RAR : Une fois n'est pas coutume, je vais répondre au review avantque vous ne lisiez le chapitre.

Bellatrix : Non, je t'assure, Romilda n'est pour rien dans cette déclaration, ni personne d'autre, et non, je ne vois pas du tout Becky dans ce rôle. Quand à aller parler à Dumbledore, il faudrait déjà que Abby sache qu'il a eu des sentiments amoureux pour un garçon. Hors ça, même dans le tome 7, ce n'était pas explicite.

Daffy : Bien sûr que tout est déjà prévu ! D'ailleurs, tous les chapitres de PdSM sont déjà écrits et corrigés et ne demandent qu'à être publiés. En tout cas, je suis content que la déclaration d'Abigail ait fait l'unanimité chez mes lecteurs (du moins, ceux qui ont laissé un commentaire. NB : si vous n'avez rien dit parce que justement ça vous plait pas... laissez un comm en m'expliquant pourquoi)

Bon, je vais vous laisser lire ce chapitre, vous devez être impatients de savoir ce qui va se passer.


8
Les sélections

Il n'y avait personne dans la chambre. En effet, il était encore tôt pour un samedi soir. Heather ne savait trop que faire. Elle avait déjà fini tous ses devoirs et n'avait pas envie de parcourir les livres de métamorphoses qu'elle avait empruntés à la bibliothèque. Elle ne voulait surtout pas repenser à ses projets de Maraudeuse, car cela la ramenait à Abigail. Elle s'allongea, les bras derrière la tête, et fut dérangée par une mauvaise odeur. Elle renifla et comprit que c'était elle qui sentait comme ça. Effectivement, cela faisait maintenant deux jours qu'elle n'avait pas pris de douche. Voilà qui l'aiderait sans doute à se débarrasser de toutes les pensées qui la gênaient.

Elle fit couler une eau brûlante et resta longtemps sous le jet. Combien de temps, elle n'en savait rien, mais l'essentiel était que ça lui faisait du bien. L'eau était tellement chaude qu'il lui fallait concentrer toute sa volonté pour rester dessous, et du coup, elle ne pouvait pas penser à autre chose. Elle s'adossa au mur, puis se laissa lentement glisser jusqu'au sol, ne se concentrant sur rien d'autre que les innombrables gouttelettes brûlantes qui la frappaient inlassablement.

Finalement, elle se décida à couper le jet. Elle saisit sa serviette et se l'appliqua sur le visage tout en sortant de son box.
- Ah ! Tu es revenue, dit une voix d'un ton soulagée.
Heather retira la serviette de son visage, Lucy Farmer, sa camarade de chambrée avec laquelle elle s'entendait le mieux, était juste devant elle, complètement nue, une serviette dans les mains.
- Je me demandais où tu avais bien pu passer, ces deux dernières nuits. Je commençais même à m'inquiéter, dit la jeune fille en tendant un bras vers Heather.

Au contact du bras de la jeune fille, Heather eut un sursaut, elle venait de se rendre compte qu'elle aussi était complètement nue. Cela ne l'avait jamais dérangée, avant cela, que ses camarades de dortoirs puissent la voir ainsi. Mais maintenant tout était différent. Elle avait pris conscience que des filles pouvaient être attirées par d'autres filles, qu'elles pouvaient désirer leurs corps, son corps, comme les garçons de leur âge et au-delà pouvaient désirer le corps d'une fille. Elle piqua un fard et se précipita dans la chambre pour constater que Romilda Vane et Kate Lewis étaient là également. Elle fonça sur son lit et referma les rideaux de son baldaquin sur elle le temps de s'habiller en quatrième vitesse. En fait, elle se hâta tant que lorsqu'elle se précipita dans les escaliers pour remonter dans la salle commune, elle était encore pieds nus, et les cheveux dégoulinants.

