Quand la pureté reste dans l'âme
La noble et moderne famille Black
*~*°O°o°O°*~*O*~*°O°o°O°*~*
Chapitre 73 :
Christmas Time
*~*°O°o°O°*~*
.
Severus Snape accompagna les enfants Potter et Windsor au Manoir de Liberty Charms. Leonius et Jania sautèrent au cou de leur mère, mais Harry restait derrière Severus, la tête baissée et le regard rivé au sol.
Philipp, quant à lui, alla embrasser ses parents avant de se tourner vers Severus.
Hardwin soupira en observant Severus et Harry.
- Que s'est-il passé ? demanda le père de famille d'une voix neutre.
- Des élèves ont agressés Harry dans le château, répondit Severus. Cela s'est produit en novembre, mais je ne l'ai appris que cette semaine de la bouche de mon filleul. Les concernés ont été punis, mais Harry doit comprendre que nous sommes là pour lui et venir nous parler lorsque de telles choses se produise.
- Dés…
- Harry ! fit dangereusement Severus. Je t'ai déjà dit que je ne voulais plus entendre ce mot passer tes lèvres !
L'adolescent sursauta et dépassa les adultes, semblant rejoindre les étages du Manoir.
Elizabeth se frotta le front.
- Faut-il que j'y aille ? demanda Jania.
- Non, répondit Elizabeth. J'y vais. Mon cœur, peux-tu préparer du chocolat chaud s'il te plaît ?
- Bien sûr, répondit le père de famille. Eulia, Edouard, vous mangerez avec nous ce soir ?
- Avec plaisir.
.
*~*°O°o°O°*~*
.
Après que Severus ait expliqué, sans les détails, ce qu'il s'était produit au Château aux enfants ainsi qu'à Hardwin, Eulia et Edouard, Elizabeth revint avec Harry dont les yeux étaient rougis.
- Tu vas boire un bon chocolat chaud, lui murmura Elizabeth. Ca ira mieux ensuite.
- Oh, Harry, fit Leonius. On n'aurait pas dû te laisser avec Anthony ! Suis désolé !
- Pas ta faute, marmonna Harry.
- Si, on a voulu se faire des amis, répliqua Jania, mais nous n'aurions pas dû te laisser de côté.
- Vous ne m'avez pas…
- Si ! répondit vivement Leonius. Je croyais que tu t'entendais super bien avec Anthony et je pensais qu'il t'appréciait mais en fait non ! Il t'a laissé seul et n'a prévenu personne !
- Abigaelle ! fit Jania en apercevant sa cousine traverser les flammes de la Cheminée. Tu en as mis du temps !
- Tu hésitais à rester à Hollow Castle pour les vacances ? demanda Clarence.
- Mademoiselle Potter, grogna la grande sœur. Du haut de vos sept ans, je vous aurai cru plus intelligente ! J'ai dit que je rentrerai pour les vacances, et je suis là !
Harry rigola alors de bon cœur, s'écroulant dans les bras de sa grande sœur.
- Tu m'as manqué.
- Toi aussi, petit hérisson. Bien, on mange quoi ? J'ai faim moi !
- Ils ne vous nourrissent pas, à l'école ? marmonna Severus. Tu ne viens même pas me dire bonjour !
- Ah, la jeunesse, que veux-tu, oncle Severus ! se moqua Abigaelle.
- Quelle effronterie !
La jeune fille vint serrer Severus dans ses bras qui grimaça devant tant d'affection.
- C'est toi qui l'a demandé, fit alors Philipp en se moquant ouvertement.
- Je ne te permets pas, mini Potter ! répondit Severus avec un tout petit sourire aux lèvres.
- Bah, je me permets tout seul, répondit Philipp en haussant les épaules.
Et ce fut entouré de bras d'enfants que Hardwin et Elizabeth trouvèrent Severus au milieu du salon alors qu'Edouard et Eulia riaient de bon cœur.
- Demain je prends Clarence et Philipp avec moi, annonça Edouard. Nous irons faire quelques achats pour Noël.
