21
Avant l'épreuve
Les jours suivants, Heather, Ron et Hermione entraînèrent Harry à la pratique de divers sortilèges. Ils passaient leur temps soit à la bibliothèque, pour rechercher les sortilèges utiles, soit dans des salles de classe vides pour les pratiquer. Harry se concentra d'abord sur le sortilège de stupéfixion, qu'il n'avait jamais pratiqué. Au bout de quelques heures, il semblait le maîtriser assez bien. Ron et Heather servaient plus de cobayes qu'autre chose, mais Heather avait quand même essayé une ou deux fois de stupéfixer Harry en premier, en vain. Quand à Ron, il grognait qu'ils pourraient se servir de Miss Teigne ou de Dobby plutôt que d'eux comme cobayes parce qu'il ne tombait jamais sur les oreillers et se faisait mal. Mais le lundi suivant, Hermione décréta que Harry maîtrisait ce sortilège assez bien et qu'ils s'attaqueraient à autre chose le soir-même, Heather pensa qu'elle n'avait surtout pas envie de prendre la place de la cible, mais elle avait néanmoins raison. Harry se débrouillait très bien. Les cours de l'après-midi commencèrent, et Heather fila en direction des serres, Harry et Ron se dirigèrent vers la tour de Divination et Hermione vers sa classe d'arithmancie.
Sous les verrières des serres, il faisait une chaleur étouffante, surtout que les cours du semestre portaient sur des plantes tropicales. Heather et Rebecca sortirent du cours en sueur et se dirigèrent vers le château, décidées à prendre une bonne douche bien fraîche.
Mais dans le hall, quelque chose attira l'attention de Heather, Malefoy descendait l'escalier de marbre, accompagné comme toujours des deux gorilles et de cette cruche de Parkinson et riait ostensiblement.
- Si je vous jure ! En plein cours de divination ! disait-il à ses comparses incrédules. Le pauvre petit Potter a fait un cauchemar. Il paraît qu'il en a carrément piqué une crise ! Ce type est vraiment bon pour Ste Mangouste, ou même pour Azkaban ! Je ne cesse de le répéter depuis des années ! Peut-être que cette histoire ouvrira les yeux de ce vieux fou qui nous sert de directeur !
Heather s'était cachée en descendant les premières marches de l'escalier menant à la salle commune des Poufsouffle.
- N'écoute pas ce qu'il dit ! fit Rebecca qui voyait le visage soucieux de Heather. Ce n'est qu'un crétin jaloux de la renommée de Harry.
- Oui… Sans doute… fit Heather. Bon ! Je te laisse, il faut vraiment que j'aille me doucher.
Heather remonta en quatrième vitesse jusqu'à la salle commune de Gryffondor où elle trouva Ron et Hermione, apparemment déçus de la voir arriver elle.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle d'un ton moqueur. Je sens mauvais ? Oui… bon, d'accord, j'ai légèrement transpiré dans cette serre surchauffée. Mais je file de ce pas prendre une douche, rassurez-vous.
- Ce n'est pas ça, fit Hermione, hésitant à continuer.
- Harry a eu une drôle de crise cet après-midi pendant le cours de divination.
- Quoi ! fit Heather légèrement ébranlée.
- Je ne sais pas trop ce qui lui est arrivé, expliqua Ron. Mais il semblait souffrir au niveau de sa cicatrice.
- C'est pas possible… marmonna Heather plus pour elle-même.
- Puisque je te le dis ! répondit Ron.
- Non ! Je parlais pas de ça… Ce que je trouve étrange c'est que Malefoy soit déjà au courant.
- Comment ça ? demandèrent Ron et Hermione en chœur.
- Quand je suis revenue de mon cours de botanique, je l'ai croisé dans le hall, il en riait avec ses camarades. Mais lui aussi avait cours. Alors je me demandais comment c'était possible qu'il soit déjà au courant ?
Même Hermione resta perplexe devant l'interrogation de la jeune fille. Cependant Heather ne resta pas plus longtemps avec eux. Il fallait vraiment qu'elle prenne une douche.
