Note de l'autrice : Je viens de voir que vous étiez désormais quatre-vingts à avoir coché la case "follow" pour cette histoire… *snif* C'est la première fois que je m'embarque dans l'écriture d'une multichapter fic avec la détermination de la finir, donc, vraiment, merci de rendre cette expérience si spéciale et agréable à mes petits yeux. Une nouvelle fois, bienvenue aux nouvelles personnes ! N'hésitez pas à partager vos ressentis, même vingt chapitres après, je ne vous en serais que reconnaissante :)
Pendant que je vais chercher les mouchoirs pour essuyer mes larmichettes, je vous laisse en compagnie de notre ami Cormac ! Bonne lecture ;)
In Pursuit Of
NORMALITY
(Cormac)
Cormac avait mis de l'Eau de Cologne.
Ça n'avait rien à voir avec l'opportunité que lui donnait le professeur Slughorn de se trouver en compagnie d'Hermione ce soir-là. Ce n'était pas comme si deux semaines et cinq jours n'étaient passés depuis leur dernier face-à-face. Clairement, il avait eu le temps de se remettre du rejet de la jeune femme.
Non, un homme se devait simplement de sentir bon. Et de soigner son apparence. Et de se donner un coup de peigne.
Pour lui-même.
Seulement lui-même.
Voilà tout.
C'était ce que s'assurait Cormac, seul dans son dortoir, pendant que tout le monde dînait encore. Lui, avait quitté la Grande Salle plus tôt que les autres, pour avoir le temps de se changer, de son uniforme d'étudiant à une tenue plus flatteuse : un pull-over taupe dont dépassait le col d'une chemise rose qui complimentait son teint.
Cet effort n'avait pour but d'impressionner personne. Certes, plusieurs étudiantes se retourneraient sans doute sur son passage, mais il ne cherchait à plaire à aucune d'elles, aucune en particulier.
Il n'y avait vraiment pas de quoi en faire toute une dragée à la crotte de nez de cette soirée. Il s'agissait de simples retrouvailles. C'était pratiquement un non-événement. Cormac allait donc se la jouer cool, calme, normal, et ne surtout pas paraître collant, ou désespéré, ou émotionnellement compromis par une première de la classe qui dévorait le cœur de jeunes hommes au petit-déjeuner.
Les non-événements n'empêchaient pas de faire attention à son apparence, cependant.
Apprêté, Cormac partit donc d'un pas cool, calme et normal jusqu'au point de rendez-vous. Ce n'est que lorsqu'il arriva devant les appartements d'Horace Slughorn, rejoint successivement par le blond, puis par la brune – tous deux encore vêtus de leur uniforme scolaire et tous deux le regardant de haut en bas avec un air interrogateur – qu'il comprit qu'il en avait trop fait.
Mais il se remonta les manches, littéralement et figurativement, avec l'assurance d'un homme qui ne peut faire marche arrière.
« Bonjour Hermione, dit-il, en se félicitant de la justesse de son ton nonchalant, assidûment pratiqué devant le miroir.
- Bonsoir Cormac », répondit-elle.
Et face à ce seul mot, il resta interdit, à jauger le niveau d'animosité contenu dans une simple correction et à se demander s'il lisait dedans bien plus qu'il ne devrait et à paniquer devant la rapidité avec laquelle il avait été déstabilisé.
À peine eut-il le temps de réfléchir à une réponse qu'Hermione avait tourné les yeux vers le blond.
« Malfoy, fit-elle.
- Granger », répondit le concerné.
Suite à cet échange de noms qui servit de salutations, ils se défièrent du regard. L'atmosphère se fit alors étrangement étouffante dans le couloir. Cormac eut la désagréable impression d'être isolé, invisible, insignifiant, comme s'il n'était pas le personnage principal de la scène, mais le simple spectateur du duo devant lui.
Mal à l'aise, le Gryffondor se racla la gorge pour briser le silence et pour reprendre l'ascendant sur la situation. Ok, Cormac, songea-t-il, ne perd pas tes moyens pour un « bonsoir ». Sois juste cool, calme, normal.
« Donc, se lança-t-il, comment s'est déroulé ton devoir d'arithmancie, Hermione ? »
Elle parut confuse.
« Mon devoir d'arithmancie ?
- Oui, tu en avais parlé la dernière fois qu'on s'est vu.
