Chapitre 2 - début de vacances

MERDE !! PUTAIN !!

Pourquoi je crie comme ça ? Car tout simplement, je suis en traind de me faire courser par un put*n de taureau humain, accompagné de ma mère et de Grover qui est affublé de pattes de chèvre !

Non je ne suis pas folle.

Non je ne rêve pas.

Oui nous sommes en danger de mort.

Pour savoir comment on en est arrivé là, il faut revenir à quelques heures en arrière...

On était dans le chalet, tranquilles, quand on a ressenti quelque chose de bizarre avec Percy. On n'y a pas prêté plus attention que ça et j'ai enfin posé la question qui me taraudais depuis un moment déjà.

- M'man... Pourquoi tu nous as ramené ici ?

- pourquoi tu me demandes ça ?

- ça fait 3 ans que l'on est venu. Tu avais dit que tu n'avais pas aimé le séjour et que si tu pouvais, tu ne reviendrais jamais... Alors pourquoi tu es revenue ?

Percy fixe maman. Je fait de même. Elle semble mal à l'aise, comme si elle hésitait à nous révéler quelque chose de honteux ou de dangereux. Elle soupire puis prend la parole.

- en fait... Il y a une colo dans le coin...

- tu vas nous mettre en colo !?!

Perce a interrompu maman, mais si ça n'avait pas été lui, ça aurait été moi. Elle savait pourtant que l'on détestait passer du temps avec des Inconnus. On préférait passer du temps avec elle, et surtout ensemble. C'est bien connu, dans les colonies de vacances, les filles et les garçons sont séparés. La dernière fois que on est allé en colonie de vacances, on avait 6 ans. Les animateurs nous avaient séparés et on été tellement effrayés par le fait de ne pas se voir alors qu'on été entouré d'étrangers, que l'on a provoqué, sans faire exprès, une pluie torrentielle. On a été obligé de plier les tentes et la colonie avait été annulée à cause du mauvais temps... Bizarrement, 2 heures après être rentré, il faisait grand beau, et on ne se lâchait plus avec Percy.

Tout ça pour dire que la colo, c'est une très mauvaise idée.

- Percy... Tu sais très bien que je veux aussi passer les vacances avec vous. Mais cette colonie n'est pas comme les autres. Elle est faite pour les personnes comme...

- comme nous. N'est ce pas...?

Cette fois, c'est moi qui ai parlé...

Dîtes, vous connaissez ce sentiment ? Celui qui nous donne l'impression d'étouffer, de se noyer alors que l'on peut respirer et que l'eau est bien loin. Ce sentiment oppressant qui compresse la cage thoracique, qui te donne envie de tout détruire. De tout casser. Ce sentiment qui vous prend par les tripes et qui fait mal.

Mal au corps.

Mal à l'esprit.

Mal au cœur.

Trahison.

C'est ce que je ressens actuellement. Et je sais que c'est la même chose pour mon frère. Maman a toujours été là pour nous. Elle ne nous a jamais jugé. Elle nous disait que c'était les autres, les imbéciles. Que nous on était juste spéciaux, en bien.

Les mots qu'elle vient de prononcer, ou plutôt qu'elle a faillit prononcer. Ces mots sont plus destructeurs qu'une bombe dans ma tête. Tout ces mots doux... Toutes ces belles paroles réconfortantes...

Tout ça n'était que cela.

Des mots.

Vides de sens.

Elle aussi nous voyait comme des ados bizarres ? Dérangés ? Fous ?

C'est ce que j'ai envie de lui demander. Mais je sais que je n'en aurai pas le courage. Ma gorge est serrée. J'ai l'impression que si je dis un seul mot, je vais m'effondrer, et ne plus pouvoir jamais me relever.

Percy est silencieux aussi. Il fixe maman avec ce regard triste et vide. J'ai sûrement le même. Un regard de personnes qui ont cru en une personne, plus qu'en aucune autre, et qui se rendent compte que ladite personne leur a menti.

Je me lève.

- Phona...

- stop. S'il te plaît maman... Stop...