- Je prends Harry avec moi, cette fois-ci, décréta Elizabeth.
- Et moi Abby, Leonius, Jania et Eulia, fit Hardwin. Severus, tu viendras aussi ?
- Oh. Euh…
- Allez ! fit Philipp. Viens avec nous !
- Non, viens avec nous ! demanda alors Abigaelle.
- Vous êtes sérieux, là ? fini par demander Severus.
- Oui, on aime le terrible professeur de Potion, fit Harry en levant les yeux au plafond.
- Navré jeunes gens, mais je vais rendre visite à Jonas et sa famille cette semaine.
- Tu ne passes pas Noël avec nous ? demanda Clarence.
- Je le passe dans ma famille, avec Solène, murmura Severus.
- Mais tu viendras avec elle le vingt-six, n'est-ce pas ? fit Elizabeth.
- Oui, bien sûr.
- Avec des cadeaux ? demanda joyeusement Clarence, déclenchant les rires des adultes.
- Bien sûr, miss Potter, fit Severus en roulant les yeux. Je ne vous oublierai pas !
.
*~*°O°o°O°*~*O*~*°O°o°O°*~*
.
Silverstone Manor
Talnotry Lake
Severus Snape était enfin rentré chez lui. Le calme qui régnait au rez-de-chaussée lui fit un bien fou et il s'affala mollement dans le canapé du grand salon, observant le jardin enneigé tout en caressant Aurelius qui l'avait rejoint.
- Professeur ?
- Charlie, répondit Severus en se levant du canapé pour aller serrer la main de son ancien élève. Je t'ai déjà dit de m'appeler Severus.
- Désolé, réflexe, fit le jeune homme en souriant. Heureux d'être rentré ?
- Très, répondit Severus. Tout s'est bien passé ici ?
- Oui ! Les elfes sont adorables et les chats aussi. Je ne vous remercierai jamais assez pour tout ce que vous avez fait pour notre famille.
- C'est avec plaisir. Et il faut bien que quelqu'un vive ici.
Charlie rigola.
- Je rentre au Manoir Weasley demain.
- Comment va votre mère ?
- Il n'y a aucune amélioration pour le moment, répondit Charlie. Mon père a été mis au courant par le professeur McGonagall de ce qu'à fait Ronald. Il est très en colère.
- Au moins, votre sœur essaye de s'intégrer à nouveau bien que beaucoup d'élèves préfèrent l'ignorer.
- Oui… j'espère que ces vacances leur feront du bien.
- Je l'espère pour eux. Votre sœur a du mal, il faudra l'entourer du mieux possible. Quant à votre, ton, plus jeune frère, je ne sais réellement pas quoi en penser. Il semble être entre deux feux et ne sait quel camp choisir, si camp il y a. Enfin. Vous pourrez revenir après le premier janvier avec les jumeaux, ils pourront rejoindre le Laboratoire s'ils ont envie de tester quelques idées.
- Merci.
- Pas de souci. Bien, que veux-tu manger ce soir ?
- Aucune idée.
- Enora ?
- Maître Severus a appelé Enora ? fit l'elfe en apparaissant devant eux.
- Oui. Nous aimerions manger mais nous n'avons pas d'idée.
- Enora va appeler les autres et nous allons vous préparer de quoi vous rassasier alors ! Tout sera prêt dans quarante-cinq minutes et dix-huit secondes ! Y-aura-t-il des invités ?
Severus interrogea Charlie du regard.
- Non, répondit l'ancien élève.
.
*~*°O°o°O°*~*O*~*°O°o°O°*~*
.
Dimanche 20 décembre 1992
Severus se réveilla dans le canapé du salon avec deux chats allongés sur lui. Il se leva doucement en marmonnant contre ces boules de poils qui passaient leur temps à dormir avant qu'Aurelius ne miaule dans un demi-sommeil.
- Tu as faim ? demanda alors Severus.
- Ma. Ma, maw.
- Ok, viens, je vais te laisser choisir ta boite.
