17
Le pire joueur du monde
Le lendemain matin, Heather attendit Harry dans la salle commune afin de savoir comment allait Ron. Son frère lui apprit que son ami était hors de danger, mais qu'il lui faudra plusieurs jours pour se remettre totalement. Heather exprima son soulagement, et pensait pouvoir quitter Harry pour aller retrouver Abigail, mais celui-ci avait visiblement d'autres choses à lui raconter.
Il lui parla en détail de ce que Hagrid leur avait appris sur la dispute de Rogue et Dumbledore, et sur les conclusions qu'il en avait tirées.
- Écoute Harry, je sais que tu n'aimes pas Rogue, et moi non plus je ne l'apprécie pas beaucoup, mais ce n'est pas parce qu'on se dispute avec quelqu'un qu'on n'a pas ou plus confiance en lui. Dumbledore t'as déjà réprimandé à plusieurs reprises, non ? Et pourtant, il continue à te faire confiance, suffisamment en tout cas pour te confier l'histoire de Jedusor, ce qui n'est pas peu de choses.
- Oui, mais Rogue disait qu'il y avait quelque chose qu'il ne voulait plus faire et je pense que…
- Oui ! Tu penses, mais tu n'as pas toutes les données du problème. Et tu me l'as dit toi-même, si Dumbledore a voulu apaiser tes craintes, c'est pour que tu restes concentré sur le moyen d'obtenir le souvenir de Slughorn. Alors tu ferais bien d'oublier un peu Rogue et Malefoy et de penser un peu plus au professeur de Potions.
- Mais enfin Heather ! Jusque là tu étais de mon avis pour dire qu'il était possible que Malefoy soit devenu un mangemort et qu'il prépare un mauvais coup, et maintenant tu me dis de ne plus m'en soucier !
- Exactement, répliqua Heather. Écoute, tu sais à quel point Dumbledore est intelligent et puissant ? Alors pourquoi ne pas lui faire confiance pour s'occuper de Malefoy et de Rogue, et te concentrer sur ce qu'il t'as demandé ?
- Oui… tu as sans doute raison, finit par admettre Harry. Mais c'est pas évident avec Slughorn qui fait tout pour m'éviter. Hier, je pensais profiter de la mésaventure de Ron avec le philtre d'amour pour tenter quelque chose mais…
- Oui, je comprends… Si tu veux, Abby, Becky et moi on peut plancher sur un moyen de t'aider.
- Et bien… pour tes deux amies, je sais pas… dit Harry qui se sentait penaud, mais toi, peut-être que…
- Peut-être que quoi ? demanda Heather qui ne voyait pas ce que Harry voulait dire.
- Et bien, quand Dumbledore m'a confié cette tâche, il m'a dit qu'à part moi, il ne voyait qu'une seule autre personne qui pourrait y arriver, et il m'a dit que c'était toi.
- Moi ? Mais pourquoi pense-t-il ça ?
- Je ne sais pas, sans doute parce que tu es ma sœur, répondit Harry.
- Moui… fit Heather pensive. Je vais essayer d'y réfléchir.
Harry regarda sa montre et s'alarma. Il ne leur restait qu'un quart d'heure avant le début des cours et ils n'avaient pas pris leur petit-déjeuner. Ils se précipitèrent donc dans la Grande Salle pour avaler rapidement de quoi tenir la matinée. Puis retournèrent en cours.
Le soir, lors de l'entraînement de quidditch, ce fut Cormac McLaggen qui remplaça Ron au poste de gardien. Ce type était imbuvable, il ne cessait de vouloir donner des conseils à tout le monde, comme s'il était le plus grand joueur de tous les temps. Si au début, Heather n'avait rien dit, à la quatrième remarque qu'il lui fit, elle commençait sérieusement à sentir la moutarde lui monter au nez.
