Je suis vraiment la pire... Je crois que je vais arrêter de donner des dates, et vous poster les chapitres au fur et à mesure que je les termine, parce que j'ai totalement perdu toute l'avance que j'avais dans la traduction... Ça va du coup être très compliqué de continuer à poster une fois par semaine... Merci en tout cas à vous pour tout le soutien que vous m'apportez, je ne continuerais pas à publier sans vous !
Warning : le thème du suicide est abordé dans ce chapitre.
Pendant de longues minutes, le seul bruit qui trouble le silence qui règne dans le salon est celui de la pluie tapant sur le toit. Tom pianote sur son téléphone, ordonne à ses collègues de faire un tour chez les Argent, même s'il doute que ça donne quoi que ce soit. Derek offre un verre d'eau à Victoria, qu'elle saisit fermement. Chris continue de tapoter la blessure avec une serviette, vérifiant occasionnellement si elle saigne encore. La plupart de la meute s'est retirée dans la cuisine, voulant éviter de se retrouver dans le chemin. Talia est toujours assise en face des Argent pendant que Peter est appuyé contre le mur.
Enfin, Victoria prend la parole. Son visage est figé dans une expression fermée. « Puis-je parler seule avec mon mari pendant quelques minutes ? »
Peter et Talia échangent un regard. « Bien sûr. », répond l'alpha, et les fait tous aller dans la cuisine. Manifestement, Victoria n'a pas pensé que, à moins de les faire sortir sous la pluie, tout le monde peut encore entendre chaque mot de ce qu'elle dit.
Ses premiers mots, en fait, sont : « Je ne vais pas faire ça. Et tu n'as aucun droit de m'y obliger. »
« Vicky - » Chris s'étrangle. « Vicky, s'il te plaît. Je sais que je t'ai fait des promesses, que l'on s'en ait faites mutuellement. Mais personne ne s'attend jamais à ce que ça se produise. Je ne peux pas te perdre. »
« Je ne ferai pas ça. », répète Victoria et les loups-garous dans la cuisine se balancent d'un pied sur l'autre, gênés. « Tu me connais mieux que ça. En tout cas, tu devrais. »
« Bon sang, Victoria. », s'exclame Chris, regagnant un peu de vie. « Tu veux que je fasse quoi ? Je m'en fiche, des promesses qu'on s'est faites quand on avait vingt ans. On est tous les deux plus vieux et, je l'espère, plus sages maintenant ! Être un loup-garou, ce n'est pas la fin du monde. Je ne vais pas rester debout là alors que tu te suicides ! Je vais dire quoi, à Allison ? Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Que j'appelle notre fille pour lui dire Coucou, chérie, j'espère que tu t'amuses bien à la fac, mais il faut que tu reviennes à la maison pour dire au revoir à ta mère qui préfère se tuer plutôt que d'avoir de la fourrure. ? »
« Tu simplifies trop les choses. », grince Victoria. « Tu ne peux pas résumer la lycanthropie à un petit problème de fourrure. »
« Et tu ne peux pas résumer ça à 'Pire que le suicide'. », rétorque Chris. Sa voix s'adoucit. « S'il te plaît, Vicky. S'il te plaît, essaie. Si c'est vraiment si horrible que ça, alors on pourra – on pourra réfléchir à d'autres options mais – attends quelques semaines. Ne me fais pas appeler Allison pour lui dire qu'elle a besoin de rentrer à la maison, pas pour ça. »
Victoria reste silencieuse une longue minute. « Très bien. », finit-elle par dire. « Pour Allison. »
Quand personne d'autre ne prend la parole, Talia retourne dans l'autre pièce. Elle ne dit rien, mais écarte la serviette pour s'assurer qu'elle ne saigne plus. Puis elle s'assoit en face d'eux sur la table basse. « Je vais être franche. Les deux premières semaines sont les pires. Alors ça ne serait pas sage de prendre une décision basée dessus. Les sens aiguisés peuvent être douloureux et difficiles à maîtriser. Émotionnellement - je n'en ai évidemment jamais fait l'expérience, mais chaque loup transformé de ma meute a décrit l'expérience comme des montagnes russes. Ça se calme après une semaine ou deux, mais ce n'est pas l'apprentissage le plus plaisant du monde. »
« Okay. », répond Chris en frottant l'épaule indemne de sa femme.
