Médecine douce
Titre : Healing Touch
Auteurs : Arineat & Digitallace
Traductrice : Azweig
Statut de l'histoire : terminée (5 chapitres)
Statut de la traduction : terminée (5/5 chapitres)
Note de la traductrice : Il m'en aura fallu du temps pour terminer cette traduction mais elle est enfin complète. Je remercie tous les lecteurs et lectrices qui l'on suivie malgré le long hiatus. Je remercie tout particulièrement hippopotamette qui a eu la gentillesse de terminer cette traduction lors de ce hiatus : ce dernier chapitre t'est dédié.
Chapitre 05
Draco pesa environ trente grammes de poisson-globe et les ajouta au chaudron bouillonnant, mélangeant dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, surveillant les signes d'une réaction contraire. Lorsque la mixture tourna au violet irisé, il hocha la tête, un petit sourire satisfait aux lèvres. Plus que quelques semaines et la potion serait fin prête.
Entendant des bruits provenant de son bureau, Draco jeta un sort d'inertie et quitta la pièce, n'oubliant pas de replacer les protections sur la porte derrière lui. Il se retourna et vit Harry marchant vers lui d'une démarche presque assurée. La semaine passée avec Draco avait permis une large amélioration de son état. Avec l'aide des potions sur mesure préparées par Draco ainsi que l'usage régulier de la pommade, Harry avait été remis sur pied et capable de marcher en l'espace de quelques jours, contrairement à la semaine entière prévue par Madame Pomfresh, et ce même s'il y avait eu pas mal de jurons et autres répliques désagréables dirigés envers Draco.
Aucun d'entre eux n'avait mentionné le baiser qu'ils avaient partagé et cela ne s'était pas reproduit depuis. Enfin, peut-être que le terme « partager » était utilisé un peu librement étant donné que Draco était simplement resté là comme s'il avait été touché par un Petrificus totalus. Le blond se répétait cela en se maudissant pour la millionième fois cette semaine. Il avait eu Harry Potter, l'homme de ses rêves, consentant et abandonné dans ses bras et il était resté là comme un parfait idiot et n'avait rien fait. Le temps qu'il regagne sa contenance, Harry avait bredouillé une excuse, semblant si gêné que Draco était persuadé qu'il voulait oublier toute cette histoire.
Les choses étaient rentrées dans l'ordre - si ordre il pouvait y avoir lorsqu'Harry Potter vivait dans ses appartements - et pour Draco, c'était à la fois une bénédiction et une malédiction. D'un côté, ils s'entendaient aussi bien que possible, avec seulement quelques moments vaguement embarrassants. D'un autre côté, Draco perdait lentement mais sûrement toute raison à cause de la proximité d'Harry et surtout l'impossibilité de le toucher. La chose la plus frustrante et déroutante de toutes était sans doute le comportement d'Harry à son égard. En dehors des habituels commentaires incisifs et de leurs incessantes chamailleries, Harry avait été plutôt sympathique. Peut-être trop sympathique, en réalité. Il était toujours souriant et toujours trop proche. Trouvant toujours un moyen de toucher Draco, le rendant fou de désir. Si Harry n'était pas un si parfait exemple de Gryffondor, Draco penserait que l'homme le faisait exprès.
C'en était trop et au lieu de se débarrasser de ce ridicule béguin, Draco pouvait sentir son attirance s'intensifier de jour en jour. Ce ne fut qu'en plein milieu de la préparation de la potion qu'il réalisa qu'il était fou amoureux de cet abruti à binocle. Pourquoi sinon passerait-il tout son précieux temps libre à concocter un remède qui ne ferait qu'éloigner Harry de lui ? Draco savait qu'Harry souhaitait voler à nouveau, plus que toute autre chose. Non pas en tant qu'instructeur, mais en tant que joueur de Quidditch professionnel à part entière, avec la possibilité de faire autant de cascades et de plongeons qu'il voudrait. Voir l'expression douloureuse sur le visage d'Harry à chaque fois que le sujet était abordé remuait quelque chose d'inconnu au plus profond de Draco et après seulement deux jours à prendre soin d'Harry, il avait commencé à préparer un remède.
