14
La colère de Heather

Le lendemain matin, les élèves de sixième année eurent une excellente surprise. Sur le panneau d'affichage de la salle commune avait été placardé un avis proposant de s'inscrire à des cours de transplanage. Bien sûr, Harry et Ron s'empressèrent de s'inscrire. Heather fut alors témoin d'une étrange scène. Lavande arriva par derrière Ron et lui mis les mains sur les yeux en lui demandant de deviner qui c'était, chose que Heather trouvait un peu stupide, mais c'était le genre de jeux qui plaisait aux filles du style de Lavande. Hermione s'éloigna aussitôt avec raideur, et Harry la suivit. Jusque là, rien de bien nouveau sous les nuages – parce que le soleil n'était pas très présent depuis quelques jours. Ce qui surpris Heather fut la réaction du rouquin qui souffla d'exaspération, prétendit avoir un courrier urgent à envoyer à ses parents pour qu'ils lui envoient les douze gallions que coûtait le stage, puis disparut aussi sec sans laisser à la jeune fille le temps de répondre.

Heather attendit que Neville arrive et alla le saluer.
- Comment se sont passées ces vacances ? lui demanda-t-elle après les politesses d'usage.
- Oh ! Sans rien de particulier à raconter.
- Et avec Rebecca, j'ai cru comprendre que vous vous étiez plutôt rapprochés à la fête de Slughorn. Tu lui as envoyé quelque chose pour Noël ?
- Oui, je n'avais pas trop d'idées, parce qu'après tout, on n'était ensemble que depuis deux jours, mais je lui ai envoyé une carte et des chocolats. Elle m'a répondu qu'elle avait été contente de les recevoir.
Heather hocha la tête de façon affirmative.
- Tu as bien fait ! C'est vrai qu'après deux jours, un cadeau plus personnel ou plus cher aurait été mal vu, et ne rien faire du tout aurait été pire. Les chocolats, c'était une excellente idée. Rien de mieux pour faire plaisir à Becky que de lui offrir des sucreries.
Ils discutèrent de Rebecca jusqu'à arriver dans le hall, Heather donnant quelques conseils à Neville sur ce qu'il pourrait faire pour plaire à son amie, et surtout ce qu'il devait éviter.
- Hey ! lança une voix sur leur gauche alors qu'ils descendaient les dernières marches de l'escalier de marbre. Qu'est-ce que vous faites tous les deux ?
- Oh ! Comme il est de notoriété publique que Neville est un peu étourdi, je l'ai accompagné pour être certaine qu'il trouve le chemin jusqu'à toi ! se moqua Heather.
- Ha ! Ha ! Très drôle ! grinça Rebecca.
Heather les laissa en tête-à-tête et pénétra dans la Grande Salle où elle fut surprise de retrouver Harry, Ron et Hermione attablés sans la présence de Lavande. Si la blonde avait cru le pipeau que lui avait sorti le préfet pour se débarrasser d'elle, elle ne méritait pas de sortir avec lui !

Comme il l'avait annoncé en début d'année, Rogue fit pratiquer le charme du bouclier à ses élèves. Pour Heather, cela ne posa aucun problème. Les autres étaient plus ou moins performants. Kirke et Lewis n'y réussirent pas du tout, il fallait cependant dire que Kirke avait une excuse, il n'était pas inscrit au Club de Défense. Lewis, elle, en faisait partie, mais elle était la seule à ne pas avoir réussi à créer de bouclier, lors de la séance de la semaine avant Noël. Narasimban, qui pourtant n'était pas inscrit au club, y réussit dans les dix dernières minutes du cours.

