Une part de bonheur
Autrice : Lilomanga
Pairing : HPDM + OC/OC
Chapitre : 1/24
Voilà, une nouvelle histoire d'amour niaise que j'ai écrit cette année en bossant mon concours, tout en révisant pour ma M1 (ou disons-le pour ne pas bosser hein...).
Elle devait initialement faire 8 chapitres et hum...c'est un peu partie en live. Je publierai tous les samedis!
Donc voilà, un Drarry avec un autre couple principal qui j'espère vous plaira 😊. Ah et c'est un mpreg, bonne lecture !
Et merci à ma petite bibine pour ta relecture.
Prologue :
Allongé sur le lit du préfet en chef des Serpentard, Harry se plia en deux brusquement retenant une forte nausée. Après plusieurs minutes d'un combat acharné entre son corps et son esprit, il finit par se lever et s'élança en catastrophe jusqu'à la salle de bain attenante à la pièce. Il eut tout juste le temps de se pencher au-dessus des toilettes qu'il rendit le contenu de son estomac, son ventre criant à la libération.
Le bruit alerta son amoureux qui entra dans la salle de bain et vint s'agenouiller près de lui pour frotter son dos doucement. Il ne put empêcher une petite grimace de dégoût de passer sur son visage quand une nouvelle crise reprit son copain.
-Qu'est-ce qui se passe Harry ?
-Ché pas...me sens pas bien.
-Tu devrais aller à l'infirmerie.
-Ouais, j'irais tout à l'heure. Excuse-moi de t'avoir réveillé.
-C'est pas grave, t'inquiète. Ce n'est pas le whisky qu'on a bu hier qui t'a mis dans cet état quand même ?
-Non, c'est venu d'un coup. Et puis on a déjà bu sans que je vomisse tripes et boyaux. Je vais me laver et en profiter pour partir pendant que personne ne traîne dans les couloirs, ça vaut mieux.
Draco continua de faire des mouvements circulaires dans son dos de la même manière que le faisait sa mère avec lui quand il était plus petit et retint la part de lui qui avait envie de lui dire de rester avec lui toute la journée et de ne jamais quitter sa chambre.
-Oui, ça vaut mieux, tu veux qu'on se lave ensemble ?
-Si tu veux, mais je te préviens je ne suis pas en condition de faire quoique ce soit.
-En tout bien tout honneur, affirma Draco. Je ne suis pas un pervers.
Harry lui lança un regard équivoque et tira la chasse des WC avant de se lever pour se rincer la bouche et accessoirement faire partir le goût âcre de sa bouche. Les deux jeunes hommes retirèrent le peu de vêtements qui leur restaient sur le dos et filèrent dans la douche du préfet.
oOoOo
Après avoir enfilé des vêtements propres, Harry fila ni vu ni connu dans les couloirs du cachot profitant de l'accalmie matinale pour partir en toute discrétion.
Il alla jusqu'à l'infirmerie et entra dans la grande pièce dont tous les lits étaient heureusement vides.
-Monsieur Potter, que vous est-il ENCORE arrivé ? Vous êtes aussi pâle qu'une chouette des neiges! Allongez-vous sur ce lit.
-J'ai la nausée depuis ce matin, et je me sens barbouillé depuis quelques jours.
L'infirmière tâta son estomac avec des gestes sûrs que lui procurait l'expérience avant de froncer les sourcils. Elle se pinça les lèvres et alla chercher dans un placard une potion qu'elle lui fit avaler. Harry attrapa le flacon presque avec habitude et l'avala en bouchant son nez par précaution. Quand il reposa le flacon, Pomfresh attrapa sa baguette et effectua des mouvements devant l'estomac de son patient jusqu'à ce qu'une lumière jaune ne brille doucement au niveau de son ventre.
-C'est grave ?
-Monsieur Potter. Vous attendez un enfant, annonça sans détour l'infirmière.
Harry la regarda avec des yeux vides comme s'il n'avait pas saisi ce qu'elle venait de lui dire.
-Monsieur Potter, est-ce que vous m'avez entendue ?
-…Vous avez dit que…mais je suis un garçon. Attendez, quoi ?
-Est-ce que vous avez eu des relations récemment avec un autre garçon ? Le sort indique deux mois de grossesse. Ce sont vos premières nausées, en général elles surviennent dès les premières semaines de gestation et…
-Non, mais vous m'écoutez ? JE SUIS UN GARCON !
