NDLA : Salut à tous, et merci de votre fidélité à ma fic. Je l'avoue, je suis un peu nerveux de publier ce chapitre. Pourquoi ? Eh bien parce que dedans je lâche une sacrée bombe. Je pense que très peu d'entre vous s'en seront douté (si c'est le cas, ça m'intéresse de savoir pourquoi), en tout cas, j'espère que c'est une évolution qui vous intéressera et vous plaira. Quoi qu'il en soit, laissez-moi un petit commentaire pour me dire ce que vous en pensez... je dois dire que sur ce chapitre, ça me tient assez à coeur d'avoir un maximum de reviews (et là je ferme les yeux et je prie très fort pour qu'elles soient bonnes).


7
Le Prince de Sang-Mêlé

Le lendemain, chacun reprit les cours comme s'il ne s'était rien passé. Yaxley aurait pu faire renvoyer Heather et Abigail si elle l'avait voulu, il lui aurait suffit d'aller trouver McGonagall ou Rogue et de leur raconter les évènements de la veille. Mais comme personne n'était venu la voir avec un mot de sa directrice de maison ou du directeur, Heather se dit que Yaxley ne parlerait pas. En même temps, cela suivait la logique qu'elle s'était fixée. Si elle souhaitait vraiment en finir avec son père elle-même, il valait mieux qu'elle ne parle pas car elle avait tout expliqué aux deux filles et elles pourraient vendre la mèche.
Bien que Heather ne pouvait que désapprouver les projets de Yaxley, elle comprenait ses motivations, et par respect pour la Serpentard, ne dirait rien. Elles n'en avaient pas discuté, mais elle était certaine que Abigail non plus ne dirait rien.

Après avoir pris un bon petit déjeuner, elle se rendit à la bibliothèque faire les devoirs qu'elle n'avait pas faits la veille. Quand la cloche sonna, elle rangea ses affaires et se précipita au cours de Métamorphoses. Comme d'habitude, le professeur McGonagall obtint le silence par sa simple présence.
- Bonjour à tous et bienvenue à Poudlard pour une nouvelle année. Le programme de quatrième année des cours de Métamorphoses va sans doute vous paraître plus difficile que les années précédentes. Jusque là, vous avez changé des objets en d'autres objets, ou des animaux de petite taille en objets. Cette année, nous commencerons à voir la transformation d'objets inanimés en animaux, ce qui demande bien plus de concentration. En effet, si vous n'avez pas une représentation fidèle de l'animal, et j'entends par là non seulement son aspect extérieur, mais aussi de son anatomie interne, vous n'obtiendrez pas de résultats réalistes. Mais avant de nous lancer dans ce vaste programme, nous allons voir un petit point qui normalement n'est pas encore de votre niveau. Vous vous rappelez tous des cours de l'année dernière sur les animagus. Les différentes étapes pour en devenir un, et la législation en ce domaine. Maintenant qui peut me dire comment on peut savoir si un sorcier est un animagus ?
Romilda Vane, Hugh Lord, Narasimban et Kirke furent les premiers à lever la main, mais très vite, le reste de la classe suivit.
- Oui, Mr Lord ?
- Il suffit de consulter la liste officielle des animagi, car tous les sorciers souhaitant devenir des animagi doivent se faire connaître de leur ministère. Celui-ci les inscrit sur cette liste avec l'animal en lequel il se transforme et les particularités qui permettent de le reconnaître.
- Très bien Mr Lord, dit le professeur McGonagall. Seulement, il existe des sorciers qui décident de devenir des animagi en secret. Bien sûr, ils encourent de graves sanctions si cela venait à être découvert, mais les sanctions ne sont pas le genre de choses à dissuader de mauvais sorciers tels que les mangemorts. Et comme avec le retour au grand jour de leur seigneur et maître, ils ont repris leurs activités malsaines, on ne saurait se montrer trop prudent.
Elle marqua une légère pause, le temps de constater que l'attention de toute la classe était maintenant bien fixée.
- Le problème est alors qu'on ne peut savoir de quel animal il s'agit ni quelles sont ses particularités. Cependant, on peut quand même avoir des doutes. Un animagus transformé, même s'il devient animal jusque dans sa façon de percevoir et de réagir, garde une part de conscience et d'intelligence humaine, il peut donc agir comme le ferait un humain. Par conséquent, si vous voyez un animal qui a un comportement inhabituel, il se pourrait qu'il s'agisse d'un animagus. Comment s'en assurer alors ? Et bien il existe un sortilège qui permet de rendre à un animagus son aspect humain. Ce sortilège est sensiblement différent de celui que vous connaissez et qui annule toute transmutation. Car il ne s'agit pas de retirer une magie appliquée au sujet, mais bel et bien de forcer le sujet à redevenir normal contre son gré. Qui plus est, il s'agit d'un sortilège informulé, et normalement, ce type de sortilège n'est abordé qu'en sixième année. Néanmoins, de par les circonstances actuelles, le ministère tient à ce qu'on commence à vous l'apprendre dès la quatrième année. C'est donc ce que nous allons faire aujourd'hui. Bien sûr, comme il est très peu probable que vous parveniez à le maîtriser d'ici à la fin du cours, nous reviendrons régulièrement dessus tout au long de l'année.

