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Décret d'éducation numéro vingt-quatre
Heather avait conduit Dean dans la salle de la Dame Bleue. Comme à chaque nouvelle personne qu'on y amenait, il fallait que celui-ci parvienne à plaire à l'occupante du tableau pour pouvoir pénétrer dans la pièce secrète. Mais Dean étant toujours aimable et souriant, cette partie-là fut bien plus facile, du point de vue de Heather, que de se décider à lui dire qu'elle souhaitait rompre avec lui. D'autant qu'apparemment, Dean n'avait pas comprit qu'ils allaient réellement discuter, et que sitôt entrés, il la prit dans ses bras pour l'embrasser.£
- Écoute Dean… Je voudrais vraiment te dire quelque chose, dit-elle d'un ton réprobateur en le repoussant.
- Oh, pardon… je pensais que… Enfin bref. De quoi voulais-tu me parler ?
- C'est pas facile à dire mais je…
Heather hésita, fallait-il d'abord expliquer les circonstances et ensuite lui annoncer la chose, ou d'abord lui annoncer la chose et ensuite lui expliquer pourquoi. Finalement, elle choisit la première option.
- Tu sais j'ai repensé à notre relation ces derniers temps… C'est vrai que je t'ai un peu négligé.
- C'est pas grave, répondit Dean. Ce n'était pas intentionnel.
- Certes, reprit Heather. Mais je viens de comprendre que ça avait des raisons plus profondes que le fait d'avoir beaucoup d'autres choses dans la tête. Lorsqu'on s'est retrouvés dans le salon de thé je…
- Oui ! fit Dean. L'ambiance était un peu particulière. Moi aussi je n'étais pas très à l'aise. Je me demande comment faisaient certains de ces couples pour agir ainsi en public.
- C'est sans doute parce qu'ils sont amoureux, et qu'ils n'ont donc rien à faire du regard de autres.
- Moi aussi je t'aime, mais je ne voudrais pas pour…
Dean s'arrêta en plein milieu de la phrase. Il venait sans doute de comprendre ce que Heather avait sous-entendu.
- Ce que j'essaie de te dire, Dean, c'est que en me retrouvant avec toi là-bas. Je me suis rendue compte que les sentiments que j'ai pour toi ne sont pas des sentiments amoureux.
- Mais… Mais pourtant je croyais que…
- Moi aussi je le croyais, dit Heather. Comprend bien, je ne dis pas que je ne t'aime pas. En fait, je tiens beaucoup à toi, tellement que j'ai longtemps confondu ça avec de l'amour. Mais en fait, je n'ai pas envie que ça aille plus loin entre nous.
- Je… c'est… C'est à cause de quelque chose que j'ai fait ? demanda le jeune garçon.
- Non ! C'est moi… c'est moi qui n'ai pas su comprendre la véritable nature de mes sentiments. Dean je… Je suis désolée si je te fais de la peine, mais je préfère être franche. J'espère juste que nous pourrons rester amis. Je te l'ai dit, je tiens beaucoup à toi.
- Oui ! bien sûr, répondit Dean d'une voix éteinte. Bon… ben je vais pas t'embêter plus longtemps.
Il repassa le tableau de la Dame Bleue sans laisser à Heather le temps de le retenir.
Le dimanche, Heather passa son temps avec Abigail et Rebecca. Elle terminèrent quelques devoirs encore incomplets et réfléchirent à une salle qui pourrait servir pour le groupe de Défense contre les forces du mal.
- Il y a bien quelques salles inusitées qui pourraient servir, dit Abigail. Mais le problème c'est que n'importe qui peut y accéder et donc nous surprendre.
Le lundi matin arriva, et avec lui une nouvelle pour le moins inquiétante. Dans la salle commune de Gryffondor était affiché sur le panneau un écriteau si grand qu'il recouvrait tout le reste :
PAR ORDRE DE LA GRANDE INQUISITRICE DE POUDLARD
Toutes les organisations, associations, équipes, groupes, et clubs d'élèves sont dissous à compter de ce jour.
