15
Aveux

- Hey ! Heather ! Réveille-toi, tu vas attraper froid.
Heather émergea péniblement du sommeil.
- Mmmh ! protesta-t-elle. Quelle heure il est ?
- Il est plus d'une heure du matin, répondit une voix de garçon que Heather connaissait, mais qu'elle n'arrivait pas à reconnaître, encore à moitié endormie.
Dans un effort qui lui semblait demander toutes ses forces, elle ouvrit les yeux.
- Harry ! Mais qu'est-ce que tu fais ici ?
- A ton avis, idiote ! J'te cherchais ! T'avais encore l'intention de découcher ?
- Pas vraiment non, répondit Heather d'un ton morne qui fut noyé sous une voix éraillée par le sommeil. J'ai dû m'endormir sans le vouloir.
- Bon, fit Harry soulagé. En tout cas, tu devrais pas dormir ici, sans feu et sans couverture. Viens, on retourne à Gryffondor.

Harry abrita Heather sous sa cape d'invisibilité.
- Alors, comment va ton amie ? demanda-t-il en chemin, tout en conservant un œil sur la Carte du Maraudeur.
- Abby ? Elle est tirée d'affaire, répondit Heather maintenant bien réveillée. Et au fait, avec cette histoire, j'ai même pas eu le temps de te demander ce que Dumbledore t'avait montré de la vie de Voldemort. Parce que vous avez bien continué a inspecter des souvenirs à son propos, n'est-ce pas ?

Harry hocha la tête et lui raconta son entrevue avec Dumbledore dans le détail une fois qu'ils furent arrivés dans la salle commune de Gryffondor. Ils étaient seuls, et pouvaient prendre leurs aises. Il lui parla de la réaction de Dumbledore à l'histoire de "Rogue qui veut aider Malefoy", de son résumé des années de lycée de Jedusor, du souvenir de Morfin la veille de l'assassinat des Jedusor, et du souvenir de Slughorn à propos de ces choses appelées horcruxes, souvenir qui selon Dumbledore, et Harry en était également convaincu, avait été falsifié par le professeur de Potions.
- Et donc tu vas devoir obtenir ce souvenir dans son intégralité ? résuma Heather. T'as une idée de comment t'y prendre ?
Harry, pas très fier de lui, lui parla de sa tentative désastreuse l'après-midi même.
- Mais quel idée de lâcher ça de but en blanc ! Surtout si tu as repris les paroles de Jedusor ! Forcément qu'il allait nier. Je m'étonne qu'Hermione ait approuvé une telle tactique.
Encore plus honteux, Harry expliqua à sa sœur que justement, Hermione lui avait conseillé de ne pas écouter Ron et de réfléchir à une approche plus subtile, mais que comme elle avait encore critiqué Ron, Harry avait pris la mouche et n'avait pas tenu compte de l'avis de la jeune fille. Il parla également des événements du cours de potion qui lui avait valu non seulement de se brouiller avec elle, mais aussi avec Ron.
- Bref, c'était pas une excellente journée pour toi non plus ! dit Heather.
- Au fait ! reprit Harry. Tu ne m'as toujours pas dit ce que tu faisais seule dans la salle de la Dame Bleue.
- Oh je…

Heather avait eu en premier réflexe d'essayer de raconter un bobard, mais elle se ravisa. Harry était quand même son frère, et lui n'hésitait pas à tout lui confier. Ce serait lui manquer de respect que de le baratiner. Mais elle n'en ressentait pas moins une terrible appréhension sur la réaction qu'il pourrait avoir, elle n'était pas encore prête à lui parler d'elle et Abigail, surtout que rien n'était fait, Abigail elle-même ignorait que ses sentiments avaient changé, ou du moins, qu'elle avait ouvert les yeux sur ce qu'elle éprouvait réellement. Elle avait passé tant de temps à dire que ça n'arriverait jamais, que maintenant elle ne voyait pas comment se déclarer à celle qu'elle aimait, alors en parler à son frère…
- Disons qu'il s'est passé certaines choses, je t'en parlerai sans doute bientôt, mais pas maintenant si tu veux bien. Je… Je ne suis pas encore prête à le faire.
- Bon, d'accord ! répondit Harry avec philosophie. Mais si tu as besoin d'en parler, je suis là pour ça. On est une famille tous les deux, on doit pouvoir s'écouter et se soutenir mutuellement.
- Merci Harry, dit-elle en lui faisant la bise. Bon ! Je vais essayer d'aller finir ma nuit, et je crois que tu devrais en faire autant.

