importe qui mais pas de toi. Pas de la part de quelqu'un qui au bout de deux semaines, alors qu'il n'avait jamais encore touché un ballon de basket, a gagné sa place en tant que titulaire de l'équipe de Teiko. Ta courbe de progression était complètement insensée. En deux semaines, tu as presque rattrapé le niveau que j'avais mis toute ma vie à construire. Et à l'époque, je m'entraînais tous les soirs après l'entraînement avec Tetsu et je passais tout mon temps libre à arpenter les terrains de street basket. Quand Akashi a viré Haïzaki de l'équipe, j'avais l'espoir que Tetsu devienne le cinquième titulaire. On l'espérait tous plus ou moins en fait, et toi t'as débarqué comme une fleur en pensant que c'était pas trop tôt. Sur le coup, je crois qu'on t'a tous détesté.

Kise baisse les yeux, mal à l'aise. C'est exactement ce que lui avait dit Kuroko avant leur match à la Wintercup. Mais Akiko crispe ses poings rageusement :

- Ce n'est pas à toi que je vais apprendre le sens du mot compétition, Aomine. Pour avancer, il faut regarder devant, pas en arrière. Chacun se bat avec ses propres armes et Kuroko le sait aussi bien que toi ou mon frère. Sans compter que Ryota n'a en rien voler sa place ni celle de Kuroko…

- Akiko, l'interrompt doucement son frère en posant son bras sur ses poings crispés…

- Non, tu parles sans savoir Aomine !

- Akiko ! s'exclame Ryota en resserrant un peu plus son emprise sur sa sœur.

Aomine affronte le regard d'Akiko sans sourciller. Comme elle l'avait dit il y a peu, « c'était pas vraiment le plan ».

Il était simple pourtant. Epuiser le grand blond en face de lui après quelques un contre un. Et il doit avouer que ça l'avait plus fatigué que prévu. Puis, quand il aurait baissé la garde, le pousser dans ses retranchements pour essayer d'en savoir plus sur cette ridicule comédie qu'il leur imposait.

Kise n'allait pas bien et bien qu'il ne l'admettrait jamais devant lui, le Kise insouciant à la limite de l'insupportable, il avait appris à l'apprécier. Et il lui manquait. Un peu trop.

Mais il s'était laissé dépasser par la situation et sa sœur avait bondit.

Les plans, c'étaient définitivement pas faits pour lui.

- Mais je ne demande que ça de « savoir » répond-il sans réfléchir en fixant Kise d'une voix aussi froide qu'incisive. Parce que franchement, la comédie ridicule que tu nous imposes est insupportable. Sérieusement, tu nous prends pour qui pour croire que ton petit jeu peut nous tromper nous ? Même ton capitaine s'en est rendu compte.

Kasamatsu et Akiko regardent Aomine en retenant leur souffle, incapables de l'arrêter. Mais contrairement à ce qu'Aomine pensait Kise ne tremble pas et soutient son regard. Le masque tombe. Enfin.

- Parce que t'es peut-être un mec insupportablement vain et d'un enthousiasme qui me fatigue mais t'es aussi un adversaire et un joueur incroyable qui me force à toujours rester sur mes gardes et ça depuis le premier jour. T'as une volonté et une endurance incroyables sur le terrain, et contrairement à moi, tu as réussi à jouer avec ton équipe et gagner le respect de tes co-équipiers. Mais le joueur que j'ai en face de moi en ce moment n'a rien à voir avec le Kise que je respecte, le rival de Tetsu, un joueur dont j'ai appris à supporter tous les côtés.

Aomine ne lève toujours pas la voix mais à chaque mot qu'il prononce, les yeux de Kise perdent de leur éclat et il se ferme un peu plus, perdant de sa présence, s'enfonçant dans les ombres, n'offrant plus aucune prise à la colère froide d'Aomine.

- Alors oui, je ne demande que ça de « savoir » ?

Il est soudain conscient que ses mots n'avaient plus la même portée, Kise s'est fermé à toute approche, sombrant un peu plus dans les ombres.

Lentement, il relâche son emprise sur les poings encore crispés de sa sœur, se lève sans un mot sans quitter des yeux Aomine et tourne les talons, purement et simplement.

- Merde, marmonne Aomine.

Il se lève, tentant de le retenir par le bras. Mais Kise se retourne vers lui avec un regard si froid qu'Aomine lâche prise sans un mot.

Akiko se tourne vers lui, Aomine se prépare à subir sa colère et elle frappe du poing sur la table de toutes ses forces.

- Je sais pas ce qui me met le plus en colère Aomine, que tu aies le tact d'un bulldozer dans un champ de pâquerettes ou le fait que toi tu aies eu le cran de lui demander ce qui n'allait pas alors que ça me rend malade de le voir comme ça.

Surpris, Aomine se tourne vers Akiko :

- Votre père est venu lui rendre visite à l'entraînement il y a une semaine, dit-il.

- Quoi ! dit-elle affolée en secouant la tête.

Puis Akiko relève la tête vers Kasamatsu :

- Vous étiez là ?

- Non, enfin pas vraiment. J'ai surpris quelques mots mais j'ai fait en sorte que ça s'arrête au plus vite. Je n'avais encore jamais entendu Kise parler ainsi, c'était plus que je ne pouvais supporter.

Akiko tremble de colère et pose ses deux mains sur les épaules de Kasamatsu en le fixant d'un regard si intense qu'il tente de se reculer. Mais Akiko le tient d'une poigne de fer sous son emprise et elle avait les mêmes yeux flamboyants que son frère sur le parquet.

Il lui était impossible de détourner la tête.

- Capitaine…

- Kise…

- Vous allez tout me dire, le moindre mot, la moindre petite chose même si elle vous parait insignifiante de ce que vous entendu ce jour-là.