De la semaine, Heather n'eut plus vraiment le temps de parler à Harry. D'une part parce que celui-ci était sans cesse poursuivi par McLaggen et Lavande, le premier ne cessait de vouloir lui parler stratégie, la seconde n'ayant que le nom de Ron à la bouche et se plaignait de n'avoir jamais le bon timing : à chaque fois qu'elle allait lui rendre visite, il était endormi.
Le samedi matin, la tension habituelle d'avant match régnait sur la grande salle. Poufsouffle n'était pas une équipe bien dangereuse. Pourtant, les deux matchs Poufsouffle - Gryffondor auxquels Heather ait assisté, ou participé, s'étaient soldés par la victoire de l'équipe au blaireau. Ceux-ci d'ailleurs s'encourageaient en lançant régulièrement des "jamais deux sans trois" qui faisaient bien plus peur à Heather qu'elle ne voulait l'admettre.
- Bonjour Heather ! vint la saluer Rebecca. Tu ne m'en voudras pas, mais aujourd'hui, c'est Poufsouffle que je vais soutenir, et j'espère bien qu'on va vous battre !
- Je te l'ai déjà dit en début d'année. Je suis heureuse que tu sois interdite de sport. Ça m'aurait fait de la peine de te mettre une pile, répondit Heather en affichant un sourire un peu crispé.
- On verra bien… fit traîner Rebecca en regagnant sa table, non sans avoir déposé un baiser sur les lèvres de Neville avant.
- Je vois que ça va bien entre vous deux, fit Heather.
- Oui, Rebecca est une chouette fille, et on passe d'agréables moments ensemble, répondit le jeune homme.
- Tant mieux ! fit Ginny assise non loin. Comme ça tu pourras la consoler quand son équipe aura perdu.
- Mais c'est exactement là-dessus que je compte, sourit Neville. Alors faites-moi le plaisir de le remporter ce match !
Les joueurs des deux équipes se levèrent quasiment en même temps et se dirigèrent vers les vestiaires. Seul Harry manquait, il était allé voir Ron avant le match. Heather allait entrer dans les vestiaires quand elle entendit une voix l'appeler.
- Heather ! Attends !
- Abby ! Bonjour !
Abigail se jeta au cou de la Gryffondor et lui donna un baiser passionné que Heather lui rendit bien.
- Je voulais te souhaiter bonne chance ! Envoie un cognard à cet arrogant de Smith de ma part.
- J'y comptais bien… mais si ça doit être de ta part, je vais peut-être réclamer un paiement un peu plus élevé qu'un seul baiser.
Les deux filles s'embrassèrent à nouveau.
- Heather tu v… Oh ! Pardon je…
Ginny venait de repasser la porte des vestiaires pour voir ce que faisait son amie et co-équipière.
- J'arrive Ginny, répondit Heather en quittant les bras de son amoureuse.
Elles rentrèrent dans les vestiaires, et Heather sentit bien la gêne de la jeune Weasley.
- J'espère que ça ne te choque pas que moi et Abby… chuchota Heather.
- Eh bien… je dois dire que je n'avais jamais vu deux filles faire ça… et ça m'a d'autant plus surpris que ce soit toi… Comme tu étais sortie avec Dean, je ne pensais pas que…
- Je te rassure, moi non plus je ne pensais pas que… Mais l'amour, ça ne se commande pas, n'est-ce pas ?
Ginny semblait toujours troublée, mais Heather n'insista pas. Elle passa sa robe de quidditch et attendit, comme tout le monde, l'arrivée de Harry qui fit son apparition à quelques minutes du début du match, ayant visiblement couru.
- Où étais-tu ? demanda Ginny.
- J'ai croisé Malefoy, répondit-il à voix basse et en passant sa robe, de sorte que seules Ginny et Heather l'entendent.
- Et alors ? demanda Heather sur un ton de reproche.
- Alors, je voulais savoir ce qu'il fabrique dans le château avec deux filles pendant que tous les autres sont ici…
- C'est si important de s'en occuper maintenant ?
- En tout cas, je n'ai aucune chance de le découvrir pour le moment, dit Harry en prenant son Éclair de Feu. Bon, allons-y !
