Voilà le chapitre 2, une peu plus tôt que prévu, mais après un petit calcul, 20 semaines pour publier la première partie, ça fait long. Donc J'essaierais de publier deux chaptires par semaine.

Disclaimer : Les personnages que vous connaissez déjà sont la propriété de JK Rowling, et je ne gagne pas le moindre pesos avec cette fic. Les persos que vous ne connaissez pas, y a de fortes chances que ce soient de OC, auxquel cas il sont à moi.


2

La lettre d'admission

Onze années avaient largement passé, et l'été pointait le bout de son nez. Chez les Wright, les meubles, murs et étagères s'étaient vus assaillis par nombre de photos sur lesquelles on pouvait voir Heather grandir, jouer au football avec son père, apprendre ses leçons avec sa mère, s'amuser à ses anniversaires avec ses amies. Participer à ces fêtes scolaires où on fait jouer des pièces aux enfants en les déguisant en fleurs ou en animaux. Elle avait été particulièrement mignonne à huit ans, déguisée en chat.

Heather était une petite fille pleine de vie, qui faisait le bonheur de ses parents. Mais elle disait parfois des choses un peu bizarres. Elle racontait souvent que lorsqu'elle jouait seule, ses poupées bougeaient d'elles mêmes, lui parlaient et la faisait rire. Elle racontait aussi des rêves qu'elle faisait où elle était dans les bras d'un monsieur immense qui conduisait une moto volante. Elle chantait des chansons que personne ne connaissait et qui parlaient de créatures fabuleuses. Au début, les Wright avaient simplement pensé qu'elle avait beaucoup d'imagination, mais lorsque les discussions sur ces sujets s'approfondissaient, elles n'en démordait pas et semblait croire dur comme fer que tout ça était réel, qu'elle n'avait rien inventé. Une fois, une discussion de ce genre avait été si houleuse, que Mr Wright avait même envisagé de la faire consulter un psychanalyste. Mais ce fut avant qu'un nouvel événement se produise, mettant les Wright vraiment mal à l'aise. C'était un mercredi après-midi comme les autres, et Heather était allée jouer avec des amies. Elles sautaient à l'élastique sur le trottoir quand un énorme chien arriva d'on ne sait où et se mit à leur grogner et leur aboyer après. Les fillettes étaient terrorisées. Les Hanson, les parents d'une des amies de Heather, et les Wright se précipitèrent en voyant ce qu'il se passait. Tout le monde avait pu se rendre compte que ce chien semblait fou furieux et n'hésiterait pas à s'attaquer aux fillettes. Pourtant, avant même qu'un seul adulte ne puisse intervenir, Heather était assise à côté du molosse et le caressait en riant tandis qu'il la léchait affectueusement.
- Heather ! cria Mr Wright. Éloigne-toi de ce chien !
- Tout va bien papa ! Il est gentil maintenant.
- C'est incroyable, intervint Mrs Hanson. J'aurais juré qu'il était enragé. Comment peut-il être redevenu si doux ?
- Heather ? appela Mrs Wright. Tu peux nous dire comment tu as fait pour que le chien arrête de grogner et d'aboyer ?
- Je le lui ai demandé ! répondit simplement Heather.
- C'est pas vrai ! lança Margot, une des trois autres fillettes. T'as même pas parlé.
- Je lui ai demandé dans sa tête. J'avais déjà fait ça une fois. Si je veux vraiment qu'un animal fasse quelque chose, je le lui ordonne dans ma tête et il obéit.
Tout le monde trouva ça étrange, les Wright les premiers. Mais les faits étaient là. Ils ne pouvaient nier ce qu'ils avaient tous vu.

Après cette histoire, la petite Margot n'adressa plus jamais la parole à Heather, et les deux autres fillettes avaient éprouvé quelques temps des difficultés à faire comme si de rien n'était. Mais leur amitié pour Heather effaça bien vite l'incident. Les parents d'Heather eux, se mirent à reconsidérer sous un nouvel angle toutes les choses farfelues que pouvaient leur raconter leur fille. Ils ne pouvaient s'empêcher, contre toute logique rationnelle, de se demander "Et si elle disait la vérité ?"