Le lendemain Heather voulut aller à l'infirmerie avant de passer prendre son petit-déjeuner dans la Grande Salle, mais étant donné que son estomac l'avait réveillée à six heures en criant famine, elle avait décidé d'inverser l'ordre des choses. Cependant, le petit déjeuner ne serait pas servi avant sept heures. Elle grignota quelques sucreries dans la salle commune, histoire de prendre son mal en patience en observant le ciel. D'épais nuages cachaient les étoiles matinales. Même la lune, qui devait être pleine ou presque, n'était pas visible. Il se mit à neiger doucement d'abord, puis de plus en plus. Finalement, à sept heures moins quart, c'était une véritable tempête de neige qui venait s'abattre sur les highlands. Heather se leva et descendit à la Grande Salle. Sitôt que les plats et boissons apparurent, elle se jeta goulûment sur le porridge et le chocolat chaud., se fit plusieurs tartines de confitures, et quand elle fut bien rassasiée, elle quitta les lieux pour remonter vers l'infirmerie.

Abigail allait nettement mieux, et elle mangeait avec appétit le petit déjeuner que l'infirmière lui avait préparé.
- Ces trois sal(censuré) vont entendre parler de moi quand je sortirai de là ! rouspétait-elle.
- Je crois qu'on s'est déjà occupé de les punir, dit Heather d'une voix qu'elle voulait détachée.
- Mais je croyais qu'il n'y avait pas de preuves que c'étaient elles ? s'étonna Abigail.
- Et bien on a dû en trouver, en tout cas, j'ai entendu dire qu'elles avaient passé un sale quart d'heure hier soir.
- Bien fait ! lança Abigail.
Heather, elle, était loin d'être aussi enthousiaste que son amie. Même si les trois filles le méritaient, ce qu'elle leur avait fait la veille la rongeait de l'intérieur. Il fallait qu'elle en parle, mais pas à ses amis.

Elle se rendit en cours de Soins aux créatures magiques, puis de Potions. L'après-midi, elle avait deux heures de libre. Elle savait qu'elle risquait de se faire punir, mais il n'y avait que deux personnes à qui elle pouvait se confier, et comme Dumbledore n'était pas là ce jour-là, elle alla frapper à la porte du bureau de la directrice de sa maison.
- Miss Wright ! Vous venez chercher le travail à faire pour demain ?
- Oui, dit Heather qui avait complètement oublié que suite à sa nuit blanche, elle avait raté un cours de Métamorphoses ainsi d'ailleurs qu'un cours de Potions.
- Ce n'est rien de bien compliqué, expliqua McGonagall. Il s'agit de transmuter un hibou en théière. Je pense que vous n'aurez aucun problème.
- Bien professeur ! Merci… Euh…
- Oui, vous vouliez me dire autre chose ? demanda l'enseignante.
- En fait, j'ai fait hier soir quelque chose dont je ne suis pas fière… commença Heather, décidant que s'amender d'abord serait peut-être un moyen de rendre la punition moins sévère.
- Comment cela ? demanda la directrice de Gryffondor.
- Et bien… avec ce qui était arrivé à Abigail, le fait qu'on ne savait pas qui avait ça, j'ai…
Heather hésitait clairement à se lancer. Elle prit une dernière inspiration, et repartit sans plus s'arrêter.
- Je suis entrée dans un état de rage comme jamais je n'en avais connu. Et j'ai fait du mal à certaines personnes. Je… Quand j'ai été calmée, j'ai eu peur. Pas seulement de ce que j'avais fait, mais aussi parce que j'en avait retiré du plaisir. J'avais des vies à ma merci, et ça m'a donné un sentiment de satisfaction qui me fait froid dans le dos. J'ai peur… peur de moi-même. Peur d'être aussi mauvaise que Volde… que Vous-Savez-Qui, se rattrapa-t-elle pour ne pas braquer son professeur.

