Attention spoiler : Je sais que la plupart d'entre vous doivent déjà avoir lu Harry Potter et les Reliques de la Mort, mais si toutefois ce n'était pas le cas, et que vous ne souhaitiez pas découvrir des éléments importants de l'énigme, il vous faut savoir que ce chapitre va en dévoiler. Par conséquent, si vous décidez tout de même de le lire, je ne pourrais être tenu responsable de vous avoir gâcher une partie du plaisir de découvrir le dernier tome des aventures du sorcier à lunettes.
Heather Wright
Et l'Ordre du Phénix
1
Un village de sorciers
Le voyage de Londres à Bideford fut particulièrement calme. Heather ne parla pas beaucoup, et Harry se contenta de répondre très succinctement aux questions de Mrs Wright, du style "Comment s'était passé l'année" ou " Ca a dû te faire un choc d'apprendre que Heather était ta sœur". Cependant, comme Mr Wright avait vu que les enfants ne désiraient pas trop parler pour l'instant, il stoppa le flot de questions que sa femme n'aurait pas manqué de poser, essayant, elle, de lancer la conversation.
Les parents d'Heather avaient laissés leur voiture sur le parking de la gare de Bideford. Ils arrivèrent à Goderic's Hollow pour l'heure du repas du soir. Ce fut à table que Mr Wright commença lui aussi à s'inquiéter du mutisme des deux enfants. Et aussi, du fait que leur fille, qui avait en général un assez solide appétit, touchait à peine à son assiette.
- Quelque chose ne va pas ? finit-il par demander.
Heather lança un regard à Harry. Il pensait visiblement comme elle, ils ne pourraient pas leur cacher les évènements de la fin de l'année scolaire, alors autant leur en parler tout de suite.
- Papa, Maman, commença t-elle. Il faut qu'on vous parle de quelque chose. Vous savez que Harry a participé cette année au Tournoi des Trois Sorciers. Lors de la dernière épreuve, il s'est passé quelque chose.
Devant l'air grave des deux enfants, les Wright comprirent que l'affaire était sérieuse et qu'il ne fallait pas intervenir de façon intempestive et les laisser raconter la chose d'une traite. Harry commença directement en parlant du trophée, au centre du labyrinthe, qui avait été changé en portoloin – Heather expliqua ce qu'était un portoloin – et leur dit où lui et Cédric s'étaient retrouvés et tout ce qui s'y était passé. Mrs Wright fut horrifié dès l'instant où il raconta que son ami avait été tué sous ses yeux. Elle pâlit au fur et à mesure de son récit. Quand il eut finit d'expliquer comment il avait réussi à revenir à Poudlard avec le corps de Cédric, Heather prit la relève, elle expliqua tout ce qu'avait fait Barty Croupton Jr au cours de l'année écoulée, et en vint au passage où elle et ses amies avaient tenté de l'empêcher d'amener Harry à l'écart. Quand elle dut annoncer la mort de Ceridwen, les larmes lui vinrent et sa mère dut la prendre dans ses bras pour la consoler.
- Les conséquences de tout ça, expliqua Harry, c'est que maintenant, je suis en danger constant. Voldemort va essayer de me retrouver et de me tuer. Normalement, le professeur Dumbledore a pris toutes les mesures nécessaires pour assurer ma, et votre, sécurité. Mais il fallait quand même que vous le sachiez.
La soirée fut écourtée. Heather alla montrer à Harry la chambre d'amis, et ils allèrent se coucher tous deux de bonne heure. Le lendemain matin, la jeune fille arriva à la cuisine avec le sourire. Ses parents ne semblant pas aussi joyeux qu'elle, elle leur expliqua que certes, ce qui était arrivé était triste, mais qu'elle ne comptait pas se laisser abattre. Elle avait invité Harry pour qu'il passe quinze jours agréables, pas pour qu'ils les passent à se lamenter sur leur sort. Les Wright sourirent à leur fille et retrouvèrent un ton plus léger quand Harry arriva à son tour. Ils lui demandèrent quels étaient ses plats préférés, et les choses qu'il n'aimait pas du tout manger. Mr Wright partit travailler.