Le professeur McGonagall expliqua alors comment lancer le sortilège, puis elle prit sa forme de chat et les élèves passèrent chacun leur tour pour essayer de lui rendre son apparence humaine. Les garçons insistèrent pour passer les premiers. Ils furent donc les premiers à se ridiculiser. Aucun d'entre eux ne réussit à lancer quoi que se soit, à l'exception de Jack Sloper, qui a force de crispation, avait fini par lâcher un pet bien sonore ce qui fit hurler de rire le reste de la classe. McGonagall dut reprendre son apparence un instant pour faire revenir le calme. Puis ce fut au tour des filles. Bien sûr, Romilda voulu passer la première, mais elle n'eut guère de meilleurs résultats que les garçons. Finalement, Heather passa donc en dernier. Elle se concentra sur les conseils du professeur. Ressentir la volonté de rendre au chat sa véritable apparence, et essayer de projeter sa volonté dans sa baguette.
Elle ne parvint pas à retransformer son professeur, néanmoins, sa baguette lança tout de même un rayon de lumière bleue, à la stupéfaction générale. Après avoir d'elle-même reprit forme humaine, le professeur McGonagall la félicita de son effort et la gratifia de dix points.

Pendant la récréation, elle retrouva Abigail qui lui donna de bonnes nouvelles de Yaxley. Hermione avait réussi à faire cicatriser ses plaies les plus récentes, elle ne craignait donc plus qu'elles se rouvrent en cas de mauvais coup, et elle était venue la trouver au matin dans la salle commune de Serpentard pour lui dire qu'elle ne dirait rien de leur rixe de la veille.
Les deux filles se rendirent ensuite au cours de Potions. Dans la classe, quatre chaudrons étaient éparpillés aux différentes tables, et un quatrième trônait sur le bureau du professeur.
- Bonjour tout le monde, fit le professeur sur un air jovial une fois que chacun fut installé. Veuillez tous sortir votre nécessaire à potions, votre balance, ainsi que votre Manuel intermédiaire de préparation des potions.
Tout le monde obéit, pour ceux qui n'avaient pas déjà sortit tout ça du moins.
- Bien ! maintenant, vous voyez à quatre de vos tables des chaudrons contenant tous une potion fraîchement préparée. Il s'agit pour chacun de potion du niveau des BUSEs, nous les verrons donc dans les deux années à venir. Vous ne savez pas encore les préparer, mais peut-être pouvez-vous les reconnaître, alors, qui peut me dire quelle est la potion située sur la table de ces deux messieurs ?
Tous les élèves se levèrent pour jeter un coup d'œil au chaudron qui fumait à côté de Parkinson et d'un autre garçon de Serpentard. Après un instant, Abigail leva la main.
- Oui, miss…?
- Carpenter, Abigail Carpenter. Il s'agit d'une potion d'aiguise-méninges. Elle est reconnaissable à sa couleur bleue et son opacité nacrée.
- Très bien miss Carpenter ! dit Slughorn. A présent qui peut me dire ce qu'il y a dans le chaudron devant ces deux jeunes filles de Gryffondor ?
A la table de Romilda Vane et Kate Lewis bouillonnait une autre potion que Heather avait du mal à voir. Encore une fois, Abigail leva la main et donna la bonne réponse : il s'agissait d'un philtre de paix.
- Encore une bonne réponse, Miss Carpenter. Voyons voir si vous allez trouver le nom de cette potion juste derrière-vous.
Heaher et Abigail se retournèrent pour observer dans le chaudron qui se trouvait à la table de Kirke et Sloper une potion mauve translucide d'où s'élevait une fumée argentée. Heather avait déjà vu une telle potion quelque part, elle essaya rapidement de se souvenir où avant qu'Abigail ne lève la main, et elle y réussit.
- Oui, Miss… ?
- Wright, Heather Wright.
