Bonjour tout le monde !
Merci pour toutes vos reviews. Nous approchons doucement de la fin (il reste tout de même encore quelques chapitres). Cette fiction comporte 78 chapitres.
Je tiens aussi à vous informer qu'une fiction est en cours d'écriture, histoire que j'ai quelques chapitres d'avance, et que je pense commencer à la poster lorsque j'aurai terminé de publier Quand la pureté reste dans l'âme et La Magie du Temps. N'hésitez donc pas à regarder, de temps à autres, mon profil.
La future fiction se nommera La famille d'abord. (Et n'a rien à voir avec la série TV, que je ne connaissais pas d'ailleurs XD).
Bonne lecture !
Quand la pureté reste dans l'âme
La noble et moderne famille Black
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Chapitre 71 :
La Forêt Interdite
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Le mois de novembre était passé calmement. Harry et ses amis avaient pu rejoindre le bureau directorial un à un, présentant leurs excuses pour leur comportement irresponsable et irréfléchi. Severus avait marmonné que, de toute façon, il ne pouvait pas attendre de gamins aussi jeune qu'ils soient plus intelligent qu'un scrout à pétard.
Hermione, qui n'avait pas revu Harry depuis l'incident, ne s'était pas ouverte aux autres. Ronald la rabaissait en public, faisant rire une bonne partie des Gryffondor, et les Serdaigle partageant son dortoir ne se mêlaient pas de ce qui ne les touchait pas directement.
Mais ses parents, bien qu'aimants et attentifs, avaient déjà beaucoup à faire avec leur retour dans le monde des sorciers, sans compter le petit dernier de la fratrie qu'il fallait conseiller, éduquer, aider, accompagner. Hermione n'avait pas envie de gâcher la joie qu'avaient ses "parents" de les retrouver et n'avait donc rien avoué sur son état actuel.
Anastasia, heureuse de découvrir un nouveau pays et l'école dans laquelle était allée sa mère, écrivait tous les soirs à Abigaelle pour lui décrire ses envies, ses impressions et ses rêves. Elle passait ses week-ends entre le Palais en Russie, le Manoir des Potter mais surtout le Square Grimmaurd où elle passait beaucoup de temps à discuter avec Sirius et Regulus qui ne s'y rendaient seulement lorsque la plus jeune des Black était présente.
Lors d'un weekend commun à Liberty Charms, début décembre, plusieurs nouvelles furent révélées.
Severus, ayant énormément discuté avec Elizabeth et Hardwyn, s'était vu poussé par Harry dans la direction contraire à ses propres « envies ».
Solène lui plaisait. Inévitablement. Ils s'entendaient très bien, pouvaient discuter des heures et des heures sans voir le temps passer. Elle était attentionnée, elle le rabrouait lorsqu'il était un peu trop sévère ou ronchonneur. Harry, qui avait menacé très sérieusement Solène d'une mort atroce si elle venait à faire souffrir son parrain, avait alors eut le culot d'ordonner à celui-ci d'avouer ses sentiments.
Mais Severus avait peur. Peur de décevoir, peur que son côté sombre revienne, que la dépression d'avoir perdu Lily revienne au galop à un moment donné. Harry lui avait alors promis d'être toujours à ses côtés, et qu'il était, en soi, un morceau de Lily.
- Idiot gamin… avait dit Severus en le décoiffant. Moi aussi, je resterai toujours à tes côtés quoiqu'il arrive. Enfin, sauf si tu nous refais un coup comme le 31 octobre dernier !
- Parrain ! Severus adoré de mon cœur de moi !
- On dirait Poudlard en train de supplier Minerva, s'était moqué Severus qui avait retrouvé le sourire instantanément à ses paroles.
Harry avait le don de le faire sourire, et de lui faire oublier ses craintes insensées… quand bien même elles pouvaient être fondées, ce fut un adolescent qui le convainquit alors. On n'avait qu'une vie, et une vie à deux valait mieux qu'une vie de solitaire, surtout pour un vieil homme comme Severus qui avait besoin d'un soleil comme Solène dans sa vie.
