Coucou tout le monde !
Voici le deuxième chapitre de la journée. Cette fiction a 78 chapitres, nous approchons donc de la fin. Merci à toutes et à tous de la suivre, et un grand merci pour vos reviews.
Je vous préviens par avance que je pense faire une ou deux « petites » ellipses temporelles. :-)
Cependant, un projet voit le jour (une nouvelle fiction, quoi, qui sera nommée "La famille d'abord") et je commencerai à la poster lorsque j'aurai fini de publier Quand la pureté reste dans l'âme. N'hésitez donc pas à faire un tour sur mon profil si vous le souhaitez !
Bonne lecture !
Quand la pureté reste dans l'âme
La noble et moderne famille Black
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Chapitre 75 :
Nouvelle vie
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Juillet 1993
Harry reposa l'album photo qu'il feuilletait depuis plus d'une heure. L'année scolaire s'était terminée en beauté, et il avait pu prendre des photos grâce à sa mère qui lui avait amené un appareil sorcier afin d'immortaliser la surprise que leur avaient réservés le corps professoral et les jumeaux Weasley.
Le 21 juin avait été un jour plutôt mémorable. Les élèves, tirés de leur sommeil par la douce voix de leurs parents, furent d'abord légèrement perturbés avant de réaliser ce qu'il se passait. Surpris que leurs parents aient accès aux dortoirs, ils furent tous plutôt rapidement réveillés.
Les mères de familles firent ensuite descendre leurs enfants dans le parc, où étaient disposés plusieurs tables remplies de nourriture et de boissons qu'ils n'avaient plus eu l'occasion de consommer depuis plusieurs mois.
Fred et George, quant à eux, n'avaient pas profité de ce moment, préférant squatter exceptionnellement les quartiers du professeur de Potion le plus redouté : Severus Snape.
Ils avaient, une heure durant, concocté plusieurs potions qu'ils n'avaient pu faire avant et s'étaient ensuite faufilés vers la sortie, embrassant leur père sur la joue avant de fuir vers la lisière de la forêt. Et c'est là que débuta le merveilleux spectacle.
Poudlard – le dragon – se présenta tout d'abord aux parents d'élèves peu rassurés et se laissa caresser par les élèves les plus courageux en leur racontant des blagues plus ou moins drôles, parfois douteuses. Les Centaures firent apparaître une grande carte du ciel et contèrent plusieurs légendes aux adultes. Et lorsque l'horloge sonna onze heures, les jumeaux tapotèrent sur un tronc d'arbre. Des formes telles que des représentations d'animaux, des étoiles géantes avec des yeux et une bouche, plusieurs arbres et fleurs fantaisistes jaillirent alors des bois, et dansèrent autour des élèves.
Une musique vivante se fit entendre, et le parc fut rempli d'adolescents joyeux, dansant avec n'importe qui – parfois même en tenant la main des formes créées par Fred et George. Les parents observaient le spectacle en riant et immortalisant ces instants de pure magie.
Un visage adoucit par l'amusement fixait tous les élèves du haut de la tour d'astronomie. Severus Snape, fidèle à lui-même, préférait rester loin de tout ce chahut bien qu'il apprécie voir le château être aussi vivant.
Il aperçut quelques centaures et elfes se mêler à la foule, discutant joyeusement avec les parents d'élèves et répondant aussi bien que possible à leurs questions. Il soupira avant de reculer de la rambarde et observer les murs de la tour, avec mélancolie, tout en se demandant ce qui aurait bien pu se passer cette année si Dumbledore avait encore occupé le poste de Directeur au sein de l'école.
Les examens, pour les cinquièmes et septièmes années, furent passés lors de la première semaine de juillet, alors que les autres élèves quittaient le château, soulagés de rentrer chez eux pour deux mois de vacances bien mérités.
Harry se leva de sa chaise, et ordonna son bureau. Il avait vu son parrain penser et réfléchir plus qu'il ne le fallait, mais fut heureux de la décision qui fut prise : Severus Snape, ou Lord Prince, allait se marier cet après-midi en toute intimité dans l'immense jardin du Manoir Liberty Charms.
