NDLA : Un chapitre posté un jour plus tôt que d'habitude, mais je n'étais pas certain de pouvoir le faire demain... remarque, c'est pas vous qui allez vous en plaindre ! Bonne lecture !

13
La mauvaise nouvelle de la rentrée

Ils ne dormirent pas longtemps, deux heures tout au plus. Molly les réveilla pour le déjeuner après quoi ils se rendirent tous à Ste Mangouste, accompagnés de Maugrey et de Tonks, en prenant le métro. Ron, Ginny et les jumeaux étaient émerveillés comme des petits enfants par cette chenille de métal qui se déplaçait à toute vitesse sous terre. Ils sortirent dans le quartier de la City et prirent une petite ruelle. L'entrée de l'hôpital était située au niveau de la vitrine d'un vieux magasin abandonné. Comme pour le quai 9 ¾, il suffisait de passer à travers. Ils se retrouvèrent dans un hall rempli de monde, entre les visiteurs qui venaient voir les patients, des sorciers qui visiblement subissaient des effets néfastes de sortilèges ou de produits mal employés. Il y avait un sorcier assez sale qui tintait comme une cloche, un femme avait le visage rubicond, transpirait beaucoup et de la fumée sortait de sa bouche qui émettait le sifflement caractéristique d'un sifflet de train.

Des sorciers et sorcières vêtus de robes vertes arpentaient les rangs des malades, leur posant toutes sortes de questions, sans doute pour analyser de quel maux ils souffraient. Ils firent ensuite la queue au bureau des renseignements, derrière lequel se trouvait le portrait que Heather reconnu comme l'ancienne directrice de Poudlard à qui Dumbledore s'était adressé la veille. Elle fit un clin d'œil à Harry puis disparut. Après s'être un peu approchée, Heather pu lire le plan des différents services. Du rez-de-chaussée au quatrième étage, il y avait les accidents matériels, les blessures par créatures vivantes, les virus et microbes magiques, les empoisonnements par potions et plantes et les pathologies des sortilèges. Le cinquième étage contenait lui un salon de thé et la boutique.

Quand la sorcière de l'accueil eut renseigné Mrs Weasley sur la salle où se trouvait son mari, ils montèrent tous au premier étage. D'après le panneau à la porte, la salle Dai Llewellyn était réservée aux victimes de morsures graves. Maugrey dit qu'ils attendraient dehors, que Arthur voudrait voir sa famille d'abord, aussi Harry et Heather restèrent-ils en retrait quand les Weasley entrèrent, mais Molly se retourna vers eux. « Ne soyez pas stupide, entrez ! Arthur sera content de vous voir, et voudra te remercier Harry. » Ils entrèrent donc. Dans la salle, il n'y avait que trois patients. Arthur Weasley était dans le lit du fond, près de la fenêtre. Il était adossé à une pile d'oreillers et lisait la Gazette.

Il accueillit ses visiteurs avec le sourire et semblait aller très bien. Cependant, d'après ce qu'il expliqua, le venin du serpent empêchait ses blessures de cicatriser, mais les guérisseurs avaient bon espoir de trouver un antidote. Les jumeaux essayèrent de le faire parler pour avoir plus de détails sur son agression. Il faillit visiblement vendre la mèche mais Mrs Weasley le reprit, et il ne voulut plus rien dire sur le sujet par la suite. Cependant, d'après ce qu'il avait dit, et si le ministère ne tenait pas à ce que ça s'ébruite, c'est qu'il devait se trouver au ministère, précisément. Heather garda cependant ses conclusions pour elle, du moins pour l'instant. Mr Weasley s'entêtait à parler de l'arrestation d'un certain Willy Larebrousse mais Fred et George ne cessaient de parler de l'attaque. Ils pensaient, sans doute à juste titre, que leur père montait la garde là où se trouvait l'arme dont Sirius avait parlé cet été. Mais quand ils en vinrent à cette conclusion, Mrs Weasley mit les enfants dehors et Tonks et Fol Oeil entrèrent. Cependant, Fred et George sortirent des oreilles à rallonge.

Ils apprirent que Dumbledore s'attendait à ce que Harry ait ce genre de vision, mais que ça ne l'inquiétait pas moins. Ce qui choqua le plus Harry fut ce que dit Maugrey ensuite : il révéla, pour Fred, George et Ginny qui l'ignoraient, que Potter avait assisté à la scène comme s'il était le serpent, et il émit l'hypothèse que Voldemort ait pris possession de Harry.

