Quand la pureté reste dans l'âme
La noble et moderne famille Black
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Chapitre 72 :
Memoriae
Souvenir
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Ecoute : Celtic Elf Music - Secret of the Elves
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Flash Back
Début novembre 1992
Poudlard
Harry partageait son dortoir avec Michael Corner, Niklas Driomow et son cousin Leonius Windsor depuis la rentrée. Les quatre garçons s'entendaient très bien, même s'ils faisaient leur vie chacun de leur côté. Au début, Niklas suivait Harry à la trace, et vice-versa. Leonius passait la plupart de son temps avec sa sœur et Philip si Harry n'était pas dans les parages. Mais, les semaines défilant et les cours aidant chacun pu se faire des amis et se détacher lentement les uns des autres, même si leur amitié, fort heureusement, ne semblait pas en pâtir.
Durant les heures d'études et dans la salle commune, Harry avait pu se lier d'amitié avec Lisa Turpin, une élève du même âge que lui, brune et aimable, ainsi qu'avec Anthony Goldstein, un garçon blond.
Il voyait aussi Luna et Elias avec qui il parlait avec plaisir. En dehors de ça, Harry Potter ne s'était lié d'amitié avec personne. Il parlait avec ses amis, et les membres de sa famille qui avaient été répartis dans d'autres maisons, mais, à part ça, il n'osait guère parler aux autres. Hermione était une exception : il la tolérait dans son entourage, tout en restant tout de même méfiant. Il la plaignait d'avoir perdu l'amitié qui la liait à Ronald à cause d'un simple nom de famille.
Un jour comme un autre, Anthony lui avait fait visiter Poudlard, et ils avaient, par la force du hasard, rejoint la bibliothèque où Ronald Weasley était présent.
Le jeune roux n'eut pas d'autre choix que de les accepter à sa table, puisque ce fut la seule de libre. Plusieurs interrogations écrites auraient lieues la semaine suivante, et la moitié de l'école préférait la chaleur de la bibliothèque à la fraîcheur des salles d'études.
- Tu lis un livre sur le Quidditch ? fit remarquer Anthony alors que Harry vérifiait s'il n'y avait vraiment pas d'autres places de libre.
- Oui, je fais une pause.
- Tu révisais quoi ? tenta aimablement Harry.
- La botanique et les sortilèges, répondit-il en haussant les épaules. Je n'ai pas fini le parchemin sur les sortilèges d'allègement et d'ouverture.
- Vous n'avez pas encore appris ceux de verrouillage ? demanda Anthony.
- On a commencé ce matin, sur les cages de nos chouettes, mais ce n'est pas très simple.
- Hm, il y en a deux ou trois je crois, c'est ca ? demanda Harry.
Cette discussion banale avait ensuite dévié sur le Quidditch, puis sur les coupes du Monde déjà passées et les joueurs les plus connus.
Harry vit d'un œil mauvais l'amitié qui débutait entre son camarade de classe et Ronald, mais ne dit rien. Il aurait peut-être dû cela dit… mais il avait pensé, en tout bien tout honneur, que Ronald Weasley n'était peut-être pas aussi pourri que Dumbledore l'avait souhaité. Peut-être pourrait-il donner une chance… une infime chance au jeune garçon. Car après tout, il avait été manipulé contre sa volonté… non ?
Au fil des jours, les trois garçons traînaient de plus en plus dans le château, en quête de couloirs inconnus, et d'endroits calmes où ils pourraient déblatérer durant des heures à propos du Quidditch et échanger sur les sports magiques du monde entier.
Harry ne les suivait pas toujours, prenant aussi du temps pour vagabonder avec son petit frère et discuter de tout et de rien avec Rebecca qu'il appréciait de plus en plus.
Anthony l'avait alors emmené, un soir, dans un des couloirs qu'ils avaient découvert au troisième étage. Il fit entrer Harry dans une salle éloignée de tout, certainement proche de la tour des Serpentard.
Ronald et un certain Gregory Goyle les y attendaient, avec deux fioles chacun.
