Bonjour à vous !
Nous revoilà pour une nouvelle fic (ma troisième, si vous voulez tout savoir mdr) sur notre couple préféré, j'ai nommé... le dramioone !
Pour la petite anecdote, je voulais vous la publier dimanche, comme un cadeau de moi à vous pour mon anniv', mais j'ai été occupée donc voilà vous l'avez maintenant ;)
Bref, vous avez sûrement lu le résumé, donc je vous en dis pas plus, on se retrouve en bas :)
- La Fouineuse -
PROLOGUE
Les rayons du soleil caressaient doucement le visage de la jeune fille, et jouaient dans sa chevelure ébouriffée. Elle s'éveilla lentement, puis se leva en sursaut, prise de panique. Elle jeta un œil au réveil sur sa table de chevet, et constata qu'il était 9h17.
« Oh, c'est pas vrai, je me suis pas réveillée ! » s'exclama-t-elle.
Elle se précipita vers son armoire, prit au hasard une jupe et un chemisier, et manqua de tomber pendant qu'elle les enfilait. Elle alla vers son bureau, et prit, posé sur le dossier de la chaise, le pull assorti à son uniforme, celui de l'école où elle avait passé toutes ses années de primaire. Du haut de ses 11 ans, elle devait être la seule personne au monde capable d'aller en cours avec le plus grand des sourires, et n'avoir qu'une hâte en rentrant chez elle le soir : que demain lui apporte de nouvelles connaissances. Elle adorait cette école, du moins les cours qui y étaient enseignés… Elle n'aurait su dire la matière qui lui plaisait le plus, entre la géographie, l'histoire, les sciences ou les mathématiques… En ce qui concernait les professeurs de l'école, ils l'adoraient, elle qui était toujours prête à répondre à une question ou à aller au tableau remplir un exercice que personne n'avait réussi. Elle était indéniablement la première de sa classe, et ce depuis de nombreuses années.
Seulement, cette réussite brillante n'était pas au goût de tous ses camarades de classe… Entre les Mademoiselle-Je-Sais-Tout et autres surnoms stupides, elle s'était peu à peu habituée aux moqueries et méchancetés des autres, même si elle ressentait toujours ce pincement au cœur lorsqu'elle entendait ses camarades la dénigrer. Mais elle se souvenait qu'au début, elle n'avait pas compris ces réactions puériles, elle ne parvenait pas à comprendre pourquoi la jalousie que ressentaient les autres s'exprimaient forcément par de la moquerie… Elle se souvenait de ces nombreuses heures qu'elle avait passées en larmes dans les toilettes après une énième insulte…
La jeune fille, toujours en vitesse, descendit l'escalier et déboula dans le salon de la maison familiale, dans lequel ses deux parents prenaient tranquillement leur petit-déjeuner. Nicolas et Emilie Granger, ayant respectivement 39 et 37 ans, étaient tous deux dentistes de profession. Ils n'avaient qu'une fille, qu'ils chérissaient de tout leur cœur, et dont ils étaient très fiers. Ils l'entendirent justement courir dans l'escalier, au risque de se rompre le cou, puis arriver dans le salon.
« Vous ne m'avez pas réveillée, je vais être en retard ! cria-t-elle d'un ton hystérique.
- Mais… »
Hermione était déjà sortie, et se dirigeait rapidement vers la porte d'entrée. Elle entendit vaguement sa mère derrière elle qui l'appelait, mais n'en tint pas compte. Refermant la porte, elle se précipita dans l'allée pour se rendre à l'arrêt de bus qui était sur le trottoir en face. Traversant la route, elle s'assit sur le banc, pestant contre ce bus qui avait décidément toujours du retard quand il ne fallait pas…
« Ma chérie ! » entendit-elle.
Levant la tête, elle vit sa mère qui, depuis le perron, lui faisait signe de revenir. Se demandant ce qu'elle avait bien pu oublier, elle retraversa la route et courut vers sa mère qui, à son grand étonnement, souriait de toutes ses dents.
« Qu'est-ce qu'il y a, maman ? Je suis en retard !
- Et en retard pour quoi au juste ?
- Pour l'école, quelle question !
- Et rappelle-moi quel jour on est ?
- …
- …
- Oh c'est pas vrai, j'ai recommencé… ?
- Et oui ! rit sa maman. Allez, viens, rentre, tu vas pouvoir prendre un bon petit-déjeuner, si ton père n'a pas mangé toutes les tartines ! » plaisanta-t-elle.
Lorsqu'elle entra, elle entendit les rires de son père et, avisant le calendrier accroché au frigo, elle constata qu'en effet, le bus scolaire ne passerait jamais un samedi matin, et encore moins le premier jour des grandes vacances…
Le petit-déjeuner avalé, elle remonta dans sa chambre et s'installa à son bureau pour faire les premiers exercices de ses cahiers de vacances.
Elle avait quasiment fini la première partie consacrée aux multiplications et autres calculs mathématiques qu'elle entendit sa mère l'appeler.
« J'arrive tout de suite ! » répondit-elle.
Elle rangea son crayon dans sa trousse, referma le livre et descendit dans le salon où sa mère l'attendait.
« Ma chérie, tu as du courrier !
- Du courrier, moi ? » s'exclama-t-elle.
Elle était folle de joie ! Elle n'avait que très rarement du courrier, et si l'on ne tient pas compte des quelques cartes postales d'une tante éloignée, elle ne recevait jamais de courrier.
Arrachant presque l'enveloppe des mains de sa mère, elle la retourna pour voir si c'était bien son nom qui était écrit. Elle s'émerveilla devant l'adresse, calligraphiée dans une encre verte de la plus belle des manières :
Hermione Granger
7 Heathgate Street
Hampstead Garden Suburb
Londres, Angleterre
Elle retint une exclamation en s'apercevant que oui, cette lettre lui était bel et bien adressée. Sa mère jeta un coup d'œil à son père. Aucun des deux n'avait encore vu cette écriture quelque part…
Hermione, malgré sa joie, prit soin de décacheter soigneusement l'enveloppe, non sans avoir longuement observé le sceau qui se trouvait imprimé dans la cire. Ce blason ne lui disait rien, pas plus que le nom de « Poudlard ». Ouvrant l'enveloppe, les mains fébriles, elle en sortit un parchemin rédigé à la main, ainsi qu'une liste de fournitures dont elle ne comprit l'utilité d'aucun des articles énumérés dessus. S'installant dans le sofa, ses parents de chaque côté, elle entreprit de lire la lettre :
Pour : Miss Hermione Granger
Sur le sofa dans le salon
7 Heathgate Street
Londres
Chère Miss Granger,
Nous avons le plaisir de vous informer que vous avez été acceptée à l'Ecole de Sorcellerie Poudlard.