Harry ne dit pas un mot jusqu'à leur retour square Grimmaurd, et Molly qui s'inquiétait pour lui l'envoya se coucher, chose à laquelle il acquiesça volontiers.

Il ne fit qu'une brève apparition le lendemain matin au petit déjeuner, en fait, dès que Heather, toujours plus matinale que les enfants Weasley, mit le pied dans la cuisine, Harry sortit et retourna dans les étages. De la journée, il fit tout ce qu'il pouvait pour éviter toute forme de compagnie. Heather se doutait que pour Harry, apprendre qu'il était peut-être manipulé par Voldemort devait être un sacré coup dur, mais elle ne voyait pas quoi dire. Avec Ron et Ginny, ils discutèrent de cette possibilité. Ou plutôt, Ron demanda aux deux filles ce qu'elles en pensaient. Heather devait avouer que c'était une possibilité, mais Ginny se montra totalement réfractaire à cette idée.
- De toutes façons, Harry n'était pas au ministère cette nuit là, mais dans son lit à Poudlard, et ça, Ron, Neville, Dean et Seamus en sont témoins ! argumenta-t-elle pour clore le débat alors que Harry arrivait justement dans la cuisine pour manger.
Il ne leur accorda pas un seul regard et s'empressa d'avaler son assiette avant de remonter.

Heather était de plus en plus désemparée au fur et à mesure que l'après-midi s'écoulait. Le lendemain, elle retournerait à Godric's Hollow, et il n'y aurait alors personne pour discuter avec Harry quand celui-ci en aurait besoin. Car pour ce qui touchait à une question si délicate, Ron ne ferait pas l'affaire, et elle savait qu'il ne se confierait pas à Ginny. Heureusement, le soir venu, une bonne nouvelle arriva d'un coup de sonnette qui fit démarrer la machine à jurons de l'entrée au quart de tour. Molly alla ouvrir tandis que Sirius tentait de calmer le portrait de sa mère. Quelle ne fut pas la surprise de tout le monde, mais surtout de Ron, de voir arriver Hermione avec ses valises.
- Ça va vous tous ? Où est Harry ? demanda-t-elle immédiatement.
- Il n'a pas trop le moral, expliqua Heather, il est resté enfermé toute l'après-midi avec Buck au grenier.
- C'est depuis notre visite à Ste Mangouste, expliqua Ginny. Maugrey a dit des choses inquiétantes à son sujet. Ça a dû le perturber.
- Qu'est-ce qu'a dit Maugrey ? demanda Hermione.
- Il… hésita Ron. Il a dit que Voldemort avait peut-être pris possession de Harry.
- Bon, allez dans la chambre des garçons tous les trois, je vais le faire sortir de sa tanière. J'ai plein de choses à vous demander à tous et j'ai pas envie de me répéter.
Ils montèrent donc jusqu'au deuxième étage, et Hermione continua tandis que Ron invita sa sœur et Heather à entrer. Les deux Weasley s'assirent sur le lit de Ron tandis que Heather préféra celui de son frère.

Hermione revint quelques minutes plus tard avec Harry qui visiblement ne s'attendait pas à les voir tous réunis. Hermione s'assit à côté de Heather, et demanda à Harry comment il se sentait. Quand elle lui parla de ce que lui avaient dit Heather et les Weasley, il s'emporta, mais quand Ginny lui fit valoir que sa réaction était stupide car elle-même avait déjà été possédée par Voldemort, il se sentit un peu idiot, il continua cependant à penser que Voldemort s'était servi de lui pour attaquer le père de Ron jusqu'à ce qu'on lui démontre par A plus B que ce n'était pas le cas. Dès lors, il retrouva sa bonne humeur. Heather ne pu cependant guère en profiter que le soir et le lendemain matin, car elle dut ensuite se rendre à King's Cross pour prendre le train qui la ramènerait à Godric's Hollow.

Elle fut contente de constater que ses affaires avaient été ramenées chez elle ainsi que Endymion, son hibou, et Sirius, son chien. Elle passa un agréable Noël où elle se vit offrir par ses parents un jeu de Cluedo.
- Ça te permettra de le faire découvrir à tes amies sorcières, expliqua sa mère en souriant.
Elle fut un peu décontenancée par le cadeau de Harry. Il s'agissait apparemment d'une simple clé. Elle lut la lettre de Harry qui l'accompagnait.