- Qu'est-ce-que c'est ? fit Harry avec méfiance.
Il n'avait jamais vu de telles fioles. Des inscriptions étaient gravées dans le verre et des filaments sombres se tortillaient dans tous les sens.
- Tu connais les pensines ?
- Oui, répondit Harry.
- Il y en a une, là-bas, montra Ron.
Harry s'approcha alors et toucha la pierre froide.
- Elle est ancienne, murmura-t-il.
- Oui ! fit Anthony, excité. On a quelque chose pour toi, on a eu des souvenirs que l'on doit absolument te montrer !
- De qui sont-ils ?
- Tu le sauras en regardant ! fit Ronald, allez, on y va.
- T'inquiète pas, fit Anthony. On va le regarder tous ensemble ! Je n'en ai jamais vu, j'ai hâte de voir celui-ci !
Corrompu par la curiosité des trois autres, Harry céda et les suivit dans cette expérience. Ils se sentirent tomber d'une hauteur hallucinante, faisant monter l'adrénaline dans les corps des adolescents. Ils se trouvaient dans le parc de Poudlard.
- Celui-ci, c'est Dumbledore qui me l'a donné, fit Ronald.
Harry se tourna vivement vers lui, mécontent.
- Je ne l'ai pas vu, mais s'il voulait que tu le vois, c'est que ce doit être important, non ? fit-il innocemment. En fait, il voulait que tu le vois par pur hasard, enfin il était bizarre… il avait des idées étranges. Mais c'est certainement intéressant.
Peut-être.
- Chut, murmura Gregory alors qu'ils entendaient des voix arriver.
- Servilus ! se moqua un homme brun que Harry reconnut pour être Sirius.
- Hé, Servilus ! Le poisseux ! Le graisseux ! héla James.
- Tu veux faire un tour dans les airs, petit oiseau ? se moqua Sirius alors que James lançait un sortilège de levicorpus.
Severus, qui n'avait pas eu le temps de riposter puisqu'il avait ignoré leurs appels jusque là, se retrouva la tête en bas, ses capes devant le visage.
Plusieurs rires fusèrent alors qu'il se débattait. Ronald et Gregory riaient aussi de bon cœur, mais ce n'était ni le cas d'Anthony, ni celui de Harry.
Ils passèrent à un autre souvenir dans lequel James frappait Severus dans un des couloirs de Poudlard, sous les encouragements de Gryffondor et même de quelques élèves de Serpentard. Dans un troisième souvenir, Severus Snape lévitait à nouveau, la tête en bas, dans le Hall de l'école alors que Lily hurlait à James de le faire redescendre.
- Je te souhaite de mourir dans une mort atroce, Sevy ! rit alors James. Que ta vie soit maudite ! De toute façon, tu as même besoin d'une fille pour te défendre, incapable aux cheveux gras ! Mais cette fille, Servilus, est à moi ! A personne d'autre !
- C'est certain que se battre à quatre contre un est très équilibré, avait annoncé un professeur que Harry ne connaissait pas.
Puis Harry se retrouva seul dans le quatrième, incapable d'en sortir. Severus se disputait violemment avec Lily qui fini par partir en lui disant de ne plus jamais l'approcher. Vint ensuite le dernier de tous, un souvenir dans lequel Dumbledore menaçait Severus de châtiments corporels s'il ne faisait pas ce que le Grand Mage Blanc attendait de lui. Severus, blanc comme un linge, avait dû tuer un des elfes de la forêt, et fut laissé au milieu d'une clairière, pleurant sur le corps de celle qu'il avait dû tuer.
- Tu n'avais pas le choix, fit un elfe, au loin. Cet homme t'a forcé à le faire, avec un sortilège qu'il n'aurait jamais dû employer. Cette femme t'aimait, Severus, mais cet amour n'était pas positif. Cette femme t'aimait pour la liberté que tu lui laissais entrevoir, alors que tu es lié à deux hommes fous. Cette femme, dont tu ne connaîtras jamais le nom, était gravement malade. Tu n'as fait qu'abréger ses souffrances. Mais cela, le vieux fou qui t'observe derrière les arbres te morfondre pour cela n'a pas besoin de le savoir. Rentre. Quitte ces terres d'Angleterre, je ne veux plus jamais te voir en ces lieux. Sinon, je ne donnerai pas cher de ta peau d'humain.
