10
Le quatrième champion
Toute la salle, et Heather la première, tourna la tête vers Harry. Il semblait aussi estomaqué qu'elle. Soit c'était un excellent acteur, soit il ignorait que son nom se trouvait dans la Coupe.
Cette fois, il n'y eut pas le moindre applaudissement. Mais des murmures, comme un bourdonnement de colère s'éleva peu à peu. Certains élèves s'étaient levés pour mieux voir Harry qui restait figé sur sa chaise. Le professeur McGonagall se leva et alla murmurer quelque chose à l'oreille de Dumbledore qui fronça les sourcils. Harry sembla finalement réagir. Il ne parla pas fort, mais comme rien de plus que des murmures ne s'élevaient dans la salle, Heather pu l'entendre dire à Ron et Hermione :
- Je n'ai pas mis mon nom dans la Coupe ! Je n'ai rien fait, vous le savez bien.
Ron et Hermione étaient aussi stupéfaits que Harry.
- Harry Potter ! répéta Dumbledore. Harry ! Venez ici, s'il vous plaît !
Hermione lui murmura quelque chose, sans doute d'obéir, en le poussant légèrement. Harry se leva, trébucha légèrement, puis s'avança entre les tables de Gryffondor et Poufsouffle. Il tremblait comme une feuille. Les murmures se firent plus nombreux, et étaient nettement virulents.
- Dans la pièce voisine, Harry, dit Dumbledore d'un ton froid.
Quand il eût passé la porte, des exclamations montèrent simultanément des tables de Serdaigle, Poufsouffle et Serpentard ainsi que de la table des professeurs. Heather ne put comprendre une phrase parmi tant d'autres, mais l'idée générale était que tout le monde était indigné : les élèves de Beauxbâtons et de Durmstrang à l'idée que Poudlard fasse concourir deux champions, les élèves de Poufsouffle que Gryffondor tente de leur voler la gloire d'avoir un champion du Tournoi parmi eux, les Serpentard et les Serdaigle que Potter ait triché et contourné la limite d'âge. D'ailleurs, même s'ils prenaient cela avec le sourire, plusieurs Gryffondor le firent également remarquer, mais pour ajouter derrière qu'il aurait pu en faire profiter les autres, s'il avait trouvé le moyen de passer la limite d'âge. Très vite, des mots furent lancés entre les élèves de Gryffondor et les autres. Dumbledore fit alors à nouveau preuve de son charisme qui avait déjà surpris Heather à plusieurs reprises.
- Silence ! ordonna-t-il. Madame Maxime, professeur Karkaroff. Croyez bien que le corps enseignant de Poudlard n'est pour rien dans cette histoire. Histoire que nous allons tirer au clair le plus vite possible. Messieurs Verpey et Croupton vont nous accompagner dans la pièce voisine et nous essaierons de comprendre et de rétablir la situation. Mais pas ici ! Quand à vous tous, mes chers élèves, je vous demande de garder le calme et de retourner à vos salles communes en silence. Les directeurs de maison vous surveilleront en chemin.
- Professeur Dumbledore, si vous le permettez j'aimerais venir avec vous pour essayer de comprendre comment Potter s'est retrouvé mêlé à cette histoire, déclama froidement le professeur Rogue.
- Je veux venir aussi ! Je ne peux croire que Potter ait fait une telle chose ! s'emporta le professeur McGonagall.
- Bien ! Bien ! tempéra Dumbledore. Hagrid, vous voudrez bien vous charger des Gryffondor ?
- Oui monsieur ! répondit ce dernier.
- Et vous professeur Sinistra, vous vous chargerez des élèves de Serpentard ?
- Bien sûr ! répondit le professeur d'astronomie.
- Bien. Alastor, j'aimerais que vous veilliez à ce que nos invités regagnent leurs quartiers sans heurt et que vous veniez ensuite nous rejoindre dès que possible.
- C'est bien ce que je comptais faire, grogna le professeur Maugrey.
- Bien, si vous voulez me suivre ! dit le professeur Dumbledore aux autres juges du tournoi avant de se précipiter sans plus de cérémonie dans la pièce adjacente.
