chapitre 4 - cheval et colère

Cela me semble normal au vu de ce qui se tient devant nous. D'ailleurs, ma chose va nous parler.

- Bonjour les enfants, ça fait plaisir de vous voir réveillé. Malgré tout, toutes mes condoléances pour votre mère...

Je le fixe. Je n'aime pas sa façon de parler, comme si on était des gamins inconstants et imprévisibles qui risquaient de faire une grosse bêtise si on ne les surveille pas. Percy se rapproche imperceptiblement de moi. Il angoisse, et je le comprends.

Si pour eux cela fait trois jours que tout cela, cette course et lutte pour notre survie, s'est passée, pour nous cela remonte à quelques heures, tout au plus. De quoi être dépaysagé quand on nous dit que les dieux grecs existes, que l'un d'eux est notre père et que notre prof est un cheval.

D'ailleurs, si il veut parler, moi aussi.

- dites moi, M. Le cheval, puisque pendant si longtemps vous aviez l'air de tout savoir : comment on rentre chez nous ? Comment on explique la disparition de notre mère ? Et notre disparition temporaire, mais qui a quand même existé ? Autre chose, si vous étiez au courant depuis tellement de temps à propos de notre génétique, pourquoi ne pas être venu nous voir avant ? Et même quand vous étiez là, à l'école, pourquoi ne nous avoir rien dit, mais avoir infiltré une chèvre auprès de Percy ? D'ailleurs, pourquoi Percy et pas moi ? Qu'es ce que vous lui voulez ?

Je sais que ça fait beaucoup de questions, sans vraiment de respect dans mes paroles, plutôt des propos provoquant. C'est habituel, pour moi, de parler ainsi et mon frère y est habitué. Il n'en a jamais fait les frais, mais il sait que cela pourrait arriver si besoin.

Les autres, par contre, ne sont pas habitués à ma façon de parler. Grover na' jamais vraiment eu de conversation avec moi, j'ai évité M. Chiron 98% de l'année, et le Mr. D. ne me connais pas. C'est le soi-disant prof qui répond à mes questions, je m'en serais douté...

- avant de vous répondre, je voudrais vous dire que m'appeler cheval, ou appeler Grover chèvre est...

- un grande preuve d'irrespect ? Je m'en seria douté vu comment il était fier de se présenter en tant que satyre.

Bon, je crois que j'ai un peu médusé le cheval, mais bon. Il se reprend, je veux mes réponses et je ne lâcherai pas le morceau.

- donc ...? Les réponses...?

-hum... Oui... Alors... Déjà, on ne savait pas depuis longtemps que vous étiez des Sang-Mélés. On ne l'a découvert que depuis peu et on en était pas sûrs. On a donc décidé de vous approcher à l'école vérifier. Il n'y a rien que nous ne voulons en particulier de Percy, Grover a été assigné à Percy, tout comme Lyasi t'as été assignée.

- qui ?

- la jeune nymphe que tu as fait tombé dans les escaliers pour qu'elle arrête de te coller...

- ah ! Mais... Ce n'était pas pour qu'elle arrête de me coller, même si cela m'énervait prodigieusement, mais parce qu'elle était étrange, comme vous. Je n'aime pas les gens étranges qui le cache...

- je vois...

Pourquoi je sens qu'il me juge...? D'ailleurs je crois que l'autre D. me juge aussi... Tant pis !

- maintenant que cela est expliqué, et si nous...

- stop ! Vous n'avez pas répondu à toutes mes questions.

- je...

- en fait, je crois que j'ai au moins la réponse à l'une d'elle, au vu de votre comportement. On a disparu en même temps que notre mère. Je suis sûre que ce connards de Gaby dois dire partout que c'est notre faute, et donc que l'on va être recherchés par la police. Ce qui veut dire que l'on ne peut pas rentrer chez nous, puisque nous n'avons aucunes preuves de notre innocence. Nous sommes donc coincé ici.

Percy a vite suivis mon raisonnement et je vois son visage s'assombrir, tandis que le cheval semble légèrement surpris.

- ce n'est pas parce que j'ai étais diagnostiquée hyperactive et dislèxique que je suis idiote. Je sais encore analyser une situation avec les données que j'ai en ma possession...

- je n'ai jamais douté de ton intelligence, je pensais juste que vu que Percy...

- de un, on a pas élevé les cochons ensemble. Je vous vouvoie, vous me vouvoyez. De deux, qu'es ce qu'il y a avec Percy ? Parce que vous ne m'avez jamais vraiment parler, vous pensiez que j'étais comme mon frère ? Et ça veut dire quoi, comme mon frère ? Vous pensez qu'il est stupide ?! Où alors qu'il n'a pas assez d'esprit pour suivre une simple logique de pensées par rapports aux événements qu'il vit ?!

- Phona ! Calme toi !

Je crois que je me suis un peu énervée. Percy m'a attrapé par derrière, à croire que j'allais sauter à la gorge de ce crétin de cheval... En fait, c'est que que j'allais faire. Personne n'insulte mon frère, que ce soit direct ou indirect !

- calme toi, Phona. Tu es en train de faire réagir l'eau de l'air ambiant...

Merde... Heureusement qu'il me l'a dit. Déjà que je leur fait pas confiance, si en plus je leur permet de connaître mes capacités... Enfin, tant que j'ai Perce avec moi, cela n'arrivera pas. Il me calme tout comme je le calme. On est les deux faces d'une même pièce.

Inspirer.

Expirer.

Respirer.

Recommencer.

Se calmer. C'est tout ce dont j'ai besoin, du calme pour me détendre et juste la présence de mon frère. Le ciel bleu, une étendue d'eau, le vent dans la figure, Percy, c'est tout ce dont j'ai besoin pour le moment. Je ne veux plus rien voir, plus rien penser, plus rien entendre que le clapotis de l'eau, le souffle du vent et le son de la respiration de mon jumeau.

Je veux sortir.

- je veux sortir...

- mademoiselle, vous...

- je veux sortir.

Je regarde le drôle d'équidé dans les yeux avant de faire demi-tour. Je sais que l'on a besoin des infos qu'il est censé nous donner, et je sais que Percy le sait aussi que c'est pour ça qu'il ne me suit pas.

Une fois dehors, je laisse mon instinct me guider jusqu'au bord d'une rivière, dans une forêt. Je m'assois dans l'herbe. Je n'entend plus rien d'autre que la nature.

Elle me berce.

Je m'endors.

C'est Percy, accompagné du cheval, qui vient me réveiller alors que la nuit est tombée et que le repas est sur le point de commencer.