Il secoua la tête en voyant son chat noir se lever, s'étirer en faisant le dos rond puis se dandiner en direction de la cuisine.
- Mew ? Mow. Mow. Mow ? Mou mow, miaula le chat sur un ton triste.
- Oui, j'arrive. J'arrive.
La matinée passa tranquillement, un café dans la main et un livre sur les traités de potions dans l'autre. Perdu dans ses pensées, il sursauta lorsque l'horloge sonna quinze heures. Il se leva précipitamment et rejoignit la salle de bain.
Après vingt bonnes minutes de douche brûlante, il se sécha et réfléchit avant de choisir soigneusement ses habits : une chemise violette, un pantalon noir et épais, une veste noire… trop de noir, mais c'était sa faute. Il n'avait presque que cela.
Il sécha ses cheveux et les attacha en une queue basse, puis retourna au salon. Il alluma un peu le feu de cheminée et les chats qui squattaient le manoir vinrent s'installer sur le tapis afin de profiter de la chaleur. Severus les caressa quelques instants, en réfléchissant.
- Mew ?
- Oui Aurelius ?
- Mow.
- Oui, je pense beaucoup.
Le chat noir vint lui mettre un coup de patte avant de repartir. Quelques instants plus tard, il revint avec un plumeau.
- Tu l'as attrapé où, celui-là ? fit Severus en haussant un sourcil.
- Rawou !
- Tu es allé dans la cuisine ?
- Aw !
Il avait pourtant fermé la porte et placé le plumeau sur une étagère. Ce chat était bien trop intelligent pour son propre bien…
- Aouw.
- Oui c'est bon, viens, donne moi ce fichu plumeau, fit-il en souriant.
Ce chat le rendrait fou. Il joua alors avec Aurelius alors que les autres s'étaient assoupis. Après une demi-heure, Severus s'assit dans le canapé et écrivit quelques mots sur un parchemin pour Arthur Weasley. Des vœux brefs mais sincères. Il ne savait pas trop pourquoi il faisait cela, mais il le faisait. Il appréciait cette famille, au final. Et la voir ainsi brisée à cause d'un vieil homme lui faisait mal au cœur. Il sourit à cette pensée. Qui aurait dit que le froid et distant professeur de Potion avait des sentiments ? Les discussions, parfois violentes verbalementl, avec Elizabeth l'avaient fait réfléchir sur sa manière d'être, sur sa facon de vivre. Et comme il appréciait énormément Eliz – il ne saurait expliquer pourquoi – il faisait des efforts. Efforts qui portaient ses fruits, si on regardait sa vie aujourd'hui et ce qu'elle était au temps de Voldemort et de Dumbledore…
Il secoua la tête encore une fois, comme pour remettre en ordre son esprit. L'heure arrivait, il devait partir. Son cœur commençait à battre plus rapidement, et le stress montait. Il n'aimait pas cela. Pourquoi avait-il une once de peur en lui ? La soirée allait être agréable, que craignait-il alors ?
Severus se leva, porta la lettre pour Arthur à la volière et prit sa cape de voyage verte. Il mit une écharpe épaisse pour combattre le froid puis quitta son domicile à pieds. Il sorti du quartier et transplana jusqu'à Glasgow.
- Severus !
- Bonjour Solène, répondit-il alors que la jeune femme le serrait déjà dans ses bras.
Il huma le doux parfum et la serra contre lui.
- Tu m'as manqué, chuchota Severus.
- Toi aussi, mon amour.
Ils s'observèrent un instant avant de rejoindre un restaurant, main dans la main.
Severus passa sa soirée à écouter Solène raconter des anecdotes, expliquer tout ce qu'il se passait au travail et lui raconter les sorties qu'elle avait faites avec sa sœur. Talhyia avait du mal à se décider pour une robe de mariée sans compter qu'elle avait peur que la famille de Sirius ne l'accepte pas, alors qu'il était pourtant clair que les parents de Sirius l'adoraient déjà.