Sous l'œil inquiet de Hagrid, les élèves de Gryffondor se mirent en marche immédiatement après que le professeur Maugrey ait fait sortir les élèves de Durmstrang et de Beauxbâtons. Ils se dirigèrent d'un pas rapide vers la salle commune de Gryffondor.
- Bien ! fit Hagrid. Euh… vous restez bien sagement ici. Les préfets je vous fais confiance pour surveiller les autres. Moi je retourne en bas.
Il referma le tableau de la Grosse Dame. Aussitôt fut-il parti qu'il y eut des éclats de voix derrière Heather.
- On a un champion ! Je le crois pas !
Apparemment, les jumeaux Weasley n'étaient pas rancuniers et avec l'appui de leur ami Lee Jordan, démarrèrent une fête. Un élève de septième année, qui devait être préfet d'ailleurs, fit apparaître une banderole où était écrit : "Vive Harry Potter, notre champion".
- J'arrive pas à le croire ! dit Romilda Vane en se dirigeant vers Heather. Il est sacrément culotté ce Potter !
Heather crut d'abord à une critique, mais quand elle vit l'étincelle au fond des yeux de sa camarade, elle comprit qu'il s'agissait plutôt de… convoitise. Et les paroles suivantes la confirmèrent dans cette idée.
- J'aime bien ce genre de garçon ! Ceux qui savent où ils veulent aller et se donnent tous les moyens pour y parvenir ! Tu crois que tu pourrais nous présenter. Tu es amie avec lui, non ?
- Euh… je sais pas…
- Allez ! supplièrent en chœur Romilda, Lucy et Kate.
- On verra ! Le problème c'est qu'on s'est pas beaucoup parlés depuis la rentrée et…
- Et bien ça te fera une bonne occasion d'aller le voir ! insista Romilda.
Heather ne vit pas en quoi c'était une bonne occasion. Personnellement, elle pensait que si quelqu'un qui ne lui a pas parlé depuis des mois venait la voir juste pour lui présenter des amis, elle les enverrait tous se faire voir ailleurs.
- D'accord ! J'essaierai de voir ça ! souffla-t-elle devant l'insistance de ses amies.
Quelques minutes plus tard, le portrait de la Grosse Dame, pivota. Aussitôt, la dizaine d'élèves de Gryffondor qui traînaient près de l'entrée de la salle commune agrippèrent Harry et le tirèrent à l'intérieur. Sous les vivats et les applaudissements, Harry avançait et fut assailli très vite par la quasi-totalité de l'équipe de Quidditch. Heather l'observa bien. Il n'était visiblement pas à son aise. Il repoussait les gâteaux et autres gourmandises qu'on lui proposait. Heather essaya de s'approcher. Un élève de cinquième année, un préfet, était en pleine discussion avec lui.
- Allez ? Tu peux le dire, personne ne te dénoncera ! On est trop content d'avoir un champion.
- Mais je vous assure ! Ce n'est pas moi qui ai mis mon nom ! Et je n'ai demandé à personne de le faire à ma place !
- Allez arrêtez ! lança Fred Weasley. Si Harry veut garder secret ce qui lui a permis de réaliser ce coup de maître, c'est son droit ! Après tout, on ne dit pas à tout le monde les secrets de nos petites farces sur ces chers Serpentard !
Harry baissa la tête, dépité. Par la suite, il essaya à plusieurs reprises de s'esquiver dans sa chambre, mais à chaque fois qu'il approchait de l'escalier, quelqu'un venait le ramener au cœur de la grande salle. Au bout de la quatrième tentative infructueuse, Heather décida d'aller l'aider.
- Salut Harry.
- Oh, s'il te plaît Heather, tu vas pas t'y mettre toi aussi.
- Non, je voulais… enfin si t'as envie de monter te coucher… je peux peut-être t'y aider ?
- Ah bon ! Et comment ?
- Viens ! fit-elle en lui prenant le bras droit, se serrant contre lui.
Elle le tira vers l'escalier menant aux dortoirs des garçons.
- Hey Harry ! lança Lee Jordan. Tu vas pas nous faire faux bond !
- Tu permets ! répliqua Heather sur un ton décidé. On a des trucs à se dire en privé !