Ce soir-là, Harry leur parla en détail du rêve qu'il avait fait pendant le cours de divination, mais aussi de ce qu'il avait vu après cela. Il était allé dans le bureau de Dumbledore, ou celui-ci lui avait demandé de patienter pendant qu'il montrait au Ministre de la Magie l'endroit où Croupton était apparu avant de subitement disparaître. Il avait alors été attiré par une lueur émanant d'une armoire mal refermée et avait plongé dans des souvenirs de Dumbledore. Il leur expliqua qu'il avait assisté à trois procès qui s'étaient tenus à l'époque où Voldemort venait de disparaître. Le premier était celui de Karkaroff qui donna aux gens du ministère les noms de plusieurs Mangemorts. Harry leur expliqua que seul l'un d'eux avait vraiment été utile, les autres étaient soit morts, soit déjà sur liste noire ou emprisonnés. Puis, il avait assisté au procès de Ludo Verpey, accusé d'avoir transmis des informations à l'ennemi, mais celui-ci avait expliqué qu'il les passait à Rookwood, que tout le monde pensait loyal au Ministère, qu'il était donc persuadé d'agir pour le bien de tous. Enfin, il expliqua que le troisième procès était celui où Croupton avait condamné son propre fils à la prison à perpétuité, en même temps que trois autres Mangemorts accusés d'avoir torturé un couple d'Aurors. Ils en parlèrent jusque tard dans la nuit, Ron faisant toujours répéter à Harry ce qu'il avait déjà expliqué en long, en large et en travers.
Les jours suivants, et avec l'approche de la troisième tâche, une sourde excitation commençait à nouveau à agiter Poudlard. Harry passait le plus clair de son temps à pratiquer divers enchantements, sortilèges, et maléfices pour se préparer pour le jour fatidique. Malgré leurs examens de fin d'année, Ron, Hermione et Heather l'aidaient du mieux qu'ils le pouvaient. Ils avaient vu le maléfice d'entrave, le sortilège de réduction et l'enchantement des quatre points, pour l'aider à s'orienter dans le labyrinthe. Il avait encore un peu de mal avec le charme du bouclier, qui permettait de repousser les sortilèges mineurs. Heather aussi essayait de les pratiquer, mais à part le maléfice d'entrave, elle n'en réussissait aucun de façon efficace. Et quand elle parvenait à lancer un stupéfix, elle se sentait complètement vidée.
- Tu te débrouilles quand même très bien, dit Hermione à Harry d'un ton encourageant.
Heather se renfrogna et s'approcha de la fenêtre où se trouvait Ron.
- Venez-voir ça ! lança-t-il d'un coup. Regardez Malefoy, qu'est-ce qu'il fabrique ?
Heather regarda, Harry et Hermione arrivèrent derrière elle. Malefoy, et ses deux acolytes se tenaient à l'ombre d'un arbre, les deux gorilles faisant le guet pendant que Malefoy semblait parler à quelque chose qu'il tenait dans la main.
- On dirait qu'il parle dans un talkie-walkie, dit Harry, intrigué.
- Impossible, dit Hermione, je t'ai déjà expliqué que ce genre d'appareil ne peut pas fonctionner à Poudlard.
- Oui, coupa Heather, mais ça ne veut pas dire que les sorciers n'ont pas trouvé un moyen d'en reproduire les effets.
- Bon ! Ca n'a pas d'importance, fit Hermione. Viens Harry, essayons encore le charme du bouclier.
Sirius envoyait désormais des hiboux tous les jours, exhortant Harry à se concentrer sur la troisième tâche, et lui rappelant que quoi qu'il se passe à l'extérieur de Poudlard, il ne pouvait de toute façon rien y faire. L'un d'entre eux comportait une phrase qui chagrina Heather : « Il – en parlant de Voldemort – ne peut espérer mettre la main sur toi tant que tu seras sous la protection de Dumbledore. » Elle réalisa alors que Dumbledore savait que Voldemort regagnait des forces en attendant son heure, et aussi qu'il en avait après Harry, et connaissant Dumbledore, cela signifiait que Harry était aussi protégé quand il était chez sa tante, mais qu'en serait-il s'il venait passer quelques jours de vacances à Goderic's Hollow, chez elle ? Harry y serait-il en sécurité ?
