18
La véritable identité du Prince
Le lendemain matin, Heather alla rendre visite à son frère, s'excusant auprès de lui de ne pas être venue plus tôt. Elle fut soulagée d'apprendre que Madame Pomfresh n'avait eu aucun mal à soigner sa blessure et qu'il pourrait sortir dès le lendemain, tout comme Ron d'ailleurs.
L'après-midi, les Maraudeuses se réunirent.
- Alors ? demanda Becky. Comment va-t-on punir McLaggen pour l'exécrable spectacle qu'il nous a offert hier ?
- On pourrait peut-être lui faire pousser des poils partout, comme ça il aura l'air du primate qu'il est ? proposa Abigail.
- Ou alors le recouvrir de furoncles, lança Rebecca.
- Tout ça est un peu puéril… et franchement, ni très sophistiqué, ni suffisamment retors pour que ma vengeance soit complète… Il faudrait un truc plus réfléchi. Un machin qui lui rende vraiment la vie impossible. Bien sûr, il ne faut pas qu'on puisse faire le lien avec nous…
- Ça va pas être évident… dit Abigail d'une voix pensive. A moins que…
- Quoi ? T'as une idée ? demanda Heather
- Et bien, je ne vois pas un truc bien précis… mais en associant plusieurs petites choses… On pourrait le couvrir de honte, le faire punir à plusieurs reprises par ses professeurs, ou lui faire regretter de s'être levé le matin.
Abigail expliqua alors son idée à Heather et Rebecca, et les deux filles virent leur visage se fendre d'un grand sourire mesquin.
Le lendemain, Harry et Ron quittèrent donc l'infirmerie, et allèrent prendre leur petit déjeuner accompagnés de Hermione et Heather. Hermione leur apprit, chose qui intéressa grandement Harry, que Ginny et Dean s'étaient disputés parce que Dean avait ri de la mésaventure de Harry. Ils croisèrent en route Luna qui remit à Harry une nouvelle convocation de Dumbledore pour le soir même. Puis, en arrivant au pied de l'escalier de marbre, ils virent Lavande qui attendait Ron, et n'était visiblement pas contente. Elle le houspilla de ne pas lui avoir appris qu'il quittait l'infirmerie et s'indigna de la présence de Hermione à ses côtés. Celle-ci préféra ne pas rester les écouter, et Harry non plus d'ailleurs. Heather aurait bien aimé entendre la suite, mais elle suivit quand même le mouvement. A table, le couple ne semblait pas très joyeux, bien qu'ils étaient tout de même assis côte à côte. Par contre, Hermione elle, semblait d'excellente humeur. Le soir, Harry se rendit chez Dumbledore. A son retour, il raconta ce qu'il avait appris à Ron, Hermione et Heather, qui pour la première fois depuis son premier rendez-vous avec le directeur écoutaient la chose tous ensemble. Il leur parla donc en détail du souvenir de l'elfe de maison de Hepzibah Smith, et du meurtre de celle-ci quelques jours plus tard, sans aucun doute perpétré par Jedusor pour s'emparer du médaillon de Serpentard et de la coupe de Poufsouffle. Comme Harry, Heather et Hermione trouvèrent bizarre qu'il se soit emparé également de la coupe.
- A moins que ça ait un rapport avec cet histoire d'horcruxes, fit remarquer Heather.
Hermione acquiesça, mais Harry fit remarquer que ça ne les avançait pas plus de savoir ça, étant donné qu'ils ignoraient toujours ce qu'était un horcruxe.
Le reste de la semaine fut bien rempli pour Heather. Entre les séances du Club de Défense, les cours, et les préparations pour se venger de McLaggen, elle ne savait plus où donner de la tête, et elle et Abigail n'eurent pas beaucoup de moments à passer rien que toutes les deux.
Le samedi après-midi, les Maraudeuses étaient fin prêtes pour sévir sur le gardien catastrophique.
- Bien ! fit Heather. Mais ça fait un peu beaucoup de potions. S'il nous voit traîner trop souvent autour de lui, il va finir par se douter de quelque chose.
