Bonjour,

je ne vous cache pas qu'il s'agit de l'avant dernier chapitre.

Au départ ça devait être le dernier mais j'ai plus de choses que je ne le croyais en suspens à régler.

Alors même si la fin approche à grand pas, j'ai posé les bases d'une suite dans laquelle je me lancerai dès que j'aurai quelques chapitres d'avance. Et que j'espère vous suivrez aussi.

Voici enfin l'apparition d'Akashi,

bonne lecture.


Une semaine plus tard

Maison des Midorima

Aomine n'avait pas poussé le vice jusqu'à accompagner une nouvelle fois Akiko lors de sa partie… Sérieusement, il y comprend rien au go et la partie a duré presque dix heures ! Midorima était plus que ravi de l'accompagner seul. Enfin jusqu'à ce qu'il comprenne que la copine de Takao allait les accompagner. Cette fille est capable de décontenancer n'importe qui en quelques mots et Midorima ne fait pas exception.

Le fait qu'elle soit l'amie d'Akiko est aussi étonnant que le fait que Midorima et Akiko sortent ensemble. Lui qui avait dit à tout le monde qu'il préférait les filles plus âgées sort avec une première année et pas n'importe quelle première année, la petite sœur de Kise. Une fille grande et intelligente, aussi belle que son frère et qui commence à vraiment se débrouiller une balle dans les mains. Ils avaient encore perdu contre Kagami, Kise et Kuroko. Mais ça s'était joué à un rien. Akiko avait monté une nouvelle stratégie qui avait plutôt bien fonctionné et elle avait amélioré ses techniques de base en si peu de temps que c'était presque ridicule, une vraie Kise. Elle aime vraiment le basket contrairement à toutes les filles qui avaient un jour tenté une approche vers lui en faisant semblant de s'intéresser à ce sport qu'il aime tant.

Quand Akiko a une balle à la main et un objectif, elle met la même énergie que son frère dans leur un contre un. Elle a le même regard qui s'embrase de défi, la même volonté à vouloir s'améliorer à chaque partie.

Et il ne serait pas complètement honnête avec lui-même, s'il osait dire que le fait qu'elle sorte avec Midorima ne lui faisait rien. Mais il préfère ne pas trop s'attarder sur cette ombre noire qui envahit ses pensées à chaque fois qu'il voit à quel point Midorima et Akiko peuvent se synchroniser sur un terrain. Il les avait déjà surpris en train de s'embrasser pendant leur séance d'entraînement. Mais curieusement, c'est leur complémentarité sur le terrain qui réveillait le plus ce noir sentiment qui se débat dans un coin sombre de son cœur.

Faut vraiment qu'il consulte !

Il avait tout de même suivi les grands moments de la partie d'Akiko avec Kuroko, Kise et Kagami. Assis à côté de Kuroko, une main posée presque négligemment sur les genoux de son ancienne ombre, les yeux rivés vers l'écran, Kise avait mis toute son attention sur la partie de sa sœur. Et même lui pouvait dire qu'il commençait doucement à aller mieux.

Et il n'aurait loupé pour rien au monde la petite soirée chez les Midorima parce que tout, absolument tout ce qu'il avait goûté sur le buffet dressé avait fait vaciller un peu plus sa foi inébranlable envers les hamburgers !

Il ne reconnait rien aux plats présentés mais ils sont tous plus bons les uns que les autres. Il n'y a qu'à voir Kagami qui supplie Monsieur Midorima pour qu'il lui montre ses recettes pour se rendre compte que le père de Midorima est un chef peu commun. Et inflexible puisqu'il n'a pas encore cédé à la moindre requête de Kagami.

Il regarde Akiko qui arrive enfin, accompagnée par Midorima sur sa droite et la copine de Takao sur sa gauche.

Elle vient de perdre dans les grandes largeurs sa deuxième partie. Pourtant elle affiche le même sourire que son frère lorsqu'il perdait continuellement ses un contre un à Teiko contre lui. Elle progressait à grand pas à chaque partie et elle était déjà impatiente d'affronter à nouveau son adversaire la semaine prochaine.

Et lorsqu'Akiko voit enfin son frère, elle se fige. Avant de se jeter dans ses bras avec un grand sourire.