Les élèves doivent s'enregistrer à […]
Sa lecture achevée, elle laissa tomber ses mains sur ses genoux, abasourdie. Qu'est-ce-que c'était cette histoire… Sorcellerie ? Magie ? La seule magie qu'elle avait observée jusque-là se trouvait dans les contes de fée qu'elle avait lu étant petite, comme Blanche-Neige ou Cendrillon. Elle avait d'ailleurs, comme toutes les petites filles de son âge, rêvé qu'une marraine bonne fée arrive et lui donne tout ce qui lui plaisait, mais s'était finalement fait à l'idée : la magie n'existe que dans les livres. Mais cette lettre remettait tout en question… ainsi, elle était une sorcière ? Elle commençait à s'imaginer pratiquant la magie, rangeant sa chambre d'un coup de baguette, faisant voler des objets, … Ses yeux s'illuminaient à mesure que son imagination galopait. Est-ce-que les lutins existent réellement ? Et les animaux peuvent-ils parler ?
Ses parents se concertaient du regard. Ils n'avaient encore jamais entendu parler d'une telle école, et commençaient sérieusement à penser que leur fille avait été victime d'une arnaque, particulièrement bien mise en œuvre, certes, mais d'une arnaque quand même…
Sa mère, voyant l'euphorie qui gagnait petit à petit sa fille, prit la parole :
« Ma chérie, Hermione, tu ne crois tout de même pas à cette histoire ?
- Ta mère a raison, ma puce, enchaîna son père de sa voix grave. Tu sais, beaucoup de gens se font avoir avec des histoires comme celles-là, et la seule chose à faire est de ne pas y prêter attention. »
Hermione tourna la tête dans leur direction, des larmes perlaient aux coins de ses yeux.
« Alors… ce… ce n'est pas… ce n'est pas réel… bégaya-t-telle.
- Je crains que non, mon ange… ».
Elle prit sa fille dans ses bras quelques instants, puis lui dit d'aller dans sa chambre le temps que le repas soit prêt. Elle sentit toute sa détresse, sachant pertinemment que son imagination quelques fois débordante l'avait probablement déjà emmenée dans un lieu féérique peuplé de lutins et d'animaux parlants. Alors qu'Hermione disparaissait dans l'escalier menant à l'étage, Emilie se tourna vers son mari.
« Je ne la sens pas cette histoire… Pauvre Hermione, je me souviens comme elle aime ces contes de fée…
- Tu sais, je pense que ça mérite d'être approfondi…
- Comment ça ? Nick, tu ne crois tout de même pas que la magie existe et que les enfants sorciers vont étudier dans une école de magie appelée « Poudlard » ?
- Concernant l'école, je t'avouerais que je n'en ai strictement aucune idée, mais concernant la magie…
- Quoi, concernant la magie ?
- Tu te souviens du jour où Hermione a eu 3 ans ?
- Naturellement, comment oublier un tel jour ?
- Tu peux me rappeler ce qu'il s'est passé exactement ?
- Son cousin était là, bien qu'Hermione ne l'aimait pas particulièrement à l'époque. Il était allé dans sa chambre et avait pris un livre pour aller le lire au salon. Hermione s'en était rendue compte et lui avait couru après. Mais en passant dans le salon, il me semble qu'il avait bousculé la table et que le gâteau lui était tombé dessus ! Je me souviens encore des cris de Caroline en voyant son fils barbouillé de crème sur tout le visage !
- Tu n'as pas vu la scène de tes propres yeux, n'est-ce-pas ?
- Non, en effet, mais personne ne l'avait vue, si ?
- Il se trouve que si justement. Je ne l'ai dit à personne parce que j'avais trouvé ça très étrange mais… Bref, j'étais rentré dans la cuisine aller chercher un jus de fruits, et j'ai juste eu le temps d'apercevoir la course-poursuite. Je n'avais jamais vu Hermione aussi énervée. Je ne suis arrivé qu'au moment où le gâteau tombait, mais…
- Quoi donc ?
- Emilie, j'ai repassé la scène en boucle dans ma tête, mais je suis formel : le gâteau était droit et a flotté au-dessus du sol avant de tomber sur Grégoire !
- Mais, voyons, ce n'est pas possible, tu as sûrement mal vu…
- Oui je me suis dit la même chose, mais en même temps, souviens-toi de l'endroit où le gâteau est tombé ! »
Sa femme fronça les sourcils, essayant vainement de se rappeler ce détail. Voyant qu'elle avait du mal, il le lui rappela :
« Il est tombé à deux mètres de la table, Emilie… Il était posé sur la table et il est tombé deux mètres plus loin…
- Oui, je me rappelle maintenant, je m'étais d'ailleurs étonnée mais je n'ai jamais vraiment réfléchi plus que ça…
- Et te rappelles-tu également la fois où on a emmené Hermione à la fête foraine ?
- Oui, elle avait absolument voulu tirer à la carabine, mais elle n'avait que quatre ans et demi donc je lui avais proposé mon aide mais elle avait refusé. Elle avait fait un bon score d'ailleurs, non ?
- C'est le moins qu'on puisse dire, elle avait mis ses trois plombs au centre de la cible !
- C'est vrai, je m'en souviens maintenant ! rigola-t-elle. Le gérant du stand n'arrivait pas à croire ce qu'il venait de se passer, il n'avait encore jamais vu ça !
- Et nous non plus ! Et personne d'autre a priori … Enfin Emilie, Hermione n'a jamais tiré à la carabine avant, comment expliques-tu qu'à quatre ans et demi elle mette tous ses plombs au centre de la cible ?
- Et bien… j'imagine qu'elle est très douée, ou bien… »
Elle se tut, et lança un regard à son mari.
« Tu penses sincèrement que… que c'était… de la magie ?
- Je ne vois pas ce qui pourrait l'expliquer autrement… Après tout, pourquoi pas ? Notre Hermione veut tellement réussir tout ce qu'elle entreprend qu'une telle défaite l'aurait attristée… Et d'ailleurs, tu sais que l'autre jour, j'ai bien cru voir un chat qui lisait une carte routière… »
Il fut convenu qu'ils iraient en compagnie d'Hermione le lundi suivant vérifier les dires de cette lettre, en se rendant au « Chemin de Traverse » comme indiqué sur le parchemin, mais sans toutefois faire part de leur destination à leur fille, par crainte de lui donner de faux espoirs si ce lieu n'existait finalement pas...