Alors, après s'être pris un beau coup de pied mal placé par Elizabeth, il avait fuit le Manoir par la Cheminée et s'était rendu chez la nouvelle demeure des Black, afin de voir Solène. Heureusement, le cabot et la sœur de Solène n'étaient pas présents ce jour-là et Severus, anxieux, pu alors délivrer ses craintes, ses peurs mais aussi ses sentiments à la jeune femme qui fondit en larmes et dont l'étreinte chaleureuse rassura le Maître des Cachots de Poudlard.
Ils avaient donc, début décembre, annoncé leur mise en couple, sous les applaudissements de la famille Potter, et l'étonnement de la famille Black.
- Tu feras indirectement partie de notre famille, s'amusa Orion en le prenant dans ses bras.
D'ordinaire peu tactile, Severus fut extrêmement surpris par cette accolade, car Orion Black n'était pas connu pour son sentimentalisme.
- Eh oui mon garçon… Talhyia…
- Père, grogna Sirius. Bon, puisque le moment des annonces est venu, enchaîna-t-il alors qu'un sourire moqueur se forma sur les lèvres du plus redoutable des professeurs de potions de Poudlard, Talhyia et moi nous nous marierons début mars. C'est un peu rapide, je le sais bien, mais il se trouve que ma chère et tendre attend un enfant de moi.
Solène, qui était déjà au courant, alla tout de même serrer sa petite sœur dans ses bras.
- Depuis combien de temps ? s'exclama Anastasia.
- Assez longtemps pour devoir accoucher fin avril, si tout se passe bien.
- Et vous ne le dites que maintenant ? grogna Elizabeth avant de prendre la future épouse Black dans ses bras. Félicitations ma chérie.
- Vous n'attendez pas encore d'enfants, j'espère, Solène ? fit Eulia. Que nous ayons le temps de nous préparer !
- Ce n'est pas encore prévu, répondit Severus, gêné.
- Oh, comme ce serait mignon, des mini-Severus qui courent partout ! se moqua Harry avant de se prendre un coup derrière la tête.
- Fais attention, la prochaine fois je pourrais malencontreusement utiliser une poêle, lui chuchota Severus. Ou un chaudron.
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La forêt était recouverte d'une épaisse couche de neige. Si autre part, en Europe, la neige faisait faux-bond aux habitants de la planète, le Domaine de Poudlard faisait exception.
Legolas passait tout les vendredi et samedi dans la forêt depuis le mois de novembre, à trouver des solutions avec les Centaures. Il appréciait la compagnie de Kelhiato et de Firenze, car leur bonne humeur semblait être à toute épreuve.
La forêt avait été nettoyée de fond en comble par les acromentules qui avaient tissé des toiles un peu partout entre les arbres. Mais les Centaure leur avaient, en contrepartie, demandé d'en tisser à des endroits où eux gardaient leur nourriture afin de la protéger contre les invasions de mouches et d'insectes divers durant l'été. Aragog, ne s'attendant absolument pas à un quelconque échange de bons procédés avec les centaures, eut besoin de deux journées entières avant d'accepter cette opportunité.
Les sentiers avaient été déblayés, Hagrid avait aidé à retirer les plantes mortes, et replanter plusieurs plants de fruits et légumes pour les diverses créatures qui vivaient dans la forêt. Là où la sombre magie avait anéanti la vie, les professeurs de Poudlard semèrent de nouvelles graines afin de donner à la forêt de jeunes arbres et de jeunes plantes.
La forêt faisait une sorte de triangle, allant du nord au sud du domaine de Poudlard. L'ouest de la forêt touchait, près de son centre, la maison de Hagrid et son potager. Le côté est de la forêt touchait un fleuve, dans lequel se jetait un affluent de la rivière naissant au centre des arbres.
Le nord de la forêt donnait sur des rochers puis une grande mer. Le sud donnait sur les terres sorcières.
Les Licornes se voyaient attribué le nord-est de la forêt. Les Centaures demeuraient au centre-est, partageant le sud-est de leur territoire avec les Acromentules sur une centaine de mètres carrés pour leur nourriture.