Severus observait la jeune femme parler avec entrain, et il la dévorait littéralement du regard. Il avait eu du mal, les premiers temps, à accepter tout ce que son corps désirait : plus qu'une relation charnelle, c'était une relation tout d'abord intellectuelle qu'il entretenait avec Solène. Elle était tout ce qui lui avait manqué : la joie de vivre, la générosité, l'amour… elle faisait attention à lui comme s'il lui était précieux. Et c'est ce qu'il était. Précieux aux yeux et au cœur de la jeune femme, même si pour le moment, elle ne remarquait pas le silence de l'homme, trop concentrée dans ses histoires que Severus écoutait attentivement, un très discret sourire aux lèvres.
- Tu en penses quoi ? finit par demander Solène, ce qui fit revenir Severus à l'instant présent.
Il sirota le verre de vin tout en réfléchissant aux termes qu'il allait employer.
- Les traditions veuillent que la mariée s'habille en blanc, s'il n'y a pas eu de relation… sexuelle avant le dit mariage. Talhyia est enceinte, mais sincèrement, si elle veut s'habiller en blanc je n'y verrais aucun inconvénient. Et je pense que les parents du cabot, hum, de Sirius, ne s'attarderaient pas sur cela. Du moins, plus aujourd'hui. Pourquoi ne demande-t-elle pas à Walburga ce qu'elle en pense ?
- Tu as raison. Oui, je lui demanderai tiens… je pense qu'elle a peur de décevoir.
- Elle se prend trop la tête, finit par marmonner le maître des potions.
- Sans parler des hormones qui jouent. Tu ne peux pas savoir ce que c'est de gérer une petite sœur enceinte.
Severus sourit alors franchement.
- Je ne veux pas le savoir, fit-il alors.
- Oh, fit tristement la jeune brune.
Severus senti qu'il avait peut-être dit quelque chose de mal, au vu du regard soudainement triste de son amie. De sa petite amie.
- Qu'ais-je dis de mal, Solène ? fit-il plus doucement.
- Je… oh, rien d'important.
- Ma… ma chérie, osa-t-il.
Jamais il n'avait appelé une femme ainsi, mais son cœur tambourinait maintenant contre sa poitrine.
- S'il te plaît. Je suis un homme, et il paraît que les hommes sont doués pour faire des bourdes sans s'en apercevoir.
- C'est Eliz qui t'a dit ça ?
- Hm. Oui. Alors ? Explique-moi pourquoi tu as l'air soudainement triste, alors que tu étais si heureuse juste avant que je n'ouvre la bouche.
- Rien, ne t'inquiète pas.
- Ne me mens pas, Solène, fit plus durement Severus.
La jeune femme soupira, avant de fixer son regard dans celui de Severus.
- C'est certainement idiot de ma part, et c'est trop tôt pour en parler de toute façon…
- Explique-moi tout de même ce que tu as sur le cœur, que je comprenne et puisse m'exprimer sur ce qui te chagrine. Ce n'est pas avec des non-dits que nous avancerons, mon cœur.
Pour le coup, il se sentait vraiment mal et, heureusement pour son cœur qui menaçait de lui sortir par la bouche tellement il craignait d'avoir tout fichu en l'air, Solène finit par parler.
- Ta réaction me… m'a fait penser que tu ne voudrais pas d'enfant, et… j'aimerais… j'aimerais en avoir de toi, Severus. Je t'aime, et je veux fonder une famille avec toi, fit-elle en détournant les yeux. Mais si tu ne veux pas… Si tu ne le veux pas, je respecterai cela. Je ne te forcerai pas.
Severus, la bouche entrouverte observa la jeune femme qui se tenait devant lui, choqué.
Il ne s'attendait pas à cela. Pas maintenant. Mais son cœur lui disait de rassurer son amie. Et vite.
- J'avoue ne jamais y avoir pensé, fit Severus en prenant la main de Solène. Je n'y ai jamais pensé parce que j'ai déjà les enfants des Potter et des Windsor assez régulièrement dans les pattes. Mais je n'ai jamais dit que je n'en voulais pas, Solène.
