Bonjour,

la suite qui reprend l'histoire un peu plus tôt d'un autre point de vue.

Un grand merci à mon "guest" qui a commenté mais qui, n'ayant pas de compte, ne peut recevoir ma réponse.

Les lecteurs qui commentent sont rares et cela permet d'échanger sur son histoire et c'est toujours un vrai plaisir pour l'auteur.

Alors pour Midorima, tu vas avoir tes réponses dans ce chapitres, je te laisse les découvrir en espérant qu'elles te plaisent.

Oh que oui Kuroko est surprenant et ne se prive pas de faire comprendre à Midorima qu'il aurait dû faire appel à lui. Par contre, il reconnait lui-même qu'Imayoshi lui a simplifié la tâche pour tout comprendre. Mais j'aime bien l'idée que parfois, il sort de son rôle avec sa petite pique. Parce que quand on touche à Kise, ça le fait sortir de l'ombre comme quand il se lève au milieu de la foule avec son "Je crois en toi". Oui, il est capable de sortir de son rôle pour Kise.

Le prochain chapitre sera centré sur Kise et Kuroko et tu auras tes autres réponses la semaine prochaine.

Merci encore, hésite pas à me dire ce que tu as pensé de la suite, en bien, en mal. J'accepte toutes les remarques qui peuvent me faire avancer ou simplement discuter sur cette histoire (qui prend pas mal de place dans ma petite tête!).

Alors pour tous mes lecteurs qui feraient un tour à la japan expo, j'avance la publication d'une journée pour vous dire que j'y serai demain et tout le WE pour faire des démonstrations de go sur le stand de la fédération française de go :-)

Avouez que vous êtes curieux! Si vous passez, n'hésitez pas à venir me faire un petit coucou et une petite partie. Mon pseudo kgs (site de go) est elane et mon prénom Emilie et j'aurai un badge :-p Et accessoirement, je serai sûrement la seule fille de la ffg du stand!

Et, go ou non, je serai ravie de vous voir en personne si vous passez!

Trêve de bavardages...

Bonne lecture à tous


Maison des Midorima

Quelques minutes plus tôt

Aomine voit Kise qui se met en retrait et se sent soulagé lorsqu'il constate que Kuroko le rejoint aussitôt. Puis il cherche sa sœur qui tente visiblement de mettre le plus de distance entre son père et elle, le visage encore plus pâle que d'ordinaire. Il sait qu'ils ne font que suivre le plan d'Imayoshi à la lettre mais à cet instant, il se hait de faire subir ça à Kise et sa sœur.

Il s'avance vers elle, prêt à lui faire oublier quelques instants cette partie qu'elle devait se rejouer en boucle dans ses pensées, la présence de son père, leur trahison et sûrement d'autres noirceurs qu'il ne peut même pas imaginer.

Mais à ce moment, il se demande bien de quoi il pourrait lui parler.

La réponse est tellement évidente qu'elle le fait presque sourire.

- Bon gamine, faut qu'on parle de notre future partie. Parce qu'on a perdu contre ces idiots, dit-il en montrant Kise, Kagami et Kuroko. Et que si on ne gagne pas la revanche, ils vont nous rendre la vie impossible.

Akiko écarquille les yeux. Elle était en train de laisser son esprit dériver entre l'humiliation qu'elle venait de subir et le spectacle auquel se prêtait son père dès qu'il avait un public.

Écœurée, elle s'était mise à l'écart et Aomine l'avait rejointe.

Pour parler de leur prochaine partie de basket…

En arrivant devant la maison des Midorima, elle pensait qu'elle était en train de vivre l'un des pires jours de sa vie. Elle pensait que rien ne pouvait faire sombrer un peu plus cette journée jusqu'à ce qu'elle entende la voix de son père.

Cela doit faire partie du plan d'Imayoshi. Mais à cet instant, elle hait Aomine et Midorima de leur faire subir ça.

Voir son père faire son numéro pour impressionner des étrangers l'avait toujours rendue nauséeuse.

Elle voulait s'approcher de son frère pour l'aider à supporter ce spectacle qu'ils ne connaissaient que trop. Mais elle a déjà bien du mal à se composer une figure neutre et lorsqu'elle voit Kuroko s'approcher de Ryota, elle sait qu'il est le seul à pouvoir soulager ne serait-ce qu'un peu la souffrance de son frère.

Et à ce moment même, elle se rend compte que c'est exactement ce qu'essaye de faire Aomine en lui parlant basket.