Une organisation, association, équipe, groupe ou club se définit par le rassemblement à intervalles régulier de trois élèves ou plus.
L'autorisation de former à nouveau de tels rassemblements doit être demandée à la Grande Inquisitrice (professeur Ombrage).
Aucune organisation, association, équipe, groupe ou club d'élèves ne peut exister sans l'approbation de la Grande Inquisitrice.
Tout élève fondateur ou membre d'une organisation, association, équipe, groupe ou club qui n'aurait pas été approuvé par la Grande Inquisitrice serait immédiatement renvoyé de l'école.
Les mesures ci-dessus sont prises conformément au décret d'éducation numéro vingt-quatre.
Signé : Dolores Jane Ombrage, Grande Inquisitrice
Harry et Ron furent très inquiets et cherchèrent alors à aller voir Hermione dans sa chambre. Ils découvrirent, ainsi que Heather d'ailleurs, qu'aucun garçon ne pouvait mettre un pied sur l'escalier du dortoir des filles sans déclencher une alarme et des mesures anti-intrusions qui en l'occurrence consistaient à transformer l'escalier en toboggan. Hermione arriva peu après et lu l'écriteau. Quand Ron émit l'idée que quelqu'un était allé rapporter à Ombrage, Hermione expliqua que si c'était le cas, ils sauraient bien vite de qui il s'agissait, car elle avait ensorcelé le parchemin pour piéger un éventuel mouchard.
Au petit déjeuner, il soufflait comme un vent de panique. Le point positif, c'est que nombre d'élèves qui n'étaient pas concernés par leur réunion du samedi étaient tous aussi survoltés que les jumeaux, qui furent néanmoins ravis d'apprendre que Harry avait l'intention de maintenir leur idée de cours secrets, ou que Angelina Johnson, qui supplia Harry de bien se tenir avec Ombrage afin qu'ils aient une chance de pouvoir remonter l'équipe de quidditch. De plus, Hermione eut la bonne idée de faire comprendre aux préfets des autres maisons de ne pas venir la voir ici, et fit circuler rapidement le mot pour éviter que les élèves des autres maisons ne viennent se plaindre à la table de Gryffondor. Heather quand à elle comptait attendre Rebecca à la sortie et aller trouver Abigail. Mais elles n'en eurent pas besoin car la Serpentard avait eu la même idée que la Gryffondor. Elles s'empressèrent toutes trois de se rendre dans un passage secret qui normalement n'était pas connu de Rusard pour en discuter. Par mesure de précaution, elles évitèrent tout de même d'élever la voix.
- Je crois qu'on est mal partis, fit Rebecca défaitiste.
- Ne t'inquiète pas Becky, assura Heather. Le projet de cours avec Harry tient toujours. Il faudra juste être bien prudents et trouver une salle sûre. Qui plus est, je ne vais pas laisser Ombrage s'en tirer comme ça.
- Hou là ! souffla Abigail. Je connais ce regard. Tu as une idée derrière la tête.
- Moi, non ! Cette idée a plus de deux cents ans. Je crois qu'il est temps de donner un petit cours d'histoire à Ombrage. Mais pour ça on va avoir besoin de main d'œuvre.
- Tu veux qu'on rassemble tous ceux qui sont venus samedi ? demanda Abigail.
- Non, au contraire, ce serait mieux qu'il n'y ait pas trop de personnes de samedi. Il faudrait aller piocher dans les groupes les plus mécontents de cette décision : les équipes de Quidditch, les clubs de bavboules, de Divination et de Sortilèges. En espérant que d'ici à ce soir, il n'y en ait pas trop qui aient à nouveau obtenu le droit de se recréer, pour que le mécontentement soit véridique et irréfutable.
De la matinée, les trois filles occupèrent donc chaque moment de libre, même pendant les interclasses, à recruter les élèves issus des différents clubs et associations de l'école. A midi, elles firent le point.