Secouant légèrement la tête pour se changer les idées, il leva un sourcil interrogateur en direction d'Harry alors qu'il pénétrait dans la pièce.
« - Regarde-moi ça, tu peux maintenant marcher par toi-même. »
Draco renifla théâtralement et essuya une larme imaginaire au coin de l'œil.
« - Je suis tellement fier.
- Va te faire voir, Malfoy », dit Harry avec un petit sourire en s'approchant.
Draco lui répondit avec un sourire narquois et observa Harry alors qu'il venait à côté de lui. Un étrange silence suivit tandis que les deux hommes se fixaient l'un l'autre du regard.
« - Bon, eh bien… », dit Harry, rompant le silence avec un rougissement curieux. « Je suppose que puisque je suis quasiment rétabli je devrais peut-être te laisser récupérer tes appartements.
- Bien », répondit Draco, essayant de son mieux d'ignorer le sentiment de vide dans sa poitrine. Un nouveau silence tomba tandis qu'ils continuaient à se fixer du regard, debout.
« - Je…
- Eh bien. »
Ils s'arrêtèrent de parler aussi soudainement qu'ils avaient commencé, tous deux rigolant nerveusement. Harry rougit de plus belle, passant une main dans ses cheveux, un signe de nervosité que Draco pouvait reconnaître à des kilomètres. Il n'eut pas le temps de se demander pourquoi Harry était aussi nerveux que l'homme leva les yeux vers lui, une lueur déterminée dans le regard.
Les sourcils de Draco se levèrent alors qu'Harry se rapprochait encore, pressant son corps musclé par le Quidditch le long du sien. La main d'Harry se leva lentement pour venir s'enrouler à la base du cou de Draco, ses doigts se lovant dans les mèches de cheveux recouvrant la nuque, alors qu'il tirait Draco vers lui. Le doux effleurement de leurs lèvres ne pouvait être qualifié de baiser mais cela fut suffisant pour lui couper instantanément le souffle et lui échauffer le sang.
« - Harry », murmura Draco comme une prière pleine de révérence avant de se presser contre lui, approfondissant le baiser, tandis que ses bras se refermaient autour de la taille de l'ancien Gryffondor, le serrant étroitement contre sa poitrine.
La langue de Draco traça les contours de la bouche d'Harry, le faisant haleter légèrement avant d'accéder à la silencieuse demande de Draco. Il gémit lorsque sa langue rencontra celle d'Harry, l'esprit submergé par le fait écrasant qu'il était enfin en train d'embrasser l'homme qu'il avait désiré depuis bientôt dix ans. Les mains de Draco commencèrent à se mouvoir d'elles-mêmes comme il explorait la bouche délicieuse qui s'offrait à lui, ses doigts passant sous l'ourlet de la chemise d'Harry pour caresser la peau chaude qui se trouvait en dessous.
Bien trop tôt, le besoin de reprendre leur respiration les fit se séparer, l'un comme l'autre reprenant leur souffle tandis que leurs regards ne se quittaient pas. Les mains de Draco saisirent les fesses fermes d'Harry pendant que ce dernier s'accrochait à ses épaules pour éviter de perdre l'équilibre.
« - Baise-moi », dit Harry soudainement, les yeux fixés sur Draco et les paupières lourdes de désir.
A ces mots, la verge déjà dure de Draco se mit à palpiter presque douloureusement.
« - Harry, je ne peux pas. Tu es encore en convalescence.
- Je vais bien, Draco. S'il te plaît. » gémit Harry tandis qu'il se penchait pour déposer une série de baisers le long de sa mâchoire jusqu'à mordiller gentiment la peau tendre juste derrière l'oreille de Draco.