McGonagall avait écouté Heather avec attention, et étrangement, ne semblait pas étonnée de ce qu'elle entendait. Quand Heather eut fini, au lieu de se fâcher ou de la sermonner, elle prit une expression attendrie.
- Je dois dire que je m'y attendais un peu, révéla la directrice adjointe. Et je tiens à vous rassurer, vous n'êtes pas mauvaise, bien au contraire.
- Mais ce que j'ai ressenti…
- …était tout à fait humain, coupa McGonagall. Il est normal d'être grisé quand on découvre que l'on peut avoir tout pouvoir sur d'autres personnes. Mais, contrairement à Vous-Savez-Qui, vous ne vous êtes pas laissée séduire par ce sentiment.
- Mais je ne me reconnaissais pas… reprit Heather d'un ton presque suppliant, comme si elle voulait être punie plutôt que réconfortée. Tout le monde dit de moi que je suis une fille douce et gentille, mais hier… j'ai été vraiment mauvaise. J'aurais pu les…

Heather ne finit pas sa phrase. Là encore, McGonagall conservait une expression bienveillante.
- Vous savez, vous me rappelez beaucoup une élève que j'ai eu il y a dix-neuf ans de cela, c'était une élève de septième année, expliqua-t-elle. Tout le monde l'aimait, et elle avait l'art de toujours chercher le bon chez les autres, même chez ceux que tout le monde critiquait. Un jour, certains élèves qui avaient subi l'influence de Vous-Savez-Qui ont fait une bien vilaine farce au garçon dont elle était amoureuse. Ils lui ont inoculé une maladie virulente et mortelle. Heureusement, Madame Pomfresh a fait du bon travail et a sauvé le jeune homme tout en endiguant l'épidémie qu'il aurait pu y avoir. Bien que les coupables aient essayé d'en faire accuser un autre, les professeurs sont tout de même remontés jusqu'à eux, mais le professeur Slughorn a eu le malheur de donner les noms des coupables à Dumbledore à l'infirmerie, alors que cette jeune fille s'occupait de son ami. Personnellement, je n'étais pas à l'infirmerie à ce moment, j'étais dans la Grande Salle, à la table des professeurs, et je dînais. Elle est arrivée comme une furie et s'est dirigée vers les coupables. Ils se sont moqués du sort du jeune homme, et d'un coup, elle les a attaqués. On n'avait jamais vu ça à Poudlard. Sans utiliser de baguette, sans prononcer d'incantations, elle a immobilisé les trois garçons, elle a cassé les deux bras et les deux jambes de l'un d'eux, elle a fait léviter des assiettes qu'elle a changées en scies circulaires. Elle aurait sans doute tué l'un des trois garçons si les professeurs Flitwick, Brûlopot et moi-même n'étions pas intervenus. Mais même nous, elle nous a immobilisés. Enfin, elle s'en est prise au dernier garçon. Elle a heureusement été un peu plus tendre avec lui, mais elle lui a quand même fait très mal. Et surtout, elle l'a menacé d'une façon qui faisait froid dans le dos. Je dois dire que moi-même, elle m'a sérieusement effrayée ce jour-là. Par la suite, on l'a cherchée toute la nuit, sans résultat. Le lendemain matin, elle est venue me trouver d'elle-même, et elle avait la même expression et les mêmes regrets que vous. Par la suite, les trois garçons n'ont plus jamais inquiété James. Et Lily a prouvé à maintes reprises qu'elle était une sorcière droite et bonne. Alors je ne me fais pas trop de soucis pour vous, car vous êtes bien sa digne fille. Vous n'êtes pas mauvaise, vous êtes même exceptionnellement bonne et tolérante. Mais comme votre mère, il vaut mieux justement ne pas dépasser votre seuil de tolérance. Comme elle, je crois que la situation était très particulière, et qu'il n'y a pas lieu qu'une telle chose se reproduise jamais.