« Il faut une certaine dose de personnalité pour être un loup-garou. », continue Talia. « Ce n'est pas pour les faibles de cœur. Alors si vous ne pensez pas pouvoir gérer ça - »
« Je peux gérer ça. », la coupe Victoria, la voix glacée. C'est à ce moment que Stiles réalise que Talia l'a manipulée, l'a provoquée pour la convaincre de ne pas se suicider même si la transition est difficile.
Talia l'étudie une longue minute. « Très bien. Je suis d'accord pour que vous restiez. »
« Pas moi. », intervient Peter en quittant la cuisine pour revenir dans le salon. Aaron essaie de l'en empêcher mais Peter l'évite. Il soumet les deux Argent à un regard froid. « Pas maintenant, en tout cas. Talia, tu es enceinte et ça te rend vulnérable. Je n'ai pas confiance en ces gens. La sœur de Chris a tué la moitié de notre famille et nous n'avons que sa parole pour nous assurer qu'il ne savait pas ce qu'elle faisait. Je ne veux pas d'eux dans notre tanière et, en tant que Main Gauche, je te conseille fortement de leur montrer la porte. »
Talia hésite mais Chris lève une main. « Tout va bien. On s'en va. » Il déglutit difficilement. « Il a raison. Vous n'avez aucune raison de vouloir de nous. »
« Vous pouvez l'emmener au camp de réfugiés qu'ils ont bâti pour les victimes d'attaques. », dit Peter. « C'est à ça qu'il sert. »
« Peter... », dit Talia à mi-voix, mais Peter ne bouge pas.
« C'est – d'accord. », dit Chris. « Je sais – je suis désolé pour ce qu'a fait ma sœur. Vraiment. Je sais que ça ne change rien. Mais je suis désolé. » Il se lève et tend une main à sa femme. « Viens, Victoria. On s'en va. »
Peter les regarde en silence. Puis, abruptement : « D'accord. Ils peuvent rester. » Il se retourne et quitte la pièce, puis la maison, par la porte de derrière. Tom soupire, et il a l'air de vouloir le suivre avant de se souvenir qu'il pleut à torrents.
« C'était quoi, ça ? », demande Victoria.
« C'était Peter. », répond Talia, fatiguée. « Il voulait s'assurer de vos intentions. Si vous aviez une idée derrière la tête, vous auriez essayé de nous convaincre de vous héberger. Il voulait savoir ce que vous feriez s'il vous chassait d'ici. Pas seulement ce que vous diriez, mais aussi votre pouls et votre odeur. Mon frère protège sa famille par tous les moyens. » Elle expire. « Vous avez mangé ? »
« Pas encore, non. », dit Chris.
« Alors venez vous asseoir, dînez. », propose Talia. Elle regarde la porte de la cuisine et ajoute : « Il y aura assez, Stiles ? »
« Oh, ouais, j'en ai préparé une tonne. », répond-il.
« Okay. » Talia se lève et offre sa main à Victoria. Après quelques secondes, cette dernière la saisit.
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« Ça ! N'a ! Aucun ! Sens ! » Stiles abat une planche à découper sur le comptoir assez fort pour faire grimacer plusieurs loups-garous. La cuisine est presque vide. Aaron a emmené Chris et Victoria à l'étage il y a une demi-heure pour les installer dans l'ancienne chambre de Laura et Jonathan. L'agitation a donné une migraine à Talia et elle est allée se reposer dans sa chambre.
Ça laisse Stiles à la cuisine avec son père, Derek et Peter, qui est revenu trempé. Il est maintenant en sous-vêtements avec une serviette autour des épaules. Être presque nu ne semble pas le déranger, même s'il a fait remarquer plusieurs fois à Tom qu'il peut l'aider à se réchauffer, ce qui a fait glousser Stiles. L'adolescent leur a tous fait du thé et il coupe des fruits pour faire passer sa frustration.