Ce jour-là, Heather n'alla pas entraîner Harry avec Ron et Hermione mais se dirigea vers la statue de la gargouille, au deuxième étage. Si le mot de passe n'avait pas changé depuis que Harry y avait été…
- Nid de cafards ! dit-elle clairement en arrivant devant la statue qui s'écarta pour la laisser accéder à un escalier qui montait en colimaçon et dont les marches avancèrent toutes seules aussitôt qu'elle y posa les pieds. Elle arriva devant la porte du bureau du directeur et frappa. Elle attendit quelques instants, puis la porte s'ouvrit toute seule, Dumbledore était debout devant son bureau. La pièce était circulaire, le bureau se trouvait vers le fond, en venant de la porte. Sur une vieille étagère se trouvait le Choixpeau magique, et dans une vitrine était exposée une magnifique épée dont la poignée était incrustée de rubis. Sur un petit meuble derrière le bureau, d'étranges instrument d'argent créaient des volutes de fumée.
- Ms Wright, s'étonna Dumbledore. Que me vaut l'honneur de cette visite ?
- Et bien voilà monsieur le directeur… commença Heather hésitante. Vous savez ce qui me lie à Harry, n'est-ce pas ?
- Minerva m'en avait parlé il y a quelques mois, effectivement.
- Je voulais inviter Harry à passer une semaine ou deux chez moi pendant les vacances, mais j'ai réalisé ce matin qu'il était en danger hors de Poudlard. Alors je voulais savoir ce que vous comptiez faire pour le protéger ?
Albus la regarda un moment, puis eut un sourire de chat qui venait de dévorer une souris.
- On m'avait déjà vanté votre perspicacité Ms Wright, et je constate avec plaisir qu'on ne m'avait pas menti. Mais ce qui vous intéresse n'est pas de savoir si Harry est en sécurité à l'extérieur, mais de savoir s'il le sera en étant chez vous. Ma foi… Je crois que ça ne devrait pas poser de problème.
- C'est vrai ? demanda Heather qui s'attendait à ce que Dumbledore refuse catégoriquement que Harry aille ailleurs que chez les Dursley.
- C'est vrai ! fit Dumbledore en opinant du chef. Je pense que ce qui protège Harry lorsqu'il est chez sa tante devrait le protéger également tant qu'il sera près de vous. Bien, excusez-moi, Ms Wright, mais je crains de devoir vous congédier. La troisième tâche approche, et je suis débordé… A moins, bien sûr, que vous ne vouliez me dire autre chose ?
Heather hésita un moment, si elle parlait à Dumbledore de l'histoire des deux Croupton, peut-être que lui y verrait plus clair qu'elle et ses amies. Mais il faudrait pour ça lui parler de la Carte du Maraudeur, et Harry lui en voudrait si elle faisait.
- Non, c'est bon ! Je vous remercie de m'avoir reçue professeur.
Elle tourna les talons et quitta la bureau directorial avant de changer d'avis.
Le grand jour arriva, et dès le petit-déjeuner, les problèmes commencèrent : un article de Rita Skeeter tentait de faire passer Harry pour quelqu'un de mentalement instable et potentiellement dangereux, à grands renforts de commentaires de Drago Malefoy sur le fait que Harry parlait Fourchelang et se serait lié avec des loups-garous et des géants pour accroître son pouvoir. Rita Skeeter finissait son article en se demandant si un tel personnage ne pourrait pas en venir à se servir de la magie noire lors de la troisième tâche du Tournoi des Trois Sorciers. Bien sûr, Malefoy ne se priva pas de lancer une pique à Harry, de sorte que toute l'école soit bien au courant de la sortie de l'article. Heather grinça des dents, ne sachant quoi répondre quand devant toute l'assemblée, le bol de porridge de Malefoy se souleva et se renversa sur sa tête. Toute la table de Gryffondor éclata de rire et Malefoy dut quitter la Grande Salle écumant de rage.