Les acromentules, elles, voyageaient au sud-est, entre le territoire des Centaures et des Sentiers Brumeux.
Les Chaporouges n'avaient, quant à eux, qu'une sorte de couloir entourant l'ouest des Acromentules pour aller au sud des sentiers brumeux.
Les arbres parlants, eux, se trouvaient au sud des chaporouges, rejoignant la lisière ouest de la forêt et entourant ainsi une partie du territoire des Chaporouges.
Encadré par ces charmants arbres, un petit troupeau de onze hippogriffes avait trouvé refuge à la lisière sud-ouest de la forêt.
Les Botrucs, quant à eux, vivaient là où ils le souhaitaient, dans une grande partie de la forêt sans délimitation précise.
Le centre de la forêt, côté ouest, restait vide de créatures et d'êtres, laissant la possibilité aux habitants du domaine d'aller et venir sur les sentiers sûrs qui séparaient les territoires.
Le nord-ouest était réservé aux elfes, mais personne n'était allé les chercher. Les étoiles n'avaient pas encore donné d'indication, et Firenze dit alors que l'univers laissait cette tâche aux humains.
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L'hiver s'imposait et Noël approchait. Minerva et son époux Cleante, ainsi que Legolas, étaient dans la forêt. Au Nord-ouest. La clairière était plus belle que jamais et des lucioles avaient élues domicile au centre.
Des arbres reprenaient vie, les fougères jadis sombres et presque morte revivaient malgré le froid ambiant. Minerva et Cleante laissaient parler leur magie commune, comme deux âmes sœurs enchantées, et Legolas parlait aux arbres.
- Legolas, es-tu toujours prêt à te rendre auprès des Elfes avec ta grand-mère ? demanda alors Cleante.
- Oui, Monsieur.
- Hélianthe Wyllt… j'ai lu beaucoup d'œuvres sur la descendance de Merlin, ce sera un honneur de pouvoir lui parler.
- Ma grand-mère a la chance de descendre des Elfes, sa propre mère a par contre quitté notre pays afin de rejoindre les Terres Immortelles, auprès des Eligente et de Magia. Mais votre ancêtre appartient également à la famille de Merlin.
- En effet.
- Hélianthe arrive, les interrompit Minerva.
Une femme, grande et mince, avançait au travers des arbres comme si elle connaissait la forêt comme sa propre maison. Elle caressait les troncs, se baissait pour toucher la neige, un sourire aux lèvres. Ses longs cheveux blonds descendaient en cascade le long de son dos, et ses yeux bleus observaient avec émerveillement les alentours. Elle ne faisait absolument pas son âge, se dit alors Cleante.
- Le sang des elfes… avait-il chuchoté.
- Grand-mère !
- Ah ! Legolas ! Mon ange. Comment vas-tu ?
- Bien, fit-il en prenant la dame dans ses bras.
- Bonjour Minerva, bonjour Monsieur… Cleante j'imagine ?
- Tout à fait, enchanté Madame.
- Appelez-moi donc Hélianthe. Bien, le soleil est bien haut dans le ciel, il est temps d'aller rendre au peuple de ma mère ce qui leur appartient.
- Oui, soupira Minerva. D'ailleurs… il y a quelques changements, en ce qui concerne leur territoire.
- Pas négatif, j'espère, Minerva ? Les elfes ne reviendront pas si leur territoire…
- Grand-mère, laisse la Directrice terminer sa phrase, fit-il en riant doucement.
- Navrée.
Minerva acquiesça avant de reprendre.
- Nous avons réformé l'organisation de la forêt. Les collines qui jadis abritaient les elfes et les arbres se virent détruits par mes prédécesseurs, qui n'aimaient guère les… hm. Ce qu'ils appelaient des « animaux » ou encore « créatures magiques ». Mais un elfe n'est, pour moi, pas un vulgaire animal ni une créature, mais bel et bien un être béni par Magia. Je me suis permise de pénétrer ces abris, et de tout nettoyer. Leurs objets cassés ont été placés par Fumseck dans une pièce dédiée et j'ai fait venir plusieurs lits, des meubles ainsi que de la nourriture. Je ne voulais pas leur rendre leur territoire dans l'état qu'il fut jusqu'au mois dernier. Moi seule connaît l'entrée de ces abris, pour des questions de sûreté. Les plus âgés de leur clan devraient le connaître encore. Si vous acceptez, Fumseck vous accompagnera.