- Les joueurs de l'équipe n'avaient pas proposé de nous aider ? Il me semble qu'en plus il va souvent trouver Peakes, Dean ou Demelza pour plaider sa cause. Bien sûr, toi, Ginny et Harry, il vous évite car il sait très bien que vous êtes trop remontés contre lui. Mais avec ces trois-là, il devrait baisser sa garde.
- Bonne idée ! Je leur en parlerai demain ! dit Heather satisfaite. Maintenant, si vous voulez bien, j'aurais besoin de vous pour un autre problème épineux. J'ai beau y avoir réfléchi en Histoire, j'ai pas trouvé de solution.
Elle leur parla du souvenir de Slughorn, et de la mission que Dumbledore avait confiée à Harry, qui l'avait lamentablement exécutée. Elle n'entra pas trop dans les détails, mais leur expliqua que selon Dumbledore, les deux seules personnes qui pourraient obtenir le souvenir dans son intégralité et son intégrité seraient Harry et elle.
- J'ai beau réfléchir, dit Heather, je ne vois pas pourquoi spécialement Harry et moi.
- Mmmh, ça n'aurait pas un rapport avec votre mère ? demanda Rebecca.
- Comment ça ? renvoya Heather.
- Et bien, Neville m'a parlé des réussites de Harry en classe de Potions, et comment Slughorn n'arrêtait pas de le comparer à sa mère. Apparemment, il l'aimait beaucoup. Peut-être que c'est ce que voulait dire Dumbledore, qu'il faut prendre Slughorn par les sentiments en faisant jouer son affection pour votre mère !
- Je doute qu'une telle stratégie fonctionne sur un homme intéressé comme Slughorn, dit Abigail.
- Moi, je crois que si… fit Heather. Bien sûr, il ne faudra pas lui demander de but en blanc de nous révéler le souvenir pour elle. Il faudra y aller subtilement et choisir le bon moment. Et bien sûr, il faudra travailler le terrain. Merci Becky ! Je crois que tu nous sauves la mise, à Harry et à moi. Les trois filles quittèrent ensuite la salle de la Dame Bleue car il était déjà l'heure du dîner.
Le lendemain, après avoir parlé à Jimmy, Dean et Demelza, et avoir envoyé Endymion porter un courrier, Heather put enfin passer un peu de temps avec Abigail. Elle ne retourna à la salle commune de Gryffondor que dans la soirée. Elle trouva Hermione, Ron et Harry assis à la même table, l'air tous très pensifs. Elle s'approcha.
- Bonsoir, qu'est-ce que vous faites ? demanda-t-elle. On dirait une veillée funèbre.
- On cherche un moyen de convaincre Slughorn de nous livrer son souvenir, expliqua Ron.
- Ah ! fit simplement Heather, elle n'eut pas le temps d'ajouter ce qu'elle avait en tête que Hermione prit la parole.
- Harry y a pensé toute la semaine mais n'a rien trouvé de très concluant, expliqua-t-elle.
Tandis que Hermione énumérait les quelques idées dont Harry leur avait parlé, celui-ci prit son livre de Potions et se mit à le feuilleter.
- Tu ne trouveras rien là-dedans, lui dit Hermione d'un ton catégorique.
- Ne commence pas Hermione ! répliqua Harry. Sans le Prince, Ron ne serait pas assis avec nous en ce moment.
- Oh si ! Il aurait suffi que tu écoutes Rogue en première année, assura Hermione d'un ton dédaigneux.
- Comment ça ? demanda Heather.
- Lors de notre tout premier cours de Potions, Rogue avait pris Harry à parti et lui avait posé des questions auxquelles Harry n'avait pas su répondre.
- Personne n'aurait su y répondre ! dit Ron en relevant le nez d'un devoir. C'était le début de l'année, et Rogue savait pertinemment que aucun élève normal n'avait encore ouvert ses livres. Tout ce qu'il voulait, c'était foutre la honte à Harry.
- Tu sous-entends que je ne suis pas normale ? se vexa Hermione.
- Je sous-entends que tu es exceptionnelle !
La réplique de Ron coupa le souffle à son amie. Visiblement, le jeune homme ne se rendait pas compte qu'il venait de lui faire un magnifique compliment, ce qui ajoutait à sa sincérité, et donc à la portée du compliment.