- Bien joué Harry ! dit George.
- Bien joué quoi ? demanda Harry.
- Le bol de porridge ! reprit Fred. Du grand art !
- Mais ce n'était pas moi !
La sincérité du ton de Harry, encore secoué de rires, convainquit les jumeaux qui cherchèrent ailleurs le responsable, mais Ginny et Hermione fournirent la même réponse, et Heather fut ensuite interrogée, mais elle n'y était pour rien non plus. Ce ne fut qu'en sortant de la salle qu'elle comprit qui était l'instigateur de cette basse vengeance.
- Comment tu trouves le Malefoy au porridge ? demanda Abigail en riant.
- Délicieux ! répondit Ceridwen qui les rejoignait. Mais t'as de la chance que personne ne t'ait vu Abby !
- C'est Abby qu'a fait ça ?! s'étonna Rebecca, arrivant à son tour alors qu'elles descendaient la volée de marche devant la porte d'entrée du château.
- Wingardium Leviosa ! répondit Abigail le sourire aux lèvres. Les coups simples sont souvent ceux qui marchent le mieux. Et puis tout le monde avait fixé son attention sur Harry et Malefoy, même les profs ! Qui aurait pu me voir faire ?
- Au fait, demanda Ceridwen, pourquoi on est sorties dans le parc ? Aucune de nous n'a botanique ce matin ?
- Oh ! Excusez-moi, fit Heather qui les avait entraînées sans réfléchir. J'ai reçu un mot de McGonagall avec le courrier, me demandant de sortir dans le parc le temps que les autres élèves quittent la grande salle. Elle m'a dit d'attendre devant le château, mais je ne sais pas pourquoi.
A peine avait-elle terminé sa phrase qu'elle comprit pourquoi. Deux des diligences de l'école arrivèrent devant le château. Du premier descendirent une femme magnifique, aux longs cheveux dorés, qui ne pouvait qu'être la mère de Fleur. Gabrielle, sa petite sœur était là aussi, et elles étaient avec un homme rondouillard arborant une barbichette noire et un sourire doux. De la même diligence descendit encore une femme aux cheveux bruns et un homme qui ressemblait grandement à Viktor Krum. De la deuxième diligence descendirent Molly Weasley et un de ses fils aînés, suivis par une femme au cheveux châtains et un homme brun et barbu qui devaient être les parents de Cédric.
- Ginny ! fit le grand frère de Ron étonné en voyant Heather.
- Mais non Bill ! Tu vois bien que ce n'est pas elle ! le reprit Mrs Weasley. C'est cette jeune fille que j'ai rencontrée cet été sur le Chemin de Traverse. Tu sais, celle dont Ginny et les jumeaux nous ont si souvent parlé. Heather, c'est ça ? demanda Mrs Weasley.
- Oui, répondit Heather légèrement intimidée.
Le frère de Ron était plutôt séduisant. Il avait les cheveux longs attachés en catogan, des vêtements moldus de type grunge, et une dent de serpent en guise de boucle d'oreille. De plus, dans sa tenue, il n'était pas sans lui rappeler son père, Mr Wright avait la même prestance un peu détachée. Elle voulut faire les présentations avec ses amies, mais n'en eut pas le loisir. McGonagall était arrivée sur le palier.
- Ah ! Bien ! fit-elle, vous êtes arrivés. Venez, je vais tous vous conduire à l'intérieur…
Elle marqua une pause en voyant Heather et ses amies.
- Ms Carpenter, O'Leary et Swanson, puis-je savoir ce que vous faites ici ?
- Nous étions avec Heather madame… commença Rebecca timidement.
- Ms Wright est dispensée de cours aujourd'hui, mais je crains fort que ce ne soit pas votre cas. Allez, filez !
Les trois amies de Heather ne se le firent pas répéter. McGonagall reprit une contenance et s'adressa à nouveau à toutes les personnes réunies devant les portes de Poudlard.