« Pourquoi est-ce que Kali mordrait Victoria ? Il n'y a aucune logique ! », tempête Stiles en s'attaquant à un melon sans défense. « Ça ne colle pas avec les autres attaques. Elle n'a pas eu d'exposition antérieure à l'argent ou à l'aconit. Et je suis censé croire que c'est une coïncidence ? Qu'ils se sont attaqués à une Argent sans faire exprès ? Pas moyen ! Il se passe quoi ? »
« Stiles. », dit Tom après que Stiles ait sorti tout ça de son système. « On va finir par comprendre. »
Peter prend une gorgée de thé. « Trois raisons à une attaque incontrôlée. Folie. Accident. Contrôle. On peut déjà éliminer l'accident, alors il reste la folie ou le contrôle. »
« Tu sais, on n'y a pas vraiment pensé, mais Kali a perdu sa meute entière, non ? », pense Derek. « Qu'elle ait ou non perdu son compagnon, sa meute l'a abandonnée et s'est séparée après ce qui est arrivé avec Ennis. Je sais que ce n'est pas aussi traumatisant que la mort, mais ça reste traumatisant. »
Peter acquiesce. « Jennifer pourrait ou non utiliser la magie pour influencer les actions de Kali. Mais Kali a peut-être aussi un besoin résiduel de se créer des bêtas. Ça serait plus facile pour Jennifer si c'était le cas. Il suffirait de canaliser la folie de Kali dans la bonne direction. »
« Écoute, la grande différence, c'est que Kali a essayé d'emmener Victoria avec elle, après. », dit Tom. « Ça soutient la théorie de la folie. Généralement, les alphas incontrôlables essaient de ramener leur recrue dans leur tanière après l'attaque. Peut-être que Kali échappe au contrôle de Jennifer. »
« Ou alors, Jennifer sait que les Argent l'ont utilisée et ça l'a énervée. », contre Peter.
Stiles grimace. « Ce serait facile pour elle de s'en rendre compte. On a fait des descentes dans tous ses camps et il n'y a que peu de moyens d'avoir ces informations. »
« Si elle a compris que les Argent ont un lien avec nous, peut-être qu'elle a pensé que mordre et enlever Victoria lui donnerait un moyen de pression. », suggère Derek. « Comme ce qui se passait avec Ennis. »
« Possible. », acquiesce Peter. « Très probable. Et ça pourrait être un mélange de toutes ces raisons. Stiles, je m'interroge sur le timing de toutes ces attaques. Combien sont de Kali pour sûr, au final ? Et à quel point sont-elles espacées dans le temps ? »
« Euh... » Stiles pose son couteau et prend son téléphone, qu'il regarde pendant un long moment. « Okay. Il y a seize attaques que je peux presque à coup sûr lui attribuer. Sur une période de onze – non, dix ans, puisque Paige n'est pas impliquée, ça n'a commencé qu'en 2004. À peu près six mois après la mort de Paige. »
« Seize attaques en dix ans, ça en fait une tous les... sept, huit mois, c'est ça ? »
« Ouais, à peu près, mais je ne parierais pas ma main dessus. »
« Et à quand remonte la plus récente ? »
Stiles cherche dans son téléphone pendant encore une minute. « Si je n'en ai manqué aucune... 12 décembre de l'année dernière. »
« Il y a plus de dix mois, alors. », remarque Peter.
Tom l'observe. « Tu penses que ça commençait à la démanger ? »
« C'est une forte possibilité. », dit Peter. « Si tout cela a un rapport avec le besoin de Kali de créer une meute, alors Jennifer ne peut l'arrêter que pendant un certain temps. Et si Jennifer ne veut pas que Kali lutte contre sa magie, elle ne voudra pas trop la brusquer. Alors oui, c'est possible que Jennifer ait laissé Kali mordre Victoria parce qu'elle avait besoin de mordre quelqu'un. Et puis, il y a aussi le problème de l'accessibilité géographique. »
Derek grimace. « Elles sont ici. À Beacon Hills. »
« Oui. Ça fait un moment qu'on le sait. Elles surveillaient la maison des Stilinski ; elles m'ont emmené quelque part, même si je n'en ai aucun souvenir. Elles ont un quartier général ici. Elles pensent toujours que Stiles est la clé, alors elles ne partiront pas tant qu'il est là. »
C'est au tour de Tom de grimacer. « C'est l'heure de partir en vacances à Tombouctou. »
« Talia ne peut pas voyager pour le moment. », répond Peter d'un air absent, passant totalement à côté de la plaisanterie. « Il y a une autre raison pour laquelle elles auraient pu choisir Victoria. Ça n'a peut-être rien à voir avec le fait que Chris et Allison nous aient aidé à découvrir les secrets de Recherches pour un Remède. Victoria a décrit son assaillante comme une femme aux longs cheveux bruns et aux yeux rouges. La description correspond à Kali, mais elle correspond également à Talia. »
Derek écarquille les yeux. « Tu penses qu'elles essayaient de faire accuser maman ? »
« La querelle entre les Argent et les Hale est de longue date. Si elle ne sait pas qu'Allison fait partie de la meute, elle aurait pu essayer pour cette raison. » Peter prend une gorgée de thé. « On ne le saura peut-être pas avant longtemps. Elles ont eu raison d'attaquer par ce temps. La pluie efface les odeurs. On ne pourra pas les traquer. »
« Alors on fait quoi ? », demande Stiles.