- Enfin, bref, reprit-elle les joues rougies. Rogue avait demandé à Harry où on pouvait trouver un bézoard, et par la suite il a donné la réponse en précisant ce qu'était un bézoard.
- Et tu te rappelles encore de ça ! s'étonna Harry. Je veux dire, dans les détails ?
- Il faut bien que l'un de vous trois arrive à retenir ce genre de choses, c'est juste dommage que ce soit Hermione, dit Heather. Parce que depuis quatre ans que je suis à Poudlard, j'ai constaté, Harry, que tu avais souvent tous les indices pour résoudre les mystères qui t'entouraient, mais que tu n'étais pas fichu de t'en rappeler quand c'était nécessaire ! T'as l'air d'avoir trouvé un truc intéressant, dit-elle d'un ton plus doux. Fais voir !
Elle regarda la page que Harry avait cornée et lu à voix haute, enfin pas trop haute, juste pour que Hermione et Ron entendent.
- Contre les ennemis : Sectumsempra… Il n'y a rien d'autre ? Je doute que ça t'ai…
Elle s'arrêta subitement. Elle venait de réaliser pourquoi, lorsqu'elle avait parcouru le livre du Prince en début d'année, l'écriture lui avait semblée familière.
- Quoi ? fit Harry qui attendait la suite de sa phrase.
- C'est pas vrai… ce contenta-t-elle de dire.
- Qu'est-ce qui n'est pas vrai ?
- Hermione, t'aurais pas des notes de tes cours de Potions de quatrième année, par hasard ?
- C'est ridicule ! Personne ne garde ses notes pendant trois… commença Ron.
- Je dois avoir ça, dit la préfète.
Elle alla à son dortoir et revint dix minutes plus tard avec un épais classeur intitulé Potions et qui contenait ses cours de la première à la cinquième année. Elle se dirigea dans la partie intitulée "4è année".
- Tu veux quoi comme cours ? demanda-t-elle.
- Heu… réfléchit Heather. Pourquoi pas la Goutte du Mort-Vivant ?
Hermione rechercha la bonne page et la donna à Heather qui s'empressa d'ouvrir son livre. Au bout de quelques instants, elle s'exclama.
- J'en étais sûre !
- Qu'est-ce qu'il y a, à la fin ? demanda Harry qui semblait agacé.
- Les notes d'Hermione ne correspondent pas tout à fait à ce qu'il y a d'écrit dans le livre.
- Ah bon ? s'étonna celle-ci. J'ai pourtant toujours noté scrupuleusement les instructions !
- Oui ! fit Heather qui affichait maintenant un large sourire. Je n'en doute pas une seconde. Et je suis prête à parier que si tu suivais les indications du livre et Harry celles de tes notes, Harry obtiendrait un meilleur résultat que toi.
Visiblement, aucun des trois amis de Heather ne semblait percuter.
- Je ne vois pas le rapport avec ce sortilège ? dit Harry.
- Pas avec le sortilège, dit Heather, avec le Prince !
- Non ! lâcha Hermione qui visiblement venait de comprendre. Tu crois que…
Heather hocha la tête en guise d'assertion. Hermione ne put résister, et éclata de rire, entraînant la sœur du Survivant avec elle.
- Mais quoi ? fit Harry qui commençait à se vexer.
- Toutes mes excuses, Harry, dit Hermione en essayant tant bien que mal de contenir son fou rire. Tu avais raison. Le Prince est bien un garçon !
- Vous savez qui c'est ? demanda Ron curieux de savoir, et surtout de comprendre pourquoi les deux filles riaient autant.
- C'est Rogue ! dit Heather.
- Quoi c'est Rogue ? demanda Harry qui ne semblait pas capable de faire le lien.
- Le Prince de Sang-Mêlé, c'est Rogue ! insista Heather. Depuis le temps que tu lis son bouquin, tu aurais quand même dû reconnaître son écriture !
- Non ! C'est pas possible ! Ça peut pas être Rogue, jamais il n'aurait…
- Harry ! le coupa Hermione. Rogue est exactement le genre de personne qui adolescent, aurait noté dans son livre des formules pour pendre les gens par les pieds ou leur faire pousser les ongles. N'oublie pas qu'à cette époque, il était ami avec nombre de futurs mangemorts. Et j'avais raison de te dire de te méfier. Cette formule, Sectumsempra, si mon latin est correct, elle doit taillader la cible jusqu'à ce que le sorcier arrête le flux de sa magie.