Salut sœurette, et joyeux Noël !
Cette année, je t'offre un cadeau tout particulier. Ça n'a pas été facile, mais j'ai réussi, avec l'aide de Bill Weasley, à t'obtenir un double de la clé du coffre de nos parents à Gringotts ainsi qu'une autorisation d'accès (comme personne ne sait que tu es ma sœur, ça n'a pas été facile, mais c'est réglé). Après tout, il est normal que toi aussi tu puisses profiter de ce que nos parents nous ont laissé.
Voilà, à part ça, il ne s'est pas passé grand chose en deux jours, mais s'il y a quoi que ce soit, je te tiens au courant. A bientôt à Poudlard !
Je t'embrasse.
Harry

Elle avait également reçu un pull tricoté par Mrs Weasley, un livre sur l'histoire de la Coupe du Monde de football que Hermione avait dû dégoter dans une librairie londonienne. Ron lui avait offert une boîte de chaudrons en chocolat, et Sirius et Remus lui avaient envoyé ce qui ressemblait fort à une boussole. Elle lut également leur lettre avec plus d'attention. D'après l'écriture délicate, ça devait être Remus qui l'avait rédigée.

Joyeux Noël Heather !
On espère que tout va bien pour toi, et on t'envoie ce petit objet qui nous avait bien servi, à ton père et à nous, avant que nous ne réussissions à créer la Carte du Maraudeur. Il s'agit d'une boussole qui pointera en direction de la personne que tu nommeras (attention, il faut donner son nom complet). Certes, le cadran est en deux dimensions, mais on a prévu le coup pour pouvoir jouer sur la troisième dimension : si la personne que tu cherches se trouve plus haut que toi, l'aiguille deviendra rouge, si elle se trouve plus bas, elle sera bleue, enfin, si elle est au même niveau (à deux mètres près) elle restera noire. Nous en avions chacun une, mais celle-ci est la dernière qu'il nous reste. Celle de Peter s'était cassée lors de notre septième année, heureusement d'ailleurs, car je n'ose imaginer la catastrophe s'il la possédait encore. Celle de Sirius lui a été confisquée par le ministère, comme la plupart de ses effets personnels, lorsqu'il a été enfermé à Azkaban. Quand à celle de James, on ne sait pas ce qu'elle est devenue.
Quoi qu'il en soit, elle pourrait toujours t'être utile si d'aventure tu devais te promener dans le château sans la Carte.

Heather fut très émue de recevoir un tel cadeau, et elle s'amusa à le tester en donnant le nom de son père ou de sa mère et en allant à l'étage ou à la cave. Apparemment, la boussole fonctionnait toujours aussi bien.
Enfin Rebecca lui avait offert un flacon de parfum, et Abigail un très joli bracelet qui scintillait de pierres rouges.
- Dis donc ! fit sa mère. Ce n'est pas un peu exagéré, un tel bracelet ?
- Mais non Maman ! répondit Heather en lui reprenant le bracelet. C'est juste un bijou fantaisie qui imite l'or et le rubis, c'est tout !
Néanmoins, Mrs Wright resta soucieuse, si c'était bien un bracelet fantaisie, il était en tout cas bien imité.

Une nouvelle année arriva, et Heather retourna à Poudlard. Dans le train, elle remercia chaleureusement ses deux amies pour leurs cadeaux, et reçu des remerciements en retour pour ceux qu'elle leur avait faits.
- En tout cas, il est très bien imité le bracelet que tu m'as offert Abby. Ma mère a même cru que c'était un vrai, et elle voulait que je te le rende ! Mais je lui ai dit que c'était ridicule, il s'agissait juste d'un bijou fantaisie bien imité.
- Oui ! sourit Abigail. C'est ça ! Je l'avais vu dans une boutique d'accessoires de mode, et je l'ai trouvé si bien fait que je me suis dit que ça ferait un très beau cadeau.