« J'aimerais pouvoir me souvenir... » Peter fronce les sourcils. « Cet endroit où elles m'ont emmené. J'ai l'impression que je devrais m'en rappeler mais, à chaque fois que j'essaie, je - »
Il frissonne légèrement. Tom lui pose une main sur l'épaule. « Ne force pas. On va trouver quelque chose. »
Peter acquiesce et laisse échapper une petite respiration. « Peut-être que je peux aller voir demain dans la forêt si j'arrive à retrouver des souvenirs. », dit-il avant de se tourner vers Tom. « Si tu veux m'accompagner, bien sûr. »
« Évidemment. », répond Tom en déposant un baiser sur le sommet de son crâne.
« Ils sont trop choux ! », murmure Stiles. Trois personnes lèvent les yeux au ciel et il ricane derrière sa main.
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La pluie se calme dans la nuit, le temps est dégagé le lendemain matin, même s'il fait encore un peu froid. Stiles se réveille tôt et décide de descendre préparer le petit-déjeuner, même si ce n'est pas dimanche. Ça pourrait aider à détendre l'atmosphère.
À sa grande surprise, Victoria est déjà à la cuisine. Elle a une couverture autour des épaules et une expression malheureuse sur le visage. « Bonjour. », la salue Stiles. « Vous avez froid ? Les loups-garous sont plus sensibles aux changements de température. Vous voulez du thé ? »
Victoria lui lance un regard froid un long moment avant de hausser les épaules de manière presque imperceptible. « Du thé serait agréable. Merci. »
« Quel genre ? », demande Stiles. « On en a une vingtaine. »
« De l'Earl Grey ? »
« Pas de souci. » Stiles s'occupe de la théière et décide d'en faire un pot entier. Presque toute la meute aime l'Earl Grey. « Alors, euh, vous avez parlé à Allison ? Scott s'est fait mordre il y a deux ans, il serait l'expert pour vous dire comment gérer tous ces trucs. »
Victoria serre les lèvres, grimace. « Mon mari a envoyé un courriel à Allison cette nuit, mais il ne lui a pas dit ce qu'il s'est passé. Simplement que j'ai été blessée dans un accident. Elle a dit qu'elle rentrera ce week-end alors je la verrai, et je suppose que Scott viendra avec elle. »
« Ouaip, jamais l'un sans l'autre, ces deux-là. », remarque Stiles. Il hésite avant d'ajouter : « Allison est vraiment heureuse, vous savez ? Scott la rend heureuse. Et elle le rend heureux, aussi. »
« J'en ai conscience. », remarque Victoria.
« Mais vous n'aimez pas ça. », devine Stiles, et Victoria se contente de le fixer du regard. Stiles laisse échapper une respiration. « Pourquoi pas ? Je suis curieux, vraiment. Je veux dire, il y a quoi de si dramatique à être un loup-garou ? »
« Tu sais quoi, Stiles . Ça n'a pas d'importance. J'ai mes raisons de ne pas vouloir être un loup-garou. Le fait que tu sois d'accord avec ces raisons ou non est sans intérêt, parce que ça devrait être ma décision. » Ses mains se crispent sur le bord de la table, ses nouvelles griffes s'enfoncent dans le bois. « Mais cette décision m'a été arrachée. Tu n'as aucun droit de me questionner. »
« Je n'essayais pas de vous - », commence Stiles mais Victoria le coupe d'un grognement, les yeux dorés.
« Victoria. » La voix de Talia, qui provient du seuil de la cuisine, est calme mais porte toute son autorité. « S'il vous plaît, calmez-vous. »
Victoria laisse échapper une respiration tremblante avant de jeter un regard haineux à Talia. Elle sait qu'elle a besoin d'un alpha, mais il est clair qu'elle n'aime pas du tout le contrôle que Talia a sur elle. Stiles commence à croire que peut-être, Peter avait raison.
La théière commence à siffler et il sursaute, puis prépare le thé pendant de longues minutes. Il s'éclaircit la gorge. « Victoria, vous avez faim ? Vous voulez que je vous prépare quelque chose ? »
« Non, merci. », répond Victoria, raide.