« - Harry…
- S'il te plaît. »
Ces trois petits mots associés à la sensation des lèvres d'Harry sur son cou détruisirent toute velléité d'opposition chez Draco. Sans le prévenir, il agrippa les hanches d'Harry, le retourna et le pressa contre le bureau en bois, ses lèvres reprenant possession de celles d'Harry avec une féroce intensité. Les mains de Draco défaisaient les boutons de la chemise d'Harry, travaillant avec célérité pour révéler la glorieuse étendue de chair musclée et halée, attendant d'être adorée. Se penchant en avant, Draco couvrit la peau chaude de baisers brûlants et de morsures, suçant, léchant et goûtant la peau d'Harry avec enthousiasme.
Harry gémit sous l'assaut de cette bouche vorace, ses mains s'affairant frénétiquement à défaire les boutons de la chemise jusqu'à ce qu'enfin, elles atteignent l'abdomen de Draco. Celui-ci gémit à son tour lorsque ces mains rendues rugueuses par le Quidditch le touchèrent pour la première fois, chaque caresse enflammant la peau qu'elle trouvait sur son chemin.
« - Nous devrions faire ça dans la chambre », murmura-t-il entre deux baisers alors même que ses mains s'étaient glissées dans le pantalon d'Harry pour caresser son érection. Les jambes de Draco faillirent se dérober sous lui lorsqu'il entendit le gémissement que laissa échapper Harry.
« - Non. Ici et maintenant », ordonna Harry, bataillant avec la fermeture du pantalon de Draco puis baissant le vêtement offensant pour révéler des hanches minces. Les yeux émeraudes s'assombrirent à la vue de la queue de Draco délivrée des vêtements contraignants, le gland luisant sous la lumière.
Harry déglutit avec difficulté et leva les yeux vers Draco, une question muette dans le regard. Draco acquiesça d'un hochement de tête et Harry tendit le bras, enroulant avec précaution ses doigts autour du membre pour le caresser d'un long mouvement prudent.
« - Putain… », grogna Draco, s'arrêtant un moment de toucher Harry pour se cambrer à la sensation de la caresse hésitante.
Les yeux d'Harry s'écarquillèrent et un sourire taquin étira ses lèvres alors qu'il prenait d'une main plus ferme la queue de Draco.
Draco gémit encore, les yeux fermés, alors que la main d'Harry le malaxait ; ses mouvements, d'abord hésitants, gagnaient en confiance. Harry compensait son manque d'expérience par son seul enthousiasme. Le corps de Draco vibrait de plaisir à chaque va-et-vient, ses genoux menaçant de se dérober, tandis qu'un pouce massait son gland, étalant le fluide qui s'était accumulé à cet endroit. Draco sentit son orgasme arriver bien trop tôt et attrapant le poignet d'Harry, il l'arrêta.
« - Si tu continues comme ça, je ne vais pas tenir bien longtemps », avertit Draco.
Harry sourit à cette proclamation, un air de fierté assumée sur le visage.
Draco réalisa qu'Harry avait effectivement réduit son self control à néant et se résolut à reprendre le contrôle de la situation. Draco se mit à genoux tout en attrapant le pantalon d'Harry à deux mains et le tirant avec lui. Il goûta du bout de sa langue la queue devant lui, observant Harry par-dessous le rideau de ses cils blonds presque blancs. Le gémissement surpris qui échappa à Harry incita Draco, dont les lèvres étaient étirées en un sourire suffisant, à venir envelopper de sa bouche la queue d'Harry.
Draco suçait avec délectation toute la longueur d'Harry tout en faisant des petits bruits d'approbation à chaque râle et juron qui s'échappait des lèvres au-dessus de lui. Des mains puissantes vinrent s'insinuer dans ses cheveux soyeux tandis qu'Harry s'enfonçait dans sa bouche. Comprenant que l'homme allait atteindre son orgasme, Draco redoubla d'efforts ; suçant et usant de sa langue pour mieux l'aguicher jusqu'à ce qu'il sente Harry tirer désespérément sur ses cheveux.