Et même si c'est un peu maladroit, elle apprécie l'effort et tente un sourire. Il lui permet de ne pas penser à cette longue humiliation qu'elle avait subie pendant sa partie pendant au moins une seconde.

La déception, la souffrance l'avaient clouées littéralement sur place. Comment allait-elle pouvoir faire face à ses propres élèves après ça ?

Une pression monstrueuse lui tombe sur les épaules sans crier gare. Le proviseur de Kaijo qui l'avait si bien accueilli, la première impression qu'elle avait faite, l'espoir qu'elle avait suscité en arrivant en finale… Tout cela s'était écroulé en une partie.

Comment allait-elle pouvoir retourner dans son club coréen où seul son niveau comptait.

Comment allait-elle pouvoir faire face à nouveau à sa prochaine partie ?

Le souffle coupé, luttant pour contenir les larmes qui montent, elle n'écoute plus Aomine et baisse la tête.

- Kise ?

- Je suis désolée.

Je suis à deux doigts de craquer. Je n'ai qu'une envie, fuir dans un coin sombre et pleurer toute ma frustration jusqu'à ce que la fatigue l'emporte sur ma raison. Je…

- Ce n'est peut-être pas comparable mais quand j'ai perdu contre Kuroko et Kagami, je me suis senti tellement amer que j'en ai pas dormi de la nuit. Je me suis passé en boucle chaque seconde du match encore et encore.

Akiko relève la tête, surprise par le ton d'Aomine.

- Je n'avais pas perdu un match en plus de trois ans. Et non seulement, je n'avais pas perdu un match mais j'avais écrasé tous les adversaires qui avaient osés se tenir devant moi. Même Seirin.

Le rictus qui se dessine sur son visage est celui d'un prédateur qui s'apprête à foncer sur sa proie. Animal et implacable.

- Je les avais écrasés. Je n'avais même pas besoin de mes équipiers pour ça. Mais malgré tout, malgré l'écart des points qui ne cessaient de grandir, ils se sont battus jusqu'au bout. Et pendant la Winter Cup, au premier tour, on retombe sur Seirin. J'aimerai dire que je ne les ai pas pris de haut parce que Tetsu était mon ancienne ombre, parce que Kagami n'est pas un si mauvais joueur et que Seirin est une véritable équipe. Mais c'est faux. J'ai cru que ce serait une partie facile. Une formalité avant le prochain tour.

Aomine détourne une seconde le regard, les poings crispés.

- Je crois que tu imagines très bien à quel point je suis tombé de haut.

- J'en ai une petite idée, dit-elle d'une voix blanche.

- Et je vais devoir attendre l'année prochaine avant d'avoir la chance de rejouer contre eux. Et encore, si le tirage au sort nous est favorable. Si aucun de nous ne perd avant. Parce que si je tombe sur ton frère, sur Midorima, Akashi ou Murasakibara avant, qui sait ? J'ai perdu toutes mes certitudes. Et avant même que je m'en rende compte, je me suis remis à aimer le basket.

Le regard d'Aomine s'illumine littéralement et elle ne l'avait pas vu sourire ainsi depuis longtemps. Si longtemps.

- Je me suis même remis à l'entraînement.

Akiko ne peut s'empêcher de sourire devant le regard incrédule d'Aomine qui se surprend lui-même.

- Mais toi, tu as la chance d'avoir encore au moins trois parties contre ce joueur qui se dresse sur ton chemin. Tu vas pouvoir mettre tout ton talent dans ces futures parties, te battre de toutes tes forces et l'obliger à te prendre au sérieux. C'est de loin ton plus grand défi.

Le souffle court, Aomine plonge son regard dans celui d'Akiko.

- Et crois-moi, avoir quelqu'un qui nous talonne, qui nous oblige à regarder toujours en avant, quelqu'un que l'on domine d'une avance si courte que l'on ne peut jamais se permettre de jeter un seul coup d'œil en arrière, cela force à se dépasser encore et encore pour continuer à mériter cette attention.

Akiko sait qu'Aomine parle de son frère et de leur compétition incessante, de tous ses un contre un que Ryota finissait toujours par perdre. Et à cet instant, elle regrette que son frère ne soit pas là pour écouter le respect qui transparaît dans les mots d'Aomine.

- Force-le à jouer à son meilleur et crois-moi, c'est lui qui finira par venir te chercher.

Souriant en se rappelant que c'était Aomine qui l'avait suivi à Kaijo pour rencontrer son frère et lui demander des un contre un, elle est à deux doigts de tomber à la renverse en voyant Kuroko sortir, le regard noir de colère, tenant son frère par le bras.