OoOoO
Lundi matin, 9h, Nicolas et Emilie Granger et leur fille se tenaient prêts à partir.
« Ou va-t-on déjà ? demanda Hermione.
- Aller faire un tour en ville et faire quelques courses. »
Ils prirent la voiture, et arrivés à destination, ils prirent la direction du pub qui était indiquée sur la liste de fournitures qu'Emilie avait cachée dans son sac. Elle la relut, en faisant attention que sa fille ne s'en rende pas compte :
« (…) Un des chemins d'accès se trouve derrière un pub appelé Le Chaudron Baveur (…) ».
Arrivés devant le pub, ils marquèrent un temps d'hésitation avant d'entrer finalement. Hermione ne dit rien, mais son cerveau tournait à toute allure… Elle avait une mémoire assez développée, et était persuadée de souvenir avoir lu le nom de ce pub sur un des parchemins de la lettre. De plus, avant d'entrer, elle avait eu une impression étrange, comme une chaleur qui s'était répandue dans ses veines. Elle n'en fit pas part à ses parents, mais attendait de voir si ses soupçons s'avéraient fondés…
Une fois à l'intérieur, ils furent pris par l'atmosphère qui était assez sinistre, un homme assis dans un coin sombre remuait son café à l'aide d'une cuillère, mais Emilie aurait juré que la cuillère se tournait toute seule, sans l'action de l'homme qui lisait tranquillement son journal… Elle se détourna bien vite, assaillie par le doute quant à l'existence de la magie… Ils s'avancèrent bien vite, puis furent interpellés par le barman.
« Bonjour, que cherchez-vous donc ici ? Vous n'avez pas vraiment la tête de nos clients habituels… »
- Bonjour, nous… euh…. Nous cherchons… » commença Emilie.
Elle regarda son mari, craignant de paraître ridicule aux yeux de l'homme en lui demandant la direction d'un « Chemin de Traverse ».
- … Oui ?
- Nous cherchons le lieu appelé « Chemin de Traverse », s'il-vous-plaît, reprit son mari.
- Bien sûr, bien sûr, suivez-moi ! »
Emilie et Nicolas se regardèrent, visiblement soulagés de voir que manifestement, un tel lieu existait. Hermione était aux anges, mais tentait tant bien que mal de réfréner sa joie, de peur d'être finalement déçue par ce qu'ils verraient. Son père restait tout de même sur ses gardes, craignant que ce fût un complice de l'arnaque qu'ils suivaient.
Le barman suivi de la petite famille Granger arrivèrent finalement dans une petite arrière-salle aux murs de brique. Elle n'était quasiment pas meublée, seuls deux ou trois tonneaux étaient calés contre le mur, sur la droite. Le mur en face était dénudé, et quelques pierres menaçaient de s'effriter au moindre contact.
Le barman s'avance vers ce mur, et sortit d'une de ses poches ce qui ressemblait à s'y méprendre une baguette magique, comme celles dessinées dans les illustrations des contes de fée d'Hermione. Cette dernière était émerveillée, et se voyait déjà avec une telle baguette à la main. Elle trépignait maintenant d'impatience. Ses parents, eux, attendaient de vérifier par eux-mêmes la véracité de cette histoire.
Le barman, qui s'amusait de l'état de la petite fille, fit un geste théâtral avec sa baguette, et tapota quelques briques du mur, puis la rangea dans sa poche.
Pendant les quelques secondes qui suivirent, les parents d'Hermione attendirent que quelque chose se passe, puis sursautèrent lorsqu'ils virent les briques bouger. Hermione était enchantée. Les pierres se mirent à s'écarter, pour finalement former une arcade. Derrière, une rue pavée serpentait, bordée de nombreux magasin en tous genres.
« Bienvenue sur le Chemin de Traverse ! » s'écria le barman.
Les Grangers s'avancèrent, abasourdis. Le barman fit demi-tour, et bientôt, le mur se reforma.
Emilie et Nicolas étaient déconcertés. Rien de ce qu'ils voyaient-là ne ressemblait à ce qu'ils connaissaient, mais cela n'avait pas l'air d'affecter Hermione, que sa curiosité légendaire poussait à inspecter chaque vitrine, à observer chaque personne et à s'aventurer dans chaque magasin. Elle commençait à s'éloigner quand elle entendit sa mère l'appeler.
« Hermione, ne t'éloigne pas trop, reste près de nous je t'en prie. »
Il n'y avait pas beaucoup de personnes en ce début de vacances, mais l'on pouvait tout de même reconnaître parmi les enfants qui étaient là de futurs sorciers, qui avaient probablement reçu leur lettre de « Poudlard » également. Un groupe s'émerveillait devant la vitrine d'un « Magasin d'accessoires de Quidditch ». Hermione ignorait totalement ce monde, et n'avait aucune idée de ce que pouvait être ce « Quidditch » … sûrement une activité pour les temps libres entre les cours ou quelque chose comme ça. Ou peut-être un sport, au vu des tenues exposées devant la vitrine ?
Sa mère sortit de son sac la liste des fournitures qu'elle devait acheter pour la rentrée.
« Bon, je propose que comme aucun de nous ne connaît cette rue, nous procédions avec la liste, ligne par ligne. Qu'en dites-vous ?
- Très bonne idée chérie ! répondit son mari.
- Oui, super ! » s'écria Hermione. Elle était au comble de son bonheur, mais était tout de même frustrée de ne pouvoir arpenter cette rue comme bon lui semblait. Elle ne dit rien toutefois et suivit ses parents qui cherchaient le magasin d'habits, pour acheter les « trois robes de travail (noir) modèle normal ». Ils avisèrent plusieurs magasins, mais se dirigèrent vers le premier, nommé Madame Guipure, prêt-à-porter pour mages et sorciers.
En entrant, ils furent assaillis par une dame assez ronde, avec un visage qui inspirait confiance, illuminé par un grand sourire.
« Bonjour bonjour ! Je suis Madame Guipure ! Viens, ma petite, je dois prendre tes mensurations. Viens par-là, voilà, voilà, parfait ! Ne bouge plus ! »
Hermione était perchée sur un petit tabouret, les bras écartés pendant que Madame Guipure prenait sa taille, son tour de hanche, de poitrine, et toutes ses autres mesures à l'aide d'un mètre volant. Quelques minutes plus tard, la gérante lui sourit en lui disant de descendre, puis elles allèrent rejoindre ses parents, restés à admirer les modèles de robes et autres tenues sorcières.