« Eh bien moi, je suis affamée. », intervient Talia en s'installant sur sa chaise au bout de la table. « Et j'adorerais avoir ces pancakes au maïs que tu fais si bien. »
« Ça arrive tout de suite. » Stiles laisse infuser le thé et commence à fouiller dans les placards. Il est content d'avoir autre chose à faire que rester assis à les regarder. Derek descend quelques minutes plus tard en bâillant, les cheveux en bataille, alors Stiles se doit d'aller l'embrasser rapidement. Quand la première tournée de pancakes est terminée, Chris est là aussi. Il a l'air de ne pas avoir dormi de la nuit. Stiles commence à préparer des œufs brouillés pour aller avec les pancakes puisqu'apparemment, il va nourrir plus de monde que Talia.
« Tu travailles aujourd'hui, Der ? », demande-t-il en mettant des assiettes sur la table.
« Mm. », répond Derek, endormi sur sa tasse de thé. « Je dois m'occuper de pas mal de plantes. »
« Je n'ai qu'un cours aujourd'hui, alors peut-être que je viendrai t'aider. », dit Stiles. « Si tu peux me déposer à, euh, l'endroit où j'ai cours. »
« Bien sûr. »
« Sauf si tu as besoin de moi ici ? », demande Stiles à Talia.
« Non, ne t'en fais pas. »
Une demi-heure plus tard, ils sont en route pour le studio. Stiles profite de l'air sec d'automne alors qu'ils conduisent les fenêtres ouvertes. « Ça fait trop longtemps qu'on n'a pas baisé dans cette voiture. », remarque-t-il.
« Peut-être après le boulot. », répond Derek, amusé.
« Je ne veux pas rentrer à la maison. Cette femme m'effraie. Je veux dire elle... elle a des lasers à la place des yeux et elle nous hait tous, elle ne veut pas rester avec nous et ça me fout les miquettes. »
Derek grimace. « Oui, je ne suis pas très fan d'elle. Mais Chris a raison. Aucune autre meute ne voudra d'elle. Et tu parlais d'à quel point c'est dur pour les omégas, physiquement. Ce n'est pas sa faute, alors... »
« Je sais, elle est bouleversée et je comprends. », dit Stiles. « Mais on essaie de l'aider. Je crois que c'est juste qu'elle devrait... on n'est pas ses ennemis, tu sais. Mais elle nous traite quand même comme ça. »
« Eh bien, c'est comme elle nous a toujours traités. », répond Derek, pince-sans-rire. « Pourquoi changer maintenant ? »
« C'est vrai. Je repensais à cette histoire de remède. Tu sais ce que je ferais si j'étais vraiment la clé de toute cette histoire. Et je pensais, tu sais... au côté scientifique ? Je crois que ça pourrait être possible d'inverser les effets de la morsure, si on arrive assez vite. Genre, je ne sais pas si ça marcherait sur quelqu'un qui est un loup depuis longtemps, et certainement pas sur un loup de naissance. Mais genre, si la lycanthropie commence comme un virus, et que ça reste comme ça jusqu'à la prochaine pleine lune, peut-être qu'il y aurait une fenêtre de temps pour leur donner un antidote. »
« Peut-être. Ce serait logique. »
« Et je sais que tu penses que tout le monde devrait pouvoir être heureux en loup. Moi aussi, je le pense. Mais Victoria a raison, ce n'est pas à nous de décider. Il y a énormément de moyens de se renseigner, maintenant. S'ils ne veulent pas être un loup-garou, quelle que soit la raison, ils devraient pouvoir décider. »
« Oui, tu as raison. Mais souviens-toi qu'on parle d'une minorité de personnes. Les attaques sauvages sont très rares. »
« Oui, tout comme la progéria. », rétorque Stiles. « Pourtant, on continue d'essayer de la soigner. »
« C'est vrai. »
« En vrai, ce que je crois c'est que si c'était une vraie organisation qui s'occupait de ça, une en qui je pourrais avoir confiance, pas cette tarée de Jennifer Blake... Peut-être que je les aiderais. »
« Mais il y a encore le souci des tests qui sont impossibles. », fait remarquer Derek. « Surtout si tu essayes d'administrer l'antidote juste après la morsure. »
Stiles soupire. « Ouais. Tu as raison. C'est compliqué. »
« Continue d'y penser. », suggère Derek. « Quelque part, dans ce cerveau, il y a la solution. »
« Je parie que coucher ensemble dans ta voiture m'aiderait à y voir plus clair ! », dit Stiles avec sérieux.