- Tiens, tiens ? Auriez-vous un quelconque rapport avec Bernie Wright, le sous-directeur du département des communications et transports magiques ?
- Je ne sais pas, répondit Heather. En fait, mon père était persuadé qu'il était moldu jusqu'à ce qu'il découvre l'année dernière qu'il descendait en fait de Bowman Wright.
- Vraiment ! s'exclama le professeur avec admiration, mais aussi une pointe de convoitise. Je croyais la lignée éteinte ?
- Elle ment ! C'est évident ! intervint Grey.
- Non, je ne mens pas ! se défendit Heather. C'est Mrs Tourdesac elle-même qui a fait les recherches généalogiques pour découvrir cela, elle nous a même obtenu un certificat du ministère ! Si on croyait que mon père était un moldu, c'est parce qu'il était en fait de la troisième génération de cracmols, et que jamais son grand père n'avait parlé à son épouse et ses enfants du monde magique !
- Troisième génération de cracmols ! siffla le professeur Slughorn. Ce qui signifie que vous êtes une régénératrice !
La déclaration fut accueillie avec force murmures de la part des enfants de familles sorcières.
- Euh… qu'est ce que c'est une régénératrice ? demanda Heather.
- Exactement ce que vous êtes, déclara le professeur Slughorn. En général, on considère une lignée éteinte à partir de la deuxième génération de cracmols, mais il arrive que des sorciers naissent quand même chez les descendants cracmols, ils ont souvent des pouvoirs bien supérieurs à la moyenne. D'ailleurs, le dernier régénérateur connu n'était autre que Gellert Grindelwald. Certes son père était sorcier, mais il avait épousé une cracmolle de la huitième génération d'une famille allemande. On dit que plus le nombre de générations de cracmols est important, plus le régénérateur est puissant. Et effectivement, Grindelwald n'avait guère d'égal dans le monde sorcier que Albus Dumbledore, ce qui n'est pas rien ! Mais même si votre puissance magique ne vaut que trois huitièmes de celle de Grindelwald, ça fait déjà de vous une sorcière à classer dans les quinze pour cent des plus puissants sorciers !
Slughorn avait déclamé sa tirade avec entrain et ferveur, et Heather n'en demandait pas tant. Elle avait maintenant l'impression d'être une curiosité et franchement, elle n'appréciait pas trop la chose. Elle s'empressa donc de revenir au sujet, à savoir la potion qu'elle devait identifier.
- Euh… bien, pour ce qui est de cette potion, il me semble qu'il s'agit d'une potion de vieillissement.
- Excellent ! répondit Slughorn ! Mais je n'en attendait pas moins de vous. Bien, qui peut me dire quelle est la dernière potion ?
A la table de Hornet et Montague bouillait une potion rouge translucide mais épaisse comme du miel. A nouveau, Abigail fut invitée à répondre.
- C'est une solution de force. Elle permet de multiplier par trois la force physique de celui qui la boit. Cependant, à fortes doses, elle devient toxique.
- Excellente réponse de Miss Carpenter. Vous avez bien mérité de faire gagner quinze points à Serpentard, et j'en accorde également cinq à Gryffondor pour la bonne réponse de Miss Wright. Nous allons maintenant pouvoir commencer le cours à proprement parler.
- Euh… Monsieur, et la potion qui est sur votre bureau ? demanda Lucy Farmer.
- Ah ! Oui… Il s'agit d'un élixir d'euphorie. Elle permet d'effacer tous vos soucis et de vous rendre très joyeux. Idéale si vous avez le cafard. Et j'en offrirai le contenu d'un flacon à celui qui réussira à me préparer au mieux une potion de goutte du mort-vivant ! Je sais que c'est une potion un peu difficile pour vous, mais à la fin de l'année vous devriez être à même de la préparer. On va donc voir ce que ça donne quand vous préparez pour la première fois une potion ! Bonne chance à tous !

