21
La prophétie
Harry était entouré de huit mangemorts. Nott saignait abondamment, et plusieurs étaient à bout de souffle, mais ils avaient l'avantage.
- Potter, c'est la fin du chemin pour toi, dit Lucius Malefoy en enlevant sa cagoule.
- Laissez… Laissez les autres partir et je vous la donnerai ! proposa Harry désespéré.
- Tu n'es pas en position de marchander Potter, dit Malefoy. Nous sommes huit et tu es seul.
- Il d'est bas zeul ! cria Neville depuis l'encadrement de la pièce des cerveaux. Heather et ses amies avaient eu le bon goût de reculer. Elles pourraient attaquer par surprise depuis le côté. Elles se firent des signes pour se mettre d'accord. Une fois les premiers sorts lancés, Heather partirait d'un côté, Abigail de l'autre, et Rebecca resterait sous la cape d'invisibilité.
L'un des plus grands mangemorts saisit alors Neville par derrière et le souleva de terre, lui maintenant les bras le long du corps. Il essaya de donner des coups de pieds, mais ce fut sans résultat.
- C'est Londubat, n'est-ce pas ? dit Lucius Malefoy. Ta grand-mère a l'habitude de perdre des membres de sa famille pour les besoins de notre cause…
L'un des mangemorts voulait parler à Malefoy, il s'agissait de Nott, et Heather et ses amies savaient très bien ce qu'il voulait lui dire : qu'il y avait trois autres filles cachées sous une cape d'invisibilité. Elles agiraient avant, mais pour l'instant, Malefoy était concentré sur Neville et Harry.
- …Ta mort ne représentera pas un grand choc pour elle.
- Londubat ? répéta Bellatrix, son visage s'éclairant d'un sourire malsain. J'ai eu le plaisir de rencontrer tes parents, mon garçon.
- JE LE ZAIS BIEN ! rugit Neville.
Il se démena tant et si bien que le mangemort qui le tenait s'écria :
- Que quelqu'un le stupéfixe !
C'était maintenant qu'il fallait agir ! Trois éclairs vinrent stupéfixer le mangemort qui tenait Neville, ainsi que Nott. Neville fonça sur Bellatrix et lui asséna une gauche magistrale ! Malefoy et les autres tirèrent sur Heather et Abigail à coup d'Avada Kedavra, mais Harry reprit du poil de la bête et stupéfixa Malefoy. Neville s'écroula sous un Doloris rageur de Bellatrix.
- Repulso ! lança Heather pour venir en aide à Neville.
Les autres mangemorts ranimèrent leurs camarades stupefixés. Deux autres portes s'ouvrirent et Sirius, Maugrey, Lupin, Tonks et Kingsley Shacklebolt arrivèrent et livrèrent combat avec les mangemorts. Harry se mit à l'abri et rejoignit Neville. Mais certains membres de l'Ordre devaient lutter contre deux mangemorts à la fois. Et un autre mangemort arriva à son tour. Heather et Abigail décidèrent d'aider l'Ordre, et en tireuses embusquées, elles parvinrent à aider Maugrey et Shacklebolt à en mettre deux hors de combat. Mais pendant ce temps, Harry et Neville eurent affaire à un autre mangemort, ils réussirent à l'éborgner et à le stupéfixer, et découvrirent lorsque son masque glissa qu'il s'agissait de Macnair. Mais un autre encore leur fonça dessus après s'être débarrassé de Maugrey. Il mit Neville hors jeu d'un Tarentallegra et envoya Harry à terre, bien que celui-ci ait amoindri le maléfice avec un bouclier. Il tenta de s'emparer de la prophétie, mais Sirius vint le bousculer et engager un duel contre lui, Heather regarda autour d'elle. Remus, Kingsley luttaient, mais de son point de vue, ils l'empêchaient d'atteindre le mangemort qu'ils affrontaient. Au moment où elle regarda en direction de Tonks, elle la vit dégringoler les escalier le visage flasque, et Bellatrix qui était son adversaire se précipita vers Sirius. Harry essayait d'aider Neville à monter les gradins. Malefoy essaya de les arrêter, mais Harry fut plus malin et réussit a envoyer son adversaire en arrière. Puis Lupin s'interposa, et Harry entreprit à nouveau de faire remonter Neville. Heather les rejoignit. Neville avait l'air désolé.