En arrivant dans la salle commune, elle chercha un coin où elle pourrait rester seule, c'était compter sans Hermione qui vint la trouver à peine cinq minutes plus tard.
- Bon… je sais que tu nous as dit que tu voulais pas en parler… mais visiblement, il y a quelque chose qui ne va pas. Alors si tu me disais ce qu'il en est ?
- Je… je t'avais dit que c'était rien, protesta Heather en y mettant très peu de conviction.
- Oui… bien sûr ! Tu disparais pendant plus de vingt-quatre heures, tu refuses toute conversation, tu vas dans ta chambre pour revenir quarante minutes plus tard, les cheveux mouillés et pieds nus, bouder dans ton coin, tout ça pour rien ! C'est l'évidence même.
Heather tiqua bêtement sur le terme "pieds nus". Elle ne l'avait même pas remarqué. Maintenant, ses pieds étaient tout sales. C'était bien la peine de s'être lavée !
- Je… essaya-t-elle de se lancer, mais les mots moururent dans sa gorge.
- C'est en rapport avec Abigail n'est-ce pas ? demanda Hermione sans pour autant attendre de réponse. Quand elle est venue nous trouver ce matin, elle avait l'air de se reprocher quelque chose, mais elle n'a pas voulu nous dire quoi.
- Jeudi soir, on était toutes les deux et on parlait de ce qu'on allait faire… et puis soudain…
- Vous vous êtes disputées ? demanda Hermione d'un ton réconfortant.
- Elle m'a… Elle m'a embrassée, finit par lâcher Heather.
Hermione, visiblement, ne s'attendait pas à ça. De plus, ce qu'elle dit ensuite prouva qu'elle n'avait pas bien compris.
- Euh… je ne vois pas quel est le problème ? Toi-même, tu l'as prise dans tes bras quand elle est venue te rendre visite au Terrier.
Heather hocha la tête.
- Non ! Elle m'a donné un baiser, dit-elle en se sentant devenir rouge comme une pivoine. Sur la bouche. Et ensuite, elle m'a dit qu'elle était amoureuse de moi.
Hermione resta sans voix.
- Ha ! finit-elle par lâcher au bout de plusieurs secondes. Et, euh… tu es sûr de ne pas avoir mal interprété ses gestes, ou ses paroles ?
- Hermione ! Je t'en prie ! souffla Heather agacée.
- Bon… Effectivement, je conçois que ça puisse te choquer. Et je ne peux pas vraiment te conseiller. Je… c'est la première fois que je suis confrontée à une telle situation. Tout ce que je peux te dire, c'est qu'il n'y a pas de quoi s'isoler du reste du monde. Même si ça pourra être difficile de te retrouver avec elle dans un premier temps, tu nous as toujours, Harry, Ron, Ginny et moi. Il y a même Neville avec qui je crois tu ne t'entends pas trop mal. Et Dean aussi. Et puis… ce n'est pas comme si elle te détestait. Si tu lui disais simplement…
- Merci Hermione, la coupa Heather. Je… J'essaierai d'y réfléchir.

Elle revint avec Hermione à la table où Ron attendait tout seul depuis quelques minutes. Il essaya bien de savoir ce qui s'était dit, mais ni Heather ni Hermione ne lui en parlèrent, et Hermione lui fit bien comprendre que ce n'était pas la peine d'insister.

Ce fut une demi-heure plus tard, alors que la salle commune commençait déjà à bien se vider, les élèves les plus jeunes ne tenant pas aussi bien que les autres, que Harry revint de sa séance avec Dumbledore. A peine s'était-il approché d'eux que déjà Ron l'assaillait de questions.
- Alors ? Comment c'était ? Est-ce qu'il t'a appris des sortilèges surpuissants ?
- Du calme Ron ! fit Hermione. Laisse-le un peu respirer !
- Ben en fait, fit Harry en se passant une main derrière la tête, c'est pas du tout comme je m'y attendais.
Il expliqua alors que Dumbledore l'avait emmené avec lui dans la pensine, visiter le souvenir de Bob Ogden, qui avait rencontré les parents et grands-parents de Voldemort.
- Ils sont aussi horribles que leur progéniture, expliqua Harry. Son grand-père et son oncle avaient les moldus en horreur et ne considéraient pas comme un crime de les attaquer à coups de sortilèges. Ça leur a valu la prison. Quant à sa mère, elle était justement amoureuse d'un moldu, fils de petite noblesse, orgueilleux et vaniteux. Elle n'était franchement pas jolie, et je suis de l'avis de Dumbledore, elle a dû se servir d'un philtre d'amour pour le séduire. Bref, Voldemort a hérité du pire de chaque membre de sa famille.