Les élèves se mirent tous à chercher dans leur livre la recette de la goutte du mort-vivant. Puis, les préparations commencèrent, assez studieuses chez des gens comme Narasimban ou Sophie Montague, un peu moins chez d'autres comme Vane, Kirke, Sloper, Grey ou Parkinson.
Heather se rendit compte que maintenant qu'elle n'avait plus Rogue sur le dos à critiquer chacun de ses gestes, il était bien plus aisé de suivre les instructions du manuel.
A la fin du temps imparti, personne n'avait pu finir la préparation, cependant, Abigail était arrivée au dernier stade, où il ne restait plus qu'à faire reposer vingt-quatre heures avant d'ajouter l'ingrédient final, et sa préparation était parfaite, elle reçu donc le flacon promis d'élixir d'euphorie ainsi que de beaux éloges sur sa vélocité et son efficacité. Slughorn complimenta également Lord et Heather, qui bien que n'étant pas arrivés aussi loin qu'Abigail, n'avaient fait aucune erreur dans leur préparation.

Le reste de la semaine s'écoula sans grande nouveauté. Tous les professeurs restaient fidèles à eux-mêmes. Flitwick rendait toujours l'apprentissage des sortilèges très amusant.
Le cours du professeur Babil la déçut un peu. Elle pensait, maintenant qu'ils avaient bien eu le temps d'apprendre l'alphabet runique et ses subtilités, qu'ils commenceraient à faire de la magie runique, mais le professeur expliqua que cette magie était extrêmement délicate à manier, et qu'ils ne verraient ça qu'à condition de continuer cette matière après leurs BUSEs. Bref, ils allaient passer deux années à faire de la traduction de textes runiques.
Enfin, Hagrid leur fit vivre de belles sensations en leur présentant des hippogriffes. Heather se rappelait que trois ans plus tôt, lorsque Hagrid avait voulu présenter des hippogriffes à la classe de Harry, Malefoy avait été blessé et en avait profité pour demander l'exécution de l'animal et la destitution de Hagrid. Elle craignait que les Serpentard de son année ne s'en inspirent pour créer de nouveaux problèmes au demi-géant. Et d'après le regard et le sourire malsain qui éclaira le visage de Grey, Heather avait eu raison de se méfier, mais Hagrid semblait également avoir retenu la leçon. Alors que Grey et Parkinson chuchotaient, sans doute pour mettre au point leur mauvais coup, Hagrid les apostropha.
- Dites donc vous deux ! Si les cours de Soins aux créatures magiques ne vous intéressent pas, vous pouvez encore changer d'option ! lança-t-il d'un ton ferme.
- Non, non monsieur, répondit Grey en baissant les yeux, ne voulant sans doute pas rater une occasion de nuire.
- Dans ce cas vous feriez bien d'écouter ! Parce que je mettais les autres en garde contre le fait qu'insulter un hippogriffe peut coûter la vie à celui qui aurait la stupidité de le faire ! Donc comme vous êtes maintenant tous prévenus, vous n'avez aucune excuse ! Si vous le faites quand même et que vous êtes attaqués, vous ne pourrez vous en prendre qu'à vous-même !
Grey enrageait, visiblement, son plan venait de tomber à l'eau.
La suite du cours fut fantastique, et presque tous les élèves eurent droit à un vol à dos d'hippogriffe. Heather adora la balade, et remercia chaleureusement sa monture et son professeur en remettant pied à terre. Abigail fut plus réservée… Visiblement, l'air n'était pas son élément. Déjà que sur un balai elle n'était pas très douée…

