Bonjour,
un petit retour en arrière pour cette scène puisqu'elle met en lumière Kise qui regarde la partie de sa soeur. Et il n'est pas seul, une chose qu'il n'avait pas vraiment prévue.
Je vous cache pas qu'on approche doucement de la fin de cette histoire puisque le dénouement approche.
Oh j'ai un bug très bizarre que je n'arrive pas à virer. Quelques mots qui manquent dans un dialogue.
- Ben personne, c'est pour nous trois, répond sans comprendre Kagami.
_ Parce qu'il y a à manger pour un régiment et que dans "nous trois", dit Kise, y en a un qui compte même pas pour la moitié d'un, dit-il en regardant Kuroko.
Aucune idée du pour quoi du comment, désolée. A force d'avoir essayé de rajouter les mots manquants qui disparaissent à chaque sauvegarde, j'ai abandonné.
Bonne lecture
Appartement d'Akiko et Ryota Kise
Quelques heures plus tôt
Kuroko observe d'un air inquiet Kagami qui l'avait persuadé de l'accompagner avec tout un tas de provisions dans les bras. Hier après l'entraînement, Aomine lui avait demandé de rester avec Kise lors de la partie d'Akiko.
Il avait d'abord été surpris par sa demande car il pensait que Kise aurait accompagné sa sœur à sa finale. Puis quand il avait essayé d'en savoir plus, Aomine s'était empêtré dans des explications obscures. Il avait beau être au téléphone, il pouvait presque le voir détourner les yeux nerveusement
- Bien sûr que je vais y aller, avait-il finit par dire pour l'empêcher de continuer à se perdre un peu plus dans ses paroles confuses.
Et enfin, il l'avait invité à la soirée organisée par les Midorima en lui disant qu'il devrait persuader Kise de l'accompagner. Il avait rétorqué qu'il n'était pas sûr de pouvoir y arriver. Et pour la première fois depuis longtemps, il avait entendu Aomine rire à l'autre bout du fil.
Un rire franc qui l'avait suffisamment décontenancé pour que Kagami s'étonne de le voir aussi expressif et qu'il lui demande ce qui pouvait l'étonner à ce point.
Encore sous le choc, il avait tout déballé d'une voix blanche.
Kagami s'était alors invité de son propre chef et Kuroko se demande si la présence de son équipier est une bonne chose pour Kise. Au même moment Kagami se retourne avec un sourire éclatant sur le visage en énumérant la liste de ce qu'il s'apprêtait à cuisiner pour Kise, balayant tous ses doutes.
Oui, Kise kun aurait bien besoin du sourire lumineux et franc de Kagami, pense-t-il en sonnant à la porte.
Et lorsque Kise ouvre la porte, il ne masque pas sa surprise de voir l'ombre et la lumière de Seirin sur le pas de sa porte.
- Kuroko ? Kagami ?
- Yo Kise ! s'exclame Kagami en lui fourrant ses provisions dans les bras.
- Qu'est-ce que…
- On est venu pour voir la partie de ta sœur avec toi, dit Kuroko.
- Et on a même prévu de quoi manger, parce qu'apparemment ça va durer un bail, dit Kagami.
Kise ne peut faire autrement que s'écarter pour les laisser rentrer. Il sait que Kuroko suivait les parties de sa sœur mais Kagami ?
- Tu me dois bien ça, dit Kuroko avec un petit sourire.
Oh il lui devait bien plus puisqu'il avait suggéré à Akiko d'utiliser la stratégie que Kuroko avait utilisée contre lui pendant la Winter Cup pour gagner sa demi-finale.
Kise les laisse entrer et Kagami lui demande où se trouve la cuisine pour déposer toutes ses courses.
- T'as prévu d'inviter combien de personnes ? demande Kise avec suspicion en voyant la quantité de nourriture qu'il avait embarquée.
- Ben personne, c'est pour nous trois, répond sans comprendre Kagami.
_ Parce qu'i manger pour un régiment et que dans "nous trois", dit Kise, y en a un qui compte même pas pour la moitié d'un, dit-il en regardant Kuroko.
- Kise kun !
- Bah, je suppose qu'on profitera des restes avec Akiko, d'après Kuroko t'es un excellent chef.