- Bon ! fit Mrs Wright quand Harry eut fini son petit déjeuner. J'ai du ménage à faire, vous devriez aller jouer dehors !
- On peut vous aider, déclara Harry.
- Non, non, non ! répondit aussi sec Mrs Wright. Toi Harry, tu es un invité ! On ne va quand même pas demander à un invité de faire le ménage !
Harry sourit, la réponse qu'avait faite Mrs Wright, le ton et la posture qu'elle avait prise lui rappelèrent farouchement Mrs Weasley.
- Allez viens Harry ! On va aller faire un peu de foot !
Heather monta se mettre en tenue de sport, et Harry en fit donc autant. Il n'était pas vraiment d'humeur à taper dans le ballon, et puis ça, c'était plus le truc de Dean, mais ça semblait faire tellement plaisir à sa sœur. Ils sortirent et elle l'emmena jusqu'à un terrain de foot dont l'herbe commençait à jaunir par endroits.
Ils commencèrent par se faire des passes, puis Heather se proposa pour aller aux buts arrêter les tirs de Harry. Celui-ci semblait prendre un peu plus de plaisir à jouer à chaque instant, bien qu'il ne fut pas très doué. Ils devaient bien être sur le terrain depuis une bonne heure quand plusieurs enfants de leur âge arrivèrent. Heather fit les présentations.
- Harry, je te présente Tom, Olivier, Bruce et Ben, c'est avec eux que j'ai appris le foot. Et voici Linda et Morgan, deux amies de l'école primaire. Vous tous, je vous présente Harry, un ami de mon collège. Vous trouverez qu'il n'est pas très doué pour le foot, mais c'est normal, lui son domaine c'est plutôt le tennis.
Harry s'offusqua, mais elle lui fit signe de jouer le jeu. Les garçons retournèrent taper dans le ballon en entraînant Harry tandis que les filles restèrent sur le bord du terrain.
- Dis donc, Heather, il est plutôt mignon ton petit copain ! fit Linda d'un sourire moqueur.
- Mais ce n'est pas mon petit copain ! se défendit-elle. C'est juste un bon ami.
- Tu sais, y a pas de honte à ça, dit Morgan. Moi, je sors avec Ben depuis presque deux mois. Et Linda a aussi un petit copain, il vit à Abbotsham.
Heather ne savait quoi faire… elle ne pouvait pas prétendre que Harry et elle sortaient ensemble, mais elle ne pouvait pas non plus leur dire que c'était son grand frère. Elle se retrouva de nouveau obligée de mentir à ses amies.
- Je vous assure, Harry et moi, on n'est pas ensemble… Bon, je ne dit pas que ça me déplairait. Mais on est devenus d'excellents amis, et c'est difficile de franchir le pas. Je ne voudrais pas briser ce qu'il y a entre nous en allant trop vite, vous comprenez.
Apparemment, Heather avait trouvé le moyen de faire taire ses amies. Elle se précipita donc dans la mêlée des garçons qui se disputaient la balle. Elle n'eut aucun mal à la leur subtiliser. Il fallait croire qu'elle avait réellement fait des progrès en jouant régulièrement avec Dean.