Après cette séance, elles se rendirent aussitôt dans la salle de la Dame Bleue.
- Ça va Abby ? fit Heather, tu es encore toute pâle.
- Je déteste voler ! souffla Abigail comme si un énorme poids comprimait ses poumons.
- Tiens ! Ça te requinquera ! dit Heather en lui lançant une bouteille de bièraubeurre.
- Merci, dit Abigail en décapsulant la bouteille.
Elle porta le goulot à sa bouche et avala plusieurs gorgées. Ses joues reprirent immédiatement des couleurs.
- Bon ! fit Heather. Alors, maintenant que tous nos devoirs sont faits, et qu'on est passées à la bibliothèque prendre toute la documentation nécessaire pour quand Becky reviendra, si on réfléchissait à ce qu'on va pouvoir faire de cet élixir d'euphorie que tu as remporté ?
- Mmmh… réfléchit Abigail. Je verrais bien quelques gouttes tomber dans le verre de McGonagall.
- Véto ! s'exclama Heather. McGonagall risque fort de ne pas apprécier, et elle saura sans doute facilement remonter jusqu'à nous !
- Moui, effectivement… il n'empêche que j'aimerais bien la voir se dérider un peu. Il faudra qu'on lui prépare quelque chose rien que pour elle dans l'année.
- On pourrait peut-être en faire boire à Malefoy, ou à Grey ? proposa Heather. Ça pourrait être drôle.
- Effectivement… Mais ce serait tellement téléphoné, critiqua Abigail. Il faut savoir innover un peu ! Changer de cible, de façon de procéder, prendre quelques risques.
- Alors… Qui aurait en ce moment bien besoin d'un peu de gaieté et qui ne nous a pas encore servi de cible ? réfléchit Heather à voix haute.
- Ton frère !
- Ça va pas la tête ?
- Ben quoi ? J'essaie d'innover !
Soudain, une idée traversa l'esprit de Heather, comme une révélation. Abigail ne manqua pas de s'en apercevoir.
- Qu'est-ce que tu dirais de Trelawney ? demanda Heather.
Les yeux d'Abigail s'illuminèrent.
- Heather, tu es géniale ! s'écria-t-elle en lui sautant au cou.
- Hey ! Du calme ! protesta la Gryffondor. Il reste encore à savoir comment lui administrer l'élixir.
- Ça ! En ce moment, elle arrête pas de s'allumer au xérès, paraît qu'elle supporte mal de partager son poste avec Firenze. On n'a qu'à trouver l'endroit où elle planque ses bouteilles, et remplacer le contenu de l'une d'elle par l'élixir ! déclara la Serpentard.
- Parfait ! sourit Heather. En plus, ce sera pas vraiment un mauvais coup, ce sera plutôt une bonne action, si ça peut la faire arrêter de boire !

Heather observa son amie, dont le visage était encore à quelques centimètres du sien. Ses yeux pétillaient de malice, mais Heather y vit autre chose. D'un seul coup, il lui sembla que l'atmosphère bonne enfant s'était complètement envolée, et elle ressentit une certaine tension. C'est alors que, sans prévenir, Abigail s'avança et posa ses lèvres sur les siennes. Heather, surprise, se recula et se défit des bras de son amie, encore autour de son cou.
- Abigail qu'est-ce que tu… Ça va pas ? Qu'est-ce qui t'arrive ? bafouilla la Gryffondor.
- Je… Heather, je t'aime.

Cette simple phrase résonna comme un violent coup de tonnerre dans la tête de Heather. Elle aussi aimait beaucoup son amie, mais là, il ne s'agissait pas de la même chose. Heather était tétanisée par la surprise. Surprise d'apprendre que Abigail avait ce genre de… déviances. Surprise d'avoir pu lui inspirer des sentiments allant plus loin que l'amitié. Qu'avait-elle bien pu dire ou faire pour que… ? Mais elle n'eut pas à poser toutes ces questions. Abigail s'expliqua d'elle-même.
- Je m'en suis rendue compte l'année dernière, après la manifestation contre le décret d'Ombrage. Quand je t'ai vue tenir tête à ce sale crapaud et lui river son clou, quand je t'ai vue mener les autres élèves. Je t'ai trouvée si resplendissante, et j'ai senti quelque chose changer. Je sais que tu n'as rien fait pour ça, mais c'est plus fort que moi. Je t'aime Heather, et je voulais que tu le saches.

Heather paniquait au fur et à mesure que les mots sortaient de la bouche de son amie. Elle sentait son cœur s'emballer et son visage s'empourprer. Elle était horriblement gênée. Bien sûr, elle avait déjà entendu parler de couples homme-homme ou femme-femme, mais elle n'en avait jamais vu qu'à la télévision, dans des fictions. Et voilà que sa meilleure amie lui disait qu'elle éprouvait pour elle le même genre de sentiments que Heather éprouverait pour un garçon. C'était assez dérangeant.
- Je… Euh… Désolée, je viens de me rappeler que j'avais quelque chose à faire !