Harry avait l'impression que la tête lui tournait et que le monde s'écroulait sous pieds. Il regarda madame Pomfresh qui le regardait d'un air désolé et pria pour se réveiller de ce cauchemar. Car ça ne pouvait être que ça, n'est-ce pas ?
-Et vous êtes également un sorcier, donc vous pouvez enfanter sous certaines conditions, Votre compagnon est un né moldu ? Lui demanda l'infirmière d'un ton doux et patient pour ne pas le brusquer.
Harry semblait tout droit arriver dans une autre dimension, il était venu pour une simple potion contre les nausées et elle lui parlait de bébé. Il se rallongea et ferma les yeux. C'était un cauchemar et il allait se réveiller.
-Je ne vais pas disparaître parce que vous fermez les yeux, répliqua l'infirmière légèrement désabusée. Le secret médical m'interdit de révéler quoique ce soit à qui que ce soit, mais je vous conseille d'en parler à votre compagnon et vos amis vous aurez besoin d'accompagnement pour votre grossesse.
-Non, je ne vais pas avoir un bébé, vous racontez n'importe quoi, nia farouchement Harry.
Il réenfila sa robe de sorcier ignorant allégrement l'infirmière qui continuait de déblatérer des bêtises plus grosses qu'elle et attrapa son sac prêt à quitter l'infirmerie quand son visage fut emprisonné par deux mains froides et ridées le forçant à croiser le regard inquiet et sérieux de madame Pomfresh.
-Monsieur Potter, il ne s'agit pas d'un jeu et le déni ne vous aidera pas. Si vous voulez avorter vous devrez aller à Saint Mangouste avant la fin du premier trimestre. Si vous le garder vous devrez apprendre à vous en occuper et si vous voulez le faire adopter vous devrez vous renseigner sur les démarches à suivre.
Le souffle d'Harry se fit plus court et des larmes commencèrent à rouler sur son visage avant que de véritables sanglots ne secouent son corps. L'infirmière relâcha son visage et posa une main solidaire sur son épaule. Le pauvre petit n'était pas au bout de ses peines.
oOoOo
Quand il sortit de l'infirmerie une petite heure plus tard après avoir discuté des possibilités avec madame Pomfresh, Harry était épuisé. La main crispée sur son ventre, il prit la direction de la tour est où se trouvait la tour Gryffondor.
Il allait avoir un bébé. Et il devait le dire à Draco. Harry était mort de peur, il avait à peine 17 ans et ne se sentait pas du tout en capacité de s'occuper d'un bébé. Il avait certes les moyens grâce à l'héritage conséquent que ses parents lui avaient laissé. En vérité, cet argent dormait dans sa banque et il peinait à y toucher. Il lui rappelait juste que ses parents n'étaient plus avec lui à cause d'un sorcier complètement timbré qu'il avait, merci merlin, tué à l'âge d'un an.
Bien qu'il n'en eût aucun souvenir, l'histoire d'Harry Potter le bébé qui avait tué celui-dont-on-ne-doit pas prononcer alors que celui-ci lui avait envoyé un sortilège de mort était connue de tous. Bien que ce fût le sortilège de sa mère qui l'avait protégé, mais pour le monde des sorciers ce fut du pareil au même et depuis le moindre de ses faits et gestes étaient traqués par les journalistes. Dumbledore avait décidé que l'enfant serait plus en sécurité chez la famille de Lily plutôt qu'à l'orphelinat et l'avait envoyé là-bas. Bien sûr si être affamé et battu au gré des humeurs de son oncles, harcelé par son cousin et ignoré par sa tante étaient considérés comme « être en sécurité ».
Harry ne se sentait pas prêt à élever un enfant et ne savait même pas à quoi ressemblait une situation familiale stable. La seule famille qu'il avait pour modèle était les Weasley, mais ils étaient si nombreux que c'était le chaos total à chaque fois qu'il arrivait chez eux. Ron n'était pas ignoré certes, mais Harry ne considérait pas sa situation comme idéale non plus.
