NDLA :

Voici un nouveau chapitre, un peu plus tard que d'habitude. Mais comme l'écriture n'avance pas très vite, je vais devoir ralentir le rythme de publication. Au lieu de publier deux chapitres par semaines, je ne publierais plus qu'un chapitre tous les cinq à huit jours. Voilà, j'espère que vous aurez la patience d'attendre les chapitres suivants, après tout, ce n'est pas comme si je mettais des mois entre deux. Allez, trêve de blablas, place à la lecture !


11
Victoire totale… ou presque

Le soir-même, Heather ne descendit pas profiter du repas de Halloween. Elle resta seule dans son dortoir à pleurer. Cela avait été tellement dur de dire à Abigail ce qu'elle lui avait dit. Mais elle connaissait bien son amie, c'était la seule façon pour que, le temps aidant, elle abandonne tout espoir. Elle se demandait juste combien de temps il faudrait avant qu'elles puissent de nouveau se retrouver ensemble, juste comme des amies. Mais il lui semblait que quelle que soit la réponse, se serait une période bien trop longue.

Le lendemain matin, Rebecca vint la trouver alors qu'elle se rendait en cours.
- Je peux te parler cinq minutes ? demanda-t-elle avec une expression telle que Heather comprit bien de quoi elle voulait lui parler.
Elle aurait bien refusé, mais Rebecca ne lui laissa en fait pas vraiment le choix, elle la fit entrer dans une salle vide.
- Quand je suis revenue dans la salle de la Dame Bleue hier, j'ai trouvé Abigail par terre qui pleurait toutes les larmes de son corps.
Heather détourna le regard, son cœur se serra à lui en faire mal, mais elle avait pris sa décision. Prétendre que rien ne s'était passé, c'était visiblement donner de faux espoirs à Abigail, et il aurait fallut tôt ou tard lui faire de la peine. C'était déjà assez douloureux pour elle, et voilà que maintenant il allait en plus falloir mentir à Rebecca. Qu'allait-elle pouvoir lui raconter pour expliquer qu'elle ait trouvé Abigail dans cet état ? Mais surtout que s'étaient-elles dites ensuite ? Heather allait le demander quand Rebecca la devança.
- Quand elle a eu fini de pleurer, elle m'a tout expliqué. Ses sentiments pour toi, ce qui s'était passé avant mon retour, et ce qui s'est passé hier.
- Donc tu viens me faire la morale ? demanda Heather d'une voix affligée.
- Non, si j'avais été à ta place, je crois que j'aurais été encore plus catégorique. Dès le départ j'aurais cessé de fréquenter Abby. Toi, tu as eu le mérite d'essayer de concilier cette situation gênante avec votre amitié. Non, je ne viens pas te faire la morale, je voulais juste te dire que Abby est très mal. Elle s'en veut à elle-même, parce qu'elle sait bien que si elle n'avait pas insisté, tout aurait pu très bien se passer. Enfin pour l'instant, je ne veux pas trop la laisser seule. Je pense qu'elle a plus besoin d'avoir une amie auprès d'elle que toi. Donc je voulais juste te dire que pendant quelques temps, je lui donnerai la priorité sur tout le reste. Mais je voulais que tu saches que ça ne veut pas dire que je ne suis plus ton amie, et si tu as besoin de moi, et que Abby non, je serais là pour toi aussi.
Heather pris son amie dans ses bras.
- Merci Becky ! souffla-t-elle soulagée. Tu es vraiment une amie en or. Et merci de prendre soin de Abby. Je m'inquiétais justement de ce qui pourrait se passer si elle restait seule. Je compte sur toi pour bien t'occuper d'elle. Et quand elle aura définitivement abandonné l'idée que je puisse lui retourner ses sentiments, on pourra alors de nouveau parcourir le château et faire les quatre cent coups.
- Promis ? demanda Rebecca.
- Promis ! assura Heather. Bon, c'est pas tout ça, mais j'ai un cours dans dix minutes, et il faut encore que j'aille chercher mes affaires.