Heather quitta la pièce en courant. Elle n'entendit que vaguement Abigail l'appeler. Elle ne se retourna pas. Elle couru aussi vite et aussi longtemps qu'elle le pu, sans but particulier. Elle finit par s'arrêter à bout de souffle et tomba à genoux. Quand elle eu récupéré de sa course, elle vit qu'elle était non loin de la tapisserie de Barnabas le Follet. Elle avança et pensa très fort à une chambre où elle pourrait rester seule jusqu'au lendemain. Elle ne voulait vraiment parler à personne. Pas ce soir-là en tout cas.

Le lendemain, elle se rendit à ses cours, mais ne participa guère que si les professeurs l'interrogeaient, et elle se dépêchait de répondre pour qu'on la laisse tranquille. Elle ne parla à personne, ni en classe, ni aux repas. Et à la fin des cours, elle s'empressa de regagner la chambre qu'elle avait occupé la veille, dans la Salle sur Demande. Elle était perdue dans ses pensées quand elle entendit des coups frappés contre le mur, et une voix masculine jurer. Elle ne pu pas la reconnaître, mais il lui semblait bien qu'elle l'avait déjà entendue.

Le samedi soir, elle se décida à quitter sa cachette. Elle se rappelait en effet que Harry devait bientôt se rendre à son premier cours avec Dumbledore. Tout le monde ignorait encore ce qu'ils allaient faire tous les deux, mais Heather voulait souhaiter bonne chance à son frère avant. Quand elle arriva dans la salle commune de Gryffondor, les élèves étaient tous installés par groupe de trois à cinq, à étudier où à jouer. Harry, Ron et Hermione étaient dans un coin et ne l'avaient pas vue entrer.
- … en tout cas c'est quelqu'un de vraiment très intelligent ! fit Harry d'un ton emporté. Il n'a pas fait qu'écrire des corrections aux imprécisions du manuel, il a aussi noté ça et là des formules magiques qu'il a semble-t-il inventé lui-même.
- Lui-même ou elle-même, dit Hermione qui ne semblait pas apprécier les propos de Harry. Il se peut très bien qu'il s'agisse d'une fille. Son écriture est plus féminine que masculine.
- Il s'appelait le Prince de Sang-Mêlé, objecta Harry. Tu connais beaucoup de filles qui sont princes ?
- C'est quoi cette histoire de prince ? demanda Heather.
Les trois adolescents se retournèrent, et Harry fit alors quelque chose qu'il n'avait encore jamais fait : il cria sur Heather.
- Heather ! Je peux savoir où tu avais disparu ? On a passé la journée à te chercher, tu n'étais nulle part ! Même la Carte n'arrivait pas à te repérer ! Tu te rends compte du mauvais sang qu'on a pu se faire ?
- Heu… désolée, fit Heather un peu surprise d'une telle attaque. Je… je voulais juste être un peu seule.
- Ça merci ! Je m'en suis rendu compte ! dit son frère visiblement fâché. Je peux au moins savoir où tu étais ?
- J'étais dans la Salle sur Demande. J'ai pensé que personne ne viendrait me déranger là-bas.
- Tu vois ! fit Hermione. Je te l'avais bien dit. Ce n'était pas la peine de te mettre dans cet état. Un jour peut-être tu apprendras à me faire confiance et à écouter mes conseils ?
La pique était très visible sous la tentative de calmer le garçon.
- Alors, fit Heather… si tu n'as plus rien à me crier, peut-être peux-tu répondre à ma question ? C'est quoi cette histoire de prince ?
- C'est un bouquin que Harry a reçu pour son cours de potions, expliqua Ron qui en avait assez de voir ses amis se disputer les uns, les autres. Dedans il y a des annotations pour corriger les recettes des potions, et Hermione est furieuse parce que du coup Harry a de meilleures notes qu'elle.
- Pas du tout ! Je trouve juste que ce qui est écrit dans ce livre pourrait être dangereux et je voudrais que Harry en prenne conscience et l'utilise avec parcimonie.
- Fais voir ! demanda Heather sans laisser à son frère le temps de répondre.
Elle parcourut succinctement le livre et vit notamment la signature de l'ancien propriétaire.
- Oh bon sang ! Ça va être l'heure de mon cours avec Dumbledore, s'exclama Harry en regardant l'heure. Je vous laisse ! Il faut que j'y aille !