« Bien, dit-elle, quel modèle voulez-vous ? J'ai à peu près toutes les formes, toutes les tailles et toutes les tenues nécessaires à un sorcier ! Que prendras-tu ma petite ?
- Et bien, j'avoue que j'aime beaucoup cette robe-ci ! dit-elle en pointant du doigt un mannequin qui faisait des signes de la main aux clients qui entraient et sortaient.
« Ah, très bon choix ! C'est ta première année, je me trompe ? »
Hermione approuva d'un signe de tête. La robe qu'elle avait choisie était noire, comme inscrit sur la liste, mais un liseré rouge était marqué sur les contours. Madame Guipure prit ses notes et partit dans une arrière-salle pour confectionner la robe qu'elle voulait, en trois exemplaires, comme demandé.
Une fois leurs achats dans cette boutique réglés, ils s'avancèrent vers la caisse pour payer. Hermione était restée près des autres mannequins pour mieux les observer, et essayer d'en deviner le plus possible sur cette fameuse école de Magie.
« Oh je suis navrée, Madame, nous n'acceptons pas les espèces moldues… » s'exclama Madame Guipure en voyant Mme. Granger sortir des billets de 20 livres. « Si vous le souhaitez, vous pouvez aller changer votre monnaie à Gringotts ! »
Voyant l'air perdu des parents, la gérante s'empressa de les informer :
« Gringotts est la banque qui se trouve au bout de la rue sur votre gauche en sortant. C'est un grand bâtiment blanc avec un portail bronze. Vous ne pouvez pas le manquer, il est assez imposant ! En entrant, vous expliquez que c'est pour convertir votre argent, et on vous conduira vers un guichet.
- C'est noté, merci Madame ! »
Ils se tournèrent vers Hermione :
« Ma chérie, apparemment, ils n'acceptent pas… notre argent, il faut que nous allions le convertir à la banque si nous voulons acheter quoi que ce soit ici… Veux-tu venir avec nous ou préfères-tu regarder les autres magasins en attendant ? Mais sans t'éloigner trop, évidemment.
- Oh je préfère regarder les magasins bien sûr !
- Aha, je m'en doutais ! rit son père. Très bien, mais fait très attention à toi, ne parle pas aux inconnus et réfugie-toi dans un magasin si tu te sens en danger, et n'oublies pas que tu ne connais personne encore, alors méfies-toi des gens, et aussi ne touche à rien, et-…
- Nicolas, je pense qu'elle a compris ! sourit sa mère. Amuse-toi, ma chérie, on se retrouve devant le magasin de glaces là, dans… disons 25 minutes ?
- Parfait, à tout à l'heure ! »
Hermione regarda ses parents s'éloigner, et commença à dresser mentalement la liste des magasins qu'elle allait visiter pendant ces 25 minutes de bonheur ! Fidèle à elle-même, elle choisit de commencer par le magasin de livres, Fleury et Bott, qu'elle avait tout de suite aperçu en arrivant. Lorsqu'elle entra, elle prit une grande aspiration et se laissa guider dans les nombreux rayonnages que comportait la boutique, une odeur de parchemin flottant dans l'air. Elle s'arrêta devant un rayon consacré à la Métamorphose. Elle n'avait entendu parler de ce terme qu'avec Ovide, célèbre poète qui avait écrit des récits sur des métamorphoses humaines. Prenant un livre, elle commençait à le feuilleter quand elle entendit une voix traînante dans le rayon à côté.
« Oh, faites un peu attention, vous voulez donc me faire tomber ? Et faites attention à mes livres ! Je commence ma première année à Poudlard, et je ne compte pas la commencer avec des livres cornés ! »
Hermione, se disant que c'était une bonne occasion de nouer des liens avec un élève de première année comme elle, reposa le bouquin et passa la tête à côté des étagères. Un garçon qui devait avoir son âge se tenait là, jetant un regard méprisant à un employé de la boutique qui se confondait en excuses en ramassant quelques livres étalés par terre. Manifestement, ils avaient dû se rentrer dedans et le garçon avait lâché ses livres sous l'impact. Laissant l'employé ramasser ses livres, il leva la tête et croisa le regard d'Hermione. Celle-ci fut stupéfaite par la couleur de ses yeux : d'un gris métallique, ils s'accordaient parfaitement avec sa chevelure blonde, presque blanche. Se rendant compte qu'elle le fixait sans bouger, elle détourna le regard en se raclant la gorge, et, faisant demi-tour, sortit de la boutique. Si elle était restée quelques secondes de plus, elle aurait pu apercevoir le regard inquisiteur du blond, qui se demandait qui était cette jeune fille qu'il n'avait encore jamais vue…
Remise de ses émotions, Hermione continua son chemin, et estima qu'il lui restait une dizaine de minutes environ avant le rendez-vous fixé par ses parents, ce qui fut confirmé par la grande horloge accrochée à un mur non loin de là. Elle choisit d'aller dans la boutique de la Ménagerie magique, elle pourrait ainsi choisir un animal, si ses parents voulaient bien… Après tout, ça n'était pas une obligation si elle se souvenait de ce qui était écrit : « Les élèves peuvent également emporter … ». Elle décida d'aller jeter un œil quand même.
Lorsqu'elle entra dans la boutique, elle fut irrémédiablement attirée par une sorte d'enclos, où gambadait des chatons. S'approchant, elle vit qu'ils ne lui prêtaient absolument pas attention, continuant de se bagarrer en se mordillant. Un seul néanmoins se détourna et regarda la nouvelle venue. C'était un chaton orangé, court sur pattes, avec le museau un peu écrasé.
« Je peux vous aider mademoiselle ? »
Hermione sursauta et se retourna. Une dame assez âgée se tenait devant elle, lui souriant de toutes ses dents.
« Ah, je vois que vous admirez les nouvelles portées… Ceux-ci ne sont pas à vendre encore, mais si vous le souhaitez, vous pouvez en réserver un !
- Oh, j'aimerais beaucoup ! Mais je ne suis pas sûre que mes parents accepteront que j'aie un animal pour ma première année…
- C'est votre première année à Poudlard, c'est bien cela ?
- En effet.