Cela ne faisait moins d'une semaine qu'ils ne s'étaient pas vus et pourtant Akiko avait vécu chaque seconde comme un manque terrifiant.

- Je rentre, souffle-t-il.

Akiko qui avait retenu à grand peine ses larmes les laissent couler sur l'épaule de son frère qui passe sa main dans ses cheveux.

Tout le monde fait semblant de ne pas voir la scène en affichant le même soulagement.

Akiko se détache enfin de son frère, et l'entraîne un peu à l'écart :

- Faut que je te montre quelque chose !

Curieux malgré lui, il s'approche alors qu'elle étale une liasse de papiers sous les yeux de Kise. Des petites annonces pour des appartements situés non loin du lycée de Kaijo.

- Avec ce que je vais gagner au Meijin, je me suis dit qu'il serait peut-être temps de voir plus grand !

C'est vrai que l'appartement des Kise n'est pas très grand, pense Aomine.

- Je te savais pas si optimiste, ne peut s'empêcher de dire Aomine.

Akiko et Midorima lui lancent un regard en coin.

- Je ne compte pas gagner le tournoi, dit Akiko. Pas cette année du moins, dit-elle avec un grand sourire.

- Le prix pour le second du tournoi, continue Midorima en remettant ses lunettes, est de plus de dix millions de yens.

Aomine est à deux doigts de tomber à la renverse. Combien gagnait le vainqueur du tournoi !

- Qu'est-ce que t'en pense grand frère ? demande Akiko. Ce serait une façon de recommencer sur de nouvelles bases.

- On commence les visites quand ? répond Kise avec un grand sourire.

- Demain !

Akiko lui parle avec conviction de tous les appartements qu'elle avait déjà repérés, de leurs avantages, de leurs inconvénients. Elle avait déjà fait un tri minutieux des différentes possibilités.

Et Aomine constate que le sourire que lui renvoie Kise est sincère. Quoi qu'il se soit passé pendant sa semaine chez Kuroko, les résultats sont indéniables. Et il croise le même soulagement dans le regard de Midorima que celui qu'il éprouve en observant la scène.

Soudain son sang se fige lorsqu'il entend une voix familière dans son dos :

- Daiki.

Aomine ne peut s'empêcher d'observer la scène avec prudence.

- Akashi.

Même si Akashi est redevenu celui qu'il était, il est toujours impressionnant. En parfait invité, il remercie les Midorima pour l'invitation et salut un à un les convives avant de se diriger vers Kise et sa sœur.

Nerveusement Kise cherche une seconde le soutien du regard de Kuroko, ce qui n'échappe pas à Akashi qui tourne son attention vers Akiko.

- C'était une belle partie, dit-il.

- Une belle défaite, tu veux dire, répond-elle avec un sourire idiot.

- Oui, et j'avais l'impression de te voir progresser à chaque coup. C'était impressionnant.

Le sourire d'Akiko s'agrandit encore :

- L'écart de niveau est tellement vertigineux entre nous que j'ai eu l'impression d'avoir le cœur qui allait exploser à chaque seconde. Ca fait tellement longtemps que je n'avais pas eu autant envie de jouer, dit-elle en fixant ses mains tremblantes. Vivement ma prochaine partie !

- Je suis sûre que bientôt tu le forceras à jouer avec son propre style, dit Akashi.

Le visage d'Akiko s'illumine littéralement alors qu'elle s'apprête à répondre. Mais elle se reprend doucement :

- Pas encore, dit-elle consciente que son enthousiasme seul ne suffirait pas à combler le gouffre entre leurs niveaux. Mais bientôt, j'en suis sûre. J'ai déjà des pistes. De nombreuses pistes, tellement de pistes, dit-elle déjà perdue dans ses pensées.

Akashi hoche la tête, comprenant tout à fait où elle voulait en venir.

Puis il regarde Kise et Kuroko dans son ombre :

- J'aimerai que vous trouviez un peu de temps demain, dit-il en tendant une carte à Ryôta avec une adresse dans Shinjuku avec au dos une heure de rendez-vous pour 14h.

Ryôta jette un regard interrogateur à sa sœur qui acquiesce d'un hochement de tête :

- On sera là, bien sûr.

- Bien, dit Akashi qui s'éloigne.

Akashi laisse les deux Kise et fais un signe à Kuroko de le suivre.