Akiko pâlit en voyant son père commencer à perdre contenance.

Jamais encore, elle ne l'avait vu perdre son masque face à des inconnus. Les Dieux soient loués, Kuroko avait entraîné son frère avec lui; elle n'aurait pas supporté qu'il soit encore la cible d'un de ses excès de colère.

Et quand il s'avance vers elle, Akiko retient difficilement ses tremblements lorsque la mère de Midorima s'interpose entre eux.

- Kise chan, dit-elle en prenant ses mains dans les siennes comme pour en cacher ses tremblements, votre journée a dû être particulièrement longue et nous n'avons que trop abuser de votre présence. Je vais vous ramener chez vous, dit-elle en la prenant d'autorité par le bras.

Elle se tourne vers son fils et lance d'une voix sans appel et beaucoup moins douce.

- Shintaro, tu nous accompagnes.

Sans vraiment comprendre ce qu'il se passe, Akiko passe des mains de Madame Midorima à Shintaro avant de se retrouver à l'arrière d'une berline noire. Au volant, la mère de Midorima conduit sans un mot à travers la ville, son fils à ses côtés et Akiko se laisse doucement happer le ronronnement du moteur et les lumières de la ville endormie, trop fatiguée et choquée pour essayer de démêler toutes les implications de cette longue journée.

- Kise chan, dit doucement la mère de Midorima, nous ferons à nouveau une petite fête pour votre deuxième partie.

- Oh, dit Akiko, en train de chercher des raisons valables de décliner une nouvelle soirée de ce genre.

- Et la prochaine fois, continue-t-elle, nous n'inviterons pas vos parents.

Shintaro écarquille les yeux en fixant sa mère. Elle ne dira pas un mot de plus. C'était largement suffisant pour exprimer son ressentiment envers les parents des Kise.

Et dire qu'il avait cru qu'elle aussi c'était fait avoir par le jeu de cet homme.

Un simple regard en arrière lui montre qu'Akiko est trop surprise pour répondre quoi que ce soit.

Une fois devant l'immeuble des Kise, Madame Midorima raccompagne Akiko jusqu'au pas de sa porte et constate d'un seul regard que son appartement est vide.

- Kise chan, dit-elle, je ne peux pas vous laisser seule avant que votre frère ne soit rentré.

- Je vous en prie, dit Akiko, je vous suis déjà reconnaissante de tout ce que vous avez fait pour moi. Je …

- Je sais que faire confiance à un adulte doit vous être difficile, la coupe-t-elle, alors c'est Shintaro qui restera avec vous jusqu'à ce que votre frère rentre.

Elle tourne les talons en laissant les tentatives de protestations de son fils lettres mortes avant d'ajouter :

- J'espère sincèrement que vous viendrez la prochaine fois, dit-elle à Akiko. Shintaro, tu m'appelles quand il rentre et je viendrais te chercher quelle que soit l'heure.

Midorima est trop abasourdi pour réagir. Encore mortifié par le comportement de sa mère, il baisse la tête et ne sait que faire si ce n'est s'excuser.

- Akiko, je suis désolé.

- C'est la première fois, murmure-t-elle presque pour elle-même.

Surpris par le ton qu'il ne reconnait pas, il ose relever la tête et observe le petit sourire à la fois triste et incrédule d'Akiko.

- La première fois ? demande-t-il

- La première fois que quelqu'un voit derrière le masque. La première fois que quelqu'un ne se laisse pas abuser par mon père.

Akiko se mord les lèvres comme pour s'empêcher d'en dire plus en baissant les yeux.

- J'ai besoin de prendre une douche, de me changer et de dormir, dit-elle. Je doute que Ryota ne rentre cette nuit, tu peux prendre quelques affaires dans sa chambre et son lit si tu dois vraiment rester.

Sa voix devient de plus en plus faible et c'est presque en courant qu'elle se réfugie dans la salle de bain, laissant Midorima seul dans le salon.

Et à cet instant, il se sent affreusement déplacé.


Alors qu'il entend la porte de la salle de bain se refermer et l'eau commencer à couler, il s'avance dans le couloir. Il venait d'identifier la salle de bain, les deux autres pièces devaient être les chambres d'Akiko et Ryota.

Une chance sur deux, pense-t-il en ouvrant la première.

En un seul regard, il sait qu'il s'est trompé.

Un lit sur le côté, des étagères pleines de livres, un bureau le long du mur avec un livre ouvert, des feuilles volantes remplies d'une écriture fine qu'il reconnait sans peine et un classeur ouvert plein de parties de go annotées.

