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La cité des anges

Heather passait des vacances des plus agréables. La surprise dont lui avait parlé sa mère n'était autre qu'un séjour à Los Angeles. Mr Wright avait en effet été envoyé par sa société à un congrès, et avait donc décidé d'en profiter pour offrir quelques vacances à toute la famille. Oh, bien sûr ils ne logeaient pas dans l'hôtel le plus luxueux. Deux semaines dans la deuxième plus grande ville de Californie, ce n'était pas donné. Leur hôtel semblait en fait assez miteux vu de l'extérieur, les murs étaient lézardés et la peinture écaillée. Les volets de bois devaient avoir une cinquantaine d'années, et les tuiles du toit étaient noircies par la pollution. Mais à l'intérieur, c'était encore assez soigné, et le personnel était aux petits soins.
Si l'hôtel était un peu excentré, il était situé dans le quartier de Reseda, il était par contre assez proche des plages de Santa Monica et de Malibu et encore, pour s'y rendre, il n'était même pas besoin d'emprunter les voies les plus embouteillées.

Le congrès de son père durait une semaine, Heather et sa mère en profitèrent donc pour visiter tout ce qui n'intéressait pas Mr Wright. Le musée d'histoire naturelle, le campus de l'Université de Californie, Sunset Boulevard et ses nombreuses enseignes plus prestigieuses les unes que les autres, Hollywood boulevard et son célèbre Walk of fame. Suivant les conseils du personnel de l'hôtel, ils évitèrent Disneyland et les studios Universal le week-end et préférèrent se faire dorer au soleil… C'est à ce moment là que le séjour de Heather commença à devenir un peu moins idyllique.

Déjà, le matin, avant de partir. Heather essayait un bikini qu'elle s'était offert en faisant les boutiques avec sa mère. En un an, Heather était devenue très féminine. Ses jambes s'étaient allongées, ses hanches élargies, et elle commençait même à se sentir serrée dans ses soutien-gorge bonnet A. Elle avait donc choisi un bonnet B pour son bikini et constata devant le miroir que ça lui allait très bien.
- Tu es magnifique ma puce, lui dit sa mère qui essayait elle aussi pour la première fois son bikini.
Heather avait choisi le sien bleu, très simple. Les bandes sur les cotés du slip et du haut étaient encore assez larges. Sa mère elle avait visiblement décidé de jouer la provoc'. En effet, son bikini n'était certes pas un string, mais peu s'en fallait, et le noir allait à merveille avec ses cheveux blonds. Elle avait beau approcher de la quarantaine, elle était encore magnifique.
- Allez ! dit-elle. Sortons de cette salle de bain exiguë et allons faire saliver ton père.
Heather sortit la première, mais la réaction de son père ne fut pas celle qu'elle escomptait.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda-t-il presque en criant.
- C'est mon maillot de bain ! répondit simplement Heather.
- Ah ! Non ! Non, non, non, non, non ! Il est hors de question que tu te promènes ainsi ! Tu reprends immédiatement ton autre maillot de bain jeune fille !
- Mais l'autre c'est un une pièce ! Il est pas beau !
- Peut-être, mais tu es encore trop jeune pour t'exhiber dans une tenue aussi indécente !
- Du calme chéri ! Son maillot est très bien ! intervint Mrs Wright.
- Et bien sûr, toi tu l'encou…
Mr Wright ne termina pas sa phrase. Quand il vit sa femme dans son bikini, il eut comme un bug.
- Comment tu me trouves ? demanda Mrs Wright avec malice.
- Tu-tu-tu… Tu es magnifique, finit-il par articuler en rougissant jusqu'aux oreilles.
- Tu ne voudrais pas que je remplace ce beau bikini par un maillot une pièce ? demanda-t-elle en affichant une moue contrite.
- Non, bien sûr, je…
- Pourtant, mon bikini est bien plus petit que celui de notre fille. Alors pourquoi tu ne veux pas qu'elle le mette ? Tu n'es pas fier d'avoir une petite fille aussi jolie ?
- Si ! Bien sûr, mais…
Heather savait que la bataille était gagnée. Son père n'avait jamais pu résister aux charmes de sa mère. Un comble, quand on sait que c'est elle la moldue, et que lui descend de sorciers.

Mais la petite velléité de son père ne fut qu'une broutille en comparaison de ce qui se passa ensuite. Une petite demi-heure après qu'ils se soient installés sur la plage, Heather voulut aller chercher une glace à l'eau. C'est en avançant vers un marchand ambulant qu'elle avait repéré qu'un cri lui fit tourner la tête.
- Attention !
Elle n'eut pas le temps de réagir, elle se prit une balle de volley en plein sur le nez, et elle frappa fort. Heather en tomba à la renverse et fut légèrement sonnée.

