Hello hello !
Voilà des années (et c'est peu dire !) que je n'avais pas écrit de fanfiction... confinement oblige, je me retrouve dans une période très Harry Potter, et très vite, je reviens sur ce site pour lire vos histoires et forcément très vite, j'ai envie d'en écrire à mon tour.
Je n'avais encore jamais écrit sur l'univers d'Harry Potter, bien que je sois fan depuis mon plus jeune âge.
Cette fiction était censée être un OS, pour me dégourdir un peu les doigts. J'ai une autre fanfiction sur laquelle je travaille depuis plusieurs semaines, mais avant de m'attaquer franchement à son écriture, je voulais d'abord écrire quelque chose de beaucoup plus léger afin de me remettre sur les rails.
Ceci était supposé être un OS donc, mais je trouvais le résultat trop long, et finalement, pourquoi pas découper l'histoire en plusieurs chapitres courts.
Cette histoire se déroule 6 ans après le 7ème tome. Bien évidemment, je ne prends en compte ni l'épilogue, ni L'Enfant maudit.
N'hésitez pas à me donner vos retours !
Bonne lecture ! :)
- Putain... c'est pas vrai, merde !
Les insanités étaient sorties de la bouche d'Hermione sans qu'elle ne puisse les contrôler. Elle venait de sortir de son bureau quand elle avait reçu la petite note de service. Elle avait immédiatement reconnu l'écriture de Ron et avait senti qu'elle n'aimerait pas le contenu du petit mot.
Elle avait eu raison, puisque Ron lui indiquait en quelques mots qu'il ne pourrait pas venir déjeuner avec elle ce midi, trop occupé à la boutique qu'il tenait désormais avec son frère Georges.
Elle soupira bruyamment, incapable de garder pour elle la frustration qu'elle ressentait à ce moment-là. Elle ne comptait plus le nombre de fois où Ron était censé venir manger avec elle pour ensuite annuler au dernier moment, toujours avec une bonne excuse en prime.
Dépitée, elle verrouilla la porte de son bureau d'un coup de baguette avant de prendre le chemin du réfectoire du Ministère. Exceptionnellement, elle avait décidé de s'accorder une pause repas plus longue pour aller au restaurant avec son fiancé, mais encore une fois, ses jolis plans tombaient à l'eau.
La tête basse, sans le moindre entrain, elle se dirigea vers l'ascenseur de son étage. Elle fixait le sol d'un air morose, n'essayant même pas de faire bonne figure : à cette heure-ci, les couloirs étaient déserts. Du moins c'est ce qu'elle pensait avant de rentrer dans quelqu'un, son front cognant un torse masculin de plein fouet.
- Et merde ! jura-t-elle à nouveau, entendant à peine l'exclamation de surprise à côté d'elle.
Relevant la tête en massant son front, elle eut le déplaisir de constater qu'elle venait de rentrer en plein dans Drago Malefoy.
- Granger, l'apostropha-t-il avec son inébranlable air méprisant.
- Malefoy, répondit-elle sur le même ton. Désolée, je ne regardais pas où j'allais.
- C'est ce que je constate.
Un silence gênant s'installa alors qu'ils attendaient l'ascenseur. Hermione ne se sentait jamais à l'aise quand elle croisait son collègue. Cela n'arrivait pas souvent puisqu'il travaillait au Département des Mystères, et elle se demandait vaguement pour quelle raison il se trouvait là, dans le Département de la Justice Magique, qu'elle dirigeait depuis peu.
Evidemment, les relations qu'ils entretenaient étaient bien différentes de l'époque de Poudlard. Après la guerre, il y avait déjà de cela six ans, tout avait changé. La première fois que Harry et Drago s'étaient croisés au Ministère, officiellement en tant que collègues, ils s'étaient fait face un long moment, avant que Harry ne tende une main pacifiste à son vieil ennemi. Il n'avait pas oublié que Drago avait volontairement feint de ne pas le reconnaître dans le manoir Malefoy, alors que son visage était quelque peu déformé par le sortilège cuisant qu'une Hermione paniquée venait de lui jeter. Il n'avait pas oublié non plus que c'était grâce à Narcissa Malefoy, qui avait menti à Lord Voldemort, qu'il avait pu prétendre être mort quelques minutes avant de prendre le dessus sur son rival.
De son côté, Drago n'avait pas oublié que Harry, Ron et Hermione avaient pris le temps de leur sauver la vie à lui et Goyle, dans la salle sur Demande, en pleine bataille de Poudlard.
Sous les regards curieux de tous les gens présents autour d'eux, et surtout ceux de Ron et Hermione, Harry Potter et Drago Malefoy s'étaient serrés la main d'un geste qui, loin de promettre une quelconque amitié, assurait une entente désormais cordiale entre les deux anciens rivaux.
Cependant, si Harry avait décidé de faire la paix, les choses étaient différentes pour Ron et Hermione.
Ron était incapable de pardonner et d'oublier tout ce que Malefoy leur avait fait subir à l'école. Quand ils se croisaient, ils s'accordaient un léger signe de tête, mais Ron ne manquait jamais de l'insulter dans sa barbe une fois que le blond était hors de vue.
Pour Hermione, c'était encore autre chose. Certes, Malefoy lui avait fait beaucoup de mal dans sa jeunesse, et les moqueries et insultes étaient gravées en elle, tout aussi bien que la cicatrice que lui avait laissé Bellatrix Lestrange sur le bras. Cependant, ces querelles d'adolescents étaient bien derrière elle, et elle aurait pu passer outre, mais il n'empêche qu'elle n'était jamais à l'aise quand Malefoy était dans les parages. Peut-être parce que, malgré le fait qu'il ait changé depuis le collège, il semblait toujours aussi indifférent au monde qui l'entourait ; ou encore peut-être parce qu'elle éprouvait une compassion étrange pour cette famille brisée, avec un père emprisonné et une mère qui se retrouvait seule à gérer cet empire familial, avec la quasi intégralité de sa famille enfermée à Azkaban ou morte pendant la guerre.