- Bon, déjà, Malefoy est allé plaider la cause de l'équipe de Quidditch de Serpentard et Ombrage lui a tout de suite accordé son autorisation, expliqua Abigail. J'ai entendu dire qu'elle avait par contre refusé pour l'instant ce droit à l'équipe de Poufsouffle. Quand à celles de Serdaigle et de Gryffondor, les capitaines doivent aller trouver Ombrage en fin d'après-midi. Elle a par contre clairement refusé sa permission au club de bavboules, le président est effondré, comme plusieurs membres du club, d'autres sont furieux.
- Bien ! Au moins on pourra compter sur eux. J'espère que d'ici ce soir, elle n'aura pas autorisé trop de clubs à se réunir.
A la fin des cours, Heather fila à la sortie de la classe de Potion.
- Ah, Hermione ! Viens ! J'ai besoin de toi !
Elle ne laissa pas le temps à l'amie de son frère ou même à ce dernier de dire quoi que ce soit, elle tirait déjà Hermione vers l'escalier menant au hall puis à l'étage, et enfin la fit entrer dans une salle de classe vide.
- Mais enfin Heather ! Tu vas me dire ce qu'il y a ?
- Est-ce que tu connais un sortilège pour dupliquer à volonté une feuille de papier genre tract ?
- Rien de plus facile ! fit Hermione Tu veux combien d'exemplaires ?
- Des dizaines, répondit Heather. Des centaines si possible.
- D'accord, fit Hermione en hochant la tête pour affirmer que c'était faisable.
Elle sortit ses notes de la journée.
- Ce sortilège permet de dupliquer un objet, n'importe lequel. L'inconvénient, à priori, c'est qu'il ne fait qu'une copie à la fois. Mais pour des feuilles de papier, c'est plus simple, car une pile de papiers ou de parchemins est considérée comme un seul objet.
Elle posa ses notes empilées sur une table, pointa sa baguette et dit :
- Fac simile !
Aussitôt, une deuxième pile de notes se matérialisa à côté de la première.
- Et voilà. L'incantation est simple, et ça marche en général tout de suite. Le seul problème, c'est que selon le volume de l'objet, ça peut consommer une grande partie de tes réserves magiques.
- Merci Hermione ! dit Heather avec gratitude.
- Mais au fait, je peux savoir ce que tu veux multiplier ? demanda son aînée.
- Bien sûr, répondit Heather. Par contre, il faudrait que toi, Harry et Ron restiez en dehors de tout ça. Il vaut mieux éviter qu'Ombrage puisse vous reprocher quoi que ce soit.
Heather sortit une feuille de son sac. C'était un imprimé moldu, à n'en pas douter, mais lorsqu'elle le vit, Hermione étira sa bouche en un grand sourire.
- Mais comment n'y ai-je pas pensé moi-même !
- Je te l'ai dit, c'est mieux que ça ne vienne pas de toi, répondit Heather.
- Et tu as fait ça en une journée ! s'étonna Hermione avec une pointe d'admiration dans la voix.
- Non ! répondit Heather en montrant le haut de la feuille. J'ai trouvé ça y a une semaine, et j'ai demandé un peu d'aide à ma mère pour le reste. Et l'idée, je l'ai eu grâce à Dumbledore. En fait, je pensais pas que ça servirait aussi vite.
Une heure plus tard, Heather retrouva Rebecca et Abigail pour un dernier briefing.
- Le club de bavboules est derrière nous, annonça Rebecca avec fierté.
- Les joueurs de Quidditch de Serdaigle aussi, dit Abigail. Cho sera là, je n'ai pas réussi à l'en dissuader.
- Ce n'est pas grave, répondit Heather. Zacharias Smith aussi sera des nôtres. De toute façon, comme je l'ai dit, c'est mieux si on n'associe pas le groupe de samedi à ce que nous allons faire. Donc il faut pas qu'il y ait trop de monde du groupe de samedi, mais c'est bien qu'il y en ait tout de même quelques uns. Si tous en étaient absents, là aussi ça ferait louche.
- Il ne reste plus qu'à savoir quand agir, dit Abigail.