Quand tout arrêta de tourner, elle vit un garçon qui devait être légèrement plus âgé qu'elle venir récupérer la balle. Il était grand, assez musclé, très bronzé, avait les cheveux blonds coupés à la brosse, et un sourire digne d'une pub pour dentifrice. Il la regarda, lui fit miroiter ses dents, et repartit vers ses amis sans même un mot d'excuse. Heather se leva, le rattrapa, et le poussa dans le dos.
- Dis donc toi ! Tu pourrais au moins avoir la politesse de t'excuser ! Déjà que tu sais pas jouer au volley !
Le garçon sembla prendre la mouche à ce moment.
- Excuse-moi, je n'avais pas remarqué que ce gros nez que tu affiches n'était pas naturel ! Et puis c'est de ta faute après tout ! J'avais crié pour que tu fasses attention, mais t'es restée plantée comme un piquet !
- J'aurais sans doute pu esquiver, si tu m'avais averti avant que la balle ne soit à dix centimètres de moi, mais apparemment le message a eu du mal à monter au cerveau. Pas étonnant quand on a deux neurones qui se courent après.
Avec le pied, elle lui envoya une giclée de sable et tourna les talons pour repartir d'un pas rapide avant qu'il ait le temps de répliquer. Elle entendit derrière elle de grands éclats de rire, mais ne s'arrêta que quand elle fut loin.

En tout début d'après-midi, alors que le soleil cognait fort et qu'elle restait prudemment à l'abri de son parasol, elle revit ce garçon se diriger vers la mer. Il la vit et s'arrêta, pour revenir vers elle. A côté, ses parents faisaient la sieste et ne virent ni n'entendirent rien.
- Tiens ! Mais c'est notre experte en bonnes manières, railla-t-il. Je vois que tu n'aimes pas le soleil. Il est magnifique, et tu restes bêtement à l'ombre. Enfin c'est normal, tu dois vouloir conserver la belle couleur plâtre de ta peau.
Elle voulu répliquer, mais cette fois ce fut lui qui ne lui en laissa pas le temps. Il se retourna et couru plonger dans l'océan. Vexée, Heather était bien décidée à montrer à ce crétin qu'elle n'avait rien d'un cachet d'aspirine. Elle prit sa serviette et s'installa au soleil. Et ça ne manqua pas, une heure plus tard, quand sa mère se réveilla, Heather était d'un rouge écrevisse des plus voyants.

Après cet événement cuisant, Heather évita bien de trop s'exposer au soleil, surtout entre midi et deux. Après une journée à Disneyland et la visite des studios Universal. La famille Wright retourna à la plage le mercredi. Les coups de soleil avait guéri et ne faisaient plus souffrir Heather, mais sa peau était encore bien rouge. Ils étaient à peine arrivés, que le garçon passa près d'eux.
- Tiens, salut ! adressa-t-il à la jeune fille. Je vois que tu n'as pas écouté mes conseils ! Mais je te rassure, ça te va très bien cette couleur ! C'est parfaitement assorti à tes cheveux.
A nouveau, il s'en alla avant de laisser à Heather toute possibilité de réponse.
- Tu connais ce garçon ? demanda sa mère avec un gros sous-entendu tandis qu'Heather fulminait.
- Pas vraiment, grogna-t-elle.
- Il a l'air pas mal, insista Mrs Wright qui visiblement n'avait rien compris.
- Il sera beaucoup mieux une fois que je l'aurait transformé en urinoir !
Mrs Wright n'insista plus, mais la fin du séjour fut ponctuée par d'autres accrochages entre les deux adolescents, rarement à l'avantage de Heather. Un moment, elle avait bien failli ensorceler le garçon, mais sa mère avait arrêté son geste et lui avait ordonné de ranger sa baguette.

Enfin, le samedi matin, les Wright retournèrent à l'aéroport international prendre l'appareil qui devait les ramener en Angleterre.
- Ce fut un beau voyage ! déclara Mrs Wright en jetant un dernier regard sur la ville.
- Mouais ! grogna Heather.
- Tu penses encore à ce garçon ?
- Quel garçon ? paniqua Mr Wright. T'as rencontré un garçon ? Il a été correct avec toi j'espère ?
- J'ai pas rencontré un garçon, s'emporta Heather. J'ai juste croisé le chemin d'un crétin congénital qui aurait été beaucoup mieux si j'avais pu le transformer en poulpe, lui qui aime tant la mer ! Il a pourri mes vacances ! Je le hais, je l'abhorre, je l'exècre ! Heureusement que je ne le verrais plus jamais, parce que si je le recroise après mes dix-sept ans, vous pouvez être sûrs que j'en fais de la chair à saucisse !
Mr Wright, rassuré par les propos de sa fille, passa les portes de l'aéroport, suivi de près par Heather et sa mère. Ils allèrent enregistrer leurs bagages et durent attendre une demi-heure car l'avion avait du retard. Finalement, ils embarquèrent.