Lorsqu'elle entra dans la Grande Salle, Heather repéra immédiatement Harry, Ron, Hermione et Ginny à la table de Gryffondor.
- Ah ! Vous êtes déjà là ! J'ai eu peur que vous ayez raté le train, dit-elle en s'installant à côté d'eux.
- Non, on est venus en magicobus ce matin, expliqua Harry.
- En quoi ? demanda Heather curieuse.
- En magicobus, reprit Hermione. C'est un bus magique qui permet de voyager sur de grandes distances assez rapidement. Mais ce n'est pas vraiment très confortable.
- C'est une véritable horreur oui ! critiqua Ron. J'espère que je n'aurai plus jamais à monter dans ce machin !
Harry avait sourit en la retrouvant, mais il ne semblait cependant pas très joyeux de reprendre l'école. Heather comprit pourquoi plus tard, quand ils furent montés dans leur salle commune.
- Déjà que je peux plus jouer au quidditch, qu'il y a cette raclure d'Ombrage à supporter, en plus Dumbledore m'a collé des cours d'occlumancie avec Rogue.
Hermione expliqua à Heather ce que c'était que l'occlumancie. Heather trouva que ça serait sans doute très utile, mais concéda que d'avoir un cours supplémentaire seul avec Rogue, ça n'allait pas être une partie de plaisir.

Le lendemain matin, Heather remarqua que Dumbledore était présent à la table du petit déjeuner. Mieux encore, Ombrage n'était pas encore arrivée. Elle s'empressa d'aller le voir, à la surprise de plusieurs professeurs.
- Excusez-moi de vous déranger ainsi professeur, dit-elle d'un ton très poli. Mais je voulais absolument vous voir le plus vite possible, et comme vous n'êtes pas souvent disponible… enfin bref, je voulais savoir si je pouvais vous voir dans les jours qui viennent ?
- Oh, je crains que ce ne soit pas évident Miss Wright. Ne pouvez-vous régler cette histoire avec votre directrice de Maison ?
- En fait… ça concerne les évènements qui se sont déroulés juste avant les vac…
Elle s'interrompit car Ombrage arrivait justement.
- Tiens ! Que faites-vous ici Miss Wright ? Les élèves ne sont pas autorisés à venir à cette table lors des repas que je sache.
- Excusez-moi professeur Ombrage, j'ai été légèrement bousculée et j'ai fait tomber une mornille, je venais demander aux professeurs si elle n'avait pas roulé vers leur table.
Apparemment, les visage de plusieurs professeurs se détendirent, mais McGonagall resta crispée, sans doute étonnée de voir Heather mentir avec autant d'aplomb.
- Justement, j'en ai trouvé une sous mon pied il n'y a pas deux minutes, intervint Dumbledore en tendant une pièce en argent à Heather.
- Merci beaucoup professeur, dit Heather en s'inclinant.
Elle mit la pièce dans sa poche et retourna s'asseoir à sa table. Tant pis, elle essaierait de voir McGonagall dans la journée pour savoir si Dumbledore avait réfléchit à un moment où elle pourrait venir le voir et pour rendre la pièce.

Une fois sortie de la Grande Salle, elle mit la main à sa poche, mais ne sentit plus la pièce donnée par le directeur. A la place, il y avait un mot

Ce soir 18h, le mot de passe n'a pas changé.

Heather mit le papier dans son sac et s'en alla vers l'enclos, près de la cabane de Hagrid qui ramenait de la forêt des petites cages contenant ce qui ressemblait fort à des hérissons, mais elle se doutait que ça devait plutôt être des cousins magiques du petit mammifère insectivore. Effectivement, lorsque le cours commença, elle apprit qu'il s'agissait de noueux et que contrairement aux craintifs hérissons, ils n'hésitaient pas à répondre si on les attaquait.

Le cours fut exemplaire, et Heather se dit que si Ombrage y avait assisté, elle n'aurait plus eu de raisons d'inquiéter le demi-géant quand à son poste d'enseignant.
Les autres cours de la journée se passèrent tout aussi bien et elle aborda son entrevue avec le directeur assez sereinement.