- Je me souviens, j'avais eu un hibou nommé Harold. Il était un peu maladroit, mais il n'y a rien de plus efficace pour le courrier ! »
Regardant sa montre, Hermione s'aperçut qu'il ne lui restait que trois minutes pour rejoindre le magasin de glaces. Prenant rapidement congé, elle sortit de la boutique en trombe, sans apercevoir la personne qui s'apprêtait justement à y entrer. Le choc lui fit perdre l'équilibre et, se prenant les pieds sur un pavé, tomba la tête la première. Elle fut heureusement rattrapée avant le choc par cette même personne, qui l'aida à se relever un peu brusquement. Levant les yeux pour remercier son sauveur, elle croisa un regard gris métallique… Oh non…
« Oh… je… hum… je… désolée, je ne t'avais pas vu… » commença-t-elle en s'empourprant.
Le garçon ne répondit pas, la fit se relever et, tandis qu'elle s'époussetait, la regardait faire d'un air amusé, un sourire aux coins des lèvres. Hermione, s'apercevant de son manège, et craignant d'être en retard, rougit de plus belle et, jetant un bref « Merci », s'enfuit à toutes jambes, zigzaguant entre les personnes qui étaient de plus en plus nombreuses dans la rue.
Essoufflée, elle arriva finalement devant le magasin Glaces Florian Fortarôme, et vit avec soulagement que ses parents n'étaient pas encore là. Avisant autour d'elle, elle les aperçut qui arrivaient dans sa direction. Se rejoignant, elle vit que sa mère avait un léger air effrayé tandis que son père arborait un grand sourire.
« Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Hermione, inquiète.
- Oh, disons que ce monde magique ne comporte pas que des humains, et que cela a légèrement effrayé ta mère ! rit-il.
- Vous avez vu des lutins ? Est-ce qu'ils brillent ? Est-ce qu'ils chantent quand vous approchez ? Est-ce qu'il …
- Du calme, du calme ! Non, ce n'étaient pas des lutins, du moins je ne pense pas… Je pense que c'étaient plus des… gobelins, répondit son père.
- Et vous avez pu avoir de l'argent sorcier ?
- Oui, mais je t'avoue que leur système est plus compliqué que le nôtre… Comment ça s'appelle chérie déjà ?
- Des mornilles, il me semble, répondit Emilie. Ils ont aussi des « noises » et des « gallions » … Mais je n'ai pas compris encore combien de gallions valent une noise… Ou non, c'est peut-être l'inverse… Oh, je ne sais pas ! Venez, il faut aller régler les achats chez Madame Guipure ! Elle, elle nous dira bien ce qu'on lui doit !
- Hermione, dit son père tandis qu'ils marchaient en direction du magasin, de l'autre côté de la rue, te connaissant, tu as dû aller au magasin de livres, non ? fit-il avec un clin d'œil.
- Oui en effet, il est immense ! Ils ont plein de rayons avec énormément de livres, je n'aurais d'ailleurs jamais le temps de les lire, il me faudra quelques mois et beaucoup d'argent…
- Ne t'en fais pas, l'argent n'est pas un problème ! Ta grand-mère m'avait donné de quoi acheter tes fournitures scolaires, même si je pense qu'elle ne s'attendait pas à ce qu'elles soient sorcières… »
Ils arrivèrent dans la boutique, et purent enfin régler leurs achats. Ils allèrent ensuite à la librairie, pour acheter la dizaine de livres qu'Hermione brûlait déjà de lire, puis revinrent côté moldu pour aller manger dans un restaurant, n'étant toujours pas familiarisés avec le monde sorcier. Vers 2h de l'après-midi, ils retournèrent sur le Chemin de Traverse pour finir d'acheter toutes les fournitures nécessaires à Hermione. Cette dernière était aux anges. Maintenant qu'elle était persuadée de ne pas avoir affaire à une arnaque, mais bien une opportunité unique, elle s'extasiait devant ce monde qui lui ouvrait ses portes, et regorgeait de nouveautés, toutes plus attirantes les unes que les autres. Ils se dirigèrent vers un magasin dont les étals de chaudrons scintillaient au soleil de début d'après-midi. Ils devaient acheter là un chaudron, une boîte de fioles en verre ou en cristal, un télescope ainsi qu'une balance en cuivre.
Deux heures plus tard, ils n'avaient plus qu'un achat à régler : la baguette. La mère d'Hermione avait catégoriquement refusé de lui acheter un animal, arguant qu'elle n'aurait probablement pas le temps de s'en occuper de toute façon. Hermione n'avait pas insisté, mais se dit que ce n'était que partie remise. Venait maintenant l'achat le plus intéressant. Ils arrivèrent devant la boutique d'Ollivander. La mère d'Hermione prit la parole :
« Si tu le souhaites, nous pouvons te laisser choisir toute seule, pendant que nous allons prendre un goûter chez ce Florian Fortarôme ! J'ai le sentiment que nous ne te serons pas très utile pour cet achat…
- D'accord, on se retrouve tout à l'heure ! » répondit Hermione en prenant l'argent que ses parents lui tendaient.
Elle entra, et entendit une clochette retentit au fond de la boutique. Elle était assez sombre, mais pas sinistre pour autant. Tout autour d'elle, les murs étaient recouverts d'étagères remplies de boîtes rectangulaires.
« Bonjour Miss Granger ! »
Hermione sursauta encore une fois. Décidément, les gens avaient décidé de la surprendre aujourd'hui ! Elle vit un monsieur d'un certain âge s'avancer jusqu'au comptoir.
« Comment connaissez-vous mon nom ?
- Oh, je connais beaucoup de choses ! Droitière, n'est-ce-pas ?
- Euh… oui, droitière. » fit Hermione, déstabilisée par la question.
Mr. Ollivander prit des mesures de sa main, de son bras, déplié puis replié, de son avant-bras et pour finir, mesura le tour de sa tête, sans qu'Hermione n'en comprenne l'utilité.
« Voyons, voyons, quelle baguette pourrait vous convenir… marmonna le monsieur, qui s'était retournée et farfouillait maintenant dans les étagères derrière lui. Ah ! J'ai trouvé. »
Il se retourna et posa devant Hermione une boîte rectangulaire aux coins jaunis. L'ouvrant, il dévoila la baguette qui était dans son écrin. Hermione la trouvait magnifique. Elle était assez simple, en bois clair, et une sorte de tige avec des feuilles était gravée tout autour du manche.
« Bois de vigne, ventricule de dragon, 27,3 cm ! » s'exclama le monsieur en lui tendant.