Les jours qui suivirent, tout le monde remarqua qu'Heather faisait grise mine, mais elle ne voulait pas dire à son frère ou a Ginny quel était le nœud du problème.
- Est-ce que ça a un rapport avec Abigail ? demanda Hermione un moment qu'elles se retrouvèrent seules toutes les deux.
Heather acquiesça en hochant la tête.
- J'ai essayé de faire comme si… mais elle insiste. Elle ne veut pas comprendre que je ne pourrai pas lui retourner ses sentiments. Alors le mieux à faire, c'est encore qu'on arrête de se voir.
Hermione fit une moue de compassion, mais ne trouva rien à dire pour soulager son amie.

Avec l'approche du premier match, les entraînements de quidditch se firent plus fréquents, mais ils ne se passaient pas aussi bien que Heather l'aurait cru. Ron semblait à nouveau victime de son trac et recommençait à mal jouer. Un soir, il en frappa même, bien involontairement, Demelza en plein visage. Ginny s'emporta contre lui, et Harry arrêta la séance avant que ça ne dégénère.

Le soir même, Heather rêva qu'elle était poursuivie par un Ron fou de rage qui la poursuivait avec une batte. Cela la réveilla et elle se demanda pourquoi elle avait fait un tel rêve. Elle réussit à se rendormir et en comprit alors la raison, dans un nouveau rêve, elle se voyait embrasser Ginny et y prendre beaucoup de plaisir. Puis Ron apparaissait et lui criait dessus. Le lendemain, elle alla s'asseoir à côté de Harry. A voix basse, pour que Ron n'entende pas, elle lui chuchota.
- Tu sais qu'elle a déjà un petit ami ?
- De quoi tu parles ? demanda Harry qui avait faillit avaler de travers le morceau de toast qu'il avait en bouche.
- Tu le sais très bien ! Je ne savais pas que Ginny te faisait autant d'effet !
- T'es malade ! C'est la sœur de mon meilleur ami ! Et comme tu l'as dit, elle a déjà un petit ami. Et puis d'abord comment tu sais ça ? Tu t'es servie de légilimancie sur moi ?
- Non… Enfin, pas volontairement… mais cette nuit, tu as fait des rêves. Et je m'y suis retrouvée invitée un peu malgré moi.
- Y a des moment où c'est pénible que tu sois ma sœur !
Heather sourit mais n'insista pas.

Dans la même journée, Yaxley était venue trouver Hermione et lui avait expliqué son projet.
- Tu sais, dit Hermione à Heather un peu plus tard dans la salle commune de Gryffondor, je dois dire que Yaxley n'a pas tort. Ce serait un plus pour tout le monde si on pouvait s'entraîner à affronter des mangemorts. Certes on a cette année un prof de Défense compétent, à défaut d'être agréable. Mais je suis d'accord avec elle, les cours, ça ne suffit pas.
- Tu sais, dit Heather. C'est pas moi qu'il faut convaincre, c'est Harry.
- Oh, mais je vais le convaincre ! T'inquiètes pas !

Finalement, Harry se laissa convaincre. Après tout, comme il n'aurait à s'occuper que des plus avancés, ça ne représenterait qu'un soir par semaine. Heather demanda cependant à ne pas faire équipe avec Abigail si toutefois on avait besoin d'elles. Quand les détails furent réglés, Harry et Yaxley firent une annonce dans la Grande Salle, au repas du soir. Ils présentèrent donc le club, expliquèrent ce qu'ils y feraient, et annoncèrent que les séances démarreraient dès le mois de décembre et auraient lieu le soir après le repas. Ils invitèrent tout ceux qui le souhaitaient à s'inscrire sur des listes mises à disposition dans le hall, sur le panneau d'affichage, et y resteraient pendant une semaine.

En ce qui concernait les entraînements de quidditch, les performances de Ron empiraient à chaque séance. En règle générale, depuis le jour du coup de poing à Demelza, il se montrait très irritable, surtout avec Hermione, et sur le terrain, avec tout le monde. La veille du match contre Serpentard, cela faillit à nouveau dégénérer et Harry dut le menacer de le virer de l'équipe. La colère fit alors place à l'abattement chez le rouquin. Harry passa la soirée à faire des pieds et des mains pour lui remonter le moral, sans succès. Le match ne s'annonçait pas sous les meilleurs auspices.