- Et moi je vous ferai voler au-dessus de la forêt, et j'aiderai tous les petits elfes fatigués à rejoindre leur territoire ! s'écria une voix grave.
- Pouddy ! fit Legolas. Ne nous fait pas peur comme ça !
- Il y a des petits elfes très malades, fit tristement Poudlard. Je le sens d'ici… nous devons nous dépêcher. Je suis navré, Dame Hélianthe, de vous forcer à monter sur mon dos, mais certains ne survivront pas la nuit si nous ne les déplaçons pas aujourd'hui. Un de mes amis de la Forêt a lu dans les étoiles pour nous. Nous devons y aller.
- Bonne route, firent alors Cleante et Minerva d'une même voix.
- Nous rejoignons mon bureau, fit Minerva. S'il y a un souci, ou besoin d'aide quelle qu'elle soit, n'hésitez pas à nous envoyer un Patronus.
- Ce sera fait, fit Hélianthe avant de grimper, à l'aide de Legolas, sur le dos du dragon.
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Le repas de midi était passé depuis une heure, mais Legolas avait faim et son ventre gargouillait. Les cheveux dans le vent, il observa la forêt avec un grand sourire. Les arbres morts avaient servi aux autres êtres afin de fabriquer des meubles et du matériel en bois. Les branchages servaient à la protection des toits et les brindilles pour les feux des centaures.
Après une dizaine de minutes de vol, Poudlard aperçut la rivière et la suivit, afin de rejoindre le fleuve qu'ils atteignirent assez rapidement. De grands rochers se dressaient alors devant eux et le dragon dû prendre de l'altitude. Legolas sentit alors le changement.
En volant par-dessus le fleuve, ils avaient quitté les protections et enchantements de Poudlard. Ils ne voyaient plus la forêt interdite, et si Hélianthe ne lui avait pas dit que seul Poudlard pouvait y retourner sans devoir faire un détour par l'entrée principale des humains, il aurait peut-être craint leur retour. Certainement, même. Les arbres n'étaient pas protégés par la magie et tout semblait comme mort, ou en pause, à cause de l'hiver. Un épais manteau blanc recouvrait les branches nues et les troncs noirs. Malgré la neige, tout semblait sec et dépourvu de vie.
- Là-bas, un feu ! cria Hélianthe.
Poudlard pris alors la direction donnée et atterrit devant un groupe d'elfes qui se réchauffaient autour d'un feu. D'un geste, tous prirent leurs arcs avant de stopper leurs mouvements lorsque Poudlard pris la parole.
- Je m'appelle Poudlard, voici Legolas Serpentard et sa grand-mère Hélianthe Wyllt, descendante de Alhiana, une de vos elfes, et Godric Serpentard.
- Que faites-vous sur ces terres ? demanda l'un d'eux.
- Nous sommes venu vous annoncer plusieurs changements au sein du Domaine, ainsi que plusieurs nouvelles, intervint Legolas.
- Et quels changements ? Nous ne nous mêlons plus de ces humains depuis bien longtemps, pensez-vous que cela nous intéresse ? fit un des elfes, très énervé.
- Cela suffit, répondit une voix grave un peu plus lointaine.
Un homme aux cheveux châtains et aux yeux noirs s'approcha du groupe, poussant au passage celui qui avait accueilli ceux de Poudlard.
- Zorius, garde ta colère pour toi je te prie. Bonjour à vous, représentants du Domaine qui nous a chassé.
- Toutes nos excuses pour cela, Monsieur, fit humblement Legolas.
- Ne vous excusez pas pour des choses que vous n'avez pas commises, mon cher. Vous ressemblez fortement à Alhiana…
- Ce fut ma mère, intervint Hélianthe. Legolas est mon petit-fils. Nous sommes ici en paix, Aurendhir.
