Hello tout le monde !

Je suis trop heureuse de vous retrouver aujourd'hui pour la suite de ma fiction Me Retrouver. Si vous ne l'avez pas lue, je crains que vous passiez à côté de quelques détails et que ces OS n'aient rien de très intéressant pour vous.

Comme annoncé dans l'épilogue de Me Retrouver, il y aura cinq OS disponibles ici. J'en publierai un tous les samedis.

J'espère que cela vous plaira. En tout cas, pour ma part, j'ai pris un énorme plaisir à les écrire et je suis très heureuse de les partager avec vous.

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OS.1 _ 23 MARS 2017


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« Non mais ça ne va pas ! » s'écria Hermione en arrachant rageusement l'exemplaire de la Gazette du Sorcier que tenait Drago dans ses mains.

« Hé ! J'étais en train de lire un article passionnant sur l'entrée en bourse de la nouvelle franchise de balais de luxe de Marcus Flint. »

« Je me fiche complètement de ce que tu étais en train de lire ou de ce que devient cet horrible type. Je viens de recevoir une lettre de Scorpius. » cracha-t-elle en lui jetant le parchemin au visage.

« Scorpius ? » demanda Drago en se redressant de son fauteuil. « Tu veux dire, mon Scorpius ? »

« Bien sûr que je veux dire ton Scorpius, tu en connais combien ? » répliqua-t-elle en roulant des yeux. « Comment se fait-il que je reçoive une lettre de ton fils ? »

« Hé bien… c'est à dire que… c'est vrai que j'aurais dû t'en parler mais… tu sais comment sont les enfants... »

« Crache le morceau, Malefoy. » le coupa-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine.

« J'ai peut-être laissé entrevoir dans ma dernière lettre que toi et moi on se voyait. »

« Non mais ça ne va pas ! » répéta-t-elle encore plus fort. « Je croyais qu'on était d'accord, on ne devait rien dire aux enfants avant que je puisse en parler avec Ron. »

« Calme toi, Hermione. Scorpius m'a pris au dépourvu et je refuse de mentir à mon enfant. »

« Comment ça, il t'a pris au dépourvu ? » demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

« Astoria... » grommela-t-il. « Elle lui a envoyé une lettre, la semaine dernière, pour lui rappeler l'anniversaire de son grand-père. Tu sais, Elzebert va avoir quatre-vingt ans, c'est un anniversaire important. »

« Viens en au fait, Malefoy, je me fiche éperdument de l'âge de ton ancien beau-père. » pesta Hermione en commençant à perdre patience.

« Bon, très bien. Astoria lui a donc envoyé une lettre et il semblerait qu'elle y ait mentionné ton existence. »

« C'est pas vrai. » soupira Hermione. « Même sortie du tableau, cette pouffiasse continue de me pourrir la vie. »

« Hé ! C'est de la mère de mon fils dont tu parles, calme tes ardeurs. »

« Oh ça va, Monsieur-je-dénigre-Ron à la moindre occasion. »

Drago ne releva pas, conscient qu'elle avait entièrement raison.

« Mais pourquoi est-ce qu'elle a parlé de moi ? » renchérit Hermione en faisant les cents pas dans son salon.

« J'en sais rien, sûrement pour avoir une nouvelle raison de se plaindre. » répondit Drago en reprenant discrètement son journal.

« Bon, peu importe ses raisons, il faut que tu règles ça ! » s'écria-t-elle en revenant vers lui.

« Mais qu'est-ce que tu veux que je fasse de plus ? Scorpius est au courant pour nous et s'il t'a envoyé une lettre, je suppose que ça ne lui pose pas de problème. »

« Non, c'est vrai, il a été charmant. Mais Rose ! Il est hors de question que Rose l'apprenne de la bouche de ton fils. »

« Aucune chance. Scorpius connaît les convenances, il n'irait jamais répéter ça. » répliqua Drago en bombant le torse de fierté.

« Tu es bien sûr de toi ? Ils se connaissent depuis la maternelle et malgré toutes les magouilles de Ron pour détourner Rose de ton fils, ils sont restés très amis. »

« Ouais bon, je vois où tu veux en venir. » admit-il finalement en grommelant. « Mais qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ? »

« Il faut envoyer un courrier à McGonagall et lui demander un rendez-vous de toute urgence avec Scorpius. Je peux filer en vitesse au Ministère et réquisitionner un hibou express. Dans moins d'une heure, McGonagall sera avertie de notre venue et nous pourrons briefer ton fils sur la conduite à suivre. »

« Hermione, tu délires complètement. » souffla Drago en se levant pour venir l'encercler de ses bras. « On ne va pas débarquer à Poudlard en plein milieu de l'année scolaire pour une histoire de famille. Non, je vais rédiger une lettre à Scorpius qui le recevra au courrier de demain matin. Il y a peu de chance qu'il ai eu le temps d'en parler à Rose d'ici là. »

« Mais… et s'il le faisait ? Et si Rose apprenait de la bouche de ton fils que nous sommes ensemble ? Et Ron ? Qu'en dirait Ron ? Il n'est même pas au courant... » soupira Hermione en sentant la panique l'envahir.