- Harry ! Neville, vous allez bien !
- Heather ! pesta Harry. Bon sang ! Qu'est-ce que tu fais là ?
- C'est comme ça que tu me remercies pour mon aide ? On a ralentit pas mal de mangemorts, à défaut d'avoir pu les stopper.
- DUBBLEDORE ! s'écria alors Neville.
Le frère et la sœur levèrent les yeux en direction de la salle des cerveaux et virent Albus Dumbledore, la baguette à la main, prêt à en découdre. Un mangemort donna l'alerte, et un autre tenta de fuir, mais Dumbledore le ramena en arrière et le ligota.
Heather et Harry pensaient tous deux que tout allait bien se passer maintenant que Dumbledore était là, mais ils avaient tort. Sur l'estrade devant l'arche, le combat entre Sirius et sa cousine continuait. Sirius esquiva un Stupéfix et se moqua de sa cousine, celle-ci lui décocha alors un Avada Kedavra qui à la plus grande horreur des deux Potter fit mouche. Tout doucement, comme au ralentit, Sirius bascula en arrière et disparu derrière le voile noir.
Harry se précipita vers l'arche en hurlant le nom de son parrain. Heather, effondrée, tomba à genoux. Abigail et Rebecca la rejoignirent. Harry essayait de rejoindre l'estrade, mais Remus le retenait. Heather voyait les choses se passer, mais n'entendait plus rien. Ses deux amies la serraient dans leurs bras. Dumbledore avait mis hors combat Rodolphus Lestrange, Lucius Malefoy et un autre mangemort qui luttait contre Kingsley. Ce dernier avait poursuivit Bellatrix Lestrange. Mais il fut vite mis hors combat, et Dumbledore, qui avait un autre adversaire ne put la suivre. Harry, par contre, échappa à Lupin et partit à sa poursuite. Dumbledore ligota le dernier mangemort libre, puis donna ses consignes aux membres de l'Ordre qui se rassemblaient. Enfin, il partit à la suite de Harry et Bellatrix.
Remus remontait les marches vers Heather et ses amies. Dans le champ de vision de Heather, le visage d'Abigail apparut, elle lui parlait, doucement, comme une radio que l'on règle, le son revint alors à ses oreilles.
-…vec toi. Viens, maintenant. On va voir comment vont les autres.
Rebecca et Abigail aidèrent Heather à se relever au moment où Lupin les rejoignait. Jusque là, Heather n'avait vu que la détresse sur le visage de son frère, mais elle se rendit compte de toute l'affliction qu'éprouvait son ancien professeur de Défense contre les forces du mal en le voyant monter si péniblement les dernières marches qui les séparaient. Elle se jeta alors dans ses bras en pleurant, et il lui rendit son étreinte. Aucun d'eux ne dit rien, c'était inutile. Derrière Remus, Maugrey aidait Tonks à se relever et se dirigeait vers Kingsley, qui visiblement n'avait été que sonné puisqu'il reprenait déjà ses esprits. Ils démasquèrent les mangemorts encore protégés.
- Et bien ! fit Maugrey en récupérant son œil. Joli coup de filet : Lucius Malefoy, Rabastan et Rodolphus Lestrange, Nott, Avery, Macnair et Crabbe.
Des pleurs de bébés se firent alors entendre. Remus, Kingsley, Heather, Rebecca et Abigail se rendirent dans la direction d'où ils provenaient et éclatèrent de rire en voyant dans la salle des prophéties un mangemort adulte avec une tête de bébé qui faisait une grosse colère. Kingsley le bâillonna et l'amena dans la salle de l'arche où Maugrey et Tonks éclatèrent eux aussi de rire.
- Je crois qu'il s'agit de Jugson, dit l'auror à l'œil fou. Kingsley, Tonks, vous voulez aller voir s'il n'y en a pas d'autres ?