Tous trois lui souhaitèrent bonne chance, mais déjà, Harry avait disparu derrière le portrait de la Grosse Dame.
- Alors ? fit Hermione. Qu'est-ce qu'il t'es arrivé pour que tu ne veuilles plus parler à personne depuis hier matin ?
- Bof ! Rien de bien grave, répondit Heather espérant éluder la question.
- Tu t'es disputée avec Abigail ? insista Hermione. Elle est venue nous trouver ce matin, elle voulait te parler. C'est là qu'on s'est rendu compte qu'on ne t'avait plus vue depuis hier.
Heather était de plus en plus mal à l'aise. Comment pouvait-elle dire ce qui s'était passé ? Non, de toutes façon elle ne pouvait pas le faire devant Ron. Il se moquerait d'elle et d'Abigail, sans méchanceté bien sûr, mais Heather n'avait vraiment pas besoin de ça.
- Je… J'ai pas vraiment envie d'en parler, avoua-t-elle en espérant que ça ferait lâcher prise à Hermione. Je.. Je vais aller dans ma chambre quelques temps, mais je redescendrai pour savoir ce qu'ont fait Harry et Dumbledore.
- Comme tu veux ! dit Hermione. Mais si tu as besoin de quelqu'un à qui te confier, je peux très bien tenir ce rôle.
Heather remercia Hermione puis disparut dans l'escalier menant à sa chambre.


RAR :

Auctor : Ce que je pense du couple Harry/Ginny et bien j'avoue qu'en lisant le Prince de Sang-Mêlé pour la première fois, je n'ai pas été surpris, mais plutôt content d'avoir vu juste... Je sais pas pourquoi, mais depuis le tome 2, j'étais persuadé qu'ils allaient finir ensemble (après tout, le chevalier a sauvé la princesse du dragon... la suite, tout le monde la connait). Et je pense que c'est un joli couple. Après tout... après avoir vaincu Voldemort, harry aura besoin d'une fille avec qui il puisse vivre, j'entends par la profiter de la vie, une fille dynamique et pleine d'humour comme Ginny est toute indiquée.
Pour ce qui est du demi-strip de Yaxley, déjà, elle lui tourne le dos et cache sa poitrine avec ses bras, c'est pas comme si elle lui mettait ses nibars sous le nez. Ensuite pourquoi ça devrait absolument la gêner ? Tous les brittaniques ne sont pas psycho-rigides. De plus, avec le traîtement que lui fait subir son père, elle doit avoir l'habitude de rester des journées entières torse nu, certes, sans personne pour la voir ainsi, mais du coup, ça lui paraît naturel de retirer ses vêtements quand ses blessures se rouvrent. Et c'est peut-être justement parce qu'elle n'a pas eu d'éducation sexuelle que ça la gêne moins... elle ne voit pas du tout la chose sous cet angle.

Lyane : Oui... Je n'aime pas ce qui est trop manichéen, il en faut, dans tous les récits, il y aura toujours des gens profondément bons ou profondément mauvais, mais la plupart naviguent "entre gris clair et gris foncé" pour reprendre le titre d'une chanson de Jean-Jacques Goldman. Et, oui... Je ne voulais pas que Hagrid soit triste à cause de la décision de ces ingrats/fainéants de Ron et Harry. Du coup, un petit mensonge de rien, et tout le monde est heureux ! Enfin... quoique... vu ce que je lâche dans ce chapitre, le bonheur est loin d'être complet pour certaines...

Daffy : Comme tu peux le voir, j'ai choisi dde faire un autre usage de la Salle sur Demande... et j'aime bien ton idée de rencontre avec Malefoy... quoi qu'elle manque peut-être de subtilité.

Emihawk : Salut ! Ca faisait longtemps ! J'espère que ton impatience aura été comblée... Quoique... vu ce qui se passe dans ce chapitre... tu dois encore plus attendre le suivant maintenant, non ? Ha ha ha ! Ne t'inquiètes pas, il ne tardera pas trop.