- Bien, si vous voulez me suivre…
McGonagall conduisit les invités dans le couloir qui contournait la grande salle pour déboucher sur la petite pièce où Harry et les champions étaient allés après avoir été désignés par la Coupe de Feu. Ils attendirent quelques minutes, puis la porte donnant sur la Grande Salle s'ouvrit et Cédric et Fleur entrèrent et se jetèrent aussitôt dans les bras de leurs mères respectives. Krum arriva en poussant Harry devant lui qui semblait ne pas tenir à venir. Il changea cependant d'avis en voyant Mrs Weasley et le frère de Ron. Il alla les saluer le sourire aux lèvres. Ils parlèrent des tableaux de Poudlard et Bill, puisque c'était visiblement son prénom, sembla en apprendre de belles sur le compte de sa mère. Puis il s'aperçut que Heather était là. Il la prit dans ses bras.
- Suis-je bête ! Quand ils ont dit la famille, je n'ai pas pensé une seconde que ça pouvait t'inclure.
Bill et Mrs Weasley les regardaient. Mrs Weasley semblait gênée et Bill avait un regard amusé.
- Mrs Weasley, Bill, laissez-moi vous présenter Heather, ma…
- Mais on se connaît déjà ! le coupa Heather. J'avais rencontré Mrs Weasley sur le chemin de traverse cet été, pendant que vous preniez du bon temps à la Coupe du Monde de Quidditch. Et elle m'a présenté Bill en arrivant.
- Ah très bien, fit Harry qui avait compris par le ton de Heather qu'il avait failli gaffer.
Ils passèrent devant les Diggory, et le père de Cédric lança une remarque désobligeante à Harry. Cédric lui souffla de ne pas faire attention, que c'était à cause de l'article de Rita Skeeter du mois de novembre. Mrs Weasley intervint alors :
- Rita Skeeter fait toujours tout ce qu'elle peut pour causer des ennuis à tout le monde, Amos ! Je croyais que vous saviez ça, vous qui travaillez au Ministère.
Mr Diggory semblait prêt à lancer une réplique cinglante, mais Cédric le devança.
- C'est vrai papa, tu le dis toi-même à la maison. Et puis Harry et moi avons eu plusieurs occasions de passer du temps ensemble. C'est vraiment quelqu'un de bien !
Amos Diggory se détendit alors.
- C'est vrai Cédric ! Tu as raison, je n'aurais pas dû prêter l'oreille aux racontars de cette vipère. Excuse-moi Harry.
- Oh, y a pas de mal, fit Harry.
Ils se promenèrent un peu dans les premiers étages, puis allèrent se balader dans le parc. Ils revinrent dans la Grande Salle pour le déjeuner, Ron fut plutôt surpris de voir sa mère et son frère. Bizarrement, Mrs Weasley ne semblait pas apprécier beaucoup Hermione. Heather ne connaissait pas bien Mrs Weasley, mais ça ne cadrait pas vraiment avec le personnage. Elle comprit cependant quand Harry intervint, que malgré son sermon à Amos Diggory, Mrs Weasley elle aussi avait cru les persiflages de la vipère Skeeter. Mais dès que Harry eut fait sa remarque, Mrs Weasley se rendit compte de son erreur et reprit un ton plus naturel et chaleureux avec Hermione.
Au courant de l'après-midi, Heather et Harry laissèrent Bill et Mrs Weasley les précéder pour discuter plus "tranquillement".
- On pourrait peut-être leur dire que tu es ma sœur ? proposa Harry.
- Harry, soupira Heather. Même Dumbledore a dit que moins il y aurait de personnes au courant, mieux ça vaudrait pour nous deux.
- Oui, mais eux c'est pas pareil, ils sont comme ma famille. Et puis ça me gêne qu'ils croient que tu es ma petite-amie.
- Ah bon ! fit Heather d'un ton coquin. Ca te gêne tant que ça ?