« Est-ce que ce serait si grave que ça ? Je veux dire, ça va bientôt faire six mois qu'on est ensemble, maintenant. Il aurait bien fallu un jour où l'autre que nos enfants l'apprennent. Et puis, Weasley est passé à autre chose depuis le temps, il va s'en remettre. »

« Ça se voit que tu ne connais pas Ron. » grommela Hermione en enfouissant sa tête dans le cou de Drago, tentant de humer son odeur rassurante.

Drago poussa un long soupir avant de prendre le visage entre les mains d'Hermione pour la faire se redresser.

« Écoute, je pense que finalement, c'est une bonne chose. C'est bien toi qui ne voulait plus te cacher ? Ça fait cinq mois que je suis officiellement divorcé et les enfants reviennent de Poudlard dans deux mois. Tu veux vraiment revivre le calvaire des vacances de Noël à nouveau ? »

Durant les deux semaines de fête, Hermione et Drago n'avaient pu se voir que deux fois. L'absence avait été terrible et de nombreuses disputes avaient éclaté. Drago avait envisagé cette période comme idéale pour réunir leurs familles, mais Hermione était réticente. Leur histoire était trop récente à son goût et elle n'avait pas trouvé le courage d'affronter Ron pour lui annoncer la nouvelle.

Tout le monde commençait à pâtir de ce secret. Hermione n'avait pas souhaité cacher une nouvelle fois sa liaison à ses amis. Harry, Dean et Camélia étaient donc au courant depuis le début du retour du Serpentard dans sa vie. Ils devaient user de milles précautions pour ne pas en informer Ron dès qu'ils se voyaient. La situation était plus tendue encore pour Harry qui, en plus de dissimuler la vérité à son meilleur ami, devait aussi se garder de tout commentaire devant sa femme. Hermione se sentait coupable de le mettre dans une telle situation, mais les remords étaient moins forts que son angoisse et elle n'était toujours pas parvenue à en parler à Ron.

Pourtant, cette fois-ci, elle n'avait plus le choix. Elle se devait de faire les choses correctement. Pour Harry et pour son couple, bien sûr, mais aussi et surtout pour ses enfants, qui avaient le droit de connaître la vérité. C'est ainsi que deux jours plus tard et après des nuits chaotiques à se ronger les sangs, elle se retrouva dans son ancienne maison, assise sur le canapé à touiller inlassablement son thé qui éclaboussait la coupelle à intervalles réguliers.

« Bon. Nous avons parlé de la garde des enfants pour les vacances d'été, du bulletin scolaire désastreux de Hugo et des prouesses en Sortilèges de Rose. Nous avons même fait le tour de tous tes dossiers au Ministère et des nouveautés que nous vendons à la boutique. Tu ne restes jamais aussi longtemps lorsque tu viens chercher Hugo. D'ailleurs, il t'attend depuis une bonne dizaine de minutes dans le jardin. Est-ce que tu vas enfin finir par me dire pourquoi tu maltraites ta pauvre infusion de gentiane ? »

« Oui, tu as raison. » soupira-t-elle en déposant enfin sa cuillère sur la table. « Je… je voulais te dire que… que j'ai rencontré quelqu'un. Enfin… rencontrer non, pas vraiment mais… mais je suis avec quelqu'un, voilà. »

Hermione avait enfin amorcé la conversation mais, elle ne parvenait toujours pas à le regarder en face.

« Ah. D'accord. Et en quoi est-ce que ça me concerne ? » demanda Ron en fronçant les sourcils.

S'il avait accepté le divorce depuis longtemps il n'était toujours pas très enthousiaste à l'idée de connaître le détails des fréquentations de son ex-femme.

« Et bien, c'est plutôt sérieux entre nous. C'est même très sérieux et… et j'aurais aimé le présenter aux enfants. »

« Ah. » répéta Ron en baissant à son tour le regard. « Est-ce qu'il remplit les critères ? »

Depuis huit ans qu'ils étaient séparés, Hermione avait refait plusieurs fois sa vie. Par deux fois, ses relations étaient devenues sérieuses au point qu'elle avait estimé judicieux de faire rentrer ces hommes dans son quotidien. De son côté, Ron était longtemps resté très discret quant à sa vie sentimentale. Hermione avait appris des choses par l'intermédiaire de Harry qui ne dévoilait qu'à demi-mots les secrets de son ami. Quelques années plus tôt, il avait fini par lui annoncé qu'il avait rencontré une jeune femme avec qui il souhaitait engager une relation durable. Cela allait faire un an que Ron et Rachel avaient emménagé ensemble dans leur ancienne maison familiale.