Harry n'avait pas reconnu les lieux, mais avant qu'il ait pu réfléchir une seconde de plus. Le souvenir l'éjecta sur la pierre froide de la pièce.
- Tu en as mis du temps pour sortir ! fit Gregory.
Harry se releva difficilement.
- Où sont les autres ?
- Les autres ? ricana Flint. La belette est retournée dans sa tanière, et Goldstein s'est prit quelques coups bien placé.
Harry plissa les yeux. Marcus Flint, Gregory Goyle et un certain Orson Flee qui semblait être à Poufsouffle l'entouraient.
- C'est fou comme quelques sucreries gratuites peuvent motiver Weasley à t'amener à nous, petit Potter, fit Flint dont les yeux brillaient dangereusement.
- Oh, mais c'est qu'il cherche sa baguette magique, se moqua Gregory. Anthony l'a dans la poche de sa robe, il ne s'en ait même pas aperçu ! fit Gregory en se moquant ouvertement.
- Alors, qu'allons-nous faire à un petit élève de deuxième année sans défense, hein ? fit l'élève de Poufsouffle.
- Tu as osé défier notre maître alors que tu n'avais même pas l'âge de tenir une baguette, cracha Flint. Alors montre-nous si tu es capable de te battre aujourd'hui encore.
Harry était en sueur, et réfléchit à toute vitesse. Plusieurs sortilèges fusèrent sur lui alors qu'il dressait un bouclier à l'aide d'un sort de protection qu'Althus lui avait appris. Ce sort allait lui coûter beaucoup, mais il pensa qu'il n'avait pas le choix. Puis il sombra dans un sommeil sans rêve.
Ce fut avec plusieurs courbatures qu'il se réveilla, à l'aube, sur le sol de la même salle de classe. Le dôme de magie qui le protégeait depuis la veille au soir s'amincissait.
- Merci, Magia, chuchota l'adolescent en reprenant conscience de ce qu'il s'était passé.
Il aperçu la pensine dans un coin, et reprit délicatement les souvenirs. Il ne voulait pas que ceux-ci soient en possession d'autres personnes. Et qui sait, cela pourrait peut-être être utile. Mais Harry ne voulait pas s'attirer les foudres de qui que ce soit et décida de ne rien dire. Épuisé, il s'adossa un instant contre le mur avant de rejoindre une des salles de douches de la tour de Serdaigle, où personne ne le dérangerait de si bonne heure.
Car si les dortoirs avaient leurs propres salles de bains, il restait toujours une salle de bain par étage, à côté des escaliers, pour qui en aurait besoin.
Après avoir lancé un sortilège de nettoyage sur ses vêtements et remercié intérieurement sa mère pour ces sortilèges, il se rendit à la Grande Salle afin de prendre quelque chose à manger avant que trop de monde ne se lève.
Depuis ce jour de novembre, il n'était plus apparu aux petits déjeuners et ne venait qu'en présence de Niklas ou de Leonius. Dans le cas contraire, il longeait les murs et évitait le chemin de tous les Weasley – même les jumeaux –, Goldstein ou encore Flint, Goyle et Crabbe.
Fin du Flash Back
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Severus avait attentivement écouté son filleul qui racontait ce souvenir d'une voix morne et rauque. Lorsqu'il eut fini, Severus lui ramena une seconde tasse fumante.
- Une infusion, bois. Cela t'aidera à dormir tout à l'heure. Pourquoi n'es-tu pas venu me parler de ça ? Je suis ton parrain, fit calmement Severus. Même si Sirius pense être le seul, j'ai pris ce rôle à cœur et je t'ai bien dit que je serai là quoi qu'il advienne.
Harry baissa à nouveau la tête, observant avec intérêt la fumée s'échapper de la tasse.