- Comment ? Comment connaissez-vous mon nom ?
- Ma mère vous a connu et m'a beaucoup parlé de vous, fit Hélianthe avec un doux sourire. Alhiana est partie pour les terres immortelles, son temps ici-bas n'avait plus lieu d'être, Aurendhir.
- Alhiana…
- Est née en 1850, répondit Hélianthe. Elle m'a eu à l'âge de 52 ans grâce à la magie. Vous vous rencontriez à la lisière des terres cachées, lors de vos aventures malgré les interdictions de vos parents.
Le sourire désolé d'Aurendhir intéressa Legolas qui se retint cependant de poser des questions. D'après les dires de Poudlard, ils n'avaient guère le temps de papoter autour d'un thé.
- Poudlard a changé de direction, intervint Legolas. Les descendants des fondateurs ont repris place au sein du château, une nouvelle ère commence, fit plus doucement Legolas.
- En effet, c'est ce dont le vent me parlait, fit l'elfe en observant Legolas d'un air rêveur.
- La nouvelle direction, Minerva McGonagall, aimerait vous revoir au sein de la Forêt Interdite.
- Pourquoi donc ?
- Les prédécesseurs ont détruits pas mal de choses sur leur passage au sein du domaine. La nature, les rituels, la magie… ils ont ignorés les signes que Magia leur envoyait.
- Dumbledore est venu nous demander de l'aide, nous lui avons rit au nez.
- Vous avez bien fait, grogna le dragon en secouant la queue. Cet homme empestait la vieillesse et la volonté de pouvoir. Navré de vous interrompre, mais je sens des maladies impures par ici, et je sens que trois de vos enfants sont malades. Nous devons rentrer à Poudlard, avec votre peuple. Mes esclaves, euh, hm, amis, Legolas arrête de taper ma patte ! Je disais, mes… amis… vous soignerons.
- Pourquoi feraient-ils cela ? cracha Zorius.
- Vos abris sont pauvres, vous vous démenez depuis des centaines d'années pour survivre alors que Poudlard vous avait promis des terres, fit Legolas sur un ton déterminé. Vivre dans la Forêt est votre droit. Certes, cela nous aiderait également, mais nous sommes ici pour vous aider.
- Les rituels… murmura une femme.
- Ont été détruits, fit Legolas.
- Qu'est-ce qui protège Poudlard, en ce moment ? demanda Aurendhir.
- Quelques runes celtiques, anglaises et plusieurs sortilèges. Les runes françaises ont été détruites, d'autres plus ancestrales ont disparues avec le temps. Aucun des directeurs n'a cru bon de rénover le travail acharné des elfes et des centaures. Cependant, Aurendhir, je me permet de vous donner cette carte qui a été donnée à chaque peuple habitant la Forêt.
- Qu'est-ce ?
Ce fut une femme, la femme d'Aurendhir, nommée Gabrielle, qui prit la carte des mains de Legolas.
- Notre territoire… semble plus grand.
- En effet, confirma le petit-fils d'Hélianthe. Certaines parties de la forêt ne furent jamais habitées, d'autres le resteront mais pas le nord-est. Minerva McGonagall a pris soin de rendre vie à la forêt. Celle-ci a été nettoyée, réaménagée. Les arbres ont été replantés. Vos anciens abris ont été détruits, mais Minerva a tenu à les refaire. Vous pourrez, bien entendu, tout refaire à votre façon mais l'hiver est là, vous avez définitivement besoin d'un abri correct et de nourriture.
- Nous ne pourrons pas voyager par ce temps-là, contra l'épouse du chef. Les enfants sont malades, et nos chevaux n'ont pas assez de forces.
- Pour les animaux, nous devrons en effet trouver une solution, répondit Hélianthe, mais…
- Mais pour vous, elfes de Poudlard, reprit le Dragon, je vous transporterai sur mon dos. Et cela n'est pas négociable. Vous serez en sécurité et bien plus rapidement au chaud et à l'abri des quatre vents.