Hermione s'en empara -tout en se demandant s'il s'agissait vraiment de ventricule de dragon-, et à ce moment, elle sentit des fourmillements dans toute sa main, puis dans son bras, ainsi qu'une chaleur qui se répandait dans ses veines, plus forte que lorsqu'elle était entrée au Chaudron Baveur.
« Parfait, parfait ! Miss Granger, je dois dire que je suis impressionné ! Peu de personnes parviennent à être choisies par leur baguette du premier coup !
- Que voulez-vous dire par "choisie" Monsieur ?
- Oh, beaucoup de gens sont persuadés que ce sont eux qui choisissent leur baguette, mais ceux qui ont étudié l'art des baguettes dans toute sa splendeur savent qu'il n'en est rien ! Ce sont les baguettes qui choisissent le sorcier, pas l'inverse !
- Oh, je vois… »
Hermione paya les 8 Gallions que coûtait la baguette et, serrant précieusement l'écrin contre elle, alla rejoindre ses parents. Qu'elle avait hâte de pouvoir l'utiliser ! Décidément, ces trois derniers jours avaient changé sa vie, et elle savait qu'elle n'avait sans doute encore rien vu…
OoOoO
Cela faisait maintenant presque deux mois qu'elle avait reçu la lettre qui avait bouleversé son existence. Pendant ces deux mois, elle s'était familiarisée le plus possible avec le vocabulaire du monde magique, lisant et relisant les livres qu'elle avait acheté sur le Chemin de Traverse, aussi bien les scolaires que ceux qu'elle avait acheté par plaisir. Elle s'était également renseignée sur le « Quidditch », mais ce domaine de balais volants lui restait encore assez étranger, elle n'avait pas une grande envie d'essayer. Voler sur un balai au contraire, devait être grisant. Mais là encore, les livres ne lui étaient pas d'une grande utilité, puisque la pratique prônait sur la théorie…
Depuis qu'elle avait appris qu'elle était une sorcière et qu'elle devrait aller à Poudlard, le 31 août, elle avait affiché un petit calendrier au-dessus de son lit dont elle rayait soigneusement les jours. Encore deux cases, et elle serait à Poudlard…
Sa valise était déjà prête, ses livres rangés, ses habits pliés, tout son matériel empaqueté de manière à ne pas être abîmé lors du voyage. Un mois auparavant, au moment de les faire, sa mère s'était aperçue que leurs valises ne contiendraient jamais toutes ses affaires, et avait donc rapidement organisé une deuxième sortie sur le Chemin de Traverse pour aller acheter une valise digne de ce nom. Lors de ses achats, Hermione avait tenté quelques fois de retrouver une tête blonde parmi les enfants qui peuplaient maintenant la rue, mais en vain. Je le reverrai sans doute à Poudlard, de toute façon ! s'était-elle dit alors.
OoOoO
Ça y est. C'était enfin le jour J, le jour tant attendu par Hermione, et appréhendé par ses parents. Ce serait la première fois qu'Hermione partirait aussi longtemps de la maison, et étant fille unique, ses parents devraient s'habituer à ne pas la revoir tous les soirs.
Ils prirent la voiture pour se rendre à la gare de King's Cross où ils tentèrent tant bien que mal de décharger les affaires d'Hermione, qui étaient somme toute assez conséquentes. Une fois arrivés sur les quais, les parents d'Hermione se tournèrent vers leur fille.
« Ma chérie, est-ce-que tu sais où est la voie 9 ¾ ? C'est indiqué sur ton billet que ton train part de cette voie-là, mais je ne saurais pas te dire où elle se trouve… De plus, je serais bien embêtée de demander une telle chose à un contrôleur, il me répondrait quelque chose comme "Vous vous payez ma tête, c'est ça ?", donc bon…
- Il me semble avoir lu dans un livre qu'elle se trouvait entre la voie 9 et 10 et qu'il faut traverser un mur. Allons-y, nous verrons bien une fois là-bas ! »
Elle ne vit pas la tête de ses parents à la mention de « traverser un mur », mais ces derniers se disaient que puisque les gobelins existaient, on devait bien pouvoir traverser des murs, pourquoi pas ?
Finalement, ils parvinrent à trouver cette fameuse voie 9 ¾. Hermione s'émerveilla devant la locomotive rouge à vapeur. Il y avait un grand nombre de personnes en ce départ. Des parents accompagnaient leurs enfants en leur prodiguant les dernières recommandations, d'autres élèves se débrouillaient seuls, et n'en étaient manifestement pas à leur premier départ…
Hermione, qui scrutait la foule, reconnut de loin sa tête blonde. Le garçon était entouré de ses deux parents. Son père avait l'air froid et sa mère prenait un air assez hautain. C'était à se demander s'ils savaient sourire…
« Mon ange, nous allons te laisser là, nous avons un rendez-vous important dans une demi-heure. Nous t'aimons très fort ! Pense à nous écrire surtout ! Tous les jours, si tu veux !
- Oui ne vous inquiétez pas pour ça ! Je vous aime aussi ! » s'exclama-t-elle en se jetant à leur cou.
Derrière eux, elle put se rendre compte que le garçon blond n'avait pas droit à une telle effusion de tendresse… Son père semblait lui donner des ordres, et sa mère se contentait d'acquiescer de temps en temps. Le garçon lui ne disait rien, se contentant de fixer un point devant lui, et de hocher la tête tout comme sa mère quand l'occasion se présentait.
Après un dernier câlin de ses parents, elle se dirigea vers l'un des derniers wagons du train, et hissa péniblement sa valise à bord. Après avoir choisi un compartiment, elle rangea sa valise avec l'aide d'un élève plus âgé dans les filets au-dessus des sièges et s'installa. Elle avait gardé un sac à côté d'elle pour le voyage, qui comprenait un en-cas et un livre, ainsi qu'une photographie de sa famille qu'elle avait prise au dernier moment avant de partir. Elle se doutait que ce serait dur, d'être ainsi éloignée aussi longtemps d'eux, mais étais déterminée à tout faire pour rendre ses parents fiers d'elle. Prenant son livre, elle se plongea dans sa lecture, et sentit le train s'ébranler. Sa nouvelle vie commençait, elle allait enfin pouvoir faire de la magie, et apprendre à connaître ce monde qui jusque-là n'avait pris forme que dans ses livres et son imagination.