- Ca m'a pris plus de temps que prévu, mais tout est arrangé, lui dit-il.

- Arrangé quoi ? demande Aomine qui s'est joint de lui-même à la conversation.

Akashi se tourne vers lui avec un regard froid :

- Eloigner Monsieur Kise au moins le temps nécessaire pour qu'Akiko et Ryôta se remettent. Et mettre les choses au point officiellement.

Il s'apprête à s'éloigner lorsqu'il ajoute :

- Tetsuya, j'espère que tu viendras aussi, je crois qu'il faut qu'on parle.

Puis il ajoute avant de partir :

- Je comprends pourquoi vous ne m'avez pas contacté tout de suite, dit-il. Mais ce n'est pas pour autant que je ne trouve pas ça blessant.

Aomine et Kuroko le regardent partir en retenant leur souffle.

- Qu'est-ce que tu lui as dit Tetsu ? demande Aomine.

- Presque tout, répond-il.

- Alors pourquoi doit-il te voir aussi?

Kuroko baisse la tête une seconde, tournant la tête vers Ryôta qui examine avec sa sœur les petites annonces qu'elle lui a apportées.

Il ne joue plus. Ses sourires sont réels. Mais Aomine remarque sans peine que régulièrement, il cherche du regard la présence réconfortante de Kuroko.

Le lien entre Kise et Kuroko avait toujours été différent.

Mais là, il y avait autre chose.

Quelque chose qui met définitivement Kuroko mal à l'aise.

- Parce que le peu que je ne lui ai pas dit, répond enfin Kuroko, il l'a deviné tout seul.


Shinjuku

Tour Shinsen

14h

Ryôta détaille la pièce avec autant de curiosité que de nervosité. Une salle de réunion moderne aux murs clairs, perchée dans les plus hauts étages de la Tour, inondée de lumière, dont la baie vitrée fait face aux buildings de verre et d'acier du quartier d'affaires. Au centre de la pièce trône une immense table de bois massif où ils attendent en silence, habillés avec la plus grande solennité.

Ryôta avait bien tenté d'en savoir plus en interrogeant Kuroko, mais lui-même ne savait pas exactement ce qu'Akashi avait réussi à accomplir. Et ils l'attendaient avec une anxiété grandissante.

Lorsqu'enfin la porte s'ouvre pour laisser entrer Akashi et un homme portant un élégant costume taillé sur mesure et un attaché-case de cuir à la main droite.

- Ryôta, Akiko, dit Akashi, je vous présente Monsieur Aoki, le PDG de la société dans laquelle travaille votre père et qui appartient à une des filiales que dirige mon père.

Après des salutations rapides, Akashi reprend la parole :

- Je pense que je vais laisser à Monsieur Aoki le soin de vous expliquer la situation.

Monsieur Aoki est un homme d'affaire d'une quarantaine d'années au regard noir et aux cheveux disciplinés. Il a beau être aussi méthodique que ses paroles sont précises avec de nombreuses années d'expériences derrière lui, cela ne l'empêche pas d'être nerveux devant le regard intransigeant d'Akashi.

En quelques mots, il leur explique que sa société va explorer de nouveaux marchés en Chine et en Corée et que le plus désigné pour monter leurs nouveaux bureaux à Séoul n'est autre que leur père et que la mission qu'il allait lui confier serait d'un an. Ou plus.

Et que cette mission, il ne pourrait bien sûr pas pouvoir la refuser.

Au fur et à mesure que le patron de leur père explique la situation, les deux Kise sentent soudain un poids monstrueux leur quitter lentement les épaules.

Une ombre noire et pesante avec laquelle ils ont appris à vivre au jour le jour, à telle point qu'ils ont oublié qu'elle s'agrippe au moindre de leur pas, à la moindre de leurs pensées s'évanouit un peu plus au fur et à mesure qu'ils l'écoutent parler.

Un an. Au moins un an. C'est à la fois bien peu et un cadeau incroyable pour les deux Kise.

Instinctivement, Ryôta cherche des yeux Akashi qui lui sourit en retour tandis qu'Akiko se lève pour prendre ses mains dans les siennes pour le remercier.

- Ce n'est pas tout, dit Akashi un peu gêné de voir Akiko qui hésite à lui lâcher les mains.

Il ouvre une pochette et étale les papiers officiels qu'elle contient sur la table à côté d'un stylo.