Il leur parla également de la bague. Marvolo Gaunt en avait fait étalage devant Ogden pour justifier de son lignage. La bague des Peverell, avait-il dit, il avait également fait miroiter un médaillon qui avait appartenu à Salazar Serpentard lui-même. Mais la bague surtout semblait importante, puisqu'il s'agissait de la même bague que Harry avait vu quelques minutes plus tard dans le bureau de Dumbledore, et que celui-ci lui l'avait trouvée récemment, au moment où il a été blessé au bras en fait. Il précisa également que la pierre sertie sur la bague était fendue depuis cet été, alors que dans le souvenir d'Ogden elle était intacte.
- Je ne vois pas quelle importance cela pourrait avoir ! fit Ron dubitatif.
- C'est aussi ce que je pensais, mais Dumbledore m'a assuré que ça avait un rapport étroit avec la prophétie.
Hermione et Heather restèrent pensives. Si Dumbledore disait que c'était important, c'est que assurément, ça l'était. Mais pour l'instant, elles n'avaient pas encore assez d'éléments pour comprendre.
- Bah, fit Heather. On en saura sans doute plus après ta prochaine séance.
Harry acquiesça, et tous décidèrent d'aller se coucher. Harry retint cependant sa sœur.
- Alors ? demanda-t-il. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Pourquoi tu as disparu toute la journée ?
- Écoute Harry… commença Heather en réfléchissant aux mots qu'elle allait employer. Je n'ai pas envie d'en parler. Je ne nie pas qu'il s'est passé quelque chose de sérieux, mais je ne veux plus y penser pour l'instant. Tu peux comprendre ça ?
- Oui, mais… enfin tu es ma sœur, et je m'inquiète pour toi.
- C'est gentil, dit-elle en lui faisant la bise. Mais ça va déjà un peu mieux grâce à Hermione. C'est un problème sérieux, mais je te rassure, ça n'a rien de grave, alors tu n'as pas à t'en faire.
- Bien, si tu le dis, conclut Harry en haussant les épaules.
- Et pour cette histoire de Prince de Sang-Mêlé…
- Ah ! Non ! protesta Harry. Tu vas pas me dire que tu penses comme Hermione ?
- Oui et non, répondit Heather. Comme toi, je ne vois pas le mal qu'il y aurait à se servir des instructions d'un autre élève, surtout qu'il était visiblement très doué en potions. Mais pour la remarque comme quoi ça pourrait être une fille… Il faut avouer que peu de garçons ont une écriture si soignée et régulière.
- Moui... Mais pourquoi s'appeler le Prince et pas la Princesse ?
- Aucune idée, avoua Heather. C'est bien pour ça que je ne suis pas catégorique.

Le lendemain, au réveil, Heather trouva Ron, Harry et Hermione dans la salle commune à faire leurs devoirs.
- Déjà debouts ! s'étonna-t-elle.
- Pas le choix ! répondit simplement Ron sans relever le nez de son parchemin.
- Bon, moi je vais aller prendre mon petit déjeuner. Ça vous dirait d'aller voir Hagrid dans la matinée ? Vous devez lui manquer.
- Pas le temps, répondit Hermione. Désolée mais ce sera pour une autre fois, aujourd'hui, on a trop de devoirs.
- Vous n'auriez pas pu en faire hier ?
- On aurait pu, critiqua Harry d'un ton accusateur. Mais il a fallu qu'on cherche une certaine personne ici présente dans tout le château, et bêtement, on se faisait trop de soucis pour elle pour penser à aller rendre visite à quelqu'un d'autre.
Heather rougit.
- Oui, bon, ça va ! Je me suis déjà excusée, qu'est-ce que vous voulez de plus ?
- Oh rien ! répondit Harry. Du moment que tu ne recommences plus un coup dans le genre, tout ira très bien !
- Bon ! D'accord ! Je vous promet que si j'ai besoin de m'isoler à nouveau, j'en parlerai d'abord à quelqu'un, afin que vous ne vous fassiez plus de soucis !
- Merci ! fit Harry.
- Bon ! Moi je descends, et j'irai quand même voir Hagrid… Au fait, vous avez pas à vous torturer pour savoir comment l'aborder, je lui ai déjà parlé en votre faveur. Je lui ai dit qu'à cause des ASPICs, vous préfèreriez vous concentrer sur les matières qui vous seront utiles.
Heather allait passer le portrait de la Grosse Dame quand Harry la rappela.
- Attends ! tu n'oublies pas quelque chose ?
- Quoi donc ? demanda-t-elle.
- Ça ! dit-il avant de lui faire la bise. Bonne journée ! Désolé, mais nous on a trop de travail, et merci pour Hagrid, tu lui diras qu'on passera le voir dès qu'on en trouvera le temps.