Le lendemain matin, on ressentait au petit déjeuner la même excitation qu'avant n'importe quel jour de match. Les Serpentard lançaient provocations, menaces et quolibets aux joueurs de Gryffondor. Harry se montra exagérément prévenant avec Ron, lui proposant diverses boissons. Hermione arriva alors que Harry tendait à Ron un jus de citrouille. Le rouquin allait boire quand Hermione tenta de l'en empêcher.
- Ne bois pas ça !
- Et pourquoi pas ? demanda Ron.
Hermione fixait Harry comme si elle ne le reconnaissait pas.
- Tu viens de mettre quelque chose dans ce verre, accusa la préfète.
- Pardon ? fit Harry l'air de ne pas comprendre.
- Tu as très bien entendu. Je t'ai vu. Tu as versé un liquide dans le verre de Ron. Tu as encore la bouteille dans la main.
- Je ne sais pas de quoi tu parles, dit Harry.
Mais cette fois, Heather vit Harry ranger quelque chose dans sa poche.
- Ron, je te préviens, ne bois pas ça ! répéta Hermione.
- Arrête de me donner des ordres ! s'emporta Ron, visiblement toujours en colère contre la jeune fille.
Et il bu son verre d'un trait. Hermione parut scandalisée. Elle se pencha et chuchota à l'oreille de Harry.
- Tu pourrais être renvoyé pour ça. Je ne t'aurais jamais cru capable d'une chose pareille, Harry.
- Écoutez-moi l'experte ! répondit-il. Tu n'as pas jeté d'autres sortilèges de confusion ces derniers temps ?
Hermione repartit furieuse. Heather décida de la suivre et la rattrapa alors qu'elle était encore dans le hall.
- Hermione attends ! lança-t-elle pour avoir le temps de se rapprocher afin de garder leur conversation pour elles. Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que Harry a versé dans le verre de Ron ?
Hermione se tritura les mains, et s'approchant de Heather pour lui murmurer de façon à peine audible.
- Il lui a fait boire du Felix Felicis, la potion de chance. C'est strictement interdit pour les compétitions officielles et les examens. Je pense que vous allez gagner ce match sans trop de problèmes, mais dis-toi bien que ce sera une victoire bien mal acquise.
Heather resta interdite alors que Hermione sortit par la grande porte.
- Qu'est-ce qui se passe Wright, t'as oublié comment on tient un balai ? lança alors Grey qui sortait de la Grande Salle à ce moment.

Heather ne répondit rien et se dirigea vers le stade, dans les vestiaires de Gryffondor. Elle y trouva Ginny et Demelza qui passaient leurs robes de Quidditch.
- Comment vous le sentez ce match ? demanda Heather en enfilant la sienne.
- Je crois qu'il s'annonce sous les meilleurs auspices, répondit Ginny pleine d'entrain alors que Harry et Ron entraient à leur tour. Les conditions météo paraissent idéales, et vous savez quoi ? Vaisey, le poursuiveur de Serpentard, il a pris un cognard en pleine tête pendant l'entraînement d'hier et il a encore trop mal pour jouer. Mieux encore : Malefoy est malade lui aussi, il a déclaré forfait.
- Quoi ? s'exclama Harry qui en l'espace d'une demi-seconde avait perdu le sourire satisfait qu'il affichait. Malade ? Qu'est-ce qu'il a ?
- Aucune idée, répondit Ginny, mais c'est excellent pour nous. Ils ont mis Harper à sa place. Il est en même année que moi et c'est un imbécile.
Harry eut un vague sourire, mais Heather sentit que ce n'était pas un sourire sincère. Elle par contre eut un vrai sourire. Bien qu'il prétendait le contraire, Harry aimait se retrouver face à Malefoy, car il était pour lui la meilleure des motivations pour ne pas perdre.
- Plutôt louche non, que Malefoy ne joue pas ? murmura-t-il à Ron.
- J'appellerais plutôt ça de la chance, répondit Ron qui semblait un peu moins terne qu'au petit déjeuner. Et Vaisey aussi est forfait, c'est leur meilleur marqueur, je n'avais pas très envie de… Hé ! s'écria-t-il soudain en se figeant alors qu'il enfilait ses gants.
- Quoi ? demanda Harry.
- Je… tu… bégaya-t-il en baissant la voix. Mon verre… Mon jus de citrouille… tu n'as pas…
- On commence dans cinq minutes, se contenta de lui répondre Harry.