- Oh ! Ca va ! dit Lee en levant les deux mains en signe de paix. Pas la peine de sortir les crocs !
Et ainsi les deux adolescents purent gravir un premier étage, atténuant déjà les bruits de la fête.
- Voilà, fit Heather. Tu vois, c'était pas bien compliqué.
- Euh… merci… dit Harry un peu embarrassé.
- Pas de quoi ! J'ai bien vu que t'étais pas à l'aise. Est-ce que les professeurs ont une idée de qui a bien pu mettre ton nom dans la Coupe ?
- Alors tu me crois quand je dis que ce n'est pas moi ?
- Bien sûr ! fit Heather. Il n'y avait qu'à voir ta tête quand Dumbledore t'a appelé. Quelqu'un qui se serait attendu à être appelé n'aurait jamais pu réagir ainsi… ou alors, c'est que t'es un sacrément bon acteur ! conclut-elle d'un ton moins sérieux.
Harry eut un petit rire.
- Merci en tout cas pour ton aide ! Je suis content de voir que tu n'es pas fâchée contre moi.
- Pourquoi je serais fâchée ? demanda Heather.
- Ben… depuis la rentrée, tu m'évites. Alors je me suis dit que j'avais dû faire quelque chose qui t'aurais déplu.
- Non ! Je t'assure… c'est juste que… enfin j'avais d'autres choses en tête !
- Bon ! Je te laisse. Ron doit m'attendre dans la chambre.
- D'accord ! Bonne nuit Harry !
- Bonne nuit Heather !
Et Heather redescendit dans la salle commune. Elle siffla et expliqua que leur champion était fatigué et qu'il était allé se coucher. Que par conséquent la fête était finie, et que si quelqu'un avait le malheur de déranger Harry avant le lendemain, il aurait affaire à elle. Puis elle traversa la salle et descendit l'escalier menant à sa chambre. A peine s'était-elle laissée tomber sur le lit que Romilda, Lucy et Kate entrèrent telles des furies dans la pièce.
- Dis-donc ! Faut pas te gêner ! lança Romilda.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Heather.
- Tu peux nous dire à quoi tu joues avec Harry ? demanda Kate d'un ton accusateur.
- Mais à rien, je voulais juste l'aider à quitter la fête ! expliqua Heather.
- Ah ouais, et pourquoi tu t'es sentie obligée de faire cette annonce ensuite ? demanda Romilda.
- Parce que je me doutais bien que les jumeaux ou Lee Jordan seraient tentés d'aller le chercher pour continuer la fête si je ne disais rien, et qu'il a besoin d'un peu de calme pour l'instant.
- Oui… mais… commença Lucy, un peu moins virulente que les deux autres. Est-ce que… enfin… tu te soucies beaucoup de lui. Est-ce que tu l'aimes ?
Le visage d'Heather se fendit d'un sourire.
- Bien sûr que je l'aime !
Les trois autres semblèrent accuser le coup.
- Et… Et lui, hésita Romilda. Est-ce qu'il t'aime aussi ?
- Ca je ne sais pas… j'espère que oui ! dit Heather, prenant un plaisir sadique à voir les visages des trois filles se décomposer. Mais si ça peut vous rassurer… je ne suis pas amoureuse de lui. C'est juste un très bon ami !
Les trois filles retrouvèrent un regard plein d'espoir.
- C'est sûr ? demanda Romilda. Tu ne vas pas changer d'avis ?
- Non, mais… vous êtes quand même bizarres. Pourquoi n'aurais-je pas le droit d'être amoureuse de lui ?
- Oh c'est pas ça ! se défendit aussitôt Romilda. C'est juste que… ben il nous plaît bien à nous…
- Oui, mais vous êtes trois ! mettons que l'une de vous devienne sa petite amie, comment vont réagir les deux autres ?
- Ben c'est que… marmonna Lucy.
- Vous n'y avez même pas songé, c'est ça ?
Les trois amies de Heather ne répondirent rien, ce n'était de toute façon pas nécessaire.
- Bon, et bien sur ce, je vais vous laisser réfléchir au problème et me coucher ! Bonne nuit !