Kagami rougit un peu en finissant de ranger ses affaires et en marmonnant deux trois bêtises pour masquer son embarras.
- Tu es naïf Kise kun, si tu penses qu'il y aura des restes.
Quelques minutes plus tard, les trois joueurs de basket se tournent vers l'écran qui diffuse l'émission réservée à la partie de sa sœur. Elle ne commencerait pas avant une bonne demi-heure et deux pros de go commentent le parcours de sa sœur.
Kise coupe volontairement le son et pose un plateau de go sur la petite table du salon avec deux bols de pierres. Il avait prévu de reproduire la partie de sa sœur sur son propre jeu pour mieux la suivre.
- Je ne savais pas que tu t'intéressais au go Kagami.
- Pour être honnête, je ne connais pas bien le jeu. Kuroko m'a expliqué les bases et l'importance de ce tournoi pour ta sœur. Elle se confronte à celui dont elle copie le style dans un des plus grands tournois qui existe. C'est un peu comme pour toi quand tu as affronté Aomine pour la première fois.
- C'est flatteur mais non, c'est vraiment pas la même chose, dit Kise. Son adversaire, c'est un monstre.
- Ouais, dit Kagami ironique, c'est vrai qu'Aomine est pas du tout impressionnant sur un terrain…
- Ce n'est pas comparable, continue Kise calmement. C'est le seul joueur qu'Akiko ait jamais admiré dans toute l'histoire du go.
- Définitivement différent, rétorque Kagami avec une ironie criante.
- Tu ne comprends pas, continue Kise. Ce joueur, c'est…
Mais ses paroles restent en suspens lorsque les deux adversaires se présentent à l'écran. Kise remet le son et les deux pros se tournent vers l'écran.
- Kise sensei, vous avez délibérément choisi de ne pas vous inscrire au Meijin féminin et votre décision a été vivement critiquée le jour où vous êtes entrée dans le tournoi. Vous ne vous êtes jamais exprimée face à vos détracteurs. Mais maintenant que vous êtes aux portes de la victoire, avez-vous un message à leur faire passer ?
- Pas vraiment, répond-elle. Beaucoup y ont vu une revendication voire une bravade. Mais il n'en est rien. Une des choses que j'aime le plus dans le go c'est avoir la possibilité de me confronter aux meilleurs et ce n'est pas dans le tournoi féminin que je les trouverai.
Kagami ouvre les yeux ronds comme des soucoupes :
- Plus je la connais, et plus je trouve qu'elle te ressemble ta sœur. Y a pas à dire vous partagez la même humilité naturelle si confondante.
- En quoi énoncer un fait est-il une preuve de vanité ? rétorque Kise énervé.
- On se le demande, lâche Kagami.
Puis la caméra se tourne vers son adversaire que Kagami découvre pour la première fois. Un vieil homme droit comme un i qui observe la journaliste avec un air vaguement amusé.
- Je suis flatté Kise sensei que la jeune génération regarde encore avec respect les anciens. J'espère que vous me ménagerez, je ne suis plus tout jeune…
Et Kagami saisit soudain ce que Kise voulait dire.
Oh que non, il n'avait pas compris tout à l'heure.
Derrière la façade, cet homme dégage une aura si froide et implacable qu'il sent soudain son souffle se couper.
- Le style de Takemiya sensei se base sur le combat, énonce d'un air faussement calme Kuroko, c'est un tueur.
Kise détourne les yeux en murmurant presque pour lui-même :
- Akiko m'a demandé de rester là parce qu'elle sait qu'elle n'a aucune chance contre lui et qu'elle voulait m'épargner d'assister à sa défaite en direct.
Lorsque les deux adversaires se font face, Kagami admire le calme d'Akiko face à son adversaire et voit le temps défiler lentement. Au bout de longues minutes, elle pose une première pierre au centre et Kise reproduit son geste sur son goban.
Kagami remarque que Kise et Kuroko hochent la tête avec le même air satisfait. Apparemment un bon coup mais vu ce que lui avait dit Kuroko sur le jeu, il se demande comment un seul coup, le premier qui plus est, pouvait être bon ou mauvais.
Et lorsque la réponse de son adversaire arrive, l'atmosphère change brutalement.