- Ce sera demain matin, vous pouvez faire circuler le mot. Si certains émettent encore des réserves, vous n'aurez qu'à leur dire que c'est moi qui mènerai l'opération, et qu'ils n'auront qu'à me suivre. De toute façon, Ombrage ne pourra rien nous faire.
Après avoir copieusement mangé, Heather remonta à la tour de Gryffondor, elle trouva Harry, Ron, et Angelina Johnson qui semblaient abattus.
- Et bien ? Pourquoi faites-vous ces têtes d'enterrement ? demanda-t-elle.
- Ombrage ne nous a pas encore accordé l'autorisation pour l'équipe de Quidditch, répondit Angelina.
- Elle veut nous faire mariner, compléta Harry.
- Bah ! C'est dommage pour la séance de ce soir, mais je vous garantis que dès demain matin, Ombrage devra faire profil bas.
- Comment ça ? s'étonnèrent-ils tous les trois.
- Ça ! Il vaut mieux que je ne vous le dise pas. Vous verrez bien demain matin. Je peux garantir que dès demain, ça ira mieux pour nous.
Après avoir fait les devoirs demandés par les professeurs dans la journée, Heather se leva alla ranger ses affaires et revint dans la salle commune pour demander à Harry sa cape d'invisibilité ainsi que la Carte du Maraudeur.
- Sois prudente, se contenta de répondre Harry.
- Toujours, lui sourit-elle.
Elle quitta l'antre des Gryffondor, et mit en place tous les préparatifs pour le lendemain. Il était plus de minuit quand elle revint dans la salle commune, juste quelques instants avant que Fred et George n'aillent se coucher en faisant ostensiblement tinter un sac de cuir sous le nez d'Hermione.
- Tu arrives juste à temps ! lança Ron à Heather. Sirius ne devrait plus tarder.
- Quoi ! s'exclama-t-elle. Vous auriez pu me prévenir. Heureusement que j'ai fait vite !
- Désolé, dit Harry.
- Salut tout le monde ! dit Sirius dont la tête venait d'apparaître dans la cheminée.
- Salut Sirius, répondirent-ils tous les quatre en chœur.
- Comment ça se passe ? demanda Sirius.
- Pas trop bien, répondit Harry. Le ministère a fait passer un nouveau décret qui nous interdit d'avoir notre équipe de quidditch…
- Ou de former un groupe de Défense contre les forces du mal ? acheva Sirius.
Il y eut un bref silence.
- Comment tu sais ça ? s'étonna Harry.
- Vous devriez vous montrer plus prudents dans le choix de vos lieux de rendez-vous, répondit Sirius avec un sourire encore plus large. La Tête de Sanglier, non mais vraiment !
- En tout cas, c'était mieux que les Trois Balais ! répliqua Hermione sur la défensive. Là-bas, c'est toujours plein de monde…
- Ce qui signifie qu'il aurait été plus difficile d'entendre ce que vous disiez. Tu as encore beaucoup à apprendre Hermione.
Heather eut un léger sourire moqueur. C'était vrai qu'en y repensant, une trentaine d'élèves de Poudlard qui se réunissaient à la Tête de Sanglier, pas un des clients n'avaient raté ça. Ni Mondingus Fletcher, qui surveillait Harry pour l'Ordre comme le leur apprit Sirius, ni aucun des autres, qui pouvaient très bien dissimuler des espions du ministère. Tandis que s'ils étaient allés aux Trois Balais, comme tout le monde à l'habitude de voir les élèves de Poudlard s'y réunir, personne n'y aurait fait attention. Cela dit, il aurait été faux de dire que ça aurait été sans risques de se réunir là-bas.