Comme à chaque fois, en frappant à la porte de la cabane du garde-chasse, Heather entendit les aboiements sonores de Crockdur et les imprécations du demi-géant qui lui demandait de se taire.
- Ah ! Heather ! s'exclama Hagrid. Je suis content de te voir ! Viens ! Entre !
Heather répondit à l'invitation et alla s'installer à la table. De toute façon, l'endroit était si exigu, pour une personne aussi massive, qu'il n'y avait guère d'autre endroit qu'autour de la table où l'on pouvait s'installer, à moins de s'asseoir sur le lit mais bon…
- Alors, fit Hagrid, il paraît que tu avais disparu. Ton amie Abigail est venue me voir hier, et elle semblait assez inquiète.
- Oh ! Ce n'est rien, répondit Heather. J'avais juste besoin d'être un peu seule, alors je me suis trouvé un coin tranquille, et c'est vrai que j'y ai passé pas mal de temps depuis jeudi soir.
- Mais… Tout va bien ? demanda Hagrid un peu inquiet.
- Oui, oui ! répondit Heather peut-être un peu trop prestement. C'est juste que j'ai appris une nouvelle qui m'avait un peu chamboulée… mais rien de grave, je vous rassure.
- Alors tant mieux, sourit le garde-chasse. A part ça, Harry et les autres n'ont pas voulu venir avec toi ?
- Non… Comme ils ont passé la journée à me chercher hier, ils ont pleins de devoirs à faire aujourd'hui. Même Hermione a à peine décollé le nez de ses parchemins pour me saluer tout à l'heure.
- Oui… marmonna Hagrid un peu grognon. C'est vrai que les années des ASPICs ne sont pas évidentes. Enfin, moi j'en sais rien, mais j'ai vu défiler suffisamment d'élèves, et c'est vrai qu'à part Charlie, très peu venaient me voir aussi souvent en sixième et septième année que pendant les années précédentes.
- En parlant des sixième année, dit Heather. Ça s'est bien passé le cours de lundi ? J'ai vu qu'il y avait un élève de Serpentard, il ne vous a pas posé de problèmes j'espère ?
- Nott ? Non, ça va ! Je dois dire que j'ai été assez surpris. Tu sais que son père a été pris au ministère avec celui de Malefoy ? Je m'attendais donc à ce qu'il agisse un peu comme le fils de cette sale engeance, mais il n'a rien dit de particulier, et il a participé aussi bien que les trois autres.
- Et qu'est-ce que vous leur avez montré ? demanda Heather. J'avais vu que c'était dans de grandes cages, mais j'ai pas pu voir ce dont il s'agissait.
- Ah ! Et bien je leur ai montré une acromentule. J'en avais capturé une, je me suis dit que ce serait plus intéressant qu'un simple cours théorique.
- Euh… oui, sans doute, dit Heather dont le sourire s'était soudain crispé. Mais… vous avez le droit de parler de telles créatures ?
- Évidemment ! fit Hagrid. Au programme des ASPICs, il y a de nombreuses créatures fascinantes : manticores, éruptifs, sphinx, nundus, basilics, kelpys, cocatris, quintapeds, dragons… Ah les dragons ! souffla-t-il d'un air rêveur.
- Mais… vous allez vraiment amener toutes ces créatures dans l'enceinte de l'école ? s'étonna et s'inquiéta Heather.
- Non ! Malheureusement, certaines sont bien trop dangereuses, quant à d'autres… il est bien trop compliqué d'en acquérir de façon légale. Mais comme pour les acromentules, il y en a à disposition… Mais pour la plupart, les élèves devront se contenter de cours théoriques. D'ailleurs, beaucoup de ces créatures n'ont été rajoutées au programme que récemment par le ministère.
- J'imagine ! dit Heather qui ne se rappelait que trop bien la censure imposée sur les cours par le ministère, et surtout par Ombrage, l'année précédente.
Heather resta une bonne heure encore en compagnie du demi-géant, parlant de leurs cours sur les hippogriffes, mais aussi d'autres créatures qui fascinaient la jeune fille.

