Avant de commencer ce nouveau chapitre, voici les réponses au reviews anomynes (ou RARA)
Alexandra : voeu exaucé !
Diem : Je suis content que ma fic t'ait plu. Et pour ce qui est des clichés, j'essaie de les éviter, tout comme Rowling elle-même. Bien sûr, je n'ai pas son talent alors il se peut que y en ait qui passent entre les mailles mais bon...
Pour Ceridwen, je crois que celle-là, personne ne l'avait vu venir. Et oui, tout n'est pas toujours tout rose, et aucun personnage n'est à l'abri. (Daidalos, auteur sadique, réfléchit déjà à la prochaine personne qui va mourir...) Pour les rares apparitions de Dean... C'est vrai qu'avec le recul, je l'ai un peu sous-exploité. Même quelque chose que je voulas lui faire vivre un peu plus tard, j'ai dû y renoncer pour la cohérence avec l'oeuvre originale (car j'essaie malgré mes modifications, de rester au plus près des bouquins)
Allez, trève de bla-blas, voici la suite !
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Les vacances
Le week-end suivant, Heather convainquit ses parents d'aller à la plage, ce qui ne fut pas particulièrement difficile puisqu'elle n'était qu'à quelques kilomètres. Le soleil continuait de taper très fort sur les Îles Britanniques et le gouvernement commençait à prendre des mesures d'économie d'eau. Heather et Harry passèrent d'agréables moments que ce soit dans l'eau ou sur la plage. Ils firent une partie de beach volley avec quelques adolescents de la région qui avaient eu la même idée. Harry tapa même dans l'œil de quelques filles et se fit charrier par sa sœur, mais il ne manqua pas de le lui faire payer en refroidissant les ardeurs de jeunes garçons qui la trouvaient à leur goût. Il intervenait avec des : « Je suis son grand frère, et je suis très protecteur » qu'il adressait à ceux qui n'étaient pas trop baraqués. Si par malheur le garçon était clairement plus costaud que lui, il plaçait un sournois : « Que va penser Dean quand je lui raconterai ce que vous faites ? »
Harry recevait tous les jours la gazette du sorcier. Il s'était abonné sur les conseils d'Hermione, et Heather pensa que ce n'était pas bête du tout de se tenir au courant de ce qui se passait dans le monde sorcier. Pourtant, il n'y avait rien d'important. Les évènements survenus à Poudlard lors de la fin du Tournoi des Trois Sorciers ne furent pas mentionnés une seule fois, et tout le monde faisait comme si Voldemort n'existait pas. Pire, dans certains articles parlant d'histoires un peu rocambolesques ou peu crédibles, les journalistes torpillaient Harry dans les règles, comme s'il était de notoriété publique qu'il n'était qu'un affabulateur avide de gloriole et potentiellement dangereux. Harry ne l'avait pas vu, il s'intéressait essentiellement aux gros titres.
- S'ils ouvrent les yeux sur le retour de Voldemort, ça fera forcément la une, disait-il.
Heather, elle, prenait toujours la peine de lire consciencieusement le journal de bout en bout, mais ce n'est que quelques jours avant le départ de Harry qu'elle lui fit remarquer ce que la gazette essayait de faire croire son propos. Le jour, en fait, où la gazette annonça la destitution d'Albus Dumbledore de son poste de directeur du Magenmagot.
- C'est Fudge qui est derrière tout ça, grinça Heather.
- Mais il n'est pas journaliste.
- Harry ! C'est le ministre de la magie. C'est l'homme le plus influent sur tous les sorciers de Grande Bretagne et d'Irlande. Il n'a qu'un mot à dire au directeur de la gazette pour que celui-ci torpille ceux qui ne lui reviennent pas. Tu as bien vu comment il a réagit quand Dumbledore et toi lui avez dit que Voldemort était de retour. Il est prêt à tout faire, plutôt que d'accepter l'éventualité que vous disiez vrai. Il est déjà en train de faire perdre de son pouvoir et de son influence à Dumbledore, et il te décrédibilise aux yeux de la société. C'est mauvais… C'est très mauvais… Je crois que les mois à venir vont être particulièrement difficiles pour toi.
- Tu crois ?
- Harry ? Tu es sûr que tu étais présent à Poudlard l'année dernière ? Quand Rita Skeeter a fait son article sur Hermione, tu n'as pas vu toutes les lettres de menace qu'elle a reçu. Et avec ce qu'elle a écrit sur toi, après l'examen des baguettes et le jour de la troisième tâche, tu as bien vu comment Mr Diggory y a réagi.