Sirius transmit à Ron un message de la part de sa mère lui interdisant formellement de prendre part à un groupe illicite, et conseillant aussi à Harry et Hermione d'abandonner cette idée. Il s'empressa d'ajouter ensuite que lui était tout à fait d'accord avec ladite idée, que compte tenu des circonstances, c'était la meilleure chose à faire. Il essaya de les aider pour la salle où ça aurait lieu en proposant la cabane hurlante, idée très vite démontée par Hermione et Heather, puis il proposa le passage secret derrière le miroir du quatrième étage, mais cette fois, ce fut Harry qui lui apprit qu'il y avait eu un éboulement qui avait condamné ledit passage. Il promit d'y réfléchir, mais s'arrêta en cours de phrase et disparut. Immédiatement après, une main apparut à la place de la tête de Sirius. Des doigts boudinés et surchargés de bagues, ne laissant aucun doute quand à leur propriétaire, tentèrent de se refermer sur le vide laissé par la disparition de Sirius. Harry, Ron Hermione et Heather eurent tous un sursaut de terreur. Ils retournèrent tous dans leurs chambres sans autre forme de procès.
Le lendemain matin, Heather se dépêcha de se préparer pour descendre au plus vite dans la Grande Salle. Vers sept heures et demie, pratiquement tous les élèves et tous les professeurs étaient à table pour prendre leur petit déjeuner. Elle parcouru l'ensemble de la salle des yeux, attrapant ça et là des regards d'assertion, elle se leva alors et avança vers la table des professeurs pour se planter devant Ombrage.
- Vous voulez me dire quelque chose ? demanda cette dernière un peu surprise.
- Effectivement, répondit Heather.
- Et cela ne peut attendre le cours que nous avons d'ici une demi-heure ?
- Non, car je n'y serai pas.
- Et pourquoi donc ne seriez vous pas présente à mon cours ?
- Parce qu'aujourd'hui, les élèves de Poudlard sont en grève ! déclara Heather haut et fort, de sorte que tout le monde entendit bien.
- Plait-il ? s'indigna Ombrage. Vous n'avez pas le droit de faire grève !
- Ah vous croyez ? répliqua Heather en montant encore la voix. J'ai l'impression que vous avez besoin d'un petit cours d'éducation civique, professeur Ombrage. Connaissez-vous la Constitution Internationale Sorcière ?
- Sans doute mieux que vous, jeune fille !
- Ça, je ne crois pas ! Il est stipulé, dans cette constitution, un article très intéressant, l'article huit, qui précise que tout sorcier, afin de protéger le code du secret, doit être enregistré à l'état civil de son pays natal, ou le cas échéant, du pays pour lequel il a fait une demande de nationalisation. Par conséquent, tout sorcier est avant tout citoyen de son pays, et est donc soumis aux lois et protégé par les droits moldus dudit pays !
- Je ne vois pas quel rapport cela a avec le fait que vous fassiez grève ! répliqua Ombrage, plus têtue qu'une mule, comme l'avait heureusement espéré Heather.
- Il y a plus de deux cents ans, en France, a été rédigé ce que les Nations Unies reprendront en 1948 sous le nom de Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Il y a quelques années, en 1990, la plupart des pays de l'ONU, et la Grande Bretagne en fait bien évidemment partie, ont également ratifié la Convention Internationale des Droits de l'enfant. En substance, ces documents garantissent certains droit à tout individu, sans distinction d'âge, de sexe, de nationalité, de religion ou de rang social. Ce sont des droits et des libertés que nous possédons tous. Vous, moi, ce garçon de Poufsouffle, cette fille de Serdaigle, le professeur Dumbledore, Harry Potter, tout le monde ! Il s'agit de la liberté d'opinion, de la liberté d'expression, de la liberté d'association mais aussi du droit à l'enseignement. Par conséquent, vous allez immédiatement joindre Mr Fudge pour lui demander d'annuler le décret d'éducation numéro vingt-quatre qui bafoue ces droits.
- Je ne vous permet pas ! s'emporta Ombrage. Vous croyez qu'une petite fille comme vous va faire la loi dans cette école !