Juste après le décollage, Heather regarda à nouveau la ville par le hublot. Elle se dit que tout compte fait, ce voyage n'avait pas été si mal. En fait, si l'on exceptait ce débile qui l'avait emm, c'était même les meilleures vacances qu'elle ait jamais eues.

Une bonne dizaine d'heures plus tard, l'avion atterrit à Londres. Bien qu'avec le décalage horaire, il était cinq heures du matin, et que le ciel aurait déjà dû être clair , le soleil ne devant plus tarder à se lever, ils constatèrent une fois l'avion au sol qu'il faisait encore sombre. Il y avait en effet d'épais nuages au dessus de leur tête et un brouillard tel qu'on ne voyait pas à dix mètres. En quittant l'aérogare après avoir récupéré leurs bagages, ils constatèrent également qu'il faisait très froid. Alors que pendant deux semaines, ils avaient eu dans les trente degrés à l'ombre, ils constatèrent que Londres, au petit matin, ne chiffrait que dix petit degrés Celsius. Ils se couvrirent d'avantage. Puis prirent un taxi pour la gare de King's Cross. Ils arrivèrent une demi-heure avant le premier train pour Bideford. Et il semblait que la température avait encore chuté. En se serrant contre sa mère pour avoir plus chaud, Heather ressentit alors ce sentiment de désespoir. Elle le reconnu facilement. Elle ne tarda pas à réagir.
- Papa ! Maman ! Suivez-moi ! Vite !

Elle courut à toute allure, traînant derrière elle sa valise à roulettes. Ses parents en firent autant sans trop savoir ce qui arrivait à leur fille. Heather s'arrêta devant la barrière entre les quai neuf et dix.
- On peut savoir ce qui se passe ? demanda Mrs Wright.
- Pas le temps, répondit Heather en regardant autour d'elle. Venez ! ordonna-t-elle à voix basse en franchissant la barrière pour se retrouver sur le quai 9 ¾.

Il y avait quelques sorciers sur le quai, et deux ou trois employés. Certains tremblaient comme des feuilles, recroquevillés sur eux-mêmes. Les autres avaient leurs baguettes sorties et essayaient de rassembler tout le monde. Heather et ses parents coururent vers le groupe qui se formait, mais toutes les lumières s'éteignirent, et si le jour n'avais pas été levé, on n'aurait plus rien vu du tout. Mais en l'occurrence, ils étaient visibles. Il y en avait une bonne vingtaine qui tournoyaient au-dessus de leurs têtes en se rapprochant inexorablement.
- Les moldus dans le hall de gare ! cria-t-elle a un des employés. Il faut protéger les moldus dans le hall !
- On va déjà essayer de nous protéger nous mêmes, articula un sorcier dont les dents claquaient de peur et de froid.
Ils étaient là, ils fondirent sur le petit groupe de personnes.
- Spero Patronum ! lancèrent plusieurs des sorciers qui avaient leurs baguettes tirées.
Des filets de fumée argentée sortirent de leurs baguettes, mais un seul d'entre eux réussit à produire un Patronus corporel. Un papillon de lumière éjecta deux des détraqueurs, mais les autres resserrèrent leur cercle.
- Spero Patronum ! lança Heather à son tour en se concentrant très fort sur le jour où Harry avait appris qu'il était son frère.
Son berger groenandel de lumière chassa plusieurs détraqueurs et fit reculer les autres alors qu'il galopait autour du groupe. L'employé convoqua à nouveau son papillon, et les deux Patronus conjugués permirent de mettre en fuite les créatures maléfiques. Les sorciers qui avaient été paralysés se remirent debout.
- Venez ! dit Heather. Il faut s'assurer qu'il n'y en ait pas d'autres qui attaquent les moldus dans le hall.