Ils rentrèrent peu avant midi, épuisés, mais heureux. C'était comme si la dépense physique avait fait s'envoler la peine d'avoir perdu des amis. Même Harry fut bien plus gai et répondit volontiers aux diverses questions des Wright sur ce qu'ils faisaient à l'école, ses matières préférées. Mr Wright, d'un naturel curieux, demandait toujours pleins de détail sur le monde de la magie, Mrs Wright, plus pragmatique, s'intéressait plus à la vie qu'avait eu Harry avant d'aller à Poudlard. Elle fut épouvantée d'apprendre qu'il avait dormi dans le placard sous l'escalier jusqu'à l'âge de onze ans. A la fin de la discussion, Mr Wright devait sans cesse la calmer, car elle ne cessait de s'emporter contre la tyrannie qu'exerçait les Dursley sur le pauvre Harry. Heather était très gênée des débordements de sa mère, et effarée de certaines choses qu'il ne lui avait encore pas racontées, mais son frère prenait visiblement ça avec le sourire. Il confia un peu plus tard, alors qu'il était seul avec Heather dans la chambre de celle-ci que ça lui avait fait chaud au cœur de voir sa mère réagir ainsi.
Après une soirée cinéma – Heather avait décrété qu'elle profiterait de ces deux semaines pour combler les lacunes de Harry dans ce domaine – Ils allèrent se coucher.
Les nuits qui suivirent, Heather ne dormit pas énormément. A chaque fois qu'elle fermait les yeux, elle revoyait Ceridwen, couchée sur le flanc dans le parc de Poudlard, ses yeux ouverts privés de l'étincelle de vie qui les avaient toujours animés. Une nuit qu'elle était descendue boire un verre d'eau après un de ces cauchemars, elle entendit comme des gémissements qui provenaient de la chambre de Harry. Elle entrouvrit la porte.
-…Non… Cédric attention ! Cédric non !
Il n'en fallu pas plus à Heather pour savoir à quoi rêvait son frère. Elle s'avança vers le lit et passa sa main sur le front de Harry. Comme par magie, son cauchemar sembla cesser, il se détendit et cessa de murmurer dans son sommeil. Son front brûlant sembla revenir à une température normale. Elle déposa un baiser sur la cicatrice en forme d'éclair puis retourna se coucher.
Le lendemain, alors que les deux enfants profitaient du temps caniculaire des derniers jours pour se livrer à une bataille d'eau devant la maison, une vieille femme apparut, comme sortie de nulle part, juste devant le portail. Elle était vraiment très vieille, sa peau fripée semblait devoir se désagréger au moindre contact, ses cheveux blancs étaient aussi fins que des fils de soie d'araignée et étaient suffisamment parsemés pour laisser apercevoir son cuir chevelu.
- Oh ! Bonjour Mrs Tourdesac ! salua Heather. Comment allez vous ?
- Aussi bien qu'on peut aller quand on a plus de cent-soixante ans, jeune fille. Je venais voir comment ça allait pour toi et pour le jeune Potter.
- Ah ! Harry, laisse-moi te présenter Bathilda Tourdesac, c'est elle qui a écrit Histoire de la magie.
- Oh ! fit Harry, visiblement surpris de rencontrer ici une autre personne du monde sorcier. Enchanté Mrs Tourdesac !
- Qu'est-ce que tu racontes ! C'est moi qui suis heureuse de te voir petit ! Tes parents étaient des gens si charmant, et il a fallu que…
- Vous… vous connaissiez mes parents ? demanda Harry.
- Un peu que je les connaissait. Je vis encore dans la rue où ils se sont cachés de Voldemort jusqu'à ce tragique soir, il y a quatorze ans. C'est moi qui ai alerté Albus quand j'ai vu ce vaurien de Tom Jedusor apparaître devant leur maison. Malheureusement, les renforts sont arrivés trop tard.
La vieille femme sortit un mouchoir et essuya une larme qui venait de perler au coin de son œil d'un bleu extrêmement pâle.
- Enfin, voilà… je m'étais dit que tu voudrais peut-être visiter l'endroit où tes parents ont passé les derniers mois de leur vie… et peut-être aller te recueillir sur leur tombe. Je ne suis pas venue plus tôt parce que je ne suis plus toute jeune, et j'ai attendue d'être suffisamment en forme pour pouvoir me balader dans le village.