Il fallait dire qu'Elizabeth ne lui avait pas laissé le choix sur le lieu. Et bien que Severus ait encore et toujours certains doutes quant à cette relation qui pourtant était belle et bien réelle, il se plia aux volontés de Solène et Elizabeth, sa sœur de cœur.
Harry sourit tendrement devant une photo de son parrain, entouré de ses deux filleuls. Jonas serait présent, et Harry, qui ne l'avait pas vu bien souvent, en était plus qu'heureux.
- Harry ? fit une voix douce alors qu'Elizabeth passait la tête par la porte entrouverte.
- Oui ?
- Tout va bien ?
- Oui, maman, répondit-il en l'observant les yeux brillants.
La mère de famille vint l'embrasser sur le front, et le serra contre elle.
- Sev' a l'air heureux, fit alors l'adolescent.
- Oui, chuchota Elizabeth. Mais il n'en a pas l'habitude.
- Il a du mal à chasser les fantômes du passé, répondit doucement Harry.
- Oui…
- Nous ferons de cette journée une journée mémorable pour notre professeur de potion adoré, ricana Harry alors que sa mère le décoiffait. Maman ! Je viens de passer une heure à coiffer ces fichus cheveux !
- Je te les coupe, si tu veux !
- Nan ! Sally aime bien mettre ses pattes dedans, la nuit. D'ailleurs, est-ce qu'Aurelius-Augustinus sera là, lui aussi ?
- Oui, il est même déjà là. Severus est en bas, en train de discuter avec Lily.
Harry leva les yeux au ciel.
- Il n'est pas capable de prendre une décision sans elle.
- C'était sa meilleure amie, ne l'oublie pas.
- Il… il l'aimait plus que tout.
- Et il l'aime toujours, répondit Elizabeth dans un sourire triste. Si jamais… si jamais nous venions à disparaître nous aussi, un jour, et que Sev' est toujours de ce monde… fit douloureusement la mère de famille.
- Maman ! s'écria Harry, outré. C'est le jour de Parrain ! Tu n'as pas le droit de parler de ça !
- Petit cœur, mon hérisson, je suis désolée, fit tristement Elizabeth. J'ai tellement peur qu'il… qu'il se renferme sur lui-même, à un moment donné.
- Maman, fit fermement Harry. Je te jure que je ferai tout pour lui donner le sourire, à chaque instant. J'aime Sev' de tout mon cœur. Il est un ami, un confident, malgré les années qui nous séparent, tu sais qu'il est plus qu'un parrain pour moi. Il a toujours été là pour moi, et il l'est toujours. Dès que j'en ai besoin. Et si je n'ose pas le voir, il vient me remonter les bretelles. Donc, ma maman chérie deuxième du nom, je te jure que je surveillerai ce bon à rien de potionniste et lui rendrai le sourire s'il ose être triste !
- Tu es adorable, fit Elizabeth en riant. On ne devrait pas penser à cette éventualité, tu as raison. Et, c'est à nous de faire cela. Pas à un groupe d'ados comme vous. Tu vas te préparer ?
- Hm, fit Harry en hochant la tête.
- Tu as besoin d'aide.
Ce n'était pas une question, c'était une affirmation. Cette situation rappelait à Harry combien Elizabeth, sa tante, prenait son rôle de mère adoptive à cœur. Elle lisait en lui comme si elle l'avait fait elle-même. Elle le connaissait par cœur.
- Tu vas… mettre cette chemise ?
- Maman ! Elle est blanche !
- Et ?
- Je…
- Tu ?
- Je voulais mettre ma cape verte, tu sais, la légère qu'il m'a offerte…
- Celle en velours ? Tu appelles ça « léger », mon fils ? fit-elle sur un ton réprobateur. Il fait plus de trente degrés dehors !
Harry baissa la tête, tout en réfléchissant.
- Harry, fit la mère de famille en s'accroupissant devant lui. Tu n'es pas obligé de mettre des choses qu'il t'a offertes aujourd'hui. Il sait que tu adores cette cape, tu la portes toute l'année. Tout comme il sait que tu adores la chemise noire moulante qu'il t'avait achetée à Noël. Il sait que tu tiens à lui, et il sait que tu aimes ses cadeaux, mais ces tenues ne sont pas faites pour célébrer un mariage.