Heather était surprise d'apprendre que sa mère avait vécu et fait les mêmes choses qu'elle. Elle était également soulagée de savoir qu'elle n'allait pas devenir une meurtrière psychopathe. Effectivement, apaisée par le récit de McGonagall, elle comprenait mieux maintenant pourquoi elle avait déraillé, et savait que ça n'arriverait plus, ou que si ça devait arriver, ceux qui subiraient son courroux l'auraient amplement mérité.
- Merci professeur. Je ne pensais pas mériter d'être réconfortée de la sorte.
- Allons ! Ne soyez pas ridicule ! Prenez un biscuit !
Heather en avala un et se sentit plus sereine.
- Merci de m'avoir écoutée professeur, dit-elle, et à demain. J'essaierai de réussir la transmutation du hibou du premier coup.
- Attendez encore un peu Miss Wright, reprit McGonagall d'un ton plus sec. Je crois que pour avoir saccagé la Grande Salle et blessé mesdemoiselles Grey, Hornet et Montague, vous méritez tout de même une retenue. Ce soir, à la bibliothèque. Madame Pince a besoin de remettre un peu d'ordre dans les rayons, vous l'y aiderez, et sans magie, cela va de soi.
- Bien professeur ! dit-elle un peu honteuse, non pas parce qu'elle avait fini par espérer passer au travers de la punition, mais parce que McGonagall avait comprit tout ce qu'elle avait fait alors qu'elle était restée aussi vague que possible.
- Et vous direz, gentiment je vous prie, à ces trois demoiselles de Serpentard de se rendre à l'infirmerie pour soigner les blessures qu'elles ont voulu dissimuler et dont aucune n'a voulu avouer l'origine, ajouta la directrice de Gryffondor.
Heather acquiesça et quitta le bureau.

Le samedi matin, Abigail pu quitter l'infirmerie. Les trois Maraudeuses passèrent la journée ensemble à se raconter leurs vacances et ce qu'elles avaient reçu pour Noël. Heather remercia chaleureusement Abigail pour ses accessoires d'escalade, et promis de les essayer au plus vite. Elle prirent une partie de la journée pour revoir leur plan, et elles sortirent pour compter les fenêtres, afin de repérer celles qui pourraient donner sur des salles sans autres issues, comme la salle de musique.
- Comment tu connais la salle de musique toi ? demanda Abigail à Heather.
- Je te rappelles que c'est à moi que Dumbledore a parlé de cette salle et du moyen d'y accéder, répondit Heather, qui se dit que ce serait un bon moyen de pousser Abigail à leur parler de ses talents de mélomane si elle ne disait pas qu'elle l'avait surprise au piano. Et toi ? Comment tu la connais ? Je doute que tu aies réussi à escalader le mur. Il était plutôt difficile.
- J'y suis allée en balai, avoua Abigail.
- Je croyais que tu n'aimais pas voler, fit remarquer Rebecca.
- Je n'aime pas faire des acrobaties en l'air ! se défendit Abigail. Ou voler à l'aide d'un moyen peu fiable. Mais j'ai assez confiance en moi et en mon balai pour ne pas craindre un petit tour dans les airs au besoin.
- Et pourquoi tu y es allée, dans cette salle ? demanda Heather.
- Par curiosité. Je voulais savoir pour quelle raison Dumbledore t'en avait parlé.
- Dis-moi… fit Rebecca qui visiblement avait décidé de rentrer dans le jeu de Heather. Tu n'y serais pas retournée plus d'une fois par hasard ?
- Non ! mentit la Serpentard. Pourquoi ?
- Je me disais qu'à l'époque où t'allais pas très bien, il t'arrivait assez souvent de disparaître, et j'avais beau te chercher, j'arrivais pas à te trouver, et tu n'étais pas dans la Salle sur Demande parce que je pouvais y accéder.
- Bon, d'accord ! Ça va, j'y suis allée plus d'une fois ! J'y vais même assez souvent !
- Ah bon ? fit semblant de s'étonner Heather. Mais pourquoi donc ?
- Parce que… parce que j'aime bien jouer du piano ou du saxophone quand j'ai le blues.
- C'est vrai ? Tu joues aussi du saxo ? s'exclama Heather.
- Oui, je… attends une minute, pourquoi ça te surprend de savoir que je joue du saxo, et pas que je joue du piano ?
- Oups ! Démasquée ! fit Heather en pouffant de rire. En fait, la fois où je suis allée dans cette salle, tu y étais. Et tu chantais une magnifique chanson d'ailleurs. Et si tu joues aussi bien du saxo que du piano, il faudra que tu nous fasses écouter ça !
- Mais je…
- Y a pas de mais ! coupa Rebecca. Je veux t'entendre jouer ! J'en ai pas encore eu le privilège, moi !
- Bon, d'accord ! abdiqua Abigail. Mais vous en parlez à personne ! C'est… la musique, c'est un peu mon jardin secret. J'aurais voulu garder ça pour moi. Mais vous deux, ça va.