Les deux jeunes gens se regardèrent. Même Heather ignorait que ses vrais parents avaient leur tombe au cimetière du village. Elle aurait bien voulu aller leur rendre hommage, même si elle ne les avait pas connus. Mais est-ce que Harry voudrait lui…
- D'accord Mrs Tourdesac, répondit Harry. Mais il faudrait qu'on se change avant !
En effet, Heather et lui, en T-shirt et jeans étaient trempés jusqu'aux os. La jeune fille invita Mrs Tourdesac à entrer et s'asseoir le temps qu'ils se préparent.
Mrs Wright accueillit la vieille dame et Heather lui expliqua ce qu'ils comptaient faire. Mrs Tourdesac précisa qu'ils devraient prendre un en-cas, car elle n'avançait pas vite et la "promenade" risquait d'empiéter sérieusement sur l'après-midi. Pendant que Harry et Heather se changeaient, Mrs Wright prépara des sandwiches. Il redescendirent et saluèrent Mrs Wright.
- Heu… hésita cette dernière. Si vous voulez bien, j'aimerais venir avec vous.
Mrs Wright tut ses vraies raisons devant Mrs Tourdesac, mais Heather comprit à son regard qu'elle se sentait directement concernée par l'histoire des Potter – et pour cause, sans leur mort, elle n'aurait jamais eu de fille – et souhaitait en apprendre plus sur eux.
Ils partirent donc tous les quatre en direction du centre du village. Mrs Tourdesac n'avançait effectivement pas bien vite, et cela leur prit près de vingt minutes pour rejoindre la place centrale du village. Au milieu, il y avait un mémorial pour les victimes de la deuxième guerre mondiale.
- On va déjà aller là-bas, dit la vieille Bathilda en pointant le monument.
- Qu'est-ce qu'il peut y avoir d'intéressant sur ce monument aux morts, demanda poliment Heather ?
- Vous verrez bien, répondit la vieille dame, énigmatique.
Effectivement, lorsqu'ils s'approchèrent, et sous leurs yeux ébahis, l'obélisque se changea en uns statue représentant un couple avec un bébé dans les bras. Harry et Heather se figèrent, la bouche ouverte. Il n'y avait aucune inscription, mais les visages étaient fidèlement reproduits, Harry et Heather crurent se regarder dans un miroir qui faisait paraître cinq ou six ans plus vieux. Il n'y avait aucune couleur, et cela renforçait la ressemblance entre Harry et l'effigie de son père, ainsi qu'entre Heather et celle de sa mère. La vieille Bathilda regardait émue le jeune homme, puis son regard passa sur Heather, revint à la statue, et refixa la jeune fille avec stupeur.
- Ça par exemple ! souffla-t-elle.
- Heu… vous pouvez me dire ce qu'on doit regarder ? demanda Mrs Wright un peu perdue.
- Ah ! Suis-je bête ! se fustigea Mrs Tourdesac. Vous ne pouvez pas voir, forcément. Ce monument a été enchanté. Lorsqu'un sorcier passe à proximité, il prend l'apparence de James et Lily Potter avec dans leurs bras le petit Harry. Bien sûr, les moldus ne peuvent pas le voir.
Les larmes vinrent à Heather. Elle contemplait l'image de ses vrais parents avec son frère, mais elle n'y était pas. Elle n'y serait jamais. C'était ridicule, mais elle ressentit un sentiment de jalousie envers Harry. C'était d'autant plus ridicule que lui-même ne pouvait se rappeler de cette époque.
- Bon ! Je crois qu'on devrait y aller, annonça Mrs Tourdesac, tirant les enfants de leur contemplation. Le cimetière est derrière l'église.
Ils avancèrent vers l'église et la contournèrent.
Ils avancèrent dans la première rangée, mais Harry se fixa devant une tombe qui n'était visiblement pas celle qu'ils recherchaient.
- Il y a eu des Abbot ici ? demanda-t-il à Mrs Tourdesac.
- Oh oui ! Goderic's Hollow est un village réputé pour ses familles sorcières.