Il hocha la tête, tristement.
Salazar arriva à son tour dans la pièce, clignant très lentement des yeux en observant Harry. Il se frotta contre les jambes d'Elizabeth avant de faire de même sur celles de son maître. D'un pas lent, il se dirigea vers l'armoire d'où il dénicha un pantalon noir droit.
- Je pense que Salazar a trouvé le pantalon adéquat, fit Elizabeth dans un demi-sourire tout en caressant la tête du matou. Hm, et quelle chemise allons-nous donc choisir…
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Sirius Black et Severus Snape avaient épousés deux sœurs. Ils faisaient donc, théoriquement, partie d'une seule et même famille pour le plus grand malheur de Snape.
Harry et Jonas s'étaient entendus à merveille, et Jonas s'était également lié d'amitié avec les autres enfants de la famille Potter-Windsor.
Les grandes vacances furent certainement les plus calmes que Harry vécu depuis son arrivée à Liberty Charms, et cela lui fit beaucoup de bien. Il en profita pour se balader, observer les fleurs du jardin en compagnie d'Abigaelle, de Philipp et de Clarence. Il profita, tout comme son frère et ses sœurs, de leur mère avec laquelle ils préparaient et mangeaient des gâteaux, se baignaient dans un lac, allaient à la plage et en ville.
Ils travaillaient quelques cours, mais sans excès, juste ce qu'il fallait pour ne rien oublier et s'entraîner un peu. Hardwin naviguait entre le Ministère Irlandais et le Laboratoire qui avait pourtant fermé en juillet pour que tous les employés puissent avoir un mois de repos bien mérité. Le mois d'août ne fut guère différent, et Harry s'ennuyait atrocement de ses amis.
Il décida alors, avec l'accord de sa mère, d'inviter Niklas et Hermione. Il ne savait pas trop pourquoi il tenait tant à la présence de la jeune Serdaigle, mais Elizabeth approuva en insistant sur le fait qu'ils aillent visiter quelques musées d'Irlande.
Hermione ne pouvait donc pas refuser.
Tout le monde vaquait à ses occupations, si bien que peu écrivirent dans le Livre qu'ils avaient créé. Harry n'osait même pas demander des nouvelles à Severus, et encore moins à Sirius. Ce dernier n'était pas très présent dans sa vie, et il s'était indéniablement attaché à Severus plus qu'à Sirius qui lui parlait trop souvent des frasques de son père.
Harry remarquait bien que Sirius essayait en vain d'éviter de le comparer à James, mais ces tentatives se vouaient bien trop souvent à l'échec, si bien que l'adolescent préférait garder une certaine distance avec le meilleur ami de son père biologique. Sirius respectait son choix, bien qu'il en souffrait assurément, et Harry prenait soin de lui envoyer quelques lettres de temps à autres, demandant quelques conseils tout en comparant les réponses de ses deux parrains. Ce qui, dans certains cas, s'avérait être un avantage non négligeable d'avoir deux visions différentes des choses, et donc, deux avis souvent opposés avec des arguments plus importants les uns que les autres.
Harry profita de la venue de Hermione afin de lui apprendre ses maigres connaissances en matière d'élevage de chats, et Elizabeth expliqua en long et en large la plupart des réglementations à respecter, lui parla de génétique et des soins à prodiguer. Au-delà de ça, Hermione s'était amourachée d'un chaton mais n'osa pas en parler. Alors, lorsqu'Elizabeth la ramena chez elle et discuta avec ses parents, elle en profita pour prendre la mère d'Hermione à part.
Annabelle pris les mains d'Elizabeth et la conduisit dans la cuisine.
- Tu veux du thé ?
- Oh, oui, avec plaisir. Menthe poivrée, tu as ?
Les deux jeunes femmes s'étaient immédiatement entendues et tutoyées, comme si elles se connaissaient depuis toujours.
- Merci ! fit Elizabeth en prenant la tasse de thé tendue par son amie. Dis. J'ai vu que ta fille avait eu un coup de foudre pour un petit chaton, mais elle n'osait rien dire.