Avisés par la désastreuse expérience qu'avait fait Hermione avec son précédent compagnon, ils avaient décidé de mettre en place un certain nombre de critères permettant d'appréhender les futures rencontres.

Les catégories à respecter étaient simples. La relation devait être sérieuse et établie depuis plus de trois mois. Le conjoint devait rencontrer au préalable l'autre parent sans la présence des enfants, qui se gardait ensuite le droit de refuser le contact. Tous ces critères, Drago pouvait les respecter. Le problème étant que jamais Ron ne pourrait tolérer leur couple.

Hermione inspira profondément.

« Oui… oui il les respecte. »

« Bon, et bien nous n'avons plus qu'à planifier une rencontre. Dimanche prochain, je viendrai récupérer Hugo avec Rachel. Elle le raccompagnera à la maison et nous en profiterons pour discuter. »

Ron se triturait les mains. Cette situation le mettait grandement mal à l'aise. Rencontrer le conjoint de son ex-femme n'était jamais quelque chose de très plaisant, mais pour le bien être de ses enfants, il devait s'y atteler. Même s'il l'aurait préféré, il ne pouvait décemment pas espérer qu'Hermione reste seule toute sa vie.

« Oui c'est une bonne idée mais… avant tout, il y a quelque chose que tu devrais savoir. »

Hermione avait du mal à articuler. Les mots restaient coincés dans sa gorge et sa voix était si faible que Ron commença à se demander ce qui pouvait bien la stresser à ce point.

« Qu'est-ce qui te met dans un état pareil ? C'est avec un mangemort que tu fricotes ou quoi ? » dit-il dans un rire nerveux.

A ces mots, Hermione se décomposa. Son visage déjà peu coloré venait de pâlir si drastiquement qu'on pouvait presque distinguer les vaisseaux sanguins qui se fondaient derrière sa peau. Alors, petit à petit, l'idée fit son chemin dans l'esprit de Ron qui, à son tour, se liquéfia sur place.

« Tu… Non, c'est une blague, Hermione. Ne me dis pas que... »

En mordant sa lèvre inférieure jusqu'au sang, Hermione redressa doucement le visage avant de hocher la tête.

« Il est hors de question que mes enfants rencontrent cette pourriture ! » s'invectiva Ron d'une voix tonitruante.

Brusquement, il avait retrouvé des couleurs. Particulièrement au niveau de ses oreilles qui fulminaient d'un rouge vif. Rachel venait de pénétrer dans le salon, un petit plateau, sur lequel reposaient des cookies, dans les mains. En entendant Ron, elle fit brusquement demi-tour pour entrer silencieusement dans la cuisine. Ce n'était pas la première fois qu'elle assistait à une dispute impliquant ces deux là et, si elle avait bien retenu une chose, c'est qu'il fallait mieux se trouver le plus loin possible de la zone d'impact.

« Ron, calme toi… Tu sais, il a beaucoup changé depuis Poudlard et puis... »

« Je n'en ai rien à faire qu'il ait changé ! » cria-t-il en se levant brusquement. « Ce type a gâché ma vie. A cause de lui, toi et moi avons dû divorcer. Rose et Hugo ne se souviennent même pas d'avoir passé quelques années à nos côtés. Tu t'imaginais quoi, Hermione ? Que j'allais sauter de joie à l'idée que Hugo passe des semaines entières avec un mangemort dans la pièce d'à côté ? »

« Ce n'est pas un mangemort ! Son cas a été jugé, le magenmagot a statué, il est innocent, c'est tout ce qu'i savoir. »

Si jusque-là, Hermione était parvenue à rester calme, sachant qu'elle était dans une position délicate, elle ne supportait pas de le laisser insulter l'homme qu'elle aimait.