La main de Kise tremble tellement qu'il renonce à reproduire le coup et lorsqu'il se tourne vers Kuroko pour espérer une explication, il manque de sursauter quand il voit ses poings fermer et son regard rempli d'une rage froide tournée vers l'écran.
Comment une seule pierre dans un coin droit avait-elle pu provoquer ça…
Kise se lève nerveusement, s'approchant de l'écran comme si son regard enflammé de colère pouvait changer quelque chose à la situation.
Kuroko pose une main sur son bras pour tenter de le calmer mais Kagami voit qu'il a bien du mal à garder son calme lui-même.
A l'écran les deux pros qui commentent la partie ont eux aussi le souffle coupé.
- L'enfoiré, souffle Kise qui a du mal à parler sans trembler.
Kagami n'en peut plus de ne pas comprendre et ose demander :
- Qu'est-ce qui se passe ?
Le regard que lui lance Kise le cloue littéralement sur place.
- Il ne veut pas gagner, il veut l'humilier. De la pire des manières, dit-il et crois-moi, Kuroko comme moi, on est des experts dans le domaine.
Kagami se souvient sans peine de ce que Kuroko leur avait raconté la veille de la finale de la Winter Cup sur Akashi, Teiko et sur la fameuse génération miracle. Toutes ses parties où ils avaient brisés la volonté de leurs adversaires jusqu'à cette finale où Kuroko avait décidé de quitter l'équipe.
Oui, ils s'y connaissaient en humiliation.
- Mais la partie ne fait que commencer, dit Kagami.
Mais déjà il sait en voyant à quel point le regard d'Akiko est devenu terne que la partie s'engage mal. Vraiment mal alors que les coups s'enchaînent et que le regard d'Akiko se perd un peu plus dans les ombres.
Kise s'est rassis mais sa main droite, celle qui prend une pierre à chaque coup dans les deux bols posés à côté du plateau tremble nerveusement alors qu'il ne décolle pas les yeux de l'écran. Kuroko n'est pas en meilleur état et il s'est rapproché presque instinctivement de Kise. Il n'ose pas le toucher mais lui apporte son soutien tacite du mieux qu'il peut.
Alors Kagami tente d'apporter son aide de la seule façon qu'il puisse imaginer et se dirige vers la cuisine.
Kise et Kuroko remarquent à peine qu'il quitte le salon mais il ne leur en veut pas. Une fois installé, il met toute son attention, toute son énergie dans ses plats. Que peut-il faire d'autre ?
Alors qu'il est tout à ses préparatifs, il entend la voix de Midorima provenir du salon. Curieux, il s'approche pour découvrir que non seulement Midorima mais Aomine avaient accompagnés la sœur de Kise pour sa partie. Une journaliste est en train d'interroger l'as de Shutoku sur la partie.
- Comment définiriez-vous le go de Kise sensei ? demande la journaliste.
- Ce n'est pas une question évidente, dit Midorima en remettant d'un geste nerveux ses lunettes sur son nez. Tous ceux qui ont jamais joué contre elle, amateur ou professionnel, savent qu'elle ne regarde jamais de haut son adversaire, elle aime autant le jeu que le défi à relever. Et en retour, on ne peut s'empêcher de vouloir mériter cette attention le plus longtemps possible. Elle force son adversaire à se dépasser. Mais aujourd'hui …, dit-il en laissant sa phrase en suspens alors qu'il se tourne vers l'écran en secouant la tête d'un geste de déni plein de souffrance.
La journaliste aligne quelques banalités sur l'âge d'Akiko, son inexpérience par rapport à son adversaire et d'autres évidences qui glissent sur Midorima et elle commence doucement à changer de sujet.
Ses intentions sont si évidentes que voir Midorima sourd à toutes ses tentatives pour en savoir plus sur son lien avec Akiko lui redonne un bref instant le sourire.
D'un regard en coin, il se rend compte qu'il n'est pas le seul. Kise et Kuroko s'en amusent aussi un moment. Kise se relève du canapé pour s'étirer un peu avant d'entrer dans la cuisine pour constater que Kagami avait déjà bien entamé les préparatifs du repas.
- Hé, y a vraiment un truc entre Midorima et ta sœur ? demande-t-il presque autant pour changer de conversation que de tenter d'alléger l'atmosphère pesante.
Le regard en coin de Kise lui prouve que pendant quelques secondes, il avait définitivement oublié la partie.