« - Draco, je vais… »
Draco gémit lorsqu'Harry jouit, fort et brusquement, emplissant sa bouche d'un fluide épais et doux-amer. Il avala goulûment et lécha Harry si avidement avec de languides coups de langue que celui-ci le supplia d'arrêter en tremblant. Enfin, Draco céda et se releva pour planter un baiser profond et langoureux sur les lèvres d'Harry.
Sans briser le baiser, Draco plaça ses mains sur les hanches d'Harry et le guida jusqu'à ce qu'il soit assis sur le bureau. Draco glissa alors ses mains des hanches aux cuisses, les écartant autant que possible pour s'insinuer entre elles. Alors qu'il taquinait la langue d'Harry avec la sienne, Draco faisait errer ses mains, dessinant doucement des cercles sur l'intérieur sensible des cuisses avant de remonter vers ses fesses.
« - Tu es sûr ? », murmura Draco tandis que ses doigts s'insinuaient pour tracer l'entrée d'Harry qui se cambra sous la caresse, le souffle coupé.
« - Absolument sûr », répondit-il, se cambrant davantage, comme pour s'empaler sur les doigts offerts.
Une vague de désir emplit Draco au mouvement involontaire et il se pencha pour poser un autre baiser passionné sur les lèvres d'Harry avant de s'éloigner légèrement pour mieux admirer le tableau qui s'offrait à ses yeux. Harry Potter – Sauveur du Monde Sorcier et fléau de son existence depuis aussi longtemps qu'il se souvienne – était étalé sur son bureau, quasiment nu si ce n'était pour sa chemise déboutonnée, les joues rouges, les yeux émeraudes presque noirs et brûlants de désir, alors qu'il attendait impatiemment d'être caressé par Draco, d'être enfin sien.
Cette pensée fit finalement bouger Draco. Il tira le tiroir supérieur de son bureau, en extrait un pot normal de baume médicinal et l'ouvrit. Il sourit avec un petit air suffisant face au regard amusé d'Harry.
« - Je suis un Serpentard et un maître des Potions. J'aime être toujours prêt », dit-il avec un clin d'œil.
Il embrassa Harry pour faire disparaître toute trace d'amusement et plongea ses doigts dans le baume pour ensuite tracer l'anneau de muscles, étalant la substance chaude avant de presser un doigt à l'intérieur d'Harry. Celui-ci geignit, la respiration haletante, face à l'intrusion et se tendit immédiatement.
« - Relaxe-toi, amour », murmura Draco contre les lèvres d'Harry, ne faisant que très peu attention au terme affectueux qu'il avait utilisé pour mieux se concentrer sur le doigt qui faisait de légers mouvements de va-et-vient dans le muscle contracté. « Je sais que la sensation est étrange mais ça va allait mieux. Fais-moi confiance. »
Était-ce ses actions ou bien ses encouragements, toujours est-il que les muscles d'Harry commencèrent à se détendre. Les yeux de Draco rencontrèrent ceux d'Harry qui étaient emplis d'une telle émotion qu'il ne put s'en détacher. Retirant son doigt, Draco en inséra deux, les bougeant avec douceur mais fermeté, faisant confiance aux propriétés médicinales du baume pour faire leur travail et apaiser tout inconfort pour Harry.
Ses inquiétudes concernant le bien-être d'Harry furent rapidement balayées par le cri de plaisir qui s'échappa de ce dernier lorsque Draco toucha sa prostate. Un sourire satisfait étira les lèvres de Draco qui s'efforça de reproduire la sensation et de rendre totalement incohérent Harry. Son érection se réveilla et palpita de désir entre leurs deux corps, la verge rouge, suintante et absolument parfaite.
