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La nouvelle chanson du Choixpeau

A la descente des diligences, Heather vit que Harry s'était retourné vers les étranges chevaux. Elle se précipita aussitôt vers lui.
- Harry ! Tu trouves ça bizarre, n'est-ce pas ?
- Oui, répondit-il. Et ça me fait peur. J'ai l'impression de devenir…
- Fou ? compléta Abigail. Il y a un bon moyen de s'en assurer.
- Alors, vous venez ! lança Ron qui avait déjà monté la volée de marches avant les grandes doubles portes.
- Deux minutes ! fit Heather. Va donc t'installer, et garde-nous une place !
Ron ne demanda pas son reste, et Abigail entraîna Heather et Harry en les tirant par la main à la hauteur d'un des chevaux tirant la dernière diligence, les autres étant déjà repartis vers la cabane de Hagrid.
- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Harry paniqué à l'idée de s'approcher de ces bêtes, et sans doute d'être vu par d'autres en train de s'intéresser à des animaux invisibles.
- Je vous l'ai dit, répondit Abigail. Il n'y a qu'un seul moyen de savoir si tu perds la raison ou non !
Et toujours sans lâcher les mains de Heather et Harry, elle toucha le flanc de l'animal. Il n'y avait aucun doute. La créature était bien là, devant eux. Les élèves qui étaient descendus de cette dernière diligence les regardèrent bizarrement. Mais le fait de sentir le contact de cet animal sous leur doigts soulagea quelque peu Heather et Harry.
- Becky, dit Abigail. Tu veux venir les toucher aussi ?
- Heu… je préfère pas… répondit la Poufsouffle. Ils n'ont pas l'air très engageants
A peine eut-elle souligné cet état de fait que les chevaux s'ébrouèrent, les faisant sursauter tous les trois. La diligence se remit en route et Heather et ses amis entrèrent donc dans le château puis dans la Grande Salle où ils se séparèrent, Abigail et Rebecca rejoignant leurs tables respectives, Harry et Heather allant rejoindre Ron, Hermione et Ginny à celle de Gryffondor. Sitôt installés, Harry remit sur le tapis l'absence de Hagrid. Hermione était du même avis que Heather, il ne devait pas encore être revenu de sa mission pour l'Ordre.

Hermione remarqua en premier la présence d'un nouveau professeur. Il s'agissait d'une femme assez âgée, petite, avec des cheveux châtains clair bouclés dans lesquels elle avait mis un bandeau rose bonbon assorti à la couleur de son cardigan de laine. Lorsqu'elle tourna la tête pour boire, Harry la reconnu visiblement.
- C'est cette bonne femme, Dolores Ombrage.
- Qui ? demandèrent Hermione et Heather en chœur.
- Elle était au tribunal, expliqua Harry. Elle travaille avec Fudge.
Si Ron prit le parti de se moquer de sa tenue vestimentaire, Hermione elle semblait soucieuse de savoir ce qu'elle pouvait faire ici.

Le professeur Gobe-Planche fit son apparition et s'assit à la place qui était habituellement celle de Hagrid. Quelques instants plus tard, le professeur McGonagall entra dans la grande salle par le hall suivie de la ribambelle d'élèves de première année. Elle posa le Choixpeau et le tabouret devant la table des professeurs et le silence se fit, tout le monde attendant que le chapeau s'anime, ce qui ne tarda pas. La déchirure sur le chapeau s'ouvrit et il se mit à chanter