Je pars de la pièce. J'ai besoin d'être seule... Avec Percy. Quand je suis seule, je suis toujours avec lui. On a besoin l'un de l'autre, de la présence de l'autre. Sinon on se sent perdu.

Je suppose qu'il ressent la même chose, car il m'a vite rejoint sur la falaise. La même qu'il y a 3 ans.

J'ai les jambes dans le vide, le regard qui fixe l'horizon, et le cœur en miettes... Perce vient s'asseoir à côté de moi et passe un bras autour de mes épaules. Je pose ma tête dans son cou. Nous n'avons pas besoin de paroles, juste de la présence de l'autre. Nous nous comprenons mieux par notre silence que par nos paroles. Elles nous ont trop fait de mal.

On est resté là une heure avant de redescendre... Pour voir Grover qui parle à maman.

- Grover ? Qu'es ce que tu fais là ?

Je vois que Percy est tout aussi surpris que moi...

- je n'ai pas le temps Percy ! Il faut qu'on se barre !

- quoi ? Pourquoi ?

Sans savoir comment, je me retrouve à l'arrière de la voiture avec mon frère, Grover à l'avant avec maman, et on roule à la limite de l'infraction sur la route.

Il fait nuit. Je ne comprends pas.

Pourquoi est-on partit de manière aussi précipitée ? Pourquoi Grover est là ? Pourquoi maman semble avoir si peur ? Où va-t-on ?

Trop de questions, aucunes réponses. Je n'ose pas les poser. Je ne veux pas parler. Percy semble ressentir la même chose. Il est silencieux. Anxieux. Je lui attrape la main, et il l'a sert. On a besoin l'un de l'autre plus que de n'importe qui.

Et d'un coup le monde se retourne.

On se retrouve là tête en bas.

La voiture s'est retournée.

Alors que l'on essaie de sortir en catastrophe, Grover enlève son pantalon et laisse apparaître des jambes poilues de chèvre. On a pas me temps de s'étonner. La présence étrange que j'ai ressenti plus tôt se rapproche. Elle est dangereuse, menaçante. Elle veut tuer. J'aide maman a sortir et on se met à courir. On est dans un bois, je ne sais pas où. On cours, mais il se rapproche.

Je tourne la tête.

Je le vois.

Je frissonne.

Un corps humain poilus et bodybuildé. Deux mètres de hauteur, pour presque autant de largeur. Mais surtout, une tête de taureau. Poilue. Brune. Avec de tout petits yeux, un museau bovin et deux grandes cornes.

Cette bêtes monstrueuse cours vers nous, la tête penchée en avant de sorte que le cornes se dirige droit sur nous.

- accélérez !!

Je ne sais pas qui a crié. J'accélère. Je saute les racines. J'évite les branches basses. Les autres me suivent, et moi je suis Grover. Il sait où il va, ça se voit.

On arrive devant une arche. Grover passe, moi ensuite, Percy aussi. Maman se heurte à un mur invisible.

- maman, dépêche toi !

- je ne peux pas, Percy ! Je ne peux pas entrer !

Oh non... Le monstre est là. Je vois une épée en bronze à terre, rouillée, abandonnée là. Je la ramasse, elle est lourde, mais je m'en fiche pour le moment. La bête se rapproche, je m'élance. Je repasse de l'autre côté de l'arche et coupe la main qui allait attraper maman. Percy me rejoint. Où a-t-il trouvé cette épée ? Je lui demanderai plus tard.

Une seconde d'inattention.

Un coup.

Un impact.

Je viens de m'écraser contre un arbre.

Percy me rejoint vite.

Maman de fait attrapper...Elle est écrasée dans le poing du monstre...

Je n'entends plus rien.

Je ne vois plus rien.

Je ne ressens qu'une atroce déchirure et une rage étouffante.

Je m'élance. Je frappe. Le sang gicle.

Percy réagit et coupe la corne du taureau, pendant que je lui tranche la main qui a osé touché ma mère. On lui coupe la tête, ensemble. Dans un même mouvement.

Puis on s'effondre.

Épuisés.

Et le noir.

L'inconscience.