- Qu'est-ce que tu crois qu'ils vont penser de moi quand ils me verront embrasser Cho ?
- Ouiii… Je comprends… répondit Heather. Il faudrait pas leur laisser croire qu'en plus d'être un garçon instable et dangereux, tu es aussi un coureur de jupons !
- Heather ! C'est pas drôle !
- Moi je trouve que si ! Faut te dérider un peu ! Savoir prendre les choses au second degré ! C'est pas ce que tu me disais il y a quelques mois à l'époque où tout le monde te traitait de tricheur ?
- Touché.
Ils s'arrêtèrent un moment dans la cabane de Hagrid qui encouragea Harry tout en encensant Charlie devant Mrs Weasley
- C'est sympa pour moi ! fit Bill pas vraiment vexé pour autant.
- Oh, euh, je ne voulais pas dire que… essaya de se rattraper Hagrid.
- Hagrid ! Ne rougissez pas ! Bill vous fait marcher, intervint Mrs Weasley.
Comme Harry et Heather pouffaient de rire, le géant compris que Mrs Weasley ne disait pas ça juste pour lui faire plaisir.
- Ah Hagrid ! Si vous n'existiez pas ! Il faudrait vous inventer, fit Heather. Quand je pense que cette horrible Rita Skeeter a osé insinuer que vous pourriez être cruel.
- Celle-là, j'espère qu'un jour quelqu'un lui rivera le clou à son tour, qu'elle voit ce que ça fait ! tempêta Mrs Weasley.
- Oh ! fit Harry. Pour ça, je crois que ça arrivera plus tôt que vous ne le pensez. Tout à l'heure, Hermione a semblé comprendre comment Rita Skeeter faisait pour espionner les gens, et d'après ce qu'elle a laissé entendre, ce serait tout à fait illégal.
Ils passèrent toute la fin de l'après-midi à casser du sucre sur le dos de la journaliste de la Gazette, puis revinrent au château pour le banquet. A la table des professeurs, Cornelius Fudge remplaçait Mr Croupton en tant que juge de la dernière épreuve. Lorsque le crépuscule embrasa le plafond enchanté, il annonça que les spectateurs devraient se rendre au terrain de Quidditch d'ici cinq minutes et invita les champions à suivre immédiatement Ludo Verpey. Alors que Verpey et les champions se levaient, Cho Chang se précipita à la table de Gryffondor et embrassa Harry.
- Bonne chance Harry ! fit-elle avec une petite voix.
- Merci Cho… mais je crois que la démonstration de ton soutien n'était pas du goût du professeur McGonagall.
Harry alla rejoindre Ludo Verpey, Cédric, Fleur et Viktor sous les huées d'encouragements – et de moqueries à cause du baiser – de ses camarades de Gryffondor, tandis que Cho regagnait sa place, rouge comme une pivoine. Mrs Weasley la regardait l'air atterrée, et Bill fixait Heather, complètement perdu.
- Elle manque pas d'air celle-là ! souffla Mrs Weasley.
- Pourquoi ? demanda Heather le plus naturellement du monde.
- Mais, enfin, fit Bill… Harry et toi… et elle comme ça…. Et tu ne dis rien ?
- Je ne vois pas pourquoi je dirais quelque chose si Harry embrasse sa petite amie.
- Mais, reprit Mrs Weasley. Je croyais que c'était toi sa…
- Non… aujourd'hui, les champions retrouvaient leur famille ! répliqua Hermione… où ceux qu'ils considèrent comme tels. Il n'a jamais été question des petits amis ou petites amies.
- Encore heureux, grogna Ron.
Mrs Weasley était encore perplexe mais ne dit plus rien. Quand à Bill, il se contenta de sourire, apparemment satisfait de ce que venait de répondre Hermione.
NDLA : Ca y est, on y est… Je vous est offert encore un peu de légèreté avant d'aborder les choses sérieuses (mais, non, c'est pas pour vous mettre les nerfs si j'ai coupé à ce moment là !). Alors je vous dit à Samedi pour le prochain chapitre intitulé : « Une soirée tragique ».