La jeune femme osa un regard vers celui qu'elle aimait de tout son cœur.
- Tu… tu es sérieux ?
- Oui.
- Oh, mon cœur…
Severus lui offrit le plus doux des sourires et essuya une larme sur la joue de la jeune femme tout en la rejoignant sur la banquette et pris ses mains dans les siennes, les caressant doucement.
- Et même si je n'ai pas prévu cela pour ce soir et n'ai aucun bijou à t'offrir maintenant, fit Severus d'une voix tremblante malgré lui, je… est-ce que… murmura-t-il avait d'inspirer profondément. Malgré mes paroles involontairement blessantes, mes sauts d'humeurs… ma manie d'être froid et distant en public… est-ce-que… Veux-u m'épouser, Solène ?
Ne s'attendant absolument pas à une telle demande, Solène s'effondra en sanglots dans les bras de Severus, qui n'en menait pas large.
- Navré si je t'ai blessé… qu'ais-je dis de mal, cette fois ? fit doucement Severus, inquiet.
- Rien, sombre idiot ! Je t'aime ! fit la jeune femme entre deux sanglots. Je t'aime, et je ne m'attendais pas… je ne m'attendais absolument pas à ce que tu me demandes cela maintenant. Ou que tu me fasses une telle demande, en fait. Je… je n'aurais jamais pensé que tu… que tu me demandes… Oui, oui je veux t'épouser, mon amour. Je veux t'épouser et fonder la plus belle famille du monde avec toi.
Severus la serra contre elle et caressa ses cheveux.
- Moi aussi. Je t'aime, Solène. Et nous fondrons cette famille ensemble, murmura-t-il en embrassant ses cheveux.
.
*~*°O°o°O°*~*O*~*°O°o°O°*~*
.
Alors que Severus et Solène passaient Noël en famille chez les Prince, les Potter et Windsor avaient fêté toute la nuit. Chaque enfant avait reçu de magnifiques cadeaux et beaucoup, beaucoup trop de chocolats.
Mais le plus beau cadeau fut indéniablement offert à Harry.
Tremblant, il se dirigeait maintenant vers le Salon des Souvenirs, dans le demi-sous-sol du Manoir familial. Il ouvrit la lourde porte de l'immense salle puis la traversa, pour rejoindre le sous-sol d'une des tours arrières du Manoir. Il entra dans la salle ronde, où quatre torches s'allumèrent et cinq tableaux vides lui faisaient face.
Hardwin l'avait rejoint, et l'invita à prendre place dans un des fauteuils.
- Je…
- Attend un peu, petit hérisson. Je reviens.
Harry observa son père ressortir avec une fiole dorée.
Les souvenirs… l'essence des souvenirs de ses parents avaient été retrouvée et les tableaux de ses parents allaient vivre en ce soir de Noël pour la première fois. Plus de dix ans après leur terrible mort.
Les larmes aux yeux, il se blottit contre le torse de Hardwin qui le forca à reprendre place.
- Le tableau va s'animer dans quelques instants, il faut être patient.
De la brume blanche et dorée remplit alors le grand tableau face aux fauteuils.
- Bienvenue à Liberty Charms, fit alors Hardwin d'une voix pleine d'émotions.
- Euh…. Hardwin ? Que… tu… tu as vieilli !
- Merci James, ton compliment me va droit au cœur !
- Lily ?
- James ! Oh bon sang, j'ai l'impression que des millénaires sont passés depuis que nous avons fait peindre nos images…
- C'est un peu le cas, à vrai dire, fit Hardwin.
- Comment ça ? demanda James, soudainement sérieux.
- Je vous présente votre fils, Harry. Nous sommes le 24 décembre 1992.
- Oh Harry ! Mon trésor, fit Lily dont les larmes coulaient de ses magnifiques yeux. Harry… approche, approche mon cœur…
- 1992 ? répéta James, ahuri.
Harry se leva, tremblant de toutes parts, et caressa la toile du bout des doigts. Ceux de sa mère rejoignirent les siens.