A dix huit heures précises, elle se présenta devant la statue de gargouille et donna le mot de passe. Elle frappa à la porte mais n'eut pas de réponse. Elle poussa la porte et appela le directeur, mais il semblait n'y avoir personne. Heather hésita. Elle ne savait pas si elle devait entrer ou attendre à la porte l'arrivée de Dumbledore. Mais une voix l'invita à entrer. Elle s'avança et se rendit compte que c'était le vieux Choixpeau qui avait parlé.
- Alors, mademoiselle. Cela fait longtemps que nous ne nous sommes pas retrouvés en "tête à tête" si je puis dire, ricana le Choixpeau.
- Effectivement, répondit Heather un peu surprise. Elle pensait que l'artéfact s'animait uniquement pour la cérémonie de répartition.
- Alors, finalement, ces surprises que je vous avait promises, comment les avez-vous trouvées Miss Wright, ou peut-être devrais-je dire Miss Potter.
- Vous saviez ! s'exclama Heather.
- Bien sûr ! répondit le Choixpeau, dès que vous m'avez mis sur votre tête j'ai su que vous étiez la fille des Potter. Mais ce n'était alors pas vraiment le moment de vous le dire. J'espère que ça ne vous a pas fait un trop grand choc. Ce qui m'a surpris par contre, c'est que vous vous soyez rapprochée du jeune Thomas.
- Pourquoi ça ? Et d'abord comment savez-vous que…
- Oh, vous savez… des bruits de tableaux. Rien ne reste secret bien longtemps dans cette école, à moins d'être vraiment bien dissimulé.
- Mais pourquoi avez-vous trouvé…

Heather ne termina pas sa question cependant, dans un tourbillon de flammes, Dumbledore apparut au milieu de la pièce et le Choixpeau retrouva son immobilisme.
- Ah Heather ! Désolé de t'avoir fait attendre. J'avais quelques affaires à régler et elles m'ont pris un peu plus de temps que je ne l'avais escompté. Alors, tu voulais me parler de ce qui est arrivé à ton frère il me semble ? Excuse-moi d'être aussi direct, mais je suis très pris en ce moment.
- Ce n'est pas grave. Effectivement, je voulais vous parler de Harry et de ses rêves. Il a été très perturbé par ce qu'il s'est passé. Il a même cru qu'il s'était lui-même changé en serpent et avait attaqué Mr Weasley.
- Oui, je me doutais qu'il réagirait ainsi, c'est pourquoi j'avais donné quelques consignes à monsieur Phineas Black. Mais je crois qu'en ce moment même, le professeur Rogue doit être en train d'expliquer plus en détail à ton frère ce qui lui est arrivé. J'avais déjà expliqué à Harry que Voldemort, en essayant de le tuer, avait établi entre eux une sorte de connexion. Leurs deux esprits sont reliés depuis ce jour-là. Mais Harry t'en reparlera sans doute plus en détail ce soir. Était-ce tout ce que tu voulais savoir ?
- Non… en fait, le soir où Harry a vu l'attaque de Mr Weasley, il se trouve que j'ai moi aussi partagé les rêves de mon frère.
- Tu veux dire que tu as toi aussi assisté à l'attaque ? s'étonna Dumbledore, qui pour une fois semblait vraiment surpris.
- Pas tout à fait, j'ai eu l'occasion ce soir là, et j'ai compris que ça m'était déjà arrivé auparavant, de voir le rêve que faisait Harry. Mais j'ai comme été éjectée au moment où son rêve est devenu la vision qu'il a eu.
- Je vois… Et bien… je ne vois qu'une explication… qui recoupe d'ailleurs certaines choses que l'on m'a rapportées.
- Comment cela ? demanda Heather.
- Et bien, Hagrid m'a dit comment ton chien t'avait docilement obéit, le jour de son arrivée ici. Il avait trouvé ça particulièrement surprenant.
- Oui, effectivement, j'ai toujours su me faire obéir des animaux, ce matin encore j'ai calmé quelques noueux que des Serpentard avaient excités. Mais qu'est-ce que cela a de bizarre ? demanda Heather.
- Oh ! Ça n'a rien de bizarre, reprit Dumbledore d'un ton rassurant, c'est juste que tu disposes apparemment de facultés, pour ne pas dire de facilités, pour ce qui est de l'usage de la magie psychique. Lorsque les animaux t'obéissent, c'est sans doute sous l'effet d'un dérivé d'Impérium. Et quand tu vois les rêves de Harry, c'est sans doute parce que tu utilises sans t'en rendre compte la Légilimancie.
- Quoi ? s'étonna Heather. Mais ce sont des pratiques de magie noire ! Je ne veux pas…
- Ne t'inquiètes pas Heather. La magie n'est qualifié de Noire, que parce que ceux qui l'utilisent le font à de mauvaises fins. En ce qui te concerne, je suis sûr que tu sauras utiliser tes dons à bon escient, comme l'a fait ta mère avant toi.
- Quoi ! Ma…
- Oui, expliqua Dumbledore, il se trouve que Lily aussi avait des facilités pour utiliser ce genre de magie. Bien. Je vais malheureusement devoir te laisser. Mais je vais essayer de voir ce que nous pourrions faire pour t'aider à développer et à maîtriser tes dons particuliers qui pourraient sans doute être très utiles lors des batailles qui nous attendent sans aucun doute.