Au temps anciens lorsque j'étais tout neuf
Et que Poudlard sortait à peine de l'œuf
Les fondateurs de notre noble école
De l'unité avait fait leur symbole
Rassemblés par la même passion
Ils avaient tous les quatre l'ambition
De répandre leur savoir à la ronde
Dans l'école la plus belle du monde
« Ensemble bâtissons et instruisons !»
Décidèrent les quatre compagnons
Sans jamais se douter qu'un jour viendrait
Où la destinée les séparerait.
Toujours amis à la vie à la mort
Tels étaient Serpentard et Gryffondor
Toujours amies jusqu'à leur dernier souffle
Telles étaient aussi Serdaigle et Poufsouffle
Comment alors peut-on s'imaginer
Que pareille amitié vienne à sombrer ?
J'en fus témoin et je peux de mémoire
Vous raconter la très pénible histoire.
Serpentard disait : « Il faut enseigner
Aux descendants des plus nobles lignées »,
Serdaigle disait : « Donnons la culture
A ceux qui ont l'intelligence sûre »,
Gryffondor disait : « Tout apprentissage
Ira d'abord aux enfants du courage »,
Poufsouffle disait : « Je veux l'équité
Tous mes élèves sont à égalité. »
Lorsqu' apparurent ces quelques divergences
Elles n'eurent d'abord aucune conséquences
Car chacun ayant sa propre maison
Pouvait enseigner selon sa façon
Et choisir des disciples à sa mesure.
Ainsi Serpentard voulait un sang pur
Chez les sorciers de son académie
Et qu'ils aient comme lui ruse et rouerie.
Seuls les esprits parmi les plus sagaces
Pouvaient de Serdaigle entrer dans la classe
Tandis que les plus braves des trompe-la-mort
Allaient tous chez le hardi Gryffondor.
La bonne Poufsouffle prenaient tous ceux qui restaient
Pour leur enseigner tout ce qu'elle savait.
Ainsi les maisons et leurs fondateurs
Connurent de l'amitié la valeur.
Poudlard vécut alors en harmonie
De longues années libres de soucis.
Mais parmi nous la discorde grandit
Nourrie de nos peurs et de nos folies.
Les maisons qui comme quatre piliers
Soutenaient notre école et ses alliés
S'opposèrent bientôt à grand fracas
Chacune voulant imposer sa loi.
Il fut un temps où l'école parut
Tout près de sa fin, à jamais perdue.
Ce n'était partout que duels et conflits
Les amis dressés contre les amis
Si bien qu'un matin le vieux Serpentard
Estima venue l'heure de son départ.
Et bien que l'on vit cesser les combats
Il laissait nos cœurs en grand désarroi.
Et depuis que les quatre fondateurs
Furent réduits à trois pour leur malheur
Jamais plus les maisons ne furent unies
Comme elles l'étaient au début de leur vie.
Maintenant le Choixpeau Magique est là
Et vous connaissez tous le résultat :
Je vous répartis dans les quatre maisons
Puisqu'on ma confié cette mission.
Mais cette année je vais en dire plus long
Ouvrez bien vos oreilles à ma chanson :
Bien que condamné à vous séparer
Je ne peux m'empêcher de douter
Il me faut accomplir ma destinée
Qui est de vous répartir chaque année
Mais je crains que ce devoir aujourd'hui
N'entraîne cette fin qui m'horrifie
Voyez les dangers, lisez les présages
Que nous montrent l'histoire et ses ravages
Car notre Poudlard est en grand péril
Devant des forces puissantes et hostiles
Et nous devons tous nous unir en elle
Pour échapper à la chute mortelle
Soyez avertis et prenez conscience
La répartition maintenant commence.

Les applaudissements s'élevèrent, mais moins vigoureux que les deux années précédentes, et accompagnés de murmures flagrants. A chaque table, les élèves échangeaient des commentaires avec leurs voisins. Même certains première année se permirent de chuchoter entre eux.
- Il a un peu débordé du sujet cette fois, dit Ron en haussant les sourcils.
- C'est vrai, approuva Harry.
- Moi, je trouve qu'au contraire, c'est la première fois qu'il nous parle clairement du sujet, intervint Heather.
- Je me demande s'il a jamais donné de tels avertissements dans le passé, dit Hermione légèrement inquiète.
Nick Quasi-Sans-Tête leur apprit qu'il l'avait fait à chaque fois qu'il estimait que la situation le nécessitait, mais il se tût ensuite car McGonagall attendait le calme pour appeler les élèves de première année.