- Oh, c'est vrai ? se réjouit alors Annabelle. Hermione n'ose rien dire sur ses désirs, fit-elle plus tristement. Pattenrond est décédé d'une tumeur et… il s'est avéré qu'elle ne l'appréciait pas plus que cela. Elle ne l'a pas une seule fois caressé depuis la levée des sortilèges et les soins. Je sais qu'elle s'en veut, elle se sent coupable car elle pense que Pattenrond s'est laissé mourir. Elle a murmuré qu'elle n'était pas capable d'avoir un animal de compagnie et ne nous a plus parlé une semaine durant… j'avoue être un peu…
- Perdue ? chuchota Elizabeth avec un doux sourire. Je te comprends. Tu as retrouvé ta petite famille, Ethan, Oliver, Hermione, puis vous avez adopté Ewen. Ca fait beaucoup en une année.
- Je ne sais pas si Hermione est heureuse de la vie que nous avons, soupira Annabelle. J'aimerais tant la voir sourire…
- Elle sourit, je peux te l'assurer.
Les yeux de Lady Malefoy s'illuminèrent douloureusement.
- Elle a observé Illyas avec beaucoup d'amour. Dès le premier regard, le chaton s'est approché d'elle et a reniflé ses doigts avant de se frotter contre sa main. Les yeux d'Hermione ont brillé, je peux te l'assurer. Elle s'est relevée, a écouté Harry qui était parti dans son monologue, mais ses yeux revenaient sans cesses vers le petit chaton.
- La disparition de Pattenrond l'a fait souffrir, je pense...
- Il est possible qu'elle l'ait choyé à cause de sortilèges imposés par Dumbledore, reprit Elizabeth. Dans tous les cas, même si elle est restée distante, elle ne l'a pas maltraité, n'est-ce pas ?
- Non, du tout, répondit vivement la mère de famille. Elle est aussi venue avec nous afin d'accompagner Pattenrond à l'euthanasie afin qu'il souffre moins. Elle l'a gardé dans ses bras en murmurant des « pardons » des heures durant… fit tristement Annabelle.
- J'en parlerai avec elle, si tu veux, proposa doucement Elizabeth.
- Oui… souffla Annabelle. Et… Illyas, c'est ça ?
- Oui.
- Tu penses que… ce serait une bonne idée ?
- Un chat ne remplace pas un autre animal, répondit fermement Elizabeth. Mais rien ne doit lui interdire d'en aimer un qu'elle choisira elle-même, bien que je pense qu'Illyas ne lui ai pas trop laissé le choix pour le coup. Si tu es prête à prendre un chaton en charge…
- Les Maine Coon sont plus calmes je crois, non ?
- Hm, ça dépend, tu sais, chaque chat a son propre caractère, mais il est vrai que généralement, les chatons Maine Coon font moins de dégâts que les chatons européens surexcités. Ce sont des chats de canapé exemplaires. Enfin, ce sont les retours que j'ai de mes adoptants. Les miens sont sociables, aiment jouer, mais n'ont jamais renversé de pot de fleurs ou autre. Par contre, il m'est déjà arrivé d'avoir quelques coups de griffes sur un pan de mur, mais rien de bien grave et les ayant pris sur le fait accompli, ils n'ont plus recommencé. Il faut leur apprendre des mots simples comme un « non » ferme quand ils font des bêtises, bien que certains préfèrent claquer des doigts, cela fonctionne aussi, ou un « viens » pour qu'il s'approche, un « tiens » pour lui donner une croquette magique, réclamer un bisou pour qu'il frotte son museau contre ton nez et l'associer à un plaisir avec une récompense du style quelques friandises… enfin… la plupart sont intelligents et ouvrent même les portes, mais tu as toujours quelques chatons craintifs ou peu intelligent, chaque chat est différent, après tout, et ce, peu importe sa race.
- Ok… j'en parlerai avec Hermione.
- D'accord, fit Elizabeth en souriant. Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite surtout pas.
- Hermione a du mal à se faire à notre vie… j'ai l'impression que… que le peu de complicité que nous avions s'est envolé avec les sortilèges d'Albus Dumbledore, termina la jeune femme dans un dernier murmure.