La semaine suivante, les Maraudeuses se réunirent comme si rien ne s'était jamais passé entre elles. Abigail et Heather avaient soigneusement évité le sujet qui les avait séparées au premier trimestre. Heather, cependant, ne pouvait s'empêcher d'être parfois tendue. Elle ne savait trop si elle souhaitait que Rebecca les laisse seules pour qu'elle puisse dire à Abigail ce qu'elle ressentait, ou si au contraire, elle ne voulait surtout pas se retrouver seule avec la Serpentard pour que les choses en restent au statu quo. Finalement, elle s'était faite une idée précise de la façon dont elle allait procéder, et en attendant le vendredi, elle ne voulait surtout pas que la situation change.

Et le vendredi arriva. Heather, nerveuse, attendait dans le hall depuis un bon quart d'heure quand Abigail arriva de l'escalier menant aux cachots.
- Heather ! appela-t-elle en souriant. Merci ! Ça m'a fait très plaisir !
Elle lui fit la bise.
- Mais y a pas de quoi ! répondit Heather, et encore une fois joyeux anniversaire.
- Dis, c'est pas que j'ai pas aimé les partitions, bien au contraire, en plus c'est des chansons que j'aime bien, mais c'est quoi l'autre cadeau que tu me réserves ?
- Ah ! Ça c'est un secret. Tu sauras ça en respectant ce que dit ma lettre !
- Allez… Donne moi au moins un indice !
- Le seul indice que je peux te donner, c'est que tu ne t'y attends pas !
- Bonjour, Heather, joyeux anniversaire Abby ! fit Rebecca qui arrivait des quartiers de Poufsouffle.
- Merci Becky, répondit Abigail. Et merci aussi pour l'amulette.
- Je me suis dit que ça pourrait t'être utile si ces trois ordures de Grey, Hornet et Montague décidaient de remettre le coup des serpents.
- En parlant de ça, je trouve qu'elles ont un comportement bizarre, dit Abigail. Depuis que je suis sortie de l'infirmerie, elles s'écartent systématiquement sur mon chemin. Quand je me couche et me lève, elles sont polies avec moi, à défaut d'être aimables. Et l'autre jour, Harper m'avait lancé une critique sur ma tenue, et elles l'ont remis à sa place. Vous croyez qu'elles sont envoûtées ?
- Je sais pas, fit Rebecca, elles préparent peut-être un coup plus méchant encore, et font semblant d'être gentilles pour t'amadouer.
- Oui ! C'est sans doute ça ! s'empressa d'approuver Heather pour ne pas avoir à donner son avis.

Le plan de Heather semblait devoir bien se dérouler. De la journée, aucun problème inattendu ne vint empêcher son bon fonctionnement, par contre, les heures lui semblaient tantôt interminables, tantôt trop courtes. Finalement, les cours se terminèrent et elle s'empressa de monter au quatrième étage. Elle accéda à une salle qu'elles avaient découverte trois jours plus tôt, grâce à la méthode des fenêtres, il n'y avait rien de particulier à l'intérieur, si ce n'est le tableau d'un chevalier autrement plus imposant que le Chevalier du Catogan, qui s'appelait Messire Drake, et qui leur avait expliqué comment ouvrir la porte secrète donnant sur le couloir, afin qu'elles ne soient plus obligées de faire irruption dans sa pièce en passant par la fenêtre comme de vulgaires monte-en-l'air.

