Note de l'autrice : Vous êtes maintenant cinquante à avoir cliqué sur le bouton "follow" pour cette petite histoire : merci ! Bienvenue aux nouveaux lecteurs :) N'hésitez surtout pas à me dire ce que vous pensez de la fic ! Et à tous ceux qui commentent chaque chapitre, sachez que je vous vois, je vous apprécie et je vous invite au resto quand vous voulez hahaha

Sur ce, je vous laisse en bonne compagnie avec notre ami Cormac. Bonne lecture et à samedi !


In Pursuit Of

SIGNS

(Cormac)

Certains signes ne trompent pas en amour.

En fin connaisseur, Cormac avait reçu cinq sur cinq ceux qu'Hermione lui avait envoyés durant la fin de la cueillette.

Une fois Malfoy parti, elle lui avait demandé comment s'était déroulé son entraînement de Quidditch et avait écouté sa réponse le plus attentivement possible. Du moins, aussi attentivement qu'on pouvait l'espérer de la part d'une personne que les arrêts de souafles ne passionnent guère. Elle avait même pris soin d'entrecouper son monologue de quelques remarques ou questions qui permettaient à Cormac de rebondir.

Autrement dit, Hermione avait fait un effort pour discuter d'un sujet qui l'intéressait lui. C'était la première fois, depuis l'invitation à la fête du professeur Slughorn, qu'elle faisait un pas dans sa direction.

Pour couronner le tout, elle n'avait cessé de lécher ses lèvres lorsqu'elle s'apprêtait à lui parler et de les mordre lorsqu'elle l'écoutait – tant et si bien que Cormac pouvait jurer avoir vu un peu de sang perler sur sa bouche.

On ne pouvait envoyer signe d'intérêt plus clair. Cette fille commençait visiblement à tomber sous son charme. Si Cormac avait su qu'il lui suffirait d'arriver en retard pour qu'elle prête attention à lui, il l'aurait fait beaucoup plus tôt. L'ultime soirée de cueillette, toute laborieuse fut-elle, marquait par conséquent une avancée significative dans son entreprise de séduction.

En ce septième jour de retenue, marchant d'un pas confiant vers les serres, Cormac éprouvait donc cette sensation tant convoitée, celle qui montait en lui chaque fois qu'il s'élançait sur son balai pour arrêter un tir, celle qui l'envahissait lorsqu'il voyait ses amis pâlir devant sa détermination à relever tous les défis, celle qui valait toutes les tentatives infructueuses et les tactiques inefficaces : la certitude d'être sur le point d'être victorieux.

Persuadé d'être invincible, il songea même, lorsqu'il aperçut ses deux acolytes se tenir devant la serre à une distance démesurée l'un de l'autre, qu'il pourrait réconcilier deux ennemis jurés. C'en était fini des disputes, avait-il décidé. Bien qu'excessivement divertissantes, elles s'étaient avérées stratégiquement inopérantes. L'heure était donc à la pacification.

Arrivé devant les deux étudiants, Cormac bomba le torse, prît sa plus belle voix d'orateur et les interpella solennellement.

« Mes chers comparses, il nous faut parler. »

À l'écoute de son ton grave, une tête blonde et une chevelure brune se tournèrent prestement vers lui. Il eut immédiatement leur complète attention.

« Puisque nous allons passer encore quinze jours ensemble, je pense qu'il faut d'ores et déjà crever l'abcès. »

Semblant appréhender la confrontation, ils le regardèrent alarmés.

« Pour mener à bien l'étape la plus délicate de notre mission – le décorticage des nèfles – il nous faut écarter toute tension entre nous, et en particulier entre vous. »

Les deux opposants échangèrent un regard inquiet du coin de l'œil.

« Je sais combien votre relation est compliquée, je sais combien la situation doit être délicate à gérer... »

Les épaules d'Hermione se crispèrent ; la main de Malfoy se resserra sur la hanse de son sac.

« ... et je dois dire que votre comportement m'a beaucoup étonné... »

Le teint du Serpentard parvint à se faire plus pâle encore qu'à l'accoutumée.

« ... je ne pensais honnêtement pas voir de mes propres yeux une telle chose un jour... »

Hermione sembla retenir son souffle.

« Mais je vous en conjure : rangez les insultes, déposez les armes – nèfles comprises – et mettez de côté vos désaccords. Au moins le temps des heures de retenue. »

Les deux étudiants clignèrent des yeux, ne semblant pas s'attendre à une telle chute. Cormac comprenait : sa magnanimité et sa sagesse devaient surprendre.