Même Heather et sa mère furent étonnées d'entendre la vieille Mrs Tourdesac dire ceci comme si c'était une évidence.
- Vous n'avez pas souvent ouvert vos livres d'Histoire, tous les deux, sourit Mrs Tourdesac. Je me rappelle très bien y avoir écrit qu'après la signature du Code international du secret magique, plusieurs villages attirèrent les familles sorcières. J'y cite, si ma mémoire est bonne, Loutry Ste Chaspoule, Tinworth, Flagley-le-Haut, et je m'attarde tout particulièrement sur Goderic's Hollow. Oui, il y a eu des Abbot ici. Bien que la branche principale de la famille ait toujours vécu à côté, à Abbotsham. Mais même avant la signature du Code du secret, il y a eu de grand noms ici, à commencer bien sûr par celui qui donna son nom au village : Godric Gryffondor ! Ne me dites pas que vous n'aviez pas remarqué ça ?
Les deux enfants baissèrent la tête, un peu honteux de n'avoir effectivement pas fait le rapprochement.
- D'ailleurs, reprit Mrs Tourdesac, c'est pour ça que je vous avais demandé si vous étiez de purs moldus, vous et votre mari, demanda Mrs Tourdesac. Bowman Wright est le deuxième nom le plus célèbre parmi les sorciers à avoir vécu ici, ainsi que ses descendants.
- Bowman Wright… réfléchit Harry. Ce nom me dit quelque chose.
- Là, tu devrais avoir honte, Harry ! On m'a dit que tu étais un attrapeur hors pair au Quidditch ! critiqua Mrs Tourdesac. Bowman Wright est celui qui a forgé le premier vif d'or en 1527. Ses descendants ont vécu à Godric's Hollow jusqu'au siècle dernier, vers les années 1880.
- C'est étrange ! intervint Mrs Wright. Parce que mon mari m'a dit lorsqu'on a emménagé ici que son arrière-grand-père avait vécu ici. Il y a aussi des moldus du nom de Wright dans ce village ?
- Pas que je sache, répondit Mrs Tourdesac. Mais je sais que le dernier Wright à avoir vécu ici était un cracmol, il a déménagé à Londres pour trouver un emploi de moldu.
- Mais alors, fit Heather… ça veut dire que papa…
- Je crois bien oui ! acquiesça Mrs Tourdesac. Si vous le voulez, je ferai des recherches pour vérifier si vous descendez bien des Wright du monde sorcier.
- Je… je demanderai à mon mari s'il souhaite savoir, expliqua Mrs Wright. Bon, nous étions là pour nous recueillir sur la tombe des Potter, non ?
Ils avancèrent dans l'allée centrale puis bifurquèrent dans une rangée et arrivèrent donc devant la tombe de James et Lily. C'était une tombe en marbre blanc sur laquelle était gravé :
JAMES POTTER, NÉ LE 27 MARS 1960
MORT LE 31 OCTOBRE 1981
LILY POTTER, NÉE LE 30 JANVIER 1960
MORTE LE 31 OCTOBRE 1981
LE DERNIER ENNEMI QUI SERA DÉTRUIT, C'EST LA MORT
- Cette inscription… dit Harry.
- C'est à la fois un message pour dire qu'ils seront toujours vivants dans nos cœur et nos mémoires, et un défi à Voldemort, expliqua Bathilda. Du moins, c'est ainsi que me l'a expliqué Albus quand il a demandé à faire graver ceci. Le pauvre Albus, il y sera venu bien souvent dans ce cimetière.
- Comment ça ? demanda Harry.
- Ses parents et sa petite sœur sont enterrés… là bas, expliqua Mrs Tourdesac en désignant une tombe à deux rangées de là.
- Sa petite sœur ? s'étonna Harry.
- Oui, expliqua Mrs Tourdesac. Mais je ne crois pas que ce soit à moi de te parler de cette histoire. Si Albus veut bien te la confier, il le fera lui-même.