- Oui, mais Rita Skeeter n'écrit plus, Hermione le lui a interdit sous peine de révéler que c'est un animagus non déclaré.
- Certes, mais ce que je cherche à te démontrer Harry, c'est ce que représente le pouvoir de la presse, qu'une chose soit vraie ou fausse, la plupart des gens s'en fichent, ils se contentent de croire ce qui est écrit. Et l'être humain est une créature particulièrement mesquine, les gens seront toujours plus facilement disposés à croire des médisances que de faire confiance à la bonté ou l'honnêteté d'autrui. Et qu'on soit moldu ou sorcier n'y change rien, séparément, n'importe qui peut faire preuve d'intelligence, mais en foule on est con, on se contente de suivre le mouvement. Et c'est ce que je veux te dire Harry. Cette année, beaucoup de ceux que tu croyais tes amis se montreront disposés à croire ce que dit la Gazette. Il faudra t'y préparer, essayer de garder ton calme même quand l'envie te prendra de tout envoyer en l'air.
Harry fit une moue, comme s'il essayait de résoudre de tête un calcul particulièrement compliqué.
- Oui… tu as sans doute raison. Mais que peut-on faire pour inverser la tendance ?
- Nous, rien je le crains. Mais je doute que Dumbledore soit homme à laisser les choses dégénérer sans rien tenter. Pour l'instant, il faudra nous en remettre à lui.
Arriva le deuxième week-end de juillet, et Harry dut retourner chez les Dursley. Juste avant de partir, il avait envoyé Hedwige à Ron, Hermione et Sirius pour lui raconter ces deux dernières semaines, du moins, ce qu'il pouvait dire dans un courrier. Il tenait à voir la tête que ses amis feraient quand il leur apprendrait ce que lui-même avait découvert, ou plutôt vaguement entraperçu, sur le passé de Dumbledore.
Les deux semaines suivantes passèrent pour Heather comme un éclair. Entre ses devoirs de vacances, le foot avec les copains, la plage le samedi et le dimanche, et la préparation pour son stage d'alpinisme.
Le stage lui-même fut génial. Il y avait trois groupes, en fonction du niveau. Les moniteurs étaient très compétents et expliquaient très bien les choses. Heather ne passa que deux jours dans le groupe des "débutants", et les trois derniers jours, elle passa même dans le groupe des "avancés". Elle ne s'y fit pas autant d'amis que dans la colonie de l'année précédente, mais retrouva quelques têtes qu'elle y avait vu. Une partie en fait du groupe de celles qui avaient participé à la randonnée-escalade. Quand elle escaladait une paroi, Heather faisait le vide complet en elle. Il n'y avait plus qu'elle, la paroi, et les gestes précis qu'elle devait faire pour progresser. Et ça avait quelque chose d'apaisant que le foot n'avait pas.
Quand elle revint chez elle, elle se jeta sur son courrier, en commençant par la lettre d'Abigail.
Salut Heather,
Et merci pour la carte postale. C'est toujours drôle de voir ma mère s'étonner de voir des photos qui ne bougent pas. Pourtant, ça fait près de vingt ans qu'elle vit avec mon père, elle devrait avoir l'habitude, à force. Enfin bref, ces vacances sont bien meilleures que les précédentes. Pour se faire pardonner du triste épisode avec sa sœur, ma mère a décidé qu'on irait faire une croisière en Méditerranée. C'était splendide ! Le soleil, la mer, les ports pittoresques, les spécialités italiennes, grecques, tunisiennes. Bref, on a passé un mois et demi de rêve. Je suis contente que ça se soit bien passé avec Harry, j'avais surtout peur d'une attaque de mangemorts ou que sais-je. Mais bon, tout c'est bien passé donc on va pas s'appesantir !
J'espère que ton stage se finira aussi bien qu'il a commencé et je te donne rendez-vous sur le quai de la gare, le premier septembre.
Bises
Abby
Heather sourit et décacheta la lettre de Rebecca
Bonjour Heather,
Comment vas-tu ? Moi ça va bien, et ça m'a fait plaisir d'avoir de tes nouvelles. Cette année, pas de vacances en Espagne. Comme le temps ici est superbe, mon père a décidé que les plages du Kent nous conviendraient très bien, et je dois dire qu'il a eu parfaitement raison. On a séjourné deux semaines dans un pavillon qu'un ami de mon père a bien voulu nous prêter, à Fairlight, près de Hastings. C'est une petite ville sympa, mais ma mère a pas voulu que j'aille en discothèque le soir, et à part la discothèque, y avait pas grand chose pour s'amuser. Mais bon, j'en ai bien profité quand même, et mon bronzage en fera encore verdir plus d'une !