Il s'exécutèrent et pendant ce temps, Abigail, Rebecca, Lupin et Heather se rendirent dans la pièce des cerveaux. Celui qui s'était attaqué à Ron avait retrouvé sa place dans le réservoir de liquide vert, et Ron dormait aux côtés de sa sœur, de Hermione et de Luna. Visiblement, Dumbledore s'était occupé d'eux avant d'intervenir dans la salle du voile noir. Par une des portes que Harry avait condamné, Kingsley et Tonks arrivèrent en faisant flotter le corps d'un autre mangemort.
- Qu'est-ce qu'il lui est arrivé ? demanda Remus alors qu'ils entraient dans la pièce où Maugrey surveillait les huit autres.
- Mort, répondit simplement Kingsley.
Alastor Maugrey s'approcha et fixa son œil bleu sur le cadavre.
- C'était Mulciber. Il a… Apparemment, ce sont des fourmis qui l'ont tué. Il y en a encore une bonne centaine qui se baladent dans ses intestins et ses poumons.
Heather faillit défaillir.
- Hey ! Qu'est-ce qui t'arrive Heather ? demanda Lupin.
- C'est… C'est moi qui l'ai tué, dit-elle le teint crayeux. Je… je lui ai lancé le bocal de fourmis dessus.
- Et tu as bien fait ! lança Maugrey d'un ton sec. C'était lui ou toi ! Tu n'as rien à te reprocher petite.
Remus et Abigail la serrèrent contre eux.
Deux aurors arrivèrent alors.
- Qu'est-ce qui se passe ici ? s'exclama l'un d'eux.
- Comme vous voyez ! aboya Maugrey. Les parias du ministère lui ont semble-t-il sauvé la mise. On a arrêté une dizaine de mangemorts qui s'étaient introduits ici. Je ne vous félicite pas messieurs !
- Et que font ces gamines ici ?
- Ces gamines se sont montrées plus efficaces que vous, elles ont aidé à maîtriser au moins trois de ces scélérats, et ont même involontairement provoqué la mort de l'un d'eux. Et maintenant, elles vont retourner à Poudlard. Remus, accompagnez-les. Tonks, je veux que vous alliez à Ste Mangouste. Le sortilège de cette saleté de Bellatrix Lestrange pourrait avoir des effets secondaires indésirables. Kingsley, vous restez avec moi pour apprendre le métier d'auror à ces deux imbéciles !
Lupin fit léviter les corps endormis de Ron, Ginny, Hermione et Luna et emmena Abigail, Rebecca et Heather dans le hall. Apparemment, il y avait eu ici aussi une lutte dantesque. Les statues de la fontaines étaient éparpillées un peu partout, certaines réduites en poussière. Dumbledore discutait avec un Cornelius Fudge livide. Lupin prit de la poudre de cheminette, en jeta dans un âtre et fit avancer les corps flottant pour les envoyer à Poudlard. Ensuite, se furent Abigail et Rebecca qui plongèrent dans les flammes vertes. Heather allait y passer à son tour quand Dumbledore l'interpella.
- Ah Miss Wright ! Je viens d'expliquer au ministre le gros des évènements de ce soir. Severus m'a expliqué en détail ce qui se passait à Poudlard, du moins jusqu'à ce qu'il quitte le bureau de la Directrice. Peut-être pourriez-vous nous expliquer ce qu'il s'est passé ensuite ?
Heather s'avança vers les deux hommes, comme Lupin semblait vouloir attendre qu'elle ait fini, Dumbledore lui fit signe d'aller rejoindre les enfants qu'il venait d'envoyer à Poudlard. Elle raconta comment elle et Abigail avaient croisé Neville, Ginny, Luna et Ron qui s'étaient échappés du Bureau d'Ombrage et se rendaient dans la Forêt Interdite à la recherche de cette dernière ainsi que de Harry et Hermione. Elle expliqua, qu'une fois qu'elles eurent trouvé Rebecca, toutes trois s'étaient à leur tour rendues dans la forêt à la recherche de leurs amis, et qu'une femelle centaure leur avait indiqué qu'ils venaient de s'envoler pour Londres à dos de sombrals. Elles étaient alors retournées dans le bureau d'Ombrage vide et avaient utilisé la cheminée pour venir ici. Ensuite, elles étaient restées sous cape d'invisibilité, suivant Harry et les autres jusqu'au piège que leur avaient tendu les mangemorts. Et elles étaient intervenues en en stupéfixant plusieurs, qui hélas avaient pu être ranimés par un autre un peu plus tard, et que suite à une confusion générale une grande bataille avait éclaté dans la salle avec le voile noir entre Harry, Neville, elles trois et les hommes de Maugrey d'un côté (elle ne voulait pas parler de l'Ordre du Phénix devant le ministre), et les mangemorts de l'autre.