- J'ai contacté le service juridique de la firme de mon père et je leur ai demandé de remplir ces papiers pour vous.

Akiko prend d'une main les premiers feuillets avec autant de sérieux qu'elle en a dans son travail.

- Ce sont…

- Des papiers officiels qui demandent l'émancipation remplis à vos deux noms, dit Akashi. Vous êtes tous les deux indépendants économiquement et vous vivez seuls depuis longtemps. Autant dire que si vous signez ces papiers, le reste ne sera qu'une formalité que vous permettra de vous détachez sur un plan légal de vos deux parents.

A son tour Ryôta parcourt les papiers.

- J'ai pris rendez-vous avec un de nos avocats qui devrait arriver dans quelques instants pour vous détailler tous les aspects de cette démarche et je…

Akashi arrête ses explications en voyant Ryôta signer les papiers sans même attendre d'autres explications et les passer à Akiko qui fait de même.

- Si tu nous présentes ces papiers, dit Ryôta, c'est que tu en as déjà anticipé toutes les implications. Je crois que s'il y a une personne en qui nous pouvons avoir confiance pour ce genre de choses, c'est toi.

- Est-ce que nous allons devoir nous confronter à notre père pour lui faire accepter ça ? demande Akiko.

Ryôta pâlit une seconde. C'était une chose à laquelle il n'avait pas pensé avant de signer.

- Nous avons les moyens de l'éviter selon nos avocats.

Akashi se garde de dire qu'il avait trouvé les radios et quelques témoignages sur le passage de Ryôta à l'hôpital le jour où il avait osé mentir à son père. Des pièces qu'il garde sous la main au cas où leur père se montrerait réticent de quelque manière que ce soit.

- Je prends en charge la suite, dit Akashi. Je vais vous laisser à vos visites d'appartements.

Ryôta se lève et lui tend la main vers Akashi. Une main qu'Akashi hésite à prendre parce qu'il ne s'en sent pas digne.

Si Kuroko avait mis tant de temps à le contacter c'est parce que l'ombre de celui qu'il était devenu et de tout ce qu'il leur avait fait pesaient encore dans leur esprit. Et comme il l'avait dit hier, il comprenait pourquoi.

Voir l'appréhension dans les yeux d'Aomine et de Midorima l'avait blessé plus qu'il ne l'aurait cru.

Mais même s'il avait beaucoup à se faire pardonner, il n'aurait pas cru qu'il puisse commencer à faire amende honorable ainsi.

- Avant de me remercier, dit Akashi, il faut que vous sachiez une chose.

Akashi hésite une seconde mais ne détourne pas les yeux en se tournant vers Akiko.

- Je savais, dit-il. J'ai compris le jour où tu as débarqué pour récupérer ton frère au collège à quel point votre père avait cette emprise sur vos vies. Et à quel point vous faisiez tous pour vous y soustraire.

Akashi ne cherche pas à en dire plus sur la culpabilité qu'il ressent. Il savait et non seulement il n'avait rien fait pour les aider mais il avait rompu l'équilibre fragile qu'ils s'étaient construit grâce au basket.

- On reconnait toujours mieux chez les autres ce que l'on subit soi-même, dit Ryôta en prenant d'autorité la main d'Akashi qu'il serre dans la sienne.

Troublé, Akashi regarde Akiko s'avancer à son tour qui joint sa main à celle de son frère. Le souffle coupé, Akashi laisse Akiko le prendre dans ses bras en le remerciant pendant que Ryôta passe à son tour son bras autour des épaules d'Akashi.

- Nous aussi on savait, dit-elle.


Café Kuro

Une heure plus tard

Kuroko fait tourner nerveusement la paille dans son milkshake à la vanille. Akashi qui lui avait donné rendez-vous dans ce café situé non loin de l'endroit où il avait reçu les Kise arrive pile à l'heure et s'installe en face de lui.

- Tetsuya, dit-il en guise de salut, alors qu'il commande une tasse de thé d'un geste.

- Akashi kun, répond-il.

Kuroko constate que le serveur le connait bien et réapparait bien vite avec sa commande habituelle.

- Les choses se sont passées mieux que prévues, dit Akashi.

- Et qu'est-ce qui aurait pu mal se passer ? demande Kuroko.