Le lundi matin, Harry annonça à Heather que les sélections pour l'équipe de quidditch auraient lieu le samedi suivant. Heather assura qu'elle y serait et partit pour son cours de Défenses contre les forces du mal.

De toute la semaine, Heather essaya d'éviter au maximum Abigail, cependant, elle était bien obligée de la voir lors des cours de Potions et de Soins aux créatures magiques. Mais elle les passa sans lui adresser la parole, et Abigail n'en fit pas d'avantage, bien que Heather ait cru une fois ou deux qu'elle allait se lancer. Elle fut bien aise que la Serpentard se ravise à chaque fois, car elle n'aurait su quoi lui dire, elle n'aurait pas pu gérer une telle situation… c'était si… Si quoi ? En fait elle ne le savait pas, mais elle savait juste qu'elle ne voulait pas lui parler.

Le mardi, Brittany Yaxley revint à la charge auprès de Harry, pour qu'il ré-ouvre l'A.D., mais comme celui-ci n'en avait pas l'intention, Hermione fit remarquer à la Serpentard qu'elle pourrait elle-même suggérer aux professeurs l'ouverture d'un "club de défense" qui se tiendrait de manière plus officielle que les regroupements de l'A.D. l'année précédente. Brittany sembla penser qu'il y avait effectivement matière à faire quelque chose d'intéressant et dit qu'elle réfléchirait à cette idée, mais que ce serait quand même bien que Harry et compagnie acceptent d'y participer.

Le samedi arriva au grand soulagement de la Gryffondor. D'une part, parce que pendant le week-end, elle n'aurait plus à se retrouver avec Abigail, d'autre part parce que la semaine n'avait pas été très joyeuse, et que les sélections de quidditch pourraient lui faire oublier la pénible scène du cours d'Astronomie, l'avant-veille, où on était venu annoncer à Christopher Ambleton que son père et son frère aîné avaient été retrouvés morts dans la matinée, la Marque des Ténèbres flottant au-dessus de l'appartement dudit frère. Elle avait également entendu dire que la veille, son frère avait vécu la même désagréable expérience, cette fois concernant une jeune fille de Poufsouffle, Hannah Abbot, qui, elle, avait perdu sa mère.

Le temps n'était pas idéal pour voler, il y avait une sorte de bruine qui donnait une impression de froid intense. Mais pour les sélections, cela permettrait sans doute d'éliminer les moins endurants. Et de l'écrémage, il allait falloir en faire. Il y avait au moins une soixantaine d'élèves qui s'étaient présentés. Des première année qui devaient chercher à rencontrer Harry, comme des septième année qui eux pensaient pouvoir profiter de la restructuration de l'équipe pour l'intégrer. En effet, après le départ de Fred, George, Angelina et Alicia, tous les espoirs étaient permis. Heather cru même avoir la berlue à un moment, mais après s'être frotté les yeux, elle constata qu'il y avait bel et bien des élèves de Poufsouffle et de Serdaigle parmi les candidats.