Au cours de botanique de l'après-midi, Rebecca se fit mordre le doigt par un lys carnivore. Heather l'aida à desserrer les mâchoires de la fleur. Elle avait de petites coupures, mais rien de grave, les dents du lys carnivore n'étant pas très acérées et servant essentiellement à empêcher la proie de s'échapper une fois prise au piège.
- Voilà ce qui arrive quand on pense à son petit copain au lieu de ce concentrer sur le cours ! la taquina Heather.
- Oh ! Ça va ! souffla Rebecca. Ça va continuer longtemps ces moqueries ? Moi je ne me foutais pas de ta gueule en permanence quand tu sortais avec Dean.
- Excuse-moi, demanda Heather penaude devant la mine grincheuse de son amie. C'est juste que comme j'ai personne en ce moment, j'essaie d'avoir un peu d'amour par procuration, mais tu ne veux rien dire de ce que tu fais avec Neville, alors j'essaie de te provoquer pour que tu parles.
- Et bien à l'avenir, tu éviteras ce genre de provocations, dit Rebecca en rempotant finalement son lys. Et de toute façon, qu'est-ce que tu veux que je te raconte ? Neville et moi on a eu la soirée de Slughorn, le Poudlard express, et cinq minutes ce matin pour être ensemble. La soirée de Slughorn, tu y as assisté, donc pas besoin que je te fasse un dessin. Le train, on s'est contentés de rester ensemble, on s'est un peu embrassés, mais c'est tout. Et ce matin… Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse en cinq minutes ?
Heather ne dit plus rien, mais à la fin du cours, les deux filles sortirent de la serre aussi complices que des jumelles.

A la séance du Club avec les première à troisième année, Heather et Goldstein abordèrent également le charme du bouclier. Ils expliquèrent en large, en long et en travers comment y avoir recours et contre quels sortilèges. Puis ils firent quelques essais. Ils s'y étaient attendus, mais ce n'était pas très brillant. Ils observaient chaque élève tour à tour, corrigeant son mouvement de baguette au besoin ou l'aidant dans sa concentration en essayant de lui fournir des images mentales. A la fin de la séance, seuls trois élèves avaient réussi à produire un bouclier, et un seul d'entre eux avait pu repousser l'Expelliarmus qu'un camarade avait lancé.
- Pfiou ! Ça va pas être évident, dit Heather. Il va bien nous falloir cinq ou six séances pour qu'ils puisse tous produire un bouclier, et sans doute encore plus pour que ces boucliers soit efficaces.
- Ce n'est pas très étonnant, fit remarquer Goldstein. Normalement, on apprend le charme du bouclier qu'en cinquième année. Ils n'ont pas encore suffisamment de réserves magiques.
- Heather ! lança Lucy Farmer qui arrivait en courant. Heather, attends !
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda cette dernière tandis que Lucy reprenait son souffle.
- Je viens d'apprendre… Ton amie… à l'infirmerie…
- Quoi ? s'inquiéta Heather. Calme-toi, et dis-moi ce qui se passe.
- Ton amie de Serpentard, reprit Lucy après avoir pris une profonde inspiration.
- Abigail ?
- Oui. Elle a été mordue par des serpents, d'après ce que j'ai entendu dire. Elle est à l'infirmerie, et il paraît que c'est grave.