En arrivant devant le tableau de la grosse dame, Harry murmura le mot de passe et entra dans la salle commune où tout le monde s'agitait déjà se préparant à aller dans la grande salle ou dans la cour de Poudlard pour manger et retrouver leurs amis des autres maisons. Ron et Hermione foncèrent vers lui dès qu'ils l'aperçurent. Habitués depuis longtemps aux insomnies fréquentes de leur ami qui partait souvent au milieu de la nuit se balader dans le château avec sa cape d'invisibilité sous le bras ou non, ils ne lui posèrent aucune question bien que la brune souligna son air de déterré.
-Tu es sûr que ça va, Harry ? Tu as vraiment l'air pâle.
-Oui, oui je vais juste aller me reposer, vous pouvez aller déjeuner sans moi ! Je vais aller m'occuper d'Hedwige, je la délaisse depuis trop longtemps et je dois aller la nourrir.
Il leur fit un maigre sourire qui ne les convainquit que moyennement.
-Très bien, j'ai rendez-vous avec Charlie à Pré-au-lard de toutes les façons. Je vous laisse !
-Ah je me disais bien, que tu t'étais faite jolie, affirma Harry en avisant les cheveux presque domptés de la brunette et le fard à paupière doré qu'elle avait soigneusement appliqué sur ses yeux.
La Gryffondor rougit et passa une main dans ses cheveux avant d'embrasser sur la joue ses deux meilleurs amis et de quitter la salle en vitesse, le bruit de ses talons claquant sur le sol en pierre. Ron regarda Harry gêné. Ils s'étaient disputés quelques jours auparavant parce que le roux reprochait à Harry d'être trop secret ce à quoi, ce dernier répliqua qu'il n'était pas son père mais son meilleur ami et qu'il n'avait aucun compte à lui rendre. Ron, vexé, était monté sur ses grands hippogriffes et ils avaient tous les deux échangé des mots qui avaient dépassé leurs pensées. Ils s'étaient excusés tous les deux après une remontrance d'Hermione mais ne s'étaient pas retrouvés seuls tous les deux depuis.
-Tu es sûr que ça va mec, tu peux tout me dire tu sais ? demanda Ron en prenant des pincettes.
Harry le regarda dans les yeux et eut un instant l'envie de tout lui dire, de partager son fardeau. Mais il décida de garder le silence.
-Ça va, ne t'inquiète pas, je vais juste me reposer.
Le brun monta les escaliers jusqu'à leur chambre où seul Neville était encore présent profitant de son dimanche pour paresser dans son lit avec un livre de botanique dans la main.
-Salut ! le salua-t-il.
-Salut Neville ! Tu ne sors pas aujourd'hui ?
Harry s'était toujours bien entendu avec Neville qui était facile à vivre, serviable, gentil et toujours agréable.
-Non, j'ai envie de flemmarder tranquillement au calme.
-Je comprends, t'inquiète, je ne ferai pas trop de bruit.
Neville partit d'un grand éclat de rire comme s'il venait de lui raconter une blague.
-Tu ne fais jamais de bruit, Harry. C'est Ron qui en fait. Si vous n'étiez pas amis, on ne saurait même pas que tu parles.
Il était vrai que l'enfance d'Harry l'avait rendu assez introverti et le relation secrète qu'il entretenait avec un Serpentard l'avait rendu encore plus secret ce qui n'arrangeait pas les choses. Il fit un petit sourire à Neville et celui-ci retourna à sa lecture, considérant la discussion close.
-Tu feras gaffe, tu as un suçon dans le cou, annonça Neville sans relever la tête de son bouquin.
Harry posa sa main dessus et espéra que Ron ne l'avait pas vu. Il se jeta un sortilège de dissimulation et s'enfonça dans son lit. Il avait très peu dormi la nuit dernière, Draco ayant été insatiable puis la nausée le tirant du sommeil au petit matin et maintenant il était vraiment fatigué.
Quand il rouvrit les yeux quelques heures plus tard, le dortoir était vide, le soleil haut dans le ciel et son estomac criait famine. Il se leva un peu barbouillé et eut peur un instant d'avoir des nausées mais finalement la sensation disparut et il put sortir de sa chambre.
Il se dirigea vers l'aile ouest du château passant près de la salle commune des Poufsouffle et chatouilla la poire qui lui permit d'entrer dans la cuisine où les elfes de maisons s'affairaient. Il chercha des yeux Winky ou Dobby, ses deux amis elfes, et sourit en voyant Dobby donner des ordres aux autres elfes, leur ordonnant de couper les légumes plutôt comme ça et de ne pas laisser de vaisselles s'accumuler. L'elfe en voyant l'élève dans sa cuisine se dirigea vers lui.