- N'importe quoi ! fit Harry qui visiblement ne voulait pas admettre que le Prince, dont il s'était senti si proche, avait pu être la personne qu'il détestait le plus.
- Essaie sur un coussin si tu ne me crois pas.
Harry la prit au mot. Il se leva, pointa sa baguette sur un coussin et…
- Sectumsempra !
En quelques instant, le coussin fut lacéré et pratiquement vidé de son rembourrage. Harry rangea sa baguette, il semblait choqué.
- Harry ? Ça va ? demanda Heather qui avait cessé de rire.
- Laissez-moi tranquille ! lança-t-il en s'asseyant brutalement dans un fauteuil leur tournant le dos. Quant à ce livre débile…
Il prit l'exemplaire du Manuel des Potions du Prince et s'apprêta à le lancer dans le feu.
- Non ! cria presque Hermione en arrêtant son geste.
- Quoi ? Je croyais que tu ne voulais plus que je suive les conseils du Prince ! Tu as gagné ! Je n'en ai plus envie !
- C'est vrai que je n'appréciais pas beaucoup le Prince, mais ça n'avait rien à voir avec son talent pour les Potions, c'était les sortilèges qu'il annotait qui ne me plaisaient pas, et tu viens de voir que j'avais raison ! Qu'est-ce qu'il se serait passé si tu avais essayé le Sectumsempra sur Ron, pour voir ce que ça faisait ?
- Ça va ! rouspéta Harry. Pas la peine de remuer le couteau dans la plaie !
- Écoute, ce que je veux dire c'est que… Au lieu de tirer à toi une gloire pour le résultat d'un travail qui n'est pas le tien, tu pourrais peut-être parler à Slughorn du livre de Rogue, et proposer que toute la classe profite de ses conseils ?
- Si je fais ça, je peux définitivement dire adieu au souvenir concernant les horcruxes ! fit remarquer Harry.
- Pas forcément, intervint Heather. Peut-être que ta sincérité lui plaira. Et puis je dois dire que j'ai peut-être une idée… Il me faudrait juste un peu de temps, je pense.
Ron intervint alors en faisant remarquer que sa plume écrivait n'importe quoi. Quand Hermione lui demanda d'où elle venait, il expliqua que c'était un modèle à correcteur d'orthographe acheté chez ses frères.
- Et tu t'étonnes que ça écrive n'importe quoi ! dit Heather. A mon avis, c'était prévu que la plume se détraque. Ce qui m'étonne c'est qu'elle ait fonctionné si longtemps.
Hermione l'aida à récupérer son devoir tel qu'il l'avait écrit, après quoi, il s'attaqua au dernier paragraphe.
Ce fut alors que Kreattur apparut dans un crac sonore qui fit renverser à Ron son encrier sur son parchemin. Dobby apparut juste après, et Hermione et Heather apprirent que Harry leur avait demandé de filer Malefoy. Dobby annonça fièrement qu'il n'avait pas dormi de la semaine, ce qui horrifia Hermione et mortifia Harry qui s'empressa de leur dire qu'ils avaient tout à fait le droit de dormir.
Comme Kreattur mettait toute la mauvaise volonté du monde à faire savoir à Harry ce qu'ils avaient découvert, Dobby expliqua que Malefoy se rendait souvent dans la Salle sur Demande. Les deux Potter s'en voulurent alors de ne pas l'avoir deviné plus tôt. Ils étaient passés si souvent à côté, Heather avait même entendu Malefoy pester de l'autre côté du mur, le soir où elle s'était isolée après que Abigail lui eut fait sa déclaration, et la fois où elle avait voulu apprendre à Harry la nature de ses sentiments pour la Serpentard, ce n'était pas Trelawney qui occupait la Salle sur Demande, c'était Malefoy.