« - Maintenant, Draco ! Maintenant, s'il te plaît ! »
Le peu de contrôle qui restait à Draco s'évanouit face à cette demande désespérée. Il retira ses doigts et lubrifia précipitamment sa queue avec davantage de baume, choisissant d'ignorer le surplus qui dégoulinait. Il attrapa les hanches d'Harry pour l'attirer au bord du bureau et pressa son érection en un mouvement précis et rapide.
Draco fut bouleversé par l'étroitesse des muscles d'Harry autour de lui et son corps trembla alors qu'il essayait de ne pas jouir tout de suite. Une fois qu'il fut sûr et certain de ne pas ruiner le moment, Draco se retira presque entièrement et s'enfonça à nouveau avec un gémissement. Harry lui répondit par un cri de plaisir tout en entourant les hanches de Draco de ses jambes et en en réclamant plus. Draco se laissa alors aller à son instinct animal. Le bruit des corps contre les corps, de la verge de Draco s'insinuant dans le corps offert d'Harry, s'élevait dans les airs, accompagné des gémissements et des bruits de plaisir.
Sachant qu'il ne durerait pas plus longtemps, Draco ajusta légèrement l'angle de ses hanches pour que tous ses coups puissants enfoncent sa queue plus profondément et lui permettent de frôler la prostate d'Harry, lui arrachant ainsi une litanie de jurons seulement interrompue par le chant du nom de Draco. Alors qu'il enroulait un bras autour de la taille d'Harry pour mieux le stabiliser, Draco glissa son autre main entre leurs corps pour caresser la verge douloureusement rouge d'Harry, l'amenant à la jouissance. L'action concertée des spasmes du corps d'Harry et de ses cris firent jouir à son tour Draco.
Il savoura les derniers instants de son plaisir en s'enfonçant une dernière fois dans Harry. Draco s'affaissa un peu plus contre le bureau, son front rencontrant celui d'Harry, alors que ses jambes le maintenaient à peine debout.
« - Reste, murmura-t-il.
- D'accord », répondit Harry dans un souffle.
Draco hocha la tête et essaya de reprendre son souffle. Tandis que son cœur se calmait peu à peu, Draco se sentit sourire bêtement avant de laisser échapper un petit gloussement qui se transforma rapidement en rire à gorge déployée lorsqu'il sentit la confusion d'Harry.
« - Qu'est-ce qui te fait rire ? », demanda Harry, essayant sans grand succès de dissimuler ses insécurités.
Draco rigola encore un peu avant de finalement se calmer et de répondre.
« - Je viens juste de baiser Harry Potter sur l'ancien bureau de Severus Snape. »
Les yeux d'Harry s'écarquillèrent sous le choc avant qu'un sourire puis un rire ravi ne lui échappent, entraînant une plainte de Draco dont la verge était toujours enfouie dans son corps.
« - Je me demande où nous pouvons réitérer cet exploit, dit Harry avec une joie et un ton de défi à peine dissimulés.
- J'ai quelques idées. »
Deux semaines plus tard, Harry se rendit compte qu'il était véritablement heureux pour la première fois depuis son accident de Quidditch. Il était relativement en bonne santé, était un professeur correct et était complètement amoureux.
Une fois qu'ils avaient dépassé leurs incertitudes par le biais d'une partie de sexe époustouflante sur l'ancien bureau de Snape – ce qui ne manquait pas de faire sourire Harry dès qu'il y pensait – Draco s'était montré à la fois insatiable et entreprenant. Harry s'était alors retrouvé dans des situations compromettantes, plus souvent qu'il ne se l'était imaginé ; et cela incluait une rencontre nocturne très excitante à la Grande Table, et plus précisément sur la chaise de McGonagall.
Ils s'embrouillaient autant qu'avant, de nombreux aspects de leur rivalité se traduisant dans leur vie sexuelle, mais Harry trouvait que cela ajoutait de l'intensité à leurs rencontres. Leur rivalité les stimulait l'un l'autre et malgré leurs différences, ou peut-être grâce à elles, ils se complétaient parfaitement.