- Oh Harry, fit James en allant près de son épouse, l'entourant de ses bras. Tu es resplendissant, mon fils.
- Merci… merci… papa. Tu… je suis content de vous voir.
- Nous aussi, mon trésor, répondit Lily. Tu as… tu as donc… douze ans… pourquoi avons-nous été réanimé aussi tardivement, Hardwin ?
Une longue discussion se fit alors, relatant la vie de Harry, en passant par le procès contre Dumbledore, jusqu'à la rentrée de Harry à Poudlard, en septembre dernier. Lily et James passèrent la nuit à discuter avec leur fils et Hardwin, heureux de pouvoir enfin être à leurs côtés. Bien que Lily maudisse sa sœur pour les mauvais traitements qu'elle avait infligés à leur fils – Hardwin venait de leur expliquer malgré les réticences de l'adolescent –, elle reconnut que Pétunia aurait très bien pu mettre Harry dans un orphelinat quelconque…
.
*~*°O°o°O°*~*O*~*°O°o°O°*~*
.
Severus s'était officiellement fiancé à Solène le vingt-six décembre, peu avant leur arrivée au Manoir Potter. Il avait déniché une bague dans une des joailleries écossaises près d'Edimbourg.
Alors que Solène montrait sa bague aux enfants, Severus s'était quant à lui eclipsé avec Hardwin dans les sous-sols.
- Tu vas pouvoir parler à Lily seul à seul, lui dit alors Hardwin.
- Oui…
- Depuis le temps que tu en as besoin, renchérit Hardwin en lui tapant dans le dos. Allez, aies un peu de courage !
- Ce n'est pas dans la nature d'un serpentard d'être courageux, marmonna Severus.
- Je le sais bien. Allez, file, je vais parler avec James et ensuite nous retournerons avec les autres pour les cadeaux.
Severus et Lily discutèrent durant une bonne heure, de tout et de rien. Discuter avec sa meilleure amie lui fit un bien fou et un poids énorme quitta ses épaules. Lily s'adaptait tant bien que mal à la vie de tableau, se prenant quelques moqueries de Severus lui rappellant qu'elle était une espèce de souvenir et qu'elle ne pouvait plus manger ses chocolats préférés, mais qu'il le ferait pour elle. Elle lui avait alors simplement tiré la langue avant qu'ils partent, tous les deux, dans un fou rire.
Severus lui expliqua ses craintes, ses peurs. Elle le motiva à fonder une famille, lui expliquant que voir un enfant naître fut la plus belle chose qu'ils vécurent, James et elle. Elle aurait tout donné pour voir Harry grandir, et elle souhaitait à Severus d'avoir ses propres enfants, et de les voir grandir. De les aider à devenir de bonnes personnes, aimantes et attachantes, loyales et justes. Severus le lui promit alors, et Lily demanda à rencontrer Solène.
Après eut lieux la distribution de cadeaux que Severus et Solène offrirent aux enfants : des montres, des livres, des couvertures pour Poudlard ou pour Hollow Castle puisque Abigaelle restait là-bas. Hardwin reçut une montre et Elizabeth eut quelques affaires pour les chats ainsi que plusieurs encyclopédies sur les différentes races. Salazar eut droit à un grand moment de jeu avec Aurelius-Augustinus qui suivait son maître comme son ombre, même dans les voyages par cheminette, sur l'épaule de l'homme-en-noir allias Severus Snape.
Severus laissa Solène chez les Potter et rejoignit la famille Sørensen chez qui il était invité pour le repas de midi. Ce fut Jörn, l'époux de Narcissa, qui l'accueillit un grand sourire aux lèvres.
- Bonjour, Severus !
- Bonjour Jörn, comment vas-tu ?
- Très bien ! Narcissa est déjà assise à table, avec notre petite dernière !
- Elle est déjà née ?
- Oui ! Oui, viens, suis-moi !
Severus fut heureux d'avoir prévu un cadeau pour le nouveau-né, bien qu'elle doive, normalement, naître à la fin janvier.
- Severus !