Heather blêmit en un quart de seconde. Sitôt que Lucy eut finit de parler, elle se précipita en direction de l'infirmerie. Quand elle arriva dans le couloir qui y menait, elle vit au fond, devant la double porte, Rebecca et Yaxley qui se levèrent pour l'accueillir.
- Becky ! Qu'est-ce qui se passe ? On m'a dit que Abby avait été mordue par des serpents ?
- Calme-toi Heather ! dit la Poufsouffle. Pomfresh est en train de s'occuper d'elle.
- Mais qu'est-ce qui s'est passé ? Comment a-t-elle pu être mordue par des serpents ?
- On ne sait pas encore, dit Yaxley. J'étais dans la salle commune à travailler sur un devoir de sortilèges quand elle est arrivée. Elle n'avait qu'une serviette de bain sur elle, elle devait tout juste sortir de la douche, parce qu'elle avait encore les cheveux dégoulinants d'eau. Elle a juste pu demander de l'aide, et dire le mot "serpent". Elle avait de nombreuses morsures, principalement sur les pieds, et les mollets, mais aussi deux au bras et une à la joue. J'ai envoyé aussitôt Felton chercher Rogue, et Svenson voir dans la chambre des quatrième année. Svenson est vite revenue, elle a dit qu'il y avait des dizaines de serpents dans la chambre, elle a fermé la porte de sorte qu'ils ne s'échappent pas. Elle a ajouté qu'ils étaient de différentes espèces : najas, tigre, cobra royal, vipères… que des espèces venimeuses. Rogue est arrivé, on lui a rapidement expliqué, et il a administré un premier anti-venin à Abigail, puis il l'a conduite ici en nous demandant d'empêcher quiconque d'accéder aux dortoirs des filles. Quand il est revenu, il est allé dans la chambre. Il est revenu avec un sac dans lequel il devait avoir mis facilement six, peut être huit serpents, il avait fait disparaître les autres. Il a encore demandé quelques précisions sur ce qui s'était passé. Je lui ai dit ce que je pouvais, et ensuite il est venu ici. Lui et Pomfresh essaient de tirer Abigail d'affaire, on ne peut pas entrer pour l'instant. Alors je suis allée prévenir Rebecca, et quand j'ai vu une de tes camarades de classe, je lui ai dit de te transmettre le message.

Les trois filles restèrent une demi-heure à attendre, finalement, Rogue sortit de l'infirmerie et fut aussitôt assailli de questions par Rebecca et Heather.
- Calmez-vous ! ordonna-t-il de sa voix froide et sèche. Miss Carpenter n'est plus en danger de mort. Néanmoins, elle reste inconsciente. Madame Pomfresh fera tout le nécessaire pour qu'elle reprenne connaissance, mais si elle ne s'est pas réveillée d'ici demain soir, on devra considérer qu'elle est dans le coma, et ses chances d'en sortir diminueront avec les heures qui passeront.
- Est-ce qu'on peut aller la voir ? demanda Heather.
- Je ne suis pas médecin, demandez ça à Madame Pomfresh. Vous n'êtes pas de ma maison et je ne peux pas vous donner d'ordres vu les circonstances, mais vous Yaxley, vous feriez bien de regagner vos quartiers rapidement.
Brittany acquiesça et salua les deux amies. Celles-ci pénétrèrent dans l'infirmerie. Madame Pomfresh administrait une potion à Abigail.
- Est-ce qu'on peut entrer ? demanda timidement Rebecca.
L'infirmière eut une soupir d'exaspération.
- Je suppose qu'il ne servirait à rien de vous demander de regagner vos chambres respectives, dit-elle. Alors, oui, vous pouvez venir. Mais ne la secouez pas. Il est possible qu'il reste encore quelques traces de venin dans le corps. Il faut éviter de la remuer au moins jusqu'à demain matin.
Heather s'installa à la droite d'Abigail et Rebecca à sa gauche. La Serpentard avait un hématome enflé sur la joue, au centre duquel on voyait très nettement deux petits trous.
- Son visage, c'est… commença Heather.
- Ça guérira, répondit l'infirmière. Maintenant que le venin a disparu. Je lui appliquerai un baume demain matin, mais il était plus urgent que je lui fasse boire une potion pour l'aider à s'éveiller, et les deux ne font pas vraiment bon ménage.
Heather sentit son cœur se serrer, à voir Abigail, allongée, inconsciente, dans cet état lamentable, elle repensait au cauchemar qu'elle avait eu plus d'un an plus tôt, où elle avait vu ses amies mortes, et comme à l'époque, la peur l'étreignit violemment.