Ils sortirent sur le terrain sous les acclamations de leurs supporters et les huées des supporters adverses. McLaggen chercha encore à faire son intéressant, en fait, on aurait presque dit qu'il cherchait à évincer Harry au poste de capitaine, et Heather comprit très bien l'agacement de son grand frère.
Les deux capitaines se rejoignirent au centre pour se serrer la main, Madame Bibine relâcha les balles, puis siffla le coup d'envoi. Les quatorze joueurs décollèrent aussitôt et déjà les poursuiveurs se disputaient le souaffle, et ce fut Smith qui s'en empara le premier. Action qui fut commentée par la voix rêveuse de… Luna Lovegood ! Si on avait dit à Heather que ce serait elle qui ferait le commentaire du match, elle ne l'aurait pas cru.
- C'était lui qui était chargé du commentaire la dernière fois, expliqua Luna en parlant de Smith, et Ginny Weasley lui a volé droit dessus en le heurtant de plein fouet. A mon avis, elle l'a sans doute fait exprès – on aurait dit en tout cas. Smith avait été très désagréable avec Gryffondor, je pense qu'il doit le regretter maintenant qu'il joue contre eux… Oh, regardez, il a perdu le souaffle, Ginny le lui a pris, je l'aime beaucoup, elle est très sympathique…
Heather, amusée par le commentaire de la jeune fille, en avait oublié son rôle, elle se reprit mais ne put empêcher un poursuiveur adverse de récupérer le souaffle. Luna chercha son nom, mais d'après l'intervention de McGonagall, elle en était loin.
Heather repéra le cognard dont elle devait se charger, mais il état trop loin d'elle, et un des batteurs de Poufsouffle l'expédia sur Demelza, faisant une trouée qui permit à Cadwallader, puisque c'était le nom du poursuiveur qui avait le souaffle, d'inscrire le premier but, alors que McLaggen préférait pester après Ginny pour s'être fait prendre le souaffle plutôt que de tenir son poste. Harry s'en aperçut et le sermonna, mais McLaggen lui renvoya ses propres propos, et Luna en rajouta une couche.
Par la suite, Heather réussit à expédier un premier cognard à Smith alors que celui-ci venait à peine de récupérer le souaffle, ce qui permit à Ginny d'égaliser. A peine une minute plus tard, et alors que Luna, plutôt que de suivre l'action faisait remarquer les formes particulières de certains nuages, elle lui expédia celui de la part d'Abby, cette fois, Ginny signa la passe décisive et ce fut Demelza qui marqua. Les supporters de Gryffondor commençaient à donner de la voix, et ce ne fut pas l'égalisation de Cadwallader qui les refroidit.
Par contre, suite à cette égalisation, McLaggen s'était mis à hurler après Dean, et lui expliquait visiblement comment tenir le souaffle. Peakes essaya de raisonner le pénible gardien, mais Heather dut alors jongler avec les cognards expédiés par les deux batteurs adverses, et gêna Demelza qui perdit la balle et le troisième poursuiveur de Poufsouffle inscrivit un nouveau but. Là, les supporters de Gryffondor commençaient déjà à moins apprécier la tournure des évènements.
- Peakes ! Viens m'aider ! implora Heather débordée par les assauts des deux batteurs de Poufsouffle.
- Oh ! Toi aussi t'es pas douée ! lâcha McLaggen. Fais-moi voir cette batte, je vais te montrer comment on s'en sert !
- Toi, tu la fermes et tu retournes à tes buts ! On est en train de se faire massacrer à cause de tes conneries ! ragea Heather.
- Dis donc, tu pourrais me parler plus poliment ! Moi qui veux te donner des conseils avisés !
- Et ben tes conseils avisés, tu te les gardes !
Une nouvelle explosion de joie retentit dans les tribunes des jaunes et noirs.
- Regarde, crétin ! Ils ont marqué deux buts pendant que tu étais occupé à critiquer tes coéquipiers !