Harry n'insista pas. Heather aussi était titillée par l'idée d'en savoir un peu plus sur le directeur de Poudlard, mais elle comprit qu'il serait vain d'insister, et ils étaient là pour une autre raison. Elle se retourna vers la tombe de ses parents, et leur adressa un message silencieux :
« J'ignore si il existe un au-delà d'où vous pouvez nous entendre, mais je voulais que vous m'excusiez si je considère plutôt les Wright que vous-même comme mes vrais parents. En fait, avant de voir votre statue aujourd'hui même sur la place du village, j'avais beau savoir que vous m'aviez donné la vie, je n'avais pas de réelle conscience du lien qui nous unissait. On m'a souvent dit que j'étais ton portrait craché, maman. J'ai pu voir aujourd'hui à quel point c'était vrai. Je ne vous dirai pas que vous me manquez, ce serait faux, mais ce qui est sûr, c'est que je vous aime, je l'ai senti clairement à deux reprises déjà. Enfin, je crois, si les ombres que Harry a vu il y a un peu moins de deux semaines étaient bien vous, que vous savez que Voldemort a retrouvé son corps et sa puissance et je compte bien me battre contre lui comme je pourrais. Je ne sais pas ce qui vous a poussé tous les deux à lutter contre lui, et j'aimerais pouvoir brandir de nobles valeurs comme la justice ou la paix, mais la vérité, c'est que si je veux qu'il disparaisse de ce monde une bonne fois pour toute, c'est uniquement par vengeance. Vengeance de la mort de mon amie, qu'un de ses mangemorts a tuée parce qu'elle essayait de me protéger et de protéger Harry. Vengeance parce qu'il vous a tué, et qu'à cause de ça, mon frère, que j'aime plus que tout, n'a jamais connu le bonheur d'avoir une famille, du moins jusque là. J'espère que vous me comprenez, et qu'à défaut de me soutenir, vous ne m'en voudrez pas d'avoir des pensées si égoïstes. Encore une fois, je vous aime. »
Lorsque Harry eut lui aussi fini de s'adresser à leurs parents, Mrs Tourdesac les entraîna jusqu'à la rue, en bordure du village, où elle vivait. Mais ils ne s'arrêtèrent pas chez la vieille dame, et continuèrent jusqu'à une maison dont tout un côté était détruit.
- Voilà, dit Bathilda. C'est l'ancienne maison des Dumbledore, et c'est ici que vos parents ont vécu les derniers mois de leur vie.
La haie avait poussé dans tous les sens, l'herbe du jardin arrivait jusqu'à la taille. La maison était encore debout, seule l'aile droite, à l'étage, avait été détruite. Les deux enfants étaient interdits. Cette maison représentait à la fois tant et si peu. Mrs Tourdesac toucha le portillon rouillé. Un écriteau jaillit alors du sol, à travers les orties et les mauvaises herbes. Sur le panneau de bois, il était inscrit en lettres d'or :
EN CE LIEU, DANS LA NUIT DU 31 OCTOBRE 1981
LILY ET JAMES POTTER PERDIRENT LA VIE.
LEUR FILS, HARRY, DEMEURE LE SEUL SORCIER
QUI AIT JAMAIS SURVÉCU AU SORTILEGE DE LA MORT.