Mais ces quelques rares moments de malaise n'étaient rien en comparaison des années de bonheur qu'avaient connues les Wright. Et ça faisait d'ailleurs plus d'un an qu'il n'était rien arrivé de ce genre. C'était même étrange, car tout ceci semblait s'être arrêté assez brusquement et ils en venaient presque à se demander si Heather n'avait pas senti que toutes ces choses étranges ou fabuleuses qu'elle racontait ne les mettaient pas mal à l'aise.

En fait, bien sûr qu'Heather avait fini par se rendre compte qu'elle vivait des choses que les autres enfants ne vivaient pas. Et elle avait aussi compris que le mentionner semblait inquiéter ses parents. Elle n'avait d'abord pas compris pourquoi. Tout ça lui semblait si merveilleux à elle. Mais finalement, elle avait pris peur. Peur que ses parents ne l'aiment plus si elle devenait vraiment trop bizarre. Alors elle avait décidé de garder toutes ces choses-là pour elle. Elle fredonnait toujours cette chanson bizarre qui parlait d'une sorcière amoureuse d'un loup-garou, mais elle ne le faisait plus que dans sa tête, ou quand elle était toute seule.

Et puis arriva la fin de sa dernière année de primaire. Le soleil brillait fort depuis une dizaine de jours et il faisait déjà chaud. Nous étions un dimanche et toute la famille s'était levée au compte-goutte : Mr Wright d'abord, réveillé par Sirius le berge belge groenendael que Heather avait insisté pour adopter après l'avoir empêché de se jeter sur ses amies. Puis Mrs Wright, réveillée par le retour de son mari de la promenade du chien. Enfin Heather ne s'éveilla que vers neuf heures.
Ce fut alors que Heather prenait son petit déjeuner tandis que ses parents se partageaient le journal que Mr Wright était allé acheter au kiosque le plus proche que quelqu'un toqua à la porte.

Les Wright furent surpris quelques secondes, ils n'attendaient personne. Puis Mrs Wright alla ouvrir. C'était peut-être une des amies de Heather qui venait voir si leur fille voulait venir jouer. Mais en ouvrant la porte, Mrs Wright ne se retrouva pas du tout devant une petite fille. C'était une femme assez grande aux cheveux bruns tirés en chignon et portant des lunettes à montures rectangulaires. Elle portait une robe sobre descendant jusqu'aux pieds et couvraient ses épaules d'un tartan écossais malgré la chaleur.
- Bonjour, je me présente : professeur Minerva McGonagall, vous êtes sans doute Mrs Wright ?
- Oui, c'est bien moi, répondit Mrs Wright un peu surprise de cette entrée en matière.
- Bien ! Veuillez pardonner cette visite impromptue, mais j'aimerais m'entretenir avec vous et votre mari à propos de votre fille Heather. Bien sûr, si présentement, je dérange. Je peux vous proposer de repasser à un autre moment de la semaine, néanmoins, je pense qu'il faudrait que nous ayons cette entrevue au plus tôt.
- Euh… Mais y a-t-il quelque chose de grave avec notre fille ?
- De grave, non, soyez rassurée. Mais d'important sans nul doute. En fait, je représente une école privée et nous avons eu vent de certaines dispositions d'Heather qui nous intéressent tout particulièrement…
Au nom d'école privée, Mrs Wright sentit subitement une certaine euphorie l'envahir. Si sa fille avait la chance d'intégrer une école privée, il ne fallait pas passer à côté de l'occasion.
- … et donc si vous vouliez bien me permettre d'entrer, ou du moins m'indiquer une date ultérieure pour que l'on…
- Oh non ! Ca ira très bien ! Entrez je vous prie !
Elle laissa entrer le professeur McGonagall et l'entraîna à sa suite jusqu'à la cuisine.
- Oh ! Et ne vous formalisez pas de la tenue de Heather, elle vient juste de se réveiller, dit-elle avant d'arriver dans la cuisine.
- Qui est-ce chérie ? demanda Mr Wright en voyant qu'une personne suivait sa femme.
- Heather, John, voici le professeur McGonagall, qui est enseignante dans une école privée, et qui apparemment serait intéressée par le fait de compter Heather parmi ses élèves l'année prochaine.
Eléonore avait des étoiles dans les yeux et souriait en annonçant la nouvelle. John, lui, semblait sceptique, et Heather était plutôt surprise, sans qu'on puisse dire si c'était en bien ou en mal. Sirius aboya après la nouvelle venue mais Mr Wright le fit taire.