McLaggen retourna devant ses anneaux sans rien dire, mais son air grognon parlait pour lui. Dans les dix minutes qui suivirent, Gryffondor joua mieux et Dean puis Ginny marquèrent à nouveau, mais Poufsouffle menait toujours. Cadwallader, il fallait l'avouer, faisait un excellent match, il avait même évité plusieurs cognards que Heather lui avait envoyés. Une mauvaise frappe de Peakes fit perdre la balle à Dean et Cadwallader marqua à nouveau. McLaggen enragea et décida de passer ses nerfs sur le batteur. Heather essayait tant bien que mal de faire le boulot de deux joueurs, mais c'était inutile, et si Ginny et Dean récupéraient régulièrement le souaffle dès que Smith le touchait, ils ne parvenaient plus à concrétiser, gênés par les cognards. Cadwallader finit par récupérer le souaffle. Il passa à Smith qui se le fit à nouveau subtiliser par Demelza.
- Vous noterez que depuis le début du match, Smith n'a pas pu tenir le souaffle plus de dix secondes d'affilées, disait Luna dans son micro. Il doit sans doute souffrir de perdantinite. Il s'agit là d'une maladie assez rare qui touche en général des joueurs de quidditch. Mais ma mère l'avait attrapée aussi lorsque j'avais sept ans. Elle avait cassé un nombre record de verres pendant les deux semaines que cela avait…
- Soixante-dix à quarante en faveur de Poufsouffle ! aboya le professeur McGonagall dans le mégaphone de Luna.
- Ah bon, déjà ? dit Luna de son ton rêveur. Oh ! Regardez, le gardien de Gryffondor a une batte à la main.
Décidément, Peakes était trop gentil, il ne savait pas se défendre convenablement face aux agressions de ce crétin de McLaggen. Heather, occupée à renvoyer un cognard vers les batteurs de Poufsouffle, dans l'espoir de laisser un peu de répit à Ginny, Dean et Demelza, ne put qu'entendre Harry hurler.
- Tu vas lui rendre sa batte et retourner dans tes buts !
Il y eut alors un bruit sourd, et un cri. Quand Heather se retourna, elle vit Peakes poser Harry au sol alors que son Éclair de Feu était retombé une quinzaine de mètres plus loin. Folle d'inquiétude, elle fonça à terre pour constater les dégâts.
- Harry ! Mon Dieu ! Qu'est-ce qui s'est passé ?
Peakes, Ginny et Dean étaient déjà autour de leur capitaine.
- McLaggen a voulu frapper un cognard à ma place, au lieu de l'envoyer sur Cadwallader, il l'a expédié droit sur Harry, expliqua Peakes.
Le temps que Peakes donne son explication, le match avait été arrêté, et les autres joueurs s'étaient tous posés sauf McLaggen qui restait sur son balai, à quelques centimètres du sol.
- Quel idiot ! dit-il. Il n'avait pas besoin de venir s'en mêler, j'avais les choses bien en main.
McGonagall et Bibine arrivèrent et constatèrent que Harry était dans l'incapacité de continuer la partie. Il avait perdu connaissance, et avait une blessure ouverte au front qui saignait abondamment. L'arbitre et professeur de vol stoppa l'hémorragie et McGonagall appela Hagrid et lui demanda de transporter Harry à l'infirmerie avec beaucoup de douceur. Le demi-géant prit le garçon dans ses bras musculeux et quitta le terrain.
- Qu'est-ce que vous voulez faire ? demanda McGonagall aux joueurs de Gryffondor.
- On continue ! Ça va de soi ! répondit McLaggen d'un ton suffisant. Entre nous, que Harry ne joue plus ne sera sans doute pas une grande perte, je veux bien être le capitaine suppléant et…
- McLaggen tu la fermes ! lança Ginny. Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, si on se prend une pile, c'est entièrement de TA faute ! Alors à partir de maintenant et jusqu'à la fin du match, je ne veux plus entendre un seul mot sortir de ta bouche, et je veux que tu restes devant tes buts. Si tu as le malheur de t'en éloigner ou de critiquer la moindre action de l'un d'entre nous, je te fais sortir du terrain et remplacer par Dean on jouera mieux à cinq sans toi qu'à six avec toi !