Il n'a pas besoin de se pencher pour savoir que nombre des livres qui s'alignent sur les étagères sont des livres de go. Il devrait refermer la porte mais ne peut s'empêcher de jeter un œil sur le bureau.

Toutes les parties de go du classeur sont celles de Takemiya sensei. Répertoriées, analysées, annotées avec soin, chaque coup important, chaque tournant du jeu est noté avec précision.

Des dizaines et des dizaines de parties s'étalent sous ses yeux.

Un travail de titan.

Et une obsession vertigineuse.

Lorsqu'il replace le classeur, il voit une simple feuille volante qui n'a rien à voir avec le go.

Trouver le courage de demander de l'aide à Midorima

Puis la liste des toutes les équipes qu'ils avaient affronté au collège avec une stratégie basée sur une collaboration entre Aomine et lui annotée par une appréciation de leur faisabilité avec elle dans l'équipe.

Seiho : oui

Akane : oui

Hosei : avec un peu d'entraînement

Bunka : Avec beaucoup d'entraînement, vraiment beaucoup !

Kagawa : Même avec 20 cm de plus… impossible !

Keio : A moins d'apprendre à voler, je vois pas comment ce serait possible…

Aoyama : Sérieusement ?!

Et à la suite, une autre écriture qu'il reconnait aussi sans peine.

Pas la peine de faire des plans sur la comète sœurette, avec Kuroko dans mon équipe je ne peux pas perdre.

Et moi, j'ai Aomine et Midorima dans mon équipe. On a perdu la première partie uniquement parce que j'étais un gros handicap pour eux. Attends que je m'entraîne un peu. Et arrête de nous espionner !

T'as qu'à pas laisser traîner ton papier sur la table du salon !

C'était pas sur la table du salon et tu le sais très bien…

Qu'est-ce que tu veux que je te dise, t'es pas douée pour cacher un bout de papier. Ravi que t'ai eu le courage de demander à Midorima de t'entraîner :-)

Idiot !

La conversation s'arrête là et Midorima rougit un peu en imaginant qu'Akiko ait eu besoin de rassembler son courage pour lui demander quoi que ce soit. Lui aussi avait dû puiser dans sa détermination pour lui dire qu'il avait envie de l'accompagner à sa partie.

Il replace le papier à sa place d'une main nerveuse et sort un peu honteux d'avoir lu tout ça.

Une fois dans le couloir, il remarque que l'eau a cessée de couler depuis longtemps dans la salle de bain. Mais Akiko n'est toujours pas sortie.

Soudain inquiet, il ose frapper à la porte.

- Akiko ?

Aucune réponse.

Mais il entend du bruit qui prouve qu'elle l'a entendu.

- Akiko ? insiste-t-il. Tout va bien ?

Bien sûr que non, ça n'allait pas bien ! Mais à ce moment, il se demande bien ce qu'il pourrait dire d'autre.

Toujours aucune réponse mais les bruits sourds qu'il entend à travers la porte lui prouve qu'elle est bien là, derrière la porte.

- Akiko, je vais rentrer, dit-il. Je…

- Non…

Ce n'est pas la réponse qu'il attendait mais c'est au moins une réponse, même si ce n'est à peine plus qu'un murmure.

- Akiko? Il faut que tu sortes…

Parce que là, je suis vraiment inquiet

Toujours aucune réponse et Midorima pousse lentement la porte se préparant mentalement à recevoir les foudres d'Akiko. Mais il ne s'attendait pas à la voir recroquevillée sur le sol, adossée contre le mur, le visage entre ses mains, les jambes repliées sur elle-même, secouée de sanglots silencieux.

Son cœur rate un battement et il s'agenouille à son tour et le plus délicatement possible la prend dans ses bras.

Choquée, Akiko se raidit complètement et Midorima passe une main dans ses cheveux pour lui maintenir la tête sur son épaule et une autre dans son dos.

Il a horreur de la voir ainsi.

Il ne supporte pas de sentir les larmes silencieuses baigner ses épaules.

Il aurait tout donné pour qu'Akiko cesse ses pleurs et le regarde avec ce petit sourire insolent qu'elle avait lors de leurs parties, ce regard flamboyant qui le poussait toujours à se dépasser.

Une vérité s'impose à lui avec une force qui le cloue sur place. Même entre ses bras, il n'aime pas voir Akiko faible et fragile. Mais il n'allait pas pour autant détourner le regard bien au contraire. Il ferait tout pour lui redonner sa force et l'envie de relever la tête.