Quand Harry, Ron et Hermione revinrent ce soir-là à la salle commune, ils s'installèrent à une table pour faire quelques devoirs. Heather vint aussitôt les trouver. Ils pourraient parler librement, personne ne les entendrait. Fred et George assuraient le spectacle en faisant des démonstrations de leur dernière trouvaille : le chapeau sans tête. Qui fonctionnait un peu comme une cape d'invisibilité, mais ne rendait évidemment invisible que la tête.
- Salut Harry… Alors, comment c'était cette première leçon avec Rogue ?
- Pas terrible, expliqua Harry. J'ai l'impression que ça ne me réussit guère.
Effectivement, Harry n'avait pas l'air au mieux de sa forme.
- Bah… il se peut que bientôt tu aies un peu de compagnie, dit-elle pour le réconforter. De mon côté, j'ai pu discuter un peu avec Dumbledore. Il m'a rapidement dit que si tu avais vu l'attaque du père de Ron, c'est parce que ton esprit était en quelque sorte connecté à celui de Voldemort – Ron trembla – et que tu en saurais plus toi-même en sortant du cours de Rogue… Mais bon t'as pas trop l'air en état, tu devrais aller te coucher. Enfin je voulais juste te dire, je lui ai parlé du fait que j'ai déjà plongé inconsciemment dans des rêves que tu avais fait. Il m'a alors dit que j'avais sans doute des dispositions pour la magie psychique. Il se peut donc que je te rejoigne bientôt chez Rogue pour apprendre l'occlumancie mais aussi la légilimancie.

Harry, suivant les conseils de sa sœur et avec l'approbation d'Hermione, rangea ses affaires puis alla se coucher, incapable dans son état et avec le boucan que faisaient les jumeaux de se concentrer sur ses devoirs. Hermione semblait inquiète cependant, et elle demanda à Ron d'aller veiller sur Harry. Il revint une demi-heure plus tard avec des nouvelles inquiétantes. Il avait retrouvé Harry au sol, qui venait de ressentir une violente explosion de joie de Voldemort. Il avait attendu qu'il s'endorme pour redescendre. Heather et Hermione se demandèrent ce qui avait pu mettre Voldemort de si bonne humeur, ce n'était sans doute pas une bonne nouvelle pour eux.

Effectivement, le lendemain matin, un article dans la gazette leur donna l'explication qu'ils attendaient. La une annonçait l'évasion en masse d'une dizaine de mangemorts confirmés. Antonin Dolohov condamné pour les meurtres de Fabian et Gideon Prewett, Augustus Rookwood, espion de Voldemort au sein du ministère, Rabastan, Rodolphus et Bellatrix Lestrange, les tortionnaires des parents de Neville.
L'article déclarait que Sirius Black avait sans aucun doute orchestré cette évasion et devait avoir servi de point de ralliement aux évadés.

Aux autres tables, personne ne semblait trop choqué. En fait, très peu d'élèves recevaient quotidiennement la Gazette. Par contre, les professeurs eux étaient tous très absorbés et terrifiés par la lecture du journal. Seule Ombrage faisait profil bas en se concentrant sur son bol de Porridge. Mais ce ne fut pas la seule nouvelle tragique du jour. Hermione leur fit lire un article qui parlait de la mort de Broderick Moroz, patient de Ste Mangouste, étranglé par une plante en pot qui n'était autre qu'une bouture de Filet du Diable. Heather apprit qu'ils l'avaient vu le jour de Noël, qu'ils avaient vu la plante meurtrière arriver, et Harry s'en voulu de ne pas avoir reconnu le danger. Ils expliquèrent alors à Heather qu'en rendant une visite à Mr Weasley pour Noël, ils avaient revu le professeur Lockhart, que Heather ne connaissait pas, et qu'ils avaient croisé dans la même salle le fameux Moroz, ainsi que Neville et sa Grand mère qui rendaient visite aux parents de Neville. Ron allait expliquer ce que les parents de Neville faisaient à l'hôpital, mais Harry l'arrêta.
- C'est pas la peine, je lui ai tout raconté il y a déjà quelques temps.
- Mais maintenant, tout le monde va être au courant, dit tristement Heather. J'espère que ça ne va pas trop déstabiliser Neville.