- Pour Midorima, même s'il ne le sait pas encore lui-même, ça paraît évident. Pour Akiko par contre, il n'y a que deux choses qu'elle aime dans la vie, le go et les défis à relever. Elle a déjà du mal à relâcher suffisamment sa garde avec vous alors que vous êtes les personnes les plus proches de l'idée qu'elle se fait d'avoir des amis. Alors…
- Mais on est ses amis ! s'exclame Kagami en lui coupant la parole.
Kise lui retourne un petit sourire, presque timide. Mais c'est un vrai sourire.
- Et on a hâte de rejouer au basket contre elle, dit Kuroko qui s'était joint à la conversation.
- Akiko a demandé à Midorima de l'entraîner pour qu'elle s'améliore, dit Kise que l'idée amuse.
- Va falloir qu'on se méfie alors, dit Kagami anticipant déjà la future partie.
- Et qu'on réfléchisse à une vraie stratégie, ajoute un brin moqueur Kuroko.
- Pas besoin, dit Kise irradiant de la confiance qu'il avait toujours eu envers Kuroko. Avec toi dans mon équipe, je ne peux pas perdre.
- Kise kun! proteste Kuroko en levant les yeux au ciel.
Mais Kagami se rend compte que Kuroko n'est pas si ennuyé qu'il ne le prétend par la réplique de Kise.
- Les faits sont là, Kuroko, je n'ai encore jamais perdu une partie lorsque tu joues avec moi, dit Kise calmement, et je ne compte pas commencer maintenant.
- Et le fait qu'Akashi kun, Aomine kun, Murasakibara kun et Midorima kun faisaient aussi partis de notre équipe a sûrement dû aider un peu, répond-il avec ironie.
Des mots que Kise balaye d'un geste comme s'ils étaient hors propos.
Mais après avoir accordé encore quelques minutes à la cuisine, il retourne devant la partie de sa sœur. Et Kagami constate que la situation doit être pire encore pour Akiko en voyant le regard de Kise qui s'assombrit à chaque seconde et que sa main qui place les pierres sur le goban tremble un peu plus à chaque coup qu'il place.
Kuroko souffre autant de le voir ainsi que d'observer la partie progresser. Lorsqu'enfin la partie s'arrête pour la pause de midi, les plats de Kagami sont déjà prêts mais il sait que ni Kise ni Kuroko n'avaient vraiment faim. Il récupère trois bols dans la cuisine et sert trois portions du wok qu'il avait préparé et les amène à ses amis.
- Merci Kagami kun, dit doucement Kuroko.
Kise se contente d'un hochement de tête avant de piocher distraitement dans son bol en regardant Akiko blanche comme un linge se lever et disparaître des caméras. Kuroko tente quelques bouchées avant de repousser sa part qui n'était déjà pas si énorme.
Mais Kagami lui-même doit bien avouer qu'il n'a pas faim. Une chose qui ne lui arrive pas si souvent. Lorsque le téléphone de Kise se met à vibrer. D'un geste habituel, il le sort de sa poche et son visage se décompose une seconde.
Kagami ne peut s'empêcher de jeter un œil et manque de sursauter quand il voit le nom d'Akiko s'étaler sur l'écran du portable de Kise.
Il passe sa main sur son visage en prenant une longue respiration en fermant les yeux avant de répondre.
- Akiko !
Les cœurs de Kuroko et Kagami sombrent un peu plus alors qu'ils voient en une seconde Kise redevenir celui qu'il a toujours été, souriant et lumineux.
En moins d'un battement de cœur.
Quelques minutes plus tôt
Akiko se lève, livide. Elle n'ose lever les yeux vers son adversaire. La simple idée de cette pause où elle allait devoir affronter les regards de Midorima et Aomine lui donne envie de vomir. L'humiliation qu'elle vient de subir pendant quatre longues et interminables heures lui donne envie de fuir, de creuser un trou et de s'y enterrer. Elle veut fermer les yeux et disparaître de ce cauchemar.
Toute sa vie, elle avait attendu cette confrontation. Et ce moment tant rêvé s'était transformé en une cruelle mascarade, filmée par trois caméras et retransmise en directe pour tous ceux qui aiment le go.
Une humiliation totale et terrifiante.