Aurendhir observa les deux humains et le dragon d'un œil attentif, et remarqua qu'aucun d'eux ne portait d'arme. Ils étaient également venus avec de la nourriture et de l'eau, il sentait le bon vieux pain que sa famille faisait jadis. Sa femme lui chuchota quelques mots à l'oreille. Sa décision était prise, ils rejoindraient la forêt.
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Deux des elfes avait accompagnés Legolas à pieds, gérant d'une main de fer tous les chevaux. Hélianthe leur avait envoyé, de la part de Minerva et Hagrid, une sorte de cabane sur roue tirée par deux Hippogriffes afin de transporter les chevaux les plus faibles.
Minerva, Poppy et Filius avaient accueilli les elfes sur leur territoire, et soigné les blessures les plus simples à gérer. Car, sans compter celles des enfants, certains adultes avaient plusieurs plaies infectées leur venant de la chasse, ainsi que quelques brûlures à cause du feu.
- Il y a une arrivée d'eau chaude, dans un des abris. Je vous laisserai gérer le territoire selon les règles jadis posées par les Fondateurs de Poudlard, mais je vous ai mis en place plusieurs salles de bains dans ce bâtiment en pierres, que vous voyez près de la clairière. Vous pourrez vous y rafraîchir dans les premiers temps.
- Merci, Madame.
- C'est le moins que je puisse faire, Aurendhir. Vous rapatrier ici est certes bien, mais cela n'aurait pas servi à grand-chose si vous n'aviez rien pour survivre lors des mois d'hiver.
La nuit était tombée et quelques pleurs se faisaient entendre. Fumseck avait pleuré plusieurs fois, afin de soigner les plaies ne pouvant pas être soignée par la magie humaine. Ce fut Gabrielle, la femme d'Aurendhir, qui aperçut une licorne approcher. Celle-ci leva une patte et gratta son cou, faisant tomber quelques crins et prononçant des paroles que personne ne comprit.
- Prenez les crins, Gabrielle, murmura Filius. Ils sont pour vous.
- Oh… Merci, douce licorne.
La petite licorne se laissa approcher et caresser, avant de repartir sans un regard en arrière.
Les adultes couchèrent les enfants dans des lits douillets préparés par Minerva et Adèle, puis discutèrent des soins à prodiguer aux trois malades.
Severus, mis au courant grâce à Fumseck des évènements récents, les rejoignit dans la forêt avec Sergej. Les deux hommes avaient, sans aucune concertation, apporté plusieurs ingrédients qui pourraient servir aux elfes. Ceux-ci furent très reconnaissants et Severus proposa son aide pour les potions complexes, destinées aux enfants.
- Il n'existe pas de potions pour tout, Severus, fit alors tristement Minerva.
- Si nous n'essayons pas, nous ne le saurons pas, Minerva. Nous trouverons une solution, quitte à devoir amener les enfants et leurs parents en Irlande pour les soigner. Un des hôpitaux se trouve être un des clients, et je suis certain qu'ils accepteraient de nous aider.
La discussion continua jusque tard dans la nuit. Les elfes reprenaient leurs marques, et Poudlard allait retrouver ses protections ancestrales, dès que tout ce petit monde serait à nouveau sur pieds.
La quinzaine d'elfes, nombre réduit à cause des décès dus aux précédents directeurs et gouvernements, s'endormit paisiblement ce soir-là.
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Severus était épuisé. Dans ses appartements de Poudlard, il était affalé sur un des deux canapés, se réchauffant devant le feu.
Jamais il n'aurait cru qu'autant de bonnes choses puissent se passer autour de lui. Il sursauta alors que quatre coups furent frappés contre sa porte.
Soupirant, il se leva et ouvrit la lourde porte.
- Harry ?
- Je… je peux venir ?
Surpris, Severus le laissa entrer alors que des pas résonnaient dans le couloir.
- Laisse-les, ferme, fit Harry, essoufflé.
Bien que mécontent, il écouta son filleul et referma le passage.
- Personne ne doit courir dans les couloirs.
- Et je ne suis pas censé courir dans tes robes, marmonna Harry, la tête penchée.
