Hello !
Tout d'abord, un grand merci à vous pour les retours que vous m'avez fait sur le chapitre précédent. Je suis très heureuse de savoir que ça vous a plu !
Avant-dernier vrai chapitre avant un court épilogue. C'est ça d'écrire une mini-fiction, ça passe super vite !
J'espère que vous êtes prêt pour connaitre la Grande Réponse d'Hermione à la déclaration de Drago. :D
Bonne lecture !
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CHAPITRE 6
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Lorsqu'ils revinrent dans la salle de réception, tout le monde avait disparu. Après un rapide coup d'œil vers l'extérieur, Drago vit leurs invités échanger entre eux. Maintenant qu'ils n'étaient plus séparés par cette allée centrale, ils se mêlaient tous ensemble. Il aperçu même quelques sourires et entendit le rire de Pansy percer le brouhaha.
Drago se tourna vers Hermione qui contemplait le spectacle. Ils échangèrent un regard, suivi d'un sourire. Tous deux s'éclipsèrent dans une petite pièce adjacente tandis que Millicent réunissait les invités.
Moins de quinze minutes plus tard, Drago s'avançait, pour la deuxième fois de la journée, devant l'autel. Cette fois-ci, ce n'était plus l'angoisse de l'inconnu qui lui broyait les entrailles. Comme dans un mariage traditionnel, il savait qui franchirait cette porte, quelques minutes après lui. Pourtant, il ne parvenait pas à se détendre.
Les visages de ses invités étaient plus apaisés que lors de son premier passage, certains comme Astoria, Pansy et même Potter semblaient très excités par les événements. Lui, par contre, n'arrivait plus à esquisser le petit sourire qu'il avait arboré la première fois.
Allait-elle venir ? N'allait-elle pas profiter de ces quelques minutes d'attentes pour se sauver en courant ? Drago craignait de voir ses espoirs, une seconde fois, réduits à néant. Si elle ne venait pas, alors, c'en serait fini pour lui. Il demanderait à Millicent de supprimer son dossier et ne chercherait plus à séduire par ses propres moyens.
En l'espace de quelques minutes, la vie de Drago avait diamétralement changé. Ce matin encore il s'habillait, dans l'impatience de rencontrer celle qui ferait battre son cœur. Aujourd'hui, et malgré toutes les difficultés, il savait que cette personne ne pourrait être une autre qu'elle. Finalement, c'était évident. Hermione Granger était la femme qu'il lui fallait, aussi insupportable, têtue et compliquée soit-elle.
Alors, quand la musique se mit à retentir et que l'assemblée se leva, Drago commença à suffoquer. Il ne restait que quelques notes avant qu'elle fasse son apparition. Le moment passa et l'orchestre, surpris, recommença à jouer.
Toujours rien.
Les invités se regardèrent, commençant à désespérer de voir la mariée faire son entrée. Drago était livide, son souffle n'était toujours pas revenu et son cœur était au bord de l'arrêt.
Et puis, croyant tous ses espoirs perdus, sa silhouette finit par se dresser, au bout de l'allée. Elle arborait un petit sourire timide et dissimulait une partie de son visage derrière son bouquet. Elle peinait à garder la tête levée et encore plus à croiser le regard de qui que ce soit.
Le visage de Drago reprit quelques couleurs et ses yeux, ne voulant plus la quitter, de peur qu'elle disparaisse de nouveau, se mirent à pétiller de joie. Un fin sourire s'infiltra sur ses lèvres, gardant timidement ses distances.
Elle était venue, mais la bataille n'était pas gagnée pour autant.
Une fois qu'elle fut arrivée à sa hauteur, les invités se rassirent et tous se tournèrent vers le mage qui commença à officier. Drago n'était pas sûr d'être en capacité d'entendre quoi que ce soit d'autre que le sang qui battait contre ses tympans. Hermione, comme à son habitude, semblait concentrée mais ne cessait de triturer nerveusement le pauvre morceau de raphia qui serrait son bouquet. Drago ne pouvait détourner son regard d'elle. Il semblait la voir pour la première fois.
Il sursauta lorsque le mage s'adressa à lui, ayant complètement perdu le fil de son discours.
« Monsieur Drago Malefoy, acceptez-vous de prendre mademoiselle Hermione Jean Granger, ici présente, pour légitime épouse ?
- Oui, dit-il sans même prendre le temps de réfléchir, offrant un doux sourire à sa fiancée. »
Hermione lui rendit timidement son sourire avant de tourner la tête pour accrocher le regard d'un de ses invités. Drago mourait d'envie de se retourner voir celui qu'elle contemplait en ce moment si solennel mais se retint. Elle n'avait pas encore dit oui qu'il commençait déjà à ressentir les frétillements de la jalousie. Il allait devoir se ressaisir au plus vite.