Heather veilla toute la nuit, Rebecca s'était endormie vers deux heures du matin, mais la Gryffondor avait tenu jusqu'au petit jour, Madame Pomfresh était alors revenue appliquer le baume pour faire désenfler les morsures, et, voyant que la jeune fille n'avait pas fermé l'œil de la nuit, lui força la main pour qu'elle s'allonge dans un lit voisin. Elle étendit également Rebecca dans un lit vide. Puis elle força Heather à boire une potion de sommeil, il ne lui fallu alors que quelques secondes pour sombrer.

Quand elle se réveilla, une clarté éblouissante l'aveugla. Tout était flou autour d'elle, mais il y avait quelqu'un près d'elle.
- Ah ! Tu te réveilles, j'allais devoir partir.
- Harry ? Qu'est-ce que…? demanda Heather, qui avait les idées encore un peu embrumées.
- Comme on ne t'a pas vue ce matin, je suis allé demander à tes camarades de chambrée si elles savaient où tu étais, et elles m'ont dit que ton amie avait eu un accident.
- Quel heure il est ? demanda Heather.
- Treize heures moins dix, répondit son frère, et je suis désolé, mais il va vraiment falloir que j'y aille. J'ai un cours qui va bientôt commencer.

Heather prit encore quelques instants pour remettre ses idées en ordre. Le temps en fait que Harry quitte l'infirmerie. Puis tout redevint clair. Abigail avait été mordue à plusieurs reprises par des serpents, elle l'avait veillée toute la nuit, et Madame Pomfresh l'avait forcée à dormir. Elle bondit du lit et se précipita au chevet d'Abigail. L'infirmière entra quelques instants plus tard.
- Ah ! Vous êtes réveillée, constata-t-elle. Bien, vous allez pouvoir retourner en cours.
- Abigail s'est elle réveillée ? demanda-t-elle occultant les propos de l'infirmière.
- Non, pas encore, répondit Madame Pomfresh à regret. Nous avons prévenu ses parents. Ils devraient arriver ce soir.
- Et Rebecca ? Où est-elle ?
- Miss Swanson s'est réveillée vers dix heures. Elle doit être en cours maintenant. Et vous feriez bien d'aller l'imiter.
- Non ! se défendit Heather. Je veux être là quand Abby se réveillera.
- Ne vous inquiétez pas. Dès qu'elle ouvrira les yeux, j'enverrai quelqu'un vous en informer. Alors zou ! Hors de mon infirmerie !
- Vous ne comprenez pas ! protesta Heather alors que l'infirmière la poussait dehors. Abby est la personne qui compte le plus pour moi ! Je l'…
Heather ne termina pas sa phrase, stupéfaite par ses propres propos. Interdite, elle n'opposa plus guère de résistance à l'infirmière et quitta les lieux. Elle avança comme un zombie en direction des quartiers de Gryffondor, réfléchissant à ses sentiments, à tout ce qu'elle avait vécu avec la Serpentard. Les blagues, les explorations du château, sa venue au Terrier pendant les vacances, tout se succéda dans sa tête, y comprit le baiser qu'Abigail lui avait volé, ce qu'elle avait ressentit alors, l'emballement de son cœur lorsqu'elle lui avait fait sa déclaration, et elle ressentit la chose sous un nouveau jour… finalement, ce n'était pas de la panique, du moins pas uniquement.

Elle se retrouva devant le tableau de la Grosse Dame sans même s'en rendre compte. Elle alla chercher ses affaires pour le cours de Sortilèges. Mais de l'après midi, toutes ses pensées ne se tournèrent que vers Abigail, et au lieu d'ensorceler sa théière pour qu'elle siffle God Save The Queen, elle la rendit aussi molle qu'un chewing-gum fraîchement mâché. Du coup, elle se ratatina sur elle-même et le thé s'écoula librement, manquant de l'ébouillanter.