- Tu veux dire... celui que j'ai mentionné il y a bientôt trois semaines ? »
Ok, ce n'était définitivement pas une question normale à poser, Cormac...
« Celui-là, oui », confirma-t-il, en essayant de ne pas grimacer.
Hermione esquissa un petit sourire gêné.
« Ça s'est bien passé, dit-elle. J'ai eu un O.
- Le résultat qu'on pouvait attendre.
- Hm, merci, je suppose... »
Elle sembla rougir – de ravissement ou d'embarras, il n'aurait su dire. Tout ce qu'il savait, c'est que le charme de ses joues teintées rendait difficile de rester cool, calme et normal.
Alors Cormac porta son attention sur Malfoy.
Adossé contre le mur du couloir, ce dernier les observait avec une expression impassible, les bras resserrés sur son torse.
« Ça fait longtemps », fut tout ce que Cormac trouva à lui dire.
Malfoy renifla d'un air sarcastique.
« Des semaines insoutenables passées sans ta présence, McLaggen.
- Le sentiment est réciproque, ironisa Cormac. Je suis au moins rassuré de voir que tes cheveux sont toujours aussi anormalement blonds et ton attitude toujours aussi normalement déplaisante. »
Le Serpentard fit mine de s'offusquer.
« Quoi ? Je n'ai pas droit aux compliments, moi ? »
Alors que Cormac s'apprêtait à répondre, le professeur Slughorn fit son apparition au bout du couloir.
« Me voici, me voici ! », s'écria-t-il, faisant signe d'un bras - l'autre occupé à porter des livres.
Vêtu de son habituel costume en tweed – au goût décidément douteux, mais au prix visiblement coûteux, taillé sur mesure de façon à ce que son ventre bedonnant ne s'y trouve à l'étroit – l'homme se dirigea vers eux d'un pas précipité. Arrivé à leur hauteur, il leva le nez en l'air, reniflant autour de lui. « Quelqu'un sent bon », commenta-t-il malicieusement, en lançant un clin d'œil vers Cormac, qui voulut se faire dévorer sur place par un filet du diable.
« Entrez donc ! », fit le professeur Slughorn.
La porte qui s'ouvrit devant les trois étudiants laissa apparaître de spacieux appartements, illuminés par des torches murales et par le feu d'une cheminée. Au milieu de la pièce, deux larges canapés en cuir se faisaient face – signe qu'il s'agissait du lieu de vie d'un homme qui aimait recevoir.
« Je ne vais pas vous retenir longtemps, expliqua ce dernier, mais je voulais prendre un petit moment pour reconnaître votre dur labeur. Quelle n'a pas été ma surprise d'apprendre que vous aviez été en charge de la récolte des nèfles cette année ! »
Tout en parlant, il se dirigea vers un grand bureau en bois massif, situé dans un coin de la pièce, pour y déposer les livres qu'il avait en main.
« Sachez que je n'ai rien eu à voir avec le choix de cette sanction qui, entre nous, me paraît un peu grossière. Un travail d'elfes de maison, si vous voulez mon avis », s'exclama-t-il en riant.
Deux têtes se retournèrent immédiatement vers Hermione, qui tentait visiblement de se contenir. Le professeur Slughorn ne remarqua rien, déposant sa cape sur le siège de son bureau.
« Et puis un mois de retenue pour de simples folies de jeunesse : quel gâchis ! », poursuivit-il.
Tandis que Hermione parut furieuse et Malfoy perplexe de voir le baiser volé et le coup assené qualifiés de « simples folies de jeunesse », Cormac approuva d'un vif hochement de tête.
Cependant, la désagréable impression qu'un regard réprobateur pesait sur lui calma rapidement ses ardeurs. Ce regard ne provenait ni de ses camarades, ni du professeur. Scannant la pièce à la recherche de l'origine de son malaise, Cormac croisa finalement les yeux d'une femme à la tête couverte d'un fichu noir, vêtue d'une longue robe blanche ceintrée à la poitrine, assise dans un salon délimité par les quatre bords d'un cadre.
Intimidé, Cormac tourna immédiatement le dos à la peinture.
Lavande avait bien mille yeux.
« Tout cela pour dire, je n'aurais jamais choisi ce type de sanction, continua le professeur Slughorn. Je ne voudrais donc pas que votre jugement de ma personne soit entaché par l'idée que j'ai quoi que ce soit à voir avec cette retenue. »
Il accompagna son propos d'un sourire appuyé en direction de Cormac et d'Hermione, mais ne sembla pas vouloir impressionner Malfoy.