- Oh, Anna, fit Eliz en l'amenant contre elle. Ne soit pas si négative. Il vous faudra du temps, tout comme il en faut aux Lovegood ou encore à Lord Weasley et sa famille. Ce… Dumbledore a fait du mal autour de lui, a créé tout un tas d'histoires, de mensonges… de choses et de situations malsaines. Mais vous êtes plus forts que tu ne le penses. Courage, ma belle.
Les deux mères de familles restèrent quelques instants ainsi, enlacées dans la cuisine, comme dans une promesse de soutien mutuel. Elizabeth allait devoir se faire plus présente auprès de certaines familles, bien qu'elle se demandait encore comment gérer tout cela. Avec Lena, elle s'occupait déjà de Solène et sa sœur, sans compter Eulia, Edouard, les enfants… leur grande famille. Lena plaisantait même sur le fait de s'installer en Angleterre, alors que son mari, Sergej, n'en avait guère envie. Heureusement, la magie leur permettait de voyager très régulièrement par Cheminée, via leur réseau privé.
Hermione et ses frères, eux, s'étaient installés confortablement dans les canapés du grand salon. Eliz' les observa un instant, avant de remettre sa cape de voyage. Les deux mères observèrent à la dérobée Hermione, accoudée sur le canapé, observant ses frères raconter tout un tas d'anecdotes à Ewen, âgé de huit ans depuis le mois de mars.
Elizabeth salua les enfants avant de quitter la maison et marcher quelques minutes puis transplana en direction de la côte.
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- Chouquette, tout va bien ? fit Harry qui s'assit sur un banc en bois, aux côtés de sa petite sœur.
Celle-ci acquiesça, en observant le paysage qui s'offrait à eux. Le jardin du Manoir leur offrait une vue incroyable sur la nature. Des prés laissés à l'abandon, des arbres parsemés sur le sol où les herbes grimpaient vers le soleil… des papillons voletant de fleur en fleur, et des abeilles chantonnant le long du chemin de terre qui zigzaguait parmi les fleurs.
La jeune fille fixa les yeux presque semblables de son frère adoptif, demandant silencieusement l'autorisation de s'approcher. Elle se souvenait encore du garçon extrêmement maigre arrivé un jour, peu avant un été bien chaud, qui avait beaucoup de mal à se laisser approcher. Ce garçon-là avait attiré son frère comme un aimant, et elle devait bien admettre qu'elle avait également eu envie de le serrer fort dans ses petits bras. Mais avant cela, elle avait dû l'apprivoiser, lui prendre spontanément la main après un repas pour le faire asseoir dans le canapé près de la cheminée. Elle avait toujours eu cette crainte au fond d'elle-même, qu'il disparaisse un jour.
Avec un léger sourire, Harry avait ouvert ses bras afin que sa petite sœur vienne se blottir contre son torse. Les cheveux châtains de la petite étaient longs, mais il se souvenait que ces mêmes cheveux furent jadis tout aussi incoiffables que les siens. D'une main, il dégagea les quelques mèches qui cachaient les yeux vert clair de la petite fille.
- Je t'aime, grand frère, chuchota celle-ci.
- Moi aussi je t'aime, petite sœur.
- Tu resteras toujours mon grand frère, avec Philipp ? demanda-t-elle timidement.
- Toujours, répondit-il comme une promesse. Pourquoi cette question, petite chouquette ?
- Parce que… fit la jeune fille. Je… j'ai toujours peur que tu partes, que tu retournes de là où tu viens.
- Jamais, petite sœur. Jamais je ne retournerai chez les Dursley.
- Promis ?
- Promis.
- Ils t'ont fait tellement de mal… je le sais, même si tu n'en parles jamais, je le sens. Et je sens que ton cœur en souffre encore, de temps à autres.
Harry resserra son étreinte, quelque peu triste qu'une si jeune enfant remarque ce genre de chose.
- Je serai toujours là pour toi, Clarence, tout comme Abigaelle et Philipp. Pourquoi tant de mélancolie ?
- Je ne sais pas.
- Tu le sais.
Elle le regarda avec des yeux humides, puis se défit de l'étreinte.