Après quelques minutes, elle fut dérangée par l'arrivée d'un groupe de trois élèves, qui prirent place dans son compartiment par manque de place autre part. Hermione pinça légèrement les lèvres. Ils étaient relativement bruyants, jamais elle ne pourrait se concentrer dans sa lecture ! Elle tenta quand même, mais abandonna quand elle se rendit compte qu'elle n'avait parcouru que trois lignes en quatre minutes, relisant sans cesse le même paragraphe. Glissant le livre dans son sac, elle ouvrit son paquet de biscuits et en grignota tout en contemplant le paysage. Au bout de cinq heures heure de trajet, elle entreprit de mettre sa robe de Poudlard. Ils ne devraient plus tarder à arriver maintenant. Un des garçons de son compartiment, un brun assez joufflu, avait passé le trajet à faire des allers-retours entre les wagons, demandant à qui voulait bien l'écouter s'ils n'auraient pas vu un crapaud nommé Trevor. Après une énième sortie, il revint, dépité, dans son compartiment. Hermione, prise de pitié, lui proposa d'aller voir les derniers wagons avec lui. Le visage du garçon s'illumina, et il accepta. Hermione et lui se rendirent donc dans les deux derniers wagons du train. Dans le premier, personne n'avait vu de crapaud, et ils arrivèrent finalement dans le dernier wagon. A l'intérieur, deux garçons était assis, l'un brun et l'autre roux. Après avoir demandé s'ils n'avaient pas vu un crapaud, et la réponse étant négative, Neville fit demi-tour. Hermione, s'apercevant que le garçon roux avait dans sa main une baguette Hermione ne put s'empêcher de lui demander s'il faisait de la magie. Elle était toujours fascinée par les tours que l'on pouvait effectuer avec une baguette.
Pris de court, le garçon tenta de colorer son rat en jaune, mais ce fut un échec. Hermione, qui était ravie de voir qu'elle ne serait probablement pas la seule à rater des tours, voulut essayer à son tour. Avisant que les lunettes du brun étaient cassées, elle tenta un sort pour les lui réparer qu'elle avait lu dans un livre, et qui fonctionna à merveille. Hermione était ravie. Elle se présenta auprès des garçons, et crut halluciner lorsqu'elle aperçut une cicatrice en forme d'éclair sur le front du brun.
« Nom d'une chouette, tu es Harry Potter ! » s'exclama-t-elle.
Elle avait lu dans un de ses livres ce qu'il s'était passé le soir où les parents de Harry avaient été tués par le plus grand mage noir de tous les temps, et comment Harry avait survécu en l'anéantissant alors qu'il n'était encore qu'un bébé.
En sortant du compartiment, elle trouva utile de rappeler aux deux garçons qu'ils feraient mieux de se changer s'ils ne voulaient pas arriver à Poudlard en tenue moldue.
Le train arriva finalement à destination, en gare de Pré-au-Lard, alors que le soleil se couchait. Les élèves de première année durent se rassembler devant l'homme le plus grand qu'Hermione avait jamais vu. Elle vit Harry le saluer, ils avaient l'air de se connaître.
Ils furent conduits près des barques, dans lesquels ils s'installèrent. Au moment où Hermione se demandait lequel d'entre eux allait ramer, la barque commença à se mouvoir. Mais bien sûr, tout est magique ici… se souvint-elle.
Au loin, Hermione fut émerveillée par la vision du château. Elle avait vu plusieurs illustrations de Poudlard, mais ce n'était rien comparé à ce qu'elle voyait. Les grandes tours imposantes se découpaient dans la pénombre, le château semblait immense, perché sur les rochers. Beaucoup de fenêtres étaient illuminées, et le château se reflétait dans les eaux noires du lac. Les barques déposèrent finalement les élève sur un quai, et ils grimpèrent les marches de l'escalier qui les séparait du château. Après quelques minutes, ils arrivèrent devant de grandes doubles portes. On les fit patienter là, le temps d'aller chercher un professeur.
Hermione, comme à son habitude, se trouvait vers les premiers, tout comme Harry, son ami roux (Ron Weasley d'après ce qu'elle avait entendu) et également le garçon blond. Elle assista à ce qui sembla être la première querelle de l'année. Le blond, qui s'était présenté comme étant Drago Malefoy, avait proposé son amitié à Harry, qui l'avait publiquement refusée. L'espace d'un instant, Hermione se sentit triste pour lui. Ce dernier n'avait manifestement pas l'habitude de se voir refusé quoi que ce soit et, il s'écarta, non sans lancer un rapide coup d'œil en direction d'Hermione, qui se mit à rougir discrètement, sans qu'elle sache très bien pourquoi. Elle se dit que ce devait être à cause de la fois où ils s'étaient rentrés dedans en sortant de la ménagerie. Elle espérait qu'il ne lui en voulait pas trop, et qu'ils pourraient devenir amis, pourquoi pas ?
Une femme arriva finalement, se présenta comme étant la professeur McGonagall, directrice de la Maison Gryffondor, et leur expliqua comment la soirée se déroulerait. Puis marchant à sa suite, ils entrèrent dans une salle immense.
Hermione connaissait déjà cette salle, elle avait lu et relu le livre L'Histoire de Poudlard chez elle. Elle entreprit d'expliquer à la fille qui se tenait à côté d'elle tout ce qu'elle savait dessus, de l'origine des statues jusqu'au plafond magique. Elle savait également tout des maisons que comportait Poudlard : Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard.
Elle savait que la plupart des sorciers et des sorcières qui avaient mal tournés étaient allés à Serpentard, Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom y compris… Les élèves de première année se massèrent devant l'estrade au fond de la salle, sur laquelle était posé un tabouret. Sur ce dernier, une sorte de chapeau reposait. Plusieurs d'entre eux sursautèrent et poussèrent des exclamations lorsque le Choixpeau s'anima.
Hermione le connaissait, pour l'avoir lu dans le livre, mais c'est tout de même assez impressionnant de voir un chapeau bouger, parler et même chanter. Car le Choixpeau venait d'entonner une chanson dans laquelle il vantait les qualités des maisons. Une fois sa chanson terminée, il fut chaudement applaudi, et l'appel commença. Hermione qui, jusque-là avait été très détendue -autant qu'on puisse l'être à ce moment-là du moins-, sentit son ventre se nouer… Et si l'on ne l'appelait pas ? Et si elle ne figurait pas sur les listes ? Et si le Choixpeau lui disait qu'elle ne correspondait à aucune maison ? Et si... Pourrait-elle supporter de devoir rentrer chez elle, après tout ce qu'elle avait fait ? Plus les élèves étaient appelés, plus Hermione sentait son stress augmenter. Elle sentit son estomac se nouer encore plus lorsqu'elle fut appelée après Lisa Grabot. Se rassurant mentalement, elle s'avança jusqu'au tabouret. D'un naturel assez introvertie, elle n'aimait pas être le centre des attentions, et elle était donc assez mal à l'aise devant tous ces gens qui la fixaient en attendant de savoir où elle serait répartie. Tout à son malaise, elle sursauta lorsqu'elle entendit la voix du Choixpeau résonner à l'intérieur de sa tête.