Fort heureusement, son attention revint vers lui lorsque le mage reprit la parole.
« Mademoiselle Hermione Jean Granger, acceptez-vous de prendre monsieur Drago Malefoy, ici présent, pour légitime époux ? »
Pour ce qui lui semblait être la centième fois de la journée, Drago retint son souffle. Hermione le regardait intensément. Il se doutait qu'elle essayait de lire sa sincérité en lui. Il voulut lui transmettre toute sa force, sa conviction et son respect à travers ce regard, et tenta maladroitement de lui décrocher un sourire doux et patient.
Il lui sembla que le mage avait posé sa question depuis une décennie lorsqu'elle ouvrit enfin la bouche, pour, dans un souffle, donner son consentement.
Drago sentit ses lèvres se retrousser dans un gigantesque sourire avant même que son cerveau ne comprenne réellement ce qu'il était en train de vivre. Il était un homme marié.
Tous deux joignirent leurs mains devant le mage qui les recouvrit d'une poussière d'étoiles scintillantes.
Blaise se leva pour confier à Drago un écrin de velours bordeaux. Il en sortit une jolie bague en or, surmontée de quelques pierres discrètes mais élégantes.
« J'espère qu'elle te plaît ? demanda-t-il en la glissant au doigt d'Hermione.
- Elle est parfaite, répondit-elle en balbutiant d'émotion. »
Harry vint à son tour rejoindre le couple pour confier à Hermione un simple anneau doré qu'elle apposa sur l'annulaire de Drago.
Ils se regardèrent, ignorant superbement les applaudissements qui résonnaient dans la salle. Le temps semblait suspendu, il n'y avait qu'eux-deux, unis par un lien sacré, qui n'arrivaient toujours pas à y croire. Leur bulle se perça lorsque Blaise, dans toute sa délicatesse scanda :
« Et le bisou ? »
Les joues d'Hermione se couvrirent de rose alors que Drago laissa échapper un petit rire.
« Acceptes-tu que je t'embrasse ? demanda-t-il avec douceur, sans pouvoir détacher ses yeux des siens. »
Hermione hocha doucement la tête. Elle semblait trop prise par l'émotion pour pouvoir prononcer le moindre mot. Alors, avec une lenteur désespérante, Drago s'approcha d'elle, glissa une main sur sa joue et déposa ses lèvres sur les siennes.
Les applaudissements redoublèrent d'intensité mais jamais Drago n'avait fait si peu cas des démonstrations alentour. Ils retournèrent dans leur bulle. Ce baiser, qui ne devait être qu'une simple caresse, s'éternisa. Ils se sentirent si bien, si complets qu'ils peinèrent à se détacher l'un de l'autre. A peine ils s'éloignèrent qu'ils s'embrassèrent de nouveau, déclenchant quelques rires et sifflements dans l'assemblée.
Si Drago n'avait plus beaucoup de doutes, il était à présent persuadé de savoir. Millicent ne s'était pas trompée. Hermione était et demeurera, la femme de sa vie.
Ils sortirent de la salle main dans la main, le sourire aux lèvres. Ils ne pouvaient s'empêcher de se regarder, d'échanger quelques rires, sans raison apparente.
Leurs invités les avaient précédés et les recouvrirent de pétales de rose lorsqu'ils arrivèrent à leur hauteur. Tout le monde semblait vouloir toucher les mariés, lançant leurs félicitations, serrant vigoureusement les mains et les épaules de Drago. Les joues d'Hermione étaient à leur tour prises d'assaut et leurs mains durent se séparer sous le poids des accolades.
Il était déjà près de quinze heures lorsqu'ils rejoignirent la salle de réception. Une large table trônait en son centre, accueillant largement le peu d'invités présents. Des perce-neiges bordaient les murs tapissés de dorures et une douce odeur d'herbe fraîchement coupée baignait les lieux.
Au fond de la salle, un orchestre était déjà installé sur un vaste parquet brillant, accompagnant l'arrivée des invités d'une douce mélodie.
Drago, ayant rapidement retrouver la main de sa femme, la guida jusqu'à leur place, en plein centre de la table. Blaise et Keira s'installèrent à côté de Drago, comme Harry et Ginny le firent avec Hermione. Théo et Ron leur firent face, accompagnés de leurs épouses. Pansy et sa tribu complétèrent la table, laissant les enfants Potter se joindre à eux. Luna, Mrs et M Weasley, ainsi que les parents des mariés s'installèrent de l'autre bout.
Quand Drago vit sa mère s'asseoir à côté de Mrs Granger, une montée de stress l'envahit. Il ne cessa de les observer durant quelques minutes mais voyant les mines polies de chacun, finit par se détendre.
« Bon, il était temps de passer à table, je meurs de faim ! clama Blaise en se frottant l'estomac.