Harry comprit également, lorsque Hermione souleva la question, et après avoir dit à Dobby et Kreattur d'aller se reposer, que Drago ne s'entourait pas de divers élèves pour faire le guet, mais qu'il s'agissait toujours de Crabbe et Goyle sous polynectar. Visiblement, la pique que lui avait lancé sa sœur quelque minutes plus tôt à propos de son incapacité à se souvenir des détails importants quand il le fallait avait eu de l'effet.
Hermione se leva et s'étira avec l'intention d'aller se coucher, mais à ce moment-là, Endymion vint frapper à l'une des fenêtres de la salle commune. Heather lui ouvrit.
- Du courrier de tes parents ? demanda Harry.
- Non, fit Heather d'un ton grave. C'est une lettre que j'avais envoyée ce matin. Ce n'est pas bon signe…
- Tu crois que des mangemorts auraient pu attaquer à Goderic's Hollow ? demanda Hermione soucieuse de ce qui avait pu arriver aux parents de la jeune fille.
- Non, c'est pas mes parents. C'est à Remus que j'avais écrit.
Les quatre adolescents marquèrent un instant de silence. Maintenant, ils étaient tous inquiets pour leur ami loup-garou.
- Ça ne veut pas forcément dire qu'il lui est arrivé quelque chose, dit Hermione en essayant de leur remonter le moral, mais en manquant elle-même de conviction. S'il est en mission pour l'Ordre, il a très bien pu faire en sorte de ne pas pouvoir être repéré. Et c'est pour ça que ton hibou ne l'a pas trouvé.
- Oui, sans doute, fit Heather songeuse.
- Tu… Pourquoi tu lui as écrit ? demanda Harry.
- C'était à propos de mon idée pour Slughorn. J'avais besoin de son aide.
- C'est quoi cette idée que tu as eu ? demanda Hermione.
- Et bien, déjà, c'est Becky qui l'a eu. Et elle pense qu'il faudrait essayer de prendre Slughorn par les sentiments…
- Ha ! fit Hermione à l'intention de Harry. Qu'est-ce que je te disais ?
- Je veux bien. Mais ça va pas être facile de le prendre en pitié, dit Harry. Je veux dire… c'est pas un Serpentard pour rien.
- Becky a pensé qu'en se servant de l'affection qu'il avait pour notre mère, Harry et moi pourrions finir par le faire céder. J'ai alors voulu demander à quelqu'un qui avait dû bien la connaître de me dire si elle avait des gestes, des expressions particulières qui pourraient rappeler au professeur son ancienne élève si je les exécutait.
- C'est pas bête du tout ! dit Hermione.
- Oui mais… Chou blanc ! Si je ne peux pas entrer en contact avec Lupin, il n'y a plus qu'une seule personne qui pourrait me parler d'elle et…
- Je ne vois pas qui. dit Harry. Sirius est mort… Et à part Pettigrow, on ne connaît personne qui était élève en même temps que nos parents.
- Si Harry, dit Heather en le regardant droit dans les yeux. Il y a quelqu'un. Mais je doute qu'il veuille nous parler de maman. Même si c'était peut-être lui qui la connaissait le mieux.
- De qui elle parle ? demanda Ron un peu perdu.
- De personne, grogna Harry.
Visiblement, la rancune de Harry envers Rogue aurait bien du mal à s'effacer.
Les quatre adolescents allèrent se coucher, songeant à tout ce qu'ils avaient appris dans la soirée.
Le lendemain, McLaggen provoqua l'hilarité générale en devenant une masse flasque pendant le petit-déjeuner. Le mardi, il passa sa journée aux toilettes, et le mercredi, il se mit à pousser des cris d'animaux en plein cours de Métamorphoses, ce qui lui valu une retenue. Lors de la séance du Club de Défense, ils se retrouva à affronter seul Harry, Heather et Ginny qui ne se privèrent pas pour lui envoyer les sortilèges les plus retors qu'ils pouvaient, le transformant en une espèce de saucisse visqueuse et gluante recouverte de pustules et de petits rongeurs battant des ailes. Le week-end venu, il ne put se rendre à Pré-Au-Lard à cause d'une forte fièvre. Les produits des jumeaux Weasley fonctionnaient vraiment à merveille. Mais le pauvre n'était pas au bout de ses peines. La semaine suivante, il fut apparemment victime d'hallucinations qui avaient bien fait rire les élèves présents quand, en plein couloir, il s'était enfuit devant Rogue en criant au troll. Il fut également rendu aphone, et pour finir, passa une journée à confondre le haut et le bas, essayant désespérément de rejoindre le plafond en s'accrochant à ce qu'il pouvait pour ne pas tomber du sol.