- Bonne nuit Heather ! firent les trois filles, penaudes.
Le lendemain matin, après s'être installée à la table du petit déjeuner, Heather parcourut les quatre tables du regard. A celle de Gryffondor, Ron Weasley mangeait seul et était visiblement de mauvaise humeur. A celle des Poufsouffle, elle croisa le regard de Rebecca et lui fit un petit signe de la main et un sourire. Rebecca s'essuya la bouche aussitôt, se leva, et quitta le réfectoire. Étonnée, Heather reporta un regard interrogatif vers Ceridwen, à la table de Serdaigle, qui détourna les yeux comme pour lui dire de ne pas chercher à comprendre. Enfin, à la table de Serpentard, Abigail la fixait avec une humeur comparable à celle de Ron. Puis, elle se leva et quitta également la pièce. Dès qu'elle vit Ceridwen se lever également, Heather abandonna son assiette d'œufs au bacon et se précipita pour la rattraper avant qu'elle ne passe la porte.
- Ceri ! Attends ! Tu peux me dire ce qu'elles ont, Becky et Abby ?
- Oh… elles sont juste un peu bêtes. Viens !
Dans le hall, Abigail attendait les deux autres, assise sur la première marche de l'escalier de marbre.
- Ah ! Alors ! Vous avez fait la fête hier soir à Gryffondor, je suppose ? lança la Serpentard.
- Euh, oui mais…
- Il était content de lui ton frère ? reprit Abigail, d'un ton agressif.
- Écoute, ce n'est pas ce que tu crois ! Ce n'est pas lui qui a mis son nom dans la Coupe !
- Plaît-il ?
- Je t'assure ! Il n'a pas triché ! C'est quelqu'un d'autre qui l'a fait !
- Mais bien sûr ! C'est évident ! Pourquoi mettre son nom dans la Coupe quand on peut mettre celui de Potter !
- Bon ! Ca suffit ! lança Heather, excédée par l'attitude de son amie. Si tu me disais ce que tu as vraiment ! Parce que c'est pas contre Harry que t'es fâchée… C'est moi que tu agresses là !
- Bien sûr ! Quand ton cher grand frère est venu te dire qu'il cherchait à tricher pour participer, je suppose que tu t'es empressée de lui apporter ton aide ! On a bien vu l'année dernière qu'il était loin d'être le cerveau de la fine équipe Potter – Weasley – Granger. Et comme Granger n'aurait jamais accepté de l'aider. Il n'y a que toi qui aies pu !
- Mais c'est n'importe quoi ! Il n'a PAS triché ! Vous n'avez pas vu sa tête hier ? Il était aussi surpris que le reste des élèves !
- Il a très bien pu jouer la comédie, dit Ceridwen.
- Alors toi aussi tu penses qu'il a triché ?
- Ben, il faut voir les choses en face. Pour que la Coupe désigne quatre personnes, il a fallu qu'il triche, puisqu'elle n'est censée en désigner que trois. Cela dit, Abby, si quelqu'un l'a aidé, ce serait plutôt les jumeaux Weasley.
- Non, j'en doute ! Ils auraient plutôt utilisé le truc pour eux ! Je suis sûre que c'est toi Heather qui l'a aidé ! Et franchement, je trouve que c'est dégueulasse de ne pas nous en avoir parlé !
- Bon et bien puisque tu le prends comme ça, je crois qu'on n'a plus rien à se dire ! Mais tu réfléchiras à ça : tous les élèves de Poudlard ne sont pas pourris jusqu'à la moelle ! Ca, c'est l'apanage des Serpentard !
Tout se passa très vite, un sifflement, une main qui claque contre une joue, et Abigail courut dans les escaliers menant aux cachots, au bord des larmes.
- Tu crois pas que t'y as été un peu fort avec elle ? demanda Ceridwen.
- Moi j'y suis allée fort ? s'indigna Heather. C'est pas moi qui l'ai giflée ! Et puis Becky, qu'est-ce qu'elle a ? Elle aussi elle croit que j'ai aidé Harry à tricher !
- Non, elle, c'est… enfin comprends-la ! C'est tellement rare que Poufsouffle soit mis en avant, et voilà que quelques minutes après leur moment de gloire, Harry vient leur voler la vedette !