Allez à bientôt !
Becky
Heather étaient heureuse de voir que ses amies ne s'étaient pas laissées aller à la morosité suite à la mort de Ceridwen. Elle avait surtout craint pour Rebecca, qui avait été la plus secouée. Mais visiblement, elles avaient pu profiter de leur été quand même. La vie continuait, et c'était bien ainsi. Elle-même avait tout fait pour profiter au mieux de ces vacances, car elle imaginait que Ceridwen n'aurait pas voulu qu'elles restent enfermées chez elles à se morfondre. Bien sûr, parfois elle forçait un peu son sourire, surtout lorsqu'elle n'avait pas pu dormir à cause de ses cauchemars. Mais ça finirait bien par passer. Elle vit une autre lettre sans nom d'expéditeur. Elle l'ouvrit.
Bonjour Heather, c'est Hermione.
Harry et Ron sont à côté de moi et te passent le bonjour. Tu n'es sans doute pas au courant, car même la Gazette a tu l'affaire, mais il s'est passé quelque chose d'assez grave à Little Whinging ce 2 août. Rassures-toi, Harry va bien. Apparemment, celui qui a le plus souffert ce soir-là a été son cousin Dudley. Ce soir-là, donc, Harry avait attendu la tombée de la nuit dans le parc, puis en voyant Dudley rentrer, il l'avait rattrapé. Ils ont alors été attaqués par des détraqueurs. Je suppose que tu te rappelles de ces créatures.
Comment Heather pouvait-elle ne pas se rappeler. Les détraqueurs la terrorisaient depuis le jour où l'un d'eux était entré dans leur compartiment, à elle et Luna Lovegood et leur avait fait perdre connaissance. Elle savait qu'ils avaient aussi beaucoup d'effet sur Harry, et pour cause, tous deux revivaient la mort de leurs parents quand ils étaient en présence de ces créatures. Elle reprit la lecture.
Bref, Harry n'a pas vraiment eu le choix et a du faire appel à son Patronus. Du coup, le ministère a voulu le renvoyer de Poudlard et briser sa baguette. Heureusement, Dumbledore a assuré la défense de Harry et a pu établir que Harry avait bel et bien agi en état de légitime défense. Bref, Harry a été innocenté et tout va bien pour lui. Nous sommes tous actuellement au même endroit, je ne peux pas te dire où pour des raisons de sécurité. Mais si tu as envie de passer la fin des vacances avec nous, tu n'auras qu'à nous le faire savoir en nous renvoyant Coquecigrue, on a demandé à tes parents de le garder pour que tu puisses nous répondre.
- Le hibou de Ron est ici ? demanda-t-elle à ses parents, surprise.
- Il est dans ta chambre, répondit sa mère. On a acheté une cage et un peu de nourriture en allant te chercher quelques fournitures scolaires, mais la liste exacte n'est pas encore arrivée. J'ai fait découvrir le Chemin de Traverse à ton père.
- C'est vraiment magnifique là-bas ! précisa ce dernier.
- Ton père était intenable. On s'est un peu fait remarquer. Il a même insisté pour essayer les baguettes de Ollivander, des fois que l'une d'elle lui conviendrait.
Heather lança un regard mi-consterné, mi-amusé à ses parents.
- Ben quoi ? Après ce que Mrs Tourdesac nous a appris, c'était légitime, non ?
- Mais oui chéri, répondit Mrs Wright d'un ton qui signifiait bien qu'elle pensait le contraire. Ah ! Oui ! On ne t'as pas dit encore, mais Mrs Tourdesac a terminé ses recherches, et il s'avère que ton père descend bel et bien de ce Bowman Wright. Elle nous a même obtenu un certificat du ministère pour le prouver.
- Ne me dites pas que papa a obtenu une baguette ?
- Non ! soupira Mr Wright de déception. Je suis définitivement cracmol.
Heather termina la lettre d'Hermione.
Si tu veux venir, on enverra quelqu'un te chercher un soir, aussi rapidement que possible, et on t'expliquera tout en détail une fois que tu seras arrivée.
A bientôt !