- J'ai fait un rêve, fit-elle dans un murmure. Un rêve dans lequel tu étais resté chez ce qui te servait de famille. Un rêve où un grand homme à la longue barbe et aux longs cheveux blancs t'observait avec respect, te conduisait vers ton destin funeste. C'était un homme qui semblait t'aimer, mais qui avait fait des choix qui furent difficile de suivre, même pour lui. Cet homme perdit la vie lors de ta sixième année, et tu as dû alors risquer ta vie pour partir à la recherche d'objets avec Hermione et un autre garçon. Ce même garçon vous a abandonné, avant de revenir ensuite. Vous étiez un trio d'or, des amis soudés et aimants les uns et les autres.
- De vrais amis ? demanda Harry dans un souffle.
- Oui, murmura Clarence. Des amis manipulés, manipulables, mais qui avaient grandis et s'étaient affirmés. Et t'aimaient réellement.
Harry, pensif, observait un papillon qui s'était posé sur la main tendue de sa sœur.
- Tu ne me crois pas, fit-elle comme un reproche.
- Je suis sceptique.
- L'amitié ne peut pas se commander, tu sais, grand frère, fit-elle avec sagesse. On peut provoquer un rapprochement, mais on ne peut pas manipuler une fausse amitié sur autant de temps. On apprend à aimer les gens qui nous entourent.
- Tu vois des futurs alternatifs, fit alors Harry, avec un sourire douloureux.
- Oui, souffla Clarence. Mais dans aucun de ces futurs, je ne me vois à tes côtés, fit-elle avec tristesse.
- Tu seras à mes côtés, petite sœur.
- Pour toujours ?
- A jamais.
- Pourquoi je vois ces choses ?
- Je ne sais pas, répondit Harry.
- D'après papou, j'ai hérité de dons d'occlumens, fit-elle sur le ton de la conversation en se redressant à nouveau avant de poser un baiser sur la joue de son frère.
- Tu as aussi un don en vol, fit Harry en se remémorant la frayeur qu'avait eu leur mère quelques semaines plus tôt.
- Oui, répondit Clarence, fière d'elle. J'adore le Quidditch !
- J'aime beaucoup aussi.
- James avait aussi un don pour ça, fit Clarence. Et d'après papa, tu es aussi doué que lui ! Tu m'apprendras quelques trucs, teplaît ?
- Oui, avec plaisir. Mais je ne veux pas que maman nous tombe dessus, ou alors elle me tuera.
- C'est parce qu'elle nous aime !
- Qu'elle nous tuera ? fit Harry en riant doucement.
- Ouais. L'amour fait faire des choses stupides aux plus intelligents de la terre entière.
- D'après papa, il faudrait que je m'entraîne à devenir animagi, fit Harry.
- Tu ne l'as pas fait dans les futurs que je vois, fit Clarence, mais je suis certaine que cela serait bénéfique pour toi. Peut-être que tu pourrais le faire avec Philipp ? Je suis sûr que Niklas aimerait aussi.
- Je doute que les parents soient d'accord…
- Faudra en parler à papa. Il ne réagira pas au quart de tour comme maman. Peut-être que certains amis que tu as à Poudlard pourraient s'entraîner avec toi…
Harry passa sa main dans les cheveux de sa sœur, l'attirant à nouveau à lui. Sa petite sœur avait certes huit ans, mais elle semblait bien trop mature pour son âge. Heureusement, ce n'était pas négatif… bien que le fait qu'elle voit des futurs étranges le laissa pensif. Depuis quand ce don se manifestait-il pour qu'elle en parle ainsi ? Pourquoi n'en parlait-elle pas aux parents ? Elle aurait huit ans le premier septembre prochain, et elle lui semblait bien trop jeune pour les paroles qu'elle prononçait. Il se promit d'en discuter avec leur père, afin d'être certain que sa petite sœur puisse profiter de son enfance et non s'évader dans des futurs qu'elle voudrait contrer.
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Harry avait profité d'une sortie entre père et fils afin de discuter avec Philipp et leur père. Peu étonné, Hardwin promit à Harry d'en parler avec Elizabeth puis Clarence. Les dons de la famille refaisaient surface, mais certains étaient bien plus complexes que les autres à gérer et la petite dernière aurait indéniablement besoin d'aide.