- Mais… voulu protester le septième année.
- Pas de mais ! coupa la dernière des Weasley. Tu te tais et tu obéis ! Je vais remplacer Harry au poste d'attrapeur, Heather, tu deviens poursuiveur. Dean, Demelza, vous vous concentrez sur Cadwallader. Heather, tu te charges de Smith exclusivement. Si c'est le troisième qui a la balle, je compte sur toi Peakes pour le gêner, voire l'assommer !
Tous les joueurs hochèrent la tête. Sauf bien sûr…
- Moi je pense que…
- On se fiche de ce que tu penses McLaggen ! Tu as prouvé que tu était un joueur exécrable, c'est pas la peine d'en rajouter. Tu obéis bien sagement, et une fois le match fini, tu seras gentil de ne plus jamais chercher à approcher l'un d'entre nous, ou même le terrain de quidditch !
Vexé, McLaggen s'envola sans rien ajouter. Les autres reprirent leur poste ainsi que le jeu.
Gryffondor marqua, mais dans la phase de jeu suivante. Poufsouffle parvint jusqu'au buts et marquèrent sans que McLaggen tente quoi que ce soit.
- Dis McLaggen ! Je sais que t'es une brêle, mais t'aurais au moins pu essayer de l'arrêter, ce souaffle ! critiqua Heather.
- Puisque je suis un joueur aussi exécrable, que je joue ou pas ne devrait faire aucune différence, répondit McLaggen d'un ton boudeur.
Heather repartit au centre du terrain pour l'engagement sans chercher à argumenter d'avantage. Cet horrible bonhomme n'en valait pas la peine.
Heather et Demelza firent ce qu'elles purent, mais McLaggen ayant décidé de continuer à bouder, Dean dut prendre la place du gardien, seulement il n'avait ni l'expérience, ni le talent, ni l'équipement adéquat, et à deux contre trois, les filles ne pouvaient plus faire grand chose. Peakes, seul contre les deux batteurs adverses, ne parvenait pas à protéger tout le monde efficacement, et ne pouvait même plus prendre le temps de viser pour gêner les joueurs adverses. Ginny faillit s'emparer deux fois du vif d'or, ce qui aurait grandement soulagé ses coéquipiers, mais les deux fois, un batteur adverse lui fit perdre la trace du vif. Luna prétendit que la petite balle dorée devait agir de concert avec un piafazur, une sorte d'oiseau invisible, et se laisser gober par l'oiseau pour disparaître de la vue des joueurs et du public quelques temps. Elle développa toute une théorie sur le moyen que pouvaient avoir un objet enchanté et un animal pour agir ensemble, et pendant ce temps, c'était la débandade pour les rouge et or, les Poufsouffle inscrivaient but sur but, et finalement, l'attrapeur de Poufsouffle s'empara du vif d'or, faisant gagner son équipe sur le score de trois cent vingt à soixante.
Quand les joueurs se posèrent, McLaggen décida d'en rajouter une couche.
- J'ai l'impression que sans moi, vous n'êtes visiblement pas capable de faire face à une équipe de seconde zone comme Poufsouffle, ce n'est pas moi mais cette incapable qu'on devrait renvoyer de l'équipe ! dit-il en désignant Ginny.
Celle-ci lui envoya alors un maléfice de Chauve-furie qui fit germer une quinzaine de petites bestioles sur le visage de McLaggen. Elle fut réprimandée par McGonagall qui annula le sortilège et retira dix points à Gryffondor à cause du Chauve-furie, et dix de plus à McLaggen pour comportement anti-sportif. Il voulu se défendre, mais n'osa pas répliquer quand sa directrice de maison le moucha à son tour assez sévèrement. Il regagna les vestiaires, et, devant les regards assassins des autres joueurs, se dépêcha de se changer et de filer.