- Bien ! dit Dumbledore. Monsieur Fudge, vous me voyez désolé de vous laisser le soin de tout remettre en ordre ici, mais Harry doit commencer à s'impatienter dans mon bureau, et j'ai moi-même pas mal de choses à lui dire.
Sur ce, il prit Heather par l'épaule et lui confia son phénix qui était redevenu un oisillon. Il prit un peu de poudre de cheminette qu'il jeta dans une cheminée.
- Poudlard, bureau du directeur ! dit-il clairement en s'avançant dans les flammes vertes avec Heather.
Tout tourna très vite autour d'eux, et ils se retrouvèrent dans la pièce circulaire, avec le bureau, les étagères sur lesquelles se trouvaient les étranges instruments en argent, le vieux Choixpeau Magique au sommet d'une commode, le perchoir de Fumseck, l'épée dans une vitrine et les tableaux des anciens directeurs. Ces derniers acclamèrent le retour de Dumbledore avec enthousiasme. Il les remercia et leur demanda le silence. Heather remarqua alors la présence de Harry près de la porte.
Dumbledore fit signe à Heather de déposer Fumseck sur son perchoir. Quand ce fut fait, il se retourna vers Harry.
- Eh bien Harry, dit le directeur. Je pense que tu seras content d'apprendre qu'aucun de tes camarades de classe n'aura à subir de conséquences durables des événements de la nuit dernière.
Ce ne fut qu'à ces mot que Heather remarqua que la clarté du bureau était dûe au fait qu'il faisait jour. Tout avait semblé se passer si vite au ministère, elle avait du mal à croire que ça avait duré toute la nuit, même s'il est vrai qu'ils approchaient du solstice d'été, et que la nuit ne durait que six heures.
- Madame Pomfresh est en train de rafistoler tout le monde, expliqua Dumbledore. Nymphadora Tonks devra peut-être faire un petit séjour à Ste Mangouste, mais apparemment, elle devrait se rétablir complètement.
Un silence s'installa, Heather pouvait presque ressentir le malaise de son frère. Elle n'avait guère besoin de Légilimancie pour cela. Elle même avait du mal à croire qu'elle ne reverrait plus jamais le visage rieur de Sirius.
- Je sais ce que tu ressens Harry.
- Non vous ne savez rien du tout ! répliqua Harry.
- Vous voyez Dumbledore ? intervint Phineas Nigellus d'un ton sarcastique. N'essayez jamais de comprendre les jeunes. Ils détestent ça. Ils préfèrent de très loin rester des incompris tragiques, s'apitoyer sur eux-même, se complaire dans leur…
- Oh, la ferme ! dit Heather en pointant sa baguette vers Phineas et en faisant se retourner le cadre.
Dumbledore eut un sourire, remit la cadre dans le bon sens et dit :
- Je crois Phineas que ce que Miss Wright a voulu vous dire, c'est que nous nous passerons de vos commentaires, pour le moment.
Dumbledore avait un sourire amusé, mais son ton ne souffrait aucune réplique et Phineas Nigellus l'avait bien comprit.
- Il n'y a aucune honte à éprouver de tels sentiments, Harry, reprit Dumbledore. Au contraire… le fait que tu sois capable de ressentir une telle douleur constitue ta plus grande force.
Harry fixa le directeur avec un regard qui effraya Heather.
- Ma plus grande force, vraiment ? Vous n'avez aucune idée… Vous ne savez pas…
- Qu'est-ce que je ne sais pas ? demanda Dumbledore toujours très calme.