Quand Harry se présenta, ce fut une bousculade à ceux qui pourraient s'approcher le plus. Heureusement, il su garder son calme et demanda, pour commencer, que les candidats fassent le tour du terrain sur leur balai par groupe de dix. Ce fut une excellente idée. Tous ceux qui s'étaient précipités les premiers pour voir Harry savaient voler à peu près aussi bien qu'un chat à qui on aurait filé un coup de pied, c'est à dire le temps de s'élever en hurlant et de retomber avec fracas. Trente élèves furent rapidement écartés de la sorte, quarante-deux en fait, car le troisième groupe était composé d'élèves de Poufsouffle, et suite aux imprécations de Harry deux Serdaigle quittèrent également les rangs. La petite vingtaine de candidats restants était heureusement plus sérieuse. Harry fit alors passer des épreuves postes à postes. Il lui fallu longtemps pour réduire la sélection des poursuiveurs à trois personnes. Certes, Katie Bell et Ginny Weasley avaient très rapidement montré leur supériorité, mais parmi les autres, Dean Thomas et un garçon de deuxième année s'étaient montrés plutôt doués, mais finalement, Harry choisit de retenir Demelza Robins, une élève de troisième année qui évitait les cognards avec une aisance assez incroyable.

Pour les batteurs, ce fut un peu plus simple. Déjà, parce qu'il y avait moins de monde, ensuite, parce que Andrew Kirke et Jack Sloper n'avaient guère fait de progrès. Seuls deux autres joueurs, en plus de Heather, se démarquèrent : Jimmy Peakes, lui aussi en troisième année, renvoyait les cognards avec une puissance qu'on ne lui aurait pas soupçonné, et Ritchie Coote, un cinquième année un peu maigrichon, faisait preuve d'une précision hors pair. Finalement, comme Heather était toute aussi précise que Coote, et faisait également preuve d'une excellente couverture des joueurs, ce furent Jimmy Peakes et elle qui furent retenus.

Enfin, vint le tour des gardiens. Les cinq premiers candidats n'arrêtèrent pas plus de deux tirs sur cinq chacun. Cormac McLaggen, un septième année, passa ensuite et réussit à en arrêter quatre, mais il se trompa de direction sur le dernier. Ron enfin, le teint délicatement verdâtre, se mit en position. Harry lui aussi semblait tendu. Pourtant, Ron se montra magistral en réussissant à arrêter tous les tirs, même celui de Ginny qui avait pourtant faillit le prendre à contre-pied. McLaggen visiblement n'avait pas apprécié de se faire évincer, mais Harry se montra intraitable.

Hermione les rejoignit et félicita Ron, puis, après que Harry ait donné rendez-vous aux autres le jeudi soir pour la première séance d'entraînement, tous les quatre firent route non pas vers le château, mais vers la cabane de Hagrid. Arrivés à une dizaines de mètres. Heather s'arrêta.
- Je crois que Hagrid et vous avez des choses à vous dire, alors je vais plutôt rentrer et vous laisser discuter tranquillement.
- C'est ça ! fit Harry ironique. Enfuis-toi, lâcheuse !
- La lâcheuse te rappelle quand même qu'elle a plaidé votre cause pour que Hagrid ne soit pas fâché contre vous, deux fois qui plus est !
Heather ne laissa pas le temps à son frère de répliquer, de toute façon, elle doutait qu'il puisse trouver quelque chose à répondre. Il avait déjà fait un gros effort pour se montrer taquin dans sa réplique précédente.