- Viens t'asseoir, et explique-moi.
- Merci, chuchota le Serdaigle en reprenant son souffle.
Harry, exténué, accepta avec un sourire désolé la grande tasse fumante.
- Du thé à la menthe avec une cuillère au miel. Tu as mal à la gorge depuis deux jours, cela t'aidera.
- Comment tu le sais ?
- Tu as une mère exigeante qui est sur mon dos assez souvent pour que je fasse attention à mon filleul, Harry, fit Severus sur un ton moqueur. Que s'est-il passé pour que tu enfreignes encore une fois le règlement ce soir ? fit-il plus sérieusement.
- Je suis désolé d'avoir couru, professeur.
- Pas de cela avec moi, Potter, fit dangereusement Severus.
- Je… je suis désolé. Deux élèves me poursuivaient, Flint a tenté de me faire un croche-pieds quand je suis passé dans le Hall, et j'ai esquivé deux sortilèges cuisants, je me suis mis à courir et je n'ai pas réfléchis.
Severus soupira.
- Tu es fatigué, je, je vais retourner dans les dortoirs.
- Certainement pas, marmonna Severus. Tu dormiras sur le canapé.
- Mais, Niklas va s'inquiéter…
- Ça lui fera les pieds, fit Severus. Tu leur enverras un de mes elfes le prévenir. Je n'ai pas la force de te reconduire au dortoir, et je ne veux pas qu'un phénix se fatigue à t'y amener. Tu passera la nuit ici, un point c'est tout. Tu as mangé, au moins ?
- Oui.
- Quoi ? Un morceau de pain ?
- Ça aussi tu l'as vu… chuchota Harry qui baissait les yeux. Il sentit plus qu'il ne vit une cape voler dans la pièce. Deux doigts se posèrent sous son menton, relevant sa tête d'un coup sec.
Les yeux noirs onyx du professeur le plus détesté de Poudlard se fixèrent dans les siens. S'il ne le connaissait pas, Harry aurait pu y voir de la colère. Une sombre colère pouvant exploser à tout instant. Mais en réalité, une ombre d'inquiétude ressortait de ces yeux.
- Harry. Comme tu l'as magnifiquement deviné, je suis épuisé. J'aimerais cependant que tu me racontes ce qu'il se passe, que tu m'expliques ce qui te mets dans cet état, afin que l'on puisse passer, aussi bien toi que moi, une agréable nuit sans cauchemars.
- Vous ne direz rien à ma mère ?
- Depuis quand tu me vouvoies ? fit Severus dont la langue claquait avec désapprobation contre son palais.
- S'il te plaît.
- Je ne dirai rien si ce… secret ne met pas ta vie en danger. Mais rien n'est moins sûr, en ce qui te concerne.
- Je suis désolé.
- Je ne veux plus entendre ce terme, est-ce clair ? La prochaine fois, je te laverai la bouche avec du savon comme l'on fait aux enfants qui disent des grossièretés.
- Je…
Severus observa Harry qui semblait peser le pour et le contre. Il redirigea son regard vers le sien en déplaçant ses doigts fins autour de la mâchoire de l'adolescent. Le regard vert du garçon le rendit soudain triste, lui rappelant à quel point Lily lui manquait.
Oui… Lily saurait quoi faire pour que son fils parle. Lui, il avait seulement vu que cet enfant grignotait plus qu'il ne mangeait, et ce, depuis une semaine. Son regard ne croisait plus le sien, ses yeux tristes fixaient le vide et le pire, certainement, était que les jumeaux Windsor s'étaient faits d'autres amis.
Anastasia aussi, tout comme Philipp qui s'était intégré à merveille à Gryffondor.
Mais Harry… Harry paraissait silencieux, calme. Depuis l'évènement d'Halloween, quelque chose se tramait. Et Severus n'arrivait pas à en deviner la cause.
L'éclair de terreur qui traversa les pupilles émeraude le bouleversa plus qu'il ne l'aurait imaginé. Il resserra alors la prise de ses doigts et réitéra sa question d'une voix grave et basse.
- Explique-moi.
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