Abigail n'était pas encore là, et c'était tant mieux, Heather avait le cœur qui battait la chamade. Elle s'approcha du cadre de Messire Drake et s'excusa auprès de lui avant de le retourner contre le mur de sorte que ni lui, ni d'autres personnages de peintures qui auraient décidé de s'inviter ici ne puisse être témoins de ce qui allait se passer. Elle eut à peine le temps de calmer sa respiration que la porte secrète s'ouvrit et Abigail entra.
- Salut Heather ! dit-elle. Comment ça s'est passé ton cours de Sortilèges ?
- Très bien merci, et toi ton cours de Défense ?
- Aussi, alors, il est où cet autre cadeau que tu avais à me donner ? demanda Abigail qui, au comble de l'impatience, donnait des coups d'œil dans chaque recoin de la pièce.
Heather sourit.
- Ferme les yeux, ordonna-t-elle.
- Allez ! J'ai pas envie de jouer ! rouspéta Abigail. Je veux mon cadeau !
- Tu n'auras rien si tu ne fais pas ce que je te dit ! répliqua Heather.
- Bon d'accord ! Allez ! Vas-y, donne le moi, dit Abigail en fermant les yeux et en tendant les mains devant elle.
Heather s'approcha en prenant silencieusement une profonde inspiration. Elle prit les mains de son amie et les écarta pour pouvoir passer.
- C'est si gros que ça ? demanda Abigail.
- Abby, tais-toi et attends de le recevoir ! ordonna Heather, un chouïa vexée.
Elle rit à la moue contrariée de son amie et dut reprendre une nouvelle inspiration silencieuse avant de s'avancer encore, plus près, si près… Et finalement, elle posa ses lèvres sur celles de la Serpentard tout en passant les mains autour de son cou.

Évidemment, sous la surprise, Abigail ouvrit les yeux et se recula.
- Heather ! Qu'est-ce que tu fais ? C'est pas drôle de jouer avec mes sentiments !
- Mais je ne joue pas, fit Heather qui sentait son visage s'empourprer. Je suis même très sérieuse.
Abigail mit une seconde avant d'afficher un sourire de pur bonheur.
- C'est vrai ? Mais tu disais que…
- Je sais ce que j'ai dit ! la coupa Heather. Mais c'était avant de comprendre que tu étais la personne qui comptait le plus pour moi. Quand j'ai cru te perdre, la semaine dernière, je me suis rendue compte de mes véritables sentiments. Je t'aime Abby, je t'aime de la même façon que tu m'aimes, et je ne veux plus jamais être séparée de toi.
Folle de joie, Abigail embrassa passionnément Heather, serrant ses bras autour de la taille de la Gryffondor, tandis que cette dernière lui rendait son baiser en resserrant ses bras autour du cou de la Serpentard.


RAR : Bon, comme je sais plus si j'ai répondu à certaines reviews du précédent chapitre, on va faire comme si c'était pas le cas.

Auctor : Hum... que dire...

Lyane : effectivement... j'ai pu constater ça pas plus tard qu'hier, avec une fic qui pourrait être très intéressante, mais qui est gâchée par un traitement trop rapide des relations entre les persos.

Daffy : Ah.. le pétage de plomb d'Heather... Un moment de pur bonheur à l'écriture. Mais celui de Lily décrit dans ce chapitre est encore plus impressionnant. Les filles de la famille Evans sont peut-être bien gentille (en supposant que Pétunia soit l'exception qui confirme la règle), mais faut pas trop insister parce que sinon...
Ah ! Au fait, j'espère que tu as envoyé une sonde spatiale nous ramener Auctor, parce que vu son dernier comm, il a du partir dans la stratosphère à force de bondir de jubilation.