- Je ne veux pas parler de ce que je ressens ! Compris ? hurla Harry.
- Harry ! Souffrir ainsi prouve que tu es toujours un homme ! Cette douleur fait partie de l'être humain…
- ALORS JE NE VEUX PLUS ÊTRE HUMAIN ! rugit Harry en prenant un des instruments en argent et en l'envoyant se fracasser contre le mur à la grande indignation des anciens directeurs. Je m'en fiche ! leur cria-t-il en continuant son œuvre destructrice. J'en ai eu assez ! J'en ai vu assez ! Je veux que ça finisse ! Ça ne m'intéresse plus…
Heather ne fit ni une ni deux, elle avança vers Harry et lui colla une gifle magistrale.
- T'en as assez ! hurla-t-elle à son tour, les yeux embués de larmes. Tu voudrais mourir, c'est ça ! Est-ce que t'as pensé à moi ? Est-ce que tu as pensé à Ron, Hermione, Mrs Weasley, à Remus et au professeur McGonagall ? Est-ce que tu as pensé à tout ceux qui t'aiment ? Oui, Sirius est mort ! Et moi aussi ça me rend malade ! Mais ce n'est pas une raison pour vouloir tout plaquer ! Pour abandonner la lutte ! Voldemort a tué nos parents, Harry ! Il a brisé des dizaines de vies, la vie de gens qui nous sont proches, ou qui auraient pu l'être. Toi je sais pas, mais moi je ne compte pas arrêter le combat tant qu'il n'aura pas payé ses méfaits de sa vie.
Harry semblait sonné, aussi bien par la gifle de Heather que par les vérités qu'elle venait de lui asséner. Il tomba à genoux, comme ça avait été le cas pour sa sœur à peine deux heures plus tôt, et cette fois ce fut elle qui joua le rôle de soutien en prenant son frère dans ses bras.
- Est-ce que… hésita à intervenir Phineas Nigellus. Dumbledore, cette jeune fille a-t-elle dit que mon arrière-arrière-petit-fils, le dernier des Black, était mort ?
- Hélas, oui Phineas, répondit tristement Dumbledore.
- Je ne le crois pas ! répondit le portrait en disparaissant, sans doute pour se rendre Square Grimmaurd.
- Harry, reprit Dumbledore. Je crois que ce qui te meurtrit le plus, c'est que tu te sens responsable de la mort de Sirius. Mais tu ne devrais pas… S'il faut blâmer quelqu'un pour ce qui est arrivé, alors prends-toi en à moi. Je suis en grande partie responsable du fiasco de ce soir.
Harry et Heather le regardèrent incrédules.
- Vois-tu Harry, je n'aurais jamais dû obliger Sirius à rester caché. Des gens comme lui aiment l'action et le danger, j'aurais mieux fait de lui en donner sa part, une part calculée. Il ne se serait peut-être alors pas cru obligé de venir ce soir, qui sait ? Mais surtout, je n'aurais jamais dû te laisser croire que tu devais te rendre au ministère cette nuit. Si j'avais été plus franc avec toi Harry, tu aurais su depuis longtemps que ce que je craignais, c'était précisément que Voldemort t'attire là-bas. Tu ne serais alors pas tombé dans son piège, et Sirius n'aurait pas eu à s'y rendre pour te sauver.
- Est-ce que… essaya de dire Heather avant de devoir déglutir pour continuer. C'était pour prévenir ça que vous vouliez que Harry suive des cours d'occlumancie ?
Dumbledore hocha la tête et se mit à leur parler de la cicatrice de Harry. Il fit le tour de tout ce qu'il savaient déjà à ce propos : que cette cicatrice établissait un lien entre Harry et Voldemort, qu'elle le faisait souffrir quand Voldemort se trouvait à proximité ou qu'il éprouvait de sentiments violents, que depuis son retour, ces phénomènes s'étaient accentués, et qu' à Noël Voldemort avait pris conscience de l'existence de ce lien entre eux.