- Et bien figure-toi qu'il s'en serait bien passé, Harry ! Et si vous êtes tellement sûres qu'il a triché, vous avez qu'à faire la gueule chacune dans votre coin ! Moi j'suis pas une coincée du cul sans amis ! Je me débrouillerai très bien sans vous !
Sur ces derniers mots, Heather partit en trombe, droit à la salle commune de Gryffondor, sans même un regard pour Ceridwen.
Les jours qui suivirent, toute l'école traitait les Gryffondor en général, et Harry en particulier, comme des parias. En cours de Potions, Abigail s'était installée à côté de Sophie Montague et discutait avec Grey et Hornet, assises devant elles. Heather, elle, avait pris place à côté de Romilda. Avant la fin de la semaine, des badges fleurirent sur la plupart des poitrines. Ils indiquaient : "Vive CEDRIC DIGGORY, le VRAI champion de Poudlard" Et lorsqu'on appuyait dessus avec sa baguette, ils affichaient : "A BAS POTTER". Abigail et Rebecca avaient été parmi les premières à l'arborer, et chaque fois qu'elle les voyait l'afficher ostensiblement, Heather sentait son cœur se serrer et les larmes lui monter aux yeux.
Le vendredi, Harry semblait sur le point d'exploser au repas de midi, et Heather décida d'aller le voir à la sortie de son cours de Potions pour éviter qu'il ne fasse une bêtise. Elle ne se fit pas prier pour quitter les serres dès que la cloche retentit. De toute façon, l'ambiance aux cours de Botanique, que les Gryffondor avaient en commun avec les Poufsouffle était épouvantable depuis le début de la semaine, et ce, quelle que soit l'année scolaire concernée.
Elle se précipita jusqu'aux cachots, et vit Dean quitter le cours mais n'aperçut pas Harry.
- Dean ! interpella-t-elle son aîné. Tu sais où est Harry ?
- Euh… il a dû aller dans une autre salle, dans les étages. C'est pour le Tournoi des Trois Sorciers : il y a interview des reporters de la Gazette et ils doivent faire examiner leurs baguettes.
- Et tu ne sais pas où c'est ?
- Désolé ! Mais qu'est-ce que tu veux lui dire ? Je peux lui transmettre le message si tu veux ?
- Non, c'est pas grave… C'est juste que j'ai vu qu'il était particulièrement énervé à midi, et je craignais qu'il ne s'emporte alors…
- Dans ce cas tu arrives trop tard, dit Dean. Il s'est disputé avec Malefoy tout à l'heure. Bien sûr, c'est Malefoy qui l'a provoqué, mais… tu connais Rogue, y a que Harry qui a pris !
Ce fut à ce moment que la voix si désagréable retentit derrière eux.
- Écartez-vous de mon chemin ! Vous puez ! Sales Sang de bourbe !
Dean leva sa baguette mais Heather l'arrêta.
- Laisse-tomber Dean ! Il ne mérite pas qu'on se fasse punir nous aussi !
Malefoy passa à côté d'eux en leur jetant un regard de défi, un sourire mauvais accroché aux lèvres.
Heather et Dean remontèrent en direction de la tour de Gryffondor en pestant contre Malefoy et Rogue. En chemin, ils croisèrent Abigail et Grey qui devaient revenir de leur cours d'Histoire. Mais quelque chose chiffonna Heather, elles ne se dirigeaient pas du tout vers les cachots.
- Rentre sans moi Dean ! Je dois aller faire un truc !
Elle s'esquiva dans les premières toilettes pour filles qu'elle trouva et sortit la Carte du Maraudeur de son sac.
- Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises !
La carte se dessina, et elle repéra assez vite les petits points représentant Grey et Abigail qui rejoignaient… Malefoy, Crabbe, Goyle et Parkinson. Ils étaient dans un coin très peu fréquenté du château, et s'avancèrent encore pour s'arrêter après un tournant. Elle se demandait bien ce qu'ils pouvaient fabriquer là-bas tous ensemble quand elle vit un autre point se diriger dans leur direction, un point étiqueté Harry Potter.