Le printemps était maintenant là et bien là. A la fin d'un cours de Défense contre les forces du mal où Rogue eut toutes les peines du monde à retirer des points à Gryffondor, les élèves ayant tous faits de gros progrès grâce au Club de Défense, il appela Heather alors que celle-ci allait quitter la salle de classe.
- Oui professeur ? Qu'y a-t-il ?
- Il semblerait que le Club de Miss Yaxley soit une franche réussite. J'ai pu constater à tous les niveaux des progrès étonnants. Cependant, il est à regretter que les première et deuxième années ne puissent maîtriser des charmes tels que le Patronus.
- C'est vrai, fit Heather, mais ils n'ont pas encore assez de réserves magiques pour cela.
- Je crois que vous vous occupez vous-même d'un des trois groupes comprenant les élèves les plus jeunes.
- Effectivement !
- Il se pourrait que je connaisse un moyen qui leur permettrait d'augmenter rapidement leurs réserves magiques. Si bien sûr vous êtes capable de comprendre ce qu'il y a d'écrit dans ce livre, ce qui me surprendrait grandement, et si vos cadets peuvent montrer suffisamment de discipline, ce qui serait encore plus surprenant.
Il remit à Heather un livre qui était en fait composé de feuilles manuscrites reliées à la main, et protégées par une couverture en cuir. Bien que Rogue avait tout fait pour se montrer méprisant au possible, il était difficile de ne pas y voir un geste de soutien de sa part.
- Merci beaucoup professeur ! dit Heather en affichant un grand sourire de gratitude.
Ce fut alors plus fort qu'elle, dans son esprit, des images se déversèrent. Elle voyait une petite fille qui lui ressemblait étrangement, sauf qu'elle devait être en première année. Trois élèves de Serpentard la rudoyaient quand elle intervint.
- Laissez-la tranquille !
- Qu'est-ce que tu fiches Severus ! répliqua un des garçons. On s'amuse juste un peu avec une sang de bourbe.
- Récurvite ! lança le jeune Rogue, puisque visiblement Heather revivait un de ses souvenirs, à son camarade qui se mit à faire des bulles avec la bouche.
Une bataille s'ensuivit entre Severus et les deux autres garçons, que Severus remporta non sans difficultés. Finalement, les trois autres se carapatèrent alors que Peeves, attiré par la dispute avait décidé de rameuter tout le château dans l'espoir de faire punir les jeunes élèves. Rogue, lui, n'en avait cure.
- Ça va aller Lily ?
- Qu'est-ce qu'ils avaient ces trois-là ? demanda la petite fille au bord des larmes ce qui sembla déchirer le cœur de Heather.
- Oh ! Rien, ce sont juste des crétins, ne fais pas attention à eux.
McGonagall arriva alors apparemment d'une humeur des plus maussades.
- Peeves ! Vas-tu cesser ce vacarme ! J'essaie de faire cours moi !
- Oh ! Veuillez m'excusez madame ! dit l'esprit frappeur avec une moquerie bien voyante sous la politesse. Mais des élèves se battaient dans les couloirs à coups de sortilèges, et je pensais qu'il était de mon devoir de le faire savoir au corps professoral.
Le professeur de Métamorphose, que Heather trouvait plutôt belle, avec vingt ans de moins, lança un regard dur aux deux élèves, bizarrement, elle ressentit de la méfiance envers cette femme qu'elle aimait beaucoup malgré son côté très stricte. Elle compris alors qu'elle ressentait également ce que Rogue avait ressenti.
- Est-ce vrai Miss Evans ?
- Lily n'y est pour rien ! intervint Rogue. Elle se faisait embêter par trois autres élèves, et c'est moi qui ai déclenché la bagarre. J'aurais sans doute pu les raisonner sans recourir à la violence, mais je n'ai pas réfléchit sur le coup.
- Dans ce cas, Mr Rogue, je crois que vous allez faire perdre dix points à Serpentard.