- Ne t'es-tu pas demandé pourquoi ce n'était pas moi qui te l'avais expliqué ? Pourquoi ce n'était pas moi qui t'enseignais l'occlumancie ? Pourquoi je ne te regardais même plus depuis plusieurs mois ?
Harry acquiesça, et Dumbledore expliqua alors qu'il redoutait que Voldemort ne se rende compte que les relations entre Harry et lui allaient plus loin que celle qu'entretiennent normalement un directeur et un de ses élèves. Que s'il avait mis des distances entre eux, c'était pour tenter de le protéger, et que ça avait été une erreur. Il expliqua que Voldemort désirait la prophétie depuis des mois, et que c'est pour ça que Dumbledore voulait qu'il apprenne l'occlumancie. Pour ne pas être tenté par Voldemort.
- Ce qui n'a pas fonctionné, expliqua Harry. Malgré les progrès que j'avais fait grâce à Heather, Voldemort a quand même réussi à pénétrer mes défenses.
- Oui, dit Dumbledore gravement. J'avais oublié à quel point Tom pouvait se montrer puissant lorsqu'il désirait ardemment quelque chose. C'était une erreur de croire qu'en quelques mois tu pourrais lui résister, surtout en des moments de fatigue et de tension, comme hier à la fin des épreuves de BUSEs. Encore une erreur de ma part.
Dumbledore leur parla ensuite de la trahison de Kreattur. Il leur expliqua aussi que Rogue avait vérifié que Sirius était bien toujours au Square Grimmaurd, mais que quand il a vu que personne ne revenait de la forêt, il a craint qu'ils ne soient tout de même partis au ministère et a averti l'Ordre, et il termina d'expliquer comment Kreattur avait pu lui mentir pour le faire tomber dans le piège de Voldemort. Harry s'emporta alors contre l'elfe, que Dumbledore essaya de défendre. Et Heather dû admettre que Sirius avait aussi des torts dans l'affaire. S'il s'était mieux comporté avec l'elfe de maison, il n'aurait pas essayé de le trahir. Mais Harry ne supporta pas que l'on puisse dire du mal de Sirius. Il voulait à tout prix rejeter la faute sur quelqu'un d'autre, que ce soit Kreattur ou Rogue.
Dumbledore contrait tout ce que Harry disait avec beaucoup de sagesse, mais Harry était tellement ivre de tristesse et de colère qu'il se refusait à entendre raison. Heather ne fut pas loin de lui administrer une autre gifle, mais un nouveau mot de Dumbledore l'incita à conserver son calme. Il voulait lui révéler quelque chose.
- Asseyez-vous tous les deux, dit Dumbledore en transformant les débris de la table que Harry avait cassée en deux chaises. Vous serez mieux que par terre, et ensuite, si vous m'en voulez, je ne vous empêcherai pas de vous mettre en colère et de tout casser.
Il expliqua alors la raison pour laquelle il avait décidé de confier Harry aux Dursley plutôt qu'à une famille de sorciers. Cette raison était le sacrifice de sa mère. Elle avait ainsi placé en Harry, dans son sang, un système défensif qui repousserait Voldemort. Et Dumbledore qui savait que Voldemort reviendrait tôt ou tard, décida de se servir de cette protection que représentait le sang de Lily. En acceptant Harry sous son toit, sa tante avait fait du 4, Privet Drive, un lieu où Voldemort ne pourrait l'atteindre. Il précisa que de la même façon, il s'était servi du lien de sang entra Harry et Heather pour protéger la maison des Wright.
Il rappela ensuite à Harry les évènements de la première année, son combat contre Voldemort. Et parla d'une faille dans le plan qu'il avait prévu pour la protection de Harry.
- Ce jour-là, tu m'as demandé pourquoi Voldemort avait voulu te tuer quand tu était bébé, tu t'en souviens ?