Après les cours, il devait y avoir un entraînement de quidditch. Mais alors qu'elle arrivait dans le hall, un fantôme se présenta à elle.
- Excusez-moi, dit-il. Vous êtes miss Heather Wright ?
- C'est bien moi, confirma-t-elle.
- Dans ce cas, je suis chargé de vous dire que votre amie Abigail Carpenter s'est réveillée. Mad…
Heather n'entendit pas la fin de la phrase du fantôme. Elle montait les escaliers quatre à quatre. Et il lui fallut deux minutes dix montre en main pour atteindre l'infirmerie. Elle ouvrit la porte et se précipita sur le lit de son amie, ignorant complètement la présence de Rogue et de Dumbledore au chevet de leur élève.
- Abby ! Je suis si contente que tu ailles mieux ! Qu'est-ce qui s'est passé ? D'où venaient tous ces serpents ?
- Hum ! toussota Dumbledore. Si vous permettez miss Wright, c'est justement ce que miss Carpenter allait nous expliquer.

Heather, en se rendant compte de la présence du directeur et du maître de la maison de Serpentard s'empourpra et se recula penaude.
- Les serpents… je ne sais pas d'où ils venaient. Ce que je sais, c'est que quand je suis revenue dans ma chambre, j'ai eu quelques mots avec Grey. Rien d'inhabituel, ça faisait depuis début décembre qu'on s'envoyait des vacheries à la figure quotidiennement. Hornet et Montague étaient là aussi. Je les ai mouchées également, puis je suis allée dans la salle de bain prendre ma douche. Quand je suis sortie, il y avait des serpents qui venaient droit vers moi, sans doute attirés par la chaleur de l'eau. J'ai essayé de les éviter pour passer dans la chambre, mais l'un d'eux m'a mordue, et dans la chambre, il y en avait encore plus. J'ai dû être mordue quatre ou cinq fois avant de tomber. J'ai essayé de me protéger le visage avec mon bras, mais je crois que ça n'a pas très bien réussi. J'étais paniquée. J'allais mourir dans quelques minutes, sans pouvoir rien faire. Puis, dans un dernier élan, poussée sans doute par mon instinct de survie, je me suis relevée et j'ai couru vers la salle commune. Ma vision se troublait à chaque pas, et j'avais l'impression d'être dans le tambour d'une machine à laver…
- Une quoi ? demanda Rogue.
- Un appareil moldu pour laver le linge, expliqua Heather. Elle veut dire que tout tournait autour d'elle comme si l'axe du couloir était l'axe de rotation.
- C'est ça, approuva Abigail. Je sais pas comment j'ai rejoint la salle commune, mais j'ai essayé de demander de l'aide parce que j'avais été attaquée par des serpents, et là tout est devenu noir.
- Bien… nous n'en savons hélas pas plus sur ceux qui ont placé ces serpents dans votre chambre, dit Dumbledore.
- Comment ça on n'en sait pas plus ? Vous croyez que Grey et ses copines sont parties et que comme par hasard, un type qui en voulait à Abby serait entré pile à ce moment là pour y déposer ces bestioles ! C'est elles qui ont fait le coup ! C'est évident !
- C'est aussi ce que l'on disait de Sirius Black, dit Dumbledore.
- Ça n'a rien à voir ! Ça fait des mois que Grey et sa basse-cour se pavanent en nous menaçant, qu'elles font des allusions au sort qui nous attend parce que nous sommes contre Voldemort – Rogue se tint le bras dans un geste qui semblait être un réflexe – et qu'elles cherchent à nous provoquer pour déclencher une bagarre. Grey, Parkinson frère et sœur, Malefoy, Crabbe et Goyle, ce sont tous des mangemorts en puissance et vous le savez. Les coupables ce sont forcément eux !
- Mais rien ne nous dit que les serpents n'étaient pas destinés à Grey, Hornet et Montague, intervint Rogue. Auquel cas, il serait plus probable que les responsables soient justement des anti-mangemorts. Vous n'auriez pas idée de qui, à Serpentard, pourrait entrer dans ces critères par hasard ?
Heather le regarda avec fureur et défi : dire qu'elle avait plusieurs fois pris sa défense face à Harry depuis qu'elle soupçonnait qu'il éprouvait des sentiments pour leur mère ! Au bout de quelques instants, elle tourna les talons et quitta l'infirmerie. Elle se dirigea vers la Grande Salle. Il était trop tôt encore pour le repas du soir, mais justement, ça signifierait que l'endroit serait vide. Malheureusement, elle n'y resta pas seule bien longtemps.