- Mais… voulut intervenir Lily avant que Rogue ne l'empêche de parler.
Le professeur de Métamorphoses leur recommanda de retourner dans leur quartiers respectifs, puis retourna dans sa classe.
- Pourquoi avoir dit ça Sev ? Si tu lui avais dit que ces trois-là me…
- Parce que au lieu de faire perdre dix points à Serpentard, ça en aurait fait perdre trente, et tous les autres m'auraient considéré comme un sale cafardeur.
Lily regarda le garçon un moment, puis un large sourire apparut sur son visage.
- Merci beaucoup Sev !
Elle se pencha et lui fit une bise sur la joue, puis partit en courant disparaître à l'angle du couloir tandis que Rogue restait sur place à se tenir la joue, à la fois stupéfait et heureux. Heather ressenti violemment ces dernières informations émotionnelles, et toutes les hypothèses qu'elle avait pu formuler l'année précédente semblaient se vérifier.
Heather revint dans la classe de Défense contre les forces du mal, face à un Rogue adulte et visiblement bouillant de rage.
- Vous… Vous avez vu…
- Excusez-moi professeur, je ne l'ai pas fait exprès.
- Silence ! aboya-t-il. Personne… Ne le dites jamais à personne ! Sinon je…
Heather ne comprenait pas son professeur. Une telle action était tout à son honneur. Pourquoi refuser que ça se sache ? Quant à ses sentiments… Elle se doutait qu'il y avait une raison qui faisait que Rogue ne voulait pas les révéler. Cette brève incursion dans l'enfance de son professeur lui avait fait comprendre qu'il avait peur de la réaction des autres s'ils apprenaient qu'il avait de tels sentiments. Pourtant, à cette époque, cela ne l'avait pas arrêté. Mais elle avait senti qu'il s'en était voulu d'avoir agit comme il l'avait fait. D'avoir montré ses sentiments, car les sentiments, pour lui, et déjà à l'époque, n'étaient qu'une faiblesse.
Heather ne pu s'empêcher de s'en émouvoir, ce qui n'échappa pas au professeur.
- Je vous en prie ! Je ne veux pas de votre pitié ! Ce que je veux, c'est votre parole que jamais vous ne raconterez ça à qui que…
Mais Heather réalisa alors qu'elle avait un nouveau moyen de mieux connaître sa mère. Car la dernière personne à l'avoir bien connu et à être accessible était maintenant en position de faiblesse face à elle.
- Je veux bien vous le promettre, fit Heather. Mais qu'est-ce que j'aurais en échange ?
- Quoi ? s'étonna le directeur de la maison à la guivre.
- Passez-moi l'expression, mais j'en ai ma claque d'être la gentille Heather qui obéit bien docilement. Vous me demandez de vous rendre un service en taisant ce que je viens de découvrir. Il est normal que vous aussi vous me rendiez un service en retour.
Heather n'avait jamais vu Rogue se pincer les lèvres aussi fort qu'en cet instant. Il bouillait littéralement de rage.
- Et… qu'est-ce que vous voulez ? articula-t-il comme si chaque syllabe lui provoquait une intense douleur qu'il essayait de dissimuler.
- Rien de bien méchant…
Heather lui demanda donc de lui parler plus en détail de sa mère. Rogue tenta bien de refuser, mais elle décréta la condition non négociable, et que s'il le faisait, elle lui ferait la promesse, et même le serment, de ne jamais rien dire de tout ce qu'il lui aura confié. Finalement, Rogue abdiqua et lui donna rendez-vous le soir même, dans son bureau, puis lui ordonna de filer en vitesse car il avait un nouveau cours.
RAR :
Auctor : Je pensais que depuis le tempsque tu suis ma fics, tu avais compris que les maraudeuses n'étaient pas du genre à perdre leur temps en hurlement stériles, mais plutôt à ourdir de terribles vengeances.
Lyane : Ravi de voir que j'ai réussi à transmettre au lecteur tous les "bons sentiments" que m'inspiraient McLaggen. J'espère que la "punition" qu'il a reçu te convient. Même si ce n'est pas tout à fait terminé... Il y aura en effet encore quelques lignes là-dessus dans le prochain chapitre.