- Hum ! intervint le professeur McGonagall. En fait, et avant toute chose, je dois vous dire une chose importante concernant Heather. Une chose qui va sans doute vous surprendre.
Elle marqua une légère pause, le temps de chercher la meilleure manière de présenter les choses.
- Vous avez peut-être constaté chez Heather ou autour d'elle des évènements, ou un comportement un peu spécial.
Heather se mit alors à trembler. On avait parlé de son côté bizarre, et maintenant cette personne venait pour la faire mettre dans un asile de fous. John et Eléonore furent eux aussi rendus muets par l'appréhension.
- Je vois à votre réaction que vous savez de quoi je parle. D'abord, je tiens à vous rassurer. Votre fille n'a aucun problème d'ordre mental. Elles possède simplement certains dons.
- Des dons ? demanda Mr Wright. Quels genre de dons ?
- Et bien voyez-vous, votre fille est une… le professeur hésita à prononcer le dernier mot de sa phrase. … c'est une sorcière.
Devant la réaction des Wright, notamment celle du père, McGonagall compris qu'elle devait immédiatement clarifier la situation.
- Cela n'a rien d'une insulte ! C'est juste un état de fait. Voyez-vous, la magie existe. Celle dont on parle dans les contes de fées, s'entend, je ne vous parle pas des tours de passe-passe que réalisent certains artistes de cabarets, mais la vraie magie existe bel et bien. Et certaines personnes sont capable de s'en servir. Et votre fille est l'une de ses personnes.
- C'est ridicule ! laissa échapper, sans le vouloir, Mrs Wright.
- Je conçois que la chose ne soit pas facile à accepter. Mais repensez à ces évènements étranges qui vous ont coupé la parole tantôt. Et si cela ne suffit pas à vous convaincre, je pourrais… vous faire une petite démonstration, dit le professeur en tirant de sa poche une baguette de bois d'une vingtaine de centimètres qu'elle dirigea vers le bol de céréales de Heather. Emys orbicularis transmutat !

D'un coup, le bol devant la petite fille se changea en tortue sous les yeux éberlués de toute la famille Wright.
- Ouah ! Et je peux faire la même chose moi ? demanda Heather tout a fait fascinée.
- Pas encore je le crains, Ms Wright, répondit le professeur McGonagall. Pour arriver à pratiquer des métamorphoses de ce niveau, il vous faudra attendre votre troisième ou quatrième année.
D'un coup de baguette, elle redonna au bol son aspect premier.
- J'ai… hésita Mr Wright. J'ai beau l'avoir vu, j'ai encore du mal à y croire.
- Je conçois que ça puisse faire un choc répondit le professeur McGonagall d'un ton docte. Voyez vous, la plupart du temps, les enfants qui ont des pouvoirs magiques ont au moins un parent sorcier. Néanmoins, il y a chaque année un certain pourcentage d'enfants nés de parents moldus – c'est ainsi que nous désignons les personnes sans pouvoir magique – qui sont pourtant des sorciers. Le collège de Poudlard enseigne à tous les enfants sorciers, quelle que soit leur origine, à développer et contrôler leur pouvoirs. Car la magie, comme n'importe quel pouvoir, peut s'avérer dangereux si elle est mal utilisée. D'abord pour son utilisateur. Imaginez que vos voisins apprennent que votre fille est une sorcière parce que ses pouvoirs se seront manifestés de façon incontrôlée. Que croyez-vous que serait leur réaction ? Et elle peut aussi être dangereuse pour les cibles sur lesquelles elle est appliqué. Un sortilège propre est facile à annulé, mais un sortilège mal maîtrisé peut avoir de graves conséquences.
- D'accord ! coupa Mrs Wright. J'ai bien compris l'importance que Heather aille dans votre école. Mais est-ce que cela veut dire… Enfin, si les personnes non magiques n'ont plus entendu parler de sorciers depuis des décennies, je suppose que c'est parce que vous vous cachez de nous. Ce que je peux comprendre, notez bien.
- Effectivement, nous faisons en sorte que les moldus ignorent notre existence, et ce pour diverses raisons de sécurité.
- Mais… reprit Mrs Wright. Est-ce que cela veut dire que si Heather entre dans le monde des sorciers, nous ne la reverrons plus ?
- Oh ! Non ! Bien sûr que non. Comprenez, nous nous cachons, mais cela ne nous empêche pas de vivre parmi les moldus. Quand à Heather, certes vous serez séparés au cours de l'année scolaire. Poudlard est une école qui ne fonctionne qu'en pension complète. Mais vous vous retrouverez à chaque période de vacances, c'est à dire pour les fêtes de fin d'année, pour les vacances de printemps, et bien sûr les vacances d'été. Et une fois qu'elle aura fini sa scolarité à Poudlard, libre à Heather de choisir entre continuer à vivre dans le monde magique, ou choisir un métier moldu.
Mrs Wright ne répondit rien mais poussa un soupir de soulagement.
- Bien ! reprit le professeur McGonagall. Je vais maintenant devoir vous laisser. J'ai encore deux autres familles à voir, et des copies à corriger. Heather. Voici ta lettre d'admission. Prenez le temps de réfléchir à tête reposée à tout ce que je vous ai dit.
Elle se leva et Mrs Wright la raccompagna à la porte. Elle salua toute la famille y compris le chien Sirius qui l'ignora superbement.