Un petit chat noir grimpa sur les jambes de Harry. Ne s'attendant pas à le voir, il sursauta mais rattrapa le matou en le caressant sur le crâne.
- Désolé, murmura Harry. Je suis content de te voir, petit cœur.
- Maw !
Severus sourit alors, tout en prenant le sucre des mains de son filleul.
- Pas de sucre dans la tisane, sinon tu ne dormiras pas. Pourquoi n'es-tu pas venu me voir, Harry ? Une agression dans les couloirs de l'école n'est pas anodine, tu le sais.
- Tu… hésita Harry.
- Je ?
- Tu as d'autres choses à faire, papa et maman aussi et… tu es souvent parti dans le parc avec Minerva, puis il y a Solène… je ne voulais pas déranger, j'ai causé assez de souci comme ça, en début d'année.
- Harry…
- Tu ne vois pas beaucoup Jonas non plus. Je comprends, ne t'inquiète pas, fit Harry d'une voix tremblante. C'est pour ça que je ne voulais pas te déranger avec ça. Ce n'est pas si grave.
- Harry, tu t'es fait agresser par trois élèves. C'est une chose grave. Cela ne restera pas impuni.
Le regard apeuré de son filleul le fit grimacer.
- S'il te plaît…
- Non, Harry. Tu as bien fait de venir, mais ce genre de choses ne doivent pas rester dans l'ombre. Quitte à ce que je demande à un de mes phénix de surveiller tes arrières. Mais je te félicite pour ton informulé, cela a dû les impressionner.
- Oui… Tu ne cries pas ?
- Pourquoi donc ?
- J'ai… j'ai vu les souvenirs.
- Ce qui est bien malheureux, mais cela ne me dérange pas. Tu es un adolescent, Harry, et je pense que tu peux comprendre que tous les adolescents ont des guerres immatures à un moment donné.
- Mais c'est la première fois que je me faisais courser dans les couloirs. Je ne sais pas comment réagir, et je n'ai pas beaucoup d'endurance.
- Tu en as bien plus qu'eux, crois-moi. Mais nous réglerons cela demain, fit Severus en se levant. Je vais te chercher des couvertures, tu veux que le feu reste allumé ?
- Non, ça ira, il fait assez chaud.
Severus revint quelques secondes plus tard chargé d'une couette rouge et d'une couverture verte.
- Tu as des trucs rouges chez toi ? fit Harry qui retrouva instantanément le sourire.
- Bien sûr.
- Je croyais que tu n'aimais pas les gryffondor ?
- Hm, tu as d'ailleurs de la chance de ne pas y avoir été répartis, j'aurais fait de ta vie un enfer, ricana Severus en jetant les couvertures sur Harry.
Severus le laissa là, tout en lui souhaitant une bonne nuit.
Harry avait enfin réussi à s'endormir lorsqu'un cauchemar fit irruption dans son esprit. Le souvenir du rituel contre l'horcruxe revenait de temps à autre hanter ses nuits, et cela ne manqua pas. Il se débâtit plusieurs minutes, mais de puissants bras l'entourèrent.
- Harry, Harry ? Réveilles-toi, fit Severus d'une voix endormie.
- Dé… désolé, je…
- Ca t'arrives souvent, d'hurler à la mort ainsi ?
- Non… enfin, pas plus d'une ou deux fois par mois…
- Le rituel ?
- Oui…
Severus ne dit plus rien, mais prit le jeune garçon dans ses bras. Il fit quelque pas avant de remarquer que l'adolescent s'était à nouveau assoupit, tenant malgré tout fermement sa main accroché au pull de Severus.
Ce dernier, un peu gêné, allongea son filleul dans son lit puis se rendormit près de lui. Ils passèrent une nuit reposante et réparatrice, et Harry se réveilla collé au torse de son parrain.
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- Aurelius, descend de la table ! grogna Severus en arrivant dans la cuisine.
- Maw !
- Aurelius, je vais me fâcher, fit sévèrement le maître des lieux alors que Harry souriait.
- Mew ?