« Tu sais très bien que notre divorce n'a rien à voir avec Drago. Notre histoire était finie depuis longtemps. Certes, sa contribution n'a pas arrangé les choses mais, tu ne peux pas le tenir responsable de ça. »

« Ce type t'a pervertie ! Il s'est servi de toi pour t'éloigner de moi et t'a jetée comme un vieux grimoire à la seconde où tu étais officiellement libre. Comment as-tu pu te faire berner à nouveau ? »

« Tu ne sais rien de notre histoire, Ron. Tu t'es fais des idées après les maigres échos que tu as eu. » soupira-t-elle en se prenant la tête dans ses mains. « Je l'aime, Ronald. Je suis désolée que ça ne t'enchante pas, mais tu vas devoir t'y faire parce qu'il ne risque pas de sortir de ma vie de si tôt. »

« C'est un mangemort, Hermione ! Comment peux-tu aimer un mangemort ? Tu es sous imperium, rassure-moi ! »

Ses yeux roulèrent dans leurs orbites en l'entendant.

« Arrête avec ça. Drago a un sombre passé, certes, mais aujourd'hui il n'est pas plus mangemort que toi et moi. On sait très bien tous les deux que ce n'est pas ça, le réel problème alors, s'il te plaît, cesse de te cacher derrière cette excuse ridicule. »

Ron grommela des paroles dans sa barbe en se rasseyant lourdement sur le canapé. Avec lenteur, Hermione se joignit à lui et posa une main rassurante sur son avant bras.

« Je comprends t'avoir énormément blessé il y a huit ans de ça et, à nouveau, je m'en excuse. Je n'ai vraiment pas fait les choses dans les règles. Entretenir cette relation avec Drago était injuste envers toi et tu ne méritais pas que je te traite ainsi. Quand nous avons divorcé, je me suis rendue compte que j'éprouvais de réels sentiments pour lui. Ce n'était plus qu'une histoire de sexe mais bien de l'amour. »

Ron grimaça en l'entendant et Hermione tenta de mieux choisir ses mots pour la suite. Le but était de le mettre en confiance et non de le dégoûter plus qu'il ne l'était déjà par la perspective qu'offrait le couple Serpentard-Gryffondor.

« Alors j'ai demandé à Drago une relation d'exclusivité. » reprit-elle en inspirant profondément. « Pour lui, c'était absolument inenvisageable de divorcer. Ce n'est pas quelque chose qui se fait dans son… milieu. De mon côté, je ne voulais plus vivre cachée et faire perdurer cette histoire qui, dans ces conditions, n'avait aucun avenir. Alors nous nous sommes séparés. Mais, tu sais comment sont les choses quand les sentiments sont toujours présents, nous n'avons jamais réussi à nous oublier totalement. Plusieurs fois au cours de ces années nous nous sommes revus, pour une période plus ou moins longue. Et puis, en septembre, alors qu'on accompagnait Rose jusqu'au Poudlard express, je l'ai revu. Il m'a annoncé avoir finalement franchi le pas et quitté sa femme. Je voulais résister, lui dire que ce n'était plus mon problème, qu'il pouvait refaire sa vie ailleurs si bon lui semblait. Mais tout ça m'était impossible. J'étais si heureuse, si soulagée de l'apprendre que je ne pouvais qu'accepter sa proposition. Depuis, nous nous sommes remis ensemble. Le seul obstacle à vivre notre amour pleinement vient des cachotteries que nous devons faire aux enfants. Je sais que c'est dur à accepter pour toi, que tu détestes Drago plus que quiconque au monde mais, je t'assure qu'il ne causera aucun tort aux enfants. Si tu veux, nous pourrons faire en sorte qu'il ne se retrouve jamais seul avec eux dans un premier temps. Et puis, Rose et Hugo sont grands maintenant, ils ont le droit de savoir ce qu'il se passe dans ma vie. Ils ont très bien accepté Rachel, je ne vois pas pourquoi ce serait différent avec Drago. En plus, Scorpius et Rose ont le même âge, je suis persuadée qu'ils seront ravis de se voir pendant les vacances d'été. »

Au fur et à mesure de sa tirade, Hermione voyait l'idée faire son chemin dans l'esprit de Ron. S'il n'était pas ravi de la nouvelle, il semblait moins réfractaire à l'idée. Pour Hermione, c'était un pas de géant. Elle se garda bien de dire que Scorpius était déjà au courant de leur relation et qu'il n'en parle à Rose n'était qu'une question de temps, cela n'aurait fait que la desservir.

Hermione marqua une pause, laissant le temps à Ron d'assimiler les informations.

« C'est une bien jolie histoire tout ça, mais il n'empêche que je n'ai aucune confiance en ce type. » grommela-t-il en croisant les bras sur sa poitrine.

« Je ne te demande pas d'avoir confiance en lui, aie confiance en moi, jamais je ne le mettrai en contact avec nos enfants s'il représentait un quelconque danger. »

Ron laissa échapper un petit rire amer.