Hermione Granger, Ron Weasley et Harry Potter
Les parents de Heather lui apprirent qu'un certain Dean Thomas avait téléphoné, un peu avant qu'elle ne rentre. Elle se précipita alors sur le téléphone pour composer le numéro de son petit ami. Ils restèrent en ligne un moment, à se raconter leurs vacances. Quand elle raccrocha enfin, Heather demanda à ses parents s'ils voulaient bien qu'elle aille finir les vacances avec ses amis. Son père se montra un peu récalcitrant : il n'avait profité de sa petite fille qu'une poignée de jours sur deux mois, les deux premières semaines ne comptant pas selon lui car Harry était là et accaparait toute son attention. Mais finalement, sa fille et sa femme lui firent entendre raison – Mrs Wright usa de ses charmes – et Heather grimpa dans sa chambre écrire sa réponse. Elle caressa le petit hibou et l'envoya par la fenêtre après lui avoir accroché son message à la patte. Elle avait demandé s'il était possible d'emmener avec elle son chien. Le surlendemain, Coquecigrue rapporta la réponse.
Ce soir, à 22 heures, on enverra quelqu'un que tu connais. C'est d'accord pour ton chien, mais il devra rester sur place, tu ne pourras pas l'emmener à Poudlard.
Heather fit ses bagages aussitôt, si bien qu'elle dut ressortir sa trousse de toilette après coup. Elle trépigna toute la journée en se demandant qui allait bien pouvoir venir. C'est qu'elle ne connaissait pas tant d'adultes que ça chez les sorciers. Et apparemment, ce serait bien un adulte qui viendrait la chercher.
Le soir venu, Heather descendit ses valises dans l'attente de la personne qui devait passer la prendre. Quand elle arriva en bas, elle vit son père qui l'observait. Elle voyait bien dans ses yeux qu'il était triste qu'elle reparte déjà. Elle couru se blottir dans ses bras.
- Tu m'en veux pas, hein papa ?
- Non ! Tu es ma petite fille, et je veux que tu sois heureuse. Je sais que si tu restais ici, tu passerais ces deux semaines à te ronger les sangs en te demandant ce qui a bien pu arriver à ton frère. Mais tu vas beaucoup me manquer cette année encore.
- Toi aussi tu vas me manquer papa ! Tu continueras à m'enregistrer le foot pour que je puisse voir les meilleurs matches, hein ?
- Bien sûr !
Il lui déposa un baiser sur le front .
Mrs Wright les rejoignit et les regarda émue. Quand Heather le remarqua, elle quitta l'étreinte de son père, prit la main de chacun d'eux et les emmena au salon, sur le canapé, où ils attendirent blottis les uns contre les autres que vingt-deux heures sonne. Et à l'heure précise, on frappa à la porte. Heather se leva d'un bond et alla ouvrir. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir.
- Professeur Lupin !
- Bonsoir Heather ! lui sourit son ancien professeur de Défense contre les forces du mal.
- Venez, entrez ! Papa, Maman, je vous présente le professeur Lupin.
- Bonsoir monsieur, le salua Mrs Wright.
- Je vous en prie, appelez moi Remus. Toi aussi Heather… je ne suis plus professeur.
- Alors bonsoir Remus, salua Mr Wright d'une poignée de main virile.
- Vous voulez une tasse de thé ? proposa Mrs Wright.
- Oh ! Je ne voudrais pas abuser !
- Mais non ! Mais non !
- Acceptez prof… Euh Remus. Vous connaissez Mrs Weasley ?
Remus hocha la tête pour signifier que oui.
- Eh bien ma mère est pareille !
- Dans ce cas, ce sera avec plaisir.
En sirotant sa tasse de thé, Remus dut essuyer le feu nourri des questions des Wright. La plupart portant sur le lieu où il allait emmener leur fille. Il leur expliqua qu'il ne pouvait le leur dire car c'était un secret protégé magiquement et qu'il ne lui appartenait pas de le divulguer. Il fit connaissance avec le chien Sirius qui s'approcha timidement de lui, sentant sans doute le loup tapis au fond du charmant Mr Lupin. Ils parlèrent un peu des Potter. Remus leur vanta le courage de James – qui confinait parfois à l'inconscience – et la générosité de Lily, et leur dit qu'il retrouvait un peu tout cela en Heather. Puis il insista, on les attendait, et s'ils tardaient trop, on se ferait du souci. Il expliqua à l'adolescente qu'ils se rendraient sur place en transplanant. Il prit la valise de Heather, à laquelle étaient attachés son balai et la cage de Coquecigrue, dans une main, la main de la jeune fille dans l'autre. Elle même tenait la laisse de Sirius. Il pris plus d'une minute pour se concentrer, et soudain, Heather se sentit comme aspirée au travers d'un tube en caoutchouc trop étroit. Quand cette sensation disparut, elle n'était plus dans son salon, mais sur une place entourée de maisons assez vétustes.