- Ils auraient pu refuser mon aide, dit Akashi.

- Et pourquoi ils auraient fait une telle chose ?

- Tu sais pourquoi, dit Akashi.

Kuroko repousse son verre et fixe Akashi de ses grands yeux clairs :

- Tu es redevenu celui que tu étais, Akashi kun.

- Ce n'est pas parce que j'ai changé que j'ai oublié ce que j'ai fait, ce que je vous ai tous fait.

De nouveau, Kuroko écarte son verre et pose sa main sur celle d'Akashi :

- Nous t'avons tous pardonné pour la simple et bonne raison que nous avons tous notre part de responsabilité dans cette histoire. La seule question que tu dois te poser, c'est combien de temps mettras-tu à te pardonner toi-même ?

Akashi ne détourne pas les yeux :

- Et toi, tu t'es pardonné de ce que tu penses avoir fait à Ryôta ?

Cette fois Kuroko relâche la pression sur la main d'Akashi :

- Tu frappes toujours là où ça fait mal, Akashi kun.

Akashi prend une longue respiration :

- Sérieusement, qu'est-ce qu'il se passe entre vous ?

Le regard clair de Kuroko se voile :

- L'illustration parfaite de l'ironie du sort, répond-il rêveusement.

Akashi force Kuroko à le regarder en face, attendant patiemment ses explications.

- Kise est en train de se persuader qu'il a des sentiments pour moi. Mais tout est confus dans sa tête, possession, amour, besoin, amitié, tout se mélange pour lui. Alors depuis le début, je suis là pour l'aider à tout mettre en ordre. Mais…

- C'est toi qui a commencé à vraiment éprouver quelque chose pour lui.

- Oui, dit simplement Kuroko.

- Et tu penses que lorsque Ryôta ira mieux, il se rendra compte que ce qu'il éprouve pour toi n'est que de l'amitié. Alors plus tu l'aides à aller mieux, continue Akashi, et plus tes sentiments envers lui sont forts alors même que tu es persuadé que tu l'éloignes de toi.

- C'est presque comique, dit Kuroko avec un sourire amer.

C'est au tour d'Akashi de prendre la main de son ami :

- Et si tu te trompais ? Le lien entre vous a toujours été différent.

Kuroko secoue la tête :

- Il n'a jamais eu d'amis avant de nous rencontrer. Dès qu'il a mis un pied au club de Teiko, il s'est mis à vous respecter, vous les membres du cinq majeur de la première équipe, il a fait de vous des modèles alors que moi, j'étais plus proche de l'idée de ce qu'il se faisait d'un ami. J'étais quelqu'un de normal qui pouvait quand même jouer avec vous. Je ne correspondais à aucun des modèles préétablis que son père lui avait montré. Le jour où il est venu me chercher à Seirin pour que je rejoigne son club, il a dit à tout le monde qu'on était les meilleurs amis du monde. Et dans ce monde qu'il s'était construit, c'était sûrement vrai.

- Il est venu te chercher à Seirin ! s'étonne Akashi.

Akashi observe son ami le cœur serré. Il est persuadé que Kuroko se trompe mais jusqu'à aujourd'hui, il est la seule personne qui a toujours su déjouer toutes ses prédictions. Il avait été jusqu'à le battre sur son propre terrain et lui permettre de redevenir lui-même.

Il ne sait pas encore comment il allait s'y prendre, mais il trouverait un moyen de l'aider. A confronter Kise à ses sentiments et à aider Kuroko qu'elle qu'en soit l'issue.

Mais à cet instant, il sait que la meilleure façon de l'aider est tout simplement de parler de ce qui s'annonce et de ce qu'ils avaient patiemment mis en place tous les deux. Les prochaines semaines allaient être passionnantes…

- Akashi, dit-il plus que désireux de parler d'autre chose, qu'est-ce que tu penses de mon idée ?

Le visage d'Akashi s'illumine littéralement :

- Tout est prêt, bien sûr.

Son ton n'est pas plus enjoué que son ton habituel mais Kuroko reconnait jusqu'à la moindre intonation de son ancien capitaine.

- Tu es d'accord avec ma liste ? demande Kuroko.

Akashi se fend d'un petit sourire qui annonce que les négociations ne font que commencer. Et qu'il défendrait ses choix avec la même force que lui.