Tous se précipitèrent comme un seul homme. Le sorcier au Patronus papillon passa en premier, Heather attendit que tous les autres furent passer et s'avança la dernière. Dans le hall, il y avait encore le double de détraqueurs. Une quarantaine, qui s'acharnaient sur les pauvres moldus qui ne pouvaient même pas les voir. Le papillon de lumière avait été lancé, mais il s'était éloigné, et des détraqueurs venaient prendre le groupe par derrière et par les côtés. Heather lança son Patronus à nouveau. Elle fit reculer la menace, mais elle commençait à fatiguer. Elle sentait ses forces la quitter petit à petit. Les autres sorciers tentaient eux aussi de convoquer des Patronus. L'un d'eux parvint à faire jaillir un crapaud qui bondit et repoussa deux détraqueurs avant de disparaître. Finalement, Heather arriva à bout de forces. Le sorcier au Patronus papillon également, et tous se retrouvèrent sans défenses alors qu'il restait une bonne trentaine de détraqueurs qui fondirent sur eux. Heather était au combles de l'angoisse. Elle revoyait le corps sans vie de ce mangemort sur qui elle avait lancé les fourmis africaines. Cette image qu'elle avait péniblement réussi à refouler dans un coin de sa mémoire au bout de deux semaines revenait la hanter et lui ôter toute gaieté.

Heather ferma les yeux, persuadée que c'était la fin, qu'il allaient tous être embrassés chacun leur tour. Soudain, elle sentit comme une vague d'espoir remplir son cœur. Elle ouvrit les yeux et vit un hippocampe de lumière se dresser entre elle et les détraqueurs. Elle regarda tout autour. Une dizaine de Patronus mettaient en fuite les créatures maléfiques. Quand le dernier fut envolé. Les lumières revinrent. Les aurors du ministère s'occupèrent de la bonne santé de chacun, puis lançaient des sortilèges d'Oubliette aux moldus qui avaient assisté à la scène. On déplora deux victimes. Mais les aurors félicitèrent le petit groupe de sorciers, et plus particulièrement Heather. En effet, tous les adultes avaient été épatés de voir une toute jeune fille réussir un acte de magie aussi avancé.
- C'est Harry Potter qu'il faut remercier, répondit-elle. C'est lui qui a appris à ceux qui le croyaient à produire des Patronus pendant que le ministère faisait son possible pour laisser les enfants de toute la Grande Bretagne magique sans défense contre Voldemort et ses alliés.
Tous tressaillirent au nom interdit. Certains aurors, sans doute ceux qui avaient aveuglément suivis Fudge, détournèrent le regard.

Quand tous les aurors furent partis, les moldus endormis par des sortilèges se réveillèrent, et la gare se remit à fonctionner normalement.
- Heather, dit Mrs Wright. On peut savoir ce qui s'est passé ? C'était quoi ces sortilèges que vous lanciez ? Pourquoi j'avais cette impression de ne plus jamais pouvoir être heureuse ? Et qu'est-ce qui s'est passé cette année avec ton frère et que tu ne nous as pas raconté ?


RAR :

Auctor : Oui, il se peut que Yaxley fille ait quelques soucis à se faire... Sinon, pour le one-shot, bien sûr que ça m'intéresse !

Daffy : Oui, je sais, je suis trop bon. Mais étant donné qu'une année fait une vingtaine de chapitres, t'imagines si je n'en publiait qu'un par semaine ! Il me faudrait presque six mois pour publier cette nouvelle année (qui est la plus longue et compte 24 chapitres).

Kiraidan : Comment ça c'est pas bien la façon dont je fini le chapitre ? Un peu de suspense ne fait de mal à personne (surtout pas à l'auteur qui s'attache ainsi plus sûrement ses lecteurs qu'avec un maléfice d'addiction) ! Pour ce qui est des mangemorts... qu'est-ce que tu attendaient d'eux ? Ils jouent de Doloris et de sortilèges particulièrement offensifs, fait pour blesser ou tuer, comme tout bon mangemort qui se respecte. Honnêtement, je vois mal Voldemort ou ses sbires utiliser des sortilèges anti-transplanage ! La plupart sont pas assez futés pour y penser, et les autres ont trop besoin justement de pouvoir transplaner, au cas où...

Lyane : En voilà une qu'est finaude ! Effectivement, un bon auteur ne laisse rien au hasard (c'est pourquoi il m'arrive encore de laisser certains trucs au hasard). Quand à savoir si Heather et abigail pourront être prévenues du fait que le pèrede Yaxley est un mangemort (donc, en fait, savoir si Becky a survécu ou non), réponse au prochain chapitre (oui, je sais, je suis sadique, pas la peine de me le rappeler !). Effectivement, le tome 6 est le plus "plat" de l'heptalogie. A part les histoires de coeur, il se passe pas grand chose. Et j'ai essayé en écrivant la version Heather Wright de lui donner un peu plus de relief, j'espère que ça te plaira.