Ils sortirent des vestiaires sous les acclamations et les huées coutumières. Parmi les cris et les applaudissements, on put entendre le rugissement du chapeau de Luna Lovegood. Harry et Urquhart, le capitaine des Serpentard, s'approchèrent de Madame Bibine qui donna les consignes, et le coup de sifflet pour lancer le match. Heather s'éleva en se disant que puisque Harry avait fait une bêtise, elle jouerait du mieux qu'elle pourrait afin qu'on ne puisse pas dire que leur victoire était due uniquement à la potion ingurgitée par Ron.

Le match à peine entamé, le commentateur fit une insinuation douteuse sur la façon dont Harry avait sélectionné ses joueurs, notamment Ron. Mais celui-ci arrêta aussitôt un tir.
- J'imagine qu'il a parfois de la chance, dit Zacharias Smith sa voix magiquement amplifiée.
Heather repéra un cognard et fonça dessus pour l'expédier rageusement sur un poursuiveur de Serpentard, permettant à Ginny d'aller inscrire le premier but. Le tandem qu'elle formait avec Peakes était bien meilleur que celui de l'année dernière avec son camarade Jack Sloper. Comme Peakes volait aussi bien qu'elle, ils pouvaient suivre chacun son cognard, plutôt que de se concentrer sur les joueurs, ils pouvaient ainsi intervenir au moment le plus opportun afin de gêner une action adverse.

Gryffondor menait soixante à zéro, Ron réussissant des arrêts parfois spectaculaires, quand Smith décida de s'en prendre à Heather.
- Bien sûr, le choix de Wright au poste de batteur est discutable. On préfère généralement à ce poste des garçons qui puissent frapper avec un peu plus de force.
- Envoie-lui un cognard ! cria Harry en passant près d'elle.
Mais avec un grand sourire, elle décida de viser Harper qui arrivait pour croiser la route de Harry, et elle fit mouche. Une fraction de secondes plus tard, un cri attira l'attention sur Smith qui avait disparu sous son pupitre alors qu'un cognard derrière lui décrivait une large courbe pour revenir vers le terrain. Peakes leva son pouce à l'attention de Heather qui lui sourit avant de repartir frapper son cognard.

Ginny, Dean et Demelza marquaient sans coup férir, et à l'autre bout du terrain, Ron bloquait tous les tirs. La foule se mit à chanter Weasley est notre roi. Puis, le vif d'or fit son apparition, Harry et Harper le poursuivaient et Harper avait l'avantage. Heather allait lui expédier un cognard, mais il rata le vif et le dépassa, Harry n'eut plus qu'à se saisir de la petite balle dorée avec une facilité déconcertante.

Les supporters de Gryffondor explosèrent de joie. Ginny fonça au sol, droit sur l'estrade du commentateur qu'elle réduisit en allumettes. Le reste de l'équipe, Heather incluse, vint se poser près d'elle. McGonagall semblait furieuse.
- Désolée professeur, j'ai oublié de freiner, s'expliqua Ginny d'un ton parfaitement neutre. Harry éclata de rire et la serra dans ses bras, puis s'écarta rapidement pour aller donner une tape dans le dos de Ron. Ils retournèrent vers les vestiaires bras dessus bras dessous en saluant leurs supporters.
Ginny vint complimenter Heather et Peakes pour leur soutien qui les avait grandement aidés au cours de ce match.
- Si on joue toujours comme ça, la Coupe ne pourra pas nous échapper, lança-t-elle.
- Allez venez ! On va pas laisser les deux héros seuls trop longtemps, ils pourraient prendre la grosse tête ! dit Dean.
Ils rejoignirent donc Harry et Ron qu'ils félicitèrent encore pour leur jeu. Tandis que Ron prenait sa part de gloire, Heather s'approcha de Harry un sourire moqueur aux lèvres.
- Alors ? Tu as apprécié de la prendre dans tes bras ?
- Tu veux bien arrêter avec ça ? souffla-t-il.
- Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi tu l'as quittée si vite ? Ron t'aurait attendu.
- Très drôle ! Il m'aurait plutôt réduit en charpie, à moins que Dean ne le fasse avant lui !
- Bof ! Tu sais, maintenant que Ron est de bonne humeur… Dean, je dis pas… Mais il est pas du genre à te réduire en charpie. Il te ferait plutôt la gueule pendant quelques mois.
- Oui, ben j'ai pas besoin de ça ! En février on a un autre match important. Poufsouffle est imprévisible comme équipe.
- Seamus a dit qu'il y avait une fête dans la salle commune ! annonça Dean avec exubérance. Venez Ginny, Demelza !