Les portes s'ouvrirent et laissèrent entrer Grey, Hornet et Montague.
- Alors Wright, il paraît que ta copine a eu quelques soucis avec des serpents ? lança Grey d'un ton ironique. Elle a du avoir une sacrée frayeur, non ?
Heather les fusilla du regard.
- Ouh là ! fit Sophie Montague. Heureusement que les regards ne peuvent pas tuer ! Qu'est-ce qui se passe ? On t'a coupé la langue ?
- Non, répondit Charlotte Hornet, on lui en a fendu l'extrémité.
Les trois filles éclatèrent de rire. C'en était trop, ces trois pourritures n'allaient pas s'en tirer à si bon compte !

D'un bond, Heather fut sur elles, elle étala Hornet d'une gauche, désarma Montague, et saisit Grey à la gorge pour la plaquer violemment contre le mur.
- Vous vous croyez drôles ? Vous pensez nous avoir fait une jolie farce ? Je vous signale que vous avez failli tuer Abigail !
- Et alors ? Qu'est-ce que ça peut te faire ? demanda Montague. C'est pas à toi qu'on les a envoyés, ces serpents.
A nouveau, Heather réagit en un quart de seconde. Elle jeta Grey à terre et tenant sa baguette des deux mains, elle lança le sortilège de répulsion, envoyant Montague voler à travers toute la Grande Salle et s'assommer contre le mur derrière la table des professeurs. Elle se retourna ensuite vers Grey qui poussa un cri de frayeur quand elle l'agrippa à nouveau par le cou.
- Maintenant tu vas m'écouter très attentivement, Grey. Je viens de vous exploser, toi et tes amies, en utilisant quasiment pas la magie, alors imagine ce que ça donnerait si j'utilisais les impardonnables ! Dorénavant, je ne vais plus m'en faire pour Abigail quand elle sera dans les quartiers de Serpentard, parce que s'il lui arrive encore la moindre petite chose, si elle était ne serait-ce que légèrement bousculée, je vous en tiendrais toutes les trois pour responsables, et tu peux me croire, je n'hésiterais pas à jouer du Doloris. S'il lui arrivait quelque chose de grave, je pourrais même revoir mes positions et user de l'Avada… Même si vous n'y êtes pour rien, c'est vous qui paierez les pots cassés. J'ai été claire ?
- Ou… oui, articula Grey d'une voix étranglée alors que son visage virait au pourpre.
- Bien… Un dernier conseil, n'essayez plus jamais de réveiller mon côté Serpentard, vous vous en mordriez les doigts !
Elle lâcha Grey qui prit une profonde inspiration. Puis elle quitta la pièce. Elle alla au sixième étage, dans la Salle de la Dame Bleue, s'installa sur un canapé, et se recroquevilla, les larmes aux yeux.