Aussitôt, elle rangea la Carte et sortit des toilettes pour se précipiter droit vers eux. En chemin, elle croisa Romilda, Lucy et Kate.
- Ah ! Heather ! lança Lucy. On te cherchait ! Tu as disparu si vite à la fin du cours qu'on…
- J'ai pas le temps ! leur lança-t-elle en les dépassant. Harry a des problèmes !
Les trois autres filles se lancèrent un seul regard puis se mirent à la suivre. Elle les entraîna dans un coin du château où elles n'étaient passées qu'une ou deux fois.
- Hey ! Heather ! Comment tu sais que… commença Kate.
- Pas le temps ! la coupa Heather en continuant à courir.
Elles descendirent un étage et trouvèrent les Serpentard, baguettes tendues, entourant Harry.
- Expelliarmus ! lança Harry qui fit voler la baguette de Crabbe.
- Furunculus ! lança Parkinson frère, qui avait rejoint la petite bande.
Harry esquiva mais…
- Petrificus Totalus !
Le sort lancé par Malefoy fit mouche.
- Alors Potter… dit celui-ci en s'accroupissant. Tu te crois très malin pour avoir passé la limite d'âge. Tu crois que tu vas pouvoir encore impressionner le monde magique en participant à ce Tournoi ! Tu sais quoi ! Nous on en a un peu marre qu'un amoureux des Sang de bourbe et traîtres à leurs sang comme toi soit tout le temps sur le devant de la scène. Alors on va te donner une petite leçon d'humilité.
Malefoy se releva et Crabbe et Goyle s'avancèrent.
- Qu'est-ce qu'on fait, chuchota Romilda. Il faut prévenir les profs !
- Pas le temps ! dit Heather. Petrificus Totalus ! Petrificus Totalus ! Pétrificus Totalus !
Avant même qu'ils ne se soient rendus compte de quelque chose, Heather avait déjà pétrifié Parkinson frère et sœur, ainsi que Crabbe.
- Ne vous approchez pas de lui ! menaça-t-elle, sa baguette tendue.
- Bouh ! J'ai peur ! ironisa Malefoy.
- Expelliarmus ! lança Abigail qui récupéra la baguette de Heather.
- Qu'est-ce que tu va faire maintenant sans arme ?
- Elle ne fera rien Malefoy, laisse-la partir, dit Abigail.
- Pour qu'elle file prévenir les profs ! Et puis quoi encore ! Tarentallegra !
Les jambes de Heather se mirent à bouger frénétiquement sans qu'elle ne puisse rien y faire tandis que Malefoy libérait Crabbe et les Parkinson. Les deux gorilles vinrent se saisir d'elle et la jetèrent au sol, un peu plus loin que Harry. Puis, ils se mirent à frapper le garçon, immobilisé au sol, à coups de pied.
- Arrêtez ça ! Ca suffit !
- C'est toi qui va nous en empêcher peut-être ?
Heather jeta un regard suppliant à Abigail qui détourna les yeux. Le sortilège de Malefoy commençait à s'estomper, Heather s'immobilisa une jambe et se mordit le genou jusqu'au sang, faisant stopper définitivement le tremblement. Elle recommença avec l'autre jambe.
- Tu veux nous faciliter le travail en t'amochant toi-même ? demanda Malefoy avant d'éclater de rire, imité par ses deux gorilles et les Parkinson.
Heather en profita pour se lever et coller une droite à Goyle qui tomba au sol. Elle balança ensuite une gauche qui sonna Crabbe. Malefoy tenta de l'immobiliser avec un sort de pétrification mais elle esquiva et lui colla un magnifique coup de pied dans les parties sensibles. Les deux Parkinson et Grey tendirent leur baguette mais elle désarma les deux filles manuellement et les envoya bouler contre le mur d'en face. Elle plongea pour éviter le sortilège de Parkinson frère et lui lança un sort de pétrification. Les deux gorilles s'étaient relevés, mais elle les menaça d'une baguette et mit Abigail en joue de l'autre.
- Plus personne ne bouge !
Romilda et Kate accoururent.
- Heather ! Qu'est-ce qui t'as pris de te lancer seule dans la bataille t'es dingue !