-Monsieur, Harry Potter monsieur, désire-t-il quelque chose ?
-Je pourrais avoir des restes de ce midi, s'il te plait Dobby, j'ai loupé le déjeuner.
-Bien sûr, tout ce qu'il voudra.
Le petit elfe de maison lui ramena un sandwich avec les restes de poulet du repas et une pomme qu'Harry récupéra en le remerciant. Après l'avoir salué, Harry reprit le chemin de la tour Gryffondor mais poussa un petit cri de surprise quand une main attrapa son bras pour le tirer dans une salle de classe vide.
-Punaise, Draco tu m'as fait peur.
Le blond eu un sourire sarcastique et rapprocha le Gryffondor jusqu'à lui pour lui voler un baiser.
-C'est toi qui étais dans la lune Potter.
-Ne m'appelle pas par mon nom, murmura Harry en plissant des yeux en glissant néanmoins ses mains derrière son cou.
-Alors, l'infirmerie ?
-Euh…C'était juste une nausée, elle m'a passé une potion à boire et ça va mieux. Ne t'inquiète pas.
Draco le regarda droit dans les yeux mais Harry finit par les baisser incapable de soutenir son regard. Il le connaissait trop bien. Il ne savait pas ce qui l'avait trahi mais Draco avait senti que quelque chose n'allait pas.
-Harry, est-ce que tu viens de me mentir ? En vrai, tu as quoi ? demanda Draco d'un air sérieux.
Harry avait la fâcheuse tendance de cacher certaines choses pour ne pas inquiéter les gens ce que Draco trouvait parfaitement stupide. Garder les gens dans l'incertitude était selon lui pire que de dire la vérité même si parfois elle était dure et de laisser les personnes gérer le problème en sachant exactement ce dont il était question.
Harry passa inconsciemment une main sur son ventre et souffla un bon coup pour se donner du courage.
-Je ne sais pas comment te dire ça, je n'ai même pas eu le temps de digérer l'information. Je ne savais même pas que ça existait avant aujourd'hui…
Les yeux embués d'Harry et sa voix tremblante inquiétèrent Draco qui se rapprocha et posa une main sur son épaule en guise de soutien. Son petit ami avait l'air vraiment mal ce qui était d'autant plus alarmant quand on connaissait le personnage.
-Je suis…Enfin, je suis enceint. De toi. J'ai un bébé dans le ventre.
-Pardon ?
Draco retira sa main de l'épaule d'Harry comme s'il s'était brûlé ignorant l'air blessé du brun face à ce geste.
C'était impossible, il utilisait toujours un sort de protection pour éviter ce genre de problème et puis le brun prenait la potion de grossesse non désiré, non ?
L'incompréhension de Draco se mua en stupeur quand il se rappela que son petit ami venait du monde moldu. Il oubliait très souvent ce détail tant il lui semblait inconcevable que le survivant n'ait connu que très tardivement l'existence de la magie.
-Tu ne prenais pas de potion de grossesse…affirma Draco en regardant Harry
-Attends, tu savais qu'un homme pouvait avoir un bébé ? demanda Harry.
-Evidemment, je suis un sorcier, énonça Draco d'un air supérieur. De toutes les façons, tu ne peux pas le garder. Tu es encore dans les temps, non ?
-Attends, tu ne veux pas qu'on en discute un peu avant ? Je sais qu'on a que 17 et 18 ans mais…
-Non, mais ce n'est même pas une question de ça, je ne veux pas d'un enfant avec toi, Harry.
Surpris par l'affirmation implacable, le brun resta muet de stupeur, les yeux écarquillés. Il se força à ravaler la boule qui s'était formée dans sa gorge et qui l'opprimait menaçant de l'étouffer.
-Oh.
-Attends, ce que je veux dire c'est qu'on…
-J'ai très bien compris ce que tu voulais dire, ne t'en fais pas. On ne s'est rien promis toi et moi après tout, et les années Poudlard sont bientôt finies. Je suppose que j'étais le seul qui considérais notre relation comme étant sérieuse ou en tout cas assez pour prendre les décisions à deux.