- Ne te lève pas, Narcissa, fit alors Severus en venant l'embrasser. Comment vas-tu ? Et comment va cette petite princesse ?
- Nous allons bien, fit Narcissa avec un sourire fatigué. Elle est née le 24.
- Si vous voulez, nous pouvons remettre ce repas à plus tard.
- Certainement pas ! fit Jörn. Jonas nous haïrait pour cela ! D'ailleurs, je vais le chercher.
Narcissa secoua la tête en tendant sa fille.
- Oh, non…
- Allez, prends-là s'il te plaît, demanda Narcissa en faisant la moue. Tu auras aussi un petit ange, un jour, et je me dois de te préparer à cela !
- Je… c'est qu'elle est toute petite.
Le rire cristallin de Narcissa le fit sourire.
- Allez, prends !
En soupirant, il prit place à côté de son amie et pris la petite puce dans ses bras.
- Je te présente Söriana Emmanuelle Sørensen, âgée de deux jours.
Severus, plus ému qu'il ne l'aurait imaginé, caressa la joue du bébé qui l'observait, intrigué.
- Je te préviens, par contre, que la beauté d'un bébé apparaît un peu après la naissance, fit-elle en riant. Stella, la nièce de Jörn, nous a dit que Söriana était moche.
- Oh. Je ne dirais pas cela.
Narcissa rit alors de plus belle.
- Elle était toute rouge et fripée à la naissance. Je peux comprendre qu'une petite ado ne trouve pas cela très… esthétique.
Severus eut un petit rictus amusé.
- Elle a l'air adorable.
- Elle l'est, confirma Jörn en revenant dans la pièce.
- Parrain Severus ! fit une voix d'ado.
Jonas – jadis Draco Malfoy – embrassa son parrain sur la joue avant de prendre place sur ses genoux. Jörn reprit la petite et Narcissa demanda à un elfe de Maison de bien vouloir servir l'apéritif.
- Tu vas bien ?
- Oui, et toi ? questionna Severus.
- Très ! J'ai eu de très jolis cadeaux à Noël. Les grands-parents m'ont offert une très belle écharpe faite avec une laine la plus douce du monde ! Grand-père Esaias m'a offert une cape avec beaucoup, vraiment beaucoup de poches. Papa m'a fait faire une belle armoire et m'a acheté plein de vêtements, parce que maman disait que je grandissais trop vite.
- Je confirme, remarqua Severus. Tu grandis vraiment très vite.
- Oui mais… c'est normal, non ? fit le jeune garçon soudainement inquiet.
- Oui, c'est normal, se moqua doucement le professeur de Potion. D'ailleurs, les enfants Windsor et Potter se sont cotisés pour un cadeau, tiens, prends. Et tiens Narcissa, c'est pour toi.
Jonas observa le grand paquet qu'avait fait apparaître son parrain. Délicatement, il défit le papier cadeau qui l'impressionnait de part les motifs qui se mouvaient. Des flocons de neige sur un magnifique paysage…
- Waw ! fit-il en dépliant une magnifique couverture.
Sur la couverture polaire se trouvait un paysage représentant une forêt dont les différents verts reflétaient la lumière d'un rayon de soleil qui traversait les feuillages. Un petit lac était également présent et Jonas caressait l'endroit où se trouvait un cerf.
- C'est… magnifique…
- Et ce n'est pas tout, fit Jörn.
En effet, dans le paquet se trouvait également un sac sans fond, un livre sur les créatures et êtres magiques ainsi qu'une encyclopédie sur l'univers.
Narcissa, quant à elle, eut une broche en forme de feuille dorée et Jörn un livre ancien sur les plus grandes familles britanniques.
Severus passa une belle fin de journée en compagnie de cette famille recomposée, berçant à deux reprises le petit corps de Söriana.
L'année 1992 allait prendre fin, et, comme chaque année, de nouvelles surprises, bonnes ou mauvaises, allaient croiser la vie peu reposante de ces grandes familles.
.
*~*°O°o°O°*~*
*~*°O°o°O°*~*O*~*°O°o°O°*~*