« Asseyez-vous donc sur le canapé, mettez-vous à l'aise ! », les enjoignit-il.
Les trois étudiants s'exécutèrent.
Se sentant surveillé par la femme du portrait, Cormac prit soin de s'éloigner au maximum d'Hermione. De son côté, elle serra les cuisses pour prendre ses distances avec les deux jeunes hommes qui l'entouraient. Cela rappela au Gryffondor le soin qu'elle prenait à se placer au milieu de la rangée de néfliers lors de la cueillette.
« Alors, cette retenue s'est-elle malgré tout bien passée ? », demanda le maître de potion en s'asseyant sur le canapé d'en face.
Les trois étudiants se regardèrent en silence, dubitatifs, tentant de discerner en quoi consisterait une sanction réussie.
« Eh bien, tenta Hermione, c'était une expérience pour le moins... originale.
- Je pense que le mot est infernal, rectifia Malfoy.
- C'était long et pénible, dirons-nous », tempéra Cormac.
Le professeur Slughorn eut un petit rire gêné devant leurs retours.
« Ça aura au moins été l'occasion de mieux vous connaître et de régler vos conflits respectifs, n'est-ce pas ? »
Les trois concernés se tendirent, sans oser se regarder cette fois-ci.
« Je suppose que notre collaboration aura eu le mérite d'être… »
Hermione s'interrompit une seconde pour choisir le bon mot, tout en jetant un coup d'œil au blond à ses côtés.
« Surprenante, conclut-elle.
- Déroutante, ajouta Malfoy.
- Intéressante », proposa Cormac.
Le professeur Slughorn cligna des yeux devant leur économie de mots.
« Hmm, voilà qui semble… une bonne nouvelle », supposa-t-il.
Un silence gênant lui répondit.
« Laissez-moi vous offrir un verre bien mérité, suite à vos efforts du mois dernier ! », s'exclama-t-il en tapant ses genoux de ses deux mains, avant de se lever en direction du bar.
Cormac jeta alors un coup d'œil à Hermione, qui parut aussi peu à l'aise que lui, à en juger par les poings resserrés sur sa jupe. Au moment-même où son regard erra sur les jambes de la jeune femme, elle posa les yeux sur lui. Se réprimandant mentalement, il tourna la tête d'un coup sec.
Regarde droit devant toi, Cormac. Cool, calme, normal.
Il observa attentivement ce qui se trouvait devant lui pour divertir son esprit. Le rebord de la cheminée lui faisait face, surchargé de photographies du professeur Slughorn, en compagnie de générations d'étudiants. Parcourant les visages adolescents de personnalités désormais renommées, Cormac reconnut, sur une photographie coincée tout en bas, presque cachée derrière le reste, une teinte de cheveux familière. Un blond platine d'apparence si peu naturelle qu'il était impossible de s'y tromper.
Lucius Malfoy, jeune et fringuant, aussi charmant que son fils, se tenait aux côtés d'Horace Slughorn, qui levait un verre, tout sourire.
Jetant un œil vers Malfoy junior, Cormac le vit observer l'image d'un air stoïque.
Le profil du Serpentard lui sembla alors avoir une ressemblance frappante avec celui d'un autre étudiant, capturé dans une photo en noir et blanc, visiblement plus ancienne. Cormac supposa qu'il s'agissait du grand-père de Draco. Son oncle Tiberius lui avait parlé de l'influence qu'avait eu Abraxas Malfoy au ministère de la Magie ; pour sûr, le professeur Slughorn n'aurait manqué de s'associer à quelqu'un qui viendrait à devenir si influent.
Devant le silence de ses invités, l'hôte tenta de meubler, sortant le nez d'un placard empli de bouteilles d'alcool.
« Ces nèfles n'ont pas été récoltées en vain, vous savez. Leur jus est très utile. »
Hermione hocha la tête en souriant poliment.
Puis le silence revint.
Songeant que le professeur Slughorn savait ordinairement mieux engager la discussion, Cormac se rendit compte qu'il évitait sans doute d'aborder ses sujets de prédilection habituels. Demander à Cormac des nouvelles de son oncle Tiberius ou bien à Hermione ce qu'elle envisageait comme carrière professionnelle l'aurait obligé à poser la question de la famille ou de l'avenir de Malfoy. De quoi assombrir une soirée qui semblait uniquement destinée à préserver l'image de Slughorn auprès des deux Gryffondors.