Toute la famille était encore sous le coup de la nouvelle en reprenant place à table. Heather termina difficilement son bol de céréales, repensant que quelques minutes plus tôt, ça avait été une tortue. Elle allait se lever quand sa mère lui dit quelque chose qu'elle n'aurait sans doute pas dit si elle avait su ce que cela impliquerait.
- Tu n'ouvres pas ta lettre ma puce ?
Heather décolla soigneusement le cachet de cire qui scellait l'enveloppe et qui représentait un lion, un serpent, un aigle et un blaireau en fond derrière la lettre "P". Elle sortit la lettre et lu à haute voix.

COLLÈGE POUDLARD, ÉCOLE DE SORCELLERIE

Directeur : Albus Dumbledore
Commandeur du Grand Ordre de Merlin
Docteur ès sorcellerie, Manitou suprême de la Confédération internationale des mages et Sorciers.

Chère Ms Wright,

Nous avons le plaisir de vous informer que vous bénéficiez d'ores et déjà d'une inscription au collège Poudlard pour l'année scolaire 1993-1994. Nous vous prions de nous adresser au plus tôt votre décision quand à savoir si vous acceptez ou non cette inscription à l'adresse suivante :

Collège Poudlard
Pertshire
Ecosse

Dans tous les cas, vous trouverez ci-joint la liste des ouvrages et fournitures nécessaires au bon fonctionnement de votre scolarité, ainsi que le billet de train qui vous conduira jusqu'à Poudlard.
Veuillez croire, chère Ms Wright, en l'expression de nos sentiments distingués.

Minerva McGonagall
Directrice-adjoint

Heather ne s'en était pas rendue compte, mais à la lecture de la deuxième ligne de la lettre, ses parents avaient pâli. Il leur avait fallu presque tout le temps qu'elle avait mis pour finir la lecture afin de retrouver une contenance.

- Ca a l'air vraiment cool ! fit Heather. J'ai vraiment envie d'y aller !
- Et bien… Nous allons faire comme nous l'a conseillé le professeur McGonagall et prendre le temps d'y réfléchir à tête reposée mon ange, répondit Mr Wright. Allez ! File ! Il fait beau dehors va donc profiter de ce dimanche… Mais ne parle pas de tout ça a tes amis. Tu as entendu ce qu'a dit le professeur.
Heather acquiesça et monta dans sa chambre s'habiller pour aller jouer dehors. Une fois qu'elle fut sortie, Ses parents se rendirent aussitôt dans leur chambre.
- C'est pas possible chéri ! On ne peut pas la laisser aller là-bas ! dit Mrs Wright avec un soupçon de panique dans la voix.
- Calme-toi ! répondit Mr Wright. Un refus trop catégorique ne ferait qu'attirer l'attention de Heather, et probablement aussi la leur.
- Mais tu as entendu ! protesta-t-elle. Albus Dumbledore, John ! Albus Dumbledore !
- Oui j'ai très bien entendu ! répliqua-t-il. Mais selon toute vraisemblance, ils ignorent qui elle est, et il n'y a pas lieu qu'ils puissent ne serait-ce que s'en douter, même si elle passait l'année dans cette école !
- Oh John ! gémit-elle. J'ai tellement peur qu'ils nous l'enlèvent ! Je ne l'ai peut-être pas mise au monde, mais c'est ma fille !
-Je sais chérie ! Je sais ! dit-il en la prenant dans ses bras et en déposant des baisers sur sa tête. C'est pareil pour moi.