« Sûrement. », renifle Derek en frottant le genou de Stiles. « Je vais voir ce que je peux faire. »
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Tom s'attendait à ce que Peter veuille s'en aller tout de suite, alors il est surpris de le voir rester à la maison la journée. Il fait ça de manière très voyante, il ne s'éloigne jamais de Talia. Malgré avoir donné son accord pour que Chris et Victoria restent, il n'en est pas très heureux. Victoria ne l'est clairement pas non plus. Chris, lui, semble avoir complètement abandonné. Que les Hale aient accepté de l'aider après tout ce qu'il s'est passé entre eux a chassé les derniers doutes qu'il pouvait avoir sur les loups-garous.
Une fois qu'Aaron est rentré et que Laura est là avec Jonathan et les enfants, Peter décide qu'il peut quitter Talia. Tom et lui partent dans la forêt jusqu'à l'endroit où Tom avait trouvé Peter. Tom prend sa main dans la sienne. Peter a l'air surpris, mais il emmêle ses doigts à ceux de Tom, et ils marchent en silence.
« Okay, c'est à peu près là où je t'ai trouvé. », dit Tom en regardant autour de lui. Le soleil ne se couche que dans une heure, alors ils voient encore bien. « Tu vois quelque chose de familier ? »
Peter lâche la main de Tom et fait le tour. « Non. »
« Eh bien, elles t'ont amené en voiture. », continue Tom. « Ce qui veut dire qu'il doit y avoir une route dans les environs. » Il sort son téléphone. « Rien sur la carte. Probablement une route locale. »
Peter acquiesce. Il a la tête levée, son nez frémit et ses yeux sont clairs et alertes. « Il n'y a pas de forte odeur d'essence, mais je crois... » Il recommence à marcher et Tom le suit. Une dizaine de minutes plus tard, ils arrivent à une route de terre.
Ils sont toujours enfoncés dans les bois et il n'y a pas de caméras de sécurité à des kilomètres à la ronde. Tom regarde autour de lui mais ne voit rien d'utile. « Tu peux sentir quelque chose ? »
« Pas ici. » Peter descend la route.
Tom continue derrière lui, cherche des empreintes de pas, de pneus, quoi que ce soit qui puisse indiquer où la voiture s'est arrêtée. Il voit des branches cassées. « Attends une seconde. » Il laisse Peter et avance vers sa découverte. Il soulève délicatement une branche et voit des traces de pas dans la terre molle dessous. « Ici ! », dit-il en faisant un geste à Peter. Ce sont des empreintes de baskets, probablement masculines. Peter le rejoint, regarde et pose délicatement son pied dans l'une des traces. Elle correspond parfaitement.
« Alors elles t'ont jeté ici. », résume Tom. « Tu as dû courir un moment avant de te calmer et m'appeler. »
« Mm. » Peter regarde la route là où la voiture a dû s'arrêter. Il s'agenouille, frotte la terre entre ses doigts. Il frissonne légèrement.
« Qu'est-ce qu'il y a, tout va bien ? »
« C'est juste que – l'odeur. Elle est familière. », dit Peter. Les mots sont brusques, cassés. « Comme – Je ne sais pas. J'essaie de m'en souvenir et tout ce à quoi je pense, c'est l'incendie, Olivia - »
« Hé. » Tom s'agenouille devant lui et pose ses mains sur les épaules de Peter. « Tout va bien, Peter. C'est terminé. »
« Je sais. » Peter laisse échapper une expiration tremblante. « Je sais... »
« On ne va pas trop insister, d'accord ? On a d'autres options. On surveille tous les mouvements d'argent de Blake. Chaque flic et tous les loups-garous sont à sa recherche, aussi. On la trouvera ; on a juste besoin de temps. » Il enlace Peter, tous deux encore au sol. « Allez, viens, je te ramène à la maison, d'accord ? »
Peter acquiesce. « D'accord. » Il tremble un peu en se relevant. « Je devrais y être habitué, à force. »
« Habitué à quoi ? », demande Tom.
Peter reste silencieux un moment. « À être brisé. »
Tom secoue la tête. « Tu n'es pas brisé, Peter. Tes contours sont un peu coupants. Tu es un peu usé. Mais tu n'es pas brisé. Tu es encore debout, et ça te rend plus costaud que tous ceux que je connais. »
Peter pouffe. « C'est un peu sentimental, non ? »
« Appelle-moi sentimental si tu veux. », dit Tom. « On m'a déjà qualifié de pire. » Il se penche et embrasse sa tempe. « Alors, on rentre à la maison pour dîner, ou non ? Mon gamin nous cuisine de la kielbasa ce soir. »
« Ça me va. », dit Peter, mais il regarde plusieurs fois par-dessus son épaule en suivant Tom.