Qu'avait-elle fait ? Si Grey et les autres parlaient… Mais à vrai dire, elle s'en fichait bien, non, ce qui lui faisait peur, c'était elle-même. Jamais elle n'avais été dans un tel état. L'amour, la colère, l'angoisse, la joie, la frustration, tous ces sentiments tournoyaient en elle et avaient littéralement explosé sous les provocation des trois filles de Serpentard. Elle avait également peur de ce qu'elle avait ressenti quand elle tenait Grey. Elle s'était sentie toute puissante, elle savait qu'elle avait le droit de vie ou de mort sur quelqu'un d'autre, et cette sensation l'avait grisée momentanément. Et maintenant, tous les sentiments venaient à nouveau tempêter dans son cœur, et ils étaient accompagnés de questions sur elle-même. Qui était-elle vraiment ? Une gentille fille, une femme d'action, un tueuse froide, un assassin sanguinaire ? Elle ne savait plus, elle ne voulait pas savoir. Et alors, une autre sensation la submergea comme une vague : le soulagement. Elle était soulagée, car elle savait enfin ce qu'elle ressentait pour Abigail, soulagée que Abigail soit saine et sauve, et soulagée d'avoir rendu aux filles de Serpentard la monnaie de leur pièce. Elle se laissa alors aller à pleurer, et, à bout de larmes, s'endormit.


RAR :

Emihawk : Je sais pas si c'était à ça que tu pensais quand tu parlais de transition, mais effectivement, c'était bien un chapitre transitoire... comme beaucoup de chapitres qui parlent des vacances je pense.

Auctor : Non... je te rassure, Heather ne deviendras pas une geek. Elle a bien trop d'activités autres que l'ordi.

Lyane de Rivesen : Déjà, ça fait plaisir de te retrouver. Et du coup... y a pas mal de boulot (Daidalos retrousse ses manches). Allons-y ! Review par review, en partant de la plus "ancienne"
- Je crois que tu as eu le temps de voir que tu ne t'étais pas trompée sur la façon que j'ai eu de traîter les conséquences de la déclaration d'Abigail. Et je suis tout à fait de ton avis : il faut de tout pour faire un monde, mais sans tomber dans l'excès.
- J'ai effectivement des idées en réserves pour Nott. Je sais juste pas lesquelles vont s'appliquer (étant donner qu'elles sont parfois atithétiques, elles ne pourront pas TOUTES s'appliquer).
- Euh... non faut pas pousser mémé dans les orties ! Personnellement, j'ai jamais pu imaginer Ron homo. Sans doute parce que je lui ressemble un peu trop.
- Je commence à avoir peur là... déjà sur fanfic-FR, Snake se mettait à percer à jour la plupart de mes "rebondissements scénaristiques", si tu te met à faire pareil... Enfin je suppose que quand on écrit avec une certaine sensibilité (et je ne me jette pas des fleurs, au contraire, je pense avoir encore des progrès à faire dans ce domaine) certains développements sont un peu imposés par les éléments déjà mis en place. Donc, ce n'est pas non plus trop étonnant que le lecteur pressente ce qui va se passer. Sinon, merci pour tes compliments. Ca me touche dautant plus que je fais justement l'effort d'éloigner Heather de Mary-Sue autant que possible, sachant que dans le premier tome, elle était à deux doigts de la rejoindre. Et lol pour le petit texte, ça m'a fait penser à un OS de Vifdor qui opposait dans l'univers HP bien sûr Mary-Sue et sa cousine Jane Doe.
- Merci mais je n'y suis pas pour grand chose, je n'ai fait que reprendre presque texto ce qu'il y avait dans le livre... à part bien sûr l'intervention de Heather.
- Alors pour ta review du chap 78... Hum... Ca ne te déçois pas trop ce qu'il y a dans ce chapitre ? Parce qu'apparemment, t'étais pas tellement pour le fait que Heather aussi ait des sentiments amoureux pour Abby.
- Allons, faut pas stresser... je vais pas tuer tout le monde non plus ! Enfin quoique... Non, j'rigole ! Mais l'idée est intéressante... ... ... ... Allez, te fais pas de soucis, de toutes façon, la fin de l'année est déjà écrite, et vu que je suis déjà bien entré dans le dernier tome, je vais pas m'amuser changer quoique se soit en amont.

Voilà ! Fini ! Pfiouu ! Allez ! A la semaine prochaine pour la suite !