Il ne veut pas la protéger. Non, il veut lui donner la force d'affronter elle-même tout ce qui pouvait se dresser contre elle, que ce soit son adversaire au go ou son propre père.

Et il se sent prêt à tout faire pour y arriver.

Il la force doucement à se lever et constate avec soulagement qu'elle s'était déjà changée pour la nuit. Il aurait eu du mal à lui demander de se déshabiller sans paraître un complet idiot.

Et il se rend compte que cela ne couvrait pas grand-chose. Grande, fine avec des courbes gracieuses, des jambes immenses et une peau douce et blanche, elle aurait pu comme son frère faire les couvertures des magazines.

Mais il ne se laisse pas le temps d'être embarrassé trop longtemps. Il n'est pas doué pour dire les mots qu'il faut alors il essaye de faire passer son soutient par des gestes aussi réconfortants que possible. Et lentement, les sanglots commencent enfin à se tarir.

Il la conduit jusqu'à sa chambre et l'installe du mieux qu'il peut sur son lit.

- Il faut que tu te reposes, dit-il en la bordant comme il l'aurait fait pour un enfant malade, avec douceur et fermeté.

Il se lève et s'apprête à sortir lorsqu'elle le retient par le bras.

- Je suis désolée, murmure-t-elle en baissant les yeux.

- Pourquoi ? demande sincèrement Shintaro en s'accroupissant près de son lit pour capter son regard.

- Je n'ai jamais pleuré devant personne, dit-elle d'une voix blanche. Ni mon père, ni ma mère, ni mon frère… Je ne voulais pas… Tu n'auras pas dû…

- Tu n'as pas besoin de te cacher devant moi, dit Midorima qui est plus que soulagé de voir qu'elle ne détourne pas la tête.

- Je suis désolée, je suis tellement pathétique.

- Pathétique ? Après tout ce que tu as traversé dans ta journée, c'est étonnant que tu n'aies pas craqué bien avant. A ta place, je crois que je n'aurais même pas réussi à me confronter à ton adversaire après le premier coup. J'aurai jamais eu la force de le relever la tête comme tu l'as fait. Tu t'es battue avec une telle énergie…

- L'énergie du désespoir, dit-elle amèrement.

- C'était impressionnant à voir, dit simplement Midorima. Et rappelle-toi de ce qu'il t'a dit.

- Qu'il voulait me donner une leçon.

- Non, avant.

- Qu'il avait vu mes parties à Kaijo ?

- Oui, tes parties, des simultanées, contre des lycéens. Il a dû se donner bien du mal pour les trouver, dit-il pour montrer que l'intérêt qu'elle avait eu pour Takemiya n'était pas complètement à sens unique.

Akiko se tait un instant en réalisant lentement les implications de ce que Midorima lui avait dit. Et elle commence à se relever et s'extirper des couvertures pour se redresser. Midorima constate avec soulagement qu'elle a repris quelques couleurs.

- Je me sens un peu ridicule de te parler ainsi. Et j'ai eu mon lot de « ridicule » pour aujourd'hui.

Mais Shintaro l'en empêche doucement en la forçant à se recoucher.

- Ta journée a été longue, tu dois te reposer.

Akiko le regarde un brin contrariée.

- La tienne aussi.

Machinalement, elle joue avec l'anneau solaire qu'elle porte encore autour du cou.

- Il n'a pas été particulièrement utile aujourd'hui, s'excuse Midorima.

Akiko délaisse son anneau pour prendre la main de Shintaro dans la sienne qui étouffe un mouvement de recul devant son regard qui s'embrase.

- Il lui reste encore quelques minutes pour se rattraper, dit-elle en relevant la tête vers lui avec un petit sourire qui rend Shintaro nerveux.

Le cœur de Midorima fait un bond dans sa poitrine quand Akiko écarte les couvertures, se redresse un peu plus, lui prend son bras et l'entraîne à ses côtés.

Elle garde sa main sur son bras et Midorima s'allonge à ses côtés en priant pour qu'Akiko ne remarque pas à quel point son cœur est à deux doigts d'exploser alors qu'elle pose sa tête contre lui. Lentement, il glisse son bras dans le dos d'Akiko pour lui permettre de se reposer contre son torse pendant qu'il passe sa main dans ses cheveux qu'il caresse avec douceur. Et non seulement Akiko ne proteste pas mais elle se presse un peu plus contre lui en murmurant :

- J'ai l'impression que je peux tout affronter quand tu es à mes côtés.

Shintaro sourit en voyant Akiko qui se rapproche encore un peu plus de lui pour sombrer rapidement dans un sommeil paisible.

- Je serai toujours là pour toi.