- J'image que Blaise et Ron vont bien s'entendre, glissa Hermione à l'oreille de Drago qui lui répondit d'un rire. »
Les serveurs arrivèrent, disposant devant chaque invité une généreuse coupe de champagne. Il eurent à peine le temps de s'en saisir que, déjà, Harry se leva, faisant tinter la sienne.
« Bonjour à tous. Je ne pense pas qu'il soit utile que je me présente, commença-t-il en déclenchant quelques rires. Je sais qu'il est du rôle du témoin de préparer un discours mais, j'ai eu bien du mal à m'atteler à cette tâche sans connaître l'identité du futur époux. En le voyant devant moi, je suis encore plus embêté de trouver de belles choses à dire. »
Les rires redoublèrent d'intensité et Drago, bon joueur, se joignit à eux.
« Mais s'il y a quelqu'un sur qui je n'ai aucun mal à dire des merveilles, c'est sans aucun doute Hermione, reprit-il. Tu es ma meilleure amie depuis tellement d'années que j'ai arrêté de compter. Ensemble, nous avons traversé les pires épreuves, comme les plus grandes joies. C'est un honneur pour moi de te représenter aujourd'hui, comme garant de ton mariage. Si, il faut le dire, je suis plutôt surpris par le choix de ton mari, j'ai entièrement confiance en toi, et ton bon jugement. Tu es la personne la plus compréhensive, affectueuse et intelligente qu'il m'ait été donné de connaître. Tu mérites ce qu'il y a de mieux. Je pense que Ron se joindra facilement à moi pour t'adresser, à toi, nos plus grands vœux de bonheur et à Mal- à Drago, notre plus grande mise en garde. Hermione est une femme précieuse, qui mérite les meilleurs intentions. Il est aujourd'hui de ton rôle de savoir l'accompagner au quotidien. Je vous souhaite de connaître les plus beaux instants de bonheur. Au mariés ! dit-il en levant sa coupe.
- Aux mariés ! répondirent les invités en chœur.
- Oh et, si tu lui causes la moindre souffrance, tu es un homme mort, glissa Harry avant de se rasseoir, tandis que les invités ne savaient pas réellement s'ils devaient rire.
- Bien dit ! affirma Ron en hochant vigoureusement la tête.
- Voilà qui conclut chaleureusement un agréable discours, grinça Drago en regardant Harry.
- Je n'ai pas pu m'en empêcher, se justifia-t-il.
- Je comprends. Tu as toutes les raisons de douter de moi et il est tout à ton honneur de vouloir protéger ta meilleure amie. Mais rassure-toi, si souffrance il y a, je lui ai déjà assuré qu'elle ne viendra plus de moi.
- Alors c'est parfait ! »
Ils trinquèrent ensemble, scellant une promesse à l'aide de leur coupe avant de boire une gorgée.
« Hermione est-ce que tu accepterais de me présenter tes parents ? lui demanda Drago. »
Visiblement surprise, Hermione écarquilla les yeux mais y consentit de bonne grâce, heureuse qu'il fasse le premier pas. Ils se levèrent et rejoignirent le bout de table où la discussion allait déjà bon train.
« Papa, maman, je vous présente Drago Malefoy.
- Enchanté, sourient-ils en leur serrant la main.
- J'ai cru comprendre que vous vous connaissiez déjà ? demanda Mrs Granger en souriant à son nouveau gendre.
- Oui, Hermione et moi étions dans la même promotion à Poudlard.
- Fort bien, affirma son père. Je dois dire que ce cher Harry m'a ôté les mots de la bouche, jeune homme. Il me tarde de faire plus ample connaissance avec vous mais sachez que ma fille restera toujours ma priorité et que je n'ai nullement peur de vos baguettes magiques !
- Vous n'avez aucun souci à vous faire, Mr Granger. Comme je l'ai dit à Harry et à Hermione plus tôt, je mettrai tout en œuvre pour ne jamais lui faire perdre son merveilleux sourire.
- Voilà un homme galant qui sait parler aux femmes, roucoula Mrs Granger. Prends-en de la graine, Hector ! »
Hermione leva les yeux au ciel et le dit-Hector ronchonna, tandis que Drago lui adressa son sourire le plus charmeur. S'il pouvait conquérir la mère, la partie serait déjà à moitié gagnée. Ils échangèrent quelques banalités, Drago apprit qu'ils étaient dentistes et, même s'il n'avait pas la moindre idée de ce que cela signifiait, afficha un large sourire enthousiaste et hocha longuement la tête.
Ils finirent par faire le tour de la table, non sans prendre le temps auparavant de saluer les Weasley, pour arriver jusqu'à hauteur de Narcissa.
« Mère, je crois que tu connais déjà Hermione.
- Seulement de réputation, répondit-elle en pinçant les lèvres.