Heather, Ron et Harry laissèrent les autres quitter les vestiaires. Ce ne fut qu'une fois qu'ils furent seuls que Hermione arriva.
- J'ai un mot à te dire Harry.
Elle prit une profonde inspiration.
- Tu n'aurais pas dû faire ça. Tu as entendu Slughorn, c'est illégal.
- Qu'est-ce que tu as en tête ? Tu veux nous dénoncer ? demanda Ron.
Apparemment, l'euphorie du rouquin ne suffisait pas à lui faire oublier sa colère contre la préfète.
- De quoi vous parlez tous les deux ? s'étonna Harry qui se retourna pour accrocher sa robe.
- Harry, intervint Heather. Même, moi je t'ai vu planquer le flacon de Felix Felicis dans ta poche, ce matin, quand Hermione a voulu empêcher Ron de boire. Tu as triché.
- Non, ce n'est pas vrai, protesta Harry en se retournant vers eux.
- Si c'est vrai Harry, et c'est pour ça que tout s'est si bien passé, certains joueurs de Serpentard n'étaient pas là, Ron a arrêté tous les tirs !
- Je ne l'ai pas versée ! affirma Harry avec un grand sourire.
Il sortit le flacon de sa poche. Il était rempli de potion dorée et le bouchon était toujours fixé à la cire. Il expliqua alors qu'il voulait juste faire croire à Ron qu'il avait bu du Felix Felicis, mais que si Ron avait bien joué, il ne le devait qu'à lui-même.

Heather trouva l'idée de son frère magnifique. Même aidée de ses amies, elle n'aurait pas fait mieux. Ron prit quelques secondes pour assimiler l'information, et soudain tout dérailla.
- Tu as ajouté du Felix Felicis dans le jus de citrouille de Ron ce matin, c'est pour ça qu'il a arrêté tous les tirs ! Tu vois Hermione, je peux défendre mes buts sans aucune aide !
- Je n'ai jamais prétendu que tu ne le pouvais pas. Toi aussi, tu croyais avoir bu la potion !
Mais Ron sortait déjà son balai sur l'épaule. Harry semblait embêté, visiblement, il n'avait pas prévu que son plan aurait cet effet là.
- Euh… on va à la fête ? demanda-t-il.
- Vas-y sans moi, répondit Hermione en luttant pour retenir ses larmes. J'en ai assez de Ron pour le moment, je ne sais pas ce que je lui ai fait…
Elle quitta à son tour les vestiaires en trombe.
- Dis-moi Harry. Tu sais pourquoi Ron est si remonté contre Hermione ? Parce que je te jure qu'il a intérêt à avoir une très bonne raison s'il ne veut pas prendre ma main par la figure.
- Et ben, euh… A vrai dire, je crois qu'il lui en veut d'avoir embrassé Viktor Krum. En tout cas, c'est depuis que Ginny le lui a appris qu'il la bat froid.
- Donc c'est un parfait crétin ! Je m'en vais te lui secouer les puces moi !
- Attends ! dit Harry en lui courant après alors qu'elle avançait d'un pas décidé vers le château.