Harry hocha la tête, et Dumbledore rappela qu'il n'avait alors pas voulu lui répondre, se disant qu'à onze ans, il était encore trop jeune. Et que c'était pour lui, Dumbledore, plus un prétexte qu'autre chose. Il parla ensuite de la deuxième année de Harry. Qu'après sa lutte contre le Basilic, Harry ne lui avait plus reposé la question, même si le sujet avait été abordé de près. Et il fini par déclarer qu'il était tombé dans le piège qu'il pensait pouvoir éviter : il le ménageait, il se souciait d'avantage du bonheur présent de Harry que de la mort plus lointaine de gens qu'ils ne connaissait sans doute pas. Il reparla encore de son exploit d'avoir repoussé les détraqueurs deux ans plus tôt, et de celui d'échapper à Voldemort l'année dernière, il répétait en disant cela que sa conscience le travaillait, qu'il savait qu'il devrait bientôt tout lui dire, qu'il aurait déjà dû tout lui dire. Enfin, il dit ce qu'il avait mit tant de temps à amener.
- Voldemort a essayé de te tuer quand tu étais bébé à cause d'une prophétie faite peu avant ta naissance.
Il expliqua que Voldemort n'en connaissait qu'une partie, et que visiblement il l'avait mal interprétée en essayant de tuer Harry quand il était bébé, cela lui avait coûté cher, et quand Harry avait encore réussi à lui échapper l'année dernière, il a alors décidé qu'il devait connaître la prophétie dans son intégralité. Que l'arme qu'il cherchait, c'était en fait le moyen de détruire Harry.
Harry expliqua que la prophétie avait été brisée, mais Dumbledore répondit que ça n'avait pas d'importance, car cette prophétie lui avait été faite à lui, par nulle autre que Sibylle Trelawney. Il alla chercher sa pensine, et tira de sa tête des filaments argentés qu'il plongea dans la bassine de pierre. La silhouette du professeur de divination, plus jeune de seize ans mais néanmoins reconnaissable s'éleva et dit :
- Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche… il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois… et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal, mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore…et l'un devra mourir de la main de l'autre, car aucun ne peut vivre tant que l'autre survit…Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois…
Il y eut un long silence, jusqu'à ce que Harry demande ce que cela signifiait.
- Cela signifie, répondit Dumbledore, que la seule personne qui ait une chance de vaincre définitivement Lord Voldemort est née il y a près de seize ans, à la fin du mois de juillet. Et que ce garçon est né de parents qui, par trois fois déjà, avaient eux-mêmes défiés Voldemort.
- Ça veut dire… moi ? demanda Harry soudain accablé.
- Ce qui est étrange Harry, reprit Dumbledore, c'est qu'il ne s'agissait pas forcément de toi. La prophétie de Sibylle pouvait s'appliquer à deux jeunes sorciers, nés tous deux à la fin du mois de juillet cette même année, et dont chacun avait pour parents des membres de l'Ordre qui, à trois reprises, avaient échappé de justesse à Voldemort. L'un d'eux, bien sûr, c'était toi. L'autre…
- Neville, dit Heather qui avait fait toutes les connections.
- Exactement, dit Dumbledore.
- Mais, pourquoi il n'y avait que mon nom sur l'étiquette ? demanda Harry.
Encore une fois, Heather coupa Dumbledore avant qu'il ne puisse parler.
- Et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal… Harry, ça ne peut être que toi, Voldemort t'a lui-même désigné comme son Némésis en te faisant cette cicatrice !
- Ta sœur à très bien résumé la situation Harry.
- Mais pourquoi l'avoir empêché de connaître l'intégralité de cette prophétie pendant un an ? demanda Heather. En fait, il n'y a rien là-dedans qui puisse lui dire comment vaincre Harry.
- C'est vrai, mais Voldemort l'ignore, répondit Dumbledore. Et tant qu'il se focalisait sur la prophétie, il évitait de faire du grabuge ailleurs.
Dumbledore rappela que Voldemort ne connaissait pas la prophétie dans son intégralité. Il expliqua que le jour où fut faite la prophétie, un mangemort écoutait à la porte, et avait entendu les deux premières phrases seulement. Voldemort ne savait donc pas qu'il le "marquerait comme son égal", et en voulant détruire la menace dans l'œuf, il avait en fait lui-même précipité l'accomplissement de la prophétie.
- C'est l'histoire d'Œdipe ! fit remarquer Heather. Si cette prophétie n'avait pas été faite, elle ne se serait jamais réalisée.