Le Quidditch manquait de moins en moins à Harry plus il se rapprochait de Draco. Il commençait même à penser qu'il pourrait vivre à Poudlard et être heureux avec le blond à ses côtés. Bien entendu, il n'avait toujours aucune idée des sentiments de Draco à son égard. Il était bien évidemment attiré par Harry comme le démontrait le nombre incroyable de fois qu'ils avaient fait l'amour. Draco ne semblait pas capable de se retenir dès qu'Harry était dans les parages et cela lui convenait bien.
Harry savait que Draco tenait à lui mais il ne connaissait pas la profondeur de ses sentiments pour lui. En fin de compte, Harry était, pour le moment, content de ce qu'il avait. Merlin seul savait que Draco n'était pas une personne expansive et Harry était certain que s'il approchait le sujet, il serait simplement mis de côté. Il ne pouvait qu'être reconnaissant pour ce qu'il avait et arrêter d'espérer des choses qu'il ne pouvait avoir.
Sur ces sages pensées, Harry retourna son attention sur le match de Quidditch juste à temps pour déclarer la victoire des Gryffondors.
Draco jeta un coup d'œil dans le chaudron et son cœur rata un battement tandis qu'il observait les volutes bleu poudré de la potion qui semblaient refléter ses propres émotions. Il était en grande partie fier d'avoir été suffisamment malin pour concocter une telle potion. Elle allait révolutionner la médecine telle que le monde la connaissait et Draco serait reconnu comme l'homme qui aurait aidé à sauver de nombreuses vies. Mais il n'y avait qu'une seule vie qui l'intéressait en ce moment et cette potion allait sans aucun doute être la raison qui l'éloignerait des bras de Draco et le rendrait à la vie de joueur professionnel de Quidditch. Il se refusait à penser à cela maintenant. Il ne pouvait penser qu'à la joie qu'il pourrait lire dans ces yeux émeraude quand il dirait à Harry qu'il sera capable de voler à nouveau.
Il était temps de rendre à Harry sa vie d'avant. Une vie de célébrité, de liberté et d'excitation. Une vie sans Draco.
Etouffant la douleur aigue qui le traversait à cette pensée, Draco transféra la potion dans une fiole en verre. Il la scella et la leva à la lumière, la potion scintillant innocemment. Là-dedans se trouvait la fin de sa relation avec Harry. Pendant un moment, Draco envisagea de ne pas le lui donner. Il méritait sûrement un peu de bonheur après les tourments qu'il avait endurés ? Il pourrait détruire la fiole et Harry ne le saurait jamais. Ils pourraient être heureux ensemble. Seul le souvenir du visage d'Harry, ses traits empreints de tristesse et d'envie, le décida d'abandonner cette idée.
Avec un lourd soupir, Draco glissa la potion dans sa poche et alla trouver l'homme qu'il aimait. Il le trouva bien assez tôt, assis en face de la cheminée, dans le salon de Draco, comme s'il faisait partie du décor. Harry se retourna et lui offrit un sourire chaleureux qui fit vaciller les bonnes résolutions de Draco. Quel mal y avait-il à attendre quelques semaines de plus pour lui donner la potion ? Ou peut-être même quelques mois ?
Déglutissant difficilement, il se maudit de ne plus être le Serpentard égoïste et s'avança avec détermination vers le Gryffondor, lui mettant la fiole dans les mains avant qu'il ne puisse faire marche arrière. Il refusa de croiser le regard confus de son amant et à la place, fixa le feu.
« - Qu'est-ce que c'est ? demanda Harry dans un chuchotement presque inaudible. Cela ne ressemble pas à mon traitement habituel.
- Ce n'est pas ton traitement habituel, répondit Draco, avec un ton étrange dans la voix. C'est un remède, ajouta-t-il simplement, comme s'il ne venait pas de donner à Harry une fiole contenant son plus profond souhait.
- Un remède ? répéta Harry, avec un regard d'espoir mêlé de confusion.