« Bien entendu, je ne suis moi-même pas irréprochable. Je tiens donc à vous présenter mes excuses pour mon retard de la dernière fois. Cela ne se reproduira pas. Je n'affaiblirai plus notre équipe. »

Voyant se détendre les visages qui lui faisaient face, Cormac comprit qu'il avait fait mouche. Il savait bien qu'il avait l'âme d'un meneur, capable d'ordonner et de motiver les troupes.

« Si vous en avez fini avec cette émouvante tirade, M. McLaggen, je vous demanderais de bien vouloir entrer », fit la voix sarcastique du professeur Rogue, qui avait décidément le don pour apparaître derrière lui sans faire un bruit.

L'homme pénétra dans la serre sans attendre de réponse. Après s'être jetés un regard, la brune et le blond se pressèrent à sa suite. Une fois Cormac rentré, le professeur brandit devant eux un ustensile récupéré dans l'établi à jardinage. « Un casse-nèfle », le décrit-il, avant de piocher une nèfle dans l'une des hottes en cuir pleines à ras bord, de la glisser dans la gueule de l'instrument et de refermer ses mâchoires sur elle d'un coup sec. La coque de la nèfle désormais entre-ouverte, il put en sortir le fruit.

« Des questions ? »

L'interrogation fut accueillie par un silence. Hermione ne prit même pas la peine, cette fois-ci, de contester la tâche titanesque qu'impliquait la quantité considérable de nèfles à décortiquer.

« Dans ce cas, attention à protéger le fruit derrière la coque », se contenta de conclure le professeur Rogue sur un ton énigmatique, regardant Malfoy dans les yeux avant de lui tendre l'outil.

Puis il partit avec leurs trois baguettes.

Sans attendre, Hermione prit les choses en main, approchant la longue et large table en bois.

« Je propose qu'on maximise notre efficacité en divisant le travail en trois gestes : une personne ouvre la coquille avec le casse-nèfle ; une autre dépouille le fruit de sa coque ; une dernière met le fruit dans la hotte et la coque dans la poubelle. En s'installant autour de la table, avec tout ce qu'il faut à disposition, cela devrait accélérer le processus.»

Aussi rationnelle qu'on pouvait l'attendre.

« Parfait ! », s'exclama Cormac, convaincu.

Sans rechigner, Malfoy consentit d'un hochement de tête.

Peut-être pourraient-ils enfin tous s'entendre.

« Je me propose de fendre les coquilles : c'est une tâche pour mes bras musclés », fit Cormac en lançant un clin d'œil à sa douce, espérant qu'elle s'attarde sur sa corpulence.

Hermione ouvrit la bouche, semblant vouloir protester, mais elle se contenta de lui adresser un sourire conciliant. Il avait décidément cette sorcière dans la poche.

« Quant à moi, je me propose pour l'étape du dépouillement, enchaîna-t-elle, son regard passant du visage de Cormac à celui de Malfoy. On me dit très compétente quand il s'agit de dénicher la sève cachée derrière l'écorce. »

Le Serpentard plissa les yeux en soutenant son regard. Elle s'expliqua.

« Ce doit être toutes ces années passées à traduire des textes en runes. »

Cormac ne peinait guère à la croire, songeant aux curieuses lectures matinales de la jeune femme.

« Et puis Malfoy, poursuivit-elle, tu sauras sans doute très bien jeter les faux-semblants des nèfles, n'est-ce pas ? »

Ne lui connaissant pas cette fibre poétique, le Gryffondor prit note de miser sur la littérature pour la charmer. Posant les yeux sur Malfoy, dont il attendait une réponse, il le découvrit tendu. Son égo n'appréciait peut-être ni la comparaison avec les muscles de Cormac, ni la relégation à la tâche de la poubelle.

« Cette organisation te convient ? », lui demanda-t-il, soucieux d'assurer la cohésion du groupe.

Sans prévenir, Malfoy lui lança alors le casse-nèfle, les yeux encore rivés sur Hermione. Cormac faillit ne pas rattraper l'outil à temps.

« Tout à fait », répondit le blond en se tournant finalement vers lui, un rictus forcé sur les lèvres.

Voyant les efforts manifestes que les deux ennemis faisaient pour ne pas s'égorger, ni pour l'égorger lui, le Gryffondor se félicita de son initiative pacificatrice.