« Mmmm oui je vois… je vois… Une grande intelligence mais nuancée par une certaine volonté de faire ses preuves… Un certain courage et une loyauté à toute épreuve, mais également une grande compétitivité et une hargne à être la première… Faire ses impressions mais sans rabaisser les autres… Aucun doute avec toi : GRYFFONDOR ! »
Hermione n'avait jamais été aussi soulagée de sa vie, aussi loin que ses souvenirs remontaient. Gryffondor, la maison des braves… Elle ne pouvait rêver meilleure maison ! Même si Serdaigle lui aurait parfaitement convenu également… Souriante, elle alla à la table des Gryffondors sous leurs applaudissements.
Après quelques appels, vint le tour de Drago. Hermione avait senti que ce dernier n'était pas apprécié parmi les Gryffondors, mais ignorait encore pourquoi… A peine le Choixpeau eût-il effleuré ses cheveux gominés qu'il fut envoyé à Serpentard. Hermione fit une petite moue discrète. Elle avait sans doute espéré qu'il serait envoyé à Gryffondor, pour qu'ils fassent plus ample connaissance. Il n'avait pas l'air tellement méchant, et l'avait même empêchée de tomber l'autre jour…
Les noms défilèrent, jusqu'à celui d'Harry Potter. Notre Gryffondor ressentit l'anxiété, aussi bien du côté des élèves que des professeurs, tout le monde retenait son souffle. L'histoire du survivant était connue aussi bien chez les adultes que chez les enfants, et même les nés-moldus comme Hermione avait la possibilité de connaître son histoire. Elle était bien placée pour le savoir, elle savait qu'on parlait de lui dans Histoire de la Magie moderne, dans Grandeur et décadence de la magie noire ainsi que dans Les grands événements de la sorcellerie au XXème siècle !
Finalement après quelques minutes d'attente et de dialogue mental entre Harry et le Choixpeau, ce dernier décida de l'envoyer à Gryffondor. Finalement, le garçon roux, Ron Weasley, fut également envoyé à Gryffondor, pour le plus grand plaisir d'Harry. Une fois la cérémonie de la Répartition terminée, Albus Dumbledore prit la parole :
« Bienvenue ! Bienvenue à tous pour cette nouvelle année à Poudlard. Avant que le banquet ne commence, je voudrais vous dire quelques mots. Les voici : nigaud ! grasdouble ! bizarre ! pinçon ! Je vous remercie ! »
Sur ces mots, il se rassit. Jetant un œil à la salle, Hermione s'aperçut que quelques premières années étaient tout aussi désorientés qu'elle. Elle entendit même Harry demander à Percy, un des grands frères de Ron s'il n'était pas un peu fou, ce à quoi le roux répondit qu'il était au contraire un génie, voire le plus grand sorcier du monde ! Bien qu'étonnée, Hermione ne dit rien. Après tout, tous les ouvrages décrivant de près ou de loin Dumbledore le couvraient d'éloges et de titres plus honorifiques les uns que les autres. Elle commença finalement à se servir, tout en se demandant s'il y aurait assez de nourriture pour tout le monde tant elle était affamée ! Après tout, une telle journée remplie d'émotions, ça creuse. Seulement, elle changea bien vite d'avis lorsqu'elle vit Nick Quasi-sans-Tête, le fantôme de Gryffondor ôter sa tête à cause d'une remarque -stupide soi-dit-en passant- de Ron…
Tout au long du repas, Hermione jeta des coups d'œil vers la table des verts et argents. Elle était parvenue à repérer sa tête blonde, légèrement sur la droite par rapport à elle. Elle était quelque peu déçue qu'il n'ait pas été envoyé à Gryffondor, car pour l'instant, c'était la seule personne qui avait été un tant soit peu gentille avec elle. Elle se souvenait encore de ses mains qui l'avaient rattrapée au vol, de son regard, d'un gris bleuté, métallique… Elle n'avait encore jamais vu une telle couleur dans les yeux de quelqu'un. Il faudrait qu'elle pense à lui demander de qui il les tenait, ou s'il portait des lentilles.
« Bonjour, moi c'est Lavande ! Et toi tu t'appelles comment ? »
Hermione sursauta -elle commençait maintenant à en avoir l'habitude…- et s'arracha à sa vision. Se retournant, elle avisa une fille de son âge qui la regardait avec de grands yeux bruns. Ses longs cheveux caramel étaient délicatement ondulés mais une moue dédaigneuse tordait sa bouche.
« Euh… je… je… Hermione. Je m'appelle Hermione. »
- Ooooh Granger c'est bien ça ?
- Je… Oui mais, comment…
- Les listes des dortoirs. On est dans le même !
- Oh super, génial ! »
Hermione fit un bref sourire, que l'autre jeune fille ne vit pas car elle s'était déjà retournée vers son amie pour partager des anecdotes et des potins entendus dans le train. Hermione soupira intérieurement en se servant une part de fondant. La fille avait l'air d'être une vraie commère, elle ne pourrait jamais lire tranquillement le soir si elle papotait toujours avec son amie.
Au moment d'aller se coucher, Hermione resta quelques instants éveillée, assise en tailleur sur son lit. Elle n'arrivait toujours pas à réaliser la chance qu'elle avait. Elle se souvint d'Amélia, une amie qu'elle avait eue à une époque, et qui partageait sa passion pour les contes de fée et de magie. Si elle savait ce que je suis... Hermione sourit un instant puis, se plongeant dans ses couvertures, s'endormit bientôt…
Un (très) long prologue par rapport à ce que je fais d'habitude, mais je pouvais pas le couper en deux, sachant que ce n'était vraiment que pour introduire l'histoire, le reste sera différent, vous verrez ^^
Vous en avez pensé quoi ?
Je publierai toutes les semaines (a priori tous les lundis, mais ça reste à voir), comme j'avais fait avec ma précédente fic (Interdit mais pas impossible)
Sur ce, portez-vous bien mes loulous, à bientôt ! (et puis... ben en attendant, vous seriez adorables de me faire un cadeau pour mon anniv' avec une review, non ? ^^)
- La Fouineuse -