Ginny, folle de rage, shoota dans un banc. Dean vint la calmer avec quelques mots doux.
Heather aurait bien suivi l'exemple de son aînée, mais elle préféra quitter les vestiaires rapidement une fois changée. Elle se dirigea vers le château, et plus particulièrement vers l'infirmerie. Elle eut à peine demandé la permission de voir Harry que le reste de l'équipe arriva derrière elle.
- Il est encore inconscient, expliqua Madame Pomfresh. Alors ce n'est pas la peine de venir pour l'instant. Il devrait se réveiller d'ici deux ou trois heures je pense.
Et elle leur referma la porte au nez.
- Fais chier ! lâcha Heather en filant un coup de pied contre le mur. D'habitude j'évite d'être vulgaire, mais là franchement ça me fout les glandes d'avoir perdu de la sorte ! McLaggen a pas intérêt à croiser ma route, ou sinon je ne réponds plus de mes actes !
- C'est bien ce que je pensais, dit une voix féminine en provenance de l'extrémité du couloir.
Heather tourna la tête et vit Abigail et Rebecca venir vers elle et les autres joueurs.
- Comment va Harry ? demanda Abigail.
- Il s'en remettra, répondit Ginny d'un ton lugubre. D'après Pomfresh en tout cas.
- Comme je me doutais que tu aurais besoin de passer tes nerfs sur quelque chose, je venais te proposer de réfléchir à un bon moyen de punir McLaggen sans se faire retirer des points par McGonagall, dit Abigail à l'attention de Heather.
- Ah oui ! Ça m'intéresse, je peux en être ? demanda Demelza.
- Moi aussi j'ai bien envie de le remettre à sa place cet espèce de… grinça Jimmy Peakes.
- On verra, dit Abigail. Déjà il faut qu'on trouve une idée, ensuite on verra, si on a besoin de vous, on n'hésitera pas à vous demander un coup de main. Tu viens, Heather ?
Heather suivit ses deux amies qui s'éloignèrent du reste de l'équipe.
- Écoute, dit Rebecca. Je sais que je voulais qu'on vous batte, mais enfin… C'est pas drôle d'avoir gagné de cette façon. Ça aurait été bien plus glorifiant de vous vaincre alors que vous pouviez donner le meilleur de vous-mêmes. Mais avec ce crétin de McLaggen… Enfin, je voulais juste te dire que je compatissais.
- Merci Becky.
Heather prit son amie par l'épaule et lui déposa un baiser sur le front.
- Bon, c'est pas tout ça, mais même si elle n'est pas des plus glorieuses, on a quand même une victoire à fêter. Tu m'excuses Heather, mais c'est pas si souvent que…
- Vas-y, sourit la Gryffondor. Et amuse-toi bien.
- A demain ! salua Rebecca.
Heather et Abigail montèrent au sixième étage et entrèrent dans la salle de la Dame Bleue.
- Écoute Abby, je sais que tu veux m'aider en préparant un tour à notre façon pour McLaggen, mais là, les seuls sortilèges que je pense à lui envoyer seraient de nature à m'expédier tout droit à Azkaban alors…
- Je sais, souffla Abigail en passant ses bras autour du cou de Heather. Tu as d'abord besoin de te calmer, et je pense pouvoir t'y aider…
Elle déposa un doux baiser sur ses lèvres. Heather ferma les yeux et se laissa gagner par la douceur et la chaleur de celle qu'elle aimait. Quand la Serpentard rompit le contact de leurs lèvres, elle poussa un profond soupir.
- C'est pas mal, dit-elle, mais il m'en faudra plus pour que je sois pleinement apaisée.