« En plus d'être un ingrédient très versatile, ajouta ce dernier, le jus de nèfle a des vertus médicinales innombrables ! »
Par pitié pour le professeur, Cormac décida de rebondir, afin d'engager la discussion.
« Je parie qu'Hermione saurait toutes les dénombrer ! », dit-il en riant.
Ce ne fit rire personne. Surtout pas la concernée qui lui lança un regard noir en biais. Cormac regretta immédiatement d'avoir voulu aider le professeur, qui le fixait comme s'il ne voyait pas où il voulait en venir avec cette remarque. Pour couronner le tout, un coup d'œil vers la peinture fit blanchir le Gryffondor, car s'y trouvait désormais, non plus une, ni deux, mais trois femmes aux yeux menaçants braqués sur lui.
Malfoy se mit cependant à rire.
« Nous ferait-elle la grâce de toutes les énumérer ? demanda ce dernier sur un ton faussement innocent.
- Aurais-tu envie de passer tant de temps à m'écouter, Malfoy ? répondit Hermione sans hésiter.
- J'ai toute la soirée, Granger. Comme tu le sais, il n'y a rien d'important qui m'attend en dehors de ses murs. »
Elle l'observa un instant, avant de répondre.
« Pour en être sûr, le jus de nèfles pourrait s'avérer utile. Savais-tu qu'il s'agit d'un des ingrédients clefs du Véritasérum ?
- Intéressant. Dis-m'en plus sur les vertus révélatrices des nèfles, Granger », dit-il plus bas, en se penchant un peu vers elle.
Cormac n'avait aucune idée de quoi ils parlaient. Tout ce qu'il comprenait, c'était qu'il y avait bien plus d'alchimie entre ces deux-là qu'entre Hermione et lui.
Alors quand flotta devant ses yeux un verre à pied empli d'un liquide doré, il songea que Lavande avait peut-être oublié d'ajouter une option, parmi sa liste de recommandation, pour se remettre de la frustration de ne pouvoir remporter le challenge que représentait Hermione Granger. L'option de se noyer dans l'alcool. Ça, ça aidait à rester cool, calme, normal.
« Je ne vous propose guère de jus de nèfles, mais voilà un hydromel dont vous me direz des nouvelles ! », s'extasia le professeur Slughorn en brandissant fièrement une superbe bouteille au goulot enrubanné d'un nœud en soie.
En même temps qu'Hermione, Cormac s'avança sur le bord du canapé pour attraper un verre.
Contrairement à elle, il n'attendit pas un instant pour le boire.
La dernière chose qu'il aperçut avant de s'effondrer par terre fut le verre encore flottant de Malfoy.
Note de l'autrice : « Cormac eut la désagréable impression d'être isolé, invisible, insignifiant, comme s'il n'était pas le personnage principal de la scène, mais le simple spectateur du duo devant lui. » : si vous avez senti l'autrice vous faire un gros clin d'œil métatextuel ici, vous avez bien lu hehehe Quoi, comment ça je suis déjà bien assez relou avec mes mentions à l'univers alternatif ? XD
Sinon, pour décrire la femme du tableau, je me suis inspirée d'un portrait peint par John Opie qui représente Mary Wollstonecraft, considérée comme la "mère" du féminisme britannique. L'idée n'est pas de suggérer qu'elle soit sorcière dans le monde d'HP (même si pourquoi pas), mais juste de rendre un petit hommage, quitte à avoir à faire la description d'une femme ! (Pour ceux qui ont lu Lovesick, non, il n'y a JAMAIS trop de références à Mary Wollstonecraft hahahahaha).
Sinon bis, Cormac est visiblement victime d'une malédiction l'amenant à être terrassé à chaque fin de soirée avec Slughorn... XD
Le prochain chapitre me demande une attention toute particulière, donc par souci de ne rien bâcler ni gâcher pour le reste de l'histoire, il sera posté mercredi prochain.
Réponse aux guests (update 09/07/21) :
Drou : Cormac, le comic relief qui morfle beaucoup hahaha Merci à toi !
Kelly : Motus et bouche cousue de ma part ;) *autrice qui sort le pop corn en lisant avec joie vos hypothèses*