- Il guérira ta blessure d'origine, comme si elle n'avait jamais eu lieu, sa vanta Draco. Libre à toi de t'incliner à mes pieds pour me vénérer et de nommer ton premier-né d'après moi.
Draco le regarda enfin. Harry fixait la fiole de liquide bleu, ignorant les paroles hautaines de Draco, alors qu'une myriade d'émotions se reflétait sur son visage ; l'incrédulité, la stupeur, l'espoir. Il leva des yeux pleins de confusion et d'une émotion difficilement cernable vers Draco.
- Je ne comprends pas. C'est ce dont j'ai rêvé depuis la première nuit que j'ai passé à Sainte-Mangouste. Pourquoi… Pourquoi as-tu fait ça pour moi ? demanda-t-il, tournant et retournant la potion dans ses mains comme une pierre précieuse.
Draco haussa les épaules avec indifférence, faisant de son mieux pour paraître détaché et froid.
- J'avais du temps libre et puis, je ne pouvais décemment pas te laisser traîner dans le château en faisant la même tête qu'un fantôme errant, n'est-ce pas ?
Harry cligna des yeux et regarda tour à tour la fiole et Draco, son visage s'éclairant lorsqu'il prit conscience de ce que ça signifiait.
- Oh Merlin… oh, merde.
- Qu'est-ce que tu pensais que c'était ? demanda Draco, qui avait compris ce qu'Harry venait de réaliser. J'ai partagé mon lit avec toi, j'ai partagé ma vie avec toi et tous les jours, j'ai senti ton insatisfaction face à l'existence que tu menais. Tu ne penses pas que j'ai compris qu'être à Poudlard était un plan B, un choix fait de force à cause de ta blessure ? Tu ne penses pas que j'ai réalisé que je suis ton lot de consolation ?
- Je ne veux pas de ce remède, déclara Harry avec fermeté, rendant à Draco sa fiole.
- C'est absurde, bougonna Draco tout en essayant de redonner au Gryffondor la potion qu'il avait entre les mains.
- Pendant tout ce temps, je me suis plaint de mon sort, j'ai pleurniché de ne plus pouvoir voler, de ne plus pouvoir ressentir cette joie, quand j'avais quelque chose qui m'apportait bien plus de bonheur en face de moi. Non, je ne veux pas retourner à ma vie d'avant si cela signifie perdre ce que j'ai maintenant. Si cela signifie te perdre alors je n'en veux pas, dit Harry d'une voix pleine de conviction.
Le cœur de Draco rata un battement en entendant la déclaration d'Harry. Harry l'aimait. Il l'aimait suffisamment pour abandonner le Quidditch et sa vie d'avant. Harry Potter l'aimait suffisamment pour abandonner sa passion et sa liberté. C'était à la fois inconcevable et inimaginable et cette réalisation emplit Draco d'une joie si complète et si parfaite qu'elle menaçait de le submerger entièrement.
- Tu sais, dit-il d'un ton rendu plus léger par les mots d'Harry et sa proximité. Tu pourrais toujours prendre le remède et décider de ne pas redevenir un joueur de Quidditch professionnel. Si jamais il y a quelque chose qui te retient ici ?
- Eh bien, chuchota Harry, en se rapprochant. Je me sentirais mal de rater la nomination de Creevey en tant que capitaine l'année prochaine.
- Je vois, répondit de manière ironique Draco, avec une moue qu'Harry se dépêcha d'effacer par un baiser.
- Et puis, bien sûr, tu es ici, murmura Harry contre sa bouche. Dis-moi, Draco, tu ne vas pas te lasser de m'avoir dans ton lit toutes les nuits ?
Draco haussa les épaules d'un air impérieux.
- Peut-être mais nous pouvons toujours tenter et voir ce que ça donne.
Harry sourit et se pressa contre lui, embrassant Draco. Comme le baiser devenait plus pressant, Draco gémit, son cœur battant à toute allure. Non. Il ne se lasserait jamais de ça.
Fin