Tout le monde se tut et la répartition commença. Le premier appelé, Euan Abercrombie, fut envoyé à Gryffondor. L'un après l'autre, les élèves furent répartis jusqu'à ce que Rose Zeller soit envoyée à Poufsouffle. Le professeur McGonagall reprit alors le Choixpeau et le tabouret, et Dumbledore se leva, dit un petit mot pour accueillir les élèves nouveaux et anciens et ouvrit le banquet de début d'année.
Ron se jeta sur la nourriture tandis que Nick Quasi-Sans-Tête racontait à Hermione qu'à chaque fois qu'une période de troubles s'annonçait pour l'école, le Choixpeau conseillait aux élèves de rester unis.
- Et il veut que toutes les maisons soient amies ? dit Harry en jetant un coup d'œil à la table des Serpentard où Malefoy tenait salon, entouré de sa cour habituelle. Il peut toujours rêver.
- Dis donc ! critiqua Heather. Je te signale que Abigail est à Serpentard, et elle est d'une compagnie très agréable. Et si elle est fréquentable, il y en a sûrement d'autres. Regarde mieux… tu verras que certains n'apprécient guère les manières de Malefoy.
Effectivement, comme l'année précédente, des Serpentard de différentes années ne prêtaient attention à Malefoy que pour montrer qu'ils n'appréciaient guère ce qu'ils entendaient. D'autres encore, l'ignoraient royalement.
Nick voulut appuyer les dires de Heather en parlant de sa bonne entente avec le Baron Sanglant, mais Ron et sa délicatesse naturelle vinrent vexer le fantôme. Le pire, c'est qu'il n'avait même pas conscience d'avoir royalement manqué de tact.

A la fin du repas, Dumbledore se leva et fit les recommandations de coutume. Il présenta le professeur Gobe-Planche qui assurerait les cours de Soins aux créatures magiques et le professeur Ombrage qui s'occuperait de ceux de défense contre les forces du mal. Mais alors qu'il allait parler des essais pour constituer les équipes de Quidditch, il fut interrompu par ladite Ombrage qui semblait vouloir faire son propre discours. Dumbledore la laissa faire et elle ne se priva pas pour parler en long, en large et en travers de l'implication que comptait prendre le ministère dans les affaires de l'école. Elle parlait avec une voix de petite fille, haut perchée et légèrement voilée qui ne semblait absolument pas naturelle. L'attention de la salle fut légèrement dissipée, et quand Dumbledore reprit, Hermione expliqua à Harry et Ron ce qui leur avait visiblement échappé dans ce discours. Il faut dire qu'avec ces deux rois de la nuance, il y avait de quoi faire. Mais Heather fut satisfaite de constater que Hermione avait retenu les mêmes phrases qu'elle et qu'elle en avait tiré les mêmes conclusions.
Elle n'eut pas le temps d'ajouter son opinion, car selon elle, c'était un euphémisme de dire que le ministère voulait se mêler des affaires de Poudlard. Mais Dumbledore en avait fini et les élèves se levèrent. Hermione et Ron durent rassembler les élèves de première année.

Heather et Harry sortirent ensemble de la Grande Salle et commencèrent à monter les marches de l'escalier de marbre quand ils furent rattrapés par Dean Thomas.
- Hey ! Te sauve pas si vite ! On ne s'est même pas vus de la journée ! lança t-il à l'attention de la jeune fille et sur un ton mi-moqueur, mi-boudeur.
- Bonsoir vous, fit Heather en lui souriant et en lui prenant la main.
- Je vais être jaloux, continua Dean sur le même ton. Tu as passé toute ta journée avec Harry, et tu n'as pas pensé une seconde à ton petit ami.
- Excuse-moi, mais j'ai eu tellement de choses en tête. Entre se dépêcher pour pas rater le train, discuter avec les personnes que je n'avais pas vues depuis longtemps, serait-ce par simple politesse, retrouver mes amies, clouer le bec de mes ennemies, et découvrir les nouveaux profs, je n'ai pas eu de temps à te consacrer. Mais j'étais quand même impatiente de te revoir.
- Bon, ça va, fit Dean. Tu es pardonnée.
Il lui déposa une bise sur la joue tandis qu'ils passaient le troisième étage. Arrivés devant le tableau de la Grosse Dame, Heather s'aperçut qu'elle ignorait le mot de passe, et c'était visiblement aussi le cas de Harry et Dean. Mais, fait extraordinaire, ce fut Neville qui vint leur sauver la mise. Comme il le leur précisa, il ne risquait pas d'oublier le mot de passe cette fois. C'était Mimbulus Mimbletonia.