Les Grandes Vacances prenaient fin, et Harry avait souhaité fêter son anniversaire avec Niklas, Anastasia, Leonius, Jania ainsi que Philipp et Clarence. Ces deux mois de vacances avaient été très calmes, sans grande rencontre familiale, afin que chacun puisse profiter de ces moments de calme après toutes les nouveautés au sein des peuples sorciers d'Irlande et de Grande-Bretagne.
Severus s'était présenté au Manoir peu avant la rentrée, prétextant vouloir passer du temps avec Harry qui ne refusa pas cette sortie improvisée. Ils achetèrent ensemble quelques fournitures scolaires, passant par la ville sorcière en Irlande puis se rendant ensuite sur le Chemin de Traverse. Philipp passait sa journée à Londres avec Niklas et quelques amis de Poudlard, tous se retrouvant le soir même au Manoir de Liberty Charms.
Les adultes avaient prévu une surprise pour leurs enfants, et Harry, Philipp et Leonius étaient restés planté dans le jardin, à observer tout ce monde la bouche grande ouverte alors qu'Eulia, Lena et Elizabeth se moquaient ouvertement des trois garçons.
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Mardi 24 août 1993
Alors que les deux garçons Potter ainsi que Leonius rentraient de leurs journées en ville, plusieurs grandes familles s'étaient réunies peu de temps avant.
Plusieurs invitations étaient parties du Manoir des Potter en juin dernier, organisant dans le plus grand secret une grande soirée comprenant également un bal à l'extérieur de la demeure.
Narcissa et son époux Jörn Sørensen, leur fils Jonas – alias Draco – et leur très jeune fille Sörianna étaient présents, ainsi que Andromeda, Nymphadora et Ted Tonks ; Walburga, Orion, Regulus, Tahlyia et Sirius Black, qui étaient venus avec le petit dernier des Black : Cayrel. Il y avait également Eulia et Edouard (Potter-)Windsor et les jumeaux Leonius et Jania, Abraham Potter avec une amie que personne ne connaissait et qui semblait s'être amourachée de l'oncle encore célibataire.
Severus et Solène étaient également présents et Harry hésita à courir vers eux comme un gamin et leur sauter dessus. Le regard amusé de son parrain lui fit comprendre qu'il avait deviné ses pensées et ne semblant pas contre, Harry s'exécuta et laissa tomber son frère avant de courir comme un déjanté et prendre le couple dans ses bras.
Lisa et Fabian Prewett étaient également présents avec leurs deux filles Mysthya et Rebecca ainsi que leurs jumeaux Clément et Ethan qui avaient maintenant un peu plus d'un an. Arthur Weasley, Fred, George, Bill et Charlie étaient également présents et couvaient du regard Ginny qui était restée assise à une table près de la baie vitrée, caressant distraitement un chat qui avait élu domicile sur ses genoux. Peu à l'aise, la jeune fille évitait tous les regards mais Hermione ainsi que les jumeaux Oliver et Ethan Malefoy de Bridgewater bientôt âgés de seize ans, se dirigèrent vers la plus jeune de la fratrie Weasley.
- Tu ne veux pas venir avec nous ? demanda Hermione.
- N… Non, ça va, merci, fit la jeune fille en observant le chat comme s'il était la plus merveilleuse chose du monde.
- Ginny, fit Hermione, déçue.
- Je…
- Tu n'es pas à l'aise, fit Ethan en tirant une chaise et prenant place près d'elle.
- Pas du tout, confirma tristement Ginny.
- Ton père t'a amené, c'est qu'il veut que tu sois là, tu sais.
- Je… je ne suis pas digne d'être ici, marmonna la jeune rousse.
- Oh, Ginny, s'indigna Hermione. Bien sûr que si.
- Non, nia Ginny. J'ai sauté sur Harry sur le chemin de traverse la première fois que je l'ai croisé.
- Tu ne le voulais pas, fit une voix ferme derrière la rousse qui sursauta violemment.
- On ne se connait pas vraiment, reprit Harry qui pris place à son tour sur une chaise, mais je sais que tu ne le voulais pas lorsque c'est arrivé. Nous l'avions senti.
- Comment ? fit Ginny, secouée par plusieurs tremblements.