Elle met toute son énergie pour avancer sans trembler et se réfugie dans les toilettes du bâtiment. Elle s'enferme dans la pièce et tente de reprendre contenance en se passant de l'eau sur le visage. La jeune fille au regard hagard qu'elle surprend dans le reflet de la glace la fait presque reculer une seconde.
Elle sent les larmes monter et les repoussent avec l'énergie du désespoir.
D'un geste, elle sort son portable et compose le numéro de son frère. Elle doit lui parler.
- Ryota.
- Akiko !
- Excuse-moi, j'avais vraiment besoin d'entendre ta voix, dit-elle en murmurant.
-T'es où là ?
- Si je te le dis tu vas te moquer de moi.
- Dis toujours.
- Je me suis enfermée dans les toilettes de l'étage et je crois que je vais pas en sortir. Avec un peu de chance, ils vont m'oublier et je vais perdre au temps. Ce sera sûrement pas beaucoup plus horrible…
- Idiote !
- Franchement, je suis obligée d'utiliser toute mon énergie juste pour ne pas craquer devant lui. Je ne pourrais jamais affronter Aomine et Midorima dans cet état. J'y arriverai pas.
- Et tu comptes faire quoi, passer tout ton temps recluse dans les toilettes en attendant que la pause se termine ! Ben c'est sûr là, tu vas vraiment rejoindre les annales du Meijin !
- Te fous pas de moi. Comment je pourrais…
- Arrête ça tout de suite Akiko! Aomine est sûrement la seule personne qui regarde ta partie sans la comprendre, y a même des chances qu'il se soit endormi devant l'écran quand il a compris combien de temps la partie allait durer et tu connais Midorima mieux que ça. Il est là pour toi et t'as besoin de lui.
Akiko prend une grande respiration et reste silencieuse pendant de longues secondes.
- Ryota ?
- Oui ?
- Je pensais que te demander de ne pas venir faisait de moi la pire des égoïstes. Mais je sais maintenant que c'est faux. Je suis contente de t'avoir parlé. Mais je suis soulagée que tu ne sois pas là. Je sais mieux que personne ce que ça te coûte de me parler comme si tout allait bien.
- Dis pas n'importe quoi Akiko.
- Je dois y aller…
Appartement d'Akiko et Ryota Kise
Kise repose son portable sans pouvoir réprimer ses tremblements.
Oui, Akiko avait eu raison. Parler quelques minutes comme si de rien était pour la réconforter l'avait épuisé et il ferme les yeux une seconde pour se reprendre.
- T'es vraiment doué pour ça, constate d'une voix blanche Kagami.
Kise rouvre les yeux ne pouvant contenir sa réplique colérique :
- Pour quoi ?
- Pour jouer la comédie, continue-t-il encore sous le choc.
Les regards inquiets de Kagami et de Kuroko le rendent amer.
- Qu'est-ce que tu crois, c'est mon travail de montrer à tous ce qu'on attend de moi, lâche-t-il.
Son travail? Mais de quoi parle-t-il, pense Kagami complètement perdu. De son travail de mannequin? De quelque chose de plus profond encore?
- Kise kun, dit doucement Kuroko en posant sa main sur la sienne.
Et encore une fois, Kagami est vraiment surpris de voir la magie opérer si simplement. Les traits de Kise s'adoucissent et sa main ne tremble plus.
Kuroko peut faire faire tout ce qu'il veut à Kise. Absolument tout.
Et pendant une seconde vertigineuse, Kagami se demande à quel point Kuroko en est conscient.
- La notion de tact est totalement étrangère à Kagami kun, dit calmement Kuroko en tournant son regard limpide vers sa lumière dont toutes les pensées tournées vers un Kuroko diaboliquement manipulateur s'évanouissent dans la seconde. Bien sûr, continue-t-il, que tu as tout fait pour remonter le moral de ta sœur. On aurait tous fait la même chose.
Oui, pense Kagami. Mais pas aussi bien. Personne ne peut faire aussi bien, se dit-il en voyant à l'écran l'image d'Akiko qui s'installe entre Aomine et Midorima. Ils ont visiblement oublié la caméra et tentent de lui redonner le sourire en lui parlant doucement. Mais contrairement à Kise, il n'a pas besoin de les écouter pour voir qu'ils se forcent et souffrent de la situation.