Harry et Neville montèrent directement à leur dortoir. Heather resta pour souhaiter bonne nuit à Dean, ce qui dura plusieurs minutes. Puis elle redescendit jusqu'à son dortoir. Romilda Vane, Kate Lewis et Lucy Farmer étaient déjà en train de s'installer. Elle fut accueillie plutôt froidement. L'année dernière, les trois filles s'étaient rapprochées de Heather dans le seul but de pouvoir se rapprocher de Harry. Du moins, c'était le plan de Romilda. Mais Harry était déjà amoureux de Cho Chang et avait envoyé la pauvre Romilda sur les orties. Elle avait alors repris envers Heather la politique d'exclusion qu'elle lui avait déjà fait subir lors de leur première année. Seule Lucy se montrait encore assez sympathique avec Heather depuis qu'elle l'avait aidée à résoudre un problème de fille qui lui était tombé dessus sans qu'elle n'en sache rien. Mais en présence de Romilda, elle évitait de se montrer trop amicale avec sa camarade de chambre malgré tout.
- Tu traînes encore avec Potter ? grinça Romilda. C'est vrai que tu ne dois pas recevoir la Gazette du sorcier.
- Effectivement, je ne suis pas abonnée répondit Heather en s'efforçant de rester polie bien qu'elle comprit immédiatement où sa camarade de chambrée voulait en venir.
- Dans ce cas tu ne peux pas savoir. Mais Potter n'est pas très fréquentable. Il n'arrête pas de raconter des histoires rocambolesques pour attirer l'attention. En plus, il est potentiellement dangereux. Il paraît qu'il a fréquemment des crises psychotiques.
Heather lui sourit, s'approcha, et pinça la jeune fille à l'épaule.
- Aïe ! Ça fait mal ! T'es dingue ! protesta aussitôt Romilda.
- Ouh là ! Apparemment toi aussi tu as des crises psychotiques ! Peut-être devrais-je demander à changer de chambre.
Visiblement, la démonstration était d'un niveau trop élevée pour que Romilda comprenne. Aussi Heather décida-t-elle de lui mettre les points sur les "i".
- Quand tu as eu mal, tu as crié. Et bien Harry c'est pareil. Quand il a mal, il crie. Ce n'est pas sa faute si une commère qui trouverait à médire sur un saint à décidé de faire passer ça pour des crises psychotiques.
- Ça c'est toi qui le dit ! répliqua Kate. Que c'est des médisances ce qu'il y a dans la Gazette.
- Oui ! Mais je te retourne la remarque. Le fait que ce soit des crises psychotiques et non une douleur réelle, le fait que Harry ait menti, c'est les journalistes qui le disent. Mais est-ce qu'un seul connaît vraiment Harry ? Bien ! Si vous n'avez rien de plus constructif à me dire, moi je vais me coucher !
Et elle s'installa dans son lit en tirant les rideaux du baldaquin. Elle se mit en pyjama et se glissa sous les couvertures pour se laisser emporter par la fatigue. Elle dormit bien mieux cette nuit que la précédente. Cette rentrée ne s'était pas déroulée aussi bien qu'elle l'espérait, mais elle était de retour à Poudlard, et ses amis étaient toujours ses amis. Tout ne pouvait donc que s'arranger.


NDLA : Voilà ! Les bases sont posées... L'histoire va pouvoir démarrer. Et j'espère que je punirai assez Ombrage à votre goût.

Auctor : encore merci de ta fidélité... dire que sans toi je n'aurai plus une seule réview ! Mais que font Alexandra, Diem, Kiraidan, Maylie Potter ? Ils n'aiment plus mon histoire ? Ils pourraient au moins me dire pourquoi...