- J'ai suivi avec intérêt l'avancement de votre fondation. Il faut dire que vous avez fait des merveilles, dit poliment Hermione en lâchant un petit sourire.
- Vous me flattez. Mais il est vrai que Drago et moi avons longuement travaillé pour tenter d'améliorer les conditions de vie des plus miséreux.
- Tu es trop modeste, c'est à elle que tout le mérite revient, répondit-il en souriant. »
Narcissa profita de voir Hermione happée par les bras affectueux de Molly Weasley pour s'adresser à son fils en toute discrétion.
« Je dois dire que je ne m'attendais pas à trouver tous ces gens à ton mariage, mon fils. Ces moldus ont l'air charmant, par ailleurs. Ils ont un sens des convenances étonnant mais rien n'est plus désastreux que la conduite d'Arthur Weasley. Il ne fait que de les questionner sur leur façon de vivre et pose des questions particulièrement dérangeantes.
- Je ne pensais pas non plus trouver Hermione devant l'autel, tu sais. Mais je crois que finalement, je n'aurais pas pu trouver mieux.
- Si on m'avait dit que je marierais mon fils à une fille de moldus, je n'aurais pas voulu y croire ! Mais je t'ai promis de te soutenir et de te laisser vivre tes expériences. J'espère seulement que tu as raison et que vous trouverez le bonheur ensemble.
- Merci mère, répondit-il en lui pressant doucement la main, le seul geste d'affection à la limite de l'acceptable en société. »
Drago partit rejoindre Hermione qui semblait avoir terminé de combler les effusions de joie de Mrs Weasley. Il posa une main délicate sur le bas de son dos pour l'accompagner jusqu'à leurs chaises où de jolies assiettes généreusement garnies étaient apparues.
« C'est toi qui a choisi du saumon ? lui demanda Hermione en souriant.
- Oui, j'espère que tu aimes ça.
- C'est mon plat préféré. Fleur m'a dit que le marié choisirait l'entrée, j'espère que le plat que j'ai sélectionné te plaira tout autant.
- Tant que ce n'est pas du ragoût de murlap, tout me va, dit-il en riant. »
La conversation vint si facilement que c'en était déroutant. La Hermione paniquée, se rongeant les ongles près de la fenêtre était bien loin derrière eux. Elle semblait plus détendue que jamais, riant gaiement à chacune de ses plaisanteries. Leurs coupes de champagne restant constamment magiquement pleine devaient certainement y être pour beaucoup. Mais Drago ne pouvait rêver mieux. Enfin, elle semblait commencer à se laisser aller.
Il entendit Pansy, Astoria et Keira parler chiffons, se demandant où Ginny avait pu trouver une robe aussi sublime. Elles ne tardèrent pas à assaillir la dernière de question qui, peu intéressée par la mode, répondit vaguement que sa mère l'avait confectionnée main. Pansy décréta alors que Molly Weasley était certainement la femme la plus talentueuse d'Angleterre et s'empressa de la rejoindre pour s'enquérir de ses méthodes.
Les garçons, quant à eux, discutaient de leur travail. Tous étaient particulièrement fascinés par la boutique de Ron et ses nouvelles inventions. Drago, qui entendait vaguement les échos de leurs conversations, se demanda s'il parviendrait un jour à réellement apprécier ce type où s'il serait contraint de feindre son intérêt pour le restant de ses jours.
Mais pour l'instant, une seule personne occupait ses esprits. Peu importe que Weasley reste cet insupportable gamin geignard à ses yeux ou que Harry et lui ne parviennent pas à dépasser le stade de la cordialité. Tout ce qui importait se trouvait délicieusement devant ses yeux, sirotant sa coupe de champagne, l'air apaisé.
Pour la première fois depuis le début des noces, il prit le temps de réellement la détailler. Hermione avait fait relever quelques mèches de cheveux dans une sorte de tresse sophistiquée. Le reste de sa chevelure tombait gracieusement sur ses épaules, assouplie par des boucles soyeuses. Sa robe était tout bonnement sublime. Son encolure en cœur, brodée de dentelle, sublimait son décolleté. Ses épaules n'étaient que vaguement couvertes par cette même dentelle qui glissait jusque sur le long de ses bras. Le jupon, cintré à la taille, finissait par s'évaser légèrement. Il était surmonté d'un fin voile en organza délicat qui se terminait en une longue traîne immaculée. Ses yeux n'étaient que légèrement parés d'une poudre ocre et ses cils épaissis magiquement. Seules ses lèvres, charnues et envoûtantes s'illuminaient sous l'impulsion d'une fine couche de crème irisée, couleur bois de rose.
Divine.