Alors que Kise, s'il ne l'avait pas eu en face des yeux depuis le début, il n'aurait jamais deviné à quel point il est anéanti par la partie de sa sœur.
- Je suis désolé, marmonne Kagami.
- Non, c'est moi, dit Kise en détournant la tête pour se tourner vers son bol comme pour s'excuser.
Kise a l'air des plus sincères. Exactement comme il y a cinq minutes. Kagami l'observe incrédule ne sachant trop ce qu'il devait croire ou non.
- Kuroko avait raison, t'es un vrai chef, dit-il en plongeant ses baguettes dans son plat.
Et la partie reprend.
Kagami n'a pas besoin de comprendre le go pour savoir que, si la partie est déjà perdue, Akiko avait repris le dessus.
La tension qui émane de Kise et Kuroko se relâche doucement au fur et à mesure que les minutes passent et que les coups s'enchaînent. Akiko se bat. Enfin.
Et encore une fois, il se rend compte à quel point le frère et la sœur se ressemblent alors que les yeux d'Akiko s'enflamment devant la bataille qui s'annonce.
Les deux pros se mettent à commenter le début du combat entre les deux joueurs.
- Les faiblesses du centre de Kise sensei sont trop grandes. Elle ne pourra pas tuer l'invasion de Takemiya sensei.
- Vous avez raison. La partie est finie, elle devrait abandonner. Je suis soulagé de voir qu'elle se soit enfin réveillée. Mais il est trop tard, bien trop tard pour un tel sursaut. Je ne comprends pas pourquoi…
Kise ne les écoute plus :
- Les idiots, ils ne comprennent rien, s'énervent-ils. Elle se bat pour mesurer la différence entre elle et son adversaire. Elle teste son attaque face au plus grand combattant du monde du go pour préparer ses futures parties.
Et soudain les deux pros écarquillent les yeux devant un des coups d'Akiko.
- Elle est en train d'apprendre.
Maison des Midorima
Quelques heures plus tard
Kise attend.
Posé devant l'entrée de la maison des Midorima avec Kuroko et Kagami à ses côtés, il attend.
Sa sœur accompagnée de ses deux anciens équipiers devraient bientôt arriver à la petite soirée organisée par les parents de Midorima. Il n'avait pas vraiment envie d'être là, mais Kuroko lui avait dit que Midorima y accompagnerait sa sœur et elle avait besoin de tout le soutien qu'elle pourrait trouver.
Enfin, pense-t-il en les voyant apparaître au bout de la rue.
Kise se retient d'accourir vers elle. Il n'a pas besoin de plus d'une seconde pour se rendre compte qu'Akiko aurait préféré être partout ailleurs sauf là. Midorima n'avait pas dû lui laisser le choix.
- Akiko ?
Entourée par Aomine et Midorima, elle lève un regard vide vers lui. Elle est brisée et épuisée.
Ryota avance sans réfléchir et la prend dans ses bras. Il sent Akiko se tendre puis s'abandonner sous son étreinte.
- Ryota, rentrons à la maison, murmure-t-elle.
Kise ne répond pas et libère sa sœur pour la regarder droit dans les yeux. Il s'apprête à lui répondre lorsqu'il entend une voix l'interrompre.
- Je croyais vous avoir mieux éduqués Ryota, Akiko. Depuis quand un Kise ne fait pas face à ses obligations.
Akiko et Ryota se retournent d'un même mouvement pour tomber nez à nez avec leurs propres parents. Leur mère qui leur ressemble tant avec ses longs cheveux blonds et ses yeux d'or, habillée avec une élégance sobre si travaillée mais qui paraissait presque naturelle et leur père qui leur fait signe d'avancer d'un hochement de tête.
Midorima reste en retrait avec la douloureuse impression de voir un marionnettiste manipuler dans l'ombre ses créations quand il voit Akiko et son frère se redresser instinctivement et avancer mécaniquement pour se présenter et remercier leurs hôtes.
Imayoshi avait l'air si sûr de lui quand il avait exposé son plan.
Mais cette deuxième étape… Il la déteste autant qu'il se hait d'avoir dû devoir tromper les Kise pour les attirer dans ce qui ressemble de plus en plus à un piège.