- Oh mais elle n'est pas seule ! lança une voix derrière Heather. Il s'agissait du président du club de bavboules. Il avait rejoint la jeune fille ainsi que les capitaines des équipes de Quidditch de Serdaigle et Poufsouffle. Aux tables des maisons, les membres de ces différents clubs se tenaient debout et fixaient la table des professeurs. S'étaient également levées Abigail, Rebecca et Luna Lovegood. A la table des professeurs, beaucoup observaient la scène, la plupart, ne montraient que de l'intérêt pour les propos de leurs élèves. Rogue bien sûr n'afficha qu'une moue dégoûtée, Dumbledore quand à lui avait un large sourire aux lèvres.
- Retenue ! Vous aurez tous une retenue ! cria Ombrage qui frôlait l'hystérie.
- Pour avoir voulu faire valoir nos droits ? répliqua Heather. Je ne crois pas non. Il y a un autre article dans la CIS qui stipule que le chef du gouvernement moldu de chaque pays doit être mis au courant de l'existence des sorciers afin d'aider les autorités sorcières à protéger le Code du Secret et aussi à assurer aux sorciers le respects de leurs droits en cas de dérapage du gouvernement sorcier. J'ai donc pris une petite mesure de sécurité. Il y a une lettre, quelque part, qui avertira le Premier Ministre moldu des récents abus du Ministère de la Magie, si je ne fais pas signe quotidiennement à un certaine personne que ce n'est pas nécessaire de l'envoyer…
Ombrage pâlit. Heather su qu'elle avait gagné. Mais cette victoire ne s'arrêterait pas là. Elle se retourna vers les élèves.
- Les responsables des différents clubs et équipes de Poudlard vont procéder à la distribution d'une affiche récapitulant les textes qui nous garantissent le droit d'exprimer librement nos opinions, de nous réunir où et quand bon nous semble, et à autant de personnes que nous le désirons. Si d'aventure vous égariez votre exemplaire, il y en a plusieurs paquets disponibles à la bibliothèque et dans chaque salle de classe. Nous invitons cependant tous ceux qui sont prêts à défendre leurs droits, à ne pas se rendre en cours ce matin. Il fait encore beau, nous allons profiter de ce qui pourrait être la dernière matinée ensoleillée de la saison pour protester pacifiquement dans le parc de Poudlard. Notez bien qu'il ne s'agit pas de profiter de l'occasion pour sécher les cours, mais bel et bien pour faire savoir que vous êtes prêts à défendre vos droits. D'ailleurs, si des professeurs veulent se joindre à nous, ils y sont cordialement invités.
Plusieurs élèves distribuèrent donc les tracts que Heather avait multiplié la veille. Elle-même en sortit plusieurs qu'elle remit à chacun des professeurs. Elle repartit ensuite vers les portes de la Grande Salle et du château, entraînant dans son sillage Abigail et Rebecca, puis les membres des différents clubs et équipes de Poudlard, les joueurs de Gryffondor s'étaient bien évidemment joints au groupe, mais en montrant seulement leur réaction après-coup. Une fois dehors et la foule éparpillée en petits groupes de trois ou quatre, Heather tomba dans les bras de Rebecca, ses jambes la lâchant en même temps qu'elle relâcha la pression.
- Tu as été formidable, dit Abigail en venant elle aussi à son aide. On aurait dit Artemisia Lufkin ! Toute la salle était suspendue à tes lèvres !
- Et moi j'ai jamais eu autant le trac de toute ma vie, répondit Heather.
Dans la matinée, un journaliste vint à Poudlard. Il s'agissait d'un journaliste indépendant qui travaillait souvent pour le Chicaneur. Luna l'avait contacté la veille. Heather lui expliqua les motifs de son mouvement de grève, et clama que Fudge n'était qu'un pleutre qui préférait faire l'autruche plutôt que d'admettre que Harry Potter et Dumbledore pouvaient dire la vérité, et que dans son entêtement il en devenait paranoïaque et tyrannique. Luna expliqua que le Chicaneur de Novembre publierait l'article. Mais le journaliste promit d'essayer de se faire publier par d'autres revues qui paraîtraient plus tôt, bien conscient que la Gazette, elle, ne le publierait pas.