- Exactement ! répondit Dumbledore. Et c'est le piège contre lequel je veux te mettre en garde Harry. Voldemort s'est créé un ennemi mortel parce qu'il attachait trop d'importance à cette prophétie. Toi-même tu dois être conscient que tu affronteras encore Voldemort, non pas à cause de cette prophétie, mais parce que tu souhaites venger tes parents, et tous ceux dont Voldemort a détruit la vie, comme l'a si bien dit ta sœur il y a une heure de cela.
- Mais la prophétie ne dit pas que je réussirai à le vaincre. Elle dit que j'aurais un pouvoir qu'il n'a pas, mais comment pourrais-je posséder un pouvoir qu'il n'a pas lui-même acquis alors que je n'ai que seize ans ? Je ne sais pas posséder les corps, ni lire dans les pensées ! Je…
- Il existe au Département des Mystère une pièce qui reste toujours verrouillée, l'interrompit Dumbledore. Elle contient une force à la fois plus merveilleuse et plus terrible que la mort, que l'intelligence humaine, que les forces de la nature. Peut-être est-ce aussi le plus mystérieux des nombreux sujets d'études qui se trouvent là-bas. Le pouvoir qui est dans cette pièce, tu le possèdes au plus haut point Harry, alors que Voldemort en est totalement dépourvu. C'est ce pouvoir qui t'a poussé à tout prix à vouloir sauver Sirius cette nuit. Et c'est ce même pouvoir qui a empêché Voldemort de te posséder, car il ne supportait pas d'habiter un corps où cette force qu'il déteste était si présente. En définitive, il n'était pas très important que tu ne saches pas fermer ton esprit, car c'est ton cœur qui t'a sauvé.
Harry ferma les yeux, un silence s'installa quelques secondes. Heather serra le bras de Harry contre sa poitrine.
- Et la fin de la prophétie, dit Harry.
- Aucun ne peut vivre tant que l'autre survit, compléta Heather.
- Alors… cela signifie que… qu'à la fin… l'un de nous deux devra tuer l'autre ?
- Oui, répondit Dumbledore.
Il y eut un nouveau silence, bien plus long cette fois. Et cette fois, ce fut Dumbledore qui le rompit.
- Je sens que je te dois une autre explication Harry. Tu te demandes peut-être pourquoi je ne t'ai pas choisi comme préfet ? Je dois te l'avouer… J'ai pensé… que tu avais suffisamment de responsabilités comme cela.
Harry et Heather regardèrent le vieil homme, et virent une larme couler sur sa joue.
- Enfin, je ne saurais trop te conseiller de rester auprès de ta sœur, en attendant les vacances. Vous aurez besoin l'un de l'autre dans les journées à venir.
NDLA :
Et voilà ! Maintenant vous savez… vous savez surtout que personne n'avait vu juste. Oui ! Je sais, certains vont dire que c'est pas juste car personne n'aurait pensé à Mulciber… mais vous vous êtes vous-même mis des contraintes que je n'avais pas posées. Jamais je n'ai dit qu'il s'agissait d'un gentil, et ça certains l'ont compris, mais je n'ai jamais dit non plus qu'il s'agissait d'un personnage important. J'ai juste dit qu'il y aurait un mort de plus. Cela dit sa mort n'a rien d'anodine, puisque c'est Heather qui le tue… On ne le voit pas encore très bien ici, mais imaginez quel choc ça doit être pour elle.
Encore une chose : vous n'avez peut-être pas tout suivi au niveau de la bataille du ministère. J'ai essayé d'être un peu plus clair que ne l'avais été Rowling, mais le point de vue implique de nombreuses imprécisions et incertitudes. Cependant pour ceux qui aimeraient bien savoir exactement qui a fait quoi pendant cette bataille, surtout du côté des mangemorts, je posterait, quelques temps après le dernier chapitre de cette année, un chapitre bonus, genre bonus DVD, avec les secrets de fabrication de ma fic, et les actions de chaque mangemort pendant cette bataille y seront décrites.
Allez, à Samedi pour la conclusion de Heather Wright et l'Ordre du Phénix !