« Toi, Malefoy et confiance dans la même phrase… j'ai déjà donné et on sait tous les deux comment ça s'est terminé. »

Hermione se mordit l'intérieur des joues en sentant le rouge lui monter au visage. Ron n'avait pas tort, parler de confiance n'était sûrement pas un choix très judicieux.

« Je sais que tu as le droit de vivre ta vie comme tu l'entends, je n'ai plus mon mot à dire là dessus. » reprit-il. « Mais en ce qui concerne les enfants je reste leur père et je veux ce qu'il y a de mieux pour eux. Les faire rencontrer le salaud avec lequel tu m'as trompé ne me semble pas l'idée du siècle. »

« Je comprends ce que tu veux dire, mais Drago est bien plus pour moi que mon ancien amant... » répondit-elle dans un souffle. « Ron, je… je l'aime. Profondément. Je n'envisage plus ma vie sans lui et il n'est pas concevable que les enfants soient mis à l'écart d'une partie de ma vie. Je ne peux pas continuer à garder ça caché pour moi trop longtemps. Tu sais très bien que les choses finissent par se savoir et, je ne suis pas sûre qu'ils apprécieraient d'apprendre que leur mère est en couple avec un nouvel homme des années plus tard. »

« Hum. » grogna Ron qui, malgré sa réticence, devait avouer qu'elle marquait un point.

Après quelques minutes de réflexions qui parurent des heures dans l'esprit de la jeune femme, il reprit finalement la parole.

« Je pourrais envisager la question à une seule condition. »

« Tout ce que tu voudras ! » s'enthousiasma Hermione qui voyait enfin s'éclaircir son horizon.

« Je veux qu'il s'excuse. »

« Quoi ? » s'étrangla Hermione en perdant immédiatement son engouement.

« Je veux qu'il s'excuse. » répéta-t-il sur un ton sans appel.

« Ron... » commença Hermione. « Je… je ne sais pas si c'est une très bonne idée. Tu connais Drago, ce n'est pas vraiment son genre de se mettre à genoux pour demander pardon. »

« Je croyais qu'il avait changé. » rétorqua-t-il en levant un sourcil narquois.

« Oui, oui, c'est vrai. » bredouilla-t-elle. « Mais, de quoi veux-tu qu'il s'excuse au juste ? »

« Tu veux une liste ? Parce qu'elle risque d'être longue. De n'avoir cesser de me rabaisser, moi et ma famille, toutes ces années. De t'avoir traitée comme il l'a fait durant toute notre scolarité. D'avoir regardé passivement sa cinglé de tante te torturer pendant que nous étions restés prisonniers de ses cachots. D'avoir failli nous tuer dans la Salle-Sur-Demande alors qu'on tentait de détruire le diadème de Rowena. Oh et puis, aussi, tant qu'on y est, même si cela semble inconcevable après tout ce que je viens de t'énoncer, s'excuser d'avoir couché avec ma femme ! Tu veux d'autres raisons ou cela te semble suffisant ? » demanda-t-il de sa voix sarcastique.

Le teint d'Hermione était plus proche de la beuglante que du parchemin. Ron avait raison, toutes ses années, Drago lui avait créé beaucoup de tort, et il était dans son droit de réclamer des excuses. Alors, elle lâcha un profond soupir et finit par acquiescer.

« C'est d'accord, je ferai ce que je peux pour qu'il s'excuse. »

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« QUOI ? Mais c'est une vaste blague ! » beugla Drago entre deux bouchées de sandwich.

« Drago, je t'en prie, prends sur toi... » soupira Hermione en s'enfonçant dans son fauteuil.

Comme tous les midis, Drago était venu la rejoindre dans le bureau du Ministre de la Magie qu'elle occupait actuellement. Elle n'avait pas dormi de la nuit, trop tourmentée à l'idée de lui annoncer la demande de Ron. Elle était si distraite qu'elle avait oublié le déjeuner de Hugo dans la cuisine et avait dû faire un aller-retour express avant que sa classe ne commence.

« Prendre sur moi ? Mais pour qui tu me prends, Granger ? Tu crois vraiment que je vais m'écraser devant la belette ? » dit-il en lâchant un rire mauvais.

« Je croyais que tu ne devais plus m'appeler Granger. » lâcha-t-elle en haussant un sourcil.

« Hum, mouais. Quand tu lâches des énormités pareilles, je peux t'appeler comme je veux. »

« C'est une nouvelle règle ? » pouffa-t-elle doucement.