Hermione semblait être tombée des cieux pour atterrir gracieusement à ses côtés. Aux yeux de Drago, plus aucune femme ne pourrait alors avoir d'importance. Il se sentait si charmé qu'il en venait à se demander s'il n'était pas sous l'effet d'une quelconque emprise. Il se demanda comment il avait pu, durant de si longues années, dénigrer cette femme, ne pas apprécier la douceur de ses traits et la fraîcheur sourde et pétillante de son regard.
Lorsqu'elle se tourna dans sa direction, il se rendit compte qu'il la fixait niaisement depuis dix bonnes minutes. Drago se racla la gorge pour se redonner contenance et s'attaqua à son médaillon de veau, tentant d'oublier ses prunelles envoûtantes.
La nuit était déjà tombée depuis longtemps lorsqu'il sortit prendre l'air, avant que le dessert ne soit servi. Il retrouva Blaise et Théo qui riaient à gorges déployées, appuyés contre un muret en pierre. La nuit était glaciale en ce mois de février mais tous deux avaient les joues rougies par les nombreuses coupes de champagne. Seule la buée qui sortait de leurs bouches béantes trahissait les températures négatives.
« Qu'est-ce que vous faites là, tous les deux ? Vous allez mourir de froid, les sermonna Drago en les couvrant d'un sortilège chauffant.
- Et toi alors ? Tu as enfin dénié quitter ta femme pour retrouver tes vieux potes ?
- Vous y croyez vous ? souffla Drago. Ma femme ! Bon dieu ça y est, je suis marié ! dit-il en admirant son alliance.
- Et pas avec n'importe qui, renchérit Théo en riant. Hermione Granger ! Eh ben ça alors ! Si je n'avais pas été là, je n'aurais jamais pu gober une histoire pareille.
- Alors, comment tu as pris la nouvelle ? s'enquit Blaise.
- Bien. Enfin, je crois. Tu sais à quel point je désirais me marier mais pas avec n'importe qui. J'ai choisi de faire confiance à Millicent. 96 % de compatibilité, n'oublions pas ! Et puis, au final, n'était-ce pas évident ? Après toutes ces années à se chamailler, cela devait forcément cacher quelque chose de plus profond. Il me tarde d'apprendre à mieux la connaître.
- Je ne pensais pas que tu réagirais si bien, s'étonna Théo.
- Moi non plus mais tu l'as vu, aujourd'hui ? Ses grands yeux pétillants, son sourire ravageur, cette robe qui… Merlin je n'ai plus les mots. Cette fille est une merveille. Comment est-ce que j'ai pu passer à côté d'elle, toutes ces années ? »
Ses témoins se mirent à siffler avant de rire grassement. Jamais ils n'avaient entendu Drago parler de la sorte. Drago leur sourit amicalement avant de s'installer à leurs côtés, sur le muret. Il vit Blaise agiter sa baguette qui leur rapporta un verre de whisky depuis l'intérieur du bâtiment et sortit une boite, contenant trois cigares de sa poche.
« Tiens, dit-il en les lui tendant.
- Alors comme ça, vous n'avez pas oublié, sourit Drago en l'allumant du bout de sa baguette. »
Théo s'était marié le premier, il y avait déjà de ça quelques années. Drago et Blaise l'avaient entraîné à l'extérieur, au milieu de la soirée pour partager avec lui un verre de son alcool préféré et un de ces cigares cubain démentiel qu'un collègue de Drago se procurait, on ne savait comment. La tradition était née. Ils en avaient fait de même pour Blaise, le jour de son mariage et Drago avait alors commencé à se demander quand viendrait son tour. C'était leur manière à eux de fêter, en toute intimité, les meilleurs instants de leurs vies.
« Bon, maintenant qu'on est entre hommes, tu vas pouvoir nous le dire, commença Blaise, un sourire vicieux juché sur les lèvres.
- De quoi est-ce que tu parles ?
- Tu t'éclipses avec la mariée durant près d'une heure, le jour de votre mariage et lorsque vous revenez, vous ne pouvez plus vous quitter des yeux. Avoue-le, Drago !
- Je ne vois pas ce que tu veux que j'avoue.
- Tu lui as fait du grand Malefoy ? Le coup du petit sourire en coin, la main dans les cheveux, tu ramasses négligemment une carte tombée au sol ! On la connaît ta technique. En moins de deux, la fille est dans ton lit ! Ça a aussi marché avec Granger ? ricana Blaise en recrachant sa fumée.
- Hé ! C'est de ma femme dont tu parles ! s'insurgea Drago avant de rire à son tour. Si tu avais vu l'état dans lequel elle était durant cette heure, tu n'aurais pas dit la même chose, soupira-t-il.
- Alors il a fallu que tu sortes l'artillerie lourde ? insista Théo.
- Non mais calmez-vous, les gars. Il ne s'est rien passé d'indécent ! Nous avons simplement discuté. A vrai dire, c'est surtout moi qui ait parlé. J'ai tenté de la rassurer sur la personne que j'étais devenue.