Après avoir échangé un nouveau baiser, ou cette fois la langue d'Abigail vint caresser celle de Heather, les deux filles s'assirent sur le canapé et profitèrent des baisers qu'elles échangèrent pendant un moment, puis se contentèrent de rester assises, dans les bras l'une de l'autre. Au bout d'un moment, Heather s'endormit.
Quand elle se réveilla, elle n'était non plus assise, mais allongée sur le canapé, la tête sur les genoux de Abigail qui l'avait visiblement regardée dormir. Elle lui adressait un sourire de pur bonheur.
- Bien dormi ?
- Moui, mais tu aurais dû me laisser et t'installer plus confortablement, dit Heather en se frottant les yeux.
- La seule position plus confortable que j'aurais pu prendre aurait risqué de te laisser croire que j'avais pu abuser de ton innocence, mon cœur.
Heather rougit comme une pivoine, ce qui fit lâcher un petit rire à Abigail.
- Tu es trop mignonne quand tu rougis comme ça, tu sais !
- Ah oui ? répliqua Heather piquée au vif, et là, est-ce que je suis mignonne ?
Elle se mit à chatouiller Abigail qui contre-attaqua de la même manière. Elles n'arrêtèrent qu'une fois épuisées de se tordre de rire.
- Bon, maintenant qu'on s'est reposées et que ton moral est remonté, si on allait manger quelque chose ? proposa la Serpentard. Il est presque seize heures, et je n'ai rien avalé depuis le petit-déjeuner !
- Je te ferais remarquer que moi non plus ! dit Heather.
- Certes, mais moi je n'ai pas passé quatre heures à rêver de ce que l'on pourra faire toutes les deux pendant les prochaines vacances.
- Quoi ? J'ai pas rêvé ! Et puis même si c'était le cas, comment tu saurais à quoi j'ai pu rêver ?
- Vu les gémissements de plaisir que tu poussais, j'ai facilement pu imaginer !
A nouveau, Heather devint toute rouge.
- C'est dingue ! dit Abby. Ça marche à tous les coups !
- Méchante ! fit Heather en lui donnant un coup de coude dans les côtes.
- Je suis pas méchante, je suis amoureuse… enfin, là, je suis surtout affamée !
Les deux filles éclatèrent de rire et quittèrent la pièce pour aller en cuisine obtenir de quoi se sustenter.
RAR :
Lyane : Effectivement, c'est dans l'esprit de pouvoir réhabiliter la mémoire de Rogue que j'ai permis qu'il y ait d'autres témoins de la "dernière mission" que Dumby lui a confié, quand à savoir comment exactement les choses vont se passer...
Et je suis content que la réaction de Harry t'aies fait rire, parce que c'est bien dans ce but que j'ai écrit tout le passage.
Daffy : pour la réaction de Harry, cf ma réponse à Lyane ci-dessus.
Pour le passage ou Ron est empoisonné, rappelle-toi c'était son anniversaire, et Harry avait balancé les chaudrons au chocolat (et filtre d'amour) de Romilda Vane près du lit du rouquin qui a bien sûr cru que c'était pour lui (alors que Harry ne faisait que chercher la Carte du Maraudeur). Quand Harry se rend compte de ce qu'a avalé Ron, il l'emmène voir Slughorn pour lui administrer un antidote, une fois ceci fait, ron est déprimé, et slughorn propose un verre d'hydromel veillit en fût. Et c'est en buvant son verre que Ron est empoisonné.
Pour les explications de Dumby... il est bien obligé de rester vague, il va pas leur balancer d'emblée : "je possède une baguette surpuissante qui a traversé les siècle en passant de main en main et pour laquelle de nombreux sorciers seraient prèts à tuer, et je voudrais faire en sorte qu'elle ne se choisisse plus d'autre maître après ma mort."
Auctor : Moi aussi, les longues fics que je relis volontiers se comptent sur les doigts d'une main. Et savoir que pour certains lecteurs, ma fic fait partie de celles-ci me fait très plaisir et me donne le courage nécessaire pour aller au bout (parce qu'il faut dire que en ce moment, je peine un peu).