CETTE MAISON, INVISIBLE AUX MOLDUS, A ÉTÉ LAISSÉE
DANS SON ÉTAT DE RUINE COMME UN MONUMENT
A LA MÉMOIRE DES POTTER
ET POUR RAPPELER LA VIOLENCE
QUI A DÉCHIRÉ CETTE FAMILLE
Sur le panneau de bois, on pouvait également voir une multitude de graffitis. Beaucoup de sorciers étaient venus se recueillir ici, visiblement, certains avaient signé de leur nom la pancarte à l'encre éternelle. D'autres avaient gravé leurs initiales dans le bois. Il y en avait également plusieurs qui avaient laissés des messages. Les plus anciens étaient adressés à Lily et James par d'anciens camarades de classe. D'autres plus récents, s'adressaient à Harry. Il s'agissait de messages de remerciement pour avoir débarrassé le monde de Voldemort, ou d'encouragements pour la vie qui l'attendait, quelle qu'elle fut. Enfin, il y avait aussi ça et là des gribouillis de petites filles qui lui déclaraient leur amour. Heather sourit en voyant un cœur avec écrit à l'intérieur "HP GW", mais elle fut encore plus surprise de lire un "Je t'aime Harry" signé d'une certaine P.P. Ça ne pouvait quand même pas être… Et pourtant, la seule fille qu'elle connaissait et qui avait ces initiales…
Harry s'approcha du panneau et effleura du bout des doigts les messages écrits par ceux qui le soutenaient. Il se retourna alors vers Heather avec un regard qui semblait lui demander pardon.
- On… On va rentrer maintenant ! dit-il.
Ils redescendirent la rue. Mrs Tourdesac bifurqua dans l'allée d'une maison non loin de celle des Potter.
- Vous m'excuserez si je ne vous raccompagne pas, mais cette longue promenade, c'était un peu trop pour mes vieilles jambes.
- Pas de problème, répondit Harry les yeux embués, presque sur le point de pleurer. Merci de m'avoir montré tout ça. Ça m'a vraiment beaucoup touché.
Lorsque Mrs Tourdesac fut rentrée chez elle, Harry exprima ce qu'il avait tu devant la vieille femme.
- Heather… je suis désolé. C'est tellement injuste que personne ne puisse t'adresser les mêmes mots que ceux qui m'étaient destinés sur ce panneau.
- Bah ! Ce n'est rien ! fit Heather. Et de toutes façons, je crois que je préfère ça ! Je ne sais pas si j'aurais supporté de voir sur ce panneau une déclaration d'amour enflammé écrite de la main de Drago Malefoy !
- Hein ! Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Quoi ? Tu n'as pas remarqué toutes ces petites filles qui te déclaraient leur flamme ?
- Si… mais c'était il y a des années, ça ne veut rien dire. Et puis la plupart n'ont pas signé, ou ont juste mis leurs initiales.
- Oh ! Mais des initiales, ça peut être très révélateur !
- Quoi tu as reconnu certaines personnes ? demanda Harry piqué par la curiosité.
- Ça se pourrait… minauda Heather.
- Vas-y dis-moi qui !
- Hin, hin ! Hors de question ! Et puis pour certaines, je crois que tu ne t'en relèverais pas !
- Je vois que ça ne vous a pas trop démoralisé de voir cette maison, intervint Mrs Wright. Vous pourrez donc passer la fin de l'après-midi à faire vos devoirs de vacances !
- Oh Maman ! geignit Heather. Pas pendant que Harry est là !
- Vous avez pu voir la maison ? s'étonna Harry. Pourtant, le panneau dit qu'elle est invisible aux moldus.
- Tiens ! C'est vrai ça ! tiqua Heather.
- Et bien pourtant, je l'ai vue aussi sûrement que ce matin du premier novembre, il y a quatorze ans, quand je t'ai trouvée dans une chambre du premier étage, ma puce.
- Je crois qu'on aura un tas de chose à demander à Dumbledore quand on retournera à Poudlard dans deux mois ! dit Heather.
- Oui, fit Harry, qui songeait sans doute d'avantage à lui parler de sa maison et de sa famille.
NDLA : Et voilà ! C'est reparti pour une nouvelle année ! J'espère que vous éprouverez autant de plaisir à la lire que j'en ai eu à l'écrire. J'essaierai de maintenir comme pour les deux premières années le rythme de publication de deux chapitres par semaine, par contre, il se peut que ce ne soit pas fixé à deux jours bien précis dans la semaine. Quoi qu'il en soit, je vous dit à dans quelques jours pour le prochain chapitre.