Le Gryffondor attrapa son sac qui avait glissé de ses épaules quand Draco l'avait embrassé un peu plus tôt. Il se sentait vraiment trop con. La vérité c'est que lui-même ne savait ni ce qu'il voulait faire de ce bébé, ni de la réaction dont il s'était attendu de la part de Draco, mais cette réponse n'en faisait décidément pas partie.
-Harry, attends ne pars pas on n'a pas fini de discuter, je veux juste…
Harry passa la porte et sortit dans les couloirs, il avait besoin de prendre l'air et de faire le point. Il ne réalisa pas qu'il avait commencé à courir dans les dédalles des couloirs prenant le chemin de la tour Gryffondor, pas plus qu'il ne vit les escaliers bouger. Avant qu'il ne comprenne ce qu'il se passe, Harry trébucha puis dévala les escaliers.
Deux escaliers plus haut, le cœur de Draco manqua un battement. Quand il arriva à son niveau, Harry avait une main sur son ventre et le visage déformé par la douleur. Il saignait au niveau de l'arcade sourcilière et une tâche de sang qui n'augurait rien de bon s'élargissait de secondes en secondes au niveau de son pantalon.
-Merde…
Le peu d'élèves qui avaient vu la scène se rapprochèrent en murmurant soupçonnant un combat entre les deux élèves qui ne serait pas étonnant au vu de l'inimitié entre les deux maisons. Gardant son sang-froid, Draco lança un sort de stase sur le Gryffondor avant de le soulever dans ses bras, et de filer vers l'infirmerie.
Quand il arriva avec Harry dans les bras, l'infirmière se figea une main sur le cœur. Elle ordonna au blond de le déposer sur le lit et de quitter l'infirmerie avant de fermer le rideau et de lancer une batterie de sort.
-Madame, le bébé. Je crois que, je crois que…
-Ça va aller monsieur Potter, je vais faire mon maximum, le rassura-t-elle en passant une main dans ses cheveux bouclés.
-J'ai peur, il va mourir. Je vais perdre mon bébé, gémit Harry.
Je ne veux pas d'un enfant avec toi.
Harry commença à pleurer et madame Pomfresh dut l'endormir pour pouvoir le soigner tranquillement. Après avoir soigné ses contusions minimes et sa blessure à l'arcade, elle resta près de lui des heures pour tenter de stabiliser le fœtus et de stopper le saignement.
En ouvrant les yeux, Harry fut pris d'un atroce mal de tête qui fit vaciller la pièce. Il s'assit dans le lit et chercha Pomfresh des yeux.
-Monsieur Potter, vous êtes réveillé ?
-Le bébé ?
L'infirmière baissa les yeux et Harry commença à pleurer.
oOoOo
Assis en cours de potion Draco écrivit un mot qu'il balança discrètement sur la paillasse d'Harry derrière lui qui le fusilla du regard en le voyant faire. Il attrapa le mot et le lut : « Ma chambre ce soir après les cours ? ». Il ne prit même pas le temps de répondre et affirma à Ron que le blond lui envoyait des bêtises comme d'habitude quand il lui demanda ce que contenait le message.
La journée fut longue à passer et quand le soir arriva, Harry entra dans la chambre du préfet en murmurant le mot de passe qu'il connaissait par cœur. Le blond semblait surpris de le voir comme s'il ne croyait pas vraiment qu'il viendrait.
-Harry…
-Draco.
-Est-ce que ça va ? Enfin tu…et le…
-Je vais bien et si tu veux tout savoir, tu n'as plus à te soucier de ce que je compte faire du bébé, y a plus de bébé.
-Harry, je suis désolé, vraiment je…
-Je m'en fiche Draco, si tu savais à quel point.
Harry se dirigea vers Draco attrapa son visage et l'embrassa doucement au plus grand étonnement du blond.
-Juste fais-moi l'amour.
Le blond obéit et doucement le positionna dans son lit prenant soin à ne pas lui faire mal. Il caressa son corps, embrassa sa peau et l'honora jusqu'à tard dans la nuit.