- Visiblement, tu as trouvé les mots justes. Elle te dévore des yeux.
- Tu crois ? demanda-t-il, la voix un peu plus excitée qu'il n'aurait souhaité.
- Je sens que tu vas bien t'amuser, ce soir, ricana Blaise en lui flanquant un coup de coude dans les côtes.
- Tu crois qu'elle va prendre ton nom ? demanda Théo avec plus de retenue.
- Je n'en sais rien. Nous avons rendez-vous lundi pour signer les documents officiels chez le notaire. Nous verrons à ce moment-là. »
Lorsqu'ils rentrèrent de nouveau dans la salle de réception, la gâteau venait d'être dressé et Hermione l'attendait en souriant pour couper la première part. Il s'empressa de la rejoindre, pointant en même temps qu'elle sa baguette devant l'immense wedding cake.
« Tout chocolat, hein ? dit-elle en souriant.
- Il paraît que c'est ton préféré, lui répondit-il en tendant un morceau devant ses lèvres.
- Comment est-ce que tu sais ?
- Je suis ton mari, maintenant, c'est le genre de chose que je me dois de connaître. »
La fin du repas arriva rapidement et l'orchestre se mit à jouer plus bruyamment. Hermione, le regard plus pétillant encore, attendait patiemment qu'il lui propose d'ouvrir le bal. Alors, Drago se leva, tendant sa main vers elle, le cœur battant à tout rompre.
Ils avancèrent gracieusement jusqu'au centre de la piste de danse. Drago glissa une main dans le bas du dos de sa femme et garda son autre main serrée dans la sienne. Comme durant l'échange des consentements, ils ne purent détacher leur regard l'un de l'autre. Une sorte de force invisible les conduisait, un fin sourire aux lèvres. Ils se mouvaient délicatement, tournoyant sur eux-mêmes avec naturel, comme s'ils avaient dansé ensemble toute leur vie.
« Je n'ai pas eu l'occasion de te dire à quel point tu étais magnifique. Je ne crois jamais avoir vu une robe aussi splendide et tu la sublimes à merveille, lui glissa-t-il au creux de l'oreille.
- Merci. Toi aussi tu portes très bien ton costume, tu es très élégant, répondit-elle en rosissant. »
Ils ne se rendirent qu'à peine compte que la musique était terminée que déjà, un rythme plus soutenu emplissait la pièce. Leurs amis étaient venus les rejoindre sur la piste et Drago fut arraché à sa belle par un Marcus Belby en feu qui gesticulait en tous sens. Bien qu'il fut horriblement frustré de mettre fin à ce contact, il ne put s'empêcher de rire devant ce spectacle. Pansy et lui se déchaînaient comme si personne d'autre n'existait, hurlant les paroles des Bizzar' Sisters, dans un tempo désastreux, sur la musique classique que l'orchestre s'évertuait à jouer. Drago dut se tenir les côtes mais très vite, fut entraîné à les rejoindre par Blaise, Théo et Astoria, tout aussi amusés que lui.
Ils sautèrent dans tous les sens, hurlaient à plein poumon devant une bande de Gryffondor partagés entre le malaise et l'hilarité. Drago attrapa la main de sa femme et l'entraîna dans leur ronde de folie. Le reste des invités finirent par se prendre au jeu et l'orchestre abandonna, se mettant à jouer les musiques les plus populaires du groupe de rock, sous les grands cris de joie de Pansy. Seule Narcissa regardait ce spectacle désolant de loin, secouant inlassablement la tête derrière son mouchoir en soie.
Après une petite dizaine de chansons et à bout de souffle, tous accueillirent avec ravissement une musique plus calme. Drago retrouva les bras de sa femme qui n'avait pas perdu son sourire joyeux et ses joues rougies d'avoir trop gesticulé.
« Alors comme ça vous savez vous amuser sans vous prendre aux sérieux, vous, les Serpentards ?
- Je crois que tu as encore beaucoup de choses à apprendre sur moi, répondit-il en souriant. »
Dans la folie de l'instant, il approcha son visage du sien avec naturel. Ce n'est qu'à quelques millimètres de ses lèvres qu'il se rendit compte de son geste, se demandant s'il était vraiment approprié. Ne voulant pas la brusquer, il déposa sa bouche sur sa joue, se reculant doucement en souriant. Mais Hermione ne semblait pas l'entendre de cette oreille et rapprocha son visage du sien pour déposer ses lèvres sur les siennes. Ce n'était qu'un chaste baiser, presque un effleurement, mais Drago était au paradis.
Les musiques s'enchaînèrent et Harry vint réclamer la main de sa meilleure amie pour une danse. Drago en profita pour retourner auprès de sa mère et lui accorder, à son tour, un moment en famille. Il savait à quel point Narcissa aimait danser mais aussi à quel point les occasions étaient devenues rares. Alors, il la fit tournoyer sur plusieurs musiques jusqu'à ce que Mr Granger, en gentleman, vienne lui proposer sa main. Narcissa perdit son flegme habituel et c'est bredouillante qu'elle accepta la main tendue de cet homme.