- Ta magie, ton aura, confirma Philipp qui arrivait derrière Hermine. Tu n'étais pas toi-même, et tu as combattu le sortilège qui était posé sur toi. Mais on ne pouvait pas t'aider, à ce moment-là.
- Je… je me doute, fit Ginny dont des larmes dévalaient les joues.
- Tu es une personne aimante, Ginny, firent Rebecca, Luna et Clarence d'une même voix en la fixant.
Sursautant à nouveau, les yeux marrons de Ginny fixèrent tour à tour les trois jeunes filles se tenant devant la table.
- Tu ne mérites pas un tel fardeau, répliqua durement Clarence.
- Tes yeux, ton cœur et ton âme ne te veulent que du bien, continua Rebecca.
- Personne n'avait le droit de te faire subir ce que Lord Dumbledore t'a fait, rajouta Luna. Tu as le droit de vivre, de respirer, de sourire, de voir les mêmes choses que nous.
- Mais tu n'as pas le droit de déprimer, fit durement Clarence en la fixant toujours. Sinon, je serai très en colère.
Un léger sourire se dessina sur les lèvres de tous les enfants présents, sauf de Ginny qui caressait inlassablement le chat.
- Ginny, fit Harry qui prit le risque de s'accroupir devant la jeune fille. Tu es une adolescente, comme nous. Tu n'as pas vraiment réussi à te faire des amies, à Poudlard, je l'ai vu, mais tu ne t'es pas non plus laissée approchée par celles qui voulaient tenter de te connaître. Tu es forte, courageuse. Je le sais. Tu as été abusée par un vieil homme, et cela n'aurait jamais dû se passer.
- Mais on est là, Ginny, fit plus doucement Clarence en imitant son frère.
La plus jeune prit délicatement la main chaude de Ginny, observant les cheveux de feu de la jeune Prewett-Weasley.
- Ton père t'a rendu ton Nom, il t'a fait soigner, mais ton cœur porte encore les blessures et les cicatrices ont du mal à se refermer. Mais même si je ne te connais pas, je sais que je t'apprécierais. Ne reste pas dans ton coin, s'il te plaît. Soit avec nous, profite de la soirée.
La jeune fille reprit sa main afin de sécher quelques larmes, puis fixa Harry.
- Je suis désolée.
- Ce n'est pas de ta…
- Je suis désolée, répéta Ginny, dont les larmes dévalaient sur son menton, menaçant de tâcher son col roulé.
- Je te pardonne, fit alors Harry en fixant les yeux noisette.
Il l'avait senti. Il savait que tant qu'il ne prononcerait pas sincèrement cette phrase, la jeune fille s'en voudrait toujours quand bien même ces actions passées furent exécutées par une force qui conduisait Ginny contre sa volonté.
Et l'instinct de Harry lui prouvait, une fois de plus, qu'il avait eu raison de le suivre. Ginny fondit brutalement en larmes, mais Harry la prit dans ses bras, la forçant à lâcher le chat que Luna prit dans ses bras. Il déplia les bras que la jeune adolescente, d'un an plus jeune que lui, gardait volontairement autour de son ventre comme pour ne pas toucher celui qu'elle aurait pu faire souffrir sous les sortilèges de Dumbledore. Harry réussit cependant à les détacher, et Clarence plaça les mains de Ginny dans le dos de Harry, avant de bloquer les deux adolescents dans une étreinte que Hermione, Ethan et Oliver rejoignirent. Rebecca prit discrètement une photo, sous le sourire tendre de Luna, et les rejoignit également. Elias, le frère jumeau de Luna, l'interrogea du regard avant de se diriger vers sa sœur. N'ayant guère besoin de parler pour se comprendre, ils déposèrent le chat sur le sol avant de rejoindre, à leur tour, l'étreinte géante qui enveloppait Ginny d'amour et de tendresse.
Reprenant sa respiration, Ginny glissa un merci à Harry qui l'embrassa sur la joue.
- Ce n'est pas de ta faute, Ginny. Et bien sûr, je te pardonne ce que tu as fait, mais sois heureuse, s'il te plaît.
- On t'aime, glissèrent Fred et George qui, attirés par la magie qui émanait de leur groupe, s'étaient eux aussi rapprochés.
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