- Aurelius-Augustinus !
- Mow. Maou ! répondit le chat noir en descendant rapidement.
- Saleté de chat.
- Maouuuuaw.
- Moi aussi je t'aime, Aurelius-Augustinus, répondit Harry en le caressant.
Severus secoua la tête et prépara quelques tartines.
- Tu prends ton petit-déjeuner ici, et ensuite tu fileras. Je dois aller en salle des professeurs.
Harry obtempéra, trop heureux de ne pas devoir se rendre dans la Grande Salle.
Severus, sur le chemin, croisa Philipp qui l'apostropha.
- Harry va bien, fit Severus d'une voix basse. Et toi, ça va ?
- Oui, oui, tout va bien, juste… on ne voit pas beaucoup Harry et… il me manque.
- On en reparlera ce weekend, fit Severus.
Philipp soupira et regarda le parrain de son frère partir sans un mot alors que d'autres élèves arrivaient. Il haussa les épaules et retourna auprès de ses amis. Il savait que Severus ne lui parlait jamais en public afin de le protéger, mais tout comme Harry, Philipp avait du mal avec cette règle.
- Severus ! fit la voix de Minerva. Tu n'es pas dans la Grande Salle ?
- Toi non plus, marmonna Snape.
- Que se passe-t-il ?
- Des élèves s'en sont pris à Harry en novembre, et nous n'avons rien vu, fit-il d'une voix dénuée d'émotions.
Minerva acquiesça, pas intimidée pour une mornille de l'apparence froide de son enseignant.
- Devons-nous contacter ses parents ?
- Non. Les vacances débutent demain soir, il y survivra. Mais nous devons punir ce qui a été fait.
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Crabbe, Goyle et Flint furent convoqués devant le Conseil d'Administration et les directeurs de Maison. Vincent Crabbe avait apparemment oublié de rappeler que le jeune Harry Nikolaï Severus James Sirius Potter était le filleul de Severus Snape-Prince, leur directeur de maison qui semblait vouloir les crucifier sur place.
D'un regard noir et d'une voix glaciale, il leur demanda d'expliquer leur version des faits. N'ayant aucune réponse potable, le directeur de Serpentard les menaça d'expulsion du Collège. Cela sembla fonctionner lorsque Gregory Goyle s'exécuta et leur raconta ce qu'il s'était passé. Vincent Crabbe en profita pour rajouter que leurs parents étaient à l'origine de cette expédition. Severus se retint difficilement de dire qu'au vu de leur stupidité, il aurait été étrange que cela vienne d'eux.
Marcus Flint semblait vouloir les égorger sur place, et se fit un plaisir de raconter plusieurs frasques des deux Serpentard qui n'en croyaient pas leurs oreilles.
- Monsieur Flint, l'interrompit Severus. Vous vous trouvez actuellement en septième année et je présume que vous aimeriez avoir la chance de passer vos Aspics à la fin de l'année scolaire, si je ne m'abuse ?
Prêt à répondre vertement, Flint se retint en blanchissant.
- Vous êtes conscient de faire honte à la maison qui est la nôtre ?
- S'attaquer à un élève de deuxième année, un élève plus jeune que vous ! fit une femme du Conseil. Et vous allier à deux autres élèves de votre maison, puis les amener à battre un de leurs camarades de classe ? Qu'est-ce qui est donc passé par ce qui vous sert de cerveau, Monsieur Flint ?
- Faites attention à vos paroles, sale Sang-de-Bourbe, ou mes parents…
- Vos parents ne feront rien du tout, fit Minerva en se levant.
Le regard tout aussi glacial et mauvais de la Directrice en surprit plus d'un. La température chuta drastiquement alors que Flint fixait la Directrice avec dégoût.
- Mes parents avaient raison de vouloir éliminer cette vermine. Harry Potter a osé défier le Maître.
- Le Maître ? rit alors un autre homme. Etes-vous un esclave, monsieur Flint ?
Le regard noir que lui lança Snape le figea.