Drago rejoignit Hermione et tous deux restèrent figés devant ce spectacle que jamais ils ne pensèrent pouvoir admirer. Mais les deux aînés semblaient s'entendre à merveille et le rire gracieux de Narcissa ne cessait de ravir leurs oreilles.
La soirée continua dans la joie et la bonne humeur jusqu'à ce qu'épuisés et légèrement éméchés, tous leurs dirent au revoir, les uns après les autres. Drago dut subir les recommandations avinées de Ron qui le menaça de sa baguette s'il faisait le moindre tort à sa « Hermignonne ». Marcus leur chuchota ses meilleurs vœux, sa petite dernière dormant dans ses bras. Et tous tinrent à les prendre longuement dans les bras. Drago n'aurait jamais pensé vivre une accolade plus dérangeante que celle de Ron mais, finalement, Luna remporta la palme en le forçant à sautiller avec elle. Hermione ne put se retenir de rire devant ce spectacle et lui fit la promesse de ne jamais oublier ce moment. Drago fit appel à un service de transplaneur d'escorte, craignant que la moitié de leurs invités ne se désartibulent en chemin.
Et enfin, il fut temps pour eux de rejoindre l'immense chambre qui les attendait à l'étage. Arrivé devant la porte, Drago empêcha Hermione de l'ouvrir et, c'est un large sourire aux lèvres qu'il lui dit :
« Faisons les choses comme il se doit. »
Il la souleva, la faisant crier et rire à la fois, pour la tenir semi-allongée entre ses bras. Il lui offrit son plus beau sourire avant de finalement ouvrir la porte et de pénétrer dans la chambre, comme mari et femme. Il la déposa sur le lit avant de se gratter l'arrière du crâne.
« Écoute je… et bien, si tu veux, je vais prendre le canapé, proposa-t-il galamment.
- Oh et bien oui, enfin je veux dire, si c'est ce que tu veux…
- Et si on prenait un dernier verre ? proposa-t-il en avisant le mini bar.
- Avec plaisir, sourit Hermione qui semblait aussi soulagée que lui de ne pas devoir aller se coucher. »
Ils s'installèrent tout de même sur le lit, allongeant leurs jambes devant eux, une ridiculement petite bouteille de whisky chacun, entre les mains.
« Tu te rends compte de ce qu'on vient de faire ? soupira Hermione en buvant une gorgée.
- Est-ce que tu regrettes ? demanda-t-il, inquiet.
- Non, enfin, je veux dire… Pour l'instant, tu ne me donnes aucune raison de regretter.
- Et je ne compte pas t'en donner une seule, lui sourit-il.
- Drago est-ce que… mon dieu je n'arrive pas à croire que je t'appelle Drago, se mit-elle à rire.
- Oh, tu peux m'appeler Malefoy, si tu veux, mais ça risque de devenir bizarre si tu souhaites prendre mon nom.
- Ça, nous n'y sommes pas encore ! Pour l'instant je reste Hermione Granger !
- De toute façon, c'est toi qui choisira. Mais alors, qu'est-ce que tu voulais me demander ?
- Comment est-ce que tu en es arrivé là ? Je veux dire, pourquoi avoir choisi Love Agency pour rencontrer quelqu'un ?
- Ça fait plusieurs années maintenant que je cherchais la femme idéale. J'ai tout essayé, draguer dans les bars, les agences matrimoniales complètement bidons. Tu vas sûrement rire mais j'ai même fait ces croisières pour célibataires ridicules. Je n'y ai gagné qu'une intoxication alimentaire à cause d'un cocktail de crevettes moyennement frais. Et puis, j'ai entendu parler de l'agence de Millicent. J'imaginais m'inscrire dans une énième agence aussi ridicule les unes que les autres mais finalement, elle a su me convaincre de l'intérêt de son programme. Je me suis inscrit il y a environ sept mois et aujourd'hui, me voilà enfin marié.
- Sept mois ? Finalement je ne suis pas si difficile à caser que je croyais, rit-elle.
- Tu as attendu combien de temps, toi ?
- Seulement trois. Mais ça m'a déjà paru être une éternité. C'est une collègue du Ministère qui m'a parlé de l'agence. Comme toi, j'ai voulu tenter ma chance. J'espère ne pas m'être trompée.
- Je suis persuadé que non, la rassura-t-il en prenant ses mains dans les siennes. Hermione, je tiens une nouvelle fois à m'excuser, pour tout ce que j'ai pu faire par le passé.