« Ne me détourne pas du sujet pour que j'accepte sans même m'en rendre compte. Je te connais, je sais ce que tu essayes de faire. »

« Moi ? » répliqua-t-elle de son air innocent. « Je ne fais rien du tout. »

Hermione saisit discrètement sa baguette et verrouilla la porte du bureau d'un sortilège informulé. Elle contourna son bureau pour se poster devant lui de sa démarche chaloupée. Elle se pencha en avant, une main posée sur chaque côté de son accoudoir. Elle était consciente de la vue plongeante qu'il avait sur son décolleté et en jouait effrontément.

« Hermione... » soupira-t-il sans pour autant parvenir à détacher son regard de ses seins voluptueux.

« Oui ? » souffla-t-elle en pressant ses avant-bras de chaque côté de sa poitrine de sorte à la faire ressortir.

« Tu ne m'auras pas avec une partie de jambe en l'air. » répondit-il en déglutissant difficilement.

« Je n'essaie pas de t'avoir. » lui chuchota-t-elle sensuellement à l'oreille avant d'accaparer son lobe dans sa bouche.

Drago laissa échapper un maigre gémissement d'entre ses lèvres alors qu'elle prenait place sur ses genoux, assise à califourchon sur lui. Elle laissa traîner ses mains le long de son torse avant de glisser doucement sous sa chemise.

« Hermione… peu importe ce que tu fais, je n'irai jamais présenter mes excuses à Weasley. »

Elle ne répondit rien et continua ses lents vas et viens, commençant à déboutonner son chemisier.

« Hermione… arrête ça... » gémit-il sans aucune conviction dans la voix.

« C'est vrai ? Tu veux que je me lève ? » demanda-t-elle en se frottant outrageusement contre son sexe durci.

Drago ferma les yeux sous ses gestes, appréciant son contact. Son esprit lui disait de tout arrêter, qu'elle le manipulait sans vergogne pour arriver à ses fins. Pourtant, il était incapable de se détacher de son corps qui lui était irrésistible.

« Tu l'auras voulu, sorcière. » céda-t-il finalement en la portant sur son canapé.

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« Malefoy. » lâcha sèchement Ron en tendant sa main vers Drago.

« Weasley. » répondit celui-ci sur le même ton.

Ils se serrèrent la main si fort que les jointures blanchirent. Si Hermione le remarqua, elle ne fit aucun commentaire. Foutue fierté masculine.

« Alors comme ça tu recommences à te taper ma femme ? » cracha Ron en le toisant de son regard le plus furieux.

« Que veux-tu, cela faisait tellement d'années qu'elle n'avait pas joui qu'elle en est insatiable. » répliqua Drago en gardant son flegme aristocratique jusqu'au bout de ses ongles savamment limés.

« Je vais te... » commença Ron, rouge de colère en avançant vers lui les deux bras tendus en avant pour mimer l'étranglement à venir.

« Ron ! Drago ! » cria Hermione en s'interposant entre eux. « Calmez-vous tous les deux ! »

D'un même geste, ils la dégagèrent pour reprendre le combat visuel.

« Tu ne la touches pas ! » scandèrent-ils d'une même voix alors qu'Hermione amorça son premier soupir le de la journée.

« Je croyais qu'on était d'accord pour rester courtois et civilisés. » geignit Hermione en se prenant le visage entre les mains.

« C'est lui qui a commencé ! » reprirent-ils en cœur.

« Merlin... » soupira Hermione pour la deuxième fois alors qu'ils se jetèrent des regards de mort. « Et si nous allions nous asseoir au salon ? J'ai fait du thé. »

Chacun s'était installé à l'une des extrémités du canapé. Ils étaient si collés aux accoudoirs qu'ils semblaient vouloir s'échapper de ce lieu au plus vite.

« Bon. » repris Hermione, assise en face d'eux sur un fauteuil, après avoir servi trois tasses de thé. « Et si nous tâchions d'oublier deux minutes nos querelles d'antan ? Drago, j'ai dit à Ron que tu avais beaucoup changé depuis Poudlard, je t'en prie, ne me donne pas tord. »

Elle lui lança un regard de glace qui le ramena à l'importance de la situation.

« Ron, je sais que tu es quelqu'un de raisonnable et même si je ne vous demande pas d'être amis, une entente cordiale devrait pouvoir être négociable ? » reprit-elle en usant de sa voix la plus douce possible.

« Hurmpf. » grommela Ron en avalant une gorgée de thé.

« Drago regrette profondément de t'avoir attaqué sur des sujets aussi puériles que ta couleur de cheveux ou la fortune de ta famille, dans le passé. Aujourd'hui, il a beaucoup mûri et se rend compte que les valeurs que lui ont inculquées sa famille n'ont aucun sens dans le monde réel. C'est un homme juste, droit, qui a offert une éducation respectueuse à son fils qui, comme tu le sais déjà, est quelqu'un de charmant. Toi-même tu as reconnu que le petit Scorpius était, selon tes propres terme un chouette gamin. Dis-toi qu'aujourd'hui, Drago et son fils se ressemblent énormément. »

Hermione, qui fixait Ron tout le long de sa tirade, n'avait pas remarqué que Drago ne cessait de la couver des yeux. Son regard était si tendre que Ron en fut dérouté. Jamais il n'aurait pensé Malefoy capable d'éprouver autre chose que du dédain et de la condescendance.