- En tant que membre du conseil d'administration et en tant qu'Auror de second rang au sein du Ministère de la Magie d'Angleterre, je vous arrête pour provocation et insultes auprès de membres du professorat ainsi que violences et incitation à la violence au sein d'une école de magie, fit un homme qui, jusque là, était resté silencieux.
Minerva se tourna vers lui, peu heureuse de la tournure des évènements.
- Navré, Professeur McGonagall, mais nous ne pouvons pas laisser cela se produire et encore moins impuni. Monsieur Flint a enfreint plusieurs paragraphes du règlement intérieur en connaissance de cause, et a dit lui-même que cela lui était parfaitement égal. Une perquisition aura lieu chez ses parents ainsi que chez ceux de Messieurs Crabbe et Goyle. Par ailleurs, Messieurs Crabbe et Goyle devront rester à Poudlard pour les fêtes de fin d'année. Je pense que certains Centaures seraient heureux d'avoir de la… compagnie humaine. Je vais emmener avec moi Monsieur Flint, afin d'avoir une entrevue avec le chef du département des Aurors et parler d'une sanction convenable pour ce jeune homme.
- Navré, Monsieur Flint, je ne peux plus rien pour vous, fit Severus en quittant la salle.
- Je ne veux pas de votre aide, sale traitre ! Le Maître aurait dû vous tuer avant de disparaître !
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- Comment un adolescent peut-il parler ainsi ? fit Chourave alors que les professeurs discutaient durant la pause de midi, après le repas.
- Il a été enrôlé par ses parents, fit Severus de mauvaise humeur. Et a un sacré don de persuasion. Crabbe et Goyle ont déjà envoyé un hibou à leurs parents je présume.
- Certainement, mais j'espérais fermer Poudlard pour Noël, fit Minerva. Tous les élèves quittent le château pour les vacances.
- S'ils doivent être pris en charge, nous trouverons une solution, intervint Filius. Une association a ouvert une sorte de maison d'accueil pour les enfants sorciers sans famille, ils pourraient peut-être pris en charge là-bas ?
- Ils ont ouvert quand ? fit Annabelle Malfoy, surprise. Je n'ai jamais entendu parler de ce genre de choses.
- En septembre, répondit Poppy Pomfresh. Elle a ouvert dans le parc Gladstone, près du Ministère au sud du même parc. Ils sont dix à gérer l'établissement qui a quatre niveaux. Les trois étages supérieurs comprennent huit chambres individuelles par étage je crois. Mais il n'y a pas encore grand monde.
- Ah, d'accord, répondit la mère de famille. C'est une très bonne idée, mais j'avoue que je n'ai pas suivi l'évolution du parc.
- Le Parc Gladstone évolue énormément ces dernières semaines, fit Minerva. Merci pour ton idée, Filius, je demanderai aux Aurors de les contacter si ces deux adolescents ne peuvent réellement pas rejoindre leur famille pour Noël.
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Le Poudlard Express attendait les élèves du château en dégageant une fumée épaisse. Les adolescents, heureux de quitter le château pour rentrer chez eux, trimballaient derrière eux des montagnes d'affaires.
Poudlard avait reçu tellement d'aides de différentes associations et du Ministère que la Directrice avait décidé d'offrir aux élèves une bourse de dix Gallions chacun (un peu plus de soixante euros tout de même), qui fut payée directement sur le compte de chaque couple de parents d'élève juste avant les vacances de Noël.
Le Château avait également offert une couverture polaire à l'effigie de la maison de l'élève, un chapeau neuf et une cape chaude sans blason. Et les parents étaient priés d'utiliser l'argent donné par Poudlard pour offrir un cadeau à leurs enfants.
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Les vacances de Noël étaient enfin là. Le Poudlard Express allait arriver à Londres. Les élèves venant de l'étranger l'avaient également pris et rejoindraient leurs familles à Gladstone, accompagnés par quelques professeurs.
La neige recouvrait tout le paysage de la capitale anglaise et les élèves rentrèrent joyeusement chez eux. Le peuple sorcier d'Angleterre revivait comme jamais.
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