- Ne parlons plus de ça, c'est notre nuit de noce, non ? Nous aurons tout le temps de remuer le passé dans les jours à venir. »
Ils continuèrent à discuter pendant des heures. La petite bouteille de whisky était terminée depuis longtemps et ils avaient sagement décidé de se mettre à l'eau, pour garder les idées claires. Drago lui raconta comment il avait ouvert son agence de prêts bancaires et Hermione lui fit l'article sur l'importance capitale du bon traitement des elfes de maison. Il la regarda s'emporter dans son discours avec un sourire attendri, appréciant de voir la fougue et la passion qu'elle mettait dans ses convictions. Il s'aventura à en apprendre plus sur le monde moldu en la questionnant sur son enfance mais se garda de révéler les détails plus sombres de la sienne.
Les premières lueurs de l'aube perçaient vaguement l'horizon lorsqu'ils songèrent à aller se coucher. Gêné, Drago ne sut pas vraiment s'il devait quitter le lit et resta penaud lorsque Hermione se leva. Elle lui fit un petit sourire mal à l'aise avant de venir à sa hauteur.
« Est-ce que tu pourrais… C'est que… Je ne vais pas pouvoir défaire tous ces boutons toute seule, demanda-t-elle en rougissant à vue d'œil. »
Drago ne se le fit pas dire deux fois et s'empressa de se lever pour porter ses mains délicates jusque dans son dos. Il défit précautionneusement un à un les boutons qui sublimaient son corsage alors qu'elle plaquait fermement ses mains sur sa poitrine pour empêcher sa robe de tomber.
« Je vais terminer dans la salle de bain, merci. Tu peux t'installer, lança-t-elle en désignant le lit depuis l'autre bout de la pièce. »
Drago ne retint pas son soupir de soulagement. Il allait pouvoir passer sa première nuit d'homme marié comme il se doit, aux côtés de sa douce.
Il récupéra sa baguette pour se jeter les sortilèges d'hygiène de base et se déshabilla, ne gardant que son caleçon, avant de se glisser sous les couvertures. A bien y regarder, ils pourraient largement dormir sans même avoir conscience de l'autre tant le matelas était vaste. Mais Drago espérait secrètement qu'elle accepterait de se nicher dans ses bras.
Le contact de sa peau lui était devenu si agréable qu'il souffrait de s'imaginer loin d'elle. Surtout après avoir vu la douceur élégante de son dos s'offrant à lui.
Lorsqu'elle revint vers lui, il eut toutes les peines du monde à garder la bouche fermée. Hermione était renversante dans sa petite nuisette de satin blanche. Comme sa robe de mariée, l'encolure était surmontée de dentelle, laissant entrevoir suggestivement les prémices de son décolleté.
En la voyant s'avancer angéliquement face à lui, Drago se demanda finalement s'il ne serait pas plus convenable de dormir séparément. Si elle venait se blottir contre lui, son corps se liguerait contre lui et il ne serait pas à même de lui dissimuler son désir.
Allongée à ses côtés, elle ne s'aventura pas à l'approcher plus que du bout des doigts. Elle caressa lentement son avant-bras, qu'il avait fait recouvrir depuis longtemps par un tatouage ornemental. En lieu et place de la sinistre tête de mort se dressait des arabesques élégantes, chacune se terminant par une lettre toute en boucle.
« Qu'est-ce que ça représente ? demanda Hermione en continuant de laisser traîner ses doigts sur sa peau.
- Chaque lettre est pour une personne qui m'est chère. Ici, tu as le N de Narcissa, le B de Blaise et l'initiale du prénom de tous mes amis.
- Et cet amas, là ?
- Ce sont pour mes neveux et nièces, les enfants de Pansy.
- Alors tu es un tonton gâteau ? Je n'arrive pas à y croire !
- J'adore les enfants et je crois qu'ils me le rendent bien. »
Hermione n'ajouta rien, se contentant de sourire en le regardant avec douceur. A son tour, il s'approcha d'elle et déposa un baiser au creux de sa joue, suivie par une multitude qui l'amenèrent jusqu'à ses lèvres. Finalement, elle vint se blottir tout contre lui et, si elle remarqua son désir, elle eut l'élégance de ne faire aucun commentaire.
C'est le nez plongé dans sa chevelure aux douces senteurs fleuries qu'il finit par s'endormir, priant pour que tout ça ne soit pas qu'un délicieux rêve.
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C'est bon, vous êtes soulagés ? Ahaha !
Je vous avais bien dit que cette histoire serait feel-good, aucune angoisse à se faire ! :D
J'espère en tout cas que ça vous a plu.
Merci une nouvelle fois pour vos retours et merci à The White Quill pour ses corrections et son soutien.
J'espère que le prochain chapitre va vous plaire. Si vous aimez le guimauve, ça devrait bien se passer !
La suite arrivera samedi,
A bientôt :)