Heather se doutait que Harry et les autres resteraient sans doute jusqu'à l'heure du dîner chez le demi-géant, et comme elle n'avait pas grand chose à faire, elle alla dans sa chambre et enfila son justaucorps. Elle se dirigea vers une partie du château où personne ne devrait pouvoir la remarquer et commença à escalader le mur d'une tour. C'est en arrivant à hauteur du septième étage qu'elle réalisa qu'il s'agissait de la tour où se trouvait les appartements et le bureau de Dumbledore. Elle fut prise d'une irrésistible envie de tenter le diable et de pénétrer dans le bureau du directeur par la fenêtre. A l'intérieur, il n'y avait personne, et les tableaux somnolaient tous. Elle se dirigea à pas de loup vers la porte, mais au moment où elle posa la main sur la poignée…
- Heather ? Que viens-tu donc faire ici ? demanda la voix de Dumbledore derrière elle.
Elle se retourna le cœur battant, elle aurait juré que Dumbledore n'était pas là trente secondes plus tôt.
- Euh… je me… baladais… un peu au hasard… et mes pas m'ont conduit ici.
De tous les mensonges que Heather avait inventés, celui-ci étant sans doute le moins convaincant, en plus, elle était toujours en justaucorps, sa robe de sorcière roulée en boule dans le sac banane qu'elle avait à la taille.
- Oui, fit Dumbledore l'air absolument pas fâché et en allant refermer la fenêtre qu'elle avait stupidement laissée ouverte. Enfin, tu as quand même une manière toute particulière de te balader, sourit-il.
- Hum… Effectivement, avoua Heather qui avait compris que ça ne servait à rien de mentir. Mais j'ai bien regardé dans le règlement de l'école, il n'y a aucun article qui interdise d'en escalader les murs.
- C'est tout à fait exact ! acquiesça Dumbledore. Je préfèrerais néanmoins qu'à l'avenir tu choisisses des moments où tu ne risqueras pas d'être vue par d'autres élèves, comme tu le faisais si bien l'année dernière. Je ne voudrais pas que l'un d'eux, en voulant t'imiter, ait un accident.
- Euh… oui monsieur, fit Heather rouge de confusion. Je… j'y veillerai.
- Très bien… je ne vais donc pas te retenir d'avantage.
Heather amorça un mouvement pour se retourner vers la porte.
- Ha ! Au fait, l'interrompit Dumbledore. La prochaine fois, tu devrais essayer le mur est au dessus du jardin d'hiver. Je crois que la salle sur laquelle donne la fenêtre de droite du quatrième étage pourrait t'intéresser.

De plus en plus rouge, Heather salua et remercia le directeur. Elle regarda sa montre et pensa que Harry, Ron et Hermione n'en auraient sans doute plus pour longtemps, aussi se contenta-t-elle de passer sa robe par dessus sa tenue actuelle et de descendre vers le hall. Elle y trouva en effet Harry et les autres, en pleine discussion avec le professeur Slughorn.
- Ah ! Miss Wright ! Vous aussi je souhaitais vous voir. Comme je viens de le dire à Mr Potter, j'organise un petit souper ce soir avec quelques élèves, et j'aimerais que vous y preniez part.
N'ayant aucune raison de refuser, Heather fut bien contrainte d'accepter, ne serait-ce que par respect envers son professeur.
Apparemment, Ron ne goûtait guère le fait d'être le seul membre du groupe à être laissé pour compte. Slughorn ne lui avait en effet même pas adressé un seul regard.
- Tu sais Ron, dit Heather en souriant. J'ai cru comprendre que Slughorn fonctionnait essentiellement à la célébrité et au talent. Comme tu n'es ni célèbre, ni doué pour les potions, il ne t'accorde pour l'instant aucun intérêt. Mais il assistera assurément au match contre Serpentard. Montre-toi brillant, et ça ne m'étonnerait pas qu'il décide de t'inclure également dans son club.
A la remarque de Heather, Ron retrouva sa bonne humeur, et tous pénétrèrent dans la Grande Salle et dînèrent. Heather observa la table des professeurs, mais Dumbledore n'y était pas. Il était sans doute passé en coup de vent. Mais que pouvait-il bien faire en dehors de l'école ? Des choses pour l'Ordre ? Peut-être, mais les journaux n'avaient parlé d'aucun fait qui puisse porter la marque de Dumbledore.

La soirée chez Slughorn fut sans grand intérêt pour Heather, il se contenta de présenter les élèves qu'il avait réunis les uns aux autres, et de leur expliquer que au cours de sa carrière, il avait pour habitude de repérer les jeunes talents, leur présentait de ses amis influents, et leur permettait ainsi de se faire des relations qui leur seraient utile pour leur avenir. Il expliqua comment grâce à lui telle personne avait obtenu tel poste au ministère, ou dans tel magasin de renom. Le plus pénible pour Heather fut d'esquiver Abigail tout au long de la soirée. Ce fut avec un grand soulagement qu'elle accueillit le : « Par Merlin il se fait tard. Je vais vous laisser regagner vos salles communes » que lança Slughorn vers dix heures.