Harry eut comme une révélation. Il se rappela alors qu'il avait rencontré le tristement célèbre Moroz le jour de son audience au ministère, et qu'il travaillait au Département des Mystères. Précisément là où se trouvait ce que cherchait Voldemort. Hermione elle aussi pensa à quelque chose et disparut aussitôt à la volière, sans rien dire aux autres. Ron et Harry expliquèrent alors à Heather que lors de son cours d' occlumancie de la veille, Harry avait revu le long couloir qu'il voyait fréquemment en rêve depuis cet été. Sauf que ce n'était pas le souvenir d'un rêve, mais du jour de son audience au ministère. Qu'il avait dû passer à proximité du Département des Mystères pour se rendre à la salle de son audience. Il n'avait pas fait la connexion jusqu'à revoir dans son esprit cette course effrénée qu'il avait effectué avec Mr Weasley. Et qu'ils avaient donc déduit tous les trois que c'était sans doute là que se trouvait la fameuse arme que cherchait Voldemort.

Ils virent Hagrid qui leur apprit qu'il était mis à l'épreuve.
- C'est injuste, pesta Heather. Vos cours depuis votre retour sont irréprochables. Si Ombrage avait vu votre cours d'hier, elle…
- Elle l'aurait sûrement mis à l'épreuve quand même, coupa Harry d'un ton morne. Cette femme déteste tous les hybrides et les métisses d'humains et d'autres êtres magiques. Elle veut se débarrasser de Hagrid parce que c'est un demi-géant pas parce qu'il est un mauvais professeur.

Le soir même, il y avait entraînement de quidditch. Et Heather constata que la nouvelle de l'évasion des mangemorts avaient quand même fait son chemin puisque tous les membres de l'équipe en avait entendu parlé.

Dès le lendemain, une nouvelle affiche avait été placardée sur tous les panneaux d'informations :

PAR ORDRE DE LA GRANDE INQUISITRICE DE POUDLARD
Il est désormais interdit aux professeurs de communiquer aux élèves toute information qui ne serait pas en rapport direct avec la matière qu'ils sont payés pour enseigner.
Conformément au décret d'éducation numéro vingt-six.

Signé : Dolorès Jane Ombrage, Grande Inquisitrice

On aurait pu croire que l'évasion des mangemorts aurait incité Ombrage à plus d'humilité, mais elle était au contraire devenue encore plus tyrannique, Lee Jordan en fit d'ailleurs les frais. Heather décida donc d'un commun accord avec ses amis et plusieurs élèves qui avaient participé à l'organisation de la grève qui avait suivi le décret numéro vingt-quatre de refaire une petite manifestation histoire de lui rappeler la liberté d'expression et d'information.

Ils organisèrent dès l'après-midi un sitting dans le hall d'entrée avec des pancartes reprenant les textes de lois. Ombrage arriva face à eux avec un sourire qui ne dit cependant rien qui vaille à Heather.
- Tiens ! Bonjour professeur, comme vous le voyez, mes amis et moi pensons que vous auriez besoin qu'on vous rafraîchisse la mémoire.
- Oh non Miss Wright, répondit Ombrage de sa voix de petite fille. Je crois que c'est moi qui vais vous apprendre quelque chose. Le ministre a déclaré suite aux évènements du début de semaine l'état d'urgence qui permet aux ministères sorciers signataires de la Constitution Internationale Sorcière de faire passer tous les décrets et amendements nécessaires à la tenue de l'ordre publique en période de troubles, et ce, jusqu'à rétablissement de la situation. Par conséquent, ce rassemblement va à l'encontre du décret d'éducation numéro vingt-quatre qui a été à nouveau modifié pour en revenir au texte original.

Elle prétendit se montrer magnanime, puisque le changement était récent et qu'ils n'en avait pas connaissance, bien que nul n'est censé ignoré la loi, et les envoya tous en retenue le soir même plutôt que de les exclure de l'école et de les faire passer en jugement. Ils ressortirent de leur retenue avec gravé au dos de la main les mots : « Je ne dois pas enfreindre la loi ». Heather et Abigail enrageaient et voulaient lui faire payer au centuple, mais Rebecca les supplia de n'en rien faire et de se tenir désormais à carreaux. Elle les supplia tant et si bien qu'elle finit par obtenir gain de cause.