Tous trois s'installèrent alors autour de la table. D'un côté, Cormac craquelait la coquilles des nèfles pour qu'Hermione puisse en ôter le fruit ; de l'autre, Malfoy, entouré d'une hotte vide et d'une poubelle, récupérait et triait le tout.

« Tu t'en sors, Cormac ? », demanda Hermione après quelque temps.

Le concerné observa attentivement sa douce, étonné et émerveillé d'entendre sortir de sa bouche une question impliquant qu'elle se préoccupait de son sort.

« Je sais que certaines coques sont dures à briser, prit-elle la peine d'expliquer à Malfoy.

- Pas d'inquiétude, princesse, rien ne saurait me résister », répondit Cormac d'un air charmeur.

Un sourire s'esquissa sur les lèvres d'Hermione, léger et gêné, mais un sourire quand même. Portant de nouveau son attention sur la nèfle entre ses doigts, elle poursuivit.

« Les nèfles sont curieuses, vous ne trouvez pas ? À donner l'apparence d'être une chose et à en être une autre. À se cacher derrière une protection si épaisse et à demander tellement d'efforts pour en obtenir le jus, et malgré cela… »

Hermione tendit alors un fruit noirci sous les yeux des deux garçons.

« Malgré cela, on ne sait jamais sur quoi on va tomber, entre un fruit sain ou pourri. »

Elle donna alors la nèfle gâtée à Malfoy pour qu'il la jette à la poubelle. Il la prit avec réticence.

« Les nèfles sont un peu comme les gens, tu ne penses pas, Cormac ? »

Le regard ardent de la jeune femme lui fit presque perdre ses moyens. Avant qu'il n'ait le temps de répondre, elle reprit la parole, une main levée en direction du blond.

« Malfoy, par exemple. Il est tout à fait possible que derrière ce masque de froideur et de bassesse qu'il nous donne à admirer, se cache quelqu'un de bien, avec qui l'on peut s'entendre. Comme il est tout autant possible que s'y trouve pire que ce que la façade laissait présager. »

Cormac observa les deux ennemis se fixer intensément.

« Impossible à déterminer avant de forcer son chemin vers le fruit », dit-elle en haussant les épaules.

Hermione porta de nouveau son attention sur le Gryffondor, tendant la main pour qu'il lui donne la nèfle dont il venait de fissurer la coque.

« C'est pourquoi je pense que tu as raison, Cormac. Lui et moi devrions cesser de nous disputer sans arrêt. Je suis prête à faire un effort.»

Cormac déposa la nèfle dans la paume ouverte devant lui, croyant à un rêve éveillé.

« De toute façon, conclut-elle, j'ai l'impression qu'on a dépassé le stade des chamailleries, tu ne crois pas, Malfoy ? »

Hermione adressa alors un sourire à son ennemi, avant de revenir au décorticage de la nèfle.

Trop occupé à contempler sa douce, Cormac ne fit pas attention à la réaction de Malfoy. Merlin qu'il était aux anges ! Hermione Granger lui parlait ; elle lui demandait son avis ; elle se rangeait même derrière le sien ; elle agissait en harmonie avec ses recommandations ; elle se rabibochait avec son adversaire de toujours grâce à lui.

Cela ne faisait aucun doute. Tous les signes concordaient. Sa victoire approchait.


Note de l'autrice : Est-ce que Cormac a interprété un seul signe correctement ? Je vous laisse me dire ce que vous en pensez. Est-ce que je commence à avoir de la peine pour lui ? Un peu, je l'avoue. Est-ce gonflé de ma part étant donné que c'est moi qui l'écris ? Certes...

C'est la première fois que je tente un chapitre avec autant de quiproquos, donc je croise les doigts pour que ça ait fonctionné. C'était très amusant d'écrire les double-entendres et de donner des significations cachées aux gestes de chacun, en tout cas.


Réponses aux guests (update 19/06/21) :

Drou : Merci ! *autrice qui rougit*

Kelly : On en saura plus sur les allusions d'Hermione et sur la réaction de Draco au prochain chapitre hihihi

Atka : Bienvenue et merci beaucoup pour cette adorable review ! Oui, le retour sur terre risque d'être un peu compliqué pour Cormac hahaha

Guest : Aaaw, merci d'avoir pris le temps :D Ravie que l'histoire t'ait emportée et que tu sois arrivée jusqu'ici !