Après quelques secondes de silence pendant lesquelles Hermione fixait toujours le sol avec insistance, Drago lui demanda :
- Tout va bien, Granger ?
Elle releva la tête pour le regarder, soupçonneuse. Elle n'aurait su dire s'il avait un réel intérêt pour ce qu'il venait de demander, son visage toujours aussi insondable, mais le fait qu'il lui pose la question signifiait qu'elle devait vraiment avoir l'air au bout du rouleau.
Hermione remarqua que Drago regardait discrètement le mot de Ron qu'elle tenait toujours dans sa main. Elle s'empressa de l'écraser sous ses doigts avant d'en former une boule de papier.
- Oui, mentit-elle. Juste un peu fatiguée.
Cela, en revanche, était à peine un mensonge. Elle ne comptait pas ses heures au travail et sacrifiait beaucoup trop de son temps de sommeil.
Malefoy leva un sourcil, peu convaincu.
Lorsqu'ils arrivèrent à destination, Hermione se pressa de sortir du lieu clos.
Elle se rendit au réfectoire sans envie. Elle savait qu'elle allait devoir manger toute seule et, bien qu'elle appréciât de temps en temps de se retrouver en solitaire et de prendre du temps pour elle, aujourd'hui elle n'en avait aucune envie. Harry était parti aux Etats-Unis deux semaines pour suivre Ginny qui participait à un tournoi de Quidditch. Ses deux meilleurs amis sur un autre continent, Hermione se sentait terriblement seule. Elle n'avait que très peu d'amis, et encore moins au Ministère. Sa très rapide évolution de poste avait fait des jaloux parmi ses collègues. Elle s'en moquait éperdument, bien sûr, mais il y avait certains jours où cela la pesait plus que d'autres.
Elle s'installa donc à une table isolée et sortit un livre de son sac. La lecture était le meilleur remède contre la solitude, elle était bien placée pour le savoir.
Plongée dans son livre et en oubliant même de manger, elle ne vit pas que quelqu'un s'approchait de sa table, et elle sursauta quand elle remarqua que cette même personne s'assit juste en face d'elle.
- Malefoy ?
Elle n'avait pas voulu que cela sonne comme une question, mais elle était si surprise qu'elle n'avait pu empêcher le son de sa voix de monter dans les aigus.
- Les Gryffondor ne savent définitivement pas mentir, répondit-il. Encore une qualité à ne pas ajouter à votre courte liste.
- C'est une qualité de savoir mentir ?
- Oui. Cacher ses émotions, c'est essentiel, surtout quand on a un poste comme le tien.
- Et est-ce que je pourrais savoir pourquoi Drago Malefoy s'intéresse à mon état émotionnel ?
- Je déjeune seul ce midi et je suis curieux, dit-il simplement.
Il avait la fâcheuse habitude de toujours regarder son interlocuteur dans les yeux, ce qui déstabilisait quelque peu la jeune femme. Bien que la timidité qui la gênait quelque peu pendant son enfance s'était presque totalement dissipée, il n'en restait pas moins que le regard acier perçant de Malefoy était troublant, tant il était inquisiteur.
- Quoi donc pour apaiser ta curiosité ?
- J'ai juste envie de savoir ce qui peut perturber autant Miss Hermione Granger, dit-il de sa voix traînante.
Hermione l'observa un instant, incapable de déterminer s'il se moquait d'elle ou non. Bien sûr, il avait évolué ces dernières années, mais Hermione était persuadée qu'une personne ne pouvait pas changer du tout au tout. Drago Malefoy restait donc Drago Malefoy, et elle se méfiait de chaque mot qui sortait de sa bouche, surtout ceux qui se voulaient aimables, tant cela ne lui ressemblait pas.
- Tu dois beaucoup t'ennuyer pour t'intéresser autant à ça, répondit Hermione sur un ton moqueur. Ou alors le Département des Mystères te monte à la tête et te fait penser que tout le monde ment ?
Lui répondre avec sarcasme était encore la meilleure chose à faire, et surtout la seule manière dont elle savait lui parler. Drago lâcha un sourire discret.
- Je suis juste très fatiguée, conclut-elle.
- Hmm... très bien, concéda Malefoy, toujours peu convaincu. Dans ce cas tu devrais manger, ajouta-t-il en montrant l'assiette toujours pleine d'Hermione d'un signe de tête.
- Je ne savais pas que tu voulais devenir Médicomage.
Drago sourit à nouveau, cette fois-ci plus franchement.
- Toujours sur la défensive. On ne change pas les bonnes habitudes !
Il lui prit la pomme qu'elle n'avait pas non plus touchée, puis croqua dedans avant de se lever.
- A plus, Granger.
Hermione répondit avec un hochement de tête. Pourquoi diable venait-elle d'avoir un échange poli avec Drago Malefoy ? Mine de rien, il lui avait tenu compagnie l'espace d'un instant, ce qui était toujours mieux que Ron à l'heure actuelle. Hermione soupira en songeant à son fiancé. Elle chercha la boule de papier qu'elle avait fourré dans sa poche afin de relire inutilement une nouvelle fois les mots de Ron, mais ses doigts ne trouvèrent que du vide.