Au petit matin, Harry se rhabilla silencieusement tandis que Draco l'observait à moitié allongé dans le lit. Même quand ils se détestaient, le brun l'avait toujours attiré. Sa peau hâlée, ses cheveux en permanence décoiffés, ses yeux vert forêt et ses hanches, merlin, ses hanches. La première fois qu'il avait compris que son obsession cachait peut-être quelque chose de plus profond, il avait décidé de le faire sien quoiqu'il en couterait. Le séduire n'avait pas été si difficile mais entretenir une relation secrète et tumultueuse avec lui fut plus compliqué. Leurs deux caractères de cochon provoquaient souvent des disputes qui finissaient souvent au lit après un silence radio de quelques jours et une bonne engueulade à en faire trembler les murs. Mais de là à avoir un bébé, il y avait un monde.
-Draco, je pense que c'est mieux, si on arrête de se voir. Je pense, qu'on n'est pas sur la même longueur d'onde.
-Attends, quoi ?
-Je romps avec toi Draco.
Le blond se redressa de façon à être en position assise sur son lit. Son visage passa de surpris à colérique en battement de cils.
-Sache Potter, qu'on ne rompt pas avec un Malfoy, c'est lui qui vous jette.
-Ok, très bien, on qu'à dire que tu romps avec moi si ça te permet de mieux dormir la nuit... soupira Harry en enfilant sa veste sans même le regarder.
Réalisant la situation Draco tentant de l'attraper par le bras mais le Gryffondor se dégagea d'un coup sec et quitta la chambre qui fut leur nid d'amour pendant presque deux ans. Il ne pouvait pas rester avec lui après ce qui c'était passé comme si de rien était. Il avait voulu être étreint par lui une dernière fois pour s'imprégner de son odeur, de ses caresses une dernière fois. Mais c'était impossible pour lui de rester.
oOoOo
Pendant les dernières semaines de cours qu'ils leur restaient à Poudlard, Draco tenta par tous les moyens de reprendre contact avec Harry. Après la première phase de colère, le Serpentard tenta différents moyens d'approche. Il essayait de capter en vain son regard, glissait des mots dans son sac ou ses poches, essaya de lui parler mais toutes ses tentatives furent vaines. Harry restait imperméable et résolu dans sa décision.
Avant même d'avoir eu le temps de dire Quidditch, l'année toucha à sa fin et les élèves furent tous diplômés avec des notes plus ou moins bonnes. Harry n'avait encore choisi aucune fac car son rêve de devenir Auror lui était passé depuis longtemps. Hermione allait suivre des études de politiques et emménager avec Charlie dès la rentrée prochaine. Ce dernier avait demandé un rapatriement dans une colonie de Dragon en Ecosse. Ron commencerait sa formation d'Auror dès Septembre et Neville dans la meilleure faculté de botanique de Grande Bretagne.
Son diplôme en main avec aucun membre de sa famille pour le féliciter, Harry se sentait vide et pensait à sa chute dans l'escalier qui datait de quelques semaines avec une envie de pleurer. Il resserra sa main sur le bout de papier et releva le visage tombant sur celui de Draco qui le fixa. Le blond lui sourit et mima du bout des lèvres un « félicitation » qui donna envie à Harry de se vautrer dans ses bras mais il n'en fit rien. Il détourna le regard et retourna avec ses amis. La mère de Ron l'enlaça en le menaçant de le gaver de nourriture cet été, parce qu'il passait bien l'été avec eux n'est-ce pas ?
Harry sourit face au comportement exubérant de la maman. Toute la nuit, la tour Gryffondor fit la fête dansant au rythme des Bizzar'sisters et autres groupes de musique, buvant des bières au beurre ou du jus de citrouille apportés par la directrice de maison, Minerva Macgonagall. Ron et Hermione dansèrent un slow maladroit qui fit rire Harry qui se demandait ce qu'en penserait Charlie. Il crut apercevoir Neville danser dans un coin avec la sœur de son meilleur ami mais se désintéressa de tout ça quand l'heure arriva.
Il était minuit et demi.
Harry remonta dans la chambre vide, attrapa son sac, sa veste et sa chouette. Profitant de l'agitation ambiante il s'éclipsa de la salle commune et quitta le château en catimini. Il passa la grille du château à une heure moins le quart, sortit un dé à coudre qu'il avait obtenu plus ou moins légalement à Pré-au-lard quelques jours auparavant et le serra dans sa main. Après un dernier regard vers ce château qui avait abrité tant de bons et mauvais moments, une sensation le prit au nombril et juste comme ça, celui que certains appelaient encore le survivant disparut dans la nature.
A suivre…