- Je pouvais pas les laisser faire du mal à Harry !
Parkinson et Grey s'étaient relevées, derrière Crabbe et Goyle.
- Trop touchant l'amour ! fit Parkinson en prenant la baguette de Crabbe. Expelliarmus !
- Expelliarmus ! lancèrent également Romilda et Kate.
Les quatre belligérants encore en possession de baguettes se trouvèrent désarmés. Crabbe et Goyle se lancèrent sur Heather et lui rendirent les coups qu'elle leur avait donnés ! Romilda et Kate essayèrent d'intervenir, mais Grey et Parkinson leur sautèrent également dessus, très vite rejointes par Goyle qui aida à calmer les filles de Gryffondor. Dans le coin, Abigail était assise, prostrée et les larmes aux yeux.
Crabbe et Goyle reportèrent leur attention sur Harry et recommencèrent à lui administrer des coups de pieds mais Heather s'interposa et pris les coups à la place de Harry.
- Heather arrête ! cria Abigail.
- Heather qu'est-ce qui te prend ! lancèrent Romilda et Kate, fermement maintenues au sol par Parkinson sœur et par Grey.
- Arrêtez de taper Harry ! rugit Heather comme les deux gorilles avaient cessé de frapper.
Elle se releva et se dressa entre les Serpentard et Harry.
- Qu'est-ce que vous attendez ? fit Malefoy qui visiblement souffrait encore beaucoup et avait roulé plus loin encore que l'endroit où gisait Harry. Tabassez-la !
- Mais… Drago, c'est une fille !
- Alors venez tenir ces deux-là ! Et nous on se charge d'elle ! lança Grey.
- Je vous attends ! provoqua Heather.
- Mais enfin Heather ! Arrête de les provoquer ! supplia Romilda. C'est fou ça ! Je croyais que tu n'étais pas amoureuse de Harry ! Pourquoi tu le protèges comme ça si tu ne l'aimes pas ?
- Et bien oui, je l'aime ! répondit rageusement Heather. Là ! Ca vous va ?
Pourquoi avait-elle dit cela, elle n'en savait rien. Tout ce qu'elle voulait c'était que Romilda cesse de l'embêter avec ces futilités alors que la situation était grave. Elle aurait pu dire la vérité, qu'elle l'aimait parce qu'il était son frère, mais elle ne voulait pas qu'il l'apprenne ainsi.
- T'as du courage de l'avouer comme ça ! railla Grey. Une vraie petite Gryffondor. Mais c'est encore mieux comme ça ! On va vous rosser tous les deux ! En amoureux ! Une vraie tragédie grecque !
Malefoy finit par se relever et attrapa Heather par les cheveux.
- Allez Sang de bourbe ! Fais dodo et laisse-nous nous amuser !
Il lança Heather violemment contre le mur puis se remit à frapper Harry. Heather cria.
- Laissez-le tranquille !
Elle se releva et envoya Drago au sol d'une droite.
Heather était de nouveau debout devant Harry. Faisant face à toute la bande de Serpentard. La tête lui tournait et un filet de sang s'écoulait du coin de sa bouche ainsi que de son arcade sourcilière. Elle n'entendit pas Lucy arriver derrière le groupe, accompagnée des professeurs McGonagall et Rogue, suivis un peu plus loin par le pas claudiquant du professeur Maugrey.
- Je vous dis que j'aime Harry ! cria-t-elle encore. Et tous ceux qui voudront lui faire du mal auront à en découdre avec moi !
Et elle bondit sur Crabbe et Goyle, prête à frapper encore.
- Ca suffit ! lança la voix autoritaire du professeur McGonagall.
NDLA : Voilà un chapitre bien mouvementé ! J'espère qu'il vous aura plu, c'est l'un de ceux dont je suis le plus fier. Un petit détail : à l'origine, Heather devait lancer, à la fin de la bagarre qu'elle était la soeur de Harry devant les Serpentard et l'arivée des professeurs. Seulement, je me suis rendu compte que ça poserai problème plus tard, quand j'en arriverai à l'écriture de la cinquième année (si toutefois j'arrive jusque là ! lol)