Ils montèrent les étages assez rapidement. Quand ils passèrent le tableau de la Grosse Dame, la fête battait son plein, et il n'était pas facile de trouver quelqu'un en particulier, d'autant que tout le monde venait les féliciter. Il leur fallut se débarrasser des frères Crivey et de plusieurs filles toutes plus bêtes que leurs pieds, et de Romilda Vane qui fit savoir à Harry qu'elle aimerait bien aller à la fête organisée par Slughorn pour Noël avec lui. Ils finirent par tomber sur Ginny.
- Ah ! Ginny, est-ce que tu as vu Ron, j'ai deux mots à lui dire ! dit Heather d'un ton cassant.
- Il est là-bas, répondit Ginny sur le même ton. Le sale petit hypocrite.
Heather et Harry regardèrent dans la direction que leur indiquait Ginny et virent Ron collé contre Lavande Brown, bouche contre bouche. Heather était pour le moins surprise. Oh, bien sûr, elle avait remarqué que la jeune fille tournait pas mal autour du rouquin ces derniers temps, mais elle pensait que Ron n'avait d'yeux que pour Hermione. Hermione ! Où était-elle ? Comment réagirait-elle en apprenant ça ?

Comme pour répondre à Heather, Harry lui saisit le bras et l'entraîna hors de la salle commune.
- Qu'est-ce qui se passe Harry ? demanda-t-elle.
- Hermione, dit simplement le garçon.
Ils avancèrent dans le couloir et entrèrent dans la première salle de classe dont la porte était ouverte. Elle était assise sur le bureau du professeur et quelques oiseaux jaunes piaillaient autour d'elle.
- Oh c'est vous… J'avais envie de m'entraîner, dit-elle.
- Ah, oui… Ils sont… heu… très beaux… répondit Harry avant de se manger un coup de coude de sa sœur.
- On voulait savoir comment tu allais, dit Heather d'une voix douce.
- Oh mais je vais très bien ! répondit Hermione en réprimant un sanglot. Pourquoi ça n'irait pas ?
- On a vu Ron et…

Mais Heather n'eut pas le temps de finir sa phrase, la porte s'ouvrit derrière eux pour laisser entrer Ron et Lavande, hilares.
- Oups ! fit la blonde avant de ressortir en pouffant.
Hermione fusillait le rouquin du regard, mais celui-ci préférait ne pas la fixer. Un silence pesant s'installa. Puis Ron lança par bravade.
- Salut Harry ! Je me demandais où tu étais passé !
Hermione descendit du bureau, les espèces de poussins jaunes voletant toujours autour d'elle.
- Tu ne devrais pas faire attendre Lavande dans le couloir, dit-elle. Elle va se demander où tu es allé.
Elle passa devant eux trois, roide. Ron sembla soulagé l'espace d'un instant.
- Oppugno ! lança Hermione en pointant sa baguette sur Ron.
Aussitôt, le rouquin fut assaillit par les petits poussins qui le griffaient et le piquaient de leurs pattes et de leur bec.
- Enlèvmoiça ! hurla-t-il.
Mais avec un regard furibond, Hermione ouvrit la porte et quitta la pièce. Harry, Heather et Lavande, qui les avait rejoints après que Hermione fut sortie mirent dix bonnes minutes à calmer et faire disparaître les oiseaux qui n'avaient plus rien de gentils petits poussins, mais semblaient tout droit sortis du film d'Hitchcock.
- Elle est complètement folle cette fille ! rouspéta le rouquin. Tu peux me dire ce qu'il lui a pris ? demanda-t-il à Harry.
- Franchement, tu l'as bien mérité ! répliqua Heather. Et si t'es pas fichu de comprendre pourquoi, par toi-même, je m'entraînerai moi-même à faire la même chose et je t'enverrai les piafs une fois par semaine jusqu'à ce que tu comprennes !
Sur ces paroles, elle planta Ron, Lavande et Harry et retourna dans sa chambre en passant au travers de la fête, ce qui, en passant, était bien plus facile quand Harry n'était pas avec elle.


RARA :

Daffy : Aaah ! Merciii ! Je suis content de voir qu'il y a au moins une fille qui trouve que le fait de retourner à Abigail ses présents bien trop onéreux soit normal. Eh oui, comme dans la vie, tout ne se passe pas toujours pour le mieux dans ma fic. Mais tu as raison de penser que Heather et Abby sauront surmonter cette épreuve. Quand et comment ? Mystère et boule de gomme !