« C'est bien beau tout ça mais moi, je veux l'entendre de sa bouche. » répliqua Ron en se tournant vers lui.

Drago laissa ses yeux rouler dans ses orbites avant d'à son tour, lui faire face. A la vitesse de la lumière, son attitude faciale avait changé. Il passa de l'amoureux transi à l'aristocrate froid et revêche.

« Alors c'est ça Weasley ? Tu te sens tellement inférieur que tu as besoin des personnes de mon rang pour te rassurer sur ta petitesse ? » argua Malefoy de son air le plus hautain.

« Drago ! » siffla Hermione en le fusillant du regard. « Je croyais qu'on était d'accord pour que tu présentes des excuses sincères à Ron ! » sa voix se fit suppliante et la lueur qui brillait dans ses yeux finit de le ramener à la réalité. Cela comptait vraiment pour elle et même si cela devait le tuer, il ne pouvait se soustraire à cette tâche.

« Très bien. » grogna-t-il. « Weasley, je suis désolé. » lâcha-t-il d'une voix froide sans une once de sincérité.

« C'est trop facile. » répliqua Ron. « Ce n'est pas des excuses, je veux quelque chose de sincère. »

« Ron… » soupira Hermione pour la troisième fois. « Tu sais à quel point c'est difficile pour lui de faire ça. Tu lui as demandé des excuses, il l'a fait. Maintenant, c'est à ton tour de remplir ta part du contrat. »

Ron releva le menton et secoua lentement la tête.

« Je ne vous dois rien, ni à l'un, ni à l'autre. Ce n'est pas ce que j'appelle des excuses. Si tu veux pouvoir rencontrer mes enfants, tu devras faire mieux. »

Ron, galvanisé par son sentiment de supériorité ne put s'empêcher de tenter le regard froid de Drago. Ce fut un échec total. Drago, habitué durant son enfance à vivre encerclé par les vas et viens des mages les plus noirs de sa génération n'était en rien impressionné par une personne qu'il méprisait profondément. Pourtant, s'il y avait bien quelqu'un qui l'impressionnait, c'était la femme qui partageait sa vie. Et pour elle, il le savait, il était prêt à tout.

« Weasley, je suis désolé. Désolé de t'avoir jugé au premier regard. Désolé d'avoir dénigré tes robes de sorciers rapiécées et tes cheveux roux. Désolé d'avoir investigué de nombreuses brimades à ton encontre durant ta scolarité. Désolé d'avoir été à l'origine d'une chanson à succès relatant tes médiocres performances au Quidditch. Par contre, s'il y a une chose pour laquelle je ne suis pas désolé, c'est d'avoir rencontré celle qui était encore ta femme. »

Lentement, Drago tourna la tête vers la Gryffondor, lui adressant son regard le plus doux.

« Hermione m'a fait comprendre que je pouvais être différent. Elle a réalisé, peut-être même avant moi, que derrière le Malefoy impétueux et arrogant, il y avait aussi celui qui est capable d'être tendre, attentionné et aimant. Hermione a été la plus belle rencontre de ma vie. Les matins où je ne me réveille pas à ses côtés son terribles, les nuits loin de ses bras ne sont que des heures de tortures voilées de noir. Alors pour ça, pour avoir aimé celle qui m'a délivré alors qu'elle était encore ta femme, je ne pourrais pas te présenter de sincères excuses, Weasley. C'était la meilleure décision de ma vie et jamais je ne la regretterai. »

Hermione, qui n'avait pas quitté son regard tout le long de sa tirade, était au bord des larmes. Cet homme pouvait être si surprenant. Il avait une capacité folle à garder ses émotions profondément enfouies sous un masque d'impassibilité. Pourtant, quand il choisissait de le baisser, il ne savait plus s'arrêter, se laissant porter par les sentiments qui le submergeaient. Hermione adorait le voir se laisser aller ainsi. Il était de plus en plus courant de l'entendre se confier naturellement à elle, sans tous les faux-semblants qui régissaient leurs précédentes relations.

Alors, sans hésiter et en oubliant même la présence de Ron sur le canapé, elle courut dans ses bras, nichant son visage au creux de sa nuque. Drago prit une profonde inspiration pour humer l'exquis parfum qui se dégageait de sa chevelure.

« Je t'aime. » chuchota-t-il à son oreille avant de déposer un doux baiser sur son front.

Ron, qui avait assisté à toute la scène en spectateur interdit détourna le regard lorsqu'ils se décollèrent l'un de l'autre. Il devait l'avouer, jamais il n'aurait envisagé que Malefoy accepte de lui faire des excuses. Il s'était d'ailleurs rangé derrière cet argument pour pouvoir lui interdire la rencontre avec ses enfants. Pourtant, il devait bien avouer que, sur ce coup là, cette horrible fouine avait fait fort.

A travers ses mots, il comprit qu'Hermione disait vrai. Malefoy avait réellement changé. C'était déroutant et même presque terrifiant de voir qu'il savait aimer. Ron s'était forgé une image immuable de son ennemi. Malefoy devait être irrémédiablement froid, pervers et manipulateur. Il ne pouvait en être autrement. Pourtant, l'homme qui se tenait à ses côtés n'avait rien de tout cela. Il fallait qu'il commence à admettre que, finalement, malgré tout le ressentiment qu'il avait pour lui, il était peut-être celui qu'il fallait à la femme qu'il avait tant aimé.

« Ron est-ce que… est-ce que tu acceptes ses excuses ? » demanda Hermione qui s'était rassise à sa place, le faisant ainsi sortir de sa léthargie.

« Hum. » concéda Ron avec toute la mauvaise volonté dont il était capable. « Très bien. Tu avais peut-être raison, il semble pas si taré que ça pour un fils de mangemort. »

Drago se tendit sous cette appellation mais ne répliqua pas. Intérieurement, son sang bouillonnait et il devait se repasser inlassablement en tête toutes les raisons pour lesquelles Hermione valait le coup de se contenir sans quoi il lui aurait déjà sauté dessus.

« Ça veut dire que tu acceptes que je le présente aux enfants ? » s'enthousiasma Hermione qui avait les yeux pétillants de joie.

La voir ainsi finit de calmer Drago qui tenta de contenir le petit sourire niais qui rêvait de se poser sur ses lèvres.

« J'imagine que oui. » grommela Ron. « Comment comptes-tu procéder ? » demanda-t-il à Hermione en ignorant toujours superbement Drago qui le lui rendait bien.

« Je vais écrire une lettre à Rose dès ce soir, elle va la recevoir au courrier de demain matin. Et puis j'en parlerai à Hugo mercredi. J'ai posé ma journée pour la passer avec lui, si tu n'y vois pas d'inconvénient, bien sûr. » dit-elle précautionneusement.

« D'accord. Tu veux que je prépare le terrain avec Hugo ? »

« Surtout pas ! » s'interposa Hermione. « Je veux dire, je préfère que ça vienne de moi. »

Officiellement, cette raison était plus décente. Officieusement, elle craignait que Ron brosse un portrait désastreux de Drago qui donnerait un mauvais à priori à son fils. Ron et Hugo étaient très proches et, ce dernier était fortement influençable du fait de son jeune âge. Elle pouvait être sûre que si son père lui disait de se méfier de Drago, Hugo suivrait ses conseils à la lettre.

« Comme tu voudras. »

Hermione rassembla les tasses sur son plateau alors que Ron prenait congé.

« Hugo va te faire vivre un enfer. » ricana sournoisement Ron en franchissant la porte d'entrée.

« C'est ton fils, Weasley. Tout ce qu'il risque en tentant de m'attaquer, c'est de se jeter un sort de crache limace. » rétorqua Malefoy de son air sarcastique.

Drago entendit à peine les grognements de Ron avant de refermer la porte sur lui et de pousser un profond soupir. Sa nouvelle vie allait enfin pouvoir commencer.

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J'espère que ce premier OS vous a plu !

Je trouvais ça intéressant de vous laisser voir la réaction de Ron. Il faut dire qu'avec les années, il s'est un peu calmé même si son tempérament grognon et impulsif est toujours là. J'espère que vous serez aussi content d'apprendre qu'il n'a pas fini sa vie seul, à se lamenter sur la perte d'Hermione. Il lui aura fallu du temps mais il est lui aussi allé de l'avant et coule des jours heureux avec Rachel, sa nouvelle compagne.

Par contre, encore une fois, Hermione a dû attendre d'être au pied du mur pour lui en parler. C'est fou c'est une manie chez elle, haha !

J'attends vos retours avec impatience.

L'OS suivant serait mis en ligne samedi prochain. Il parlera de la rencontre officielle avec les enfants !

Un grand merci à The White Quill qui a